22/02/2010

Les Américains sont-ils les "méchants" ?

Question saugrenue, absolument pas pertinente et pourtant on entend souvent dire que les Etats-Unis sont les ennemis de la paix, qu'ils cherchent à gouverner le monde. Ils sont accusés de tous les maux de la Terre. Ils ont même créé le H1N1 en laboratoire. (peut mieux faire soit dit en passant) Bref en un mot, ils sont les méchants. Mais si on définit les Américains comme les méchants, on doit obligatoirement définir  leurs ennemis comme les gentils. C'est comme ça que ça se passe dans tout bon film... hollywoodien ! Un peu manichéen, même très, mais simplifier le monde, c'est bien pratique pour ceux qui ont de la peine à l'apréhender. Donc oui, qualifions les ennemis de l'Amérique de gentils. Qu'importe que ces pays soient des dictatures, des théocraties ou des groupes terroristes. S'ils sont contre les Américains, c'est bien qu'ils sont forcément de pauvres résistants, combattant l'hégémonie du mal représentée par la banière étoilée.

Quant aux amis de l'Amérique, ils sont forcément de fidèles toutous, des suppôts du grand Satan. Et ils n'ont aucune existence propre. Donc oui, le monde se découpe en deux camps. Dans un coin celui des amis du mal et dans l'autre celui des ennemis du mal, donc des amis du bien.  D'ailleurs c'est bien Georges W. Bush qui disait qu'on peut être soit avec eux, soit contre eux ? A moins que ce soit l'Empereur Palpatine, dans "La revanche des Siths". Ou alors les deux.

Bref. Dans le premier camp, on trouve entre autres l'Union Européenne, Israël, le Japon, la Corée du Sud. Tous ces braves chienchiens qui bavent à la moindre parole du grand frère américain permettent à ce dernier d'assurer une présence un peu partout autour de la Terre. Dans le second camp, on trouve les gentils comme l'Iran, la Corée du Nord, Al Quaida, les Talibans, le Hamas et le Hezbollah. Toutes ces pauvres victimes de la politique des Etats-Unis (et de leurs bras armé au Proche-Orient, Israël) ne veulent bien sûr que le bien de leurs populations. Ils sont obligés de les opprimer pour l'instant, mais pour leur bien. Le mal dont il faut les libérer c'est le Mal, avec un grand M, celui qui se tapit en Amérique du Nord !

Et au millieu, il reste quelques grands pays. Par exemple la Chine, la Russie, l'Arabie Saoudite ou le Pakistan. Des pays dont on ne sait pas (pour l'instant) sur quel pied ils veulent danser. Mais bien sûr, comme l'a dit W dans la citation ci-dessus, on ne peut être qu'avec les Américains ou contre les Américains. Donc si ces pays ne sont pas franchement avec les Américains, alors ils sont sauvés et ne se trouvent pas dans le camp du mal. Et forcément, puisqu'il n'y a que deux camps, ils se trouvent donc dans le camp du bien.  Ouf!

Voilà donc une splendide vision du monde, colportée par pas mal de monde en Occident. D'une part le camp du mal représenté par des pays qui sont, pour la plupart, des démocraties dans lesquelles il fait bon vivre et où on respecte à peu près les habitants, et de l'autre, le camp du bien avec une nuée de groupes terroristes, de dictatures sanguinaires et de théocraties totalitaires. Intéressant non ?

Comme je le disais au début, la question titre est en réalité sans intérêt. En matière de politique internationale, n'en déplaise à Hollywood, il n'y a pas de gentils. Il n'y a que des pays qui cherchent à tirer la couverture à eux, à gagner de l'influence. Les Etats-Unis ne font pas exception. Le fait qu'ils soient plus puissants que les autres ne les rends pas plus méchants que les autres. Ni plus gentils d'ailleurs. Ils ne font finalement rien d'autre que tous les autres pays.

Il faut toutefois rester attentifs. Les dérives du précédent gouvernement, qui avait sciemment menti à la population pour lui faire accepter et même encourager la guerre en Irak ne sont pas acceptables dans une démocratie. En s'abaissant de la sorte, les USA se sont abaissés au niveau de leurs ennemis. Et c'est probablement ce qui a amené beaucoup de monde à les considérer comme une puissance du mal. Mais il ne faut pas tout confondre. Les agissements de quelques individus ne font pas une nation. Les Américains finalement ne sont qu'un peuple comme les autres, avec des défauts et des qualités. Je pense qu'il est aussi idiot d'être anti-américain que d'être pro-américain. Il n'y a pas lieu d'être anti ou pro. Il y a d'ailleurs une chose qui m'exaspère, c'est entendre si souvent dire que les Américains sont incultes. Il s'agit d'une généralisation qui démontre plutôt la stupidité de celui qui le pense. D'autant que les Etats-Unis abrittent quelques-unes des plus prestigieuses universités du monde.

L'anti-américanisme est devenu politiquement correct. Les idées anti-atlantes sont bien sûr dopées par certaines manipulations des gouvernements américains précédents et même de l'actuel, mais surtout par une fronde universelle menée par une alliance de gauchistes et d'antisémites. Les islamistes qui se terrent en Occident n'y sont bien sûr pas étrangers, comme ce parti "anti-sioniste" qui a laissé un commentaire sur mon blog dernièrement. (voir ici, commentaire du 15.02.10) Ce dernier offre par son site une très belle démonstration de ce que j'avais avancé dans mon billet sur l'antisémitisme et l'antisionisme. Dans notre société se cachent bel et bien des gens qui prétendent défendre des valeurs de bien mais qui ne font que défendre le racisme et la haine. Leurs idées insidieuses se propagent dans la population, à tel point que beaucoup les considèrent déjà comme naturelles.