20/09/2013

Traverser le lac ou la rade ?

On parle beaucoup traversée ces jours. Ca fait d'ailleurs bien 50 ans qu'on en parle et on n'a pas fini d'en parler ! Les projets se sont succédés, petite traversée, moyenne traversée, grande traversée, traversée autoroutière, etc... Des millions ont été dépensés mais toujours rien. La mode est à la traversée autoroutière. Mais pourquoi ? A la base il s'agit en fait d'une stratégie cantonale. En optant pour une traversée autoroutière intégrée au réseau de routes nationales, le Canton espère faire financer l'ouvrage par la Confédération. Donc on a fait valoir la nécessité de désengorger l'autoroute de contournement.

Mais le problème, c'est que la Confédération privilégie l'élargissement de l'autoroute de contournement, mieux à même de désengorger cet axe ! Est-ce faux ? En réalité non, car la traversée du lac n'aurait qu'un impact très limité sur l'engorgement de l'autoroute de contournement pour un prix bien supérieur à l'élargissement. Donc il est logique, de ce point de vue de ne pas financer la traversée du lac. En réalité, la stratégie cantonale est simplement allé dans le mur. On n'avait pas prévu que l'élargissement soit privilégié, mais finalement c'est assez normal.

Donc les milieux économiques reviennent avec une proposition de financement publique-privé. Ce dernier mènera sans doute à la création d'un péage... de 8 Frs. par passage ! Mais qui utilisera cette autoroute pour ce prix ? Sans doute pas les pendulaires pour qui elle est prioritairement destinée. A la rigueur les Confédérés ou étrangers venant du nord et se rendant vers la Haute-Savoie et le Tunnel du Mont-Blanc seront d'accord de payer. Mais c'est à peu près tout. Et ça ne fait pas grand monde. Je pense donc que cette solution est absurde et j'espère qu'elle sera vouée à l'échec habituel des propositions faites dans ce dossier.

Mais finalement, il faut re41639826.jpgvenir aux fondamentaux. A quoi sert cette traversée, qu'elle soit de la rade ou du lac ? Pourquoi nous, habitants de Genève et de l’agglomération, souhaitons-nous traverser le lac au sec ? Les buts principaux sont: le désengorgement du centre ville, la libération d'une partie du Pont du Mont-Blanc pour y faire passer des bus et des trams, la libération des quais pour les aménager en grande partie en espaces piétonniers, la création de larges zones piétonnes, etc...

Et le problème, c'est que la traversée autoroutière, si elle pourra être utile dans le futur, ne répond à aucune de ces préoccupations ! En réalité, le meilleur projet pour Genève est celui qui avait été privilégié par la commission d'étude et repris par l'UDC dans son initiative. Ce projet est d'ailleurs à la taille du Canton et pourra être financé par l'Etat sans aide de la Confédération. Il nous permettra ainsi de résoudre rapidement nos problèmes en attendant une traversée du lac qui ne viendra peut-être que dans 50 ans ou plus !

Alors pour qu'on évite d'attendre aussi longtemps que pour le CEVA, il est nécessaire de se mobiliser autour d'un projet réaliste. (même si la date de 2020 semble un peu optimiste...)