23/04/2010

La non-fusion Orange-Sunrise, une surprise ?

Une surprise pour tous les observateurs. C'est ce qu'on nous apprend dans la Tribune d'aujourd'hui. Il semble que beaucoup de monde tombe des nues en apprenant que la Comco a interdit à Orange et Sunrise de fusionner. Au travers de son édito, M. Pierre-Yves Frei fait la comparaison entre ce cas et la désinvolture avec laquelle la Comco a jugé les acquisitions effectuées par Coop et Migros ces dernières années. En effet, dans le commerce de détail, on se retrouve dans une situation où Coop et Migros se partagent le marché de fait, après notament les acquisitions de Denner par Migros et de Carrefour par Coop. C'est vrai que dans le cas de ces chaînes de magasins, la Comco n'a pas fait preuve d'une grande clairvoyance. Mais si on s'est trompé une fois, est-ce une raison pour se tromper à chaque fois ?

Pour ce qui est du commerce de détail, il faut reconnaître que l'enchaînement des évènements n'a pas aidé la Comco à prendre les justes décisions. D'abord, il y a eu l'arrivée d'Aldi et de Lidl sur le marché suisse. Bien que ne bataillant pas tout à fait dans le même segment de marché, l'arrivée de ces deux acteurs a forcément influencé la Comco dans ses choix. Puis le fait est que ces deux acquisitions n'ont pas été faites en même temps. D'abord il y a eu l'acquisition de Denner par Migros. L'acquisition de la plus grande chaîne du segment "discount" par le plus gros détaillant de Suisse était forcément un danger. La Comco a sans doute eu du mal à trancher. Mais c'est justement l'arrivée d'Aldi et Lidl sur un segment proche de celui de Denner qui a dû les convaincre que cette acquisition pouvait être validée.

Puis peu de temps après, Coop annonce sa décision de reprendre les points de vente laissés par Carrefour. D'une part, Carrefour ayant décidé de quitter le marché suisse, il était improbable qu'une nouvelle enseigne voit le jour. C'est un peu comme s'il n'y avait pas eu de plan B. Ensuite, juste après avoir accordé à Migros le droit de reprendre Denner, il était un peu difficile de dire non à Coop. Cela aurait biaisé la concurrence entre les deux grands détaillants, ce qui irait bien sûr à l'encontre de la mission de la Comco. C'est ainsi que, probablement la mort dans l'âme, la Comco a validé cette seconde fusion également. Elle a toutefois fixé des conditions à Coop, l'obligeant à céder des surfaces équivalentes à celles acquises en Suisse romande, sans doute afin de faciliter l'implantation des deux nouveaux arrivants dans notre bout de pays.

Pour ce qui est de la téléphonie, la situation est-elle la même ? D'abord, il faut séparer les activités de téléphonie mobile de celles de téléphonie fixe et de service Internet. En effet, Orange n'étant pas ou peu active dans les deux secondes, ces segments de marché ne posent pas de problèmes. De plus, une concurrence importante est déjà effective dans ces segments du domaine des télécommunications, un regroupement pourrait tout à fait se faire sans prétériter la concurrence. Par contre, dans le domaine de la téléphonie mobile, il existe une situation de concurrence faible, due à des raisons techniques principalement. Dans ces conditions, la Comco pouvait-elle accepter un regroupement de ces deux sociétés ? Evidemment non. Elle aurait failli à sa mission si elle avait accepté. Je ne peux dès lors pas comprendre que des observateurs qui se prétendent spécialistes de la question soient étonnés de cette décision. Il n'y avait pas d'autre décision possible, du moins pas avant qu'un autre acteur se présente pour reprendre la concession de téléphonie mobile libérée. Et compte tenu de la difficulté de s'implanter dans un marché aussi fermé, je ne pense pas que quelqu'un va montrer de l'intérêt prochainement.

Donc finalement, si Orange souhaite faire des acquisitions, il faudra se tourner vers la téléphonie fixe ou Internet. La Comco ne s'opposera pas à des acquisitions visant à la diversification des activités et non au regroupement. C'est le seul moyen que France Telecom peut utiliser pour atteindre une taille critique sur le marché suisse, sans doute assez étriqué au vue des ses ambitions européennes. Sunrise pourra également effectuer des regroupement avec d'autres sociétés plus petites actives dans ces marchés. Mais jamais, la Comco ne cédera sur la téléphonie mobile, car sa mission le lui interdit tout simplement. Qu'Orange et Sunrise en soient donc prévenus!

10:45 Publié dans Economie, Suisse | Tags : fusion, orange, sunrise | Lien permanent | Commentaires (0)

10/08/2009

Fusion PDC - PBD ?

Le Sonntagszeitung a émis hier l'hypothèse que le PDC et le PBD d'Evelyne Widmer-Schlumpf étaient en tractation afin de fusionner les 2 partis. (voir cet article) Christophe Darbellay a immédiatement nié l'existence d'un tel projet. Pourtant il me semble tellement logique et presque nécessaire que je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas question. En effet la dissolussion des voix du centre-droit ne peut que profiter à leurs adversaires, UDC en tête. Et si le PDC pouvait récupérer les quelques voix du parti bourgeois, alors son deuxième siège au Conseil Fédéral ne pourrait pratiquement plus être contesté. Et surtout, le siège de la Conseillère Fédérale dont la popularité est la plus élevée pourrait être maintenu. Bien sûr, le jeu de chaises musicales étant ce qu'il est, quelqu'un devrait tout de même céder sa place à un UDC. Et si ça n'est pas Mme Widmer Schlumpf, ça ne pourrait être qu'un membre du PRL.

Voilà sans doute pourquoi on n'a pas choisi d'annoncer une telle fusion trop tôt. En tout cas pas maintenant, alors que le siège de Pascal Couchepin est disponible. Car la fusion du PDC et du PBD donnerait une totale légitimité à l'UDC pour réclamer ce siège vacant. L'annonce, si elle devait avoir lieu, ne sera faite que peu de temps avant le début de la campagne de 2011. C'est à dire au plus tôt vers la fin 2010. Car pas question de céder un second siège à l'UDC avant la fin de la législature. Et une éventuelle démission anticipée de Hans Rudolf Merz pourrait aussi remettre la décision à plus tard. Le meilleur plan finalement serait de tabler sur une démission de M. Merz pour la fin 2011 afin que ça soit les résultats des prochaines élections qui décident de la composition du futur Conseil Fédéral. On aurait ainsi 2 PDC-PBD presque assurés, 2 Socialistes et les 3 derniers sièges seraient partagés entre le PRL et l'UDC, avec probablement 2 UDC et 1 PRL. Ce dernier étant celui qui sera élu à l'automne. L'élection serait alors beaucoup moins tendue que la précédente...

Maintenant quel nom pourrait avoir le nouveau parti ? Le plus petit dénominateur commun entre les 2 partis semble être composé de "Parti" et de "Démocrate". Dès lors pourquoi ne pas imaginer que le PDC en profite pour perdre son étiquette chrétienne ? Il me semble que dans un état laïque, de plus en plus composé de confessions multiples, il serait bon que l'un des plus grands partis gouvernementaux abandonne son étiquette religieuse. Le parti saura-t-il sauter sur l'occasion ?

11:13 Publié dans Politique, Suisse | Tags : fusion, pdc, pbd | Lien permanent | Commentaires (0)