09/04/2010

L'accord START II est signé

Ce n'est pas une révolution, mais cela participe à une évolution plutôt positive. A petits pas, le monde se rapproche du but désormais poursuivi par le Conseil de Sécurité de l'ONU, à savoir l'élimination des armes nucléaires de la surface du globe. Certes une réduction d'un tiers du nombre d'ogives possédées par les deux grandes puissances ne va pas changer grand chose à la problématique. Toutefois, le fait que les deux grands se soient à nouveau assis à une table pour parler désarmement, c'était pratiquement inespéré il y a seulement deux ou trois ans. A nouveau, la dynamique est relancée et, on ne peut en douter, l'histoire reprend son cours dans la bonne direction.

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Toutefois, on peut encore entrevoir une différence de discours plutôt inquiétante à propos de l'Iran. Washingthon continue à montrer clairement sa fermeté vis-à-vis de cet état et de sa politique clairement illégale du fait qu'il est signataire du traité de non-prolifération. (TNP) En effet, les déclarations iraniennes selon lesquelles le programme nucléaire iranien serait purement civil ne tiennent absolument pas la route. Dans ce cas, pourquoi refuser la visite des installations nucléaires par l'AIEA ? (Agence Internationale de l'Energie Atomique) Pourquoi enterrer les sites d'enrichissement d'uranium dans des bunkers invisibles aux yeux des satellites et à l'abri des bombardements conventionnels ? Pourquoi développer parallèlement un programme de missiles à longue portée ? Croire à un programme nucléaire iranien purement civil, c'est se voiler la face. On ne peut pas y croire avec honnêteté. Et pourtant c'est ce que les Russes continuent à feindre de croire.

La raison en est simple. La Russie a largement participé au développement de la technologie nucléaire iranienne ! Bien sûr, ils n'ont joué un rôle que pour la construction d'implantations à caractère strictement civil en Iran. Toutefois, cette aide a largement profité au programme nucléaire militaire iranien, en lui faisant gagner de nombreuses années. Si les Russes ferment les yeux sur ce point, c'est qu'ils en ont tiré de substanciels bénéfices. Et bien sûr, parce qu'ils espèrent encore en tirer de nouveaux bénéfices. La conséquence, c'est une déclaration extrêmement molle à propos de l'Iran. Ils envisagent bien des sanctions, mais ne font aucune déclaration précise dans ce sens. Ils gagnent du temps c'est certain.

De même, la question des armes anti-missiles reste étrangement un point de discorde. Ce programme américain dirigé clairement contre l'Iran et la Corée du Nord est toujours ressenti comme une agression par les Russes. Pourquoi des armes défensives, développées par un allié et partenaire pour se protéger d'états tiers, devraient être ressenties comme une agression ? Bien sûr, ces armes sont également capables d'arrêter des missiles russes. Mais comme officiellement, ces missiles ne sont pas tournés vers l'Occident, qu'est-ce que ça peut faire ? Et bien le problème à nouveau, c'est les liens entre la Russie et l'Iran. La Russie ne fera rien pour froisser son voisin du Sud. Elle ne veut pas risquer que l'Iran se tourne totalement vers la Chine ou d'autres partenaires. Elle tient à ses contrats. Mais ce jeu dangereux que joue la Russie risque bien de se retourner un jour contre elle. Car aujourd'hui déjà, son territoire est à portée des missiles iraniens. Un jour ou l'autre, elle va probablement subir le chantage iranien. L'Iran qui ne manquera pas de prendre le leadership au sein de l'OPEP le jour il possédera la puissance militaire nécessaire pour dicter sa politique à tout les pays du Golfe Persique. L'Iran qui pourra alors fixer les conditions de l'accès au pétrole pour le monde entier. Et la Russie ne fera pas exception. Elle devra se plier aux règles fixées par l'Iran et aura alors perdu son indépendance parmi les pays producteurs de pétrole.

Pour éviter le piège qui lui est tendu par le président iranien Ahmadinejad, la Russie devrait aujourd'hui clairement prendre position. La seule position salvatrice à long terme serait de se ranger du côté occidental et, pourquoi pas, demander de bénéficier de la protection anti-missiles américaine. Elle pourrait même proposer un traité militaire élargi avec les pays de l'OTAN et d'autres états, tels les pays de l'ex-bloc de l'Est, le Japon et la Corée du Sud. Malheureusement, il ne semble pas qu'on en prenne le chemin. Le jeu des alliances internationales est très complexes et les intérêts économiques supplantent trop souvent les intérêts stratégiques. A ce rythme-là, ça n'est plus qu'une question de quelques mois avant que l'Iran soit en position de réaliser son premier essai nucléaire. Et alors, nous ne pourrons plus jamais nous sentir parfaitement en sécurité...

15/12/2009

Copenhague ou la perpétuation des mauvaises solutions

Jusqu'à la fin de la semaine, Copenhague est le centre du Monde. Car c'est là que se tient la grande messe de la nouvelle religion sacralisant la déesse Terre. Les fidèles de tous pays n'ont d'yeux que pour cette ville où les grands de ce monde peinent à finaliser un accord qu'ils appellent de leurs voeux. Mais si on ne peut que convenir que quelque chose doit être fait pour notre avenir, les solutions pronées dans le cadre de ce sommet de Copenhague sont-elles souhaitables ?

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20:43 Publié dans Monde, Politique | Tags : copenhague, traité | Lien permanent | Commentaires (4)