19/02/2017

Macron, un micro-candidat

Hommelibre a déjà publié la version courte de cette vidéo, je publierai donc la version longue. Ce faux fan infiltré dénonce les manipulations de l'équipe de campagne de Macron qu'il a découvertes lors d'une infiltration des équipes d'ambianceurs du candidat lors de son grand meeting de Lyon. Personnellement cette vidéo ne m'apporte pas grand chose. En effet les ficelles utilisées sont tellement grossières qu'elles sont facilement déchiffrables par qui réfléchit un peu. Les images des meetings parlent d'elles-mêmes. Macron n'est rien de plus qu'une manipulation de l'électorat.

 J'ai bien dit qu'il est une manipulation et non un manipulateur. C'est un orateur bien trop peu doué pour manipuler l'électorat de lui-même. Par exemple, Sarkozy est un véritable manipulateur. C'est un très bon orateur, capable d'asseoir sa rhétoriqu et qui sait comment provoquer l'assentiment des foules. Macron lui est un très mauvais orateur. C'est pour ça qu'il a eu besoin d'engager une société de conseil en communication. Et d'ailleurs même avec ces conseils avisés, il parvient à faire de grossières erreurs, comme par exemple quand il s'était mis à vociférer pendant un discours, alors qu'on lui avait probablement conseillé d'élever un peu la voix pour paraître moins lisse.

Quand on voit ce clip, qui a servi à lancer son parti, on découvre toutes les ficelles de marketing utilisées par cette société de communication. Aucun engagement, aucune promesse électorale, juste une dynamique publicitaire censée attirer le gogo vers un programme inexistant en lui faisant croire que Macron est le candidat du changement:

Finalement, je renonce donc à faire une analyse stricte des manipulations qui l'entourent. Il suffit d'être un peu attentif durant ses discours pour les déchiffrer. Toutes les phrases sont creuses. Il n'y a aucun engagement de fait. On dirait même qu'il s'agit d'un jeu consistant à citer un certains nombre de mots clés, chacun destiné à provoquer l'intérêt d'une partie de l'électorat. On cite par exemple De Gaulle, puis peu après Mitterrand, ce qui paraît extrêmement incohérent tant les deux hommes ne s'appréciaient pas. Et quand on sort un 'Je vous ai compris' pour calmer les pieds noirs peu après les avoir traités de génocidaires, je ne pense pas qu'on puisse convaincre qui que ce soit.

 Je ne crois pas que les Français soient suffisamment stupides pour acheter le produit Macron. Les sondages qui commencent à le donner vainqueur ne peuvent être que mensongers. A force de croire qu'il y aura l'effet 'Tout sauf Le Pen' au second tour, les médias se préparent à une grosse désillusion. Qui peut croire que son discours totalement creux et sans le moindre engagement parviendra à rallier la majorité des Français durant un débat contre n'importe quel autre candidat ? A mon avis, s'il atteint le second tour, il y aura surtout un effet 'Tout sauf Macron'. Et si c'est effectivement Le Pen qui lui sera opposée, ceux qui auront trop d'aversion à son égard choisiront l'abstention plutôt que voter pour Macron. Si Marine Le Pen est une machine à faire élire un âne,(autrement dit, tout candidat qui lui est opposé au second tour) Macron est peut-être finalement une machine à faire élire une machine à faire élire un âne !

12/01/2017

Dis papa, c'est quoi la situation géopolitique ?

Avant de décrire la situation géopolitique, il importe de définir ce qu'est la géopolitique. Je la définirai donc comme l'étude des rapports politiques globaux entre états. Tout état possède un emplacement géographique, un positionnement politique, une puissance industrielle, économique ou militaire, un rayonnement culturel, des ressources, une histoire, une ou plusieurs langues, une ou plusieurs religions. Tout ceci va l'amener à tisser des rapports, amicaux ou conflictuels avec ses voisins et avec le reste du monde.

Le but de la géopolitique est non seulement d'étudier ces rapports, mais aussi de prévoir leur évolution. Pour cela, il n'y a qu'un seul outil qui soit pertinent: l'étude des réalités historiques qui seules peuvent montrer comment une situation géopolitique donnée peut évoluer. Il s'agit donc non seulement d'étudier la réalité géopolitique présente, mais aussi d'autres réalités géopolitique passées et de faire des comparaison. En effet, on peut considérer que des événements passés, s'ils n'ont aucune chance de se reproduire à l'identique, ont toutes les chances de réapparaître de manière similaire dans une réalité géopolitique proche.

Je prends un exemple : juste avant la 1ère guerre mondiale, le monde s'est peu à peu partagé en deux camps qui s'étaient liés par des alliances automatiques multiples. C'est ce jeu d'alliances automatiques qui a transformé un conflit entre deux états, l'Empire Austro-hongrois d'une part et la Serbie d'autre part, en conflit généralisé. Une simple étincelle, l'assassinat du dauphin impérial autrichien, a suffi à mettre le feu aux poudres. Si la situation de l'époque n'existera plus jamais, la plupart des états impliqués ayant soit disparu soit profondément changé, on retiendra de cet événement la dangerosité des alliances automatiques, ainsi que de la bipolarisation du monde. Un monde en paix, c'est un monde multipolaire où les états défendent leurs intérêts géopolitique en toute indépendance et sans animosité envers les autres états. Un monde bipolaire comme celui qui s'était mis en place avant la première guerre mondiale, c'est un monde au bord du gouffre.

Le choix de cet exemple n'est pas anodin. Je pense fermement que le monde actuel ressemble furieusement à celui qui était en place il y a plus de cent ans. Aujourd'hui, les alliances ont changé. Mais le monde semble bien bipolarisé autour de deux camps, atlantiste d'une part, russo-chinois d'autre part. Il existe bien des pôles plus ou moins indépendants comme l'Amérique du sud ou l'Afrique, mais leur puissance géopolitique est faible et ils ne peuvent pas faire contrepoids face à ces grandes entités. Et en plus de la bipolarisation, il existe aussi des alliances automatiques très dangereuses, à commencer par l'OTAN. Une organisation qui, non seulement n'a pas disparu après la chute de son pendant de l'Europe de l'Est le pacte de Varsovie, mais a continuellement été utilisée depuis pour étendre l'espace géopolitique atlantiste au détriment de celui de l'autre camp. Cette pression, que l'on doit considérer comme impérialiste, est la principale cause de la tension qui s'est accumulée ces dernières années.

Au final, il n'existe en fait que 3 puissances globales sur le plan géopolitique, c'est à dire des puissances capables de se projeter partout dans le monde pour faire valoir leurs intérêts. Il s'agit des Etats-Unis bien sûr, mais aussi de la Russie et de la Chine. Les autres états sont des puissances moyennes ou régionales. Il est par contre assez symptomatique de constater que les moyens utilisés pour la défense des intérêts géopolitiques de ces trois puissances ont évolué. Les Etats-Unis, traditionnellement la première puissance économique, peuvent toujours utiliser leur arme du dollar, mais cette arme est de plus en plus contestée par le camp adverse, à commencer par la Chine. Cette dernière a en effet choisi de se passer du dollar chaque fois que c'est possible. Elle a également son statut tout neuf de première puissance économique pour elle. Elle se permet ainsi de conquérir des alliances avec des pays disposant de ressources qui l'intéressent et ainsi marcher sur les plates bandes des puissances occidentales. Pour cette raison, les Etats-Unis sont de plus en plus forcés de se rabattre sur des stratégies de conquêtes militaires, soit par l'affrontement direct, soit par la déstabilisation et le changement de régime de ces pays. La Russie quant à elle, après une éclipse d'une vingtaine d'années, revient en force et s'impose comme le bras armé de cette alliance avec la Chine.

On a donc un camp dont la puissance économique décline et qui est poussé dans ses retranchements, forcé de défendre militairement ses intérêts géopolitiques, et un second camp qui domine déjà au niveau économique et revient très fort sur le plan militaire. Que peut donc donner une telle situation ? On peut déduire assez facilement que sans affrontement direct entre les deux camps, la situation va continuer d'évoluer favorablement pour le camp russo-chinois et l'Occident continuera à décliner. Ce dernier pourrait donc être tenté de forcer l'autre camp à la confrontation. C'est même le plus grand risque de notre époque. Mais cet affrontement peut aussi bien se faire sur le plan économique, comme semble le souhaiter Donald Trump.

On peut ajouter à ce risque la démographie, qui va faire de l'Asie et de l'Afrique les principales zones de peuplement du monde. Comme un grand nombre des zones à forte croissance démographique se trouvent dans des régions pauvres, on peut craindre un exode massif avec à la clef une intensification des conflits ethniques. Ils pourraient donner lieu à de véritables guerres civiles si la nouvelle population cherchait à imposer son mode de vie à la population "historique". Ca a sans doute déjà commencé et ça n'est pas prêt de s'arrêter. Le réchauffement climatique, s'il s'avérait vrai qu'il sera catastrophique, (ce dont je doute) pourrait également augmenter ces exodes. Ces risques concernent surtout l'Europe qui est en première ligne du fait de sa position géographique située juste au nord des sources principales de ces exodes. Mais les Etats-Unis ont également leurs propres problèmes de migration venant en particulier d'Amérique latine, ce qui a participé à "l'effet Trump".

Finalement, le troisième facteur qui peut favoriser des conflits, c'est l'appauvrissement des réserves énergétiques. Durant ce siècle, il est presque certain qu'on verra la fin de la courte ère de l'abondance énergétique. D'une manière ou d'une autre, dans trois ou quatre génération, le monde aura évolué vers une autre forme de production et de consommation énergétique. Mais c'est la période intermédiaire qui est plus problématique. Lorsque les réserves s'affaibliront, les camps en présence chercheront à s'approprier les restes pour avoir plus de temps pour réaliser leur transition énergétique. Durant cette période, qui a sans doute déjà commencé, les deux camps en présence pourraient s'affronter directement pour le contrôle de ces ressources. L'affrontement économique ne sera alors plus suffisant. C'est même sans doute le plus grand danger qui nous guette.

06/01/2017

Les russes sont-ils responsables de la divulgation des emails de John Podesta ?

gettyimages-622150226.jpgC'est ce qu'affirment en tout cas la CIA et qui a poussé Barack Obama a prendre des sanctions diplomatiques contre la Russie. Par contre, Julian Assange le nie. Pour lui, il n'y avait vraiment pas besoin d'être un hacker professionnel pour y parvenir :

Un ado de 14 ans aurait pu le faire

Et Donald Trump soutient cette thèse :

Trump désavoue la CIA et soutient Assange

Au final, je trouve que ça fait beaucoup de polémique pour pas grand chose. Il est en effet possible que le hacker qui a piraté ces emails se trouve en Russie, comme cela arrive souvent. Et même si c'est le cas, cela ne prouve en rien que le gouvernement soit derrière cette attaque.

Et surtout, quelque soit la source de l'attaque, cette polémique ne sert qu'à masquer un fait: si la révélation de ces emails a effectivement pu influencer l'issue de la campagne présidentielle, ce dont je ne doute pas, ce n'est pas parce que le directeur de campagne d'Hillary s'est révélé être un enfant de cœur en matière de sécurité informatique. C'est au contraire le contenu de ces emails qui a révélé la triste vérité à propos de la candidate démocrate: il s'agit d'une très sombre politicienne, aux pratiques plus que douteuses, voire criminelles, lorsqu'elle ne soutient pas en catimini le terrorisme international.  Ce site a été créé pour faire un condensé des plus dommageables de ces emails:

http://www.mostdamagingwikileaks.com/

13/12/2016

Mais qui dirige le monde ?

J'ai dit dans les commentaires du précédent billet que les politiciens occidentaux ne dirigent plus rien et ne sont que les pantins de ceux qui les financent, à savoir une élite mondialiste. Je suis conscient que ce type de commentaires peut paraître conspirationniste et je souhaite donc préciser les choses. D'une part, il faut dire que la classe dirigeante non-politique est composée d'un certain nombre de lobbys assez hétéroclites et donc qu'il n'existe pas d'élite occulte, composée d'une dizaine de décideurs, qui déciderait du destin du monde entier. Les politiciens dépendent de différents lobbys (un ou plusieurs) et ne sont donc pas plus homogènes que l'élite mondialiste.

Il y a d'abord le lobby sioniste. Et j'ai dit sioniste mais pas juif. Tous les juifs ne sont pas sionistes et tous les sionistes ne sont pas juifs. Aux USA, c'est surtout les neo-cons qui sont proches de ce lobby, pourtant un groupe se disant chrétien. Il y a aussi le lobby pétrolier, en particulier le lobby des pétromonarchies. Le lobby de Wall Street, dont font partie des entreprises telles que Goldman Sachs ou Merrill Lynch. Le lobby militaro-industriel, composé de militaires et d'entreprises du domaine. Et sans doute bien d'autres lobbys, comme les pharmas etc.

Ceci dit, il faut comprendre qu'il y a un certain nombre de points sur lesquels ces différents lobbys sont d'accord, ce qui fait de ces points une sorte de dénominateur commun dont ne doit sortir aucun politicien s'il veut avoir une chance d'exister. Il y a d'abord une vision néolibérale de l'économie, sorte de pensée unique dont on ne peut pas sortir sans être taxé d'extrémisme. (de gauche ou de droite c'est pareil) Sur le plan géopolitique, il y a la nécessité de contrôler la zone hautement stratégique du Proche et du Moyen-Orient ainsi que la nécessité de contenir les velléités russes et chinoises d'exister sur la scène internationale. Il est aussi très important de renverser les gouvernements de pays ayant refusé de faire allégeance à l'Empire américain. Cela passe bien sûr par un budget militaire américain maintenu à haut niveau, des intrigues des services de renseignement, voire des attaques sous faux drapeau, et par une politique de vassalisation en Europe et en Extrême-Orient.

Les médias eux aussi sont aux mains de ces groupes financiers et la diversité de leurs opinions ne peut donc pas excéder celle de ces lobbys. Même les médias nationaux sont sous leur contrôle, puisqu'ils sont contrôlés par des politiciens eux-mêmes sous contrôle de ces groupes. Ainsi, cela permet de maintenir la population dans l'illusion de la liberté, tout en lui instillant l'idée que tout ce qu'entreprend l'Occident est fait pour son bien.

Leur seule erreur finalement, c'est d'avoir démocratisé Internet attirés par les juteux profits qu'il promettait, sans se rendre compte qu'il allait devenir un espace de liberté totalement hors de contrôle.

02/12/2016

Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu’à exploser (partie 4)

Note précédente : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

Oui on peut le dire, l’Extrême-Orient est une véritable cocotte-minute. D’apparence très calme en regard de l’autre extrémité du continent asiatique, il recèle plusieurs conflits anciens non-résolus qui n’attendent qu’une étincelle pour se transformer en réelles confrontations.

missile coréen.jpgD’abord en Corée, où sévit une guerre parfois plus tiède que froide. Avec un dirigeant du Nord dont la fuite en avant ne semble pas avoir de fin. Certes, le dossier nucléaire coréen a été relégué au second plan, car d’autres dossiers sont désormais bien plus chauds. Mais cela n’empêche pas le programme nucléaire nord-coréen de progresser, envers et contre tout. Et ce ne sont pas les diverses condamnations de l’ONU qui vont y changer grand-chose. Selon les déclarations officielles suite au dernier essai en date, le plus puissant de tous, la Corée du Nord possède désormais la capacité de produire des ogives nucléaires pouvant être montées au sommet de leurs missiles. Ainsi, la menace qu’ils représentent pour leurs voisins du Sud est plus précise qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin de la guerre en 1953.

A noter au passage que la situation peut en grande partie être imputée à Georges W. Bush et à son administration. En effet, au début du 21ème siècle, les deux Corée vivaient la plus grande période de détente depuis la fin de la guerre, à tel point qu’on parlait sérieusement de réunification. Mais tout s’est arrêté lorsque, de manière absurde, Georges Bush a choisi d’associer la Corée du Nord à l’Iran et à l’Irak au sein de son ‘axe du mal’ ! Sans cette bourde historique, nul ne sait ce qui aurait pu se passer. Il est en tout cas probable que la Corée du Nord ne se serait pas placée de manière unilatérale dans une position d’opposition avec le monde entier avec un programme nucléaire honni de tous.

Il y a aussi le conflit entre les deux Chine, la Chine Populaire d’une part et la République de Chine (Taiwan) d’autre part, qui dure depuis que Tchang Kai Shek s'est réfugié avec ses partisans sur cette île en 1949. Les seconds ne font bien sûr pas le poids sur le plan militaire, mais défendus par les Américains, ils restent à l’abri pour l’instant, car sur le plan maritime en particulier, les USA ont une très large supériorité sur la Chine. Mais la mise en service récente d’un premier porte-avions chinois, (sur la base d'un ancien porte-avions soviétique) et bientôt d'un second et peut-être de plusieurs autres, ainsi que celle deporte-avions-chinois.jpg nombreux sous-marins modernes, laisse planer un doute sur la suprématie américaine. Certes, les Etats-Unis auraient, pour l'instant en tout cas, la capacité de faire face à un conflit localisé avec leurs 10 groupes de combat aéronavals. Dans le cas d’une guerre mondiale en revanche, il s’agirait de dominer l’ensemble des océans de la planète avec ces 10 groupes et avec l’aide d’un seul autre groupe de combat, celui du porte-avions Charles de Gaulle. Il n’est pas sûr du tout que cela soit toujours suffisant pour garder le contrôle partout, en particulier dans cette région.

La même remarque est vraie pour le conflit qui oppose la Chine au Japon (mais aussi Taiwan) pour le contrôle des îles Senkaku et de leurs bassins pétroliers sous-marins. La Chine ne prendra pas le risque d’envahir ces îles de manière unilatérale, car cela les mettrait en confrontation directe avec la marine américaine qui les protège. Mais en cas de guerre mondiale, il n’en irait pas de même. Elles deviendraient évidemment un objectif prioritaire pour l’Empire du Milieu.

Si on ajoute à tout cela la présence de la flotte russe du Pacifique à Vladivostok, la présence de la base américaine d’Okinawa au sud de l’archipel japonais ainsi que leur présence en Corée du Sud, on comprend bien que la région est une véritable poudrière, avec la présence d’une grande partie des acteurs majeurs d’une possible confrontation mondiale. Une poudrière qui ne demande qu’à exploser en cas de conflit.

30/11/2016

Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers (partie 3)

Note précédente : Le front européen : la stratégie d'encerclement

Le Moyen-Orient, c’est depuis de nombreuses années une région hautement stratégique. C’est aussi une des zones les plus instables du monde. La raison principale en est son statut de réserve mondiale de pétrole, le carburant de la civilisation moderne. Un pays qui s’en verrait privé serait renvoyé au Moyen-Âge du jour au lendemain. Et surtout, sans l’agriculture moderne, qui utilise des machines fonctionnant aux hydrocarbures et des produits issus de la pétrochimie, aucun pays ne serait capable de nourrir sa population et une terrible famine y régnerait rapidement. Les armées sont également dépendantes du précieux liquide sans lequel elles seraient incapables de faire fonctionner leurs véhicules, chars, avions, missiles et navires.

Or, on sait que durant ce siècle, la production de carburant va décroître, à un moment où justement, certains pays émergents, à commencer par la Chine, accèdent au rang de grands consommateurs de pétrole. La demande explose donc à un moment où la production s’apprête à baisser. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les deux camps qui pourraient s’opposer dans une 3ème guerre mondiale sont regroupés autour des pays industrialisés d’une part, des émergents d’autre part. Dans ces conditions, des conflits de grande ampleur autour de la possession des dernières réserves pétrolières sont d’ores et déjà programmés. Ils pourraient même se produire très rapidement, à titre préventif.

syrie.jpgLes choses sont d’autant plus complexes que les pays soutenus par les 2 camps s’entremêlent, rendant les confrontations très probables. Ainsi, Israël, l’Arabie Saoudite et les petites monarchies du Golfe ainsi que la Turquie font partie du camp des pays industrialisés alors que l’Iran, la Syrie, la Libye (jusqu’en 2011) et l’Irak (jusqu’en 2003) font partie du camp des émergents. Dans ces conditions, on comprend mieux l’enjeu des diverses guerres ayant eu lieu depuis le début du siècle. Il s’agit avant tout pour le camp occidental de relier les pays alliés afin de faciliter la préparation d’une éventuelle grande guerre et chasser l’ennemi de ces régions. Le pétrole est à la fois l’enjeu principal à terme et un enjeu secondaire pour l’instant. C’est pour ça qu’il est si difficile de comprendre la raison qui pousse à se lancer dans certaines guerres, comme l’Afghanistan ou la Syrie, si on se focalise sur les gains pétroliers uniquement et non sur la géostratégie.

Ainsi les évènements qui se sont produits dans la région depuis le début du siècle s’inscrivent tous dans une volonté de chasser les émergents de la région : la guerre en Afghanistan (2001), la guerre en Irak (2003), l’opposition au programme nucléaire iranien (2005), les printemps arabes (2010), la guerre civile en Libye (2011), la guerre civile en Syrie (2011) et l’intervention de l’Arabie Saoudite au Yémen (2015) ont toutes pour but de repousser les émergents de la région.

La Syrie en particulier est un enjeu majeur, du fait de sa position qui permet de relier l’Iran à la Méditerranée. Elle sépare également la Turquie et Israël, ce qui est un problème stratégique important. Finalement, la Russie y possède une importante base militaire. C’est à cause de cette position stratégique qu’elle a fait l’objet d’une forte déstabilisation avec pour but le renversement du gouvernement baasiste. Je ne reviendrai pas d’avantage sur cette guerre pour laquelle j’avais expliqué en détail ma vision de son déroulement dans cette note :

http://leblogdekad.blog.tdg.ch/archive/2016/10/20/pourquo...

Or, depuis 2015, la Russie a décidé de cesser de laisser faire les Etats-Unis et s’est lancée dans une politique de soutien de ses derniers alliés dans la région, en particulier la Syrie et l’Iran. Du fait de la présence à la fois des Russes et des Américains dans un même conflit, nous faisons ainsi face à une situation inédite car jusque-là tous les conflits s’étaient déroulés par proxy interposé. Ainsi, le conflit syrien et ses possibles métastases représentent un danger sans précédent, en tout cas depuis la crise de Cuba en 1962.

bombardement yemen.jpgLa position de la Turquie, qui se rapproche du camp des émergents bien que faisant partie de l’OTAN, risque également de faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Une Turquie quittant l’OTAN et s’alliant à la Russie donnerait ainsi un avantage stratégique important à cette dernière. Ce d’autant plus si la Syrie était à nouveau sécurisée. Dans ce cas, on pourrait tout simplement parler d’un échec total des Américains à s’imposer dans la région.

Et si Donald Trump s’est dit décidé à reprendre un dialogue constructif avec la Russie, ce qui tranche nettement avec la politique va-t-en-guerre de ses prédécesseurs, tout danger n’est pas écarté pour autant. Sa volonté de remettre en question l’accord sur le nucléaire iranien en particulier pourrait relancer un conflit larvé avec ce pays. Et l’antagonisme exacerbé entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ainsi qu'avec Israël est une véritable bombe à retardement qui pourrait mener le monde entier dans une guerre totale, le jeu des alliances jouant le même rôle que celui qu’il a tenu en 1914. Cela fait donc du Golfe, plus que jamais, la zone de tous les dangers.

Note suivante : Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu'à exploser

28/11/2016

Le front européen : la stratégie d’encerclement (partie 2)

Note précédente : La 3ème guerre mondiale a-t-elle commencé en 2011 ?

Dans sa tentative d’encercler la Russie et de la priver de sa zone tampon avec elle, les Etats-Unis ont tout d’abord fait entrer les pays baltes dans l’OTAN, rompant ainsi avec ses promesses de ne pas faire progresser l’organisation vers l’est. Puis ils ont essayé de renverser les pouvoirs en place en Ukraine et en Biélorussie au travers des révolutions de couleur. Cette stratégie est en tout point identique à celle des printemps arabes qui ont fait tomber plusieurs gouvernements plutôt favorables à Moscou au sein des pays musulmans.

L'affaire des missiles anti-missiles en Europe de l'Est a continué à enfoncer le clou. A première vue, il s'agit d'armes défensives servant à contrer des armes offensives. Mais en réalité, le but des armes nucléaires est d'empêcher une attaque, l'adversaire sachant qu'il va être totalement détruit s'il attaque. Sur le fond elles ont donc un but défensif. Les armes anti-missiles servant à contrer cette stratégie, elles doivent donc être considérées comme des armes offensives, car elles facilitent une attaque conventionnelle. C'est pour cette raison que la Russie a réagi avec tant de véhémence à leur implantation. Et si elles avaient véritablement été destinées à contrer les armes nucléaires iraniennes comme ça a été annoncé, pourquoi y sont-elles encore alors qu'un accord avec l'Iran a été signé ?

troupes russes.jpgOn doit aussi citer la tentative de chasser les Russes du territoire de la Géorgie à l’aide du gouvernement totalement acquis à l’Occident et de son armée en grande partie équipée et soutenue par les Etats-Unis. Le but final de cette opération, dont la réussite a été empêchée par la réactivité de la Russie, était l’entrée d’une Géorgie réunifiée dans l’alliance atlantique et son ancrage définitif dans le bloc occidental. Au passage, cette opération au résultat désastreux a mené à la prise d’une grande quantité de matériel d’origine américaine par les troupes russes. Selon certains experts, cette prise aurait fortement aidé l’armement russe à progresser sur le plan technologique. En particulier, les systèmes de guidage hautement sophistiqués des missiles anti-aériens et anti-missiles S400 puis bientôt des S500 y trouveraient leur origine.

Si l’on tient compte de tous ces éléments, on parvient à dessiner les contours du plan géostratégique des Etats-Unis, qui tentent de priver la Russie de sa zone tampon et de se l’approprier en l’intégrant à l’OTAN. Elle a aussi pour but de réduire au minimum l’accès russe à la mer noire. En effet cette mer est le seul accès russe à une mer libre de glace toute l’année et cet accès a toujours été considéré comme vital pour la marine de ce pays. Le point d’ancrage traditionnel de la flotte de la mer noire se trouve d’ailleurs à Sébastopol depuis que la Crimée a été annexée à l’Empire russe par la Grande Catherine en 1783. (prise à l’Empire ottoman) La Crimée représente ainsi l’enjeu majeur de la domination de l’Ukraine. En effet, cette péninsule traditionnellement russe avait été offerte à l’Ukraine par le président soviétique Khrouchtchev originaire de la région. Si cette annexion à l’Ukraine n’avait que très peu d’importance à l’époque, elle est devenue tragique pour sa population à très forte majorité russe lors de la scission de l’Union soviétique.

Si la Biélorussie reste imperturbablement favorable à la Russie et immune aux révolutions de couleur, il n’en va pas de même de l’Ukraine où une bonne partie de la population souhaite se rapprocher de l’Europe et de l’OTAN. La situation est d’ailleurs encore plus complexe qu’il n’y paraît si on tient compte du fait que le peuple russe considère être originaire de la capitale ukrainienne Kiev. Plus exactement, c’est de ce carrefour entre Constantinople et la Scandinavie que tous les peuples slaves sont issus. Difficile dans ces conditions de laisser l’Ukraine quitter le giron de la Russie pour celui des Etats-Unis.

euromaiden.jpgC’est donc dans ce contexte qu’a éclaté la crise ukrainienne en 2013. Le président Ianoukovytch, pourtant légalement élu, est brutalement remplacé par une révolution clairement aidée par les Etats-Unis, suite à sa décision de mettre fin aux négociations d’adhésion à l’UE. Mais les choses s’enveniment lorsque la Crimée décide par référendum de faire sécession pour rejoindre la Fédération de Russie. De plus la partie orientale de l’Ukraine, elle aussi à majorité russophone, se rebelle et entre en guerre civile avec le nouveau pouvoir ukrainien. Les Occidentaux accusent la Russie d’être derrière cette insurrection, ce que nient les autorités russes.

Cette crise, toujours en cours, est une demi-réussite pour les Etats-Unis. L’un des objectifs, à savoir repousser la Russie au sein de ses frontières, est en grande partie atteint. Mais l’autre, chasser la flotte russe de la Mer Noire de Sébastopol, reste hors de portée. La Russie a pu défendre ses intérêts fondamentaux dans la région et n’a finalement rien perdu de sa puissance. Elle a en outre affirmé sa puissance sur le plan géopolitique, ce qui a mis les stratèges étasuniens hors d’eux.

La flotte de la Mer Noire reste ainsi en place et n’a pas été neutralisée. Ceci a d’autant plus d’importance que l’ambiguïté de la position d’Ankara laisse planer le doute sur le point de passage hautement stratégique des Dardanelles. En effet, l’un des principaux buts de la participation de la Turquie à l’OTAN a toujours été le contrôle de ce détroit, qui sépare la mer Noire de la Méditerranée. S’il n’était plus possible d’interdire aux navires russes de l’emprunter en cas de conflit, la flotte de la Mer Noire acquerrait un accès total à la Méditerranée et à tout le sud de l’Europe. Et compte tenu des hésitations européennes concernant la demande d'adhésion à l'UE, adhésion fortement souhaitée par Washington afin d'ancrer la Turquie dans le camp occidental, il est très possible que la Turquie choisisse finalement de rejoindre une alliance avec la Russie et la Chine.

Finalement, les conflits ukrainiens et géorgiens ne sont toujours pas vraiment résolus. Il reste deux possibilités de départ de confrontation directe entre les deux superpuissances militaires, même si la plus probable reste le Proche-Orient.

Note suivante : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

24/11/2016

La 3ème guerre mondiale a-t-elle commencé en 2011 ? (partie 1)

J’ai retrouvé un billet que j’avais écrit il y a plus de 7 ans dans lequel je m’inquiétais du pourrissement de la situation sur la scène internationale et de l’émergence de 2 camps antagonistes qui pouvaient bien faire plonger le monde dans une nouvelle guerre mondiale, sans doute bien plus meurtrière que les deux précédentes. J’envisageais alors que nous vivions peut-être une nouvelle période assimilable aux années 30 durant lesquelles on aurait pu prévoir ce qui se préparait sans y parvenir tant on avait choisi de fermer les yeux.

http://leblogdekad.blog.tdg.ch/archive/2009/10/21/vivons-...

Si à l’époque, c’était surtout les programmes nucléaires iranien et nord-coréen qui m’inquiétaient, il est vrai qu’aujourd’hui les inquiétudes se concentrent surtout sur la Syrie, enjeu majeur pour ces 2 mêmes camps. Car les camps n’ont quant à eux pas changé. Le camp occidental avec les Etats-Unis et l’OTAN comme fers de lance et sans doute l’Arabie Saoudite, le Qatar et Israël jouant de leur influence en coulisse pour que les décisions prises correspondent à leurs intérêts en priorité. Le camp des ‘émergents’ d’autre part, avec la Russie et la Chine surtout, mais aussi des pays comme l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord notamment. Et finalement entre les deux, la Turquie, membre de l’OTAN mais dont on ne sait toujours pas vraiment dans quel camp elle se situe.

C’est vrai que les simagrées du régime nord-coréen font aujourd’hui plus sourire que peur, mais leur programme nucléaire progresse et ils se disent prêts à construire une bombe suffisamment petite pour prendre place au sommet d’un de leurs missiles. Et si pour l’instant il est vrai que la menace iranienne semble passée, Donald Trump parle de remettre en question l’accord sur le nucléaire iranien, ce qui pourrait la réactiver. Et il faut dire que l’antagonisme qui existe entre l’Iran et la Syrie d’une part, Israël et l’Arabie Saoudite d’autre part pourrait être la cause d’un embrasement généralisé au Proche Orient. Nous sommes donc loin d’être à l’abri et il n’est pas encore temps de célébrer la paix retrouvée.

Si c’est en Syrie que se joue l’acte crucial de cette guerre, avec la présence de plusieurs de ces acteurs de la guerre, ne s’agit-il pas tout simplement d’un acte d’une guerre de bien plus grande échelle ? Quand on vit une guerre mondiale, on ne sait pas immédiatement que c’en est une. Lorsque l’Allemagne avait envahi la Pologne en septembre 1939, on ne parlait que d’une guerre localisée. On n’avait pas encore donné le nom de seconde guerre mondiale à cet épisode. Ce sont les historiens qui ont décidé plus tard de fixer le début de cette guerre au moment de ce premier acte. Alors ne serions-nous pas actuellement lancés dans une nouvelle guerre de grande envergure, pour l’instant encore localisée dans une région du monde ?

Si c’est le cas, on pourrait faire remonter le début de cette guerre mondiale à différents moments, par exemple le début de la guerre en Syrie, la guerre en Georgie, etc… Mais pour moi l’acte qui a véritablement lancé cette guerre est l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011, qui avait été autorisée par l’ONU, mais qui a été transformée en forfaiture du point de vue du camp opposé puisque de simple exclusion aérienne, l’opération a été transformée en renversement du régime et en assassinat du président. (We came… we saw… and he died !)


armee-francaise1.jpgEt cet acte a créé une situation de chaos dont nous mesurons toujours à peine les conséquences. Entre les bandes armées qui ont été libérées et qui sévissent dans toute la moitié nord de l’Afrique et ayant déjà nécessité plusieurs opérations de la France, les réfugiés que Kadhafi retenait et qui maintenant se lancent dans la Méditerranée avec l’espoir dérisoire de trouver un eldorado au nord de cette mer et finalement une partie du pays qui a fait allégeance à Daesh. Il est d’ailleurs probable que des terroristes de Daesh se soient mêlés aux réfugiés, avec l’intention de porter la guerre au cœur de l’Europe. Ce chaos causé par l’opération de 2011 peut donc avoir des conséquences gigantesques avec ce retour de bâton qui pend au nez des Européens.

Les opérations au Mali et dans le reste de l’Afrique subsaharienne, destinées à contenir le chaos ainsi provoqué et à repousser les rebelles au nord du Sahara, font donc entièrement partie de ce premier épisode. Ces opérations étant toujours en cours et une nouvelle intervention en Libye visant à rétablir l’ordre dans ce pays étant toujours d’actualité, ce premier épisode n’est donc toujours pas clos. Mais d’autres épisodes ont débuté par la suite et sont, eux aussi, toujours en cours. Cela montre bien comme la situation s'est dégradée depuis.

Note suivante : Le front européen : la stratégie d’encerclement

31/10/2016

Droits de l'homme

Voici quelques questions dont vous trouverez la réponse dans la suite de la note:

1. Quel pays a une législation extrêmement proche de celle de l'Etat Islamique, à savoir une application rigoureuse de la charia ?

2. Quel pays fait chaque année des centaines, voire probablement des milliers, d'exécutions selon Amnesty International ?

3. Quel pays a fait 28 exécutions durant l'année 2015 ?

4. Quel pays a cessé de pratiquer la peine de mort depuis 1999 afin de répondre aux exigences du Conseil de l'Europe ?

5. Lequel de ces pays ne fait plus partie du Conseil des Droits de l'Homme à l'ONU ?

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20/10/2016

Pourquoi différencier à ce point la "libération" de Mossoul et le "martyre" d'Alep ?

Oui pourquoi accuse-t-on les Russes de crimes de guerre, pour faire exactement la même chose à Alep que les Américains et les Français à Mossoul ? Y a-t-il de bons et de mauvais bombardements ? Les populations civiles ont-elles une valeur différente suivant qui les bombarde ? Et existe-t-il une hiérarchie de valeurs entre les groupes terroristes ? Ceux d'Al Nosra (branche d'Al Qaida pour ceux qui l'ignoreraient encore) sont-ils plus dignes de respect que ceux du pseudo-Etat Islamique ? Toutes ces questions, on dirait que les médias font tout pour éviter que le grand public se les pose. Mais je pense qu'il devient de plus en plus difficile de manipuler les esprits tant les ficelles utilisées deviennent grossières.

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15/11/2015

Lettre à François Hollande

Monsieur le Président, tel Boris Vian, je vous fais une lettre. Mais contrairement à lui, je doute que vous la lirez, car avec les problèmes que vous devez gérer ces jours-ci, il est évident que vous n’en aurez pas le temps.

Tout d’abord il faut que vous sachiez que je ne suis pas de vos amis politiques. Je ne vous ai pas élu. Je n’ai pas non plus choisi votre adversaire du second tour car, incapable de faire le choix du moins médiocre, j’ai préféré l’abstention. Et non, je ne suis pas un adepte du Front National, je me refuserai toujours à voter pour ce parti. En fait je suis membre de cette frange de la population qui ne se reconnait plus dans la politique et qui fait par dépit le choix du mal. Une frange devenue majoritaire dans un pays malade de sa politique.

Il y a déjà quelques années, j’ai dit de vous que vous étiez le plus mauvais chef d’Etat depuis Louis XVI. Au passage, vous remarquerez que cela vous place dans mon palmarès derrière Philippe Pétain, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très reluisant. J’ai aussi dit que vous aviez réussi un tour de force incroyable. Vous avez réussi à nous faire regretter votre prédécesseur, ce qui n’est pas peu dire ! Je ne prétends pas qu’il ait réussi de grandes choses, non. Mais au moins, il arrivait à donner le change avec un semblant de posture d’homme d’Etat.

J’avais finalement ajouté que si vous étiez le pire chef d’Etat depuis Louis XVI, je vous souhaitais de connaître une fin de règne moins dramatique. Je vous le souhaite toujours.

Aujourd’hui, les Français peuvent, à mon grand regret, considérer l’étendue des dégâts provoqués par votre politique internationale et par celle de votre prédécesseur. Cela avait commencé avec l’intervention en Lybie. Oui je sais, vous n’en êtes pas personnellement responsable, c’est Nicolas Sarkozy qui était alors au pouvoir. Et c’est à vous qu’il revient de gérer les conséquences du chaos causé par cette intervention. Mais vous êtes par contre responsable de la continuation de la même politique, particulièrement en Syrie.

Votre féroce détestation du régime de Bachar El-Assad vous a semble-t-il amené à vous investir dans un conflit interne qui ne regardait pas la France. Etant notre Président, vous nous avez ainsi tous impliqués. Je vous ferai remarquer au passage que si le régime syrien n’est pas des plus sympathiques, JAMAIS il n’avait menacé la France ! Il n’y avait donc aucune raison dans ce cas de se montrer si belliqueux à son égard. Tout au plus, la diplomatie française aurait-elle pu promouvoir les valeurs des droits de l’Homme et de la démocratie. Elle aurait dû œuvrer pour aider à une transition pacifique afin de régler un conflit interne destructeur. D’ailleurs le droit international ne nous autorisait en aucun cas à nous mêler des affaires intérieures syriennes. Mais vous avez fait le choix de l’ingérence et de l’illégitimité et désormais nous devons collectivement assumer les conséquences de ce choix.

Vous l’avez désormais compris, la France est en guerre. Non seulement c’est votre politique qui est responsable de cette guerre, mais pire, vous avez très largement contribué à la création de notre ennemi. Il y a très peu de précédents historiques à une pareille naïveté. On peut éventuellement citer Al-Qaida que les Américains ont contribué à créer avant qu’il devienne son pire ennemi. Mais refaire la même bêtise si peu de temps après me paraît inconcevable. N’apprendrons-nous jamais rien de l’histoire ? Où y-a-t-il une volonté délibérée de créer le chaos ? Si c’est le cas, ce chaos retombe aujourd’hui sur nos têtes. Et nous ne vous en remercions pas.

Vous aviez sans doute pensé que les ennemis de nos ennemis n’étaient pas tout à fait nos amis, mais enfin… Et n’y avait-il pas plusieurs nations soi-disant amies derrière ce prétendu Etat Islamique ? Mais l’agenda politique de ces Etats ne coïncide visiblement pas avec l’intérêt supérieur de la nation française. Vous avez été élu par le peuple français, c’est donc à lui que vous rendez vos comptes. Il est par exemple tellement évident que vous idolâtrez le Président Obama. A titre personnel, je ne vous en tiens pas rigueur, vous en avez le droit. Mais jamais cette adoration aurait dû se transformer en soumission. La France est un grand pays et le monde a besoin d’une France indépendante et forte qui agisse pour la paix et la défense des droits de l’Homme. Rappelez-vous quand Jacques Chirac a choisi de ne pas suivre les Américains dans leur volonté de destruction de l’Etat irakien. Le monde a alors chéri la France. C’est ça le rôle qu’on attend de nous, pas de suivre bêtement les Etats-Unis quelle que soit la pertinence de leur politique.

Pire encore, votre soumission aux intérêts de plusieurs états de la région me paraît très coupable. Il est évident que leur amitié pour la France n’est que de façade. Ce qu’ils cachent, c’est qu’ils souhaitent le dépeçage de la nation syrienne afin de se partager les morceaux. Je ne vois vraiment pas pourquoi la France doit les y aider.

Votre haine de Vladimir Poutine est tout aussi évidente et il est clair qu’elle empiète sur votre jugement. Je ne dis pas que c’est un saint homme. Il a des défauts indéniables et certains points de sa politique intérieure sont très critiquables. Mais contrairement à vous il possède une caractéristique importante : c’est un vrai leader. Son peuple le suivrait même en enfer s’il disait que c’est pour le bien de son pays. Et vous devez aujourd’hui convenir que votre tentative de faire sans lui est un total fiasco. La Russie est un acteur incontournable de la scène internationale, et cela particulièrement en Syrie.

Pour en terminer avec ces constats, je dirai que ces derniers mois, nous avons assisté à l’intensification de l’arrivée de ces gens que vous appelez "migrants". Cette intensification est tout à fait suspecte, car elle ne répond à aucune intensification du conflit syrien. Vous auriez donc dû vous demander que venaient faire ces gens. Bien sûr, la majorité d’entre eux est composée de pauvres gens qui n’ont rien demandé. Votre humanisme me paraît dans l’ensemble justifié. Mais ce qui me paraît injustifié, c’est d’accepter ces gens sans aucune vérification. La moindre des choses aurait dû être de vérifier leur provenance, essayer de savoir qui ils sont. On ne peut en aucun cas accepter la venue d’une population hétéroclite sans tri préalable. Mais vous avez naïvement choisi de les laisser venir en groupe. Je suis persuadé que des éléments très dangereux en font partie. C’est une véritable cinquième colonne de l’Etat Islamique qui est désormais au sein de nos frontières. Et c’est vous qui les avez laissé entrer.

Voilà maintenant ce que j’attends de vous. Je ne prétends pas parler au nom de tous les Français, mais je pense que c’est une question de bon sens.

Sur le plan intérieur, il va falloir débusquer cette cinquième colonne. Au sein de nos villes, de nos banlieues, mais aussi de ces nouveaux arrivants. Vous avez décrété l’Etat d’urgence afin de donner des pouvoirs étendus à la Police. Ca n’est certes pas une décision facile à prendre, mais je vous félicite de l’avoir fait. J’espère que cela présage un changement de politique bénéfique.

Sur le plan international, la première chose à constater, c’est que la France est en guerre ouverte. Une guerre que nous n’avons pas souhaitée, mais provoquée. C’est désormais un état de fait et il n’y a pas de retour en arrière possible. Il va falloir que vous vous décidiez à rompre avec vos sentiments profonds et que vous acceptiez de collaborer avec ceux que vous n’aimez pas. El-Assad et Poutine ne sont pas des saints, mais eux au moins ne sont pas les ennemis de la France. Il est temps de faire le bon choix en vue d’éliminer la purulence islamiste qui putréfie cette région du monde. Il sera ensuite toujours temps de faire fonctionner la diplomatie pour que la Syrie devienne un vrai état de droit.

Et quant à votre ami Obama, il est temps de lui faire comprendre que la France est un état indépendant qui défend ses propres intérêts. S’il veut vous suivre, il est le bienvenu. Sinon, il peut rester à l’écart, cela ne nous pose pas de problème.

Nous attendons de vous de prendre de vraies décisions, de devenir le leader que vous n’avez jamais réussi à être. Je ne me fais malheureusement que très peu d’illusions et je ne vous en crois pas capable. Mais s’il vous plaît, Monsieur le Président, prouvez-moi que j’ai tort.

Cordialement.

Pascal Carlier

10/09/2015

Les migrants

"Le novlangue (traduit de l'anglais Newspeak, masculin dans la traduction française d'Amélie Audiberti) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949).

Le principe est simple : plus on diminue le nombre de mots d'une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir, plus on réduit les finesses du langage, moins les gens sont capables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l'affect. La mauvaise maîtrise de la langue rend ainsi les gens stupides et dépendants. Ils deviennent des sujets aisément manipulables par les médias de masse tels que la télévision.

C'est donc une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l'expression des idées potentiellement subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État, l'objectif ultime étant d'aller jusqu'à empêcher l'« idée » même de cette critique."

Définition tirée de Wikipedia

Pourquoi recopier cette définition ici ? Je pense que l'idée de Georges Orwell est de plus en plus mise en pratique par nos médias. Le novlangue faisait au début partie d'une oeuvre de science-fiction. Mais la science-fiction d'hier est la réalité d'aujourd'hui. De plus en plus, on nous impose des terminologies peu précises afin de diminuer notre capacité à nommer correctement les choses.

En ce qui concerne les "migrants", terme qu'on nous sert à toutes les sauces depuis quelques temps, il s'agit justement d'un cas caractéristique de simplification du langage. C'est un terme générique qui recouvre quantités de cas particuliers très différents. Pour commencer, un migrants peut tout aussi bien être émigrant qu'immigrant, ce qui est bien pratique pour noyer le poisson. Pour bon nombre de personnes, un émigrant c'est naturel alors qu'un immigrant, ça pose problème. En restant flou, on évite ce genre de questionnement.

Plus encore, les gens qu'on appelle "migrants" sont en fait constitués de différents groupes bien distincts. Certains fuient la guerre, il faudrait donc les appeler "réfugiés" ou mieux encore "requérants d'asile" ou "demandeurs d'asile". D'autres par contre souhaitent fuir des zones où la vie est difficile pour tenter leur chance en Europe. Dans un monde normal, ces gens devraient être appelés "illégaux" ou encore "sans-papiers". Les qualifier du terme fourre-tout de "migrants" c'est donc déjà un amalgame destiné à les faire confondre avec les vrais réfugiés.

Accueillir des réfugiés, ou tout au moins accepter d'examiner leur demande d'asile, c'est un devoir. Chaque être humain doit pouvoir avoir le droit de se réfugier à l'étranger lorsque sa sécurité et celle de sa famille n'est plus assurée dans son propre pays. Par contre, si on peut s'émouvoir de la détresse financière d'une population, il n'est pas souhaitable d'accepter comme des réfugiés des personnes sans-papiers, simplement parce qu'il ne sera jamais possible d'accueillir toute la misère du monde. Ces personnes doivent être aidées dans leur propre pays, où ils pourront à leur tour aider les autres à s'en sortir. Les accueillir ne sera jamais une solution.

De même, quand une personne refuse de demander l'asile dans le pays où il se trouve parce qu'il préfère un autre pays, on doit le traiter comme un illégal. Les "migrants" qui s'agglutinent à Calais par exemple, ne sont rien d'autre que des étrangers en séjour illégal. Il suffirait de les soumettre à un ultimatum (vous demandez l'asile ou vous rentrez chez vous) pour régler ce problème.

Finalement, parler de "migrants" renvoie à "migration", ce qui permet de faire croire à un mouvement migratoire inéluctable, telle une migration d'oiseaux. On rend le problème irréversible et on évite d'examiner les causes de la migration. On doit seulement traiter le symptôme, mais surtout pas la source du problème.

Si on veut se prémunir du lavage de cerveaux qu'on tente de réaliser en imposant le novlangue, il faut refuser d'employer les termes simplificateurs utilisés par les médias. Dans un monde occidental qui ressemble de plus en plus à l'Océania de Georges Orwell, il est du devoir de tout un chacun de refuser de se plier au novlangue. La réflexion doit être défendue coûte que coûte. Chaque individu est doté d'un cerveau et doit réapprendre à s'en servir. Il faut refuser la simplification et l'abêtissement imposés par la télévision en particulier.

Pour cela, ça n'est pas très compliqué. La langue française, comme d'autres langues, possède une grande quantité de nuances qui en font une langue très précise. Pour cette raison, chaque fois qu'on cherche à nous imposer des terminologies vagues et simplificatrices, il faut considérer que c'est une manipulation des esprits. Ce qui est imprécis est par définition suspect. C'est la règle qu'il faut toujours garder à l'esprit.

20/09/2013

Traverser le lac ou la rade ?

On parle beaucoup traversée ces jours. Ca fait d'ailleurs bien 50 ans qu'on en parle et on n'a pas fini d'en parler ! Les projets se sont succédés, petite traversée, moyenne traversée, grande traversée, traversée autoroutière, etc... Des millions ont été dépensés mais toujours rien. La mode est à la traversée autoroutière. Mais pourquoi ? A la base il s'agit en fait d'une stratégie cantonale. En optant pour une traversée autoroutière intégrée au réseau de routes nationales, le Canton espère faire financer l'ouvrage par la Confédération. Donc on a fait valoir la nécessité de désengorger l'autoroute de contournement.

Mais le problème, c'est que la Confédération privilégie l'élargissement de l'autoroute de contournement, mieux à même de désengorger cet axe ! Est-ce faux ? En réalité non, car la traversée du lac n'aurait qu'un impact très limité sur l'engorgement de l'autoroute de contournement pour un prix bien supérieur à l'élargissement. Donc il est logique, de ce point de vue de ne pas financer la traversée du lac. En réalité, la stratégie cantonale est simplement allé dans le mur. On n'avait pas prévu que l'élargissement soit privilégié, mais finalement c'est assez normal.

Donc les milieux économiques reviennent avec une proposition de financement publique-privé. Ce dernier mènera sans doute à la création d'un péage... de 8 Frs. par passage ! Mais qui utilisera cette autoroute pour ce prix ? Sans doute pas les pendulaires pour qui elle est prioritairement destinée. A la rigueur les Confédérés ou étrangers venant du nord et se rendant vers la Haute-Savoie et le Tunnel du Mont-Blanc seront d'accord de payer. Mais c'est à peu près tout. Et ça ne fait pas grand monde. Je pense donc que cette solution est absurde et j'espère qu'elle sera vouée à l'échec habituel des propositions faites dans ce dossier.

Mais finalement, il faut re41639826.jpgvenir aux fondamentaux. A quoi sert cette traversée, qu'elle soit de la rade ou du lac ? Pourquoi nous, habitants de Genève et de l’agglomération, souhaitons-nous traverser le lac au sec ? Les buts principaux sont: le désengorgement du centre ville, la libération d'une partie du Pont du Mont-Blanc pour y faire passer des bus et des trams, la libération des quais pour les aménager en grande partie en espaces piétonniers, la création de larges zones piétonnes, etc...

Et le problème, c'est que la traversée autoroutière, si elle pourra être utile dans le futur, ne répond à aucune de ces préoccupations ! En réalité, le meilleur projet pour Genève est celui qui avait été privilégié par la commission d'étude et repris par l'UDC dans son initiative. Ce projet est d'ailleurs à la taille du Canton et pourra être financé par l'Etat sans aide de la Confédération. Il nous permettra ainsi de résoudre rapidement nos problèmes en attendant une traversée du lac qui ne viendra peut-être que dans 50 ans ou plus !

Alors pour qu'on évite d'attendre aussi longtemps que pour le CEVA, il est nécessaire de se mobiliser autour d'un projet réaliste. (même si la date de 2020 semble un peu optimiste...)

05/09/2013

Le loup est mort, vive les chasseurs !

Je réagis aux commentaires de Anoukmaude et Larry Klette sur ce billet. (Merci à vous pour vos commentaires) Moi aussi j'ai été choqué par ce que j'ai lu. 3 ans depuis que j'avais écrit cette note et rien n'a changé. (même 4 ans depuis que j'ai écrit ma première note sur les loups dans le Valais et en Suisse) Et pas moins de 18 ans depuis que le loup a reparu dans les alpages valaisans. A-t-on forcé les éleveurs à protéger leur bétail ? Non, tout est pareil. Par contre, on continue à délivrer des autorisations de tir sans rechercher de solutions alternatives.

327640576.jpgSans doute le loup de Conches a tué de nombreux moutons. Mais encore une fois ils n'étaient pas protégés. Encore une fois, on a affaire à des pseudo-éleveurs qui choisissent de ne pas défendre leur troupeau parce qu'ils ne veulent pas s'adapter aux forces de la nature. Et probablement, des pseudo-éleveurs qui sont de vrais chasseurs de loup ! C'est gens n'aiment pas leurs bêtes puisqu'ils les exposent volontairement aux canines des loups. Tout ce qu'ils veulent c'est recevoir les subventions fédérales et pouvoir participer à la traque du loup pour le transformer en trophée de chasse.

Et on lit aussi que le parlement valaisan est favorable à un "Valais sans loup". On croit rêver. Être favorable à un Valais sans loup c'est comme être favorable à un étang sans moustiques, vous pouvez faire ce que vous voulez, ils finiront toujours par revenir ! Ce qu'ils veulent, c'est pouvoir tuer les loups dès qu'on les aperçoit. Qu'ils soient coupables ou non. C'est ce qu'on appelle un délit de faciès. Le loup est coupable d'être un supposé-mangeur-de-moutons. Mais il faut rappeler à ces gens-là qu'il y a des lois. Le loup est un animal strictement protégé dans les Alpes. Ils doivent faire avec. Et ça passe par la protection des troupeaux et l'éducation des éleveurs. Tant qu'on ne le fera pas, le Valais ne pourra pas trouver la quiétude.

Le Valais reste toujours un mouroir pour les loups. A quand une loi fédérale plus stricte pour accompagner la présence du loup ? Le WWF ne devrait-il pas se rendre utile pour une fois et s'occuper de récolter des signatures ? Une grande majorité de la population est favorable à la protection du loup. Ne faut-il pas en profiter ?

27/08/2013

Attaque de la Syrie ?

Les Américains et autres Occidentaux savent. Les experts de l'ONU n'ont pas encore commencé leur travail que les Américains ont déjà décidé de punir le régime de Bachar pour l'attaque au gaz sarin sur des populations civiles. Ils n'ont pas besoin de montrer leurs preuves car leur conviction leur vient de leurs services secrets, source connue pour être la plus sûre au monde.

Ils sont tout aussi sûrs d'eux qu'en 1990 lorsqu'une jeune koweïtienne avait ému tout le congrès des Etats-Unis, ainsi que l’opinion publique mondiale, en affirmant que les soldats irakiens tuaient sans remords des bébés dans des couveuses de l'hôpital de Koweït City. Un crime crapuleux qui avait justifié à lui seul l'intervention internationale au Koweït. (source Wikipedia - à lire)

Ils sont aussi sûrs d'eux que lorsque Colin Powell avait annoncé en 2003 au Conseil de Sécurité de l'ONU que les Etats-Unis avaient des preuves que l'Irak possédait des armes de destruction massive. Ils n'avaient toutefois pas réussi à convaincre la communauté internationale et sont finalement partis en guerre avec seulement quelques alliés. (inutile de rappeler que finalement, l'Irak ne possédait aucune arme de destruction massive au moment où Colin Powell affirmait le contraire au monde entier)

Ils sont aussi sûrs enfin que lorsque les incidents du Golfe du Tonkin les avaient amenés à s'investir massivement dans la guerre du Viet-nam en 1964. (Source Wikipedia - à lire également)

Finalement, pourquoi croire sur parole le gouvernement d'un pays qui a pris l'habitude de mentir à tour de bras pour pousser la communauté internationale dans leurs guerres ?

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19:31 Publié dans Monde, Politique | Tags : syrie, gaz sarin | Lien permanent | Commentaires (33)

05/08/2013

OGM: La Suisse ne doit pas céder!

La semaine dernière, la France a mis le doigt dans l'engrenage qui tôt ou tard finira par la conduire à remplacer ses semences classiques par des semences OGM. En autorisant le maïs Monsanto MON810, elle a en effet suivi la voie tracée par l'Europe, qui oblige les Etats membres à se plier au bon vouloir des lobbys des OGM.

Sur les OGM on aura écrit tout et n'importe quoi. Dur de se faire une opinion. D'un côté un lobby industriel qui prétend que les OGM apportent des tas d'avantages sans désavantage. (prouvé...) D'un autre côté, un lobby écologiste qui refuse toute forme de manipulation génétique, y compris dans la recherche. Or il faut bien dire que certaines recherches en la matière, surtout dans le domaine médical, offrent de très belles promesses d'avenir. Il ne faut donc pas tout refuser en bloc.

Ne parlons donc ici que des OGM destinés à la consommation. Entre autres ce maïs modifié, qui a reçu un gène étranger lui permettant de sécréter un insecticide. Un insecticide, même s'il est sécrété par la plante, c'est clairement un poison. En réponse, on nous dit que c'est toujours mieux que de le déverser sur les plantes par épandage. C'est un point de vue, mais ça n'est pas forcément vrai. Une plante traitée ne l'est qu'en surface. (même s'il est probable qu'une partie soit absorbée par la plante) Dans le cas de l'OGM il est sécrété par la plante.

Peut-on réellement être sûr qu'une plante OGM sécrétant un insecticide peut en être totalement débarassée avant de se retrouver dans nos assiettes ? Sans doute ne le peut-on pas. Et à défaut, qui décide de la dose admissible ? On me répondra que les études prouvent que cet OGM est sans danger. Mais toutes les études autorisées sur les OGM industrielles sont réalisées... par les industiels eux-mêmes ! En effet, l'idée est de forcer les industriels à financer eux-mêmes les recherches prouvant l'inocuité de leurs produits. Ceci peut avoir un sens d'un point de vue financier, mais n'en a aucun d'un point de vue scientifique ! Comment peut-on demander au créateur d'un produit, qui en attend de précieux bénéfices, de réaliser une étude totalement neutre ?

Finalement, en l'absence d'étude neutre sur le sujet, il ne nous reste plus qu'à nous fier à notre bon sens de consommateur. Pour cela, il faut se poser une question toute simple, qu'on peut résumer à quizz style question SMS sur TF1 :

Quel bénéfice les industriels attendent de leurs produits ?

A: Une amélioration de la qualité de l'alimentation

B: Résoudre le problème de la faim dans le monde

C: Permettre aux agriculteurs d'améliorer leurs marges bénéficiaires

D: Augmenter leurs propres bénéfices

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10/07/2013

La Suisse démocratique et l’Europe technocratique

Je le dis dans ma présentation : je suis profondément Européen. Européen dans ma culture, Européen dans mes crédos. Je pense que l’avenir du continent passe par l’intégration. Je pense aussi qu’un jour la Suisse devra assumer son destin et participer à l’intégration du continent dont elle occupe presque le centre. Mais il y a une chose que je ne pense plus : je ne pense plus que l’Union Européenne peut être l’embryon d’une véritable Europe des peuples, libre, forte, démocratique. L’Union Européenne est peu à peu tombée aux mains des technocrates. Cette Union ne sert pas les peuples européens. Elle ne sert que les intérêts du capital auquel elle est asservie. Et elle ne sera jamais démocratique, car elle est bâtie pour asservir les peuples. Cette Europe-là n’a rien à offrir à la Suisse. Et elle n’aura jamais rien à lui offrir. La Suisse ne doit pas y entrer.

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01/07/2013

La France comme la Grèce ?

Petit à petit la France s'enlise. Le gouvernement avait promis de maitriser le déficit. Sans pourtant vraiment expliquer, de manière réaliste en tout cas, comment il comptait y arriver. La solution choisie, hausses d'impôts à tout va, n'apporte pas le résultat escompté. Bien sûr les recettes de l'impôt sur le revenu augmentent. Mais dans un pays où beaucoup de monde ne gagne que 1100€ net par mois, étrangler les consommateurs n'est pas une bonne idée. Résultat: la consommation est en baisse et les recettes de la TVA et de l'impôt sur les carburants aussi. (voir ici, un tableau sans doute encore plutôt optimiste par rapport à la réalité)

Pire: une consommation en baisse implique une économie en récession. Et qui dit économie en récession dit licenciements, faillites, chômage. Au final, même l'impôt sur le revenu finira par en pâtir, car pour qu'il y ait impôt sur le revenu, il faut avant tout qu'il y ait revenu. Et au lieu de maîtriser le déficit, la stratégie du gouvernement finira par conduire à une plongée encore plus grave de la dette publique.

Quant aux dépenses publiques, on promet de les réduire, mais on peine à confronter les syndicats. Les dépenses publiques doivent être réduites, mais on ne sait pas comment y arriver. Alors on choisit la politique du pire: on réduit les investissements plutôt que le budget de fonctionnement. (voir ici par exemple) Non seulement on continue à privilégier une baisse de l'activité du secteur privé pour préserver la fonction publique, mais en plus on prétérite l'avenir.

Donc si la barre n'est pas redressée au plus vite, la France se dirige tout droit vers un scénario à la grecque. Peut-on encore équilibrer le budget ? Pas si sûr que ça soit encore possible vu le niveau abyssale de la dette et des intérêts à payer. Voir ici le compteur des intérêts de la dette. Et comparer avec le tableau des recettes fiscales sur mon premier lien. Ca fait frémir... L'impôt sur le revenu ne couvre que la moitié des intérêts de la dette. La TVA les couvre plus ou moins. Autrement dit, la majeur partie des recettes fiscales servent à payer les intérêts de la dette. Ce n'est qu'ensuite qu'on commence à financer l'Etat. Et pour ce qui est de rembourser la dette, on peut parler de science-fiction.

Payer des impôts c'est censé être utile. Ca sert à assurer le fonctionnement des services de l'Etat et à financer les infrastructures. Mais quand payer des impôts ne sert plus qu'à payer des intérêts aux banques et à enrichir des investisseurs, il y a un problème. C'est ce que vivent les Grecs, les Espagnols, les Portugais et c'est ce vers quoi se dirigent les contribuables français. Un scénario à la grecque n'est plus un risque, mais c'est presque une certitude.

Peut-être la barre peut-elle encore être redressée. Mais je ne pense pas que les deux partis au pouvoir depuis quarante ans et responsables de 100% du déficit public depuis lors soient capables d'opérer les changements de dogme nécessaires pour remettre l'économie privée et les finances publiques sur les rails. Il faudrait s'attaquer à la vraie source du problème, les coûts de l'Etat. Et surtout il faudrait améliorer les conditions cadres de l'économie privée et favoriser la consommation afin de relancer l'économie. Il faut également continuer à investir pour doper l'économie privée. C'est le seul moyen d'augmenter les recettes fiscales. Car lorsqu'il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de recettes fiscales. Croire qu'il suffit d'augmenter les impôts pour augmenter les recettes fiscales c'est étonnant de la part d'un gouvernement dirigé par un président sorti de l'ENA !

Bref, je ne pense pas que le gouvernement actuel ou tout autre gouvernement pourra comprendre ça. Actuellement la politique économique et fiscale de la France et de pas mal de pays européens est dictée par les directives de Bruxelles, et à travers Bruxelles, de Berlin. Sans un président fort, capable d'imposer sa vision à l'Europe, la France est condamnée à connaître la situation de la Grèce, à plus ou moins courte échéance. Ca les électeurs français l'ont compris ou le comprendront bientôt. Il ne faudra donc pas s'étonner si au final, Marine Lepen tire les marrons du feu. C'est tout ce que gagneront les grands partis à force de s'entêter dans la même direction. Et le pire du pire, c'est que je pense qu'elle ne peut pas réussir plus mal là où les autres ont totalement échoué. Et c'est bien la première fois que je pense une chose pareille.

06/06/2013

Contre les frontaliers mais aussi contre les logements locaux

C'est ainsi qu'on peut résumer la position du MCG et de l'UDC quand on lit qu'ils s'opposent tous deux à la densification des zones de développement dans le canton de Genève. Si je trouve tout à fait respectable de vouloir favoriser le cadre de vie des Genevois, il faut tout de même comprendre ce que ça implique. Et je soupçonne ces deux partis de bien le comprendre mais de sombrer, une fois n'est pas coutume, dans le populisme pour soigner leur base électorale.

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29/05/2013

La bombe nord-coréenne

Imperturbable, la Corée du Nord continue à snober toute la planète. Elle souffle le chaud et le froid, faisant parfois croire qu'elle souhaite négocier et faisant apparaître le reste du temps son vrai visage manipulateur. Le fait est qu'elle tient désormais le couteau par le manche et que l'Occident n'est plus en position de force pour négocier. La faute à un attentisme que je dénonce depuis longtemps.

D'un autre côté, on veut se montrer rassurant. Les Coréens ne souhaitent pas vraiment posséder la bombe mais veulent juste obtenir quelque chose en échange du retrait de leur programme nucléaire. Mais en réalité, rien ne le laisse penser. Au contraire, la stratégie de négociation des Nord-Coréens montre plutôt qu'ils gagnent du temps. Ils laissent les Occidentaux penser être sur la bonne voie un moment, puis ils se rétractent et quittent la table des négociations. C'est un jeu qu'ils pratiquent très bien et ils auraient tort de s'en priver tant on les laisse faire.

Le problème aussi c'est qu'il faut jouer serré sur le plan politique. Derrière la Corée du Nord, il y a la Chine. Elle participe certes aux négociations, mais elle ne laissera jamais les sanctions aller trop loin. Et surtout, une action armée reste exclue, à cause du risque d'embrasement que cela comporte.

Et puis, plus le temps passe, plus les négociateurs occidentaux sont dans leurs petits souliers. Une nation possédant l'arme nucléaire ne peut plus être menacée. C'était avant qu'il fallait agir. Maintenant il est trop tard.

Alors on essaye de minimiser la menace. Les Nord-Coréens ne possèdent pas encore d'armes suffisament miniaturisées pour prendre place au sommet d'un missile balistique. Et même si un missile pouvait être équipé d'une arme nucléaire, il serait abattu en vol par les armes anti-missiles déployées aux alentours. Mais en réalité, ceci ne résiste pas à une analyse. Car si on possède une arme nucléaire trop grande ou trop lourde pour être lancée par un missile, il existe des vecteurs bien plus simples pour acheminer la bombe à sa destination.

Pourquoi par exemple, sachant qu'aucun missile ne parviendrait jamais à atteindre sa cible, ne transporteraient-ils pas les bombes dans des containers, par route ou par mer, pour les cacher dans les capitales de chaque pays avec lesquels ils sont en négociation ? Ils pourraient ensuite faire chanter le monde entier. Ils seraient les nouveaux maîtres du monde.

De la science-fiction ? C'est impossible ? Si je ne pense pas qu'ils pourraient faire sortir des bombes par la mer tant ils sont surveillés, je pense qu'il serait bien plus facile de le faire en passant par la Chine, ce pays continuant à commercer avec eux. Ils pourraient ainsi mêler les containers aux milliers d'autres qui transitent probablement par la frontière.

Bref, j'espère me tromper. Mais qui sait si les Nord-Coréens ne sont pas déjà en train de préparer un coup de ce genre ? Après tout, quelle autre stratégie pourrait être gagnante ? Ils semblent vraiment penser pouvoir gagner contre le monde entier. Il doit y avoir une raison à cela...