07/02/2010

Quand va-t-on cesser de croire l'Iran ?

Une nouvelle fois les Occidentaux et la Russie sont déçus de la reculade du Président Ahmadinejad qui annonce que son pays va enrichir lui-même son uranium. Pourtant, l'Iran avait déjà refusé en novembre la possibilité de le faire enrichir à l'étranger. Alors croire à la bonne volonté iranienne cette fois encore, c'était faire preuve d'une inquiétante crédulité. Pourquoi l'Iran voudrait faire enrichir son uranium à l'étranger, si cela l'empêche de disposer d'uranium de classe militaire, nécessaire à construire sa bombe ? Le but a toujours été de disposer d'armes nucléaires. Il est donc évident que l'Iran ira au bout de ses ambitions, quoiqu'il arrive. Et ce ne sont pas les molles sanctions qu'on pourra prendre contre ce pays qui y changeront quoique ce soit. Tout au plus, ces sanctions atteindront la population. Mais le pouvoir restera de marbre devant les problèmes du peuple. Le pire, c'est que de telles sanctions mettront fin au rêve de liberté dans ce pays, car elles provoqueront un regroupement de la grande majorité de la population derrière le pouvoir.

Alors quand va-t-on cesser de croire que l'Iran veut collaborer avec la communauté internationale ? C'est un état voyou, c'est de plus en plus clair. Il poursuit une stratégie géopolitique qui vise à prendre le pouvoir régional sur tout le Proche et Moyen-Orient. Et compte tenu de l'importance stratégique de cette région, cela revient presque à pouvoir dicter ses conditions au Monde. Cette stratégie nécessite bien sûr l'accès au club restreint des puissances nucléaires. C'est le seul moyen pour eux d'éloigner la menace d'une intervention internationale. C'est aussi le seul moyen de mettre en échec par avance toute tentative interventionniste de la part de l'état hébreux, son principal ennemi. Quand on a compris cela, on a compris que négocier avec l'Iran n'a aucun sens.

Donc il faut cesser les tergiversations. La seule forme de discussion qui soit valable avec l'Iran, c'est l'ultimatum. Il faut prévenir Ahmadinejad que si son pays se met à enrichir l'uranium jusqu'à une teneur de 20% d'uranium 235, une intervention visant ses sites d'enrichissement sera inévitable. Car si la communauté internationale continue à tergiverser, il y en a qui n'accepteront pas de vivre avec la menace nucléaire iranienne. Les Israéliens, qui ne disposent pourtant pas de l'armement adéquat pour lancer une telle opération, se lanceront seuls à l'attaque du complexe nucléaire iranien. Avec tous les risques d'embrasement régional qu'une telle opération comporte. Obama doit se le tenir pour dit. S'il continue dans une voie qui peut permettre à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, la situation pourra déboucher sur une guerre sans précédent dans la région. Et comme les forces américaines sont présentes en abondance autour de l'Iran, elles ne manqueront pas d'être impliquées d'une manière ou d'une autre.

10:19 Publié dans Monde, Politique | Tags : nucléaire, iran | Lien permanent | Commentaires (2)

30/12/2009

2010, année guerrière ?

Pendant que nous nous apprêtons à passer dans la nouvelle année, les choses s'activent en coulisse. Le 18 novembre dernier, l'Iran a refusé le plan de l'AIEA qui visait à transférer de l'uranium enrichi vers la Russie. Ce plan n'aurait pourtant réussi à retarder la fabrication d'une première bombe que de quelques mois à peine. Mais Téhéran prouve une fois pour toutes à ceux qui espéraient encore, qu'il n'a jamais souhaité négocier. Le plan, c'est de posséder la bombe. Et ce plan est à bout touchant.

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06:00 Publié dans Monde | Tags : nucléaire, iran | Lien permanent | Commentaires (9)

01/12/2009

Peut-on se passer du nucléaire ?

Dimanche, le vote des Vaudois a été totalement occulté par celui sur les minarets. Pourtant, leur choix pourrait avoir une tout autre répercution sur notre avenir et ce pour longtemps. Il est vrai que ce vote sur la reconduction de l'autorisation d'exploitation de la centrale de Mühleberg n'était que consultatif et les autorités ne sont pas forcées de suivre l'avis du peuple. Mais compte tenu de la forte oppositon populaire dans la plupart des cantons consultés, on voit mal comment les autorités pourraient passer outre l'avis populaire.

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17/06/2009

Je rêve d'un monde sans arme nucléaire

Et si nous réinventions un monde où la bombe atomique n'aurait jamais été inventée ? Ce rêve est bien sûr totalement utopique. Ce qui a été inventé ne peut plus être désinventé. Nous sommes condamnés à vivre dans ce monde où l'Homme sait fabriquer des armes nucléaires. Et c'est là qu'on peut critiquer l'inconscience de ces scientifiques qui ne se sont pas aperçus des conséquences de ce qu'ils inventaient. Certes, sur l'instant, ça avait dû ressembler à une plutôt bonne idée. La guerre faisait rage et posséder une arme qui permettrait de terminer cette guerre rapidement et avec un minimum de pertes dans ses propres rangs était un but qui semblait s'imposer. D'autant que l'Allemagne tentait elle aussi de se la procurer et il importait d'en disposer avant elle.

Mais qu'en a-t-il été depuis ? D'autres pays, Union Soviétique en tête se sont mis à fabriquer cette arme. La course aux armements a été lancée dès la fin de la seconde guerre mondiale. Et la puissance de ces armes a rapidement décuplé. Cette arme, qui avait été vue par ses inventeurs comme un moyen de terminer rapidement la guerre, s'est transformée en instrument de fin du monde. Seule la peur de l'annihilation réciproque aExplosion-Nucleaire-1.jpg permis à ce monde de rester propice à la vie.

Durant une quarantaine d'années, l'équilibre de la terreur s'est ainsi maintenu. Puis l'Union Soviétique a baissé les bras et nous avons pu enfin souffler. Seulement, à peine la guerre froide s'est-elle terminée qu'un nouveau danger est apparu : celui de la prolifération. Aux cinq puissances nucléaires "classiques", à savoir les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne, se sont rapidement ajoutées trois nouvelles. L'Inde, le Pakistan et Israël. Et si ces trois pays ne font pas trop craindre qu'ils puissent être les artisans d'un holocauste mondial ou même régional, trois autres pays beaucoup moins fréquentables leur ont immédiatement emboité le pas.

L'Irak, l'Iran et la Corée du Nord ont tous conduit des programmes nucléaires plus ou moins sérieux. Plus ou moins, car il s'est finalement avéré que l'Irak avait abandonné depuis longtemps son programme, contrairement aux accusations proférées par l'administration américaine. L'invasion du pays avait donc été conduite sous un prétexte fallacieux. Et le premier de ces trois pays, qui pour Georges Bush constituaient "l'axe du mal" était pour finir très loin de pouvoir devenir une puissance nucléaire. Doit-on pour autant généraliser ? Certainement pas, car les deux autres puissances nucléaires potentielles conduisent des programmes nucléaires bien plus sérieux.

En effet, l'Iran n'a jamais cessé ce programme. Il semble même avancer à grands pas. Et surtout, la Corée du Nord semble à bout touchant. Désormais ça n'est peut-être plus qu'une question de mois avant que ce pays ne dispose d'armes nucléaires viables et de missiles pouvant atteindre leurs voisins et même le territoire des Etats-Unis.

Il serait temps que le monde se réveille. Car laisser ces deux pays ou même un seul d'entre eux posséder l'arme nucléaire nous ferait replonger dans une nouvelle guerre froide. C'est totalement intolérable. Et il faut le faire savoir aux gouvernements de ces deux pays, si avides de pouvoir. Ils doivent comprendre que jamais on ne les laissera atteindre leur but. Car si une intervention devenait indispensable, elle devrait se faire avant que ces pays disposent d'armes nucléaires. Ensuite, cela deviendrait totalement impossible, le risque d'embrasement devenant insupportable.

On le voit, les scientifiques qui ont découvert la fission de l'atome ont créé un monstre que personne ne peut contrôler. Mais n'était-ce pas inéluctable ? Ca n'est finalement pas de leur faute si les particules subatomiques possèdent un si formidable potentiel énergétique. La célèbre formule E=MC2, Einstein ne l'a pas inventée. Il n'a fait que la découvrir. Et si ça n'avait pas été lui qui avait découvert l'énergie incommensurable que représente la masse atomique, quelqu'un d'autre l'aurait fait. Probablement à la même époque ou peu après. Ainsi va la science. L'histoire aurait peut-être même été profondément modifiée selon l'Etat qui aurait pu développer la bombe en premier. Et nous devons finalement plutôt être satisfaits de la tournure des évènements.

Alors, à défaut de réinventer un monde sans arme nucléaire, pouvons-nous encore inventer un monde dénucléarisé ? Les nations nucléaires actuelles, à commencer par les Etats-Unis, peuvent-elles abandonner cette arme alors que n'importe qui pourrait un jour se la procurer et menacer le monde entier ? En fait, je pense que ça serait bien plus facile de faire respecter un traité de non-prolifération, si quelques états ne se gardaient pas le triste privilège de faire planer une telle menace sur le monde. La fin de la prolifération passe sans doute par le désarmement. Si une interdiction totale était le but du conseil de sécurité de l'ONU, je pense que, moyennant des pressions, on pourrait y faire adhérer l'ensemble des nations. Alors nous pourrions peut-être entrevoir le bout du tunnel. Et mettre fin à plus de soixante ans de folie.

27/05/2009

L'Occident peut-il se permettre de laisser l'Iran et la Corée du Nord se doter de l'arme nucléaire ?

La question me semble très grave et très urgente à mesure que les stratégies visant à la conciliation échouent l'une après l'autre. Je pense que ces deux pays n'ont jamais souhaité interrompre leurs programmes nucléaires, mais n'ont accepté de prendre part aux tables de négociation que pour gagner du temps.

D'un côté, il y a l'Iran dont les missiles pourraient menacer directement Israël ainsi que tous les pays du Golfe. On pourrait par exemple imaginer une attaque coordonnée contre les puits de pétrole de ces pays, mettant en un instant l'approvisionnement du monde à genoux. L'Iran pourrait ensuite fixer ses propres prix et ses propres conditions, décidant qui mérite de recevoir le précieux liquide et qui n'en est pas digne. L'équilibre géostratégique en serait ainsi totalement bouleversé, et sans doute pas à l'avantage des Occidentaux...

De même, ils pourraient aussi s'en prendre directement aux gouvernements des pays limitrophes en attaquant directement les capitales de ces pays. Israël, la Jordanie, l'Irak, le Koweit, l'Arabie Saoudite, les Emirats, l'Afghanistan, le Pakistan... Tous ces pays plus ou moins amis de l'Occident pourraient se retrouver un de ces jours à la portée des missiles iraniens ! Et pire : parmi ces pays, existent déjà deux puissances nucléaires...

De l'autre côté du monde, la Corée du Nord, dont le régime est aux abois, semble sur le point de faire aboutir son programme d'armement nucléaire. Et deux alliés de première valeur de l'Occident, les frères ennemis du Sud et le Japon, pourraient alors se retrouver sous la menace directe de leurs missiles. Déjà, la Corée du Nord se fait menaçante et cherche à imposer sa loi au Sud. Et cela ne ferait qu'empirer si la production d'armes nucléaire devenait effective. Ca serait clairement un désastre majeur sur le plan stratégique.

Mais quel autre choix ont les Occidentaux que de tenter de renouer le dialogue ? A la question titre, on peut répondre par une autre : "L'Occident peut-il se permettre de se lancer dans des conflits régionaux majeurs avec ces deux pays ?" Il est clair que de tels conflits feraient de la guerre en Irak une petite escarmouche et de celle en Afghanistan une petite bagarre dans un bac à sable. Il y a bien sûr de quoi terrifier des peuples comme les nôtres, peu habitués à devoir se battre. Mais, l'histoire montre qu'il est bien plus dangereux d'attendre et laisser son adversaire gagner des forces que de frapper rapidement avant qu'il ne soit trop tard. Par exemple, si les Alliés avaient choisi de matter l'Allemagne vers le milieu des années trente, la guerre aurait été rapide et le régime nazi aurait pu être mis à terre sans trop de résistance. En laissant l'Allemagne reconstituer ses forces militaires, les Alliés ont donc fait une énorme erreur historique.

Alors, l'histoire va-t-elle se répéter ? L'Occident va-t-il à nouveau trop tarder pour se décider à frapper, au point qu'il n'aura plus le moyen de réagir ? Il faut aussi dire que la Chine et la Russie jouent leur propre jeu dans ces deux affaires, et ces deux membres permanents du Conseil de Sécurité risquent bien d'opposer leur véto à toute action militaire. Il faudra donc que les Occidentaux prennent leurs responsabilités avec tous les risques que cela comprend d'embrasement régional. Voire global...