21/10/2017

Vous avez dit harcèlement ?

Weinstein.jpgHier, une réflexion d’une collègue m’a inspiré ce billet. Lors du déjeuner à la cantine, elle a demandé un supplément à un jeune serveur qui se trouve être très avantagé par la nature. Elle a rajouté ensuite avec un roulement des yeux : « Et tu peux me l’amener torse nu, ça sera encore mieux ! » C’était bien sûr une plaisanterie et tout le monde l’a compris. J’ai moi-même souri. Seulement souri, car j’ai aussi vu le sourire gêné du jeune homme et je me suis dit qu’il ne vivait peut-être pas si bien que ça ces lourdeurs répétées de femmes d’âge mûr dans le cadre de son travail.

Et là, je me suis demandé quelle indignation cela aurait provoqué si ça avait été un homme d’âge mûr qui avait fait la même remarque à une jeune femme. A cause de l’affaire Weinstein, dont personne ne niera qu’il s’agit d’un vieux porc fortuné qui a fortement abusé de son pouvoir, on parle beaucoup de harcèlement sexuel en ce moment. Or, on ne parle que d’hommes d’âge mûr exerçant leur pouvoir sur de jeunes subordonnées. Mais l’inverse n’existe-t-il pas ? Ce problème est d’autant plus important qu’on s’apprête en France à inverser la charge de la preuve en donnant la valeur de preuve aux témoignages des plaignantes. Cela revient ensuite à forcer l’accusé à prouver son innocence pour contrer cette accusation. En effet, une nouvelle loi est parait-il en préparation, alors qu’à priori, aucune nouvelle loi n’est nécessaire. Le harcèlement sexuel est interdit et lourdement réprimé par la loi. Seule l’application de la loi est assez marginale, mais pour des raisons tout à fait explicables.

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02/10/2017

L'affaire des glyphosates

Monsanto.PNG

* Image tirée du site officiel de Monsanto

Monsanto nourrit le monde. C'est ce que cette entreprise affirme depuis des années. Sur le papier, c'est une belle histoire. Monsanto s'implante dans les pays en voie de développement et apporte ses semences génétiquement modifiées pour aider ces pays à produire assez de nourriture pour tout le monde. Bref, comme sur le bandeau ci-dessus, Monsanto aide les plus pauvres à vivre.

Mais dans la réalité cela ne se passe pas vraiment comme ça. Pourquoi tant d'agriculteurs, en Inde par exemple, choisissent le suicide ? Le problème c'est que Monsanto arrive avec une solution clé en main, semences, pesticides, herbicides, et enferme les agriculteurs dans ce système dont il n'est plus possible de sortir par la suite. Chaque année, ces agriculteurs doivent acheter leurs semences et autres produits auprès de Monsanto et ne sont plus maîtres de leur production. On les transforme en ouvriers de Monsanto. Et vu la différence extrêmement maigre entre le prix de revient et le prix de vente des produits de leur labeur, les agriculteurs ne parviennent plus à vivre et à faire vivre leur famille. Beaucoup choisissent le suicide pour mettre fin à cette situation insoutenable.

Ce problème est identique dans les pays riches. Par exemple en France, on dénombre chaque année près d'un suicide d'agriculteur par jour. Ramené à la population du pays, ça fait encore moins qu'en Inde, mais tout de même, c'est alarmant. Surtout que la France interdit toujours les OGM, même ceux que la commission européenne a autorisés. (ce pour quoi la France est d'ailleurs mise à l'amende...) Mais Monsanto a tout de même réussi à rentrer par la porte arrière en proposant des semences dites 'standard', c'est-à-dire non-OGM, mais tout de même clonées. * Monsanto perd ainsi l'attrait du 'Roundup ready' à savoir la capacité des plantes à résister au Roundup, son produit phare, mais conserve l'autre avantage, le contrôle des semences.

C'est dans ce contexte que survient l'affaire des glyphosates. Ce composant chimique essentiel du Roundup a été classé par l'OMS comme cancérogène probable, le second niveau de dangerosité après les cancérogènes certains. Cela devrait être suffisant pour qu'on applique le principe de précaution et qu'on interdise l'usage et l'importation de produits contenant du glyphosate. Mais la Commission européenne s'est refusée à le faire. Cela démontre au passage aux consommateurs que la santé publique n'est pas le premier soucis de la Commission, mais que les intérêts financiers des grands groupes internationaux passent avant. En France, plus soucieuse de la santé de ses habitants, le gouvernement a décidé de manière isolée d'interdire la commercialisation de ce produit. Mais les traités européens interdisent à la France de restreindre l'importation de produits autorisés en Europe. Ainsi la France va se retrouver dans une situation absurde: elle interdit la production de produits traités au glyphosate, mais autorise l'importation de produits eux-mêmes traités avec cette substance !

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02/09/2017

Le nouvel impérialisme est-il durable ?

Aujourd'hui, l'impérialisme colonial comme il s'est pratiqué de l'Antiquité à la période moderne semble avoir disparu, au moins provisoirement. Suite à la décolonisation, on a cessé d'étendre son territoire par l'invasion de pays tiers et par l'occupation physique de ces pays. La première conséquence, c'est que le nombre d'états a littéralement explosé. Il est passé de 53 états souverains en 1914 à 197 états reconnus par l'ONU aujourd'hui, soit un quasi-quadruplement en un siècle. Ces états sont considérés comme intouchables du point de vue de la souveraineté par les règles de l'ONU et toute agression extérieure est considérée comme un crime de droit international, susceptible d'être sanctionné par le conseil de sécurité, comme ça avait été le cas lors de l'invasion du Koweit par l'Irak.

Mais ça n'est pas parce qu'on n'étend plus la taille de son territoire par la force que toute forme d'impérialisme a disparu. La forme ancienne a été remplacée par une forme plus subtile, celle des sphères d'influences. Si on n'envahit plus un pays pour l'annexer, désormais on "intervient" dans le but de changer de gouvernement, de manière à faire passer certains états jugés stratégiques du camp adverse à son propre camp. Cela passe par des confrontations directes, comme en Irak en 2003, avec occupation temporaire le temps de mettre en place un gouvernement plus ou moins fantoche, à des stratégies bâties sur le chaos.

Cette dernière invention américaine est d'ailleurs plus récente. Il s'agit d'utiliser ses services secrets afin de pousser les oppositions internes au régime en place à se soulever afin de créer une situation de guerre civile, dont ne peut émerger qu'une sorte de putréfaction politique, dans laquelle l'ordre ne peut plus s'installer. On créé donc (de l'aveu même d'Hillary Clinton) des mouvements comme Daesh, non pas volontairement mais parce que seuls des mouvements de ce genre peuvent émerger du chaos créé, et on les désigne ensuite comme ses ennemis. Ne reste plus alors qu'à intervenir militairement afin de se débarrasser de ce mouvement. La suite est identique à la version précédente: on occupe le terrain, on met en place un gouvernement fantoche et on s'en va.

Ces méthodes sont bien sûr celles des Etats-Unis, mais d'autres états ont également des visées impérialistes. En particulier la Chine, qui utilise plutôt sa croissance économique interne pour proposer ses services à des états plus pauvres et leur promettre de leur amener des richesses. Cette méthode est plus pacifique, mais elle n'en reste pas moins impérialiste, puisqu'il s'agit d'étendre sa zone d'influence au détriment du camp adverse. 

Finalement, on doit citer la Russie, qui est réduite à défendre ce qu'il reste de la zone d'influence qu'elle avait à l'époque soviétique. Cette zone d'influence est attaquée de toutes parts par le camp occidental et par les Etats-Unis en particulier.

On a donc là, les trois puissances impériales du moment, les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Mais si on veut comprendre ce qui les motive, il faut analyser le fonctionnement d'un empire, ce qui motive sa création et son extension. Pour cela je prendrai l'exemple de l'Empire qui a le mieux fonctionné dans l'histoire: l'Empire romain.

Le fonctionnement de l'Empire était basé sur la conquête. Lorsqu'on étendait le territoire vers d'autres régions, on pillait ces régions et on ramenait les richesses au centre de l'Empire, à Rome. Les soldats adverses étaient transformés en esclaves, qui travaillaient gratuitement pour les riches romains et leur permettaient ainsi d'accroître encore leurs richesses. Puis, une fois ces régions pacifiées, (la fameuse Pax Romana) on les mettait au travail et on leur faisait bénéficier petit à petit d'une partie des richesses et de la grandeur romaine. On faisait ainsi de ces populations conquises de véritables citoyens, heureux de leur nouvelle condition. C'était donc un véritable système, dont le but était d'accroître sans cesse la richesse des romains tout en pacifiant les zones conquises afin de pouvoir diminuer leur occupation militaire. En effet, l'extension d'un empire non pacifié sera limité par la capacité d'occupation militaire. L'idée géniale des Romains, c'était donc de transformer petit à petit les territoires conquis en véritables provinces ne nécessitant que très peu de présence militaire et fournissant même des militaires à l'Empire.

On le voit en tout cas, l'extension de l'Empire romain avait pour but la croissance économique de Rome. Ainsi, à cette époque, on aurait pu lier l'idée de la croissance économique (si elle avait existé) à celle de la croissance territoriale. Plus on conquérait de territoires, plus on pouvait ramener de richesses à Rome et en faire profiter d'autres provinces. Ce système génial a permis à la République romaine, déjà impérialiste dans son fonctionnement, puis à l'Empire romain lui-même, de perdurer des centaines d'années. Mais on le comprend, dans un monde fini, ce mode de fonctionnement ne peut pas être éternel. Arrive fatalement le moment où les frontières ne peuvent plus être étendues et l'économie se met à stagner à l'instar du territoire. Et cela d'autant plus que plus l'Empire est étendu, plus le rythme des conquêtes doit s'accroître pour maintenir une croissance économique constante. Au sud, le Sahara empêchait la conquête de nouveaux territoires. A l'Est, l'extension était bloquée par les empires asiatiques. Au nord, les peuples germains dont on avait définitivement abandonné l'idée de les soumettre étaient poussés vers l'Empire par des peuples venant de plus loin. (entre autres les fameux Huns) Et en Bretagne, la frontière nord était définitivement fixée par le mur d'Hadrien.

La richesse cessait donc d'augmenter, le réservoir d'esclaves ne se renouvelait plus. Et pire, le territoire commençait à s'amoindrir par le Nord. Avec cette décrue territoriale est arrivée la crise économique. C'est cela qu'on appelle généralement la décadence de l'Empire romain, ce n'est rien de plus qu'une crise. Mais une crise très profonde dont l'Empire n'a jamais pu ressortir. C'est donc le système génial qu'ont inventé les Romains qui a finalement causé leur propre perte. Et c'est une constante historique: nul empire n'est éternel. Et cela même si ceux qui y vivent ne peuvent imaginer qu'il puisse un jour disparaître.

Aujourd'hui, les derniers empires coloniaux comparables à l'Empire romain, les Empires britannique et français, se sont réduits à peau de chagrin et on peut même dire que ces deux anciens empires coloniaux sont désormais des provinces d'un autre empire, l'Empire américain. Mais comme on l'a vu, cet empire a ceci de nouveau qu'il n'annexe pas, mais s'assure de son influence au sein de sa zone économique. Ainsi, le but final de ce nouvel impérialisme est somme toute identique. En étendant sa zone d'influence, on accroît ses richesses et on s'assure la continuité de sa croissance économique. Les provinces, telles que la province Europe, sont autorisées à bénéficier des largesses de l'Empire et ont ainsi l'impression d'être des partenaires de premier plan, alors que les zones nouvellement conquises (par les armes ou d'autres méthodes) sont là pour fournir des richesses et des esclaves aux plus riches citoyens de l'Empire.

Finalement, on peut se poser la question titre. Ce nouvel impérialisme est-il durable ? A long terme, l'impérialisme moderne est-il voué à la décadence comme cela a toujours été le cas, ou est-il capable de perdurer à long terme ? La première chose à dire, c'est que tout comme dans l'Empire romain, la croissance infinie de l'économie passerait par la croissance infinie du territoire, ce qui est impossible. De plus, il y a un fait nouveau qui n'existait pas à l'époque de l'Empire romain ou même des empires coloniaux: la taille de la population mondiale est désormais si grande que si tout le monde vivait comme des Américains ou des Européens, il n'y aurait pas assez de ressources pour tout le monde. En particulier, la substance qui est à la base du fonctionnement de l'économie des empires modernes, le pétrole, (l'équivalent de l'or à l'époque romaine) existe en quantité limitée sur la planète et disparaîtra d'autant plus vite que la croissance économique s'accélérera. Donc non seulement la croissance éternelle n'est pas possible, mais en plus c'est la croissance elle-même qui sera à l'origine de la décadence future. Tout comme dans l'Empire romain donc.

Pour l'instant, ce système a trouvé une parade à sa propre destruction. Afin d'éviter une croissance continue à long terme, le système s'ajuste de lui-même avec une succession de périodes fastes et de crises économiques limitées. Mais cet auto-ajustement aura fatalement ses limites. Le système finira par s'effondrer. Et malheureusement, (ou heureusement suivant le point de vue) cela arrivera durant ce siècle et peut-être bien avant encore.

27/08/2017

Une autre Europe existe déjà...

Et cette Europe c'est l'AELE. L'Association Européenne de Libre-Echange, créée à l'instigation de la Grande-Bretagne qui aurait sans doute mieux fait de ne jamais la quitter pour l'UE, ne comporte plus aujourd'hui que 4 états membres: La Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein, soit les irréductibles non-gaulois qui résistent toujours et encore à l'envahisseur bruxellois. Il s'agit en tout cas d'une zone bien plus prospère que l'Union Européenne. Certains y verront l'égoïsme de quelques états qui ont peur qu'on leur prenne leurs biens. D'autres y verront la splendide démonstration que le libre-échange fonctionne alors que le modèle de l'Union Européenne est le cimetière de la prospérité pour ses membres les plus riches. Je me placerai personnellement plutôt dans la seconde catégorie.

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27/06/2017

Après l'embargo, l'ultimatum et après... la guerre ?

Je suis sidéré qu'on ne parle presque pas des tensions internationales sur nos médias occidentaux en ce moment. Pourtant jamais la situation n'a été si tendue. Les nouvelles se succèdent et font écho les unes aux autres, comme si on vivait un improbable scénario de film catastrophe. Pourtant, on continue simplement les préparatifs des vacances comme si tout allait pour le mieux. Dans les précédents billets, j'ai déjà cité les 3 théâtres d'où une crise majeure pouvait venir. La Syrie bien sûr, mais aussi le Golfe Persique et la Corée du Nord.

missile coréen.jpgDans ce dernier état extrême-oriental, on continue à narguer le monde entier avec des missiles qui menaceraient jusqu'aux rives continentales des Etats-Unis. Il semble qu'on soit désormais en mesure d'équiper des missiles balistiques d'armes nucléaires, certes assez peu puissantes, mais tout de même potentiellement très meurtrières si utilisées contre des zones habitées. La rhétorique est plus guerrière que jamais, Kim Jong Un ayant traité Donald Trump de nouvel Hitler aujourd'hui même, ou de psychopathe la semaine dernière après la mort de l'étudiant américain peu après sa libération des prisons nord-coréennes. Bref, on est loin d'un langage diplomatique !

http://www.20minutes.fr/monde/2094571-20170627-coree-nord...

Ce qui est sûr c'est que la Chine et la Russie se préparent déjà à une confrontation entre la Corée du Nord et les USA. Ces deux pays ont groupé beaucoup de troupes aux frontières qu'ils ont avec la péninsule coréenne. Officiellement il s'agit de faire face à un possible afflux de réfugiés. Mais il s'agit aussi et surtout de faire face à une possible extension du conflit...

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1733/Coree-du-Nord/article/det...

En Syrie, les tensions vavion syrien.jpgont également croissante entre l'autoproclamée "coalition internationale" et les forces gouvernementales. Avion syrien abattu par les Américains, attaque israélienne contre les forces gouvernementales suite à une attaque de missiles dans le plateau de Golan, on peut dire qu'on s'éloigne de plus en plus d'une attaque coordonnée contre Daesh. Même lorsque les Américains bombardent des bâtiments officiels de Daesh à Raqqa, ils bombardent une prison où sont bien sûr en majorité détenus... des fidèles du gouvernement syrien !

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170619-avion-syrien-abat...

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/06/24/97001-201706...

http://www.rfi.fr/contenu/ticker/syrie-une-frappe-aerienn...

Et finalement, on prétend qu'Assad préparerait une nouvelle attaque chimique. (alors que bien entendu, on n'a encore jamais daigné présenter des preuves de l'implication du gouvernement Assad dans les attaques chimiques précédentes) Et on menace à nouveau la Syrie de représailles dans un tel cas. Gageons qu'une attaque va avoir lieu prochainement, qu'on en accusera immédiatement le gouvernement syrien et qu'on va en profiter pour se lancer dans une véritable guerre contre les troupes gouvernementales, délaissant au passage Daesh qui pourra enfin souffler et reconstituer ses forces.

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/06/27/les-etats-...

Mais c'est finalement entre le Qatar et la coalition menée par l'Arabie Saoudite que se situe le principal motif d'inquiétude. En effet, un ultimatum en treize points, dont beaucoup sont totalement irrecevables, a été transmis au gouvernement qatari. Ce dernier a une dizaine de jours pour s'y conformer. Certes le souverain des Emirats Arabes Unis prétend que ça n'est qu'une base de négociations, mais dans ce cas pourquoi l'assortir d'un ultimatum ? Est-ce la bonne manière de conduire des négociations ?

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orien...

http://www.europe1.fr/international/pour-erdogan-lultimat...

La question qui se pose donc c'est "Et après ?" Le Qatar ne cédera pas, c'est évident. Donc à la fin de l'ultimatum que va-t-il se passer ? La guerre ? Si c'est le cas, l'Iran et la Turquie se sont déjà rangés derrière le Qatar. On se retrouvera donc avec deux grosses coalitions opposées l'une à l'autre. Iran, Turquie et Qatar contre Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Egypte et Bahrein. Possiblement aussi Israël. Et derrière ces deux coalitions, la Russie et la Chine d'une part, les Occidentaux d'autre part. Cela ne prédit rien de bon.

Bref, ce début d'été ne pousse pas à l'optimisme. Je pense même qu'on n'a jamais été si proche d'un conflit global depuis la crise des missiles de Cuba. Et peut-être même qu'il faut remonter plus loin pour trouver une situation plus explosive...

13/06/2017

Un point sur la situation internationale

Pendant que tout le monde prépare ses vacances et que la France et la Grande Bretagne ne parlent que des conséquences de leurs élections législatives réciproques, des événements très inquiétants se produisent ailleurs dans le monde. Que cela soit en Syrie, dans le Golfe Persique ou en Corée du Nord, la tension semble à son comble en cette fin de printemps. Je rappelle au passage mon analyse de la situation mondiale datant de la fin de l’année passée (voir ici et les billets suivants pour les détails) : je pense que ce printemps catalyse tous les dangers et que la moindre étincelle peut enflammer toute l’hémisphère nord. Or ces derniers temps, les étincelles virevoltent un peu partout et, contrairement à ce que peut laisser penser la quiétude ambiante, le danger est à nos portes. Pour rappel d’ailleurs, la quiétude régnait également juste avant la première guerre mondiale…

Ce que j’avais plus ou moins prédit, c’est qu’une guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite pourrait dégénérer et se répandre dans le monde entier. La Corée du Nord a elle aussi le potentiel d’entraîner le monde dans la guerre. Même si je ne crois pas trop que ce pays qui s’est attiré l’inimitié du monde entier puisse amener la Chine ou la Russie à combattre à ses côtés. Cependant, un conflit nucléaire localisé peut très bien enfler jusqu’à devenir mondial. Le danger n’est donc pas à sous-estimer.

La Syrie

Ce pays reste bien sûr une poudrière. Il ne faut pas pavoiser en entendant parler des victoires militaires, tant de la "coalition internationale" et des "forces syriennes libres" que des forces syro-russes. Il y a eu également des attaques graves de ladite coalition internationale contre les forces syriennes. D’ici quelques temps, il est probable que les derniers bastions de Daesh vont tomber. Les deux coalitions vont alors se retrouver face à face et il faudra envisager l’avenir du pays et de la région. Que va-t-il se passer ? Il y a peu de chances que ces deux camps arrivent à s’entendre tant leurs positions sont différentes. En particulier, il est impossible que le gouvernement Bachar accepte l’idée occidentale d’un avenir dont il serait écarté. Une telle position est donc incompatible avec une paix dans la région et il y a à craindre que la guerre continue ensuite, opposant directement les deux coalitions et entraînant derrière elles leurs "parrains" occidentaux et russes.

A propos de l'attaque de la coalition contre un convoi syrien et avertissement de Moscou:

http://www.europe1.fr/international/bombardement-en-syrie...

Le Qatar

Depuis une semaine, le Qatar est sous embargo suite à la découverte de ses liens avec le terrorisme. Personnellement, non seulement la révélation de ces liens ne m’étonne pas – je suis convaincu depuis des années que le Qatar finance le terrorisme, en particulier de Daesh – mais ce qui m’étonne par contre, c’est que le principal accusateur se trouve être l’autre état soupçonné de financer ce terrorisme, l’Arabie Saoudite ! J’ai même déjà dit que pour moi, cet état et Daesh ne formaient qu’une seule entité. Et je le pense toujours.

Dans ces conditions, à quoi ce blocus rime-t-il ? Il faut évidemment aller chercher du côté des liens que le Qatar tente de créer avec l’Iran. Car si le Qatar a jusqu’ici financé le terrorisme, il faut rappeler que l’Iran n’a rien à voir avec le terrorisme et d’ailleurs il vient de subir un attentat de grande ampleur, ce qui cause encore plus de tensions dans la région. Donc en se rapprochant de l’Iran, le Qatar s’éloigne de l’Arabie Saoudite et de Daesh. C’est cela qui est considéré comme intolérable par les Saoudiens. Si l’Iran nouait des relations étroites avec le Qatar, les Iraniens se retrouveraient à leurs frontières terrestres alors que jusqu’à maintenant ils étaient séparés d’eux par un bras de mer.

Cette crise a bien sûr également été rendue possible par la visite de Trump le mois dernier, durant laquelle il a rappelé le lien indéfectible des Etats-Unis avec le royaume de Saouds, et qui a à nouveau désigné l'Iran comme le grand Satan de la région, rompant avec la politique de détente suivie par Obama. Il semble donc que ceux qui avaient espéré que Trump serait un anti-guerre (au rang desquels je me trouvais) et qu'il se mettrait en choc frontal avec le complexe militaro-industriel se soient trompés. D'ailleurs les contrats gigantesques de vente d'armes conclus durant cette visite ne font qu'envenimer une situation déjà explosive.

Je pense que parmi les étincelles actuelles, celle-ci a véritablement le potentiel d’enflammer toute la région, puis le reste du monde. Car si l’Arabie Saoudite et l’Iran se retrouvent en guerre directe, c’est aussi les Occidentaux qui se retrouveraient opposés, par leurs alliances réciproques, à la Russie et la Chine.

Au passage, il faut signaler que la Turquie soutient le Qatar dans cette crise. Cela confirme donc que, bien que faisant toujours partie de l'OTAN, ce pays s'éloigne rapidement des Etats-Unis.

L'Iran accuse l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis d'être à l'origine des attentats de Téhéran:

http://www.leparisien.fr/international/iran-fusillades-au...

La Turquie augmente sa présence militaire au Qatar:

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/06/07/97001-201706...

Visite de Donald Trump à Riyad: vente d'armes record, réaffirmation du soutien à l'Arabie Saoudite et accusation contre Téhéran de soutenir le terrorisme:

http://www.lefigaro.fr/international/2017/05/21/01003-201...

La Corée du Nord

Même si les Etats-Unis ont rappelé l’une de leurs flottes pour la poster dans la région, la Corée du Nord continue à tester toutes sortes de missiles en vue d’une confrontation directe. Il y a entre autres des missiles terre-mer, visant donc directement le groupe aéronaval qui lui fait face, et un missile intercontinental (de type ICBM) que Pyongyang dit être presque prêt à tester. Cette dernière menace serait bien sûr inacceptable pour les USA. Dans ces conditions, un conflit régional, potentiellement nucléaire, deviendrait inévitable. Et comme écrit plus haut, dans une telle éventualité, on ne peut pas exclure une extension du conflit.

Test imminent de missiles intercontinentaux :


http://www.lci.fr/international/la-coree-du-nord-affirme-...

missile corée.jpg

28/04/2017

Les primaires françaises, grande réussite

Quelques mois plus tard, il est assez drôle de constater que les 2 partis qui ont organisé des primaires sont hors jeu après le premier tour. Pourtant, pendant plusieurs mois, les médias n'avaient parlé que de ça. D'abord de la primaire de la droite puis de celle de la gauche, qui avaient réuni respectivement environ 10% et 6% de l'électorat. Sachant d'ailleurs que parmi les électeurs de droite, il y avait de nombreux socialistes qui s'étaient mobilisés contre Nicolas Sarkozy, offrant au passage 2€ aux républicains, on comprend à quel point ces primaires n'avaient pas intéressé grand monde.

D'ailleurs, si on fait le compte des favoris présumés l'année dernière, il est d'autant plus amusant de constater que peu d'entre eux sont arrivés à l'élection présidentielle.

Côté socialiste, la question que se posaient les médias l'année passée, c'était si Hollande allait se présenter aux primaires et, s'il jetait l'éponge, si Manuel Valls allait le remplacer. Finalement, ni l'un ni l'autre n'a atteint l'élection, pas plus que le challenger désigné, Arnaud Montebourg.

Côté républicain, on nous a longtemps vanté le fabuleux Alain Juppé. Et on se demandait s'il parviendrait à battre Nicolas Sarkozy... Tous deux ont été envoyé à la retraite bien avant l'élection!

On s'attendait dès lors à ce que le prochain président soit Fillon... mais le seul membre respectable des républicains s'est révélé être beaucoup moins respectable que prévu. Si bien qu'une partie de ses électeurs se sont reportés sur Dupont-Aignan et Fillon va devoir faire face à la justice.

Au final, les deux partis qui ont dominé les 35 dernières années sont éliminés du second tour. C'est un véritable séisme, tout comme les scores de l'extrême-droite et de l'extrême-gauche qui sont sans précédent. Cette élection est vraiment hors normes. Et vu le résultat de cet exercice inédit, je pense qu'on ne devrait plus assister à des primaires en France, ce qui serait très salutaire pour la vitalité de la démocratie qui aura souffert de la spoliation de l'attention des médias.

Finalement, la seule chose qui s'est révélé exacte, c'est la présence de Marine Le Pen au second tour. Et comme le prévoyaient les médias depuis le début, son opposant, quelqu'il soit, est très largement favori. Ceci dit, Macron est tellement lisse et peu convaincant, je pense de plus en plus que Marine Le Pen a contre toute attente plus de chances que prévu. Son élection serait finalement le dernier séisme de cette présidentielle et en ferait un événement historique sans précédent.

Je réitère ce que j'avais dit il y a quelques temps: Si Marine Le Pen est une machine à faire élire un âne (autrement dit n'importe qui lui étant opposé), Emmanuel Macron est peut-être bien une machine à faire élire une machine à faire élire un âne.

09/04/2017

Les questions en suspens après l'attaque américaine sur territoire syrien

Une fois n'est pas coutume: la première stupeur passée, on se pose des tas de questions. Souvent, lorsqu'il s'agit de confrontation militaire, il ne faut pas chercher la réponse dans les médias, ils ne les abordent même pas. Pour ma part, je me pose toute une série de questions auxquelles je peine pour l'instant à répondre.

1200px-Tomahawk_Block_IV_cruise_missile_-crop.jpgTout d'abord, il faut savoir que le Tomahawk utilisé par les Américains est un missile de croisière, qu'on peut assimiler à un avion sans pilote ou à une bombe volante descendant des fameux V1 allemands, qui vole à basse altitude en utilisant un logiciel de suivi de terrain. Il est de conception relativement ancienne, puisqu'il date des années 80. Il n'a de ce fait aucune capacité en matière de furtivité et fait donc une très belle cible pour la DCA adverse. On compte plutôt sur leur grand nombre pour surpasser les capacités de défense de l'ennemi. 

Deuxièmement, il faut savoir que la Russie a justement déployé d'importants moyens de défense anti-aérienne pour protéger le territoire contrôlé par le gouvernement syrien. Il s'agit de missiles de haute technologie S-300 et S-400, dont on dit qu'ils sont d'une très grande précision, à tel point qu'on leur accorde des capacités anti-missiles. (autrement dit, ils sont capables de cibler et détruire des toutes petites cibles se déplaçant à très grande vitesse, ce qui n'est pas le cas du Tomahawk, qui se déplace lui à vitesse subsonique) Il se dit d'ailleurs qu'en 2013, c'est la destruction de deux missiles Tomahawk tirés depuis la Méditerranée qui avait convaincu Obama d'abandonner l'idée d'une invasion de la Syrie. En effet, comme prémisse à toute attaque terrestre, les Américains considèrent qu'il est primordial de contrôler le ciel.

Finalement, on peut considérer que d'un point de vue stratégique, cette attaque n'a aucun intérêt. D'une part, les Tomahawk sont plutôt considérés comme une arme d'appui de l'aviation, l'équivalent de l'artillerie pour l'armée de terre. En  2003, des Tomahawk avaient été tirés pendant plusieurs heures avant que les premiers avions n'emplissent le ciel irakien. C'est bien une tactique classique d'artillerie, qui pilonne les lignes ennemies pendant une longue période avant que les troupes combattantes avancent pour occuper le terrain, mais appliquée à l'aviation. Or, on voit qu'ici c'est l'arme d'appui qui est utilisée comme arme offensive. Je trouve de ce fait cette attaque d'un intérêt tactique quasi-nul, d'autant qu'il semble que les Russes aient été prévenus de l'attaque.

Ce peu d'intérêt tactique est d'ailleurs confirmé par les images diffusées par les médias. On voit des hangars bombardés vides, (s'il y avait eu des avions dedans, on aurait vu des restes des carlingues) une piste de décollage totalement indemne et des vieux Mig-21 alignés, d'ailleurs sans doute là plutôt pour l'effet de la mise en scène tant ces avions datant du Vietnam ont peu de chances d'être engagés dans un conflit moderne.

Les questions que je me pose sont donc les suivantes:

1. Pourquoi choisir de détruire une cible sans intérêt tactique, voire même préparée pour subir le minimum de dégâts ?

2. Pourquoi aucun Tomahawk n'a-t-il été détruit alors qu'ils sont censés être vulnérables aux S-400 russes ?

3. Pourquoi lancer si vite une opération sans plan de bataille réel ?

Je ne peux faire qu'une théorie. Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance. Mais au moins, tout porte à croire que Poutine et Trump se sont bien entendu sur cette affaire et qu'ils ont contré ceux qui souhaitent jeter de l'huile sur le feu et provoquer une troisième guerre mondiale.

A mon avis, ils se sont en effet entendu sur une cible afin de gêner au minimum les opérations russes et syriennes sur les territoires occupés par les djihadistes. Il s'agit d'une opération de marketing visant l'opinion publique américaine afin de la convaincre que les USA ne restent pas les bras croisés face aux horreurs de la guerre en Syrie. Il s'agit également de tuer dans l’œuf toute attaque de la présidence qui pourrait à terme la forcer à intervenir réellement en Syrie, avec les risques qu'on sait. Selon moi donc, l'ennemi qu'à combattu Trump avec cette attaque, ça n'est pas le gouvernement syrien ni la Russie. Mais c'est ceux qui dans son propre pays souhaitent le forcer à envenimer une situation déjà très compliquée.

Je vois tout de même une autre possibilité. Il est possible que les Tomahawk tirés aient été dotés de systèmes de brouillage et qu'il s'agissait en fait d'une démonstration faite aux Russes prouvant que désormais, ce qui était vrai en 2013, à savoir que la Russie contrôlait l'espace aérien syrien, n'est plus vrai en 2017. Je considère cette théorie comme peu probable mais pas impossible. Si c'était le cas, cela signifierait en tout cas que les rapports de force en Syrie et dans le monde s'en retrouveraient totalement chamboulés.

06/04/2017

L'attentat de Sarajevo de notre époque ?

Dans mon analyse de la situation géopolitique et du risque qu'elle dégénère en 3ème guerre mondiale, j'avais, dans un commentaire fait cette prévision: "Bien sûr, il n'y aura pas d'attaque unilatérale. Je pense plutôt qu'il y aura un attentat de Sarajevo comme déclencheur. Si un ou plusieurs attentats de Sarajevo se produisent dans les prochains mois, nous pouvons commencer à avoir très peur."

Voir le billet ici

Attaque-chimique-en-Syrie-le-bilan-s-eleve-a-72-morts.jpgJ'avais aussi prévu que le dernier créneau disponible pour lancer une troisième guerre mondiale serait le printemps 2017. (voir l'analyse pour plus de détails) Et bien je crains que les événements des derniers jours me donnent raison. Jusqu'à l'été, nous vivons la période la plus dangereuse, peut-être de toute l'histoire. Et l'attaque chimique, réelle ou non, qui a eu lieu en Syrie avant-hier est un événement extrêmement dangereux dans ce contexte. Si, comme la menace a été proférée par les Etats-Unis, une intervention unilatérale devait avoir lieu, (ce qu'on appelle communément une déclaration de guerre) dans la situation explosive que nous vivons, la guerre pourrait rapidement se répandre à travers le monde entier.

Et je ne suis qu'à moitié étonné qu'on n'attende pas une enquête sérieuse pour définir le coupable. La théorie russe selon laquelle le régime syrien a bombardé un entrepôt des terroristes qui dominent la ville et que cet entrepôt contenait malheureusement des armes chimiques, me paraît pourtant très plausible. Dans ce contexte, je suis sûr que la Russie n'aurait pas mis son veto contre une résolution condamnant l'utilisation des armes chimiques sans désigner de coupable. Une enquête sérieuse aurait ensuite pu être lancée, mais on préfère faire confiance à des ONG pourtant plus que douteuses. Il y a de ce fait une volonté claire de mettre de l'huile sur le feu, ce qui ne m'étonne pas compte tenu du souhait de certains militaires américains d'en découdre avec la Russie et la Chine.

Encore une fois, j'espère me tromper, mais la situation ne semble pas évoluer très positivement.

14/03/2017

Analyse des programmes économiques: 1. Macron, on rase gratis

Je l'avais dit dans ce billet, je vais analyser les programmes économiques des candidats et les comparer aux GOPE de la Commission Européenne. Et comme il paraît qu'il a un programme, je vais commencer par le candidat Macron.

2057545_presidentielle-2017-emmanuel-macron-sa-campagne-son-projet-web-0211697685848.jpgLe programme économique d'Emmanuel Macron se trouve sur cette page.

  • Baisse sensible du déficit budgétaire, notamment en licenciant des fonctionnaires.

Emmanuel Macron prévoit d'économiser 60 milliards d'euros annuel sur le secteur de la fonction publique, notamment en diminuant le nombre d'emplois publics de 120'000 fonctionnaires. A noter qu'on prévoit un programme d'investissement de 50 milliards. Étonnant non ?

  • Réduction des dotations communales, regroupement de communes et de communautés.

Le programme prévoit de diminuer le nombre de personnes assujetties à l'impôt local, il est vrai avec compensation de l'état. Au passage assez peu réaliste quand le programme prévoit de diminuer les taxes et les dépenses.

  • Abaissement du salaire minimum.

Rien de prévu là-dessus, mais en guise d'augmentation, on prévoit une baisse des charges salariales.

  • Réduction de la protection des employés en CDI.

Oui cela c'est bien prévu. La protection des prud’hommes en cas de licenciement abusif devrait diminuer.

  • Augmentation de l’utilisation de l’apprentissage.

Oui c'est également prévu. Une bonne chose d'ailleurs, je trouve la formation en France trop basée sur les études. Un modèle moins élitiste serait très profitable.

  • Baisse de la rémunération des chômeurs.

Ca n'est pas vraiment prévu, mais il est par contre prévu de mieux contrôler les chômeurs. Ca n'est pas un mal bien sûr.

  • Suppression de la protection des professions réglementées afin de favoriser l’ubérisation du monde du travail.

Vu que c'est la mesure phare de la loi Macron, on ne doute pas que ça fasse partie de ses souhaits.

  • Suppression des protections des PME par rapport aux grandes entreprises.

Je n'ai rien trouvé là-dessus.

  • Simplification du droit des entreprises.

Oui c'est prévu, par exemple en supprimant le régime du RSI ou en créant des facilités pour les créateurs d'entreprises.

  • Diminution de l’impôt sur les sociétés et report sur la TVA.

Rien n'est dit à propos de la TVA. Mais à force de raser gratis, on comprend bien qu'il va falloir trouver de l'argent !

  • Passage à une imposition à la source.

Cela n'est pas cité, mais puisque c'est déjà en cours, ne pas en parler c'est y consentir.

Bref, le programme de Macron, ni à gauche ni à droite, semble en effet un peu plus à gauche que le programme de l'Union Européenne pour la France. Par les temps qui courent, cela paraît donc moins néolibéral que la tendance générale. Ceci dit, les belles paroles de Macron lorsqu'il prétend aller négocier avec l'UE ne tiendront pas. Quelle est la légitimité d'un président français pour imposer sa vision à l'ensemble de l'Europe ? Au final, il devra bien s'adapter. Donc le programme, s'il n'est pas totalement en accord avec les GOPE, est partiellement mensonger.

En plus, on a de la peine à comprendre comment ce programme va se financer. Macron semble croire à une relance de l'emploi et donc de l'impôt qui suffira à ce financement. Mais c'est un pari assez risqué. D'ailleurs relancer l'emploi en commençant par promettre la suppression de 120'000 postes de fonctionnaires paraît paradoxal.

08/03/2017

Les primaires : un système pernicieux

Aux USA, c’est déjà une tradition depuis très longtemps. Avant chaque élection présidentielle, les électeurs ont droit à des élections primaires simultanées pour les deux partis dominants, le parti démocrate et le parti républicain. Cela donne lieu à des débats entre candidats proches, puis les élections ont lieu dans les différents états, un à un, de manière simultanée pour les deux grands partis afin de faire mousser le suspense.

Deux partis français ont choisi de suivre cet exemple américain : Les Républicains, qui montrent à quel point leur choix de dénomination ne doit rien au hasard, et les socialistes, qui conservent pour l’instant leur nom historique, mais qui ne devraient sans doute plus tarder à adopter la dénomination de partie démocrate, qui leur conviendrait bien mieux, tant ils cherchent à adopter la posture de leur grand frère américain.

Probablement, ces deux partis étant aux commandes du pays depuis plusieurs décennies, ils souhaiteraient aller plus loin et éliminer la concurrence pour faire du système politique français un véritable bipartisme à l’américaine. Car le principal avantage pour les partis qui organisent des primaires, c’est de spolier totalement le débat démocratique et de s’accaparer totalement l’attention des médias. C’est particulièrement vrai aux USA, où les autres candidats, et il y en a contrairement à ce qu’on cherche généralement à nous faire croire, n’ont quasiment pas droit de cité dans les médias.

En France par contre, d’autres candidats coexistent encore avec ceux des « grands » partis. Certains parce qu’ils ont refusé de se soumettre aux primaires, d’autres parce que leur parti reste assez grand pour parvenir à concurrencer les deux partis dirigeants. D’autres encore parviennent à survivre de manière marginale, à la manière des petits candidats américains. Personnellement je prédis à l’avenir une évolution à l’américaine, avec la marginalisation de tous les partis ne proposant aucune primaire.

penelope-francois-fillon-2.jpgMais cette évolution est-elle souhaitable ? Je pense personnellement qu’elle est très dommageable. D’une part la diversité politique est garante du bon déroulement du débat démocratique. Or celui-ci est déjà mis à mal par le traitement des médias, très inadapté car souvent basé sur la simplification et la polémique. Le focus exagéré sur le Pénélopegate à moins de 50 jours du premier tour est par exemple totalement contraire à la nécessité pour la population de se faire une opinion sur les divers programmes politiques avant l’élection. Est-ce planifié ainsi ou est-ce uniquement de l’incompétence ? Je n’en sais rien mais je trouve en tout cas le résultat très lassant…

Il faut bien comprendre que les primaires ne sont pas un système démocratique. Il n’est en rien le garant de la pluralité des opinions et même risque d’aller à l’encontre de celle-ci. Dès lors qu’un même électeur peut se prononcer pour les deux primaires, il risque de favoriser le même type de candidats dans les deux cas. Ceci poussera les partis à modifier leur programme politique afin de convaincre un maximum d’électeurs. C’est ce qu’on voit aux USA où les deux partis principaux sont, somme toute, en très grande partie sur une ligne commune. Et comme tous les autres partis sont marginalisés, peu d’idées neuves peuvent faire leur chemin. Finalement, le bipartisme américain n’est pas très différent du monopartisme soviétique…

Mais en réalité, je trouve que le principal désavantage des primaires est ailleurs. On l’a vu, aux USA la campagne10530756-17299546.jpg présidentielle aura été de piètre qualité. Entre une Hillary Clinton empêtrée dans ses affaires d’emails et un Donald Trump qui a fédéré beaucoup de monde contre lui, beaucoup d’Américains ne savaient pas trop pour qui voter. En France, c’est le Pénélopegate qui met à mal la candidature du champion issu de la primaire républicaine. Et bien c’est justement les primaires qui sont la cause de la mauvaise qualité de ces élections. Car dès le moment qu’un candidat a été issu d’un choix dépassant largement les limites du parti, sa légitimité dépasse elle aussi le cadre du parti.

Ainsi comment le parti républicain pourrait remplacer François Fillon par un autre candidat alors qu’il n’est pas responsable de son investiture ? Si Fillon (ou plus probablement un autre candidat) avait été choisi par un congrès du parti, c’est la base du parti qui l’aurait élu. Il aurait ainsi été très facile de convoquer un nouveau congrès pour soit renouveler la confiance au candidat ou le remplacer par simple vote. Mais on ne peut pas relancer une nouvelle primaire. Donc on est condamné à attendre un désistement du candidat lui-même ou à réitérer sa confiance en lui contre vents et marées.

C’est pareil pour le cas d’Hilary Clinton. Les affaires qu’elle a subies durant la campagne sont sans doute en grande partie responsables de son échec. Mais pas moyen de la remplacer par Bernie Sanders sur le fil. Elle était la candidate issue de la primaire et sa légitimité était trop grande pour cela.

Bref pour moi le choix d’un candidat est une affaire interne aux partis. Ensuite la véritable élection, cadre démocratique unique, ne peut reposer sur les partis. Les élections, ce sont des hommes et des femmes face à leur électorat. J’espère que dans cinq ans, on oubliera cette procédure responsable de tant de couacs.

06/03/2017

Macron a un programme !!!

Oui, non seulement Macron est beau, non seulement il est jeune, non seulement il a une histoire d’amour avec images (1).jpgune femme plus âgée que lui, non seulement il sait s’exprimer avec une voix de stentor quand on juge qu’il parle d’une manière trop lisse et peu convaincante, non seulement il est merveilleux à tous points de vue, mais il est si formidable qu’il a même un programme économique !

Fi de tous ceux qui ont osé prétendre qu’il n’avait point de programme. Cette fois il l’a révélé : il en a bel et bien un ! Et toute la presse s’est empressée de relayer cette information sans précédent. Le président que ces médias ont déjà élu : oui, il a un programme.

Finalement donc, ses principaux détracteurs ont tous eu tort. Ils l’ont accusé de ne pas avoir de programme, ils disaient que ses discours n’étaient qu’une longue litanie de lieux communs. Ils disaient qu’il ratissait large, capable dans une même phrase de draguer d’une part les nostalgiques du Général De Gaulle et de courtiser de l’autre part ceux de François Mitterrand. Ils disaient que c’est un pur produit marketing, fabriqué par plusieurs agences de com. Mais non, Macron c’est du sérieux. Il a un pro-gram-me.

Et bien que tous ces malfaisants le sachent : ils ont toujours eu tort. Non seulement Macron a toujours eu un programme économique, mais il s’agit du même que tous ceux qui ne parlent jamais de l’Union Européenne ni de l’Euro. Ce programme à un nom : Les GOPE !

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19/02/2017

Macron, un micro-candidat

Hommelibre a déjà publié la version courte de cette vidéo, je publierai donc la version longue. Ce faux fan infiltré dénonce les manipulations de l'équipe de campagne de Macron qu'il a découvertes lors d'une infiltration des équipes d'ambianceurs du candidat lors de son grand meeting de Lyon. Personnellement cette vidéo ne m'apporte pas grand chose. En effet les ficelles utilisées sont tellement grossières qu'elles sont facilement déchiffrables par qui réfléchit un peu. Les images des meetings parlent d'elles-mêmes. Macron n'est rien de plus qu'une manipulation de l'électorat.

 J'ai bien dit qu'il est une manipulation et non un manipulateur. C'est un orateur bien trop peu doué pour manipuler l'électorat de lui-même. Par exemple, Sarkozy est un véritable manipulateur. C'est un très bon orateur, capable d'asseoir sa rhétoriqu et qui sait comment provoquer l'assentiment des foules. Macron lui est un très mauvais orateur. C'est pour ça qu'il a eu besoin d'engager une société de conseil en communication. Et d'ailleurs même avec ces conseils avisés, il parvient à faire de grossières erreurs, comme par exemple quand il s'était mis à vociférer pendant un discours, alors qu'on lui avait probablement conseillé d'élever un peu la voix pour paraître moins lisse.

Quand on voit ce clip, qui a servi à lancer son parti, on découvre toutes les ficelles de marketing utilisées par cette société de communication. Aucun engagement, aucune promesse électorale, juste une dynamique publicitaire censée attirer le gogo vers un programme inexistant en lui faisant croire que Macron est le candidat du changement:

Finalement, je renonce donc à faire une analyse stricte des manipulations qui l'entourent. Il suffit d'être un peu attentif durant ses discours pour les déchiffrer. Toutes les phrases sont creuses. Il n'y a aucun engagement de fait. On dirait même qu'il s'agit d'un jeu consistant à citer un certains nombre de mots clés, chacun destiné à provoquer l'intérêt d'une partie de l'électorat. On cite par exemple De Gaulle, puis peu après Mitterrand, ce qui paraît extrêmement incohérent tant les deux hommes ne s'appréciaient pas. Et quand on sort un 'Je vous ai compris' pour calmer les pieds noirs peu après les avoir traités de génocidaires, je ne pense pas qu'on puisse convaincre qui que ce soit.

 Je ne crois pas que les Français soient suffisamment stupides pour acheter le produit Macron. Les sondages qui commencent à le donner vainqueur ne peuvent être que mensongers. A force de croire qu'il y aura l'effet 'Tout sauf Le Pen' au second tour, les médias se préparent à une grosse désillusion. Qui peut croire que son discours totalement creux et sans le moindre engagement parviendra à rallier la majorité des Français durant un débat contre n'importe quel autre candidat ? A mon avis, s'il atteint le second tour, il y aura surtout un effet 'Tout sauf Macron'. Et si c'est effectivement Le Pen qui lui sera opposée, ceux qui auront trop d'aversion à son égard choisiront l'abstention plutôt que voter pour Macron. Si Marine Le Pen est une machine à faire élire un âne,(autrement dit, tout candidat qui lui est opposé au second tour) Macron est peut-être finalement une machine à faire élire une machine à faire élire un âne !

01/02/2017

Marisol Touraine devrait changer de nom

marisoltouraine.jpgMarisol Touraine, ministre française de la santé, n'en finit pas de faire la vie dure aux cigarettiers. Je ne suis d'ailleurs pas là pour défendre ces derniers. Je les considère comme des empoisonneurs publics, directement responsables de la mort de millions de personnes. Ceci dit, leur business est toujours légal, jusqu'à preuve du contraire. Et quand on fait un commerce légal, on doit certes respecter la législation en vigueur, mais en dehors de cela on doit bénéficier d'une totale liberté de gérer son entreprise comme on l'entend. Pour moi la décision de Mme Touraine d'interdire le nom de plusieurs marques de cigarettes ne respecte pas cette liberté.

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/tabac-quatre-...

Tout d'abord, il est totalement naturel de choisir un nom vendeur pour ses produits. J'imagine assez mal un cigarettier choisir le nom 'Cancer assuré' ou 'Mort subite' pour ses cigarettes. Juger de l'attractivité d'un nom est d'ailleurs extrêmement subjectif et se baser sur des éléments subjectifs pour régir un commerce est la porte ouverte à toutes les dérives. Et je pense qu'une ministre digne de ce nom ne devrait jamais mettre le doigt dans cet engrenage.

D'ailleurs j'en profite pour dénoncer la perfidie des autorités, non seulement françaises mais aussi suisses et de tous les autres pays, qui consiste à prétendre qu'on lutte contre le tabagisme en augmentant le prix des cigarettes, alors que si on voulait vraiment mettre fin à cette pratique, on pourrait décider d'interdire ce produit. Mais dans ce cas, l'état se priverait non seulement de juteuses taxes, mais devrait en plus organiser la lutte contre le trafic qui exploserait ! A noter en plus que le fait de ne pas harmoniser le prix des cigarettes au sein d'un marché unique où les produits peuvent circuler librement provoque un appel d'air significatif. Non seulement les cigarettes françaises ne se vendent plus dans les zones frontalières, non seulement le marché noir commence à représenter une concurrence très gênante pour les buralistes de tout le pays, mais en plus, des sites internet commencent à fleurir pour vendre, cette fois-ci en toute légalité, des cigarettes en provenance d'autres pays de l'UE ! Avec en plus le plaisir pour le fumeur de retrouver des paquets différenciés par marques. Finalement, on voit que la distorsion de marché provoquée par l'acharnement anti-cigarettiers de Mme Touraine saigne au vif tout un pan de l'activité commerciale légale française, sans pour autant améliorer la santé des Français.

Aussi, afin de rétablir l'équilibre, je propose à Mme Touraine de changer de patronyme, car je le trouve beaucoup trop attractif. En effet, 'Touraine' évoque une appellation prestigieuse et des cépages de renom. Autrement dit, son nom pourrait inciter certains à l'alcoolisme. Et personnellement, je vois d'un très mauvais œil une ministre de la santé inciter la population à la consommation d'alcool ! Ainsi elle montrera l'exemple et elle démontrera que la vertu, ça n'est pas que pour les autres.

touraine.jpg

17/01/2017

France : victoire annoncée pour les « Moinspiristes » ?

Le système d’élections à deux tours tel qu’utilisé par la France pour son élection présidentielle a induit pour beaucoup de gens une stratégie dite du « vote utile ». En se basant sur les sondages publiés, (en général truqués, mais passons...) on va choisir au premier tour celui qu’on considère comme présentable et le plus à même de battre celui ou ceux qu’on ne trouve vraiment pas convenable(s). Très souvent donc, on va trouver un candidat à peu près consensuel pour faire face à un candidat de l’extrême. Le Moinspirisme, n’est d’ailleurs pas coloré politiquement, il y a les Moinspiristes de gauche et les Moinspiristes de droite. Parfois ils se retrouveront d’ailleurs dans une belle unité au second tour, pour élire le moins pire, qu’il soit de gauche ou de droite et ainsi éjecter le pire. Cela avait par exemple été le cas en 2002 où le candidat moins pire Chirac avait battu par plus de 80% le candidat pire Le Pen, par une belle union des électeurs Moinspiristes.

J’ai lu aujourd’hui un commentaire d’un Moinspiriste de gauche, qui a déjà choisi de défendre la candidature de Macron, qui lui semble plus à même de battre au premier tour le candidat moins pire de droite, Fillon, et au second tour la candidate pire Le Pen. Il ne sait d’ailleurs pas encore qui sera le candidat socialiste, mais ça lui est égal, quel que soit l’élu, il perdra au premier tour, c'est les sondages qui le disent. Quant à Mélenchon, ça n’est pas envisageable pour lui car, bien que de gauche, c’est un candidat pire.

Les Moinspiristes de droite ont eux moins de choix. En principe, le candidat moins pire de droite c’est Fillon. Certains pourraient malgré tout se tourner vers Macron, car bien que moins pire de gauche, il faut bien avouer qu’il est franchement plus à droite que la plupart des moins pires de gauche. A tel point qu’on peut se demander si l’absence de programme politique du candidat Macron n’est pas une stratégie visant à susciter le consensus de tous les Moinspiristes. Les Moinspiristes de gauche le considèrent comme un candidat moins pire de gauche, puisque c’est ce que leur disent les médias, alors que les Moinspiristes de droite peuvent constater en se basant sur son parcours professionnel et son action politique que c’est bien un candidat moins pire de droite qui se cache derrière une étiquette moins pire de gauche.

Bref, si les Moinspiristes font la loi et que les anti-système de droite battent les anti-système de gauche, On pourrait bien voir un second tour Macron – Le Pen, ou éventuellement Macron – Mélenchon si les anti-système de gauche battent les anti-système de droite. Et bien entendu le deuxième tour verra le report de toutes les voix Moinspiristes sur Macron. Quant aux anti-système, jamais un anti-système de gauche ne reportera sa voix sur le candidat anti-système de droite et vice-versa. C’est d’ailleurs à ça qu’ils servent. En mêlant la rupture avec le système avec des arguments nettement marqués à gauche ou à droite, ils scindent les anti-système en deux camps qui ne se mêlent jamais. Pire, une partie des anti-système de droite peut se transformer en Moinspiristes de droite au second tour et une partie des anti-système de gauche peut se transformer en Moinspiristes de gauche au second tour. Par exemple, en cas de second tour Macron – Le Pen, une partie des anti-système de gauche voterait Macron au second tour pour contrer les anti-système de droite. Le Moinspirisme menant à tout, ils pourraient d’ailleurs voter Fillon en cas de second tour Fillon – Le Pen. Il est d’ailleurs probable que Mélenchon lui-même appellerait à ce vote.

Qu’auraient fait les résistants pendant la guerre ?

Bien entendu, il n’y a pas eu d’élections durant l’occupation. Et même s’il y en avait eu, l’élection du Président au suffrage universel n’était pas encore d’actualité. Mais imaginons qu’il y ait eu, disons en 1942, une élection présidentielle. Disons que Pétain aurait dû faire face à Goering qui aurait décidé que, bien qu’étant de nationalité allemande, l’occupation nécessitait qu’un membre du parti nazi allemand prenne le pouvoir sur la France. Qu’auraient fait les Moinspiristes ? Ils auraient voté en masse pour le candidat moins pire Pétain afin de chasser le candidat pire Goering. Ils auraient préféré un candidat certes collaborateur, mais moins pire que Goering. Et qu’auraient fait les résistants ? Et bien en l’absence d’un candidat réellement résistant… ils auraient choisi de bouder l’élection et attendre le retour du Général De Gaulle ! Et Pétain, bien sûr, leur aurait reproché de faire le jeu de Goering en ne votant pas massivement pour lui. Le Moinspirisme, ce n’est finalement rien d’autre que ça. C’est une compromission totale de ses idéaux politiques, parce qu’on pense que ces idéaux n’ont aucune chance de s’imposer. Et les candidats moins pires ne sont rien d’autre que des Pétain en puissance. Ils sont prêts à toutes les compromissions pour attirer les votes des Moinspiristes. Pour faire carrière. Bref, le vote utile, ça n’est rien d’autre qu’un esprit de collaboration. Une personne ayant un esprit de résistance, ça vote selon ses convictions, même si elles ont peu de chances. Et si aucun candidat ne les défend, ça ne vote pas. Et même si ça prend du temps, au final, l'histoire montre que les résistants finissent par gagner...

12/01/2017

Dis papa, c'est quoi la situation géopolitique ?

Avant de décrire la situation géopolitique, il importe de définir ce qu'est la géopolitique. Je la définirai donc comme l'étude des rapports politiques globaux entre états. Tout état possède un emplacement géographique, un positionnement politique, une puissance industrielle, économique ou militaire, un rayonnement culturel, des ressources, une histoire, une ou plusieurs langues, une ou plusieurs religions. Tout ceci va l'amener à tisser des rapports, amicaux ou conflictuels avec ses voisins et avec le reste du monde.

Le but de la géopolitique est non seulement d'étudier ces rapports, mais aussi de prévoir leur évolution. Pour cela, il n'y a qu'un seul outil qui soit pertinent: l'étude des réalités historiques qui seules peuvent montrer comment une situation géopolitique donnée peut évoluer. Il s'agit donc non seulement d'étudier la réalité géopolitique présente, mais aussi d'autres réalités géopolitique passées et de faire des comparaison. En effet, on peut considérer que des événements passés, s'ils n'ont aucune chance de se reproduire à l'identique, ont toutes les chances de réapparaître de manière similaire dans une réalité géopolitique proche.

Je prends un exemple : juste avant la 1ère guerre mondiale, le monde s'est peu à peu partagé en deux camps qui s'étaient liés par des alliances automatiques multiples. C'est ce jeu d'alliances automatiques qui a transformé un conflit entre deux états, l'Empire Austro-hongrois d'une part et la Serbie d'autre part, en conflit généralisé. Une simple étincelle, l'assassinat du dauphin impérial autrichien, a suffi à mettre le feu aux poudres. Si la situation de l'époque n'existera plus jamais, la plupart des états impliqués ayant soit disparu soit profondément changé, on retiendra de cet événement la dangerosité des alliances automatiques, ainsi que de la bipolarisation du monde. Un monde en paix, c'est un monde multipolaire où les états défendent leurs intérêts géopolitique en toute indépendance et sans animosité envers les autres états. Un monde bipolaire comme celui qui s'était mis en place avant la première guerre mondiale, c'est un monde au bord du gouffre.

Le choix de cet exemple n'est pas anodin. Je pense fermement que le monde actuel ressemble furieusement à celui qui était en place il y a plus de cent ans. Aujourd'hui, les alliances ont changé. Mais le monde semble bien bipolarisé autour de deux camps, atlantiste d'une part, russo-chinois d'autre part. Il existe bien des pôles plus ou moins indépendants comme l'Amérique du sud ou l'Afrique, mais leur puissance géopolitique est faible et ils ne peuvent pas faire contrepoids face à ces grandes entités. Et en plus de la bipolarisation, il existe aussi des alliances automatiques très dangereuses, à commencer par l'OTAN. Une organisation qui, non seulement n'a pas disparu après la chute de son pendant de l'Europe de l'Est le pacte de Varsovie, mais a continuellement été utilisée depuis pour étendre l'espace géopolitique atlantiste au détriment de celui de l'autre camp. Cette pression, que l'on doit considérer comme impérialiste, est la principale cause de la tension qui s'est accumulée ces dernières années.

Au final, il n'existe en fait que 3 puissances globales sur le plan géopolitique, c'est à dire des puissances capables de se projeter partout dans le monde pour faire valoir leurs intérêts. Il s'agit des Etats-Unis bien sûr, mais aussi de la Russie et de la Chine. Les autres états sont des puissances moyennes ou régionales. Il est par contre assez symptomatique de constater que les moyens utilisés pour la défense des intérêts géopolitiques de ces trois puissances ont évolué. Les Etats-Unis, traditionnellement la première puissance économique, peuvent toujours utiliser leur arme du dollar, mais cette arme est de plus en plus contestée par le camp adverse, à commencer par la Chine. Cette dernière a en effet choisi de se passer du dollar chaque fois que c'est possible. Elle a également son statut tout neuf de première puissance économique pour elle. Elle se permet ainsi de conquérir des alliances avec des pays disposant de ressources qui l'intéressent et ainsi marcher sur les plates bandes des puissances occidentales. Pour cette raison, les Etats-Unis sont de plus en plus forcés de se rabattre sur des stratégies de conquêtes militaires, soit par l'affrontement direct, soit par la déstabilisation et le changement de régime de ces pays. La Russie quant à elle, après une éclipse d'une vingtaine d'années, revient en force et s'impose comme le bras armé de cette alliance avec la Chine.

On a donc un camp dont la puissance économique décline et qui est poussé dans ses retranchements, forcé de défendre militairement ses intérêts géopolitiques, et un second camp qui domine déjà au niveau économique et revient très fort sur le plan militaire. Que peut donc donner une telle situation ? On peut déduire assez facilement que sans affrontement direct entre les deux camps, la situation va continuer d'évoluer favorablement pour le camp russo-chinois et l'Occident continuera à décliner. Ce dernier pourrait donc être tenté de forcer l'autre camp à la confrontation. C'est même le plus grand risque de notre époque. Mais cet affrontement peut aussi bien se faire sur le plan économique, comme semble le souhaiter Donald Trump.

On peut ajouter à ce risque la démographie, qui va faire de l'Asie et de l'Afrique les principales zones de peuplement du monde. Comme un grand nombre des zones à forte croissance démographique se trouvent dans des régions pauvres, on peut craindre un exode massif avec à la clef une intensification des conflits ethniques. Ils pourraient donner lieu à de véritables guerres civiles si la nouvelle population cherchait à imposer son mode de vie à la population "historique". Ca a sans doute déjà commencé et ça n'est pas prêt de s'arrêter. Le réchauffement climatique, s'il s'avérait vrai qu'il sera catastrophique, (ce dont je doute) pourrait également augmenter ces exodes. Ces risques concernent surtout l'Europe qui est en première ligne du fait de sa position géographique située juste au nord des sources principales de ces exodes. Mais les Etats-Unis ont également leurs propres problèmes de migration venant en particulier d'Amérique latine, ce qui a participé à "l'effet Trump".

Finalement, le troisième facteur qui peut favoriser des conflits, c'est l'appauvrissement des réserves énergétiques. Durant ce siècle, il est presque certain qu'on verra la fin de la courte ère de l'abondance énergétique. D'une manière ou d'une autre, dans trois ou quatre génération, le monde aura évolué vers une autre forme de production et de consommation énergétique. Mais c'est la période intermédiaire qui est plus problématique. Lorsque les réserves s'affaibliront, les camps en présence chercheront à s'approprier les restes pour avoir plus de temps pour réaliser leur transition énergétique. Durant cette période, qui a sans doute déjà commencé, les deux camps en présence pourraient s'affronter directement pour le contrôle de ces ressources. L'affrontement économique ne sera alors plus suffisant. C'est même sans doute le plus grand danger qui nous guette.

06/01/2017

Les russes sont-ils responsables de la divulgation des emails de John Podesta ?

gettyimages-622150226.jpgC'est ce qu'affirment en tout cas la CIA et qui a poussé Barack Obama a prendre des sanctions diplomatiques contre la Russie. Par contre, Julian Assange le nie. Pour lui, il n'y avait vraiment pas besoin d'être un hacker professionnel pour y parvenir :

Un ado de 14 ans aurait pu le faire

Et Donald Trump soutient cette thèse :

Trump désavoue la CIA et soutient Assange

Au final, je trouve que ça fait beaucoup de polémique pour pas grand chose. Il est en effet possible que le hacker qui a piraté ces emails se trouve en Russie, comme cela arrive souvent. Et même si c'est le cas, cela ne prouve en rien que le gouvernement soit derrière cette attaque.

Et surtout, quelque soit la source de l'attaque, cette polémique ne sert qu'à masquer un fait: si la révélation de ces emails a effectivement pu influencer l'issue de la campagne présidentielle, ce dont je ne doute pas, ce n'est pas parce que le directeur de campagne d'Hillary s'est révélé être un enfant de cœur en matière de sécurité informatique. C'est au contraire le contenu de ces emails qui a révélé la triste vérité à propos de la candidate démocrate: il s'agit d'une très sombre politicienne, aux pratiques plus que douteuses, voire criminelles, lorsqu'elle ne soutient pas en catimini le terrorisme international.  Ce site a été créé pour faire un condensé des plus dommageables de ces emails:

http://www.mostdamagingwikileaks.com/

13/12/2016

Mais qui dirige le monde ?

J'ai dit dans les commentaires du précédent billet que les politiciens occidentaux ne dirigent plus rien et ne sont que les pantins de ceux qui les financent, à savoir une élite mondialiste. Je suis conscient que ce type de commentaires peut paraître conspirationniste et je souhaite donc préciser les choses. D'une part, il faut dire que la classe dirigeante non-politique est composée d'un certain nombre de lobbys assez hétéroclites et donc qu'il n'existe pas d'élite occulte, composée d'une dizaine de décideurs, qui déciderait du destin du monde entier. Les politiciens dépendent de différents lobbys (un ou plusieurs) et ne sont donc pas plus homogènes que l'élite mondialiste.

Il y a d'abord le lobby sioniste. Et j'ai dit sioniste mais pas juif. Tous les juifs ne sont pas sionistes et tous les sionistes ne sont pas juifs. Aux USA, c'est surtout les neo-cons qui sont proches de ce lobby, pourtant un groupe se disant chrétien. Il y a aussi le lobby pétrolier, en particulier le lobby des pétromonarchies. Le lobby de Wall Street, dont font partie des entreprises telles que Goldman Sachs ou Merrill Lynch. Le lobby militaro-industriel, composé de militaires et d'entreprises du domaine. Et sans doute bien d'autres lobbys, comme les pharmas etc.

Ceci dit, il faut comprendre qu'il y a un certain nombre de points sur lesquels ces différents lobbys sont d'accord, ce qui fait de ces points une sorte de dénominateur commun dont ne doit sortir aucun politicien s'il veut avoir une chance d'exister. Il y a d'abord une vision néolibérale de l'économie, sorte de pensée unique dont on ne peut pas sortir sans être taxé d'extrémisme. (de gauche ou de droite c'est pareil) Sur le plan géopolitique, il y a la nécessité de contrôler la zone hautement stratégique du Proche et du Moyen-Orient ainsi que la nécessité de contenir les velléités russes et chinoises d'exister sur la scène internationale. Il est aussi très important de renverser les gouvernements de pays ayant refusé de faire allégeance à l'Empire américain. Cela passe bien sûr par un budget militaire américain maintenu à haut niveau, des intrigues des services de renseignement, voire des attaques sous faux drapeau, et par une politique de vassalisation en Europe et en Extrême-Orient.

Les médias eux aussi sont aux mains de ces groupes financiers et la diversité de leurs opinions ne peut donc pas excéder celle de ces lobbys. Même les médias nationaux sont sous leur contrôle, puisqu'ils sont contrôlés par des politiciens eux-mêmes sous contrôle de ces groupes. Ainsi, cela permet de maintenir la population dans l'illusion de la liberté, tout en lui instillant l'idée que tout ce qu'entreprend l'Occident est fait pour son bien.

Leur seule erreur finalement, c'est d'avoir démocratisé Internet attirés par les juteux profits qu'il promettait, sans se rendre compte qu'il allait devenir un espace de liberté totalement hors de contrôle.

06/12/2016

Le rapport de forces et scénario probable d’une hypothétique 3ème guerre mondiale (partie 5 et fin)

Comme on l’a vu précédemment, une 3ème guerre mondiale se jouerait sur 3 fronts. En Europe, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient. En tout cas ça serait le cas d’une guerre restant conventionnelle ou limitée sur le plan nucléaire. Bien entendu, si le conflit se transformait en conflit nucléaire global, il impliquerait la destruction totale de l’Amérique du Nord, de l’Europe et d’à peu près toute l’Asie. En gros, la quasi-totalité de l’hémisphère nord. Mieux vaudrait dans ce cas s’être préalablement réfugié dans le sud, soit l’Afrique subsaharienne, l’Amérique du sud ou l’Océanie.

On peut toutefois espérer que les grandes puissances adopteraient une sorte de règle tacite : ne pas utiliser les armes nucléaires en premier, afin d’éviter la destruction totale de son propre camp par la réponse adverse. Cela même si les USA et la Russie se disent officiellement prêts à des frappes nucléaires préventives en cas d’agression, ce que je mets sur le compte d’une rhétorique dissuasive. Toutefois, on ne peut malheureusement pas nier qu’il existe un réel risque d’escalade si un des camps se retrouvait acculé et décidait d’utiliser des armes nucléaires tactiques -armes à neutrons ou nucléaires de petite taille, utilisées sur le champ de bataille- afin de faire reculer l’ennemi. La réponse pourrait être dans ce cas de plus grande ampleur, grossissant rapidement vers une catastrophe globale. Et ce ne sont pas les armes anti-missiles que possèdent désormais les deux camps qui suffiraient à l’empêcher. En effet, le nombre de missiles qui voleraient simultanément surpasserait largement les capacités de ces systèmes d’armes et leur grand nombre permettrait de lancer plusieurs ogives sur une même cible.

Si on parie sur un conflit restant majoritairement ou totalement conventionnel, on peut analyser le rapport de forces. Tout d’abord, le camp occidental est largement dominé par les USA dont le budget militaire égale pratiquement le budget de tous les autres pays réunis ! Mais si la domination dans les airs, sur terre et sur mer des Etats-Unis était jusqu’à maintenant sans partage, elle tend à diminuer du fait de la progression technologique de la Russie et de la Chine. Les capacités budgétaires de cette dernière sont d’ailleurs presque illimitées, du fait de la croissance dont elle jouit depuis des décennies. La Russie a quant à elle moins de capacités sur le plan financier, mais la progression de son armement sur le plan technologique est très rapide et désormais, ce sont plusieurs systèmes d’armes russes qui inquiètent sérieusement les stratèges étasuniens.

Il y a bien sûr les armes anti-aériennes et anti-missiles, comme les missiles S400 et les futurs S500 qui commenceront à être déployés en 2017. Ces armes ont permis à la Russie de sanctuariser l’espace aérien syrien depuis 2013, de telle manière que désormais, rien ne peut survoler ce pays sans avoir préalablement demandé la permission aux forces russes. Or on sait à quel point la suprématie aérienne est pour les Américains un préalable à toute intervention terrestre. Les missiles russes sont donc une très grosse épine dans leur pied.

L’aviation n’est d’ailleurs pas en reste. En principe inférieurs aux avions occidentaux, les avions russes (tout comme les avions chinois dérivés) sont désormais capables de faire pratiquement jeu égal, du fait de leurs meilleures qualités sur le plan aérodynamique et des contre-mesures électroniques que les Russes sont capables de mettre en œuvre. On peut d’ailleurs citer l’épisode du Donald Cook en 2014, un destroyer doté de la technologie radar ‘AEGIS’ en Mer Noire qui s’est retrouvé totalement aveuglé et qui n’avait pas pu prévoir l’arrivée d’un bombardier Su-24, pourtant de technologie très dépassée. Les contre-mesures que cet appareil a utilisées lui ont permis de survoler le navire sans alerte préalable. Cet épisode aurait tant effrayé les marins, qu’ils auraient démissionné en masse.

Ceci est primordiale car cela signifie que les groupes de combat naval déployés par les Etats-Unis, dont la protection aérienne repose en grande partie sur la technologie Aegis, se retrouveraient totalement démunis face à une attaque d’envergure de l’aviation russe, y-compris leurs puissants porte-avions. Il est possible que les Américains aient déjà trouvé la parade, mais rien n’est moins sûr.

Et cela tombe mal, puisque la Russie et la Chine développent chacun de son côté une flotte qui, à elles deux, seraient en mesure de défier la puissante marine américaine. Et même si on peut ajouter la flotte française et la flotte anglaise aux forces occidentales, la suprématie marine sera de moins en moins assurée dans les prochaines années.

Sur le plan terrestre finalement, on peut citer le char T-14 Armata qui entrera en service courant 2017 et qui est d’ores et déjà considéré comme le meilleur char du monde. Il devance sur le plan technologique les Abrams américains, Leopard 2 allemands ou Leclerc français, tous assez anciens. Dans ces conditions, même une attaque terrestre sur la Russie, qui ne pourrait d’ailleurs pas être correctement couverte sur le plan aérien, restera assez hasardeuse.

Au final, on le voit : l’armement russo-chinois, traditionnellement tourné vers la défense, devient de plus en plus offensif et ces deux pays devraient devenir prochainement capables de rivaliser avec les Américains dans leur capacité de projection dans le monde entier. Et aussi, l’année 2017 semble être une année charnière. Jusque-là, la suprématie occidentale reste claire, après on ne sait pas, mais tout porte à croire que le rapport de force va continuer à s’inverser.

Voilà sans doute pourquoi les généraux américains prétendent qu’un affrontement est inévitable. Un monde où ils ne seraient plus l’unique force dominante et où ils seraient obligés de coopérer avec ceux qu’ils considèrent comme l’ennemi les effraye. Bien sûr, rien n’oblige les politiciens de suivre leur avis. Mais leur influence est importante et il est difficile de savoir ce qui va se passer en définitive.

Par contre, si on n’est pas certain que la confrontation tiède actuelle va réellement se transformer en conflit global, en revanche on peut déduire du rapport de forces le moment où cela pourrait se produire. On l’a vu l’année charnière est 2017. Et une attaque de la Russie ne peut que se faire au printemps du fait de la taille de son territoire et de ses hivers terribles. Ca a toujours été le cas dans l’histoire et cette fois cela ne dérogera pas à la règle. Donc il ne reste plus qu’une fenêtre pour une attaque américaine : le printemps prochain. Si elle n’a pas lieu, nous allons peu à peu glisser vers un monde dominé par l’alliance de la Chine et de la Russie. C’est rien de moins qu’un changement total de paradigme. En 2020 nous serons dans un nouveau monde, quoi qu’il arrive. Un monde détruit ou un monde dans lequel l’Occident aura perdu une grande partie de son influence. Cela se fera dans la paix ou dans la guerre, mais cela se fera.

Et finalement, quel scénario peut-on envisager pour une future guerre globale ? Le scénario proposé par le général britannique Sir Richard Shirreff dans le livre qu’il a publié cette année est juste une farce. Il parle d’une attaque russe sur les républiques baltes, sans provocation préalable. Mais jamais les Russes ne s’engageraient dans une telle aventure, pour deux raisons. D’une part, le temps joue pour la Russie et elle n’a aucun intérêt à lancer une guerre avant d’être totalement prête sur le plan militaire. D’autre part, elle n’a aucun intérêt à se lancer dans une attaque qui la placerait sur un terrain contrôlé par l’ennemi. Il est bien plus sage d’attendre l’attaque ennemie sur un terrain où il n’aurait pas la capacité d’assurer la suprématie aérienne et subirait de lourdes pertes de ce fait.

Je pense donc qu’on peut plutôt s’attendre à un conflit débutant au Moyen-Orient, avec probablement une guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, appuyés par les deux camps principaux qui se retrouveraient réellement opposés dans une guerre directe pour la première fois. Compte tenu du jeu des alliances automatiques, les déclarations de guerre se feraient en cascade, comme ça a été le cas en 1914. Très vite, le conflit gagnerait les 2 autres théâtres d’opération, à commencer par une attaque de grande ampleur sur la Russie par le front européen et peut-être aussi par le front oriental, depuis le Japon. Dans ce cas, la Chine en profiterait pour sécuriser les mers et les territoires qui l’entourent et que les forces américaines auraient été obligées de négliger.

 

Ensuite, c’est plus difficile à dire. Mais j’aurais tendance à parier sur l’échec de cette nouvelle campagne de Russie, comme les deux précédentes campagnes de Russie avaient échoué. Comme Napoléon ou Hitler avant eux, les forces de l’OTAN se retrouveraient engluées dans un conflit d’une durée bien trop longue qui les amènerait à supporter le terrible hiver sibérien. Cela conduirait comme en 1942 les forces russes à refluer vers l’Europe, pour une invasion totale cette fois. (à l’exception sans doute de l’Angleterre)

Dans tous les cas, les conséquences de la guerre seraient terribles. Durant la première guerre mondiale, il y a eu près de 9 millions de morts. Durant la seconde près de 60 millions. Si la règle exponentielle continuait à se vérifier, quel sera le terrible bilan de cette nouvelle guerre ? Un bilan se comptant en milliards de mort ? Probablement, malheureusement.

Explosion-Nucleaire-1.jpg

02/12/2016

Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu’à exploser (partie 4)

Note précédente : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

Oui on peut le dire, l’Extrême-Orient est une véritable cocotte-minute. D’apparence très calme en regard de l’autre extrémité du continent asiatique, il recèle plusieurs conflits anciens non-résolus qui n’attendent qu’une étincelle pour se transformer en réelles confrontations.

missile coréen.jpgD’abord en Corée, où sévit une guerre parfois plus tiède que froide. Avec un dirigeant du Nord dont la fuite en avant ne semble pas avoir de fin. Certes, le dossier nucléaire coréen a été relégué au second plan, car d’autres dossiers sont désormais bien plus chauds. Mais cela n’empêche pas le programme nucléaire nord-coréen de progresser, envers et contre tout. Et ce ne sont pas les diverses condamnations de l’ONU qui vont y changer grand-chose. Selon les déclarations officielles suite au dernier essai en date, le plus puissant de tous, la Corée du Nord possède désormais la capacité de produire des ogives nucléaires pouvant être montées au sommet de leurs missiles. Ainsi, la menace qu’ils représentent pour leurs voisins du Sud est plus précise qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin de la guerre en 1953.

A noter au passage que la situation peut en grande partie être imputée à Georges W. Bush et à son administration. En effet, au début du 21ème siècle, les deux Corée vivaient la plus grande période de détente depuis la fin de la guerre, à tel point qu’on parlait sérieusement de réunification. Mais tout s’est arrêté lorsque, de manière absurde, Georges Bush a choisi d’associer la Corée du Nord à l’Iran et à l’Irak au sein de son ‘axe du mal’ ! Sans cette bourde historique, nul ne sait ce qui aurait pu se passer. Il est en tout cas probable que la Corée du Nord ne se serait pas placée de manière unilatérale dans une position d’opposition avec le monde entier avec un programme nucléaire honni de tous.

Il y a aussi le conflit entre les deux Chine, la Chine Populaire d’une part et la République de Chine (Taiwan) d’autre part, qui dure depuis que Tchang Kai Shek s'est réfugié avec ses partisans sur cette île en 1949. Les seconds ne font bien sûr pas le poids sur le plan militaire, mais défendus par les Américains, ils restent à l’abri pour l’instant, car sur le plan maritime en particulier, les USA ont une très large supériorité sur la Chine. Mais la mise en service récente d’un premier porte-avions chinois, (sur la base d'un ancien porte-avions soviétique) et bientôt d'un second et peut-être de plusieurs autres, ainsi que celle deporte-avions-chinois.jpg nombreux sous-marins modernes, laisse planer un doute sur la suprématie américaine. Certes, les Etats-Unis auraient, pour l'instant en tout cas, la capacité de faire face à un conflit localisé avec leurs 10 groupes de combat aéronavals. Dans le cas d’une guerre mondiale en revanche, il s’agirait de dominer l’ensemble des océans de la planète avec ces 10 groupes et avec l’aide d’un seul autre groupe de combat, celui du porte-avions Charles de Gaulle. Il n’est pas sûr du tout que cela soit toujours suffisant pour garder le contrôle partout, en particulier dans cette région.

La même remarque est vraie pour le conflit qui oppose la Chine au Japon (mais aussi Taiwan) pour le contrôle des îles Senkaku et de leurs bassins pétroliers sous-marins. La Chine ne prendra pas le risque d’envahir ces îles de manière unilatérale, car cela les mettrait en confrontation directe avec la marine américaine qui les protège. Mais en cas de guerre mondiale, il n’en irait pas de même. Elles deviendraient évidemment un objectif prioritaire pour l’Empire du Milieu.

Si on ajoute à tout cela la présence de la flotte russe du Pacifique à Vladivostok, la présence de la base américaine d’Okinawa au sud de l’archipel japonais ainsi que leur présence en Corée du Sud, on comprend bien que la région est une véritable poudrière, avec la présence d’une grande partie des acteurs majeurs d’une possible confrontation mondiale. Une poudrière qui ne demande qu’à exploser en cas de conflit.