10/05/2009

Le passeport biométrique en question

Est-ce que le passeport biométrique est une bonne chose ? La réponse est oui. Il permettra de rendre plus difficile la falsification du document. Et sur le plan pratique, il nous permettra de continuer à nous rendre aux USA sans visa et bien sûr, de continuer à participer à l'Espace Schengen, avec tous les avantages que ça implique. Dès lors, faut-il voter oui la semaine prochaine ? La réponse est malheureusement non.

J'aimerais beaucoup pouvoir dire que le projet concocté par le Conseil Fédéral est un bon projet et que nous pouvons nous ranger sans crainte derrière lui. Mais de toute évidence, on a tenté de s'offrir des "raffinements" technologiques parfaitement inutiles et des possibilités d'extension sans la moindre nécessité. La base de données centrale est sans doute le point le plus litigieux. Elle n'est en aucun cas exigée par Schengen et personnellement, je n'arrive pas à en comprendre l'utilité. Son développement coûtera cher, la sécurité qu'elle exige aussi et au final, on ne peut pas être certain à 100% qu'aucun hacker ne parviendra jamais à venir à bout de cette sécurité. Vous imaginez la catastrophe si la liste complète des coordonnées des centaines de milliers de détenteurs de passeports, incluant les empreintes digitales, se retrouveraient en vente sur le Net au plus offrant ? Une refonte complète du passeport biométrique serait alors nécessaire pour restaurer la sécurité de ce document.

Malgré tout, je pourrais tout de même être favorable à cette base de données, si on avait été capable de m'en expliquer l'utilité. Or, on dirait que même Mme Widmer-Schlumpf n'a aucune idée de son utilité ! Je pense qu'elle a laissé faire sans se poser de questions et que les interrogations de certains autres partis la prennent au dépourvu. A moins que la justification de cet investissement soit plus inavouable...

Deuxième point d'accrochage, la possibilité d'inclure une puce dans la carte d'identité. Elle n'est bien sûr pas encore en question, car elle n'est exigée par aucun état. Mais le fait qu'elle puisse être introduite dans le futur sans aucun débat démocratique me paraît très gênant. Une carte d'identité biométrique augmenterait fortement son prix de revient et il ne faut pas oublier que, contrairement au passeport, en posséder une est obligatoire. Donc, je pense que son introduction n'aurait rien d'anodin et mériterait tout de même que le parlement, voire la population, puisse se prononcer.

Renvoyons donc le Conseil Fédéral sur le métier. Il a encore près d'un an pour proposer une loi plus consensuelle, qui ne sera pas combattue par un référendum. Votons donc non la semaine prochaine.