09/04/2017

Les questions en suspens après l'attaque américaine sur territoire syrien

Une fois n'est pas coutume: la première stupeur passée, on se pose des tas de questions. Souvent, lorsqu'il s'agit de confrontation militaire, il ne faut pas chercher la réponse dans les médias, ils ne les abordent même pas. Pour ma part, je me pose toute une série de questions auxquelles je peine pour l'instant à répondre.

1200px-Tomahawk_Block_IV_cruise_missile_-crop.jpgTout d'abord, il faut savoir que le Tomahawk utilisé par les Américains est un missile de croisière, qu'on peut assimiler à un avion sans pilote ou à une bombe volante descendant des fameux V1 allemands, qui vole à basse altitude en utilisant un logiciel de suivi de terrain. Il est de conception relativement ancienne, puisqu'il date des années 80. Il n'a de ce fait aucune capacité en matière de furtivité et fait donc une très belle cible pour la DCA adverse. On compte plutôt sur leur grand nombre pour surpasser les capacités de défense de l'ennemi. 

Deuxièmement, il faut savoir que la Russie a justement déployé d'importants moyens de défense anti-aérienne pour protéger le territoire contrôlé par le gouvernement syrien. Il s'agit de missiles de haute technologie S-300 et S-400, dont on dit qu'ils sont d'une très grande précision, à tel point qu'on leur accorde des capacités anti-missiles. (autrement dit, ils sont capables de cibler et détruire des toutes petites cibles se déplaçant à très grande vitesse, ce qui n'est pas le cas du Tomahawk, qui se déplace lui à vitesse subsonique) Il se dit d'ailleurs qu'en 2013, c'est la destruction de deux missiles Tomahawk tirés depuis la Méditerranée qui avait convaincu Obama d'abandonner l'idée d'une invasion de la Syrie. En effet, comme prémisse à toute attaque terrestre, les Américains considèrent qu'il est primordial de contrôler le ciel.

Finalement, on peut considérer que d'un point de vue stratégique, cette attaque n'a aucun intérêt. D'une part, les Tomahawk sont plutôt considérés comme une arme d'appui de l'aviation, l'équivalent de l'artillerie pour l'armée de terre. En  2003, des Tomahawk avaient été tirés pendant plusieurs heures avant que les premiers avions n'emplissent le ciel irakien. C'est bien une tactique classique d'artillerie, qui pilonne les lignes ennemies pendant une longue période avant que les troupes combattantes avancent pour occuper le terrain, mais appliquée à l'aviation. Or, on voit qu'ici c'est l'arme d'appui qui est utilisée comme arme offensive. Je trouve de ce fait cette attaque d'un intérêt tactique quasi-nul, d'autant qu'il semble que les Russes aient été prévenus de l'attaque.

Ce peu d'intérêt tactique est d'ailleurs confirmé par les images diffusées par les médias. On voit des hangars bombardés vides, (s'il y avait eu des avions dedans, on aurait vu des restes des carlingues) une piste de décollage totalement indemne et des vieux Mig-21 alignés, d'ailleurs sans doute là plutôt pour l'effet de la mise en scène tant ces avions datant du Vietnam ont peu de chances d'être engagés dans un conflit moderne.

Les questions que je me pose sont donc les suivantes:

1. Pourquoi choisir de détruire une cible sans intérêt tactique, voire même préparée pour subir le minimum de dégâts ?

2. Pourquoi aucun Tomahawk n'a-t-il été détruit alors qu'ils sont censés être vulnérables aux S-400 russes ?

3. Pourquoi lancer si vite une opération sans plan de bataille réel ?

Je ne peux faire qu'une théorie. Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance. Mais au moins, tout porte à croire que Poutine et Trump se sont bien entendu sur cette affaire et qu'ils ont contré ceux qui souhaitent jeter de l'huile sur le feu et provoquer une troisième guerre mondiale.

A mon avis, ils se sont en effet entendu sur une cible afin de gêner au minimum les opérations russes et syriennes sur les territoires occupés par les djihadistes. Il s'agit d'une opération de marketing visant l'opinion publique américaine afin de la convaincre que les USA ne restent pas les bras croisés face aux horreurs de la guerre en Syrie. Il s'agit également de tuer dans l’œuf toute attaque de la présidence qui pourrait à terme la forcer à intervenir réellement en Syrie, avec les risques qu'on sait. Selon moi donc, l'ennemi qu'à combattu Trump avec cette attaque, ça n'est pas le gouvernement syrien ni la Russie. Mais c'est ceux qui dans son propre pays souhaitent le forcer à envenimer une situation déjà très compliquée.

Je vois tout de même une autre possibilité. Il est possible que les Tomahawk tirés aient été dotés de systèmes de brouillage et qu'il s'agissait en fait d'une démonstration faite aux Russes prouvant que désormais, ce qui était vrai en 2013, à savoir que la Russie contrôlait l'espace aérien syrien, n'est plus vrai en 2017. Je considère cette théorie comme peu probable mais pas impossible. Si c'était le cas, cela signifierait en tout cas que les rapports de force en Syrie et dans le monde s'en retrouveraient totalement chamboulés.

06/04/2017

L'attentat de Sarajevo de notre époque ?

Dans mon analyse de la situation géopolitique et du risque qu'elle dégénère en 3ème guerre mondiale, j'avais, dans un commentaire fait cette prévision: "Bien sûr, il n'y aura pas d'attaque unilatérale. Je pense plutôt qu'il y aura un attentat de Sarajevo comme déclencheur. Si un ou plusieurs attentats de Sarajevo se produisent dans les prochains mois, nous pouvons commencer à avoir très peur."

Voir le billet ici

Attaque-chimique-en-Syrie-le-bilan-s-eleve-a-72-morts.jpgJ'avais aussi prévu que le dernier créneau disponible pour lancer une troisième guerre mondiale serait le printemps 2017. (voir l'analyse pour plus de détails) Et bien je crains que les événements des derniers jours me donnent raison. Jusqu'à l'été, nous vivons la période la plus dangereuse, peut-être de toute l'histoire. Et l'attaque chimique, réelle ou non, qui a eu lieu en Syrie avant-hier est un événement extrêmement dangereux dans ce contexte. Si, comme la menace a été proférée par les Etats-Unis, une intervention unilatérale devait avoir lieu, (ce qu'on appelle communément une déclaration de guerre) dans la situation explosive que nous vivons, la guerre pourrait rapidement se répandre à travers le monde entier.

Et je ne suis qu'à moitié étonné qu'on n'attende pas une enquête sérieuse pour définir le coupable. La théorie russe selon laquelle le régime syrien a bombardé un entrepôt des terroristes qui dominent la ville et que cet entrepôt contenait malheureusement des armes chimiques, me paraît pourtant très plausible. Dans ce contexte, je suis sûr que la Russie n'aurait pas mis son veto contre une résolution condamnant l'utilisation des armes chimiques sans désigner de coupable. Une enquête sérieuse aurait ensuite pu être lancée, mais on préfère faire confiance à des ONG pourtant plus que douteuses. Il y a de ce fait une volonté claire de mettre de l'huile sur le feu, ce qui ne m'étonne pas compte tenu du souhait de certains militaires américains d'en découdre avec la Russie et la Chine.

Encore une fois, j'espère me tromper, mais la situation ne semble pas évoluer très positivement.

12/01/2017

Dis papa, c'est quoi la situation géopolitique ?

Avant de décrire la situation géopolitique, il importe de définir ce qu'est la géopolitique. Je la définirai donc comme l'étude des rapports politiques globaux entre états. Tout état possède un emplacement géographique, un positionnement politique, une puissance industrielle, économique ou militaire, un rayonnement culturel, des ressources, une histoire, une ou plusieurs langues, une ou plusieurs religions. Tout ceci va l'amener à tisser des rapports, amicaux ou conflictuels avec ses voisins et avec le reste du monde.

Le but de la géopolitique est non seulement d'étudier ces rapports, mais aussi de prévoir leur évolution. Pour cela, il n'y a qu'un seul outil qui soit pertinent: l'étude des réalités historiques qui seules peuvent montrer comment une situation géopolitique donnée peut évoluer. Il s'agit donc non seulement d'étudier la réalité géopolitique présente, mais aussi d'autres réalités géopolitique passées et de faire des comparaison. En effet, on peut considérer que des événements passés, s'ils n'ont aucune chance de se reproduire à l'identique, ont toutes les chances de réapparaître de manière similaire dans une réalité géopolitique proche.

Je prends un exemple : juste avant la 1ère guerre mondiale, le monde s'est peu à peu partagé en deux camps qui s'étaient liés par des alliances automatiques multiples. C'est ce jeu d'alliances automatiques qui a transformé un conflit entre deux états, l'Empire Austro-hongrois d'une part et la Serbie d'autre part, en conflit généralisé. Une simple étincelle, l'assassinat du dauphin impérial autrichien, a suffi à mettre le feu aux poudres. Si la situation de l'époque n'existera plus jamais, la plupart des états impliqués ayant soit disparu soit profondément changé, on retiendra de cet événement la dangerosité des alliances automatiques, ainsi que de la bipolarisation du monde. Un monde en paix, c'est un monde multipolaire où les états défendent leurs intérêts géopolitique en toute indépendance et sans animosité envers les autres états. Un monde bipolaire comme celui qui s'était mis en place avant la première guerre mondiale, c'est un monde au bord du gouffre.

Le choix de cet exemple n'est pas anodin. Je pense fermement que le monde actuel ressemble furieusement à celui qui était en place il y a plus de cent ans. Aujourd'hui, les alliances ont changé. Mais le monde semble bien bipolarisé autour de deux camps, atlantiste d'une part, russo-chinois d'autre part. Il existe bien des pôles plus ou moins indépendants comme l'Amérique du sud ou l'Afrique, mais leur puissance géopolitique est faible et ils ne peuvent pas faire contrepoids face à ces grandes entités. Et en plus de la bipolarisation, il existe aussi des alliances automatiques très dangereuses, à commencer par l'OTAN. Une organisation qui, non seulement n'a pas disparu après la chute de son pendant de l'Europe de l'Est le pacte de Varsovie, mais a continuellement été utilisée depuis pour étendre l'espace géopolitique atlantiste au détriment de celui de l'autre camp. Cette pression, que l'on doit considérer comme impérialiste, est la principale cause de la tension qui s'est accumulée ces dernières années.

Au final, il n'existe en fait que 3 puissances globales sur le plan géopolitique, c'est à dire des puissances capables de se projeter partout dans le monde pour faire valoir leurs intérêts. Il s'agit des Etats-Unis bien sûr, mais aussi de la Russie et de la Chine. Les autres états sont des puissances moyennes ou régionales. Il est par contre assez symptomatique de constater que les moyens utilisés pour la défense des intérêts géopolitiques de ces trois puissances ont évolué. Les Etats-Unis, traditionnellement la première puissance économique, peuvent toujours utiliser leur arme du dollar, mais cette arme est de plus en plus contestée par le camp adverse, à commencer par la Chine. Cette dernière a en effet choisi de se passer du dollar chaque fois que c'est possible. Elle a également son statut tout neuf de première puissance économique pour elle. Elle se permet ainsi de conquérir des alliances avec des pays disposant de ressources qui l'intéressent et ainsi marcher sur les plates bandes des puissances occidentales. Pour cette raison, les Etats-Unis sont de plus en plus forcés de se rabattre sur des stratégies de conquêtes militaires, soit par l'affrontement direct, soit par la déstabilisation et le changement de régime de ces pays. La Russie quant à elle, après une éclipse d'une vingtaine d'années, revient en force et s'impose comme le bras armé de cette alliance avec la Chine.

On a donc un camp dont la puissance économique décline et qui est poussé dans ses retranchements, forcé de défendre militairement ses intérêts géopolitiques, et un second camp qui domine déjà au niveau économique et revient très fort sur le plan militaire. Que peut donc donner une telle situation ? On peut déduire assez facilement que sans affrontement direct entre les deux camps, la situation va continuer d'évoluer favorablement pour le camp russo-chinois et l'Occident continuera à décliner. Ce dernier pourrait donc être tenté de forcer l'autre camp à la confrontation. C'est même le plus grand risque de notre époque. Mais cet affrontement peut aussi bien se faire sur le plan économique, comme semble le souhaiter Donald Trump.

On peut ajouter à ce risque la démographie, qui va faire de l'Asie et de l'Afrique les principales zones de peuplement du monde. Comme un grand nombre des zones à forte croissance démographique se trouvent dans des régions pauvres, on peut craindre un exode massif avec à la clef une intensification des conflits ethniques. Ils pourraient donner lieu à de véritables guerres civiles si la nouvelle population cherchait à imposer son mode de vie à la population "historique". Ca a sans doute déjà commencé et ça n'est pas prêt de s'arrêter. Le réchauffement climatique, s'il s'avérait vrai qu'il sera catastrophique, (ce dont je doute) pourrait également augmenter ces exodes. Ces risques concernent surtout l'Europe qui est en première ligne du fait de sa position géographique située juste au nord des sources principales de ces exodes. Mais les Etats-Unis ont également leurs propres problèmes de migration venant en particulier d'Amérique latine, ce qui a participé à "l'effet Trump".

Finalement, le troisième facteur qui peut favoriser des conflits, c'est l'appauvrissement des réserves énergétiques. Durant ce siècle, il est presque certain qu'on verra la fin de la courte ère de l'abondance énergétique. D'une manière ou d'une autre, dans trois ou quatre génération, le monde aura évolué vers une autre forme de production et de consommation énergétique. Mais c'est la période intermédiaire qui est plus problématique. Lorsque les réserves s'affaibliront, les camps en présence chercheront à s'approprier les restes pour avoir plus de temps pour réaliser leur transition énergétique. Durant cette période, qui a sans doute déjà commencé, les deux camps en présence pourraient s'affronter directement pour le contrôle de ces ressources. L'affrontement économique ne sera alors plus suffisant. C'est même sans doute le plus grand danger qui nous guette.

06/01/2017

Les russes sont-ils responsables de la divulgation des emails de John Podesta ?

gettyimages-622150226.jpgC'est ce qu'affirment en tout cas la CIA et qui a poussé Barack Obama a prendre des sanctions diplomatiques contre la Russie. Par contre, Julian Assange le nie. Pour lui, il n'y avait vraiment pas besoin d'être un hacker professionnel pour y parvenir :

Un ado de 14 ans aurait pu le faire

Et Donald Trump soutient cette thèse :

Trump désavoue la CIA et soutient Assange

Au final, je trouve que ça fait beaucoup de polémique pour pas grand chose. Il est en effet possible que le hacker qui a piraté ces emails se trouve en Russie, comme cela arrive souvent. Et même si c'est le cas, cela ne prouve en rien que le gouvernement soit derrière cette attaque.

Et surtout, quelque soit la source de l'attaque, cette polémique ne sert qu'à masquer un fait: si la révélation de ces emails a effectivement pu influencer l'issue de la campagne présidentielle, ce dont je ne doute pas, ce n'est pas parce que le directeur de campagne d'Hillary s'est révélé être un enfant de cœur en matière de sécurité informatique. C'est au contraire le contenu de ces emails qui a révélé la triste vérité à propos de la candidate démocrate: il s'agit d'une très sombre politicienne, aux pratiques plus que douteuses, voire criminelles, lorsqu'elle ne soutient pas en catimini le terrorisme international.  Ce site a été créé pour faire un condensé des plus dommageables de ces emails:

http://www.mostdamagingwikileaks.com/

13/12/2016

Mais qui dirige le monde ?

J'ai dit dans les commentaires du précédent billet que les politiciens occidentaux ne dirigent plus rien et ne sont que les pantins de ceux qui les financent, à savoir une élite mondialiste. Je suis conscient que ce type de commentaires peut paraître conspirationniste et je souhaite donc préciser les choses. D'une part, il faut dire que la classe dirigeante non-politique est composée d'un certain nombre de lobbys assez hétéroclites et donc qu'il n'existe pas d'élite occulte, composée d'une dizaine de décideurs, qui déciderait du destin du monde entier. Les politiciens dépendent de différents lobbys (un ou plusieurs) et ne sont donc pas plus homogènes que l'élite mondialiste.

Il y a d'abord le lobby sioniste. Et j'ai dit sioniste mais pas juif. Tous les juifs ne sont pas sionistes et tous les sionistes ne sont pas juifs. Aux USA, c'est surtout les neo-cons qui sont proches de ce lobby, pourtant un groupe se disant chrétien. Il y a aussi le lobby pétrolier, en particulier le lobby des pétromonarchies. Le lobby de Wall Street, dont font partie des entreprises telles que Goldman Sachs ou Merrill Lynch. Le lobby militaro-industriel, composé de militaires et d'entreprises du domaine. Et sans doute bien d'autres lobbys, comme les pharmas etc.

Ceci dit, il faut comprendre qu'il y a un certain nombre de points sur lesquels ces différents lobbys sont d'accord, ce qui fait de ces points une sorte de dénominateur commun dont ne doit sortir aucun politicien s'il veut avoir une chance d'exister. Il y a d'abord une vision néolibérale de l'économie, sorte de pensée unique dont on ne peut pas sortir sans être taxé d'extrémisme. (de gauche ou de droite c'est pareil) Sur le plan géopolitique, il y a la nécessité de contrôler la zone hautement stratégique du Proche et du Moyen-Orient ainsi que la nécessité de contenir les velléités russes et chinoises d'exister sur la scène internationale. Il est aussi très important de renverser les gouvernements de pays ayant refusé de faire allégeance à l'Empire américain. Cela passe bien sûr par un budget militaire américain maintenu à haut niveau, des intrigues des services de renseignement, voire des attaques sous faux drapeau, et par une politique de vassalisation en Europe et en Extrême-Orient.

Les médias eux aussi sont aux mains de ces groupes financiers et la diversité de leurs opinions ne peut donc pas excéder celle de ces lobbys. Même les médias nationaux sont sous leur contrôle, puisqu'ils sont contrôlés par des politiciens eux-mêmes sous contrôle de ces groupes. Ainsi, cela permet de maintenir la population dans l'illusion de la liberté, tout en lui instillant l'idée que tout ce qu'entreprend l'Occident est fait pour son bien.

Leur seule erreur finalement, c'est d'avoir démocratisé Internet attirés par les juteux profits qu'il promettait, sans se rendre compte qu'il allait devenir un espace de liberté totalement hors de contrôle.

06/12/2016

Le rapport de forces et scénario probable d’une hypothétique 3ème guerre mondiale (partie 5 et fin)

Comme on l’a vu précédemment, une 3ème guerre mondiale se jouerait sur 3 fronts. En Europe, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient. En tout cas ça serait le cas d’une guerre restant conventionnelle ou limitée sur le plan nucléaire. Bien entendu, si le conflit se transformait en conflit nucléaire global, il impliquerait la destruction totale de l’Amérique du Nord, de l’Europe et d’à peu près toute l’Asie. En gros, la quasi-totalité de l’hémisphère nord. Mieux vaudrait dans ce cas s’être préalablement réfugié dans le sud, soit l’Afrique subsaharienne, l’Amérique du sud ou l’Océanie.

On peut toutefois espérer que les grandes puissances adopteraient une sorte de règle tacite : ne pas utiliser les armes nucléaires en premier, afin d’éviter la destruction totale de son propre camp par la réponse adverse. Cela même si les USA et la Russie se disent officiellement prêts à des frappes nucléaires préventives en cas d’agression, ce que je mets sur le compte d’une rhétorique dissuasive. Toutefois, on ne peut malheureusement pas nier qu’il existe un réel risque d’escalade si un des camps se retrouvait acculé et décidait d’utiliser des armes nucléaires tactiques -armes à neutrons ou nucléaires de petite taille, utilisées sur le champ de bataille- afin de faire reculer l’ennemi. La réponse pourrait être dans ce cas de plus grande ampleur, grossissant rapidement vers une catastrophe globale. Et ce ne sont pas les armes anti-missiles que possèdent désormais les deux camps qui suffiraient à l’empêcher. En effet, le nombre de missiles qui voleraient simultanément surpasserait largement les capacités de ces systèmes d’armes et leur grand nombre permettrait de lancer plusieurs ogives sur une même cible.

Si on parie sur un conflit restant majoritairement ou totalement conventionnel, on peut analyser le rapport de forces. Tout d’abord, le camp occidental est largement dominé par les USA dont le budget militaire égale pratiquement le budget de tous les autres pays réunis ! Mais si la domination dans les airs, sur terre et sur mer des Etats-Unis était jusqu’à maintenant sans partage, elle tend à diminuer du fait de la progression technologique de la Russie et de la Chine. Les capacités budgétaires de cette dernière sont d’ailleurs presque illimitées, du fait de la croissance dont elle jouit depuis des décennies. La Russie a quant à elle moins de capacités sur le plan financier, mais la progression de son armement sur le plan technologique est très rapide et désormais, ce sont plusieurs systèmes d’armes russes qui inquiètent sérieusement les stratèges étasuniens.

Il y a bien sûr les armes anti-aériennes et anti-missiles, comme les missiles S400 et les futurs S500 qui commenceront à être déployés en 2017. Ces armes ont permis à la Russie de sanctuariser l’espace aérien syrien depuis 2013, de telle manière que désormais, rien ne peut survoler ce pays sans avoir préalablement demandé la permission aux forces russes. Or on sait à quel point la suprématie aérienne est pour les Américains un préalable à toute intervention terrestre. Les missiles russes sont donc une très grosse épine dans leur pied.

L’aviation n’est d’ailleurs pas en reste. En principe inférieurs aux avions occidentaux, les avions russes (tout comme les avions chinois dérivés) sont désormais capables de faire pratiquement jeu égal, du fait de leurs meilleures qualités sur le plan aérodynamique et des contre-mesures électroniques que les Russes sont capables de mettre en œuvre. On peut d’ailleurs citer l’épisode du Donald Cook en 2014, un destroyer doté de la technologie radar ‘AEGIS’ en Mer Noire qui s’est retrouvé totalement aveuglé et qui n’avait pas pu prévoir l’arrivée d’un bombardier Su-24, pourtant de technologie très dépassée. Les contre-mesures que cet appareil a utilisées lui ont permis de survoler le navire sans alerte préalable. Cet épisode aurait tant effrayé les marins, qu’ils auraient démissionné en masse.

Ceci est primordiale car cela signifie que les groupes de combat naval déployés par les Etats-Unis, dont la protection aérienne repose en grande partie sur la technologie Aegis, se retrouveraient totalement démunis face à une attaque d’envergure de l’aviation russe, y-compris leurs puissants porte-avions. Il est possible que les Américains aient déjà trouvé la parade, mais rien n’est moins sûr.

Et cela tombe mal, puisque la Russie et la Chine développent chacun de son côté une flotte qui, à elles deux, seraient en mesure de défier la puissante marine américaine. Et même si on peut ajouter la flotte française et la flotte anglaise aux forces occidentales, la suprématie marine sera de moins en moins assurée dans les prochaines années.

Sur le plan terrestre finalement, on peut citer le char T-14 Armata qui entrera en service courant 2017 et qui est d’ores et déjà considéré comme le meilleur char du monde. Il devance sur le plan technologique les Abrams américains, Leopard 2 allemands ou Leclerc français, tous assez anciens. Dans ces conditions, même une attaque terrestre sur la Russie, qui ne pourrait d’ailleurs pas être correctement couverte sur le plan aérien, restera assez hasardeuse.

Au final, on le voit : l’armement russo-chinois, traditionnellement tourné vers la défense, devient de plus en plus offensif et ces deux pays devraient devenir prochainement capables de rivaliser avec les Américains dans leur capacité de projection dans le monde entier. Et aussi, l’année 2017 semble être une année charnière. Jusque-là, la suprématie occidentale reste claire, après on ne sait pas, mais tout porte à croire que le rapport de force va continuer à s’inverser.

Voilà sans doute pourquoi les généraux américains prétendent qu’un affrontement est inévitable. Un monde où ils ne seraient plus l’unique force dominante et où ils seraient obligés de coopérer avec ceux qu’ils considèrent comme l’ennemi les effraye. Bien sûr, rien n’oblige les politiciens de suivre leur avis. Mais leur influence est importante et il est difficile de savoir ce qui va se passer en définitive.

Par contre, si on n’est pas certain que la confrontation tiède actuelle va réellement se transformer en conflit global, en revanche on peut déduire du rapport de forces le moment où cela pourrait se produire. On l’a vu l’année charnière est 2017. Et une attaque de la Russie ne peut que se faire au printemps du fait de la taille de son territoire et de ses hivers terribles. Ca a toujours été le cas dans l’histoire et cette fois cela ne dérogera pas à la règle. Donc il ne reste plus qu’une fenêtre pour une attaque américaine : le printemps prochain. Si elle n’a pas lieu, nous allons peu à peu glisser vers un monde dominé par l’alliance de la Chine et de la Russie. C’est rien de moins qu’un changement total de paradigme. En 2020 nous serons dans un nouveau monde, quoi qu’il arrive. Un monde détruit ou un monde dans lequel l’Occident aura perdu une grande partie de son influence. Cela se fera dans la paix ou dans la guerre, mais cela se fera.

Et finalement, quel scénario peut-on envisager pour une future guerre globale ? Le scénario proposé par le général britannique Sir Richard Shirreff dans le livre qu’il a publié cette année est juste une farce. Il parle d’une attaque russe sur les républiques baltes, sans provocation préalable. Mais jamais les Russes ne s’engageraient dans une telle aventure, pour deux raisons. D’une part, le temps joue pour la Russie et elle n’a aucun intérêt à lancer une guerre avant d’être totalement prête sur le plan militaire. D’autre part, elle n’a aucun intérêt à se lancer dans une attaque qui la placerait sur un terrain contrôlé par l’ennemi. Il est bien plus sage d’attendre l’attaque ennemie sur un terrain où il n’aurait pas la capacité d’assurer la suprématie aérienne et subirait de lourdes pertes de ce fait.

Je pense donc qu’on peut plutôt s’attendre à un conflit débutant au Moyen-Orient, avec probablement une guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, appuyés par les deux camps principaux qui se retrouveraient réellement opposés dans une guerre directe pour la première fois. Compte tenu du jeu des alliances automatiques, les déclarations de guerre se feraient en cascade, comme ça a été le cas en 1914. Très vite, le conflit gagnerait les 2 autres théâtres d’opération, à commencer par une attaque de grande ampleur sur la Russie par le front européen et peut-être aussi par le front oriental, depuis le Japon. Dans ce cas, la Chine en profiterait pour sécuriser les mers et les territoires qui l’entourent et que les forces américaines auraient été obligées de négliger.

 

Ensuite, c’est plus difficile à dire. Mais j’aurais tendance à parier sur l’échec de cette nouvelle campagne de Russie, comme les deux précédentes campagnes de Russie avaient échoué. Comme Napoléon ou Hitler avant eux, les forces de l’OTAN se retrouveraient engluées dans un conflit d’une durée bien trop longue qui les amènerait à supporter le terrible hiver sibérien. Cela conduirait comme en 1942 les forces russes à refluer vers l’Europe, pour une invasion totale cette fois. (à l’exception sans doute de l’Angleterre)

Dans tous les cas, les conséquences de la guerre seraient terribles. Durant la première guerre mondiale, il y a eu près de 9 millions de morts. Durant la seconde près de 60 millions. Si la règle exponentielle continuait à se vérifier, quel sera le terrible bilan de cette nouvelle guerre ? Un bilan se comptant en milliards de mort ? Probablement, malheureusement.

Explosion-Nucleaire-1.jpg

02/12/2016

Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu’à exploser (partie 4)

Note précédente : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

Oui on peut le dire, l’Extrême-Orient est une véritable cocotte-minute. D’apparence très calme en regard de l’autre extrémité du continent asiatique, il recèle plusieurs conflits anciens non-résolus qui n’attendent qu’une étincelle pour se transformer en réelles confrontations.

missile coréen.jpgD’abord en Corée, où sévit une guerre parfois plus tiède que froide. Avec un dirigeant du Nord dont la fuite en avant ne semble pas avoir de fin. Certes, le dossier nucléaire coréen a été relégué au second plan, car d’autres dossiers sont désormais bien plus chauds. Mais cela n’empêche pas le programme nucléaire nord-coréen de progresser, envers et contre tout. Et ce ne sont pas les diverses condamnations de l’ONU qui vont y changer grand-chose. Selon les déclarations officielles suite au dernier essai en date, le plus puissant de tous, la Corée du Nord possède désormais la capacité de produire des ogives nucléaires pouvant être montées au sommet de leurs missiles. Ainsi, la menace qu’ils représentent pour leurs voisins du Sud est plus précise qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin de la guerre en 1953.

A noter au passage que la situation peut en grande partie être imputée à Georges W. Bush et à son administration. En effet, au début du 21ème siècle, les deux Corée vivaient la plus grande période de détente depuis la fin de la guerre, à tel point qu’on parlait sérieusement de réunification. Mais tout s’est arrêté lorsque, de manière absurde, Georges Bush a choisi d’associer la Corée du Nord à l’Iran et à l’Irak au sein de son ‘axe du mal’ ! Sans cette bourde historique, nul ne sait ce qui aurait pu se passer. Il est en tout cas probable que la Corée du Nord ne se serait pas placée de manière unilatérale dans une position d’opposition avec le monde entier avec un programme nucléaire honni de tous.

Il y a aussi le conflit entre les deux Chine, la Chine Populaire d’une part et la République de Chine (Taiwan) d’autre part, qui dure depuis que Tchang Kai Shek s'est réfugié avec ses partisans sur cette île en 1949. Les seconds ne font bien sûr pas le poids sur le plan militaire, mais défendus par les Américains, ils restent à l’abri pour l’instant, car sur le plan maritime en particulier, les USA ont une très large supériorité sur la Chine. Mais la mise en service récente d’un premier porte-avions chinois, (sur la base d'un ancien porte-avions soviétique) et bientôt d'un second et peut-être de plusieurs autres, ainsi que celle deporte-avions-chinois.jpg nombreux sous-marins modernes, laisse planer un doute sur la suprématie américaine. Certes, les Etats-Unis auraient, pour l'instant en tout cas, la capacité de faire face à un conflit localisé avec leurs 10 groupes de combat aéronavals. Dans le cas d’une guerre mondiale en revanche, il s’agirait de dominer l’ensemble des océans de la planète avec ces 10 groupes et avec l’aide d’un seul autre groupe de combat, celui du porte-avions Charles de Gaulle. Il n’est pas sûr du tout que cela soit toujours suffisant pour garder le contrôle partout, en particulier dans cette région.

La même remarque est vraie pour le conflit qui oppose la Chine au Japon (mais aussi Taiwan) pour le contrôle des îles Senkaku et de leurs bassins pétroliers sous-marins. La Chine ne prendra pas le risque d’envahir ces îles de manière unilatérale, car cela les mettrait en confrontation directe avec la marine américaine qui les protège. Mais en cas de guerre mondiale, il n’en irait pas de même. Elles deviendraient évidemment un objectif prioritaire pour l’Empire du Milieu.

Si on ajoute à tout cela la présence de la flotte russe du Pacifique à Vladivostok, la présence de la base américaine d’Okinawa au sud de l’archipel japonais ainsi que leur présence en Corée du Sud, on comprend bien que la région est une véritable poudrière, avec la présence d’une grande partie des acteurs majeurs d’une possible confrontation mondiale. Une poudrière qui ne demande qu’à exploser en cas de conflit.

30/11/2016

Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers (partie 3)

Note précédente : Le front européen : la stratégie d'encerclement

Le Moyen-Orient, c’est depuis de nombreuses années une région hautement stratégique. C’est aussi une des zones les plus instables du monde. La raison principale en est son statut de réserve mondiale de pétrole, le carburant de la civilisation moderne. Un pays qui s’en verrait privé serait renvoyé au Moyen-Âge du jour au lendemain. Et surtout, sans l’agriculture moderne, qui utilise des machines fonctionnant aux hydrocarbures et des produits issus de la pétrochimie, aucun pays ne serait capable de nourrir sa population et une terrible famine y régnerait rapidement. Les armées sont également dépendantes du précieux liquide sans lequel elles seraient incapables de faire fonctionner leurs véhicules, chars, avions, missiles et navires.

Or, on sait que durant ce siècle, la production de carburant va décroître, à un moment où justement, certains pays émergents, à commencer par la Chine, accèdent au rang de grands consommateurs de pétrole. La demande explose donc à un moment où la production s’apprête à baisser. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les deux camps qui pourraient s’opposer dans une 3ème guerre mondiale sont regroupés autour des pays industrialisés d’une part, des émergents d’autre part. Dans ces conditions, des conflits de grande ampleur autour de la possession des dernières réserves pétrolières sont d’ores et déjà programmés. Ils pourraient même se produire très rapidement, à titre préventif.

syrie.jpgLes choses sont d’autant plus complexes que les pays soutenus par les 2 camps s’entremêlent, rendant les confrontations très probables. Ainsi, Israël, l’Arabie Saoudite et les petites monarchies du Golfe ainsi que la Turquie font partie du camp des pays industrialisés alors que l’Iran, la Syrie, la Libye (jusqu’en 2011) et l’Irak (jusqu’en 2003) font partie du camp des émergents. Dans ces conditions, on comprend mieux l’enjeu des diverses guerres ayant eu lieu depuis le début du siècle. Il s’agit avant tout pour le camp occidental de relier les pays alliés afin de faciliter la préparation d’une éventuelle grande guerre et chasser l’ennemi de ces régions. Le pétrole est à la fois l’enjeu principal à terme et un enjeu secondaire pour l’instant. C’est pour ça qu’il est si difficile de comprendre la raison qui pousse à se lancer dans certaines guerres, comme l’Afghanistan ou la Syrie, si on se focalise sur les gains pétroliers uniquement et non sur la géostratégie.

Ainsi les évènements qui se sont produits dans la région depuis le début du siècle s’inscrivent tous dans une volonté de chasser les émergents de la région : la guerre en Afghanistan (2001), la guerre en Irak (2003), l’opposition au programme nucléaire iranien (2005), les printemps arabes (2010), la guerre civile en Libye (2011), la guerre civile en Syrie (2011) et l’intervention de l’Arabie Saoudite au Yémen (2015) ont toutes pour but de repousser les émergents de la région.

La Syrie en particulier est un enjeu majeur, du fait de sa position qui permet de relier l’Iran à la Méditerranée. Elle sépare également la Turquie et Israël, ce qui est un problème stratégique important. Finalement, la Russie y possède une importante base militaire. C’est à cause de cette position stratégique qu’elle a fait l’objet d’une forte déstabilisation avec pour but le renversement du gouvernement baasiste. Je ne reviendrai pas d’avantage sur cette guerre pour laquelle j’avais expliqué en détail ma vision de son déroulement dans cette note :

http://leblogdekad.blog.tdg.ch/archive/2016/10/20/pourquo...

Or, depuis 2015, la Russie a décidé de cesser de laisser faire les Etats-Unis et s’est lancée dans une politique de soutien de ses derniers alliés dans la région, en particulier la Syrie et l’Iran. Du fait de la présence à la fois des Russes et des Américains dans un même conflit, nous faisons ainsi face à une situation inédite car jusque-là tous les conflits s’étaient déroulés par proxy interposé. Ainsi, le conflit syrien et ses possibles métastases représentent un danger sans précédent, en tout cas depuis la crise de Cuba en 1962.

bombardement yemen.jpgLa position de la Turquie, qui se rapproche du camp des émergents bien que faisant partie de l’OTAN, risque également de faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Une Turquie quittant l’OTAN et s’alliant à la Russie donnerait ainsi un avantage stratégique important à cette dernière. Ce d’autant plus si la Syrie était à nouveau sécurisée. Dans ce cas, on pourrait tout simplement parler d’un échec total des Américains à s’imposer dans la région.

Et si Donald Trump s’est dit décidé à reprendre un dialogue constructif avec la Russie, ce qui tranche nettement avec la politique va-t-en-guerre de ses prédécesseurs, tout danger n’est pas écarté pour autant. Sa volonté de remettre en question l’accord sur le nucléaire iranien en particulier pourrait relancer un conflit larvé avec ce pays. Et l’antagonisme exacerbé entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ainsi qu'avec Israël est une véritable bombe à retardement qui pourrait mener le monde entier dans une guerre totale, le jeu des alliances jouant le même rôle que celui qu’il a tenu en 1914. Cela fait donc du Golfe, plus que jamais, la zone de tous les dangers.

Note suivante : Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu'à exploser

28/11/2016

Le front européen : la stratégie d’encerclement (partie 2)

Note précédente : La 3ème guerre mondiale a-t-elle commencé en 2011 ?

Dans sa tentative d’encercler la Russie et de la priver de sa zone tampon avec elle, les Etats-Unis ont tout d’abord fait entrer les pays baltes dans l’OTAN, rompant ainsi avec ses promesses de ne pas faire progresser l’organisation vers l’est. Puis ils ont essayé de renverser les pouvoirs en place en Ukraine et en Biélorussie au travers des révolutions de couleur. Cette stratégie est en tout point identique à celle des printemps arabes qui ont fait tomber plusieurs gouvernements plutôt favorables à Moscou au sein des pays musulmans.

L'affaire des missiles anti-missiles en Europe de l'Est a continué à enfoncer le clou. A première vue, il s'agit d'armes défensives servant à contrer des armes offensives. Mais en réalité, le but des armes nucléaires est d'empêcher une attaque, l'adversaire sachant qu'il va être totalement détruit s'il attaque. Sur le fond elles ont donc un but défensif. Les armes anti-missiles servant à contrer cette stratégie, elles doivent donc être considérées comme des armes offensives, car elles facilitent une attaque conventionnelle. C'est pour cette raison que la Russie a réagi avec tant de véhémence à leur implantation. Et si elles avaient véritablement été destinées à contrer les armes nucléaires iraniennes comme ça a été annoncé, pourquoi y sont-elles encore alors qu'un accord avec l'Iran a été signé ?

troupes russes.jpgOn doit aussi citer la tentative de chasser les Russes du territoire de la Géorgie à l’aide du gouvernement totalement acquis à l’Occident et de son armée en grande partie équipée et soutenue par les Etats-Unis. Le but final de cette opération, dont la réussite a été empêchée par la réactivité de la Russie, était l’entrée d’une Géorgie réunifiée dans l’alliance atlantique et son ancrage définitif dans le bloc occidental. Au passage, cette opération au résultat désastreux a mené à la prise d’une grande quantité de matériel d’origine américaine par les troupes russes. Selon certains experts, cette prise aurait fortement aidé l’armement russe à progresser sur le plan technologique. En particulier, les systèmes de guidage hautement sophistiqués des missiles anti-aériens et anti-missiles S400 puis bientôt des S500 y trouveraient leur origine.

Si l’on tient compte de tous ces éléments, on parvient à dessiner les contours du plan géostratégique des Etats-Unis, qui tentent de priver la Russie de sa zone tampon et de se l’approprier en l’intégrant à l’OTAN. Elle a aussi pour but de réduire au minimum l’accès russe à la mer noire. En effet cette mer est le seul accès russe à une mer libre de glace toute l’année et cet accès a toujours été considéré comme vital pour la marine de ce pays. Le point d’ancrage traditionnel de la flotte de la mer noire se trouve d’ailleurs à Sébastopol depuis que la Crimée a été annexée à l’Empire russe par la Grande Catherine en 1783. (prise à l’Empire ottoman) La Crimée représente ainsi l’enjeu majeur de la domination de l’Ukraine. En effet, cette péninsule traditionnellement russe avait été offerte à l’Ukraine par le président soviétique Khrouchtchev originaire de la région. Si cette annexion à l’Ukraine n’avait que très peu d’importance à l’époque, elle est devenue tragique pour sa population à très forte majorité russe lors de la scission de l’Union soviétique.

Si la Biélorussie reste imperturbablement favorable à la Russie et immune aux révolutions de couleur, il n’en va pas de même de l’Ukraine où une bonne partie de la population souhaite se rapprocher de l’Europe et de l’OTAN. La situation est d’ailleurs encore plus complexe qu’il n’y paraît si on tient compte du fait que le peuple russe considère être originaire de la capitale ukrainienne Kiev. Plus exactement, c’est de ce carrefour entre Constantinople et la Scandinavie que tous les peuples slaves sont issus. Difficile dans ces conditions de laisser l’Ukraine quitter le giron de la Russie pour celui des Etats-Unis.

euromaiden.jpgC’est donc dans ce contexte qu’a éclaté la crise ukrainienne en 2013. Le président Ianoukovytch, pourtant légalement élu, est brutalement remplacé par une révolution clairement aidée par les Etats-Unis, suite à sa décision de mettre fin aux négociations d’adhésion à l’UE. Mais les choses s’enveniment lorsque la Crimée décide par référendum de faire sécession pour rejoindre la Fédération de Russie. De plus la partie orientale de l’Ukraine, elle aussi à majorité russophone, se rebelle et entre en guerre civile avec le nouveau pouvoir ukrainien. Les Occidentaux accusent la Russie d’être derrière cette insurrection, ce que nient les autorités russes.

Cette crise, toujours en cours, est une demi-réussite pour les Etats-Unis. L’un des objectifs, à savoir repousser la Russie au sein de ses frontières, est en grande partie atteint. Mais l’autre, chasser la flotte russe de la Mer Noire de Sébastopol, reste hors de portée. La Russie a pu défendre ses intérêts fondamentaux dans la région et n’a finalement rien perdu de sa puissance. Elle a en outre affirmé sa puissance sur le plan géopolitique, ce qui a mis les stratèges étasuniens hors d’eux.

La flotte de la Mer Noire reste ainsi en place et n’a pas été neutralisée. Ceci a d’autant plus d’importance que l’ambiguïté de la position d’Ankara laisse planer le doute sur le point de passage hautement stratégique des Dardanelles. En effet, l’un des principaux buts de la participation de la Turquie à l’OTAN a toujours été le contrôle de ce détroit, qui sépare la mer Noire de la Méditerranée. S’il n’était plus possible d’interdire aux navires russes de l’emprunter en cas de conflit, la flotte de la Mer Noire acquerrait un accès total à la Méditerranée et à tout le sud de l’Europe. Et compte tenu des hésitations européennes concernant la demande d'adhésion à l'UE, adhésion fortement souhaitée par Washington afin d'ancrer la Turquie dans le camp occidental, il est très possible que la Turquie choisisse finalement de rejoindre une alliance avec la Russie et la Chine.

Finalement, les conflits ukrainiens et géorgiens ne sont toujours pas vraiment résolus. Il reste deux possibilités de départ de confrontation directe entre les deux superpuissances militaires, même si la plus probable reste le Proche-Orient.

Note suivante : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

24/11/2016

La 3ème guerre mondiale a-t-elle commencé en 2011 ? (partie 1)

J’ai retrouvé un billet que j’avais écrit il y a plus de 7 ans dans lequel je m’inquiétais du pourrissement de la situation sur la scène internationale et de l’émergence de 2 camps antagonistes qui pouvaient bien faire plonger le monde dans une nouvelle guerre mondiale, sans doute bien plus meurtrière que les deux précédentes. J’envisageais alors que nous vivions peut-être une nouvelle période assimilable aux années 30 durant lesquelles on aurait pu prévoir ce qui se préparait sans y parvenir tant on avait choisi de fermer les yeux.

http://leblogdekad.blog.tdg.ch/archive/2009/10/21/vivons-...

Si à l’époque, c’était surtout les programmes nucléaires iranien et nord-coréen qui m’inquiétaient, il est vrai qu’aujourd’hui les inquiétudes se concentrent surtout sur la Syrie, enjeu majeur pour ces 2 mêmes camps. Car les camps n’ont quant à eux pas changé. Le camp occidental avec les Etats-Unis et l’OTAN comme fers de lance et sans doute l’Arabie Saoudite, le Qatar et Israël jouant de leur influence en coulisse pour que les décisions prises correspondent à leurs intérêts en priorité. Le camp des ‘émergents’ d’autre part, avec la Russie et la Chine surtout, mais aussi des pays comme l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord notamment. Et finalement entre les deux, la Turquie, membre de l’OTAN mais dont on ne sait toujours pas vraiment dans quel camp elle se situe.

C’est vrai que les simagrées du régime nord-coréen font aujourd’hui plus sourire que peur, mais leur programme nucléaire progresse et ils se disent prêts à construire une bombe suffisamment petite pour prendre place au sommet d’un de leurs missiles. Et si pour l’instant il est vrai que la menace iranienne semble passée, Donald Trump parle de remettre en question l’accord sur le nucléaire iranien, ce qui pourrait la réactiver. Et il faut dire que l’antagonisme qui existe entre l’Iran et la Syrie d’une part, Israël et l’Arabie Saoudite d’autre part pourrait être la cause d’un embrasement généralisé au Proche Orient. Nous sommes donc loin d’être à l’abri et il n’est pas encore temps de célébrer la paix retrouvée.

Si c’est en Syrie que se joue l’acte crucial de cette guerre, avec la présence de plusieurs de ces acteurs de la guerre, ne s’agit-il pas tout simplement d’un acte d’une guerre de bien plus grande échelle ? Quand on vit une guerre mondiale, on ne sait pas immédiatement que c’en est une. Lorsque l’Allemagne avait envahi la Pologne en septembre 1939, on ne parlait que d’une guerre localisée. On n’avait pas encore donné le nom de seconde guerre mondiale à cet épisode. Ce sont les historiens qui ont décidé plus tard de fixer le début de cette guerre au moment de ce premier acte. Alors ne serions-nous pas actuellement lancés dans une nouvelle guerre de grande envergure, pour l’instant encore localisée dans une région du monde ?

Si c’est le cas, on pourrait faire remonter le début de cette guerre mondiale à différents moments, par exemple le début de la guerre en Syrie, la guerre en Georgie, etc… Mais pour moi l’acte qui a véritablement lancé cette guerre est l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011, qui avait été autorisée par l’ONU, mais qui a été transformée en forfaiture du point de vue du camp opposé puisque de simple exclusion aérienne, l’opération a été transformée en renversement du régime et en assassinat du président. (We came… we saw… and he died !)


armee-francaise1.jpgEt cet acte a créé une situation de chaos dont nous mesurons toujours à peine les conséquences. Entre les bandes armées qui ont été libérées et qui sévissent dans toute la moitié nord de l’Afrique et ayant déjà nécessité plusieurs opérations de la France, les réfugiés que Kadhafi retenait et qui maintenant se lancent dans la Méditerranée avec l’espoir dérisoire de trouver un eldorado au nord de cette mer et finalement une partie du pays qui a fait allégeance à Daesh. Il est d’ailleurs probable que des terroristes de Daesh se soient mêlés aux réfugiés, avec l’intention de porter la guerre au cœur de l’Europe. Ce chaos causé par l’opération de 2011 peut donc avoir des conséquences gigantesques avec ce retour de bâton qui pend au nez des Européens.

Les opérations au Mali et dans le reste de l’Afrique subsaharienne, destinées à contenir le chaos ainsi provoqué et à repousser les rebelles au nord du Sahara, font donc entièrement partie de ce premier épisode. Ces opérations étant toujours en cours et une nouvelle intervention en Libye visant à rétablir l’ordre dans ce pays étant toujours d’actualité, ce premier épisode n’est donc toujours pas clos. Mais d’autres épisodes ont débuté par la suite et sont, eux aussi, toujours en cours. Cela montre bien comme la situation s'est dégradée depuis.

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31/10/2016

Droits de l'homme

Voici quelques questions dont vous trouverez la réponse dans la suite de la note:

1. Quel pays a une législation extrêmement proche de celle de l'Etat Islamique, à savoir une application rigoureuse de la charia ?

2. Quel pays fait chaque année des centaines, voire probablement des milliers, d'exécutions selon Amnesty International ?

3. Quel pays a fait 28 exécutions durant l'année 2015 ?

4. Quel pays a cessé de pratiquer la peine de mort depuis 1999 afin de répondre aux exigences du Conseil de l'Europe ?

5. Lequel de ces pays ne fait plus partie du Conseil des Droits de l'Homme à l'ONU ?

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20/10/2016

Pourquoi différencier à ce point la "libération" de Mossoul et le "martyre" d'Alep ?

Oui pourquoi accuse-t-on les Russes de crimes de guerre, pour faire exactement la même chose à Alep que les Américains et les Français à Mossoul ? Y a-t-il de bons et de mauvais bombardements ? Les populations civiles ont-elles une valeur différente suivant qui les bombarde ? Et existe-t-il une hiérarchie de valeurs entre les groupes terroristes ? Ceux d'Al Nosra (branche d'Al Qaida pour ceux qui l'ignoreraient encore) sont-ils plus dignes de respect que ceux du pseudo-Etat Islamique ? Toutes ces questions, on dirait que les médias font tout pour éviter que le grand public se les pose. Mais je pense qu'il devient de plus en plus difficile de manipuler les esprits tant les ficelles utilisées deviennent grossières.

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15/11/2015

Lettre à François Hollande

Monsieur le Président, tel Boris Vian, je vous fais une lettre. Mais contrairement à lui, je doute que vous la lirez, car avec les problèmes que vous devez gérer ces jours-ci, il est évident que vous n’en aurez pas le temps.

Tout d’abord il faut que vous sachiez que je ne suis pas de vos amis politiques. Je ne vous ai pas élu. Je n’ai pas non plus choisi votre adversaire du second tour car, incapable de faire le choix du moins médiocre, j’ai préféré l’abstention. Et non, je ne suis pas un adepte du Front National, je me refuserai toujours à voter pour ce parti. En fait je suis membre de cette frange de la population qui ne se reconnait plus dans la politique et qui fait par dépit le choix du mal. Une frange devenue majoritaire dans un pays malade de sa politique.

Il y a déjà quelques années, j’ai dit de vous que vous étiez le plus mauvais chef d’Etat depuis Louis XVI. Au passage, vous remarquerez que cela vous place dans mon palmarès derrière Philippe Pétain, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très reluisant. J’ai aussi dit que vous aviez réussi un tour de force incroyable. Vous avez réussi à nous faire regretter votre prédécesseur, ce qui n’est pas peu dire ! Je ne prétends pas qu’il ait réussi de grandes choses, non. Mais au moins, il arrivait à donner le change avec un semblant de posture d’homme d’Etat.

J’avais finalement ajouté que si vous étiez le pire chef d’Etat depuis Louis XVI, je vous souhaitais de connaître une fin de règne moins dramatique. Je vous le souhaite toujours.

Aujourd’hui, les Français peuvent, à mon grand regret, considérer l’étendue des dégâts provoqués par votre politique internationale et par celle de votre prédécesseur. Cela avait commencé avec l’intervention en Lybie. Oui je sais, vous n’en êtes pas personnellement responsable, c’est Nicolas Sarkozy qui était alors au pouvoir. Et c’est à vous qu’il revient de gérer les conséquences du chaos causé par cette intervention. Mais vous êtes par contre responsable de la continuation de la même politique, particulièrement en Syrie.

Votre féroce détestation du régime de Bachar El-Assad vous a semble-t-il amené à vous investir dans un conflit interne qui ne regardait pas la France. Etant notre Président, vous nous avez ainsi tous impliqués. Je vous ferai remarquer au passage que si le régime syrien n’est pas des plus sympathiques, JAMAIS il n’avait menacé la France ! Il n’y avait donc aucune raison dans ce cas de se montrer si belliqueux à son égard. Tout au plus, la diplomatie française aurait-elle pu promouvoir les valeurs des droits de l’Homme et de la démocratie. Elle aurait dû œuvrer pour aider à une transition pacifique afin de régler un conflit interne destructeur. D’ailleurs le droit international ne nous autorisait en aucun cas à nous mêler des affaires intérieures syriennes. Mais vous avez fait le choix de l’ingérence et de l’illégitimité et désormais nous devons collectivement assumer les conséquences de ce choix.

Vous l’avez désormais compris, la France est en guerre. Non seulement c’est votre politique qui est responsable de cette guerre, mais pire, vous avez très largement contribué à la création de notre ennemi. Il y a très peu de précédents historiques à une pareille naïveté. On peut éventuellement citer Al-Qaida que les Américains ont contribué à créer avant qu’il devienne son pire ennemi. Mais refaire la même bêtise si peu de temps après me paraît inconcevable. N’apprendrons-nous jamais rien de l’histoire ? Où y-a-t-il une volonté délibérée de créer le chaos ? Si c’est le cas, ce chaos retombe aujourd’hui sur nos têtes. Et nous ne vous en remercions pas.

Vous aviez sans doute pensé que les ennemis de nos ennemis n’étaient pas tout à fait nos amis, mais enfin… Et n’y avait-il pas plusieurs nations soi-disant amies derrière ce prétendu Etat Islamique ? Mais l’agenda politique de ces Etats ne coïncide visiblement pas avec l’intérêt supérieur de la nation française. Vous avez été élu par le peuple français, c’est donc à lui que vous rendez vos comptes. Il est par exemple tellement évident que vous idolâtrez le Président Obama. A titre personnel, je ne vous en tiens pas rigueur, vous en avez le droit. Mais jamais cette adoration aurait dû se transformer en soumission. La France est un grand pays et le monde a besoin d’une France indépendante et forte qui agisse pour la paix et la défense des droits de l’Homme. Rappelez-vous quand Jacques Chirac a choisi de ne pas suivre les Américains dans leur volonté de destruction de l’Etat irakien. Le monde a alors chéri la France. C’est ça le rôle qu’on attend de nous, pas de suivre bêtement les Etats-Unis quelle que soit la pertinence de leur politique.

Pire encore, votre soumission aux intérêts de plusieurs états de la région me paraît très coupable. Il est évident que leur amitié pour la France n’est que de façade. Ce qu’ils cachent, c’est qu’ils souhaitent le dépeçage de la nation syrienne afin de se partager les morceaux. Je ne vois vraiment pas pourquoi la France doit les y aider.

Votre haine de Vladimir Poutine est tout aussi évidente et il est clair qu’elle empiète sur votre jugement. Je ne dis pas que c’est un saint homme. Il a des défauts indéniables et certains points de sa politique intérieure sont très critiquables. Mais contrairement à vous il possède une caractéristique importante : c’est un vrai leader. Son peuple le suivrait même en enfer s’il disait que c’est pour le bien de son pays. Et vous devez aujourd’hui convenir que votre tentative de faire sans lui est un total fiasco. La Russie est un acteur incontournable de la scène internationale, et cela particulièrement en Syrie.

Pour en terminer avec ces constats, je dirai que ces derniers mois, nous avons assisté à l’intensification de l’arrivée de ces gens que vous appelez "migrants". Cette intensification est tout à fait suspecte, car elle ne répond à aucune intensification du conflit syrien. Vous auriez donc dû vous demander que venaient faire ces gens. Bien sûr, la majorité d’entre eux est composée de pauvres gens qui n’ont rien demandé. Votre humanisme me paraît dans l’ensemble justifié. Mais ce qui me paraît injustifié, c’est d’accepter ces gens sans aucune vérification. La moindre des choses aurait dû être de vérifier leur provenance, essayer de savoir qui ils sont. On ne peut en aucun cas accepter la venue d’une population hétéroclite sans tri préalable. Mais vous avez naïvement choisi de les laisser venir en groupe. Je suis persuadé que des éléments très dangereux en font partie. C’est une véritable cinquième colonne de l’Etat Islamique qui est désormais au sein de nos frontières. Et c’est vous qui les avez laissé entrer.

Voilà maintenant ce que j’attends de vous. Je ne prétends pas parler au nom de tous les Français, mais je pense que c’est une question de bon sens.

Sur le plan intérieur, il va falloir débusquer cette cinquième colonne. Au sein de nos villes, de nos banlieues, mais aussi de ces nouveaux arrivants. Vous avez décrété l’Etat d’urgence afin de donner des pouvoirs étendus à la Police. Ca n’est certes pas une décision facile à prendre, mais je vous félicite de l’avoir fait. J’espère que cela présage un changement de politique bénéfique.

Sur le plan international, la première chose à constater, c’est que la France est en guerre ouverte. Une guerre que nous n’avons pas souhaitée, mais provoquée. C’est désormais un état de fait et il n’y a pas de retour en arrière possible. Il va falloir que vous vous décidiez à rompre avec vos sentiments profonds et que vous acceptiez de collaborer avec ceux que vous n’aimez pas. El-Assad et Poutine ne sont pas des saints, mais eux au moins ne sont pas les ennemis de la France. Il est temps de faire le bon choix en vue d’éliminer la purulence islamiste qui putréfie cette région du monde. Il sera ensuite toujours temps de faire fonctionner la diplomatie pour que la Syrie devienne un vrai état de droit.

Et quant à votre ami Obama, il est temps de lui faire comprendre que la France est un état indépendant qui défend ses propres intérêts. S’il veut vous suivre, il est le bienvenu. Sinon, il peut rester à l’écart, cela ne nous pose pas de problème.

Nous attendons de vous de prendre de vraies décisions, de devenir le leader que vous n’avez jamais réussi à être. Je ne me fais malheureusement que très peu d’illusions et je ne vous en crois pas capable. Mais s’il vous plaît, Monsieur le Président, prouvez-moi que j’ai tort.

Cordialement.

Pascal Carlier

27/08/2013

Attaque de la Syrie ?

Les Américains et autres Occidentaux savent. Les experts de l'ONU n'ont pas encore commencé leur travail que les Américains ont déjà décidé de punir le régime de Bachar pour l'attaque au gaz sarin sur des populations civiles. Ils n'ont pas besoin de montrer leurs preuves car leur conviction leur vient de leurs services secrets, source connue pour être la plus sûre au monde.

Ils sont tout aussi sûrs d'eux qu'en 1990 lorsqu'une jeune koweïtienne avait ému tout le congrès des Etats-Unis, ainsi que l’opinion publique mondiale, en affirmant que les soldats irakiens tuaient sans remords des bébés dans des couveuses de l'hôpital de Koweït City. Un crime crapuleux qui avait justifié à lui seul l'intervention internationale au Koweït. (source Wikipedia - à lire)

Ils sont aussi sûrs d'eux que lorsque Colin Powell avait annoncé en 2003 au Conseil de Sécurité de l'ONU que les Etats-Unis avaient des preuves que l'Irak possédait des armes de destruction massive. Ils n'avaient toutefois pas réussi à convaincre la communauté internationale et sont finalement partis en guerre avec seulement quelques alliés. (inutile de rappeler que finalement, l'Irak ne possédait aucune arme de destruction massive au moment où Colin Powell affirmait le contraire au monde entier)

Ils sont aussi sûrs enfin que lorsque les incidents du Golfe du Tonkin les avaient amenés à s'investir massivement dans la guerre du Viet-nam en 1964. (Source Wikipedia - à lire également)

Finalement, pourquoi croire sur parole le gouvernement d'un pays qui a pris l'habitude de mentir à tour de bras pour pousser la communauté internationale dans leurs guerres ?

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19:31 Publié dans Monde, Politique | Tags : syrie, gaz sarin | Lien permanent | Commentaires (33)

29/05/2013

La bombe nord-coréenne

Imperturbable, la Corée du Nord continue à snober toute la planète. Elle souffle le chaud et le froid, faisant parfois croire qu'elle souhaite négocier et faisant apparaître le reste du temps son vrai visage manipulateur. Le fait est qu'elle tient désormais le couteau par le manche et que l'Occident n'est plus en position de force pour négocier. La faute à un attentisme que je dénonce depuis longtemps.

D'un autre côté, on veut se montrer rassurant. Les Coréens ne souhaitent pas vraiment posséder la bombe mais veulent juste obtenir quelque chose en échange du retrait de leur programme nucléaire. Mais en réalité, rien ne le laisse penser. Au contraire, la stratégie de négociation des Nord-Coréens montre plutôt qu'ils gagnent du temps. Ils laissent les Occidentaux penser être sur la bonne voie un moment, puis ils se rétractent et quittent la table des négociations. C'est un jeu qu'ils pratiquent très bien et ils auraient tort de s'en priver tant on les laisse faire.

Le problème aussi c'est qu'il faut jouer serré sur le plan politique. Derrière la Corée du Nord, il y a la Chine. Elle participe certes aux négociations, mais elle ne laissera jamais les sanctions aller trop loin. Et surtout, une action armée reste exclue, à cause du risque d'embrasement que cela comporte.

Et puis, plus le temps passe, plus les négociateurs occidentaux sont dans leurs petits souliers. Une nation possédant l'arme nucléaire ne peut plus être menacée. C'était avant qu'il fallait agir. Maintenant il est trop tard.

Alors on essaye de minimiser la menace. Les Nord-Coréens ne possèdent pas encore d'armes suffisament miniaturisées pour prendre place au sommet d'un missile balistique. Et même si un missile pouvait être équipé d'une arme nucléaire, il serait abattu en vol par les armes anti-missiles déployées aux alentours. Mais en réalité, ceci ne résiste pas à une analyse. Car si on possède une arme nucléaire trop grande ou trop lourde pour être lancée par un missile, il existe des vecteurs bien plus simples pour acheminer la bombe à sa destination.

Pourquoi par exemple, sachant qu'aucun missile ne parviendrait jamais à atteindre sa cible, ne transporteraient-ils pas les bombes dans des containers, par route ou par mer, pour les cacher dans les capitales de chaque pays avec lesquels ils sont en négociation ? Ils pourraient ensuite faire chanter le monde entier. Ils seraient les nouveaux maîtres du monde.

De la science-fiction ? C'est impossible ? Si je ne pense pas qu'ils pourraient faire sortir des bombes par la mer tant ils sont surveillés, je pense qu'il serait bien plus facile de le faire en passant par la Chine, ce pays continuant à commercer avec eux. Ils pourraient ainsi mêler les containers aux milliers d'autres qui transitent probablement par la frontière.

Bref, j'espère me tromper. Mais qui sait si les Nord-Coréens ne sont pas déjà en train de préparer un coup de ce genre ? Après tout, quelle autre stratégie pourrait être gagnante ? Ils semblent vraiment penser pouvoir gagner contre le monde entier. Il doit y avoir une raison à cela...

16/12/2012

Qui a peur des Mayas ?

Bon d'accord. Nous n'avons plus que 5 jours à vivre. C'est en tout cas ce que nous prophétisent une partie des interprètes du fameux calendrier Maya. Ceci serait dû au fait que nous allons vivre la fin d'une période d'un peu plus de 5125 ans depuis le début de notre monde. Début du monde placé donc en 3114 av. JC.

Ce qui est intéressant, c'est que cela place le début du monde Maya aux alentours du début de notre histoire. Sans doute pas un hasard: la naissance de la civilisation est une des périodes les plus cruciales pour l'humanité et il est possible que les Mayas aient pû s'y référer. Il est possible aussi qu'ils aient eu des connaissances particulières sur l'histoire du monde et en particulier de leur continent. Connaissances que nous avons peut-être oubliées depuis.

Mais même en admettant qu'ils aient eu connaissance d'un phénomène qui se serait produit en 3114 av. JC, cela signifie-t-il pour autant que ce phénomène soit cyclique ? C'est peut-être ce qu'on cru les Mayas. Mais sommes-nous obligés de les suivre dans cette idée ?

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11:33 Publié dans Monde, Science | Lien permanent | Commentaires (0)

09/08/2011

2008 - 2011, deux crises séparées ?

L'économie mondiale est à nouveau en train de sombrer. Tous les spécialistes tentent de dire le contraire, car leur but est d'éviter que nous cessions de consommer. Il faut éviter que le climat économique tourne à la morosité générale. Mais qui peut croire que tout va bien se passer ? Non tout ne va pas bien se passer. La crise se profile bien à l'horizon. Si soudaine qu'elle était impossible à prévoir, nous dit-on.

Vraiment ? En réalité, cette crise n'est qu'une conséquence directe de la gestion déplorable de la précédente crise. En effet, en 2008, on nous a affirmé qu'il fallait tout faire pour sauver le système bancaire. Que sans cela, toute l'économie allait s'éffondrer. Et à court terme, c'était peut-être vrai. Il est possible que la crise que nous avons vécue en 2009 a été bien moins grave qu'elle n'aurait pu l'être sans l'intervention des états. Mais le problème de fond c'est la solvabilité des états. Qui pouvait croire que les états étaient capables de sortir de leur portefeuille des sommes se comptant en milliers de milliards ? Qui pouvait être assez naïf pour cela ?

Dans ce monde, l'argent ne se fabrique pas d'un coup de baguette magique. L'argent, se fabrique en créant de la dette ! Et si c'est vrai pour un particulier qui veut changer de voiture ou s'acheter un appartement, il en va de même pour les états. Et croire que des états déjà fortement endettés sont capable de débourser des sommes faramineuses au moment même où leurs revenus fiscaux sont en chute libre, il faut vraiment être fou. Ou être prévisionniste économique.

Malheureusement, comme on pouvait s'y attendre, les marchés n'ont rien appris. Tout ce qui a été fait, c'est retarder l'échéance. Les bonnes intentions des débuts du G20 sont restées lettre morte. Le système financier international n'a pas été assaini. Les incendiaires d'hier sont toujours en poste et reçoivent toujours leurs bonus faramineux comme récompense pour avoir réussi à piller les fonds publics. Les banques n'ont pas eu à changer leurs habitudes puisqu'elles ont échappé à l'incendie qu'elles ont elles-mêmes allumé.

La réalité, c'est que la crise grecque, la crise portugaise, la crise américaine, les futures crises italiennes, espagnoles, puis bientôt françaises et allemandes sont toutes des conséquences directes de la gestion à court terme de la crise financière de 2008. On a sauvé les banques, mais on a fait couler les états. Et au final, l'insolvabilité des états fera tout de même couler les banques et tout le système économique avec. Personne ne pourra venir en aide aux banques cette fois. Car le système d'autofinancement de la dette est arrivé à son point de rupture. Le niveau pharaonique de la dette au niveau mondial doit maintenant régresser drastiquement. C'est ce qu'on appelle la compression des marchés. En termes politquement corrects un "rajustement". Et l'argent créé artificiellement à partir de ces dettes doit disparaître.

Au final, le PNB mondial va beaucoup baisser. Et qui dit PNB en baisse dit moins d'argent, donc moins d'emploi. Les temps vont être rudes. Mais peut-être que c'est nécessaire. Car quand les gens comprendront enfin qu'on les prend pour des imbéciles, peut-être qu'ils se décideront à descendre dans la rue. Peut-être qu'ils comprendront enfin qu'on a fait d'eux les esclaves d'un système économique pourri jusqu'à l'os où quelques pontes manipulent tout y compris les gouvernements, dans le seul but de se remplir les poches. Une économie qu'on a voulu mondialisée, non pas pour faire progresser le tiers-monde, mais pour mettre les travailleurs de tous pays en concurrence et pour mieux les asservir. Peut-être qu'il faudra que les gens commencent à souffrir de la faim pour cesser de se laisser bercer par leur petit confort et par les illusions de la télé-réalité. Au final, il faudra peut-être passer par une table rase pour créer un monde nouveau où l'économie sera au service de l'homme plutôt que le contraire...

04/05/2011

LA Théorie du Complot

Ces jours, comme souvent lorsqu'un évènement lié au 11 septembre et aux guerres qui ont suivi se produit, on n'arrête pas d'entendre parler de LA Théorie du Complot. Oui c'est exprès que je mets l'article en lettres capitales et que je mets également des majuscules aux mots "théorie" et "complot", comme si c'était des noms propres. C'est pour souligner qu'on ne dit jamais "une" théorie du complot, ce qui pourrait signifier que les "complotistes" ne sont pas un groupe uniforme, mais bien "la" théorie du complot, car oui, il n'y en a qu'une. Autrement dit, comme j'ai pu le lire il y a quelques jours dans "le 20 minutes", si vous croyez qu'il y a quelque chose de bizarre dans les attaques du 11 septembre, alors vous croyez forcément que les Américains ne sont jamais allés sur la Lune, que par contre ils ont des relations diplomatiques régulières avec une race extra-terrestre, que l'internationale juive cherche à dominer le monde, que les Illuminati sont de retour et manipulent les gouvernements et même que l'antéchrist est parmi nous et qu'il s'apprête à annéantir le monde le 21 décembre 2012. Autrement dit, vos idées sont RIDICULES ! Car LA Théorie du Complot à laquelle vous croyez est une gigantesque manipulation créée par des groupes qui cherchent à déstabiliser le fragile équilibre de la démocratie à l'occidentale et la livrer à des groupes d'extrême-gauche ou pire, islamistes. Bref... un complot quoi.

Mais non, vous n'avez rien compris. Les complots ça n'existe pas. Pas au sein des démocraties en tout cas. Jamais par exemple, un gouvernement américain ne se serait permis de créer un groupe d'espionnage parallèle dans le but d'espionner le parti opposé. Jamais en tout cas si c'était pour privilégier des intérêts propres à ce gouvernement au détriment de ceux de ses ennemis politiques. C'est en tout cas ce qu'auraient dû se dire ces deux journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, lorsqu'on leur a donné cette information. C'était forcément les Complotistes (avec un grand C) qui avaient inventé cette théorie. A l'époque, en 1974, ils étaient bien sûr à la solde de l'Union Soviétique et avaient pour but de déstabiliser le gouvernement américain. Malheureusement, ces mauvais journalistes ont décidé de faire du journalisme d'investigation et ont creusé les informations qu'on leur avait données. Il en est ressorti l'affaire du Watergate et à eux deux, avec l'aide toutefois de W. Mark Felt, alias "Gorge profonde", ils ont tout bonnement envoyé ce gouvernement dans les poubelles de l'histoire. Ils étaient seuls contre tous et le moins qu'on puisse dire c'est qu'on leur a mis des bâtons dans les roues. Mais se sont-ils découragés ? Ont-ils choisi de suivre les directives et de ne présenter que la version officielle ? Non, ils ont décidé d'aller jusqu'au bout. De mettre leur carrière ou même leur vie en danger pour découvrir toute la vérité. Ces deux journalistes sont de véritables héros. Malheureusement, il semble qu'il n'en existe plus de comme ça aujourd'hui.

Et c'est bien là le problème. Si les gens se tournent vers des sources d'information alternatives, c'est que le journalisme "officiel" est devenu un organe de propagande d'état, qui ne cherche en aucun cas à vérifier les informations qui lui sont transmises. Pire, les journalistes se détournent systématiquement de ces sources alternatives, les considérant par défaut comme des gens pas sérieux dans le meilleur des cas ou comme des manipulateurs ayant des idées derrière la tête dans le pire. D'ailleurs si le scandale du Watergate s'était déroulé aujourd'hui, je ne crois pas un instant que le Washington Post aurait laissé Woodward et Bernstein enquêter. Ils auraient étouffé l'affaire pour privilégier l'intérêt général, qui se confond forcément avec l'intérêt du gouvernement. Et si des bruits à propos du Watergate avaient circulé sur Internet, le Washington Post se serait empressé de traiter les sites parlant de cette théorie de "conspirationnistes" et les aurait accusés de n'être que de vulgaires propagandistes de LA Théorie du Complot ! Voilà ce qu'est devenu le journalisme moderne...

C'est sans doute une manière pour les gouvernements de se protéger de l'effet d'Internet, dont on ne peut pas contrôler l'information. Chacun peut se transformer en journaliste et faire connaître au monde sa vision des choses. Parmi tout ce cafarnaüm, il y a forcément des informations véridiques. Mais pour éviter qu'elles se propagent, il faut faire passer leurs auteurs pour des demeurés ou des manipulateurs. Il faut faire peur à la population en lui disant qu'elle risque de se faire manipuler par des gens peu recommandables. Il faut la ramener à la seule véritable source d'information fiable: les discours officiels.

Et pourtant chers journalistes, vous avez une réelle opportunité de vous mettre en avant. A l'image de Woodward et Bernstein, il vous suffit de ne pas rejeter d'avance les arguments que vous entendez. Sans prendre tout pour argent comptant, il suffit de creuser, de faire une vraie investigation. Au final, vous pourriez simplement redonner à votre métier ses lettres de noblesse. Vous pourriez porter très haut les couleurs du journalisme. Mais est-ce encore possible ? J'en doute malheureusement.

20:53 Publié dans Monde, Politique | Tags : mort ben laden | Lien permanent | Commentaires (6)

11/04/2011

L’utopie d’un avenir sans nucléaire : 2. Les énergies renouvelables

Il ne sert à rien de le cacher, l’abondance de l’énergie produite aujourd’hui par le nucléaire va être extrêmement difficile à compenser. Il s’agit de rien de moins que 40% de notre production électrique. Mais remplacer le nucléaire est vital. Et ce qui est vital nécessite parfois des choix difficiles. Il faut faire avec. Alors quels sont nos choix si nous voulons nous passer de nucléaire sans laisser (totalement) tomber notre mode de vie ?

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10/04/2011

L’utopie d'un avenir sans nucléaire : 1. Sortir du nucléaire, pourquoi faire ?

En réponse à un commentaire de trapaski sur le sujet précédent, je débute une petite série de billets afin de faire la liste, non-exhaustive, d'un certain nombre de pistes qui permettraient à moyen terme de sortir du nucléaire.

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