08/06/2010

La Suisse paradis fiscal selon le Brésil!

On avait échappé à la liste de l'OCDE. Mais voilà-t-il pas qu'on se retrouve sur la liste... du Brésil ! Mais pas de panique: il y en a 64 autres avec nous. Sur un peu moins de 200 pays, ça en fait quand même un paquet. Alors pourquoi ? Parce que pour le Brésil, le critère pour être considéré comme un paradis fiscal, c'est une imposition de moins de 20% du revenu! Cela signifie que le Brésil veut fixer l'imposition du reste du monde selon ses propres critères. Et bien sûr sans tenir compte des règles de l'OCDE, pourtant les seules auxquelles tous les pays doivent se conformer.

Et bien moi je dis que les pays qui respectent les critères imposés par le Brésil devraient être mis sur la liste noire des enfers fiscaux ! Alors que tous ceux qui ont de l'argent et vivent dans l'un de ces pays y songent. Pourquoi rester en enfer quand le paradis existe ? Et je sais qu'il existe, tout simplement parce que j'y habite! Alors venez, on vous accueillera très bien. Les anges de la fiscalité sont là pour ça.

Ah au fait, pendant que j'y suis, je rajoute le Brésil sur ma liste noire des pays amis de l'Iran...

06/09/2009

Au moins en sport, ça va...

C'est vrai, la Suisse est déshonorée. C'est vrai, un petit tyran méditerrannéen nous mène la vie dure. C'est vrai nous désespérons de voir rentrer prochainement les otages. Mais bon, est-ce que la Lybie a un grand champion de Tennis qui bat tous les records ? Est-ce qu'elle a un champion cycliste capable de gagner des étapes de grands tours ? Et est-ce que son équipe de foot est bien placée pour aller en Afrique du Sud l'année prochaine ? Est-ce qu'un bateau lybien va pour la seconde fois défendre la coupe de l'America ?

La réponse à ces quatre questions est NON !

Car ce sont bien des Suisses qui réalisent des prouesses sportives en ce moment ! Alors merci messieurs de nous rendre notre fierté et de nous mettre du baume au coeur durant ces temps difficiles !

Alors disons bonne chance à la Nati ! Bravo pour le match de ce soir superbement gagné contre une équipe de Grèce qui en a déjà piégé plus d'un. Et on sera tous derrière vous jusqu'à l'Afrique du Sud !

Bravo à Roger pour cette victoire contre Lleyton Hewitt et bonne chance pour cet US Open ! Un troisième titre en Grand Chelem cette année serait vraiment fabuleux. Et pourquoi pas, un quatrième d'affilée avec l'Australie cette hiver ? En tout cas nous croyons tous en toi pour réaliser un tel exploit qui serait une nouvelle grande première dans l'histoire du tennis pour toi !

Bravo à Fabian Cancellara qui remporte une nouvelle victoire en contre la montre au tour d'Espagne, après un tour de France très réussi !

Et finalement, bonne chance à Alinghi qui va défendre le plus vieux trophée du monde pour la deuxième fois consécutive en février prochain ! Certes, nous en avons tous assez que la coupe de l'America se déroule dans les tribunaux. Mais après tout, ça prouve à quel point vos adversaires ont peur de vous ? Et lorsque le sport reprendra ses droits, je suis certain que votre superbe bateau donnera raison à leurs pires cauchemars !

Et surtout...

Hopp Schwiiz !!!

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01/09/2009

Âme suisse à vendre

J'avais gardé ce billet pour le retour des otages. Comme tout le monde je l'espérais rapide, même si j'étais très inquiet. Malheureusement, Kadhafi me donne raison, ce qui ne m'apporte aucune fierté. Ainsi, je crains que nos compatriotes ne soient pas prêts de rentrer. Nous boirons donc le calice du déshonneur jusqu'à la lie et nous n'aurons même pas droit au réconfort de se dire que c'était pour une bonne cause.

Mais justement, le retour des otages justifiait-il de lâcher prise sur toutes les revendications de la Lybie ? Les pragmatiques diront que des excuses ne sont pas grand chose comparées à la vie de deux personnes et la reprise de relations normales avec un partenaire commercial important. Mais le pragmatisme ne fait pas partie de mes qualités. Je suis un idéaliste et à ce titre, je pense qu'il y a des valeurs dont rien ne justifie l'abandon. Au rang de ces valeurs, je compte l'égalité de traitement devant la justice, la séparation des pouvoirs, le respect du droit. Et à ce titre, je pense que le Président n'avait aucun droit de présenter des excuses au nom de tout le pays et, par la même occasion, de désavouer le travail de fonctionnaires qui n'ont rien fait d'autre que leur devoir en respect du droit. Sans parler des victimes de la famille Kadhafi qui peuvent à juste titre se sentir abandonnées par la Suisse. A commencer par ces deux domestiques dont les droits ont été bafoués sur notre territoire et qui auraient mérité un meilleur soutien de notre part. D'ailleurs il est étonnant de voir que tout le monde se fiche de savoir qu'une de ces personnes reste sans nouvelles d'un membre de sa famille. Ne devrait-on pas aussi s'enquérir de la bonne santé de cette personne ? Maintenant que nous sommes censés avoir rétabli des relations normales avec ce pays, ça pourrait se faire non ?

Bien sûr, la situation dans laquelle se trouvent nos deux ressortissants méritait que le Conseil Fédéral mette toute son énergie à les faire rentrer. Mais il faut aussi dire qu'ils ne se seraient jamais retrouvés dans cette situation si leur entreprise, à savoir ABB, n'avait pas jugé profitable de faire du commerce avec un pays comme la Lybie ! Si nous ne voulons plus nous retrouver piégés, il serait peut-être temps de changer d'optique ? Le DFAE ne devrait-il pas dresser une liste d'états avec lesquels le commerce est déconseillé ? La Lybie n'aurait-elle pas dû figurer sur une telle liste ? A la place, la Suisse s'est laissée éblouir par les juteux contrats pétroliers et a choisi d'encourager le commerce avec la Lybie. Un état dirigé par un dictateur qui a fait froidement assassiner les passagers innocents de deux avions de ligne !

Mais c'est peut-être là le fond du problème. Notre diplomatie n'a pas, et n'a probablement jamais eu, l'ambition de promouvoir le commerce avec des états respectueux du droit et en particulier des droits de l'Homme. Il semble que pour la Suisse, le profit soit la première priorité et que, contrairement à une affirmation courante, la promotion des valeurs démocratiques et des droits de l'Homme dans le monde passe au second plan. C'est sans doute cela qui doit changer. Le fait que plusieurs pays voisins profitent également des bénéfices financiers de leurs relations avec la Lybie ne joue aucun rôle. Libre à eux de se compromettre avec des dictateurs assassins sans aucune moralité. Le rôle de la Suisse, patrie d'Henry Dunant, a toujours été de défendre les populations opprimées. Nous devons recommencer à défendre nos valeurs morales. C'est seulement ainsi que nous retrouverons la considération du reste du monde. D'un côté, comme je l'avais dit dans ce billet, l'adhésion à l'Union Européenne pourrait nous renforcer sur la scène internationale et nous permettrait d'être plus difficilement attaquables. Nous pourrions aussi plus facilement bénéficier de l'aide de nos voisins comme celle que Nicolas Sarkozy a apporté à la Bulgarie, alors seulement candidate à l'adhésion, en intercédant auprès de Kadhafi pour faire rentrer les infirmières. Mais je suis persuadé que la Suisse a seule les cartes en main pour redorer son blason. La diplomatie suisse, qui n'a eu de cesse ces dernières années de défendre les intérêts de multinationales basées sur notre territoire, doit retrouver ses valeurs fondamentales. Notre pays est en crise sur le plan international, mais en sortir ne tient finalement qu'à lui.

Nous devons dire au monde que notre âme n'est plus à vendre. Reconquérons notre honneur perdu et le respect de la communauté internationale. Car sans honneur, notre pays n'a aucune raison d'être. Si l'économie et le profit sont nos seuls moteurs, alors nous ne vallons pas mieux que n'importe quelle république bananière. Si ça devait être le cas, autant donner raison à Kadhafi et commencer à démembrer notre pays !

31/08/2009

Si j'étais Kadhafi...

Si j'étais Kadhafi, et que comme lui j'aimais mener des négociations serrées à la manière d'un marchand de souk, je n'aurais que mépris pour le gouvernement suisse et sa lâcheté. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement si appeuré de manquer de mon pétrole qu'il est prêt à faire toutes les concessions sans exiger de contrepartie. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord n'incluant pas la libération des otages et à se contenter d'une vague promesse orale sur ce point. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord lui donnant à l'avance la charge de la faute, avant même que le tribunal arbitral prévu par l'accord n'ait statué. Et surtout, je n'aurais que mépris pour un gouvernement qui abandonne tout honneur en venant s'excuser dans mon pays et n'attend même pas de me rencontrer personnellement pour le faire.

Si j'étais Kadhafi, je voudrais faire payer à la Suisse son manque d'honneur. Et je chercherais tous les moyens pour le faire. Et les accords signés en offrent au moins deux.

Si j'étais Kadhafi, l'annonce faite pas le Président de ce pays sans honneur qu'il démissionnerait si les otages n'étaient pas rentrés au premier septembre ne serait pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Alors, je ferais tout pour faire durer cette libération. Je ne les laisserais repartir que le deux septembre, ou même le trois. J'attendrais d'être sûr d'avoir provoqué une telle crise politique que ce gouvernement ne s'en remettrait pas.

Si j'étais Kadhafi, j'utiliserais le tribunal arbitral pour ridiculiser ce pays sans honneur jusqu'au bout. Je n'irais certainement pas chercher un négociateur international compétant ou un juriste expérimenté pour me représenter au sein de ce tribunal. J'irais chercher le personnage le plus incongru possible, afin que ce pays et son gouvernement ressentent leur humiliation jusqu'au plus profond de leur âme. Être jugé par exemple par Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, serait pour la Suisse le comble du déshonneur. Ou pourquoi pas par Kim Jong Il, le président nord-coréen ?

Mais je ne suis pas Kadhafi et je ne suis pas capable de lire dans sa tête. Il est donc possible que je me trompe. Et pourtant, à voir le temps qu'il faut à la Lybie pour relâcher les otages, on peut se demander si ce scénario n'est pas en train de se réaliser...

10:06 Publié dans Politique, Suisse | Tags : kadhafi, lybie, suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

16/05/2009

Des quotas pour les travailleurs étrangers ?

Ainsi donc, le Conseil Fédéral s'est mis à parler de la mesure de sauvegarde qui l'autorise, selon l'accord sur la libre circulation, à réintroduire temporairement les quotas de travailleurs étrangers venant de l'Union Européenne. Il n'a fait qu'en parler bien sûr, car le but n'est sans doute pas d'introduire un quota, mais plutôt de montrer les dents...

Car qui seraient les premiers touchés par une telle mesure ? Les deux grands voisins bien sûr. La France et l'Allemagne. La France où les entreprises suisses se servent allègrement en travailleurs frontaliers, et l'Allemagne qui est devenue le principal fournisseur d'immigrants pour notre pays. Et il se trouve que ces deux pays sont justement ceux qui, en Europe, cherchent à imposer à la Suisse des mesures fortement limitatives sur le secret bancaire. Ceux qui se plaignent ouvertement de l'évasion fiscale dont bénéficierait, selon eux, la Suisse. Finalement, il ne s'agit de rien d'autre que d'une guerre d'annonces ! Alors est-ce un hasard si Peer Steinbruck s'est engagé auprès de parlementaires suisses à mettre de l'eau dans son vin et à éviter les déclarations trop agressives ? Pas sûr…