11/04/2011
L’utopie d’un avenir sans nucléaire : 2. Les énergies renouvelables
Il ne sert à rien de le cacher, l’abondance de l’énergie produite aujourd’hui par le nucléaire va être extrêmement difficile à compenser. Il s’agit de rien de moins que 40% de notre production électrique. Mais remplacer le nucléaire est vital. Et ce qui est vital nécessite parfois des choix difficiles. Il faut faire avec. Alors quels sont nos choix si nous voulons nous passer de nucléaire sans laisser (totalement) tomber notre mode de vie ?
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10/04/2011
L’utopie d'un avenir sans nucléaire : 1. Sortir du nucléaire, pourquoi faire ?
En réponse à un commentaire de trapaski sur le sujet précédent, je débute une petite série de billets afin de faire la liste, non-exhaustive, d'un certain nombre de pistes qui permettraient à moyen terme de sortir du nucléaire.
22:14 Publié dans Energie, Monde, Suisse | Tags : centrales nucléaires | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
15/10/2010
A quoi servent les NLFA ?
Aujourd'hui la Suisse fête l'événement. Aujourd'hui le Nord et le Sud de la Suisse sont reliés par un troisième tube, après le tunnel ferroviaire historique et le tunnel autoroutier. Un tube de 58 km doté des technologies les plus modernes. La Suisse a de quoi être fière de cet ouvrage, le plus long tunnel du monde. Mais finalement, les NLFA (Nouvelles Lignes Ferroviaires Alpines), à quoi ça sert ?
18:34 Publié dans Politique, Suisse, Technologie, Transports | Tags : tunnel, gothard | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12/08/2010
Le loup est mort, le Valais est sauvé !
Comme on peut le lire dans les journaux ce matin, un loup a été abattu dans le Valais, suite à l'autorisation de tir délivrée la semaine dernière. Encore une fois, c'est par le tir de loups que le Valais résout ses problèmes. Et ça n'est peut-être pas fini, puisque ce loup faisait partie d'un couple et que l'autre est toujours en vie. L'autorisation de tir court toujours et le second spécimen sera peut-être abattu dans les jours qui viennent. Et après ça, ça ne sera toujours pas fini. Le peuplement de la Suisse par le loup est un mouvement d'ensemble qui ne va pas s'arrêter. Si le Valais ne veut pas être repeuplé par le loup, il ferait mieux de décreter immédiatement que tout loup entrant sur son territoire sera condamné à mort. Ça aurait au moins le mérite d'être plus honnète que la situation actuelle.
Car oui, le Valais est un mouroir pour les loups. Au centre d'une Europe qui protège strictement le loup, considéré sur ce continent comme une espèce très menacée, le Valais est une sorte de village d'Astérix qui résiste coûte que coûte à l'envahisseur canin. Et pourtant, la Confédération offre les mesures de protection contre le loup qui permettraient dans la plupart des cas aux éleveurs de bétail de dormir tranquilles. Mais ça ne leur suffit pas. Pour eux, le loup n'a rien à faire sur leurs terres. Il est persona non grata et n'a pas à être réintroduit. Mais personne n'a réintroduit le loup. Il est venu tout seul et on n'a pas à s'élever contre ça. Il n'y a tout simplement pas à être pour ou contre le loup, c'est un faux débat. Le loup fait partie de la faune locale et il faut apprendre à vivre avec.
En réalité, le problème des éleveurs de bétail, c'est qu'ils sont souvent aussi chasseurs. C'est en tout cas la seule justification qui explique leur acharnement contre le loup. Car s'ils refusent de faire protéger leur bétail, c'est bien qu'ils en veulent au loup. Pour eux, c'est un concurrent. Il tue du gibier et il en reste moins pour eux. Alors ils souhaitent que leur bétail soit tué par le loup, (ça ne les gêne pas, la Confédération rembourse !) ainsi on a une justification pour l'abattre. Il ne faut pas faire une généralité, bien sûr. Il y a aussi des éleveurs coopératifs qui ne doivent pas être mis dans le même panier. Et dans certains cas, même les mesures de protection n'empêchent pas les drames. Mais quand je lis qu'on abat un loup parce qu'il s'en est pris à un troupeau non protégé, je trouve qu'on reproche juste au loup d'être un loup. C'est de la simple haine pour cet animal et je ne comprends pas comment on peut laisser le Valais faire cela.
En l'occurence, ce cas est un peu particulier car les loups s'étaient attaqués à un troupeau de génisses, ce qui est très rare. Il aurait été intéressant de voir si des mesures de protection pouvaient arrêter ces attaques. D'ailleurs, les spécialistes étaient prêts. Mais non, le Valais n'a pas voulu leur laisser le temps. On a abattu ce loup le plus vite possible, pour éviter qu'on ait le temps de le protéger. Et pourtant, la Suisse est signataire de la convention protégeant le loup. Ce qui signifie que la protection du loup fait partie intégrante de la législation suisse. Alors pourquoi laisse-t-on le Valais faire sa loi alors que ses pratiques vont à l'encontre du droit supérieur ?
Je réitère donc le constat que j'ai fait il y a tout juste un an dans ce billet. Rien du tout n'a changé depuis et le loup n'est toujours pas protégé correctement dans ce pays. Il est temps que les autorités fédérales édictent des règles claires entourant la présence du loup. Et comme je l'avais dit à l'époque, ces règles pourraient être:
- Seuls les moutons protégés par des chiens et enfermés dans des enclos peuvent être remboursés à leur éleveur en cas d'attaque.
- Seules les attaques sur des moutons protégés par des chiens et enfermés dans des enclos peuvent être contabilisées pour déterminer la dangerosité d'un loup. Un loup tuant un animal d'élevage non protégé est à considérer comme un simple phénomène naturel.
- Le braconnage du loup est un crime passible de peines de prison.
Il faut arrêter de protéger uniquement les éleveurs. Leur lobby est sans doute plus puissant que celui du loup, mais il y a tout simplement des lois qui protègent le loup ! Alors quand la Suisse va-t-elle se mettre à respecter sa propre législation ? Il est clair qu'il est plus facile de protéger le loup quand il se trouve ailleurs. Mais quand on est soi-même aux prises avec l'animal, il vaut mieux l'éliminer. Intéressant comme concept non ?
08:46 Publié dans Politique, Suisse | Tags : loup abattu | Lien permanent | Commentaires (130) | Envoyer cette note
31/07/2010
Les Suisses aiment la voie bilatérale
...mais pas l'Union Européenne. Et pour négocier, il faut être deux. Jusque-là, l'UE avait accepté de négocier selon les conditions des Suisses. Sans doute parce que la Suisse, aussi agaçante soit-elle aux yeux de ses voisins, est un partenaire estimé et qu'avoir des accords de commerce avec la Suisse est loin d'être inutile. Peut-être aussi parce que permettre à la législation suisse de s'approcher quelque peu des normes européennes aiderait à diminuer la taille du fossé qui sépare ce petit état du reste du continent. Peut-être même espérait-elle qu'une fois assimilées quelques règles communautaires, les peurs des Suisses s'estomperaient et qu'ils daigneraient rejoindre leur grande famille.
Mais désormais c'est clair. Les Suisses ont plébicité la voie bilatérale l'année passée. Mais on reste très loin d'un retournement de tendance. Ils ne souhaitent pas l'adhésion et toute tentative de lancer des négociations dans ce sens serait un échec annoncé. Il faut dire que l'UE, par les temps qui courent, n'incite pas à la rêverie. La crise dans la zone Euro, le déni du référendum irlandais, les attaques régulières contre la place financière suisse, tout cela a contribué à provoquer le rejet au sein de la population helvétique. Et, bien que pro-européen, je pense aussi que le moment serait très mal choisi pour sauter le pas. Attendons que l'Europe résolve ses problèmes et nous verrons ensuite.
Les Suisse aiment la voie bilatérale. Mais pour négocier il faut être deux. Si la Suisse a tout à fait le droit de choisir sa manière de développer ses relations avec son principal partenaire économique, c'est aussi le cas de ce dernier. Et il se trouve que l'Union Européenne ne veut plus de la voie biliatérale et l'a signifié aimablement à notre Présidente. Les accords actuels ne sont bien sûr pas remis en cause. Mais toute extension est désormais exclue. Si la Suisse veut approfondir ses relations avec l'UE, elle devra choisir une voie multilatérale. C'est à dire une adhésion, soit directement à l'UE, soit à l'EEE, organisation qui bien que réduite à une portion congrue, existe toujours et serait toujours prête à accueillir la Suisse.
Et si je ne pense pas qu'une adhésion à l'UE soit souhaitable à court terme, une adhésion à l'EEE, aux côtés de l'Islande (jusqu'à sa possible adhésion à l'UE), de la Norvège et du Liechtenstein, nous engagerait beaucoup moins loin dans l'intégration et nous permettrait pour l'instant de conserver une certaine autonomie. D'ailleurs, les bilatérales nous ont déjà permis d'harmoniser en bonne partie notre législation avec les standards européens. Le saut ne serait donc plus si difficile.
Mais bien sûr, reste l'obstacle du secret bancaire. Déjà bien mis à mal, il deviendrait impossible de le conserver au sein de l'EEE. Mais finalement, existe-t-il encore ? Après les attaques coordonnées qu'à subi notre système bancaire, de nombreux noms ont été livrés à l'étranger ou dérobés par un employé indélicat, ce qui au final revient au même. Qui désormais ferait confiance à la Suisse pour cacher de l'argent au fisc de son pays ? Ceux qui n'ont pas encore été pincés ont dû fuir depuis longtemps à la Barbade ou aux Caymans. Et pourtant, notre système bancaire ne s'est pas écroulé. Alors, le secret bancaire est-il si vital que ça pour notre place financière ? N'a-t-elle aucun autre argument à faire valoir que sa protection de l'évasion fiscale ? Pour ma part, je suis persuadé que le professionnalisme et l'expérience de la gestion bancaire suisse continueront à lui apporter de nouveaux clients. Des clients honnètes qui ne justifient pas uniquement leurs placements par la subtilisation des revenus fiscaux de leur état.
Quant aux gesticulations de Blocher, visiblement aux abois dès qu'on prononce un sigle tel que UE, EEE ou OTAN, elles me paraissent totalement dénuées de sens. Qu'il lance son initiative. De toute manière, une inscription dans la Constitution de la non-participation à l'une de ces institutions supra-étatiques n'a aucun effet pratique. Pas à long terme en tout cas. Elle ne protégera pas les isolationnistes, car le jour où on décidera qu'il est temps, il suffira de renvoyer le peuple aux urnes pour faire disparaître ce texte de notre Constitution. Et comme de toute manière, jamais nous n'entrerions dans l'une ou l'autre de ces organisations sans faire voter le peuple, on voit bien à quel point il serait vain de penser qu'un texte constitutionnel changerait quoi que ce soit à terme.
Bonne fête nationale à tous !
21:44 Publié dans Europe, Politique, Suisse | Tags : bilatérales, eee | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
06/07/2010
Le réchauffement en prend un coup!
Il fallait qu'on en parle et la Tribune l'a fait. Une équipe de chercheurs suisses a réalisé une étude sur le recul des glaciers et a prouvé que la moitié environ de ce recul est dû à un autre phénomène: la bascule océanique atlantique. En effet, on observe que l'Océan Atlantique se réchauffe puis se refroidit avec une demi-période d'environ 30 ans. Cet effet a un impact certain sur le climat mondial. On peut observer cet
impact dans de nombreux phénomène. Aujourd'hui cette équipe ajoute le recul des glaciers à la liste de ces effets observés. Or durant les années 80 et 90, cette bascule océanique était au plus chaud ! Cela explique donc clairement l'amplification du réchauffement que le monde a connu durant cette période. Et comme l'Atlantique a atteint son point de basculement de température, cela explique la stagnation actuelle des températures. (voir aussi ici, sur le site de
Jacques Duran)
Bien sûr, comme le dit Martin Funk, le glaciologue interviewé, cela ne signifie pas que l'activité humaine n'a aucun impact. Ca signifie juste que cette équipe a réussi à expliquer par une autre méthode environ 50% du recul et donc, le recule restant est toujours inexpliqué. L'activité humaine est donc un bon candidat pour l'expliquer. Toutefois, cette étude contredit les conclusions du rapport AR4 du GIEC, qui se base sur des simulations dont une fois de plus, on constate qu'elles se basent sur des données éronnées ! Car quelles sont les données qui doivent être prises en compte pour prédire un apocalypse climatique ? Il faut que les conditions suivantes soient réunies:
- L'intégralité du réchauffement observé durant le 20ème siècle est dû à l'homme.
- Le taux de CO2 (dû à l'activité humaine) va continuer à grimper durant le 21ème siècle.
- Il existe des effets amplificateurs, comme le dégel du permafrost, qui vont libérer des gaz à effets de serre comme le méthane. Ces effets amplificateurs surpassent les contre-réactions.
On voit bien désormais que la première condition n'est absolument pas remplie. Les belles et coûteuses simulations du GIEC ne valent donc pas un clou. De plus, la seconde condition est absurde, compte tenu que la production pétrolière ne va plus pouvoir augmenter et va probablement commencer à reculer. (voir ici) Or la quantité de CO2 rejetée par l'activité humaine dépend en très grande partie de la quantité de pétrole consommé. Or si la production baisse, la consommation ne pourra que baisser...
Pour ce qui est de la troisième condition, rien ne prouve que ces effets amplificateurs existent réellement et surtout qu'ils surpassent les contre-réactions. Mais il existe tout de même une raison de ne pas trop s'inquiéter de ça. Les gens qui ont fait un peu de physique le savent: il existe 2 types d'équilibre. On les appellera l'équilibre stable et l'équilibre instable. On peut les représenter par une boule qu'on placerait au sommet d'une bosse, (équilibre instable) ou au fond d'un trou. (équilibre stable) Si la boule qui est au fond du trou est en équilibre stable, c'est que si elle subissait une force qui l'obligerait à se déplacer, la gravité jouerait immédiatement son rôle de contre-réaction et la ferait rapidement regagner le centre du trou. Au contraire, la boule qui est au sommet de la bosse est bien en équilibre car la gravité est dirigé perpendiculairement à son contact avec le sol, mais cet équilibre est instable parce que la moindre force qu'elle subirait la ferait quitter cet état et la gravité intensifierait alors de plus en plus la force reçue. La gravité joue donc dans ce cas le rôle de réaction positive. Dans la pratique, il est évident qu'un tel état d'équilibre instable est impossible à maintenir durant très longtemps. Essayez, je pense que vous abandonnerez rapidement !
Dans le cas de la climatologie, on veut nous faire croire que sur cette planète, les effets de réaction positive surpassent les contre-réactions. Or si c'était le cas, cela signifierait que notre climat est en équilibre instable. Si c'était le cas, le climat aurait depuis longtemps quitté cet état d'équilibre et notre atmosphère, à l'instar de celle de Vénus, serait totalement inadaptée à l'existence de la vie ! Autrement dit, si nous existons, c'est justement parce qu'il existe sur notre planète des conditions particulièrement propices, sans doute très rares, qui ont permis à la vie d'apparaître et de perdurer durant plus de 4 milliards d'années...
Bref, si on a un peu de jugeote, on ne peut que douter des conclusions du GIEC. Si une part du réchauffement climatique reste possiblement imputable à l'activité humaine, ce réchauffement ne causera pas l'Apocalypse. Donc, mieux vaut s'intéresser à des problèmes beaucoup plus graves qui tuent des gens tout autour du globe et cela aujourd'hui même, comme la faim ou le manque d'eau potable. D'autant plus qu'il existe encore de nombreux effets dont les modèles du GIEC ne tiennent pas compte. Par exemple la PDO (oscillation décennale pacifique), les bascules de courants océaniques du sud-pacifique (El Niño ou la Niña) et l'activité solaire. Au final, quand on comprendra mieux le fonctionnement de l'atmosphère et ses interactions avec d'autres éléments, il ne restera sans doute plus beaucoup de place pour le réchauffement causé par l'homme...
11:13 Publié dans Science, Suisse | Tags : réchauffement climatique, glaciers, bascule atlantique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
25/06/2010
Bravo quand même à l'équipe de Suisse
On aurait bien aimé que vous poursuiviez plus loin. Mais ça n'arrivera pas. Encore une fois, la Suisse a l'une des meilleures défenses, si ce n'est la meilleure, mais manque de précision technique dans ses actions offensives, ce qui handicape fortement l'attaque. Mais l'important que c'est que vous avez fait le maximum avec vos moyens, vous avez su jouer sur vos qualités, mais malheureusement cela n'a pas suffi. La Suisse n'a pas à rougir de son élimination, car c'est bien les 2 meilleures équipes de ce groupe qui sont qualifiées. Le miracle ne se sera pas produit. La Suisse n'a pas marqué.
Mais je pense que la Suisse a encore progressé par rapport à la dernière coupe du Monde et bien entendu, elle a largement progressé par rapport à la dernière coupe d'Europe ! Encore un effort, un peu plus de technique et d'engagement, et la prochaine fois ça passera !
22:44 Publié dans Sports, Suisse | Tags : coupe du monde, nati | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Interdisons la formule 1 et le football pour sauver des vies !
En rapprochant deux nouvelles, issues de deux journaux différents du groupe Edipresse, je découvre que le sport spectacle est un terrible danger pour la sécurité routière ! D'une part cet article du Matin, nous apprend que l'association RoadCross exige que Lewis Hamilton soit sévèrement sanctionné pour pratiquer l'excès de vitesse à outrance sur nos routes. D'abord j'aimerais bien savoir sur quelle base ils souhaitent qu'il soit sanctionné. Les déclarations de sa femme ne constituent pas des preuves. Et à quelle vitesse roule-t-il ? Seul un radar peut le déterminer. Alors à moins qu'il se fasse prendre, je ne vois pas comment il pourrait être sanctionné. RoadCross pratique bien la déclaration à sensation, mais se fiche complètement de l'application pratique. Leur intérêt ne serait-il pas simplement de se faire connaître ? (ce qui marche bien: je n'avais jamais entendu parler d'eux avant aujourd'hui...)
Ensuite, je pense qu'on devrait arrêter de faire comme si tous les conducteurs se valaient. Il est évident qu'un Lewis Hamilton a des capacités de conducteur bien supérieures à celles de n'importe quel autre conducteur sur la route ! Et prendre son mini-accident comme exemple pour essayer de prouver le contraire, c'est complètement idiot. Personne n'est à l'abri d'une inattention. D'autant plus que cet accident n'avait rien à voir avec la vitesse. Il n'a provoqué que des dégâts matériels et s'il n'avait pas été une célébrité, il n'aurait même pas eu droit à la rubrique des faits divers.
Et puis la vitesse est une question de capacités personnelles. Pour ma part, j'ai beaucoup moins peur d'un Lewis Hamilton roulant sur nos routes à 200, que d'un petit vieux qui y roule à 100 ! D'ailleurs, il faut tordre le cou à une idée préconçue: la vitesse n'est pas un facteur d'accident! Ce qui l'est c'est une vitesse inadaptée aux circonstances, à ses capacités personnelles et aux capacités de son véhicule. Sur une autoroute rectiligne où on serait tout seul, 300 peut très bien être une vitesse adaptée aux circonstances. A condition bien sûr d'avoir personnellement les capacités pour rouler à cette vitesse et de disposer d'un véhicule capable de rouler à cette vitesse tout en restant maîtrisable. Par contre, dans un très fort trafic, 100 à l'heure peut très bien être une vitesse inadaptée et dangereuse. Ceci n'empêche bien sûr pas de respecter les limitations, qui sont les mêmes pour tout le monde, car il serait difficile de mettre en place une loi où la vitesse maximale serait fonction des capacités ou des circonstances ! Et il est évident que même Lewis Hamilton doit respecter les lois comme tout le monde. Si un jour il se fait prendre et retirer le permis, il l'aura bien mérité. Mais essayer de faire de son cas un enjeu majeur de sécurité, voilà qui est totalement idiot.
Mais il y a des bien-pensants qui arrivent à faire encore mieux que RoadCross. Jacques Neirynck, conseiller national PDC vaudois, remet même l'existence des courses automobiles en question. Selon lui, elles incitent à la vitesse et donnent à leurs participants l'impression qu'ils sont au-dessus des lois. Voilà donc à quoi mène l'attitude bien-pensante d'aujourd'hui. Interdisons les courses automobiles pour sauver des vies ! C'est un peu comme si on disait qu'on doit interdire le saut à la perche, parce que ça incite les gens à se jeter par la fenêtre ! Ou qu'on doit interdire les jeux vidéo parce qu'ils incitent des jeunes à perpétrer des massacres. (mais oui, on va bientôt en arriver là...)
Et puis, il y a cet autre article issu de la Tribune de Genève. On y apprend que la route devient très dangereuse après un match de football. Certaines personnes ont pris la peine de mesurer l'augmentation du nombre d'accidents après ces matches pour constater que les accidents sont 40% plus nombreux après un match de la Suisse ! Et la solution ? On n'en donne pas. Mais moi je l'ai la solution: supprimons les matches de football ! Vous imaginez le nombre de victimes évitées avec une mesure aussi simple ? Sans parler des hooligans. Quel meilleur moyen de régler le problème que de supprimer leur principal éxutoire ? A la place des matches de football, je pense que les supporters devraient pratiquer eux-mêmes une activité sportive régulière et éviter l'alcool et le tabac. Pourquoi ne pas abandonner la voiture pour le vélo ? En outre, se nourrir uniquement de salade et de tofu ne serait pas une mauvaise idée. Rendons même tout ça obligatoire pour le bien de tous...
Bref, prions les dieux de l'olympe pour qu'ils nous sauvent des méfaits de la bien-pensance...
14:24 Publié dans Humour, Sports, Suisse | Tags : lewis hamilton, excès de vitesse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20/06/2010
Tout est gagné... fors l'honneur!
Durant toute l'histoire de l'humanité, l'honneur a été un enjeu primordial. L'honneur est ce qu'il reste au peuple quand il a tout perdu. C'est ce qui lui permet de retrouver un semblant de fierté dans l'adversité. C'est ce qui lui permet de rebondir et reconquérir sa liberté après la défaite. Mais aujourd'hui, l'honneur est devenu une denrée qu'on peut monnayer. On peut le vendre à son ennemi pour obtenir quelque chose en retour. C'est en tout cas ainsi que le voit le Conseil Fédéral quand il juge que la manière dont ont été libérés les otages en Libye est satisfaisante.
12:00 Publié dans Monde, Politique, Suisse | Tags : kadhafi, libye, otages suisses | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
15/06/2010
Mme la Conseillère fédérale
Ca ne m'arrive pas souvent de faire usage de la zapette lorsque j'entends un Conseiller fédéral parler d'un sujet qui m'intéresse. Normallement je reste pendu à ses lèvres. Mais hier soir, lorsque j'ai entendu parler Micheline Calmy Rey au TJ de 19h30, sur la TSR je n'ai pas pu m'empêcher d'éteindre ma télévision.
Car quand on ose aligner de pareilles énormités, ça ne peut que donner la nausée au télespectateur. Déjà quand elle annonce que la Suisse a des amis, on peut se demander si elle vit dans le même monde que nous. D'accord, je suis sûr que l'Espagne et l'Allemagne voulaient sincèrement résoudre la crise et faire libérer Max Göldi. Mais lorsqu'elle cite Silvio Berlusconi comme ami de la Suisse, c'est trop énorme ! Cet homme qui ricannait quand le Colonel annonçait sans sourciller que la Suisse doit être démembrée ! Pour qu'il se décide à user de son influence auprès du guide suprême, il aura fallu qu'on mette les entreprises italiennes actives en Libye en dificulté ! Pourquoi pas Nicolas Sarkozy pendant qu'on y est ? Avec des amis comme ça, à quoi ça sert d'avoir des ennemis tels que Muammar Kadhafi ?
En parlant de démembrement de la Suisse, je passe sur la faiblesse de sa réaction lorsque le Colonel a évoqué le rattachement de la Suisse romande à notre grand voisin. Elle aurait tout de même pu lui faire remarquer que c'est aux populations locales de décider et lui faire comprendre que la Suisse est un pays solidaire où les barrières de langues ne sont pas suffisantes pour que la population souhaite une séparation, comme c'est le cas de pas mal de monde en Belgique par exemple. Il me semble qu'un tel discours resterait courtois et n'empêcherait pas une bonne ambiance de négociations.
Je reviendrai une autre fois sur le tribunal arbitral. Je peux comprendre que du point de vue diplomatique, le règlement d'un contentieux nécessite des consessions. Mais le problème, c'est qu'en acceptant de subordonner notre justice à une autorité dont aucune référence n'est faite dans notre constitution, on contrevient aux règles de l'état de droit. Et puisqu'on accepte une telle situation, pourquoi ne pas avoir exigé que le cas de Max Göldi soit vérifié par une autorité arbitrale ?
Mais ce qui m'a vraiment révolté, c'est le fait qu'elle dise que la sortie des otages était le but de toutes ces négociations. Et pire: qu'elle est fière du résultat. Finalement, j'espère que ça n'est pas le cas, parce que le moins qu'on puisse dire, c'est que l'échec de ces négociations est terrible. 2 ans pour arriver à faire libérer un innocent, voilà qui ne pousse pas à la fanfaronnade Mme Calmy Rey.
10:26 Publié dans Politique, Suisse | Tags : micheline calmy rey, max göldi, otage, libye | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14/06/2010
Bon retour parmi les tiens, Max
On critiquera sans doute l'accord passé entre la Suisse et la Libye, qui risque bien de ressembler à une capitulation sur toute la ligne. Mais aujourd'hui, on n'a qu'une envie: faire part de notre soulagement et partager la joie de la famille Göldi. Bon retour Max, j'espère que tu pourras reprendre une vie normale dans les plus brefs délais.
En tout cas, aujourd'hui nous avons tout de même appris une chose: combien mesure un milimètre fédéral! Comme à l'été 2009, nous étions à 2 mm d'un accord, cela signifie qu'un milimètre représente à peu près 5 ou 6 mois. Le jour où Micheline Calmy-Rey nous annoncera qu'on est à un mètre d'un accord, on pourra faire le calcul...
Quant à moi, je pense être à 2 mm de retourner prendre mon carburant chez Tamoil!
09:44 Publié dans Monde, Politique, Suisse | Tags : max göldi, libye | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
08/06/2010
La Suisse paradis fiscal selon le Brésil!
On avait échappé à la liste de l'OCDE. Mais voilà-t-il pas qu'on se retrouve sur la liste... du Brésil ! Mais pas de panique: il y en a 64 autres avec nous. Sur un peu moins de 200 pays, ça en fait quand même un paquet. Alors pourquoi ? Parce que pour le Brésil, le critère pour être considéré comme un paradis fiscal, c'est une imposition de moins de 20% du revenu! Cela signifie que le Brésil veut fixer l'imposition du reste du monde selon ses propres critères. Et bien sûr sans tenir compte des règles de l'OCDE, pourtant les seules auxquelles tous les pays doivent se conformer.
Et bien moi je dis que les pays qui respectent les critères imposés par le Brésil devraient être mis sur la liste noire des enfers fiscaux ! Alors que tous ceux qui ont de l'argent et vivent dans l'un de ces pays y songent. Pourquoi rester en enfer quand le paradis existe ? Et je sais qu'il existe, tout simplement parce que j'y habite! Alors venez, on vous accueillera très bien. Les anges de la fiscalité sont là pour ça.
Ah au fait, pendant que j'y suis, je rajoute le Brésil sur ma liste noire des pays amis de l'Iran...
09:19 Publié dans Economie, Monde, Suisse | Tags : brésil, suisse, paradis fiscal | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10/05/2010
Plaidoyer pour la vitesse sur rail en Suisse
J'ai toujours été un passionné de chemins de fer. Est-ce que cela me vient de ces années où je collectionnais les convois miniatures de mon train électrique et cherchais sans cesse à perfectionner le réseau qui encombrais ma chambre ? Ou est-ce dû au temps que je passais avec mon père à contempler ces belles locomotives sur des livres illustrés ? Oui je pense qu'il n'est pas étranger à cette passion. Disons donc que c'est un lègue familial.
Arrivé à l'âge adulte, j'ai découvert qu'en tant que citoyen suisse, j'étais en possession d'un autre réseau de chemins de fer. Et quel réseau! Le réseau suisse de chemins de fer est l'un des plus denses d'Europe. Au 19ème siècle déjà, la Suisse s'est lancée dans la construction de ce réseau qui rapprochait les cantons et ses habitants les uns des autres. Tout comme les Etats-Unis mais à une tout autre échelle, le pays s'est construit autour de ses chemins de fer. Le percement d'un ouvrage comme le tunnel du St-Gothard fait partie intégrante de notre histoire et a permis de sceller le lien fédéral avec le Tessin.
Mais aujourd'hui force est de constater que les chemins de fer ne sont plus le principal moyen de transport à longue distance en Suisse. Durant des décennies, ils se sont laissés distancer par la route et aujourd'hui notre pays s'est lancé dans une rénovation complète de son réseau ferroviaire avec les projets "Rail 2000" et les NLFA lancés dans les années 80. Mais si je pense que ça va dans le bon sens, je pense aussi que ça n'est pas assez.
00:32 Publié dans Suisse, Transports | Tags : ligne à grande vitesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23/04/2010
La non-fusion Orange-Sunrise, une surprise ?
Une surprise pour tous les observateurs. C'est ce qu'on nous apprend dans la Tribune d'aujourd'hui. Il semble que beaucoup de monde tombe des nues en apprenant que la Comco a interdit à Orange et Sunrise de fusionner. Au travers de son édito, M. Pierre-Yves Frei fait la comparaison entre ce cas et la désinvolture avec laquelle la Comco a jugé les acquisitions effectuées par Coop et Migros ces dernières années. En effet, dans le commerce de détail, on se retrouve dans une situation où Coop et Migros se partagent le marché de fait, après notament les acquisitions de Denner par Migros et de Carrefour par Coop. C'est vrai que dans le cas de ces chaînes de magasins, la Comco n'a pas fait preuve d'une grande clairvoyance. Mais si on s'est trompé une fois, est-ce une raison pour se tromper à chaque fois ?
Pour ce qui est du commerce de détail, il faut reconnaître que l'enchaînement des évènements n'a pas aidé la Comco à prendre les justes décisions. D'abord, il y a eu l'arrivée d'Aldi et de Lidl sur le marché suisse. Bien que ne bataillant pas tout à fait dans le même segment de marché, l'arrivée de ces deux acteurs a forcément influencé la Comco dans ses choix. Puis le fait est que ces deux acquisitions n'ont pas été faites en même temps. D'abord il y a eu l'acquisition de Denner par Migros. L'acquisition de la plus grande chaîne du segment "discount" par le plus gros détaillant de Suisse était forcément un danger. La Comco a sans doute eu du mal à trancher. Mais c'est justement l'arrivée d'Aldi et Lidl sur un segment proche de celui de Denner qui a dû les convaincre que cette acquisition pouvait être validée.
Puis peu de temps après, Coop annonce sa décision de reprendre les points de vente laissés par Carrefour. D'une part, Carrefour ayant décidé de quitter le marché suisse, il était improbable qu'une nouvelle enseigne voit le jour. C'est un peu comme s'il n'y avait pas eu de plan B. Ensuite, juste après avoir accordé à Migros le droit de reprendre Denner, il était un peu difficile de dire non à Coop. Cela aurait biaisé la concurrence entre les deux grands détaillants, ce qui irait bien sûr à l'encontre de la mission de la Comco. C'est ainsi que, probablement la mort dans l'âme, la Comco a validé cette seconde fusion également. Elle a toutefois fixé des conditions à Coop, l'obligeant à céder des surfaces équivalentes à celles acquises en Suisse romande, sans doute afin de faciliter l'implantation des deux nouveaux arrivants dans notre bout de pays.
Pour ce qui est de la téléphonie, la situation est-elle la même ? D'abord, il faut séparer les activités de téléphonie mobile de celles de téléphonie fixe et de service Internet. En effet, Orange n'étant pas ou peu active dans les deux secondes, ces segments de marché ne posent pas de problèmes. De plus, une concurrence importante est déjà effective dans ces segments du domaine des télécommunications, un regroupement pourrait tout à fait se faire sans prétériter la concurrence. Par contre, dans le domaine de la téléphonie mobile, il existe une situation de concurrence faible, due à des raisons techniques principalement. Dans ces conditions, la Comco pouvait-elle accepter un regroupement de ces deux sociétés ? Evidemment non. Elle aurait failli à sa mission si elle avait accepté. Je ne peux dès lors pas comprendre que des observateurs qui se prétendent spécialistes de la question soient étonnés de cette décision. Il n'y avait pas d'autre décision possible, du moins pas avant qu'un autre acteur se présente pour reprendre la concession de téléphonie mobile libérée. Et compte tenu de la difficulté de s'implanter dans un marché aussi fermé, je ne pense pas que quelqu'un va montrer de l'intérêt prochainement.
Donc finalement, si Orange souhaite faire des acquisitions, il faudra se tourner vers la téléphonie fixe ou Internet. La Comco ne s'opposera pas à des acquisitions visant à la diversification des activités et non au regroupement. C'est le seul moyen que France Telecom peut utiliser pour atteindre une taille critique sur le marché suisse, sans doute assez étriqué au vue des ses ambitions européennes. Sunrise pourra également effectuer des regroupement avec d'autres sociétés plus petites actives dans ces marchés. Mais jamais, la Comco ne cédera sur la téléphonie mobile, car sa mission le lui interdit tout simplement. Qu'Orange et Sunrise en soient donc prévenus!
10:45 Publié dans Economie, Suisse | Tags : fusion, orange, sunrise | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12/04/2010
Pour une école laïque en Suisse!
Ainsi des cantons alémaniques ont autorisé des fillettes musulmanes à fréquenter les cours de natation en burkini, maillot de bain éstampillé Islam friendly... Sur le fond, ils ont bien raison de trouver que ces jeunes filles ne doivent pas être dispensées de cours de natation du fait de leur religion. Et on pourrait penser comme eux que la burkini n'est pas une concession très grave. Mais le problème, c'est que cette concession est une dérive qui en appelle d'autres. Dès lors qu'on fait ce premier pas, qu'est-ce qui empêche qu'on accepte d'autres concessions ? Pourquoi les filles n'auraient pas le droit de fréquenter les cours en portant le voile ? Qu'est-ce qui les empêcheraient de travailler dans l'administration avec ce même voile ? Pourquoi ne pas accepter d'établir des heures d'ouverture spéciales pour les femmes musulmanes dans les piscines publiques ?
Il existe pourtant une réponse unique à toutes ces attaques contre notre système. Elle se nomme "laïcité" ! Cette réponse, universelle admise comme inattaquable par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour autant qu'elle règle les rapports à l'état de toutes les religions, est la protection ultîme contre toute tentative de la religion de s'immiscer dans la vie publique. Or la Suisse, à l'exception de trois cantons dont Genève, n'a pas choisi officiellement la laïcité. Elle l'applique plus ou moins certes, mais aucune obligation n'est faite aux cantons et à leurs administrations de la respecter. L'école étant du ressort cantonal, il est évident qu'on voit dès lors un peu de tout. Des croix dans les écoles valaisannes, des cours de religion ici ou là. Et bien sûr la perception de taxes éclésiastiques est réalisée par la plupart des cantons. Non la Suisse n'est pas un pays laïque.
Dès lors, comment justifier une interdiction du voile islamique ? Si la religion chrétienne a le droit de s'immiscer dans la vie publique, pourquoi la religion musulmane ne le pourrait pas ? Certes, il nous semble à priori que l'église chrétienne est moins invasive que l'église musulmane. Mais ça n'est finalement qu'une question culturelle. Dans un pays à majorité musulmane, ce sont les traditions chrétiennes qui paraissent plus invasives. Et c'est cette meilleure adéquation avec notre culture qui nous a poussé à retarder le débat de la laïcité en Suisse. Il ne semblait pas jusqu'à aujourd'hui que notre démocratie avait besoin de se protéger de la religion. Mais l'arrivée de l'Islam devrait nous amener à revoir ce jugement. Car tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, des lois ou des règlements spéciaux pour les personnes de confession musulmane vont commencer à fleurir aux quatre coins de Suisse.
Mais que signifie l'introduction de la laïcité en Suisse ? Et bien, il faudra commencer par éliminer de notre Constitution, ainsi que de toutes les Constitutions cantonales, toute référence à la religion. Entre autres les préambules, telles que le "Au nom de Dieu tout puissant" de la Constitution fédérale, doivent absolument en disparaître. Ensuite, un article doit y être ajouté, stipulant que l'état et la religion doivent être totalement séparées et cela à tous les niveaux de l'administration. Et enfin, il va de soi que l'article contre les minarets ne peut pas y perdurer tel quel, car il s'agit d'une référence religieuse inacceptable dans un état laïque. Il pourrait par exemple être remplacé par un article interdisant les constructions à caractère religieux ne respectant pas la tradition architecturale locale. Sur le fond ça revient à peu près au même. Sauf que ça n'est pas dirigé que contre l'Islam...
En revanche, contrairement à une idée reçue, la laïcité n'exclue pas le religieux. Par exemple, dans un état laïque des écoles privées à caractère religieux sont tout à fait admises. Alors, si on admet l'existence d'écoles catholiques, pourquoi on n'autoriserait pas la création d'écoles musulmanes ? Personnellement, ça ne me gênerait pas. Ou du moins, ça ne me gênerait pas tant qu'il ne s'agirait pas d'écoles coraniques destinées à faire du lavage de cerveaux chez les petits Musulmans. Un certain contrôle resterait donc nécessaire. Entre autres, ces écoles devraient respecter un programme de base permettant à tout moment de rejoindre l'école publique, programme auquel ces écoles pourraient ajouter un enseignement religieux prodigué par des pédagogues agréés. De même, des cimetières privés musulmans ou des piscines privées musulmanes n'entrent pas en conflit avec la laïcité. (contrairement aux carrés confessionnels dans les cimetières publiques ou les heures réservées aux femmes musulmanes dans les piscines publiques)
A noter que la Constituante genevoise envisage d'introduire un préambule à caractère plus ou moins religieux dans la nouvelle Constitution. Il s'agit d'une tentative évidente de l'église de mettre fin à la tradition laïque séculaire de Genève. Personnellement, cela constituerait pour moi un motif de rejet de toute cette Constitution. Et si la nouvelle Constitution devait contenir un tel article, non seulement je la refuserais, mais je militerais même activement contre elle.
Pour de plus amples renseignements sur la laïcité en Suisse, le site de l'association suisse pour la laïcité, présidée par Yves Scheller, explique très bien ces vues.
11:06 Publié dans Politique, Suisse | Tags : voile islamique, burkini | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
28/03/2010
Les médias participent-ils à la diffusion de l'antisémitisme ?
Aujourd'hui, on apprend par la Tribune de Genève que le rapport 2009 de la Cicad (Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation) montre un accroissement des propos antisémites sur le web et que près de la moitié a été proférée durant l'opération "Plomb durçi" en janvier. Et justement, en janvier nos médias avaient inconditionnellement pris parti pour Gaza, dirigée par le Hamas faut-il le rappeler, plutôt que choisir la neutralité dans un conflit qui ne nous concerne pas directement. Les articles parus à cette occasion étaient clairement orientés, parlant par exemple des hôpitaux bombardés, en oubliant de préciser que le Hamas les avait militarisé en violation claire des lois et coutumes de la guerre. D'ailleurs, toute l'opération a été montrée comme une agression sans provocation, en faisant peu de cas des attaques répétées du Hamas contre des villes israéliennes.
Depuis, les médias se font régulièrement l'écho de violations des droits de l'homme, révélées entre autres par l'association Amnesty Internationale, mais en oubliant de citer les violations des droits de l'homme proférées par le Hamas sur sa propre population. Il est vrai qu'on ne sait pas grand chose sur ce que vivent les gens dans cet enfer. Aller y enquêter est quasiment impossible. Le Hamas vérouille l'information et ne laisse filtrer que ce qu'il souhaite. Dès lors, il n'est pas étonnant qu'Amnesty International ne voit qu'une petite partie des violations qui ont probablement lieu. Le moins qu'on puisse espérer de leur part, c'est de l'avouer.
Alors en prenant fait et cause pour les Palestiniens contre Israël, les médias occidentaux ne participent-ils pas à l'installation d'un sentiment antisémite latent, qui ne demande pas mieux que ce feu vert pour se dévoiler au grand jour ? Si les médias ne montrent pas l'exemple en restant parfaitement neutres et en ne citant que des faits, il n'est pas étonnant que les antisémites se mettent à parler sans honte. Mais le problème de fond n'est-il pas que l'antisémitisme a déjà gagné les médias ?
11:37 Publié dans Monde, Suisse | Tags : antisémitisme | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note
26/03/2010
La Suisse condamnée
Ainsi nous avons été condamnés. Ça nous pendait au nez. En prenant une décision discriminatoire qui n'avait aucune chance d'être acceptée du reste du monde, nous nous exposions à l'incompréhension. Le monde n'a pas interprété le vote anti-minarets des Suisses comme un simple vote sanction. Il a jugé qu'il s'agissait d'un vote raciste. D'un geste de repli et d'exclusion d'une communauté. La seule consolation que nous puissions avoir, c'est d'avoir été soutenus par l'ensemble de l'Europe et par les Etats-Unis. Ça faisait longtemps qu'on attendait de pouvoir compter sur ces pays! Mais ce sont des pays qui ne font généralement pas beaucoup de cas des Droits de l'homme qui ont fait pencher la balance. Pour une fois que ce ne sont pas eux qui subissent une condamnation, ils ont pu s'en donner à coeur joie.
Il est vrai que cette condamnation n'a pas force contraignante. Car évidemment, si les décisions de la commission des droits de l'homme des Nations Unies avaient force contraignante, peu de pays reconnaîtraient sa validité. En effet, la plupart des pays subissent très souvent des condamnations, sans en tenir aucun compte bien évidemment. Donc la Suisse n'a pas à modifier quoi que ce soit à sa constitution pour autant. Elle n'en a d'ailleurs tout simplement pas le droit. A partir du moment où la condamnation n'a pas force contraignante, personne n'a le droit de modifier la constitution sur sa seule base.
Par contre, il ne faut pas oublier que plusieurs recours auprès de la Cour Européenne des Droits de l'homme, tribunal faisant partie des institutions du Conseil de l'Europe, ont été déposés. Lorsque la Suisse a choisi d'être signataire de la convention qui régit cet organe, elle a également accepté de se soumettre à ses jugements. Ces derniers ont donc force contraignante. Et on imagine assez mal les juges de Strasbourg ne pas tenir compte de la condamnation des Nations Unies. Cette condamnation nous rapproche donc d'un scénario catastrophe: un vote invalidé et notre constitution modifiée!
On aurait pu éviter cela. Il aurait fallu ne pas envoyer le peuple voter sur un texte qui nous exposait à ces condamnations. Mais pour cela, il aurait fallu que nos parlementaires fassent preuve de plus de discernement. En effet le jeu de la politique a joué en faveur de l'initiative. Afin d'éviter la victimisation de l'UDC, les autres partis, ou du moins certains d'entre eux, ont décidé de valider le texte, malgré tous les problèmes qu'il posait. Et les évènements leur ont donné tort. Leur faute est directement responsable de la situation dans laquelle nous allons probablement nous retrouver.
Le moins qu'on puisse espérer désormais, c'est que nos institutions évoluent afin d'éviter une situation pareille à l'avenir. Cette situation a d'ailleurs peu de chances de se produire au niveau cantonal, car le Tribunal Fédéral est compétent pour juger de la recevabilité des textes proposés dans les cantons. Donc de leur constitutionnalité et de leur respect du droit supérieur. Il est bien dommage que le TF ne dispose pas de la même compétence au niveau fédéral. Cela doit changer. Ou du moins une cour constitutionnelle doit être créée comme c'est le cas dans la grande majorité des démocraties. Seul un organe juridique pourra juger les textes d'un point de vue strictement juridique sans qu'il y ait pollution d'intérêts politiciens. Une telle réforme est vitale pour notre pays. Bien plus que la réformette du gouvernement dont on parle ces jours! Alors qui va mettre cela sur le tapis ?
21:34 Publié dans Monde, Politique, Suisse | Tags : droits humains, condamnation, minarets | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
22/03/2010
Energies renouvelables: la solution du PS
Ca fait un moment qu'il y a polémique dans le domaine de l'énergie. On le sait, durant ce siècle nous allons devoir remplacer le pétrole comme source d'approvisionnement principale en énergie. Cela signifie bien sûr qu'il va falloir refondre toute notre société autour d'un nouveau mode de consommation de l'énergie. Les énergies renouvelables sont une des solutions. Il y en aura sans doute d'autres. Mais quoi qu'il en soit, cet avenir sans pétrole, c'est aujourd'hui que nous devons le créer. C'est bien tout un modèle de société qu'il va falloir construire. Le changement sera aussi fondamental pour notre mode de vie que l'électrification l'avait été pour le réseau ferroviaire. Il est probable que l'une des voies technologiques pour arriver à atteindre ce but sera une baisse de la consommation globale. Et il est également probable que dans l'avenir l'énergie deviendra une denrée moins abondante et donc plus chère. D'autant que la demande mondiale risque d'exploser dans le même temps. Voilà pourquoi nous ne devons pas attendre et nous lancer dès aujourd'hui dans cette refonte de notre mode de vie. Malheureusement, pour l'instant on parle et on n'avance pas beaucoup...
Si les énergies renouvelables sont effectivement une voie encourageante à explorer, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles ne sont pas prêtes à fournir des quantités d'énergie équivalentes à ce que nous accorde généreusement le pétrole. Pour l'instant, elles n'ont même pas, et de loin, la capacité de remplacer l'énergie nucléaire, qui représente 40% de notre production électrique. (voir ici pour les détails) Tout au plus, elles peuvent suffire à compenser le surplus de consommation dû à l'augmentation de la population. Il est donc déjà irresponsable de prétendre que nous n'avons pas besoin de remplacer la production d'énergie de nos centrales nucléaires vieillissantes par autre chose que les énergies renouvelables. Le PS et les verts le font pourtant depuis longtemps. Et ils rencontrent malheureusement un certain écho dans la population. Grâce à cette stratégie, nous pouvons déjà considérer que dans une dizaine d'années environ, nous passerons dans une situation de pénurie chronique. Et bien sûr, notre économie va sérieusement en pâtir.
Mais le PS ne s'arrête pas là. Il propose désormais de remplacer aussi le pétrole par les énergies renouvelables! Et cela dans les 20 prochaines années! Et que proposent-ils pour que la technologie des énergies renouvelables soit capable de remplacer le nucléaire et le pétrole d'ici là ? C'est simple: ils veulent les rendre obligatoires! C'est tellement simple qu'on se demande pourquoi personne n'y avait pensé avant. La technologie n'est pas prête ? Et bien c'est pas grave, désormais il est obligatoire qu'elle soit en mesure de remplacer le pétrole et le nucléaire! Une solution légale pour solutionner un problème technique. C'est génial non ? Basée sur le principe de "les lois inapplicables n'ont jamais tué personne", cette proposition ne fait pas avancer le schmilblick. Elle sème seulement la confusion et empêche de choisir les solutions transitoires et de mener la nécessaire recherche dans des domaines bien plus variés que celui proposé. Elle nous empêche de réfléchir à notre pérénité énergétique à moyen et long terme. Bref, elle va nous conduire tout droit à la catastrophe. Et j'ai bien peur que le PS arrive à convaincre pas mal de monde...
19:35 Publié dans Energie, Politique, Suisse | Tags : energies renouvelables, initiative | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21/02/2010
Pourquoi on ne doit pas accepter une baisse du taux de conversion du 2ème pilier
On nous dit que les caisses de 2ème pilier courent à la faillite si on refuse la baisse du taux de conversion exigée. Or ce taux vient déjà d'être abaissé de 7.2% à 6.8%. Il semble bizarre de déclarer que ça n'est pas assez, alors que cette première baisse n'est pas encore entrée en vigueur! Je m'y suis donc intéressé pour vérifier leurs chiffres.
12:09 Publié dans Politique, Suisse, Votations | Tags : taux de conversion, 2ème pilier | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
16/02/2010
Le gouvernement italien se fiche de nous !
Dans un article de la TdG du jour, on apprend que M. Frattini, ministre des affaires étrangères italien, trouve que la Suisse prend l'Europe en otage dans l'affaire des visas Schengen refusés aux ressortissants libyens. Ce monsieur, dont le chef de gouvernement est mondialement connu pour sa très grande moralité, trouve que la Suisse se comporte mal en mettant en danger les intérêts économiques de son pays. Car n'oublions pas que dernièrement, alors que la Suisse se débattait pour faire libérer ses otages, M. Berlusconi recevait le guide suprême libyen dans ses salons feutrés, lui tendant un stylo pour lui faire signer de beaux contrats. Et bien sûr pour récupérer le pétrole que la Libye ne livrait plus à la Suisse ! Il est évidemment clair dans ces conditions que la suspension des visas entre l'espace Schengen et la Libye est problématique pour son pays. Difficile de faire du commerce avec un état voyou quand on ne peut pas y mettre les pieds...
Et le ministre de rajouter que son pays est "prêt à aider la Suisse à résoudre une question bilatérale" mais pas au dépens de tous !!! Car oui, ce ministre n'a aucune honte à dire n'importe quoi ! Si l'Italie avait voulu jouer les négociateurs pour le compte de la Suisse, ça fait un an et demi qu'elle aurait pu le faire ! Mais non, à la place pendant le G20, Berlusconi et les autres convives européens invités, ont bien rigolé lorsque le Colonel parlait de démembrer la Suisse ! Croit-il que la Suisse l'ait oublié ? Certainement pas ! Nous savons désormais que ce gouvernement italien, tout comme plusieurs autres gouvernements européens, n'est pas l'ami de notre pays. Et franchement, ça va faire le plus grand bien à ce ministre, dont le chef de cabinet aime autant faire des courbettes aux dictateurs méditerranéens que passer ses week-ends avec des jeunes filles à peine mineures, d'apprendre que la Suisse n'a aucun compte à lui rendre. Nous sommes un état souverain qui, s'il a un problème billatéral avec un état tiers, prend les mesures qui lui conviennent sans en référer à ses voisins. Particulièrement si ces voisins n'ont pas une fois proposé leur aide pour résoudre ce conflit.
Bref, on voit que la stratégie de la Suisse est la bonne. En interdisant l'entrée en Suisse de ressortissants libyens au bénéfice d'un visa Schengen, notre gouvernement a provoqué une crise inattendue entre la Libye et l'Union Européenne. Et ainsi elle a enfin poussé les grands gouvernements européens à réagir. Maintenant, la balle est dans leur camp. S'ils souhaitent résoudre ce problème de visas, ils n'ont qu'à forcer Kadhafi à résoudre au plus vite son litige avec la Suisse. Car le seul responsable de cette situation, c'est lui. La Suisse n'a rien fait pour que tout cela se produise et elle n'a pas à faire quoi que ce soit de plus pour résoudre le conflit.
Et je suis sûr qu'ils vont enfin s'activer pour protéger leurs intérêts en danger. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai bon espoir que nos ressortissants rentrent prochainement dans leurs foyers. Alors j'espère que le Conseil Fédéral va tenir bon et ne pas céder aux pressions de nos voisins. S'il montre de la fermeté aujourd'hui, non seulement cela devrait permettre aux otages d'obtenir une prochaine libération, mais en plus le Conseil Fédéral parviendra à redorer son image sérieusement ternie ces derniers temps.
19:17 Publié dans Europe, Politique, Suisse | Tags : libye, italie, visas, otages | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note



