12/08/2010

Le loup est mort, le Valais est sauvé !

Comme on peut le lire dans les journaux ce matin, un loup a été abattu dans le Valais, suite à l'autorisation de tir délivrée la semaine dernière. Encore une fois, c'est par le tir de loups que le Valais résout ses problèmes. Et ça n'est peut-être pas fini, puisque ce loup faisait partie d'un couple et que l'autre est toujours en vie. L'autorisation de tir court toujours et le second spécimen sera peut-être abattu dans les jours qui viennent. Et après ça, ça ne sera toujours pas fini. Le peuplement de la Suisse par le loup est un mouvement d'ensemble qui ne va pas s'arrêter. Si le Valais ne veut pas être repeuplé par le loup, il ferait mieux de décreter immédiatement que tout loup entrant sur son territoire sera condamné à mort. Ça aurait au moins le mérite d'être plus honnète que la situation actuelle.

loup-et-neige1.jpgCar oui, le Valais est un mouroir pour les loups. Au centre d'une Europe qui protège strictement le loup, considéré sur ce continent comme une espèce très menacée, le Valais est une sorte de village d'Astérix qui résiste coûte que coûte à l'envahisseur canin. Et pourtant, la Confédération offre les mesures de protection contre le loup qui permettraient dans la plupart des cas aux éleveurs de bétail de dormir tranquilles. Mais ça ne leur suffit pas. Pour eux, le loup n'a rien à faire sur leurs terres. Il est persona non grata et n'a pas à être réintroduit. Mais personne n'a réintroduit le loup. Il est venu tout seul et on n'a pas à s'élever contre ça. Il n'y a tout simplement pas à être pour ou contre le loup, c'est un faux débat. Le loup fait partie de la faune locale et il faut apprendre à vivre avec.

En réalité, le problème des éleveurs de bétail, c'est qu'ils sont souvent aussi chasseurs. C'est en tout cas la seule justification qui explique leur acharnement contre le loup. Car s'ils refusent de faire protéger leur bétail, c'est bien qu'ils en veulent au loup. Pour eux, c'est un concurrent. Il tue du gibier et il en reste moins pour eux. Alors ils souhaitent que leur bétail soit tué par le loup, (ça ne les gêne pas, la Confédération rembourse !) ainsi on a une justification pour l'abattre. Il ne faut pas faire une généralité, bien sûr. Il y a aussi des éleveurs coopératifs qui ne doivent pas être mis dans le même panier. Et dans certains cas, même les mesures de protection n'empêchent pas les drames. Mais quand je lis qu'on abat un loup parce qu'il s'en est pris à un troupeau non protégé, je trouve qu'on reproche  juste au loup d'être un loup. C'est de la simple haine pour cet animal et je ne comprends pas comment on peut laisser le Valais faire cela.

En l'occurence, ce cas est un peu particulier car les loups s'étaient attaqués à un troupeau de génisses, ce qui est très rare. Il aurait été intéressant de voir si des mesures de protection pouvaient arrêter ces attaques. D'ailleurs, les spécialistes étaient prêts. Mais non, le Valais n'a pas voulu leur laisser le temps. On a abattu ce loup le plus vite possible, pour éviter qu'on ait le temps de le protéger. Et pourtant, la Suisse est signataire de la convention protégeant le loup. Ce qui signifie que la protection du loup fait partie intégrante de la législation suisse. Alors pourquoi laisse-t-on le Valais faire sa loi alors que ses pratiques vont à l'encontre du droit supérieur ?

Je réitère donc le constat que j'ai fait il y a tout juste un an dans ce billet. Rien du tout n'a changé depuis et le loup n'est toujours pas protégé correctement dans ce pays. Il est temps que les autorités fédérales édictent des règles claires entourant la présence du loup. Et comme je l'avais dit à l'époque, ces règles pourraient être:

- Seuls les moutons protégés par des chiens et enfermés dans des enclos peuvent être remboursés à leur éleveur en cas d'attaque.
- Seules les attaques sur des moutons protégés par des chiens et enfermés dans des enclos peuvent être contabilisées pour déterminer la dangerosité d'un loup. Un loup tuant un animal d'élevage non protégé est à considérer comme un simple phénomène naturel.
- Le braconnage du loup est un crime passible de peines de prison.

Il faut arrêter de protéger uniquement les éleveurs. Leur lobby est sans doute plus puissant que celui du loup, mais il y a tout simplement des lois qui protègent le loup ! Alors quand la Suisse va-t-elle se mettre à respecter sa propre législation ? Il est clair qu'il est plus facile de protéger le loup quand il se trouve ailleurs. Mais quand on est soi-même aux prises avec l'animal, il vaut mieux l'éliminer. Intéressant comme concept non ?

08:46 Publié dans Politique, Suisse | Tags : loup abattu | Lien permanent | Commentaires (138)