14/10/2009

La création du MCG

Un jour, alors qu'Eric se promenait, il eut envie d'un petit verre. Il entra alors dans un petit troquet et s'installa au bar. Acoudé au comptoir, il sirotait donc son petit ballon de blanc, quand il surprit la conversation de ses deux voisins. Si si. Je vous assure que vous les connaissez : ce sont ceux qu'on voit dans tous les bistrots et sans qui le bar ne tiendrait pas debout ! (à moins que ça soit le contraire...)

- La semaine dernièèèèère, je suis allé me présenter pour un bouloooot...

- Ah, tu veux bosser toi ? Et avec qui je pourrais parler si tu n'étais pas lààà ?

- Ben ouais, faut bien payer ses verres quand mêêêême !

- Et ça s'est passé commeeeent ?

- Ben, ils m'ont dit non. Que je faisais pas l'affaire, qu'ils ont dit ! Et tu sais qui ils ont pris ?

- Ben non...

- Un frontalieeeer ! J'ai vu sa plaque jaune en sortant ! Ils ont engagé un sale frontaaal... J'suis sûr qu'ils le payent la moitié des dix mille balles que je demandais ! C'est du dumping salariaaaal !

- C'est honteux ! Et c'est pas ces sales politicards qui vont faire quequ'chose !

Eric, convaincu que ces braves gens avaient raison de penser qu'ils n'étaient pas défendus par la politique, se dit qu'il fallait "faire quequ'chose" !  Et, en s'inspirant de la position centrale de ses voisins dans le bar, il choisit alors le slogan de son futur parti : "Ni de gauche ni de droite" ! C'est ainsi que naquit le MCG...

Bon, ironie mise à part, j'avoue que je n'ai pas très envie de bloguer ces jours-ci. Le grand sujet du moment, à savoir la victoire "écrasante" du MCG et du populisme à Genève, ne m'inspire pas trop. Parce que d'accord, le MCG fait une grosse progression. Mais dans l'absolu, ils n'ont que 17 sièges sur 100 ! De là à penser qu'ils vont diriger Genève durant les quatre prochaines années, il y a quand même encore un gouffre à franchir. Car sur les divers sujets qui vont se présenter au parlement, il n'y en aura probablement pas pour lesquels la droite classique ne pourra pas chercher des alliances, que ça soit à gauche ou à droite. Il ne lui manque en effet que 8 sièges pour posséder la majorité absolue. Donc en convaincant n'importe quel autre parti présent au parlement de la suivre, elle pourra faire la décision. Les autres partis étant par contre très dissolus sur la plupart des sujets, ils n'arriveront jamais à s'allier contre la droite centriste. Donc, rien ne change fondamentalement dans la République.

La seule crainte fondée qu'on puisse avoir, c'est que le MCG parvienne à placer l'un des siens au Conseil d'Etat. C'est pourquoi il ne faut pas dissoudre les voix. On peut s'amuser à se chamailler en temps normal. Mais là, il faudra voter "utile". Pour cette raison, qu'on compte voter à gauche ou à droite, il faudra mettre dans l'urne des noms qui ont des chances d'être élus. C'est mon conseil de tactique électorale du jour.

Toutefois, sur le fond, on peut se demander si l'entrée du MCG au Conseil d'Etat ne serait pas la meilleure chose qui puisse arriver. Car j'aimerais bien voir Stauffer à la tête du Canton ! Ses belles promesses devraient alors être traduites dans les faits. Car si on a plus de 25 de QI, on ne peut que comprendre que sa promesse de renvoyer les mendiants chez eux est une promesse en l'air. Pareil pour la promesse de limiter le nombre de frontaliers. Ces deux propositions sont tout simplement illégales, car incompatibles avec le droit supérieur ! Dans les deux cas, la libre circulation, récemment reconduite par l'ensemble des Suisses et encore plus plébicitée par les Genevois, interdit ce genre d'actions... Alors que penser des gens qui écoutent ces promesses ? Ils sont soit ignorants, auquel cas on ne peut pas grand chose pour eux,  soit dans une situation de chômage de longue durée totalement désespérante, car quand on est désespéré, il est plus facile d'accuser l'autre que d'analyser ses propres manquements, soit tellement racistes qu'ils sont aveuglés par la haine. Bref, si vous avez voté MCG, je vous souhaite vivement d'être racistes !