11/06/2009

L'0MS déclare la pandémie : pétard mouillé ?

Voici donc l'inévitable annonce de la pandémie. En réalité, si l'OMS avait respecté ses propres critères, à savoir une épidémie autonome dans au moins 3 pays, il y a plusieurs semaines que l'état pandémique aurait dû être décrété. Seulement voilà, la grippe porcine se révèle beaucoup moins virulente que prévu. Le taux de mortalité n'éfleure même pas le pourcent et les craintes que cette pandémie ne provoque la mort de dizaines ou de centaines de millions de personnes semble s'éloigner de plus en plus. Après tout, la grippe saisonnière tue aussi et elle ne fait peur à personne. De plus, seuls trente mille personnes ont été touchées à travers le monde, ce qui ne représente qu'une part infime de la population mondiale. Dès lors, pourquoi paniquer ?

Et bien, il ne faut pas paniquer bien sûr. Et c'est sans doute pour cela que l'OMS a autant retardé sa décision de relever son niveau d'alerte. Toutefois, il faut quand même voir que la progression de la maladie suit une courbe exponentielle et que rien ne semble pouvoir l'infléchir. Trente mille malades aujourd'hui pourraient se transformer en millions d'ici un ou deux mois, puis en centaines de millions d'ici l'hiver. Et même si le taux de mortalité n'était que d'un demi-pourcent, Le nombre de morts pourra alors finir par atteindre le million. Ca n'est donc pas négligeable. Et il faut aussi dire que le nombre réel de malades doit être largement sous-estimé. Les pays pauvres ne sont pas à même de dépister efficacement le virus. Et certains pays, à commencer par le Mexique, annoncent une diminution importante du nombre de nouveaux cas, sans doute plus pour raison économique, puisque ce pays craint une importante baisse du revenu du tourisme !

Alors contrairement à ce qu'on entend trop souvent, je pense qu'il n'est vraiment pas inutile de continuer à produire du Tamiflu afin de diminuer au maximum le taux de mortalité des malades, et de dévelloper le plus vite possible un vaccin afin de stopper la progression de la pandémie. Je pense qu'il faut donc cesser ces critiques de l'OMS et les laisser faire leur travail en paix. Après tout, si cette organisation a une utilité, c'est bien pour gérer ce genre de crise.

06/05/2009

Peut-on encore éviter une pandémie ?

Il semble que la situation échappe petit à petit à l'OMS. La grippe A – H1N1 continue sa progression, malgré toutes les mesures sanitaires prises. Dans la seule journée d'hier, les Etats-Unis ont annoncé une augmentation de 40% de ses cas confirmés. L'Espagne, principal foyer de la maladie en Europe, compte déjà 75 cas confirmés. La dissémination du virus semble donc suivre une courbe exponentielle, typique de ce genre de maladie très infectieuse. L'OMS n'a pas pour autant décidé de relever son niveau d'alerte. Compte tenu qu'il n'y a pas de cas confirmé de transmission d'humain à humain en dehors du Mexique et des Etats-Unis, l'organisation a décidé d'attendre encore pour déclarer le niveau d'alerte 6, son niveau maximum.

Mais cela ne veut pas dire qu'une pandémie soit encore évitable. On sait par habitude que la grippe est une maladie qui se propage très facilement, particulièrement dans notre société globalisée. Je ne pense pas que la question soit encore d'éviter la pandémie. D'ailleurs, on peut se demander si c'est souhaitable. Pour l'instant le taux de mortalité de cette grippe est de 2% à peine, pas beaucoup plus qu'une grippe saisonnière normale. Donc pas de quoi s'affoler, pas tant que le virus ne mute pas en tout cas. Donc, les mesures nécessaires pour essayer d'endiguer la maladie, qui impliqueraient la fermeture des frontières des pays touchés, ne semblent pas être justifiées par la virulence de ce virus. Ces mesures feraient d'ailleurs bien plus de mal que le virus, car elles impliqueraient une terrible plongée dans la crise des pays touchés et donc une catastrophe pour les populations les plus pauvres.

La pandémie ne pourra donc pas être évitée. Soit. Mais il ne faut pas baisser les bras pour autant. Les mesures prises pour enrayer sa progression nous permettront de gagner du temps. Les chercheurs du monde entier se sont déjà mis au travail pour développer un vaccin efficace. Tout ralentissement de la progression de la maladie leur laissera le temps de le mettre au point, puis laissera le temps à l'industrie du médicament de le produire en masse pour protéger le plus de population possible. Enfin, si on vit dans un pays développé bien sûr. Parce que pour les autres, il y a peu d'espoir…

09:07 Publié dans Monde, Santé | Tags : pandémie, grippe, porcine | Lien permanent | Commentaires (0)