07/12/2009

Les cafés restaurants ont besoin de fumée pour vivre !

C'est ce que j'ai appris aujourd'hui. Sans fumée, ils vont tous disparaître. C'est pourquoi ils préparent une initiative fédérale pour (ré-) introduire la liberté de choix entre établissement fumeur et non-fumeur. Une liberté qui a bien sûr toujours existé sans jamais être appliquée tant le nombre d'établissements non-fumeur a toujours été ridiculement bas. Dès lors, est-il sérieux de dire qu'il s'agit d'une véritable proposition respectueuse des uns et des autres ? Je préfère bien sûr de loin cette manière de procéder à celle des cafetiers genevois qui avaient lancé un référendum contre la loi d'application d'une loi acceptée par 80% du peuple. Tout le monde a le droit de lancer des initiatives et de lancer ou relancer un débat. Et puis au niveau fédéral, le souverain n'a encore jamais été consulté. Il serait donc intéressant de s'y mettre une fois pour toutes. De plus, une initiative n'a pas d'effet suspensif. La loi fédérale sur l'interdiction de fumer pourra donc enter en force malgré l'existence de cette initiative.

Toutefois les arguments des cafetiers-restaurateurs suisses m'interpellent de deux manières. Tout d'abord, le fait qu'on affirme que l'interdiction de la fumée saigne à blanc les responsables d'établissements publics me paraît inconsistante. Je croyais que les cafés et restaurants faisaient leur bénéfice sur les boissons et les plats. Depuis quand la fumée apporte des recettes à ces établissements ? Pour moi elle n'est qu'une nuisance inutile. Et si certains ne survivaient que grace à l'autorisation de fumer, on peut s'intéroger à propos de la qualité du service qu'ils proposent. Et on peut ainsi retourner la question et se demander pourquoi on devrait changer la loi pour permettre à des établissements de mauvaise qualité de survivre...

Ensuite on peut me répondre que si les fumeurs ne se rendent plus dans les lieux publiques, ça diminue les recettes globales de tous les établissements et ainsi le nombre d'établissements en difficulté augmente d'autant. Mais là je m'interroge donc sur les motivations des fumeurs. Je ne me souviens pas d'avoir entendu un fumeur se plaindre parce qu'il ne pouvait pas fumer au cinéma ou au théâtre. Ni parce qu'il ne pouvait pas fumer dans un grand magasin. Et que dire des avions ou des trains où avant il était possible de fumer ? L'interdiction a finalement été bien acceptée non ? Alors pourquoi les lieux de convivialité devraient faire exception ? Après tout, un café n'est pas fait pour fumer mais pour consommer une boisson. Et dans le cas d'un restaurant, la fumée est même une très grande nuisance pour les autres clients. Alors pourquoi serait-il normal de fumer ?

Et puis, cet argument est-il véridique ? Sans citer de chiffres, c'est facile de dire qu'on a plus de problèmes qu'avant. En réalité, des faillites d'établissements, il y en a tous les jours. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Alors il est un peu facile d'accuser l'interdiction de fumer. Et puis j'ai des fois entendu des fumeurs dire que désormais, ils boivent leur verre et s'en vont. Et bien je ne vois pas en quoi ça diminuerait les recettes des cafetiers, car en quoi un fumeur qui reste à tirer sur sa clope sans consommer rapporte-t-il ? Au contraire, il occupe une table et fait fuir les non-fumeurs... Quant à ceux qui boycottent les bistrots parce qu'ils ne peuvent plus y inhaler leur dope, je pense qu'ils ne tiendront pas longtemps. Dans quelques années, cela paraîtra tellement naturel que la fumée soit interdite qu'on ne se souviendra même plus de ces débats stériles...

28/09/2009

Halte aux abus du droit de référendum

Hier la population genevoise a largement confirmé sa volonté de voir la fumée quitter les lieux de convivialité. Et même, avec un taux d'acceptation de la loi de plus de 81%, elle a même accru son soutient à la loi, contrairement à toute attente. Dans ces conditions, il est nécessaire de se poser la question de l'utilité de renvoyer tout le peuple devant les urnes pour donner son avis une seconde fois sur un même objet. Avec tous les frais que cela comporte. Si ce second scrutin avait apporté un nouveau débat, concernant de nouveaux éléments, cela aurait pu avoir un sens. Mais il n'y a pas eu de nouveau débat. Les opposants ont continué à débiter les mêmes arguments, qui n'ont interdiction_fumer.JPGvisiblement aucune prise sur la très grande majorité de la population. Alors pourquoi revoter ? Les opposants espéraient-ils gagner ? Pas du tout. Tout ce qu'ils espéraient, c'était retarder l'inéluctable le plus longtemps possible. Et on arrive là aux limites de la démocratie directe. Lorsqu'elle est utilisée à mauvais escient, lorsqu'elle ne sert qu'à retarder la mise en place de projets plébicités par la population, il faut contrer ce genre de pratiques, cela pour le bien même de la démocratie directe. Car ce genre de pratiques risque de lasser des gens qui jusque-là choisissaient de donner leur avis. On ne doit pas s'étonner ensuite des taux de participation très bas.

Quand on regarde les résultats de plus près, on s'aperçoit que seules 21000 personnes se sont prononcées en faveur du référendum. Or, 14000 personnes avaient signé le référendum et avaient ainsi envoyé l'ensemble de l'électorat devant les urnes ! Cela signifie que ces 14000 personnes n'ont réussi qu'à en convaincre 7000 autres. Ca fait un peu léger tout de même. Et pourtant, 14000 signatures ça représente tout de même deux fois plus de paraphes que ce que réclame notre Constitution. Alors à quand un référendum signé par 7000 personnes qui se soldera par un nombre de NON de seulement 10000 voix, soit moins de 5% de l'électorat ?

Le problème dans ce cas, c'est que le comité référendaire a bénéficié de l'appui du GHI qui a envoyé une liste à chaque ménage genevois. Il est totalement indécent qu'un média distribué dans tous les foyers puisse prendre position en matière de politique. Depuis, je ne lis d'ailleurs plus jamais cette feuille de chou. Mais le véritable problème, c'est que le référendum serait certainement passé, même sans l'aide du GHI. Le problème vient surtout de notre Constitution qui ne correspond plus du tout aux besoin de notre canton. Sa population a explosé, au niveau communal les étrangers ont désormais le droit de vote, mais le nombre nécessaire de signatures n'a pas évolué. Ainsi, désormais les plus égoïstes peuvent se permettre d'utiliser le droit de référendum pour bloquer des projets importants soutenus par l'écrasante majorité de la population. Je refais donc mon appel à la Constituante que j'avais fait dans ce billet. J'y proposais que le nombre de paraphes nécessaires pour valider un référendum ou une initiative cantonales ou communales soit fixé à 10% de l'électorat au minimum. Dans le cas de la fumée passive, ma proposition aurait en tout cas évité le fiasco qu'on a vécu, puisque 10% de l'électorat genevois, ça représente justement 21000 personnes, ce que le comité référendaire n'aurait jamais pu réunir à temps...

 

02/09/2009

Donc revotons...

Oui c'est assez rageant de devoir voter à nouveau sur le même sujet. Il y a pas loin de deux ans, nous avions accepté à près de 80% l'initiative pour des lieux publics sans fumée. Le 27 septembre, nous allons à nouveau voter sur le même sujet. En réalité, il ne s'agit pas vraiment du même sujet car cette fois, c'est sur un référendum opposé à la loi d'application acceptée par le Grand Conseil que nous allons voter. Il n'y a donc pas lieu de crier au "simulacre de démocratie" comme le font beaucoup. La loi est bel et bien respectée. Ceci dit, le sentiment de frustration face à cette minorité incapable de reconnaître sa défaite est compréhensible. En démocratie directe, quand le peuple s'est prononcé ça doit mettre fin au débat. On ne devrait pas chercher tous les moyens de recours pour s'opposer à la volonté de la majorité. Et si on veut relancer le sujet, il faut le faire avec une nouvelle proposition. Par exemple, j'aurais été beaucoup moins critique vis-à-vis d'une initiative visant à autoriser la fumée dans les petits établissements. (même si j'aurais voté contre)

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