21/02/2010

Pourquoi on ne doit pas accepter une baisse du taux de conversion du 2ème pilier

On nous dit que les caisses de 2ème pilier courent à la faillite si on refuse la baisse du taux de conversion exigée. Or ce taux vient déjà d'être abaissé de 7.2% à 6.8%. Il semble bizarre de déclarer que ça n'est pas assez, alors que cette première baisse n'est pas encore entrée en vigueur! Je m'y suis donc intéressé pour vérifier leurs chiffres.

Lire la suite

13/02/2010

Un avocat pour les animaux est-il utile ?

Le 7 mars, nous serons appelés aux urnes. L'un des sujets qui fait le plus parler de lui, c'est la votation concernant les avocats pour animaux. Personnellement, j'ai toujours eu des animaux et je souhaite bien sûr que leur protection soit la meilleure possible. En effet, ils sont souvent sans défense face à l'homme, à leur maître en particulier, et il est souvent nécessaire que la justice applique la loi sur la protection des animaux pour défendre les plus malchanceux d'entre eux.

Mais voilà: la nouvelle loi sur la protection des animaux a permis à cette cause de faire un pas de géant. Selon notre Conseil Fédéral et un grand nombre d'élus, c'est largement suffisant. Il est inutile de créer une tracasserie supplémentaire. Ce n'est pourtant pas ce que semble avoir pensé le canton de Zurich qui s'est offert les services d'un avocat pour animaux depuis de nombreuses années déjà.

Lire la suite

30/01/2010

L'initiative contre le financement de l'IVG

Dépénalisée depuis quelques années, l'IVG (interruption volontaire de grossesse) a même été plébicitée par le peuple. Il semble donc que les anti-IVG n'aient pas la côte ces temps-ci. On peut alors s'attendre à ce que tout texte qui émanera d'eux subisse le même sort. Et bien pas sûr. Car cette nouvelle initiative, ciblée sur le financement, pose une autre question, pas mauvaise il faut le dire.

Désormais c'est acquis. Les femmes peuvent choisir si elles veulent interrompre leur grossesse ou la conduire à son terme. Elles n'ont d'ailleurs même pas besoin de demander au père, ce qui pourrait être un autre point à discuter. On s'en remet donc à la seule compétence des femmes, alors que ces dernières ne sont pas les seules concernées. Ça risque de surprendre certains qui me savent ouvertement athé, mais j'ai quelques problèmes avec l'IVG. Si je suis contre une interdiction qui repousseraient les femmes dans une clandestinité malsaine, je n'ai aucune sympathie pour la tendance malsaine qu'on a aujourd'hui à se demander si c'est une bonne chose d'avoir un enfant. Et sur le fond, je suis d'accord que seuls les problèmes de santé et le viol sont de bonnes justifications pour interrompre une grossesse. Absence d'amour, manque de moyens financiers ou difficulté à concilier grossesse et vie professionnelle ne sont que de mauvaises raisons. Car il s'agit tout de même d'un enfant. Qu'on se prémunisse avant pour éviter qu'il y ait un enfant, ça va de soi. Mais lorsqu'il est là, on devrait changer d'optique. D'autant qu'un enfant peut toujours être adopté, il y a des tas de familles qui n'attendent que ça.

De toute façon, l'initiative ne parle pas d'interdiction, mais pose une autre question. La question qu'on pose ici, c'est: Est-il normal que cette opération soit financée par l'assurance de base ? Car après tout, la grossesse n'est pas une maladie, mais un heureux évènement. Et le but de l'assurance de base est de couvrir la santé des personnes. Sur le fond on peut donc dire qu'il n'y a pas lieu de rembourser cette opération qui n'améliore en rien la santé des personnes qui font ce choix. Après tout, les caisses ne remboursent pas non plus les opérations hestétiques, car elles ne servent en rien la santé, mais seulement le bien-être. Alors pourquoi ne devrait-on pas financer soi-même l'IVG ? Plus que l'IVG, ce débat porte sur l'assurance de base. Que veut-on en faire ? Est-elle destinée à assurer le bien-être de la population ou sert-elle à financer les gros pépins de la vie ? Cette initiative arrive aussi peu après l'acceptation de l'initiative pour le financement des médecines douces par l'assurance de base. Donc dans un contexte où la population semble majoritairement penser que tous les actes médicaux doivent être pris en charge. Mais sur le fond, l'IVG a encore bien moins sa place dans cette assurance de base. La tendance pourrait donc s'inverser.

Car finalement, il n'y a que le soutien féministe qui pourrait sauver le financement de l'IVG. Pour autant que les femmes suivent. Cet article lu sur le site de l'hebdo montre par exemple la virulence de certaines femmes sur le sujet. Son argument selon lequel la grossesse coûte beaucoup plus cher que l'IVG, montre à quel point les féministes considèrent qu'il existe un choix clair entre les deux et qu'il est normal d'interrompre la grossesse. Mais je ne suis pas si sûr que cette journaliste soit suivie par la majorité de la population. Car s'il est normal pour une société de financer la grossesse qui prépare son avenir, je ne vois aucune justification à financer son arrêt volontaire. Avoir le droit de disposer de son corps, c'est une chose. Mais quand ce droit est financé par l'ensemble de la population, il y a quand même un problème.

02/12/2009

Le peuple a-t-il toujours raison ?

C'est ce qu'affirment les défenseurs du résultat de dimanche dernier au sujet des minarets. Le vote est définitif et ne doit pas être contesté. Et les tentatives d'intimidation contre tous ceux qui pourraient avoir envie de faire appel à des instances judiciaires pour les contrer sont légions. Tout recourant potentiel est décrit comme un pourfendeur de la volonté populaire. Mais le peuple n'est pas au dessus des lois. Tout comme ne le sont pas les politiciens. Donc ça n'est pas parce que le peuple vote une loi qu'il a forcément raison. Ni même qu'il doit avoir le dernier mot. Le fait est que l'écrasante majorité de la population, moi-même y-compris, ne sommes pas juristes. Alors qui sommes-nous pour juger de la légalité d'un texte ?

Lorsque les Genevois avaient voté la loi sur les chiens à la majorité des 2/3, on aurait aussi pu dire que ce résultat devait être accepté sans possibilité de recours. Pourtant le recours qui a été déposé auprès du Tribunal Fédéral, instance judiciaire garante du droit fédéral, a abouti à la suppression de plusieurs articles qui avaient pourtant été votés par le peuple. Qui avait alors raison ? Le peuple ou les recourants ? Évidemment les recourants puisque le peuple avait pris une décision non conforme au droit supérieur.

Même si je ne suis pas juriste, je sais tout de même reconnaître une discrimination quand j'en vois une. Si l'Arabie Saoudite interdit la construction d'églises, c'est une discrimination claire. Celle des minarets est bien sûr moindre, puisqu'elle n'empêche pas le culte. Mais du moment où elle n'est dirigée que contre une seule communauté, elle est clairement discriminatoire. Une loi interdisant tout caractère ostentatoire de constructions religieuses n'aurait pas posé autant de problèmes. C'est une interdiction visant une seule minorité religieuse qui est bel et bien une violation des droits humains.

Bref, que dit la Convention Européenne des Droits de l'Homme au sujet de la discrimination ?

Article 14 Interdiction de discrimination

"La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation."

A noter que cet article ne couvre que les articles de la Convention, mais qu'un protocole additionnel (Protocole No 12) étend l'interdiction de discrimination à l'ensemble du droit national des pays signataires. Ainsi, la discrimination concernant la construction de minarets, même si elle ne touche pas la liberté de culte inscrite dans le texte de la Convention est tout de même couverte par l'article.

En tant qu'état membre du Conseil de l'Europe et, condition indispensable, signataire de la Convention, la Suisse est tenue de se conformer au texte ci-dessus. Il est d'ailleurs assez étrange qu'on monte sur ses grands chevaux dès qu'on doit se soumettre au droit supérieur. Comme on peut le voir sur le tableau disponible ici, la Suisse fait partie des très bons élèves, ce dont nous pouvons être fiers. En 2008, nous n'avons subi que 4 condamnations. En comparaison, la Turquie en a subi 264 et la Russie 244 ! Pourtant aucune menace de quitter la convention n'a été proférée par ces 2 pays. Ils se plient aux règles. Même la France, patrie des Droits de l'Homme a subi 34 condamnations. (ce qui en comparaison de la population est assez équivalent avec notre pays) On n'entend aucun pays se plaindre de cette violation de souveraineté. Alors pourquoi lorsque la Suisse doit une fois accepter de jouer le jeu, elle devrait tout envoyer balader ? Sommes-nous si supérieurs aux autres Européens ? La culture de la suprématie de la volonté populaire justifie-t-elle n'importe quoi ?

D'ailleurs, le fait que cette discrimination soit issue du peuple ne la rend pas meilleure. Je pense au contraire qu'il est bien pire pour l'image de la Suisse que le peuple soit responsable d'une atteinte aux droits fondamentaux de l'une de ses minorités que s'il s'était agi d'un gouvernement totalitaire. Dans le second cas, on pardonne au peuple auquel on peut octroyer le bénéfice du doute. Dans notre cas, le peuple n'a aucune excuse.

Autre argument qu'on entend souvent: certes c'est une discrimination, mais elle n'est pas très grave puisque les musulmans peuvent toujours pratiquer leur culte. Et bien je suis sûr que c'est ce que pensaient les Allemands dans les années 30 en voyant qu'on imposait le port d'une étoile aux Juifs. Ca n'était pas si grave, puisque ça ne les empêchait pas de vivre, de travailler, d'aller à l'école. Le fait que cette discrimination était totalement inutile n'a sans doute pas frappé beaucoup de monde. Et le fait que c'était une porte ouverte à d'autres discriminations bien plus graves et finalement à un meurtre de masse était évidemment impossible à prévoir pour l'homme de la rue.

Il ne faut pas se laisser impressionner par Blocher et ses menaces de forcer la Suisse à quitter les organisations supra-étatiques qui "imposent" leurs lois à notre pays. Si la discrimination est réelle, la loi doit être annulée. Et seuls les juges de Strasbourg sont à même d'en juger. Si par contre ils devaient décider que le texte est recevable, je serais le premier à me conformer à leur décision. D'autant que je me fiche pas mal des minarets sur le fond. Je ne vois pas plus que n'importe qui pourquoi les religieux ont besoin de signaler leur présence de manière si visible. Ce qui m'est par contre insupportable, c'est de voir que le peuple suisse s'assoit sur les droits humains d'une de ses minorités.

Bref, le peuple a-t-il toujours raison ? La réponse est évidemment non. Le peuple peut se tromper et c'est à la justice de décider si la loi votée est conforme au droit. Alors que ceux qui veulent déposer un recours le fasse et qu'on cesse ce débat stéril jusqu'à la décision des juges.

19:43 Publié dans Suisse, Votations | Tags : minarets | Lien permanent | Commentaires (47)

29/11/2009

Bravo la Suisse pour ce fiasco

Bravo d'abord au parlement qui a laissé une initiative discriminatoire passer en votation. C'est vrai qu'on peut (éventuellement) se féliciter qu'on puisse parler de n'importe quoi dans ce pays. Mais on peut aussi se demander pourquoi on a pris le risque de laisser le peuple approuver une loi discriminatoire qui ne pourra jamais être appliquée. Je l'avais prédis et ça se produira dès demain: les Verts vont saisir le Tribunal des Droits de l'Homme. Et il y a fort à parier que la loi sera invalidée du fait de la discrimination d'une seule communauté qu'elle introduit dans notre Constitution. Alors que restera-t-il au final ? Une image. L'image d'un pays qui n'a aucun respect pour ses minorités. L'image d'un pays qui se tourne de plus en plus vers son extrême-droite. L'image d'un pays où la démocratie est utilisée pour discriminer.

Bravo aussi aux autorités des communes de Langenthal et Wangen bei Olten. Parce que franchement, il faut bien avouer qu'accorder le permis de construire pour un minaret dans des petites villes comme celles-là, ça tient de l'imbécilité. A Genève, ou Zurich les minarets ne gènent pas du tout. Personne ne fait attention à eux. Mais dans une toute petite ville, il est évident qu'on peut légitimement se sentir envahi. Si on avait été suffisamment intraitable et qu'on n'avait pas accepté la construction d'une mosquée avec minaret dans des villes dont elles violent totalement le style architectural, on n'en serait pas là, ça j'en suis sûr.

Bravo au peuple suisse qui a réussi l'un de ses plus beaux autogoals. Désormais, la porte est grande ouverte pour les Ramadans et autres islamistes pour convaincre les musulmans de ce pays qu'ils sont détestés par le reste de la population Ils vont pouvoir former la nouvelle génération d'islamistes dans les écoles coraniques qu'ils vont pouvoir ouvrir. Et on n'est pas prêt de parler d'un islam à l'européenne qui puisse se détourner de ces gens-là...

Et finalement, bravo au Conseil Fédéral pour sa brillante gestion de l'affaire Kadhafi dont les attaques répétées contre la Suisse, comme le souligne Blondesen sur son blog, ont sûrement grandement profité à l'initiative.  Un peu plus de répondant face à ce sinistre personnage aurait probablement rassuré les Suisses.

Avertissement: si les commentaires deviennent trop virulents ou insultants, et celà qu'ils soient pro ou anti-minarets, les commentaires seront immédiatement fermés et les messages concernés seront effacés sans autre forme de procès.

18/11/2009

Et si on interdisait la religion musulmane ?

Je n'arrête pas de lire un peu partout, sur des blogs défendant l'initiative anti-minarets ou n'importe où ailleurs, que les musulmans sont TOUS dangereux, qu'il n'existe pas de musulmans modérés, que leur but est d'envahir l'Occident pour y imposer la charia et pour mettre des burqua aux Suissesses et autres Européennes. Mais si cette religion est si dangereuse, pourquoi faire un geste aussi vain et inutile qu'interdire les minarets ? Est-ce que les musulmans seront plus modérés sans leurs minarets ? Est-ce que les femmes ne seront plus obligées de porter le voile ou même (pour autant qu'on ait déjà pu en voir en Suisse) la burqua ?

On répond souvent que c'est un premier geste. Qu'il faut bien commencer quelque part. Et bien je réponds par cette question: pourquoi commencer par quelque chose qui ne sert à RIEN ? Pour mettre au pas les jeunes qui font des excès de vitesse, doit-on leur interdire de repeindre leur voiture ? Pour empêcher les cambrioleurs de commettre leurs méfaits, doit-on leur interdire de porter des couleurs foncées ?  Est-ce qu'un cardiologue guérit une tachycardie simplement en détournant le regard de l'ECG? Alors pourquoi s'en prendre à quelque chose de pûrement visuel si on pense qu'il y a un véritable problème ?

Après tout les Romains, lorsqu'ils se sont aperçus que la religion chrétienne était sur le point de les conquérir, l'ont bien interdite. IIls avaient d'ailleurs bien raison de penser que cette religion était dangereuse. Les millénaires qui ont suivi l'ont bien prouvé. lIs ont donc pris leurs responsabilités. Et l'Empereur Néron dans toute sa bonté, en a profité pour envoyer les récalcitrants jouer avec des gros chats dans le Collisée ! Pour tout le plaisir du bon peuple. Des jeux et du pain, c'était tout ce qu'il fallait pour faire le bonheur de la plèbe à ce qu'on disait ! Alors on pourrait les imiter non ? Ça ne les a pas empêché d'être conquis et de disparaître 300 ans plus tard. Mais en attendant, ils se sont bien amusés au moins !

12/11/2009

Pour interdire la vente d'armes, il faudrait commencer par définir ce qui est une arme

Il est tout à fait clair qu'un pays neutre ne doit pas vendre d'armes à l'étranger, si elles risquent d'être utilisées dans des conflits. La Suisse met d'ailleurs beaucoup de moyens à s'assurer que les dérapages puissent être évités. Mais l'initiative du GSsA veut aller plus loin et veut interdire toute vente d'armes à quelque pays que ce soit, afin d'éviter que puisse exister toute possibilité de dérapage, au nom du principe de précaution. Cela pourrait avoir un sens, mais il faut voir que cela mettrait fortement en danger notre indépendance sur le plan militaire.  Car particulièrement au niveau des munitions, il est important de posséder une fabrication locale, car en cas de guerre, nous ne pourrions compter que sur nous-mêmes. Et une industrie qui ne se limiterait qu'à nos besoins locaux n'a pas une seule chance de survivre. Sans parler des emplois, qui quoi qu'on dise, ne pourraient pas être maintenus si la loi passait. En effet, une reconversion, bien que possible, ne peut pas se faire du jour au lendemain. Un appareil industriel nécessite beaucoup de moyens pour le reconvertir et le choix le plus simple serait la fermeture pure et simple.

Mais voilà, le GSsA met en avant de rares dérapages pour justifier cette interdiction. Le cas exposé le plus généralement est celui de ce Pilatus PC-9 que le Tchad a employé pour bombarder des populations.

Mais il est clair que l'ensemble de la gamme de Pilatus est constitué d'avions d'entraînement et non d'avions de combat ! Ils ne peuvent donc en aucun cas être considérés comme des armes !

Pilatus.jpgD'ailleurs, bien qu'excellents pour l'entraînement des pilotes, ces avions font de piètres avions de combat. En effet ils ne disposent d'aucune défense contre la DCA, ni contre-mesure, ni avionique sophistiquée, ni flares, etc...  Autant ré-équiper des avions de la seconde guerre mondiale, qui au moins avaient été construits pour le combat ! Si le Tchad les a équipés pour le combat, c'est qu'ils disposent d'une aviation moyen-âgeuse. Voire d'aucune aviation de combat. Sans cela, ils n'auraient même pas jugé utile d'y penser. A ce niveau, on peut imaginer que s'ils n'avaient pas eu le PC-9, ils auraient armé des ULM !

De plus, il s'agit D'UN SEUL AVION ! Doit-on revoir toute notre politique juste parce qu'un pays a utilisé un avion d'entraînement construit chez nous pour la guerre ? Et un avion qui n'est pas défini comme du matériel militaire ? Celà en total désaccord avec les prescriptions strictes d'utilisation fixées par la Suisse au moment de la vente ?

Et maintenant, si le PC-9 doit être considéré comme une arme, où est la limite ? Doit-on arrêter de vendre des montres parce que des commandants peuvent les utiliser pour synchroniser une attaque ? Doit-on arrêter de vendre des machines parce qu'elles peuvent être utilisées pour fabriquer des munitions ? Doit-on interdire à Logitech de vendre ses produits hors de Suisse, parce qu'ils peuvent équiper des ordinateurs d'armées de pays en guerre ? (ce qui est certainement le cas d'ailleurs...) Doit-on interdire à Novartis ou Roche de vendre des médicaments à l'étranger parce qu'ils pourraient être utilisés pour renforcer une armée ? Doit-on interdire aux chocolatiers ou aux fromagers de vendre à l'étranger parce que leurs produits peuvent apporter de l'énergie à des soldats ?

Alors oui, finalement il est possible que pour un pays neutre, il soit un peu hypocrite de vendre des armes à l'étranger. Ceci dit, un pays qui ne disposerait pas d'industrie d'armement ne peut en aucun cas s'assurer de l'indépendance de son armée. Et à notre époque, une industrie militaire qui n'aurait pour seul débouché que notre minuscule marché intérieur n'aurait aucune chance de survivre. A ce niveau-là, autant donner les clés de notre défense à nos voisins, moyennant payement en échange ! Mais d'ailleurs, c'est probablement là que le GSsA veut secrètement en arriver...

S'il faut faire quelque chose finalement, c'est peut-être plutôt assouplir notre neutralité. Voir la supprimer totalement. Accepter qu'à une époque de globalisation, où nous sommes durablement en paix avec tous les pays qui nous entourent, il soit préférable de collaborer avec eux dans le domaine militaire, plutôt que de continuer à nous voir comme une place forte isolée du monde. Jusqu'à la fin de la guerre froide notre neutralité avait (peut-être) encore un sens. Aujourd'hui, je la trouve totalement dépassée.

Si nous collaborions à l'OTAN, cela nous apporterait d'une part de nombreux avantages sur le plan de l'armement, à commencer par la compatibilité des systèmes d'armement et de commandement, la possibilité de nous entraîner à l'étranger, de participer à des opérations jointes, pour autant qu'on le souhaite, etc... Nous bénéficierions également de l'entraide des pays membres. Dans ce cas, il est probable que des pays tiers hésiteraient un peu plus avant de s'en prendre à nous. (Par exemple la Lybie qui prend bien garde de ne pas se mettre à dos l'organisation...) Et surtout, nous éviterions des couacs comme le refus de participer à l'opération Atalante, alors que le respect des conventions internationales nous y engageait. (voir ce billet) Et nous pourrions nous permettre d'avoir une armée de métiers, avec des spécialisations en ce qui concerne l'intervention à l'étranger, par exemple en la limitant à des opération de police, de maintien de la paix et à caractère humanitaire. Cela représenterait une adaptation assez difficile, mais finalement la seule à pouvoir restaurer une certaine cohérence dans notre politique internationale.

24/10/2009

Le problème ce n'est pas l'affiche, c'est l'initiative !

J'ai bien hésité à participer à cette vague d'indignation contre l'affiche de l'UDC, car en parler c'est en faire la publicité ! Et les interdire comme l'ont fait de nombreuses communes, c'est paradoxalement offrir une tribune inespérée aux défenseurs de l'initiative. D'ailleurs, je me demande quelle base légale permet à ces communes de bafouer un droit politique basique à un groupement, celui de défendre ses positions politiques. Car finalement, qu'est-ce qu'on attendait d'autre ? Des affiches bien gentillettes qui exposent de manière posée les arguments des initiants ? Et bien croire cela est parfaitement absurde. Car l'initiative contre les minarets est une initiative haineuse ! Et on ne peut pas défendre une initiative haineuse avec autre chose que des affiches haineuses !

Car le problème finalement, ça n'est pas de savoir si l'affiche du comité d'initiative est haineuse. Mais le vrai problème c'est de comprendre pourquoi l'Assemblée Fédérale a accepté qu'une initiative allant clairement à l'encontre des valeurs constitutionnelles de notre société aille en votation ! Et aussi pourquoi le Tribunal Fédéral n'a pas invalidé la décision de l'Assemblée Fédérale. La liberté religieuses est un fondement constitutionnel. Le respect des minorités aussi. Alors accepter d'envoyer tout le peuple voter sur cette initiative, c'est nier les fondements de notre société ! C'est accepter de prendre le risque que le peuple accepte une initiative contraire aux droits de l'Homme.

Et finalement, c'est là que réside le problème. Si cette initiative passait, elle ne pourrait qu'être déclarée illégale. Si ça ne devait pas être par le Tribunal Fédéral, ça le serait forcément par la Cour Européenne des Droits de l'Homme à laquelle le Tribunal Fédéral est assujetti. Alors pourquoi déplacer toute la population pour voter sur une interdiction qui n'entrera jamais en vigueur ? Si vous avez l'intention de voter pour cette initiative, je vous l'annonce donc : jamais les minarets ne seront interdits en Suisse ! Pas tant que la Suisse est signataire de la Convention Européenne des Droits de l'Homme en tout cas ! Ceux qui vous font croire que votre voix à la moindre valeur vous ont menti ! Dans quel but ? J'avoue que je ne le comprends pas...

Bon et finalement, ces histoires d'affiches sont parfaitement idiotes. Je suis certain que la population de ce pays est suffisamment mature pour ne pas se forger son opinion sur une image aussi haineuse soit-elle. Et s'il faut lutter contre cette affiche, ça doit être avec une attitude positive et constructive. En proposant des contre-arguments à l'image de la Coordination Genevoise contre l'Exclusion et la Xénophobie qui propose cette excellente affiche : (cliquez dessus pour agrandir)

affiche contre initiative minarets.jpg

28/09/2009

Halte aux abus du droit de référendum

Hier la population genevoise a largement confirmé sa volonté de voir la fumée quitter les lieux de convivialité. Et même, avec un taux d'acceptation de la loi de plus de 81%, elle a même accru son soutient à la loi, contrairement à toute attente. Dans ces conditions, il est nécessaire de se poser la question de l'utilité de renvoyer tout le peuple devant les urnes pour donner son avis une seconde fois sur un même objet. Avec tous les frais que cela comporte. Si ce second scrutin avait apporté un nouveau débat, concernant de nouveaux éléments, cela aurait pu avoir un sens. Mais il n'y a pas eu de nouveau débat. Les opposants ont continué à débiter les mêmes arguments, qui n'ont interdiction_fumer.JPGvisiblement aucune prise sur la très grande majorité de la population. Alors pourquoi revoter ? Les opposants espéraient-ils gagner ? Pas du tout. Tout ce qu'ils espéraient, c'était retarder l'inéluctable le plus longtemps possible. Et on arrive là aux limites de la démocratie directe. Lorsqu'elle est utilisée à mauvais escient, lorsqu'elle ne sert qu'à retarder la mise en place de projets plébicités par la population, il faut contrer ce genre de pratiques, cela pour le bien même de la démocratie directe. Car ce genre de pratiques risque de lasser des gens qui jusque-là choisissaient de donner leur avis. On ne doit pas s'étonner ensuite des taux de participation très bas.

Quand on regarde les résultats de plus près, on s'aperçoit que seules 21000 personnes se sont prononcées en faveur du référendum. Or, 14000 personnes avaient signé le référendum et avaient ainsi envoyé l'ensemble de l'électorat devant les urnes ! Cela signifie que ces 14000 personnes n'ont réussi qu'à en convaincre 7000 autres. Ca fait un peu léger tout de même. Et pourtant, 14000 signatures ça représente tout de même deux fois plus de paraphes que ce que réclame notre Constitution. Alors à quand un référendum signé par 7000 personnes qui se soldera par un nombre de NON de seulement 10000 voix, soit moins de 5% de l'électorat ?

Le problème dans ce cas, c'est que le comité référendaire a bénéficié de l'appui du GHI qui a envoyé une liste à chaque ménage genevois. Il est totalement indécent qu'un média distribué dans tous les foyers puisse prendre position en matière de politique. Depuis, je ne lis d'ailleurs plus jamais cette feuille de chou. Mais le véritable problème, c'est que le référendum serait certainement passé, même sans l'aide du GHI. Le problème vient surtout de notre Constitution qui ne correspond plus du tout aux besoin de notre canton. Sa population a explosé, au niveau communal les étrangers ont désormais le droit de vote, mais le nombre nécessaire de signatures n'a pas évolué. Ainsi, désormais les plus égoïstes peuvent se permettre d'utiliser le droit de référendum pour bloquer des projets importants soutenus par l'écrasante majorité de la population. Je refais donc mon appel à la Constituante que j'avais fait dans ce billet. J'y proposais que le nombre de paraphes nécessaires pour valider un référendum ou une initiative cantonales ou communales soit fixé à 10% de l'électorat au minimum. Dans le cas de la fumée passive, ma proposition aurait en tout cas évité le fiasco qu'on a vécu, puisque 10% de l'électorat genevois, ça représente justement 21000 personnes, ce que le comité référendaire n'aurait jamais pu réunir à temps...

 

02/09/2009

Donc revotons...

Oui c'est assez rageant de devoir voter à nouveau sur le même sujet. Il y a pas loin de deux ans, nous avions accepté à près de 80% l'initiative pour des lieux publics sans fumée. Le 27 septembre, nous allons à nouveau voter sur le même sujet. En réalité, il ne s'agit pas vraiment du même sujet car cette fois, c'est sur un référendum opposé à la loi d'application acceptée par le Grand Conseil que nous allons voter. Il n'y a donc pas lieu de crier au "simulacre de démocratie" comme le font beaucoup. La loi est bel et bien respectée. Ceci dit, le sentiment de frustration face à cette minorité incapable de reconnaître sa défaite est compréhensible. En démocratie directe, quand le peuple s'est prononcé ça doit mettre fin au débat. On ne devrait pas chercher tous les moyens de recours pour s'opposer à la volonté de la majorité. Et si on veut relancer le sujet, il faut le faire avec une nouvelle proposition. Par exemple, j'aurais été beaucoup moins critique vis-à-vis d'une initiative visant à autoriser la fumée dans les petits établissements. (même si j'aurais voté contre)

Lire la suite

02/07/2009

Référendums : et si on changeait les règles ?

Ceci est un appel à la Constituante, ou du moins à certains de ses membres.

Jusqu'à présent, je pense pouvoir parler au nom d'une grande partie des habitants de ce canton en affirmant que nous avons l'impression que la Constituante passe plus de temps à voter son propre budget qu'à discuter du sujet pour lequel on l'a élue, à savoir la nouvelle Constitution. Mais je suis certain que les travaux vont commencer sous peu et je pense qu'un dialogue entre les Constituants et la population est nécessaire durant tout ce processus. Dans cette optique, compte tenu de l'actualité, voici les points que je voudrais voir défendre.

Lire la suite

26/06/2009

Bienvenue au pays de la Genferei !

Bâle a ses Basler Läckerli. Zurich a son fameux Zürcher Geschnetzeltes. St-Gall a son Schublig. Berne ses Berner Rösti. Et Genève ? Nous avons aussi une grande spécialité : la Genferei !

Mais la Genferei, ou Genevoiserie pour les non-germanophones, qu'est-ce que c'est ? Est-ce une friandise ? Un plat de charcuterie ? Mais non. Cet étrange plat, qu'on ne sert dans aucun restaurant de la place, est en réalité une spécialité politique ! La Genferei, ça n'est rien d'autre que cette aptitude hors du commun qu'ont les Genevois à bloquer n'importe quel projet en utilisant tous les moyens de recours que la loi met à la disposition de la minorité ! Et cette aptitude, Genève la cultive grâce à ses avocats formés dans une Falculté de Droit que la Suisse entière lui envie. Que d'avocats prestigieux compte notre cité ! Il y en a de tous bords politiques. Depuis l'extrème-gauche jusqu'à la droite la plus conservatrice. Et pour cette raison, aucun projet ne peut leur échapper !

Et bien sûr, ils sont si nombreux qu'ils finissent par avoir des difficultés à trouver de quoi se mettre sous la dent. C'est pourquoi, ils sont prêts à défendre tous les égoïsmes, sans distinction d'aucune sorte. Qu'importe que les oppositions qu'ils déposent retardent des projets d'utilité publique souhaités par l'écrasante majorité. L'important est de cultiver la Genferei. Et d'en manger jusqu'à l'écoeurement le plus complet.

Il y a bien sûr une autre facette à la Genferei. Le gouvernement, soucieux de fournir sans cesse de la matière pour les avocats afin d'éviter que la source de Genferei ne se tarisse, s'évertue à créer ou accepter des projets mal ficelés et facilement attaquables par les recourants potentiels ! Combien de fois le peuple a-t-il été appelé aux urnes pour voir ensuite sa décision cassée par un tribunal ? Derniers cas en date : les chiens et les cigarettes...

Sans parler des exécutifs communaux qui pratiquent eux aussi la Genferei. Rappelons-nous de la rénovation de la gare Cornavin. Certes le Conseil Administratif de la Ville a levé le recours, mais elle l'avait bel et bien déposé, car il aurait été injuste que nos invités confédéraux des CFF n'y aient pas droit... Et l'Exécutif verniolan n'est pas en reste. Après avoir bloqué durant de nombreuses années l'implantation d'Ikea sur son territoire, voilà qu'il s'apprête à empêcher les SIG de construire leur centrale à gaz !

En général, bien sûr la Genferei n'empêche pas les projets de se réaliser. Elle leur permet seulement de prendre un précieux retard, précieux signifiant ici coûteux. Car oui, à Genève on aime réaliser les projets pour plus cher que nécessaire. Dans une ville connue mondialement pour ses coffres-forts, il serait dommage que les choses coûtent le même prix qu'ailleurs. Donc on recourt systématiquement contre tout projet, exigeant des modifications hallucinantes et en général sans fondement.

Oui les projets finissent toujours par se réaliser. Ils suffit juste d'attendre quelques dizaines d'années pour les voir aboutir. Voir plus de cent ans dans de rares cas. Mais quand on croit en avoir fini avec la Genferei, la voilà qui revient à la charge. Dernières frondes contre des projets d'actualités ? L'extension de l'OMC, la plage de la rive gauche du lac, l'interdiction de fumer dans les lieux publiques, le PAV, le CEVA, la traversée de Vesenaz et j'en oublie sans doute. Aucun projet n'y échappe. Genève tient à sa réputation, sans laquelle les Suisses-Allemands ne pourraient pas nous regarder avec un regard attendri et compatissant ! Ach... diese Genfern !

05/06/2009

Nous voterons donc sur l'interdiction des minarets

Moi les minarets, je m'en fiche. Je me considère depuis mon plus jeune âge comme un athée convaincu et toute forme de religion me paraît ridicule. Je pense qu'à notre époque, il est absurde de croire en n'importe quelle bondieuserie quelle qu'elle soit, alors que la science a fait de tels progrès et que la nécessité d'une force supérieure pour expliquer l'univers n'a pratiquement plus aucune raison d'être. La spiritualité me direz-vous. Certes, il y a effectivement de nombreuses personnes qui ressentent le besoin de croire en quelque chose de supérieur pour assouvir leur soif de spiritualité. Et bien je répondrai que pour ma part, ma spiritualité est bien plus touchée par la lecture de la théorie de la dérive des continents ou celle de l'évolution des espèces qu'en écoutant des histoires de dieux ou de déesses à dormir debout !

Et pour cette raison, je serais prêt à tout pour défendre ma liberté d'incroyance. Le jour où on essayera de m'imposer une religion quelle qu'elle soit, je serai prêt à me battre de toutes mes forces pour sauvegarder mon droit à l'athéisme. Et pour moi la laïcité est une valeur fondamentale de notre société occidentale démocratisée, au même titre que le droit de vote ou la liberté d'expression. Mais, bien que je considère mon athéisme comme un fondement de ma propre personne, il y a une autre chose contre laquelle je serais prêt à me battre avec tout autant de vigueur : je me battrais contre toute tentative de réduire le droit de mes semblables à croire en ce qu'ils veulent, aussi absurdes que puissent me paraître ces croyances !

Lire la suite

10/05/2009

Le passeport biométrique en question

Est-ce que le passeport biométrique est une bonne chose ? La réponse est oui. Il permettra de rendre plus difficile la falsification du document. Et sur le plan pratique, il nous permettra de continuer à nous rendre aux USA sans visa et bien sûr, de continuer à participer à l'Espace Schengen, avec tous les avantages que ça implique. Dès lors, faut-il voter oui la semaine prochaine ? La réponse est malheureusement non.

J'aimerais beaucoup pouvoir dire que le projet concocté par le Conseil Fédéral est un bon projet et que nous pouvons nous ranger sans crainte derrière lui. Mais de toute évidence, on a tenté de s'offrir des "raffinements" technologiques parfaitement inutiles et des possibilités d'extension sans la moindre nécessité. La base de données centrale est sans doute le point le plus litigieux. Elle n'est en aucun cas exigée par Schengen et personnellement, je n'arrive pas à en comprendre l'utilité. Son développement coûtera cher, la sécurité qu'elle exige aussi et au final, on ne peut pas être certain à 100% qu'aucun hacker ne parviendra jamais à venir à bout de cette sécurité. Vous imaginez la catastrophe si la liste complète des coordonnées des centaines de milliers de détenteurs de passeports, incluant les empreintes digitales, se retrouveraient en vente sur le Net au plus offrant ? Une refonte complète du passeport biométrique serait alors nécessaire pour restaurer la sécurité de ce document.

Malgré tout, je pourrais tout de même être favorable à cette base de données, si on avait été capable de m'en expliquer l'utilité. Or, on dirait que même Mme Widmer-Schlumpf n'a aucune idée de son utilité ! Je pense qu'elle a laissé faire sans se poser de questions et que les interrogations de certains autres partis la prennent au dépourvu. A moins que la justification de cet investissement soit plus inavouable...

Deuxième point d'accrochage, la possibilité d'inclure une puce dans la carte d'identité. Elle n'est bien sûr pas encore en question, car elle n'est exigée par aucun état. Mais le fait qu'elle puisse être introduite dans le futur sans aucun débat démocratique me paraît très gênant. Une carte d'identité biométrique augmenterait fortement son prix de revient et il ne faut pas oublier que, contrairement au passeport, en posséder une est obligatoire. Donc, je pense que son introduction n'aurait rien d'anodin et mériterait tout de même que le parlement, voire la population, puisse se prononcer.

Renvoyons donc le Conseil Fédéral sur le métier. Il a encore près d'un an pour proposer une loi plus consensuelle, qui ne sera pas combattue par un référendum. Votons donc non la semaine prochaine.

09/05/2009

Pourquoi il est important que l'assurance de base ne prenne pas en charge les médecines complémentaires

Les adeptes des médecines complémentaires pensent qu'elles remplacent avantageusement la médecine classique. On nous dit qu'elles s'en prennent aux causes et non aux symptômes. Qu'elles coûtent moins cher et permettent donc de faire des économies. Mais je trouve que ces arguments ne tiennent pas.

Lire la suite

03/05/2009

Référendums obligatoires. Est-ce judicieux ?

Entre tous les sujets pour lesquels nous aurons à voter le 17 mai prochain, ça devient une tradition, il y en a deux qui ne font absolument pas débat. Et pour cause, ces sujets ne sont soumis au vote qu'au titre du référendum obligatoire et le non n'est donc véritablement soutenu par aucune association, ni aucun lobby.

Je pense que le référendum obligatoire pour des questions constitutionnelles a un sens. En effet, la constitution est par excellence un texte appartenant aux citoyens et il est normal qu'ils soient les seuls à pouvoir y apporter des modifications. Mais la où ça devient ridicule, c'est quand on se retrouve obligé de voter sur des questions mineures, sans réel enjeu. Ainsi, je pense que le référendum obligatoire pour des questions fiscales ou de droit du logement est une fausse bonne idée.

Cela pouvait peut-être sembler être une mesure de protection utile pour la population qui est bien sûr la première concernée par ces questions. Mais il ne faut pas oublier que la grande majorité des changements qui touchent ces lois concernent des adaptations mineures. Dès lors, l'absurde réalité est qu'on envoie toute la population aux urnes pour des questions par lesquelles elle ne se sent pas concernée. Mais à force de rendre la chose politique aussi peu intéressante, on risque seulement de désintéresser encore plus de monde et les taux d'abstention risquent bien d'augmenter ! Et je ne parle même pas des frais occasionnés par l'organisation d'un scrutin inutile...

Et finalement, à quoi sert le référendum obligatoire ? Uniquement à protéger les caisses des associations qui n'ont alors plus besoin d'organiser les récoltes de signatures dans les rares cas où elles auraient décidé de lancer un référendum. Et ça les protège de l'échec dans le cas où elles n'auraient pas pu récolter assez de signatures. Ainsi on envoie voter toute la population sur une foule de sujets sans importance, juste pour éviter dans quelques cas que ces associations doivent dépenser trop d'énergie. C'est en tout cas le cas de l'ASLOCA, qui a réussi à faire adopter le référendum obligatoire pour le droit des locataires il y a quelques temps.

L'absurdité du scrutin est particulièrement criante dans le cas de l'adaptation du droit cantonal au nouveau régime fiscal des entreprises. Pour rappel, Genève avait l'année passée accepté ce texte fédéral avec un peu plus de voix que la moyenne. Imaginez maintenant que l'électorat fasse un caprice et refuse d'appliquer ces dispositions dans le droit cantonal ! Dans quelle situation absurde nous nous retrouverions. Et de toute façon, il ne faut pas se faire d'illusions, le Tribunal Fédéral invaliderait alors la décision populaire genevoise. Alors pourquoi voter si on sait d'avance que notre décision ne sera validée que si elle va dans le sens de la loi fédérale ?

Je pense que cette question du référendum obligatoire mériterait que les partis politiques la mettent sur la table. Avis aux intéressés...

02/05/2009

Quel est le rôle du CO ?

Oui quel est ce rôle ? Car c'est bien là la question qu'on doit se poser avant de jeter le bulletin dans l'urne dans deux semaines. Et il s'agit d'une question très importante, puisqu'elle va décider de l'avenir de nos enfants et, à travers eux, de toute notre société. Et le choix est difficile, puisque nous devrons choisir entre trois modèles.

Lire la suite