29/10/2018

Le GIEC est-il pro-nucléaire ?

Bien sûr, le dernier rapport du GIEC ne préconise pas ouvertement d'augmenter la part du nucléaire parmi les sources d'approvisionnement mondial, mais il sous-entend implicitement que c'est la seule manière réaliste d'arriver à atteindre les objectifs qu'il fixe. Comme on peut le voir ici, l'objectif de 1,5 degrés d'augmentation maximale de la température ne peut être atteint, selon ses simulations, que dans une série de scénarios, dont les plus réalistes impliquent une augmentation du nucléaire.

Centrale.jpgA la lecture de ce rapport, les industriels du nucléaire ont dû pavoiser. Eux qui gèrent des centrales vieillissantes, dont le remplacement est très difficile et on ne parle même pas d'augmentation de la puissance totale. Un allié tel que celui-ci, c'est inespéré, non ? Enfin pas sûr. Depuis que la théorie du réchauffement climatique est apparue, et malgré la catastrophe de Tchernobyl qui avait rendu leur technologie très impopulaire, l'industrie du nucléaire s'est servie du réchauffement pour balayer toute critique. 'Comment voulez-vous lutter contre le réchauffement sans le nucléaire ?' C'est un argument d'autorité qui prend le dessus sur tous les autres... si on considère la catastrophe climatique comme la principale plaie qui nous guette pour le siècle à venir.

La plupart des écologistes se permettent bien d'être à la fois anti-nucléaires et anti-pétrole. Ils prétendent ainsi qu'on peut à la fois se passer des deux technologies. On tombe ainsi dans les scénarios les moins réalistes des simulations du GIEC. Mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne prend pas ce chemin et qu'on n'est pas près de le prendre. Bien entendu, à la fin de ce siècle, d'une manière ou d'une autre nous aurons été forcés d'abandonner ces deux sources d'énergie. Mais la manière dont nous allons nous y prendre dépend des priorités que l'on fixe.

Pour ma part, je suis profondément opposé à la technologie nucléaire, du moins celle employée aujourd'hui et qu'on continue à prôner pour le remplacement des centrales existantes, car elle est dangereuse et extrêmement polluante. Oui j'ai bien dit polluante. Le nucléaire ne produit que très peu de CO2 bien sûr, mais ce gaz inerte et présent naturellement dans l'atmosphère n'est pas à proprement parler un polluant. Ce qui pollue par exemple dans les émissions liées à la combustion de produits pétrolier, c'est les autres émissions telles que le monoxyde de carbone, les oxydes d'azote, les particules fines, car ce sont des émissions dangereuses pour la santé. Pour ce qui est du nucléaire, il produit des produits toxiques extrêmement dangereux et qui resteront dangereux pour certains des centaines de milliers d'années ! En réalité, le nucléaire est la technologie la plus polluante que l'homme n'ait jamais inventée.

Et là je ne parle même pas de la dangerosité grandissante des centrales qu'on cherche par tous les moyens à ne pas fermer, ni de l'impossible démantèlement qui nous attend et qui sera sans doute impossible à financer. En réalité, le plus probable c'est que par manque de crédits la majorité des centrales resteront ainsi, monuments en ruines éternellement radioactifs à la gloire de la bêtise et de la cupidité humaine.

Bref, la transition énergétique d'accord, mais pas à n'importe quel prix. Je disais l'autre jour à une personne qui me disait que les voitures électriques faisaient beaucoup de progrès, que tant que la part du nucléaire était ce qu'elle est et qu'on considérait comme impossible le fait de réduire la consommation de produits pétroliers sans le nucléaire, je continuerai à considérer les voitures électriques comme des voitures nucléaires et je n'en voudrai pas. En fait pour aller vers le tout électrique, il faut se donner le temps des énergies renouvelables ou d'autres solutions que la technologie du futur nous fournira, par exemple la fusion nucléaire. Ce siècle verra bien la fin des énergies fossiles car nous ne pourrons pas en produire plus. Mais vouloir en finir trop vite avec elles va nous forcer à une nouvelle course effrénée vers la construction de nouvelles centrales et ça je ne le veux pas.

03/07/2018

Le MH370 a-t-il remplacé le MH17 ?

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Le vol MH370 a disparu le 8 mars 2014 et en juillet il n’avait toujours pas été retrouvé. J’étais de ce fait de plus en plus persuadé du vol de cet appareil. Entre temps j’avais entendu parler des témoins des Maldives qui avaient vu passer à très basse altitude un gros avion se dirigeant vers Diego Garcia. J’étais également d’avis qu’à l’opposé de l’aviation civile, les militaires des pays survolés devaient posséder des données intéressantes qu’elles semblaient refuser de révéler.

En fait, je considérais comme très vraisemblable  l’hypothèse selon laquelle le pilote avait dérobé l’appareil en vue de le précipiter sur la base américaine de Diego Garcia et comme beaucoup je considérais comme plausible que l’avion ait été abattu par les militaires américains pour l’empêcher d’approcher trop près de l’île. L’omerta servirait dans ce cas à cacher la destruction d’un avion civile par les militaires, ce qui serait difficilement acceptable par l’opinion publique. C’est cette hypothèse que défend toujours Ghyslain Wattrelos dont la femme et les deux enfants ont disparu dans le crash et dont la vérité sur cette disparition est devenu depuis l’unique combat. Pour ma part, je n’y ai cru que jusqu’au mois de juillet, alors qu’un autre événement m’a fait changer d’opinion.

J’étais d’ailleurs en vacances et je m’intéressais alors peu à l’actualité mondiale, comme on peut le comprendre. J’ai donc bien failli manquer l’info. Mais quand j’ai fini par apprendre que le 17 juillet, un appareil avait été abattu dans le Donbass, à l’Est de l’Ukraine et que cet appareil portait le code MH17, ça m’a naturellement fait tilt. J’étais toujours dans l’attente d’un événement qui marquerait le retour du MH370 et le crash d’un avion portant le sigle de la même compagnie, à seulement 4 mois d’écart, c’était vraiment incroyable. Certains diront que le hasard fait bien les choses. Et je ne suis pas du genre à dire que je ne crois pas au hasard. Parfois des coïncidences étranges se produisent. Mais là, il s’agissait de deux appareils absolument identiques, des Boeing 777-200ER de la compagnie Malaysia Airlines, qui avaient disparu à quelques mois d’écart dans des circonstances très douteuses à chaque fois. On n’est plus dans le domaine des coïncidences mais de la curiosité statistique.

Il était d’autant plus nécessaire de s’intéresser à ce double mystère que la zone du crash faisait partie du petit nombre de régions disputées par les deux grands camps au niveau mondial, qui en faisait et en fait toujours un enjeu géostratégique majeur. J’avais donc évidement conscience de ce qu’impliquait ce crash au niveau géopolitique. Si les deux factions ukrainiennes se rejetaient la responsabilité de la destruction de l’appareil, c’était aussi les Etats-Unis et la Russie qui jouaient un bras de fer derrière eux. Et il semble clair aujourd’hui que le premier effet qu’à eu cet événement sur la situation mondiale a été de relancer définitivement la guerre froide entre les deux blocs. Ça n’est pas rien et ça mérite donc de s’y intéresser de plus près.

L’avion tombé du côté des forces pro-russes, c’est naturellement ces dernières qui sont arrivées sur les lieux en premier. Il se trouve qu’ils ont été très étonnés par ce qu’ils ont vu sur place. Mais quand un général des forces pro-russes dit que les cadavres qu’il a vus ne lui ont pas paru très frais, on est en droit de mettre sa parole en doute. Sauf que… il est extrêmement improbable qu’il ait eu à ce moment-là l’idée que cette parole pourrait ramener certains au MH370 ! Cela impliquerait qu’il se soit dit qu’il fallait instiller dans l’esprit des conspirationnistes occidentaux des informations lacunaires qui les pousseraient à imaginer un scénario alambiqué d’échange d’avions. Cela bien sûr dans l’espoir plus qu’improbable que ces conspirationnistes arrivent un jour à faire éclater la vérité (ou plutôt dans ce cas la vérité issue de son mensonge) et à renverser leurs gouvernements. Non, personnellement j’ai plutôt décidé de tabler sur la sincérité de ce général, qui n'avait pour moi aucun intérêt à faire ce commentaire !

Un film, dont j’ai hésité à mettre le lien, circule sur Internet. Dans ce film, une légiste ukrainienne montre des images de la scène du crash qu’elle a elle-même filmées lors de son arrivée, très peu de temps après la destruction de l’avion. Ce film est assez insoutenable, je laisserai donc chacun faire ses propres recherches pour le trouver, s’il le souhaite. Je déconseille en tout cas les âmes sensibles de le regarder tant c’est dur à regarder. Ce qu’il montre en tout cas corrobore le témoignage du général. On y voit des corps en état de décomposition, les lèvres et la langue noircies, sans la moindre trace de sang, mais dont s’échappait un liquide verdâtre, dont elle disait qu’il produisait une forte odeur chimique. On y voit énormément de corps de type asiatique, alors qu’au moins deux tiers des passagers du MH17 étaient des Européens. La plupart étaient nus, aucun n’était encore attaché à son siège. Bien entendu, le reportage montre un à-priori de cette femme qui semble déjà convaincue qu’elle a vu les corps des passagers du MH370. Mais je pense qu’elle s’est forgée cette opinion après coup, en faisant ses recherches sur Internet. Elle avait été fortement secouée par le spectacle auquel elle avait assisté, une mise en scène devrait-on dire, et il est naturel qu’elle ait cherché un moyen de trouver un sens à tout cela. Aucune autre hypothèse ne peut rendre compte de cette étrangeté et lorsqu’on a épuisé toutes les solutions évidentes, il est naturel de se tourner vers des hypothèses plus alambiquées.

D’autant qu’il y a d’autres bizarreries dans l’histoire. On peut se demander pourquoi un commandant de bord choisit sciemment de survoler une zone de conflit. Normalement, la prudence veut qu’on contourne la zone. C’est d’ailleurs ce qu’a fait le MH17 durant les mois et les semaines précédentes. Pourquoi ce jour-là ne pas avoir opté pour la même prudence ?

Sur la carte ci-dessous, on peut voir la trajectoire de l’avion. On y voit un décrochement assez bizarre au-dessus de la Pologne. La raison d’un tel changement de trajectoire parait assez nébuleuse. Y aurait-il pu y avoir un échange d’avions à cet endroit, le premier éteignant son transpondeur et le second allumant un faux transpondeur imitant le premier ?

parcours.jpg

De très rares débris du MH370 ont bien été retrouvés sur les côtes de la Réunion et du Mozambique. Mais ils n’ont été retrouvés qu’après la destruction du MH17 soit, s’il y a eu échange d’avions, du MH370. Autrement dit, cela faisait longtemps que l’ensemble des débris de la carlingue de l’avion était entre les mains des Occidentaux. Ces débris ont bien pu être déposés après coup pour qu’ils soient retrouvés là où on le souhaite pour étayer la thèse officielle. Ils ont été identifiés comme provenant du MH370 ? Personnellement, je ne m’attendais pas à autre chose.

mh17.jpgEt finalement, pourquoi la Malaysia Airlines a-t-elle été visée ? Et bien pour ma part je pense qu’elle a été choisie uniquement parce qu’elle répondait à une série de paramètres. Il fallait que le vol choisi passe très près du Donbass et que l’avion réponde aussi à d’autres critères : il fallait qu’il s’agisse d’un long courrier américain (informatique mieux connue des auteurs présumés du vol du MH370) et il fallait qu’il ait été conçu pour voler avec un système ‘Fly by wires’. En 2014, il y avait encore peu de Dreamliners 787 en circulation et le seul autre avion en circulation qui répondait à tous ces critères était le ‘triple-seven’ qui a dû s’imposer comme choix. Cette infographie parle d’elle-même : le MH17 était l’avion parfait pour servir la cause des autorités ukrainiennes, car il survolait naturellement la zone des combats.

Je ne m’étendrai pas trop sur les deux camps se rejetant la responsabilité de l’accident. Il est évident que les indépendantistes n’avaient ni les moyens logistiques ni même un mobile pour monter toute cette histoire. Le pilote qu’on supposait avoir abattu l’avion selon la version russe s’est d’ailleurs suicidé ce printemps, après avoir reçu un coup de téléphone. La culpabilité l’a peut-être rattrapé…

A part ça, voici le déroulement des événements de la fin 2013 et de cette année 2014. On voit bien à quel point la disparition du MH370 s’inscrit bien au sein du déroulement de la crise ukrainienne.

  • 21 novembre 2013 : Le gouvernement ukrainien décide de ne pas signer l’accord d’association avec l’UE. Début de l’Euromaiden.
  • 30 novembre 2013 – 8 décembre 2013 : Fortes violences.
  • 18 – 21 février 2014 : Nouvelle période de violences.
  • 22 février 2014 : Destitution du président Ianoukovytch.
  • 27 février 2014 : Le gouvernement retire au russe le statut de langue nationale.
  • 1er mars 2014 : La Crimée demande à la Russie d’intervenir sur son territoire.
  • 1er mars 2014 : Grandes manifestations pro-russes, notamment en Crimée et dans le Donbass.
  • 8 mars 2014 : Disparition du MH370.
  • 11 mars 2014 : La Crimée se sépare officiellement de l’Ukraine.
  • 16 mars 2014 : Référendum de Crimée.
  • 18 mars 2014 : Suite au référendum de Crimée, la péninsule se rattache à la Russie.
  • 7 avril 2014 : Proclamation de la République populaire de Donetsk.
  • 15 avril 2014 : Début de l’intervention ukrainienne dans le Donbass. A partir de là, la région est en état de guerre civile.
  • 17 juillet 2014 : Destruction du MH17 près de Donetsk.

Pour moi il est évident que la responsabilité de la destruction du MH17, pour autant qu'elle soit bel et bien volontaire, ne peut être qu’ukrainienne, avec à la clé la volonté de provoquer une intervention de l’OTAN pour reprendre le contrôle de tout le territoire. Ce qui ne s’est d’ailleurs finalement pas produit, ce qui me fait penser que l’opération n’a pas été montée par les Etats-Unis comme une lecture simpliste pourrait le laisser penser. Je n’exclue d’ailleurs pas que toute l’opération ait été montée par l’Ukraine, y compris le vol du MH370. Mais compte tenu des moyens logistiques nécessaires ainsi que, sans doute, les moyens technologiques, il  me semble plus probable qu’ils aient été aidés, sinon par l’OTAN, en tout cas par des membres de haut niveau du complexe militaro-industriel.

Ce crash nous renseigne ainsi mieux sur les inconnues du vol du MH370. Nous savons désormais qui a fait le coup et pourquoi et nous savons aussi ce que sont devenus les corps, même si nous ne verrons jamais de preuves, puisqu’elles sont entre les mains de ceux qui ont probablement monté cette opération. L’enquête soi-disant indépendante n’est rien d’autre qu’une plaisanterie quand elle est menée par l’une des parties. En revanche, d’autres questions sont apparues et n’ont toujours pas trouvé de réponses. Où se trouve le vrai MH17 ? Que sont devenus ses passagers et son équipage ? Et bien moi, si je n’attends plus le retour du MH370, j’attends désormais celui du MH17.

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02/07/2018

Le MH370 volé ?

Je précise tout d'abord qu'il n'est pas facile de parler d'un tel sujet. Mes pensées vont bien sûr en priorité aux victimes innocentes qui ont sans doute été lâchement assassinées et à leurs familles. Mais je pense que le respect des victimes implique aussi qu'on cherche à faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué leur assassinat. Que dirait-on si, sous prétexte de respect des victimes, on ne faisait jamais d'enquête policière pour connaître les coupables ?

Quand j’ai, pour la première fois, entendu parler des circonstances de la disparition du vol de la Malaysian Airlines MH370, j’ai tout de suite réagi en disant que cet appareil n’a pas été détourné, mais volé. La différence essentielle avec un détournement, c’est qu’on ne cherche pas à obtenir quelque chose en échange de la restitution de l’avion et de la vie de ses passagers, mais qu’on veut s’approprier l’avion lui-même. Le meilleur exemple de vol d’avions, c’est le 11 septembre. Dans ce cas, 4 avions ont été dérobés, avec pour but final de les utiliser comme armes contre des bâtiments. La similitude des circonstances avec le 11 septembre est d’ailleurs assez troublante : après avoir envoyé un dernier ‘Good bye’ aux contrôleurs aériens malaysiens, le commandant de bord aurait sciemment éteint le transpondeur et fait faire un 180 à son appareil pour se rediriger vers les côtes malaysiennes. C’est exactement le même comportement qu’on a pu enregistrer en suivant les trajectoires de vol des avions du 11 septembre.avion.jpg

La suite de l’histoire officielle ne tient par contre pas la route si on considère l’avion comme volé. L’avion aurait continué sa route un moment puis aurait bifurqué vers le sud pour s’abimer quelque part dans l’Océan Indien, après avoir consommé tout son carburant. Le problème c’est que si on vole un avion, c’est forcément pour l’utiliser ensuite. Pas question de le laisser tomber au milieu de l’Océan, là où personne ne peut le voir tomber. Et s’il s’était agi d’un suicide du pilote comparable à celui d’Andreas Lubitz de Germanwings comme le laisse entendre l’histoire officielle de ce drame, pourquoi prendre autant de précautions pour faire disparaître l’avion auparavant ? Il suffit de faire cabrer l’appareil et de plonger dans l’Océan là où on se trouve. Non, tout cela n’a aucun sens.

En revanche la théorie de la subtilisation de l’appareil a pour elle d’expliquer non seulement ce comportement autrement absurde, mais aussi le fait que les débris de l’avion n’aient jamais été retrouvés. Tout simplement, il n’y a jamais eu de débris. A part bien sûr les quelques pièces retrouvées à la Réunion ou sur les côtes africaines, dont je reparlerai. En théorie, l’Océan aurait dû être rempli de débris flottants trahissant plus ou moins la position de l’épave. Même le Rio-Paris d’Air France a pu être retrouvé au fond de l’Atlantique grâce aux débris flottants. Si on n’a jamais rien retrouvé dans le cas du MH370, c’était sans doute qu’il n’y avait rien à retrouver.

trajectoire.jpgD'ailleurs certains témoignages recueillis auprès d'habitants des Maldives font état d'un très gros avion volant à basse altitude en direction de l'île de Diego Garcia. Outre le fait que cette île abrite une base britannico-américaine, elle est également très loin de la zone de recherche où le MH370 est censé s'être abîmé. De plus, cette trajectoire est beaucoup plus proche de celle prise originellement par l'avion après l'arrêt de son transpondeur. La logique devrait donc privilégier cette position de l'appareil. Il est curieux que les recherches ne se soient jamais attachées à cette zone, en se basant uniquement sur des données Inmarsat très imprécises et en occultant effrontément plusieurs témoignages visuels.

Maintenant, si j’ai tout de suite été convaincu que le MH370 ne s’était pas écrasé, mais avait été volé, il est clair que le vol de cet avion appelle plusieurs questions dérangeantes. En voici quelques-unes :

  • Où l’avion a-t-il atterri ? (car l’absence de crash implique évidemment que l’avion a dû finir par atterrir)
  • Qui a volé l’avion ?
  • Pourquoi les voleurs ont-ils volé l’avion ?
  • Comment l’avion a-t-il été volé ?
  • Que sont devenus l’équipage et les passagers ?

A la dernière question, je pouvais déjà répondre à l’époque. Quand on détourne un avion, on cherche à obtenir quelque chose en échange de l’avion bien sûr, mais surtout de la vie de ses passagers. Les garder en vie est donc primordial. Quand on vole un avion en revanche, les passagers ne sont qu’un paramètre du plan. Ils sont là mais sont plus gênants qu’utiles. Ils sont témoins et doivent donc disparaître. Malheureusement, la réponse était donc qu’ils étaient probablement morts depuis le début.

A l’avant-dernière question j’avais en guise de réponse une piste possible : comme beaucoup d’avions volant aujourd’hui, le Boeing 777 a été conçu pour être ‘Fly by wires’ autrement dit, l’avion est entièrement commandé par ordinateurs, l’équipage se contentant de programmer, contrôler et superviser le fonctionnement de ces ordinateurs. De plus, à notre époque, de nombreux drones ont été conçus par bon nombre de puissances militaires. Boeing est d’ailleurs constructeur de drones et maîtrise bien cette technologie.

On a également beaucoup parlé de la présence à bord de 4 des 5 propriétaires d’une arme supposée permettre de prendre le contrôle à distance d’un avion, faisant du 5ème propriétaire le bénéficiaire unique. Sachant que les 4 premiers étaient chinois et que le dernier est une société américaine, il y a de quoi penser que c’est suspect. De là à penser qu’on a profité du vol de l’avion pour se débarrasser des propriétaires chinois du brevet, il n’y a qu’un pas…

Mais au fond, je ne suis pas certain que la technologie ait été nécessaire pour dérober cet avion. Après tout, seule la complicité du pilote était nécessaire. Et c’est souvent la solution la plus simple qui est la bonne. Pourquoi mettre en place une logistique très complexe quand il suffit d’un seul complice pour faire le travail ?

Finalement, je dois bien dire que je n’avais aucune réponse à donner aux 3 premières questions, à savoir, qui et pourquoi a volé l’avion et où a-t-il atterri. La seule chose que je pouvais dire, c’était que si on vole un avion, c’est pour l’utiliser ensuite. Il suffisait alors d’être attentif à l’actualité dans les mois qui suivraient pour en savoir plus.

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09/05/2018

Trump et l'Iran

Cette fois c'est fait, Donald Trump met fin à la participation des Etats-Unis à un accord qu'il juge totalement déséquilibré en défaveur de son pays. Il prétend que cet accord n'empêchera pas l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, mais ses justifications appuyant cette affirmation semblent bien fragiles. Le fait que l'accord n'empêche pas l'Iran de faire des essais d'armes balistiques ainsi que le fait que ce pays peut toujours faire jouer son influence régionale n'expliquent pas comment une arme nucléaire pourrait être développée. Reste donc qu'un seul argument: l'accord est limité dans le temps. C'est toutefois une chose totalement habituelle en matière d'accords internationaux. Et de toute manière, un accord illimité dans le temps n'engagerait pas plus l'Iran. En effet, la règle en droit international, c'est qu'aucun traité ne peut être considéré comme définitif. Tout état peut se retirer d'un traité, et les USA en se retirant de celui-ci, démontrent que la date finale d'un traité n'est pas un engagement définitif et qu'il peut donc être dénoncé en tout temps.

Par contre, un accord valable jusqu'en 2030 donne le temps de bâtir des relations économiques stables et ainsi pérenniser le pouvoir iranien. De telles relations économiques seraient très difficiles à casser et donc, elles rendaient obligatoires la prolongation de l'accord au-delà de cette date. En cela, l'accord était très malin, puisqu'il n'engageait que très peu le pouvoir iranien tout en le poussant à s'engager sur un chemin sans retour. Sans les Etats-Unis, il est très probable que l'Iran soit beaucoup moins enclin à bâtir des relations avec l'Europe et se tourne exclusivement vers la Russie et la Chine. Trump engage donc encore un peu plus le monde vers la bipolarisation et la guerre froide. Et l'Iran vers la reprise de son programme nucléaire.

La position de la France

Emmanuel Macron montre à cette occasion les limites de sa 'prodigieuse intelligence'. En proposant à Trump de négocier un meilleur traité avec l'Iran s'il décidait de rester dans l'accord, il reconnaissait implicitement les défauts de l'accord dénoncés par le président américain. En confirmant maintenant que la France continuerait à participer à l'accord malgré le retrait américain, (tout comme l'Allemagne et l'Angleterre dont il se fait le porte-parole) il décide donc de prolonger un accord dont il avait reconnu plus tôt qu'il était mauvais. A force de vouloir ménager la chèvre et le chou, on finit par s'attirer l'incompréhension du berger et du cultivateur qui ne savent plus où placer leur confiance. Bref, plus que jamais, la position de la France devient inaudible.

La position d'Israël

Hier sur BFMTV, l'ambassadrice d'Israël en France a dénoncé cet accord comme étant basé sur des mensonges. Elle confirme ainsi l'appui total de l'état juif à la décision de Donald Trump. En fait tout porte à croire que le président américain ne fait que relayer l'avis des faucons du parti républicain, eux-mêmes les voix d'Israël aux Etats-Unis. En faisant cela, il assure la cohésion de son camp politique derrière lui et ainsi l'assise de son pouvoir. Il s'agit donc finalement d'une décision de politique intérieure dont les implications sont mondiales. Et au final on comprend une fois de plus que c'est Israël (et probablement l'Arabie Saoudite) qui fait la pluie et le beau temps de la politique du Proche- et Moyen-Orient aux Etats-Unis.

25/04/2018

La rencontre de Laurel et Hardy

Vous y croyez vous au numéro de duellistes de Trump et de Macron ? Cette fabuleuse amitié doublée d'une profonde divergence de vues ? Depuis qu'il est président, tout est fait sur la scène internationale pour faire de Trump une sorte d'inconscient prenant des décisions totalement irréfléchies et pouvant potentiellement mener à la fin du monde. De l'autre côté, Macron joue le rôle de la tempérance et fort heureusement, il a de l'influence sur le fou qui règne de l'autre côté de l'Atlantique. On dirait un peu Laurel et Hardy, duo dont le premier membre joue l'insouciance et l'autre la raison, pour atteindre une sorte d'équilibre qu'ils ne parviendraient pas à trouver seuls. Un duo d'acteurs de même acabit donc, mais en beaucoup moins drôle toutefois.

Trump-Macron.jpgÇa me fait un peu penser au gentil flic et au méchant flic, stratégie qui est censée pousser un suspect à se rapprocher du gentil, jusqu'à se confier à lui. Ici le suspect, c'est l'homme de la rue, celui qui potentiellement pourrait se rebeller contre l'ordre établi. Celui qui a conscience des méfaits du mondialisme et souhaite une meilleure protection, ce qu'on qualifie de 'repli sur soi', mais qui n'est rien d'autre qu'un retour au monde des années quatre-vingt, il n'y a pas si longtemps donc. Bref, c'est celui qui a élu Trump. Et en désignant Trump comme le méchant flic, on montre à la population à quel point voter pour le repli est dangereux. Au contraire, l'hyper-mondialisme de Macron est montré comme la seule voie raisonnable. La voie du bien.

Pour moi, ni Trump ni Macron ne joue son propre rôle. Tous deux ont été choisi dans un casting dont l'enjeu est la promotion du mondialisme, d'un Occident totalement soumis aux lois du marché et de ceux qui le dominent. Ce sont des pantins du véritable pouvoir, celui de l'argent.

14/04/2018

Pas de réplique russe

C'est un sujet que j'ai souvent abordé ces dernières années. (par exemple iciici et ici) J'ai laissé ce sujet de côtéfrappes.jpg depuis l'été dernier, car je ne pense pas qu'on puisse raisonnablement tenter l'aventure d'une guerre contre la Russie après le printemps. En effet, la taille du territoire et la rigueur de ses hivers ont déjà maintes fois permis à la Russie de prendre un avantage stratégique décisif face à ses envahisseurs potentiels et ça serait pareil aujourd'hui. La seule chance de réussir une telle invasion, serait une guerre éclair lancée au printemps. Mais justement, le printemps est de retour, et avec lui la tentation d'une guerre frontale.

Ainsi, je crains depuis longtemps un attentat de Sarajevo 2, à savoir une étincelle mettant le feu aux poudres d'une troisième guerre mondiale. Cette étincelle, tout porte à croire que les Occidentaux cherchent sans relâche une occasion de la provoquer. En effet, comment expliquer que la Syrie, ayant pratiquement gagné la bataille de la Ghouta, décide de franchir la ligne rouge fixée par les Occidentaux sans aucune justification stratégique ? N'est-il pas infiniment plus probable que les rebelles aient choisi de tenter de sauver leurs fesses en forçant les Occidentaux à intervenir ? Et ces derniers en feintant de ne pas voir cette manipulation évidente ne sont-ils pas complices ?

Et il n'est pas certain que les Russes accepteront toujours de jouer les pompiers pour éviter que cette étincelle ne provoque le pire. Pour cette fois, ils n'ont pas répliqué. Cela peut signifier plusieurs choses.

1. Ils ont perdu la capacité à intercepter les missiles occidentaux

C'est ce à quoi le fameux tweet de Trump, dans lequel il défiait les Russes en les avertissant de l'arrivée des missiles, m'a fait penser. Et si toute cette histoire ne servait qu'à prouver aux Russes qu'ils n'ont plus la capacité à sanctuariser le ciel de la Syrie, comme celui de leur propre pays ? Je pense en tout cas que ça n'annoncerait rien de bon, car cela donnerait du grain à moudre aux "faucons" du Pentagone qui n'ont de cesse de plaider pour une guerre frontale avec la Russie.

2. Ils préparent la riposte

Je n'y crois pas trop, car ils ne veulent pas d'une guerre directe avec les Occidentaux. Une interception des missiles sur l'instant aurait suffisamment servi leurs intérêts en démontrant au monde qu'ils restent maîtres dans ce pays. Mais il est clair que leur non-réaction donne au contraire un message de faiblesse qu'ils ne souhaitent pas donner. En effet, cela fait partie de la dissuasion. Si on a fait une menace de réplique en cas d'attaque et que lorsque l'attaque a effectivement lieu, on ne réagit pas, on perd toute crédibilité. Tout dépend donc de leur volonté de défendre cette crédibilité. Ira-t-elle jusqu'à risquer l'escalade incontrôlée ?

3. Un accord entre Trump et Poutine a eu lieu

Je n'exclus pas du tout cette possibilité. Le choix des objectifs de ces frappes limitées signifie peut-être que le président américain a à nouveau choisi de sauver la face, et calmer les faucons de son administration sans avoir à les suivre sur le chemin qu'ils cherchent à lui faire prendre, et ainsi ne pas risquer une confrontation directe avec les Russes. Dans ce cas, nous verrons comme souvent la pression retomber dans les prochains jours. Jusqu'à la prochaine fois...

4. Les Russes acceptent de perdre du terrain face aux Occidentaux plutôt que risquer une confrontation

Ne comptez pas trop sur celle-ci ! La nouvelle Russie, celle qui a relevé la tête et a décidé de ne plus se laisser mener par le bout du nez est toujours là, bien plus que jamais. Désormais, elle défendra chaque lopin de terre que les Occidentaux chercheront à lui faire lâcher. Et jamais les Russes n'accepteront de lâcher la Syrie.

Bref on le voit, on ne sait encore pas grand chose sur les causes de la non-réaction de la Russie, peut-être provisoire, mais on devrait en apprendre plus dans les prochains jours. Espérons en tout cas que cette situation explosive n'échappe pas à tout contrôle.

09/02/2018

L’espace : une affaire privée

Alors que SpaceX, la compagnie spatiale d’Elon Musk, a réussi à propulser le nouveau roadster décapotable de Tesla, autre compagnie phare du milliardaire, à l’aide de sa fusée géante ‘Falcon Heavy’ sur une orbite qui le fera approcher de la planète Mars et de la ceinture d’astéroïdes, l’année 2018 semble marquer un tournant qui devrait voir le spatial privé peu à peu compléter, sinon supplanter, les grandes agences nationales ou supra-nationales.

La Falcon Heavy, c’est rien de moins que le lanceur le plus puissant du marché, avec laquelle seule la Saturne V des missions Apollo aurait pu rivaliser. A voir ou revoir, le vol impressionnant de la fusée, en particulier la récupération des boosters, (ainsi que du premier étage mais la vidéo est ratée) prouesse technologique inédite dans toute l’histoire de la conquête spatiale, et la mise en orbite de la Tesla sur le ‘Life on Mars’ de David Bowie.

Je trouve aussi d’une grande poésie la Tesla et son conducteur le manequin ‘Starman’ s’éloigner lentement de la Terre pour sa mise en orbite solaire.

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Au fait, pour les adeptes de la Terre plate, ne perdez pas vos croyances, il s'agit bien d'une photo-montage !

Bref, cet événement fait pleinement prendre conscience à quel point l’espace est en train de devenir une affaire privée. Et on peut citer plusieurs autres entreprises qui sont lancées dans la course menée par SpaceX. La compagnie poursuit plusieurs objectifs de front, avec en ligne de mire la planète Mars, véritable obsession d’Elon Musk. Elle développe des lanceurs, des vaisseaux spatiaux capable de relancer le voyage spatial et même le scaphandre spatial du Starman, qui sera sans doute un jour porté par les astronautes de SpaceX.

Outre la capsule spatiale qui prendra place au sommet de la Falcon Heavy, SpaceX développe une fusée géante, dont la finalité sera l’envoi d’un vaisseau spatial, géant lui aussi, vers Mars. Elon Musk prévoit ainsi de coloniser Mars durant les prochaines décennies. Il n’est visiblement pas homme à attendre de voir les crédits nationaux ou internationaux affluer. Il pourrait bien être capable de se lancer seul dans l’aventure. Il suffirait pour cela que les retours sur investissements prévus soient suffisants pour rentabiliser le voyage.

Virgin Galactic

J’avais déjà parlé sur ce blog de Virgin Galactic, la compagnie de Richard Bronson, il y a quelques années. L’entreprise propose pour 200’000$ d’amener de riches touristes en vol sub-orbital, avec une courte séquence d’apesanteur à la clé. La compagnie a construit un ‘spaceport’ dans le désert de Mojave à proximité de Los Angeles. Le vol se fait à l’aide d’une aile portante, avion à réaction à deux corps, portant un avion spatial, le VSS Unity qui se décroche en vol pour se propulser hors de l’atmosphère à l’aide d’un moteur fusée, puis revient atterrir sur la piste du spaceport après un vol en cloche dans l’espace.

Normalement les vols commerciaux auraient dû commencer il y a plusieurs années, mais un tragique accident survenu en 2014 a mis temporairement la société en difficulté. Désormais ces problèmes sont derrière et Richard Bronson espère participer personnellement à un premier vol pour le milieu d’année, pour un début de commercialisation vers la fin d’année.

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Blue Origin

La société de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon.com, vise elle aussi le tourisme spatial, mais pas seulement. Elle développe d’une part une capsule suborbitale, le ‘New Shepard’, pour de courts vols touristiques, mais avec une technologie plus proche de celle de SpaceX que de Virgin Galactic. La capsule est en effet propulsée par une fusée mono-étage récupérable. On ne sait pas quand les vols commerciaux pourront débuter, mais les technologies sont presque prêtes. En particulier, le lanceur récupérable a déjà effectué un vol réussi de bout en bout en 2015.

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Blue Origin développe aussi un lanceur lourd réutilisable, le ‘New Glenn’, dont la motorisation maison équipera aussi la nouvelle ‘Vulcain’, lanceur destiné à remplacer les Delta IV et Atlas V vieillissantes.

Mars One

On s'est beaucoup moqué de la société qui prévoit d’envoyer 24 astronautes vivre sur Mars sans espoir de retour. Il est effectivement possible que Mars One ne parvienne jamais à réaliser son plan. Mais l’entrainement et la sélection des astronautes continue. Sur le plan technologique, Mars One entend s’adresser à d’autres entreprises plus expérimentées, en particulier SpaceX dont elle espère utiliser la Falcon Heavy pour propulser ses vaisseaux martiens. Elon Musk ne croit pas à leur projet, mais il est par contre tout à fait d’accord de leur fournir le lanceur, bien entendu.

Mais si Mars One a peu de chances de réaliser ses objectifs, on peut imaginer à terme que la collaboration avec SpaceX aille au-delà de la fourniture de matériel, SpaceX possédant la technologie et Mars One fournissant les astronautes pour les premiers vols. Il s’agit là d’une supposition de ma part car personne n’en a jamais parlé pour l’instant. Mais je trouverais logique que ces deux projets complémentaires finissent par fusionner.

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Concurrence des agences officielles

Bien sûr, les agences officielles continuent à exister et le spatial ne va pas encore passer définitivement dans le domaine privé. L’Europe développe son Ariane 5, la Chine est lancée dans une nouvelle course à la Lune, suivie par les Etats-Unis dont le programme spatial a été relancé par Donald Trump récemment, visant toujours l'objectif final d'un voyage vers Mars, en passant par la construction d'une nouvelle station spatiale, la 'Deep Space Gateway’, servie par le nouveau lanceur lourd SLS. L'Inde quant à elle est un peu en retard mais entend bien ne pas se laisser distancer, en particulier par son grand voisin. Mais il semble tout de même que les délais fixés par ces agences les placent loin derrière les entreprises privées, si bien sûr les délais annoncés par les privés seront respectés au final. On peut donc légitimement se demander si le 21ème siècle ne verra pas le remplacement des agences officielles par les opérateurs privés.

22/01/2018

Les calamités que nous réserve ce siècle (2ème partie)

Après une longue interruption, je m'atèle à d'autres calamités, à savoir la fonte des glaces. On le sait : les glaces polaires sont en train de fondre à grande vitesse. Bientôt il n'y aura plus de glace en été au pôle nord et les ours polaires n'existeront plus que sous la forme de peluches, qu'on vendra une fortune pour financer la cause de la lutte contre le réchauffement. En 2007, alors que des conditions climatiques exceptionnelles avaient produit une fonte estivale record, des scientifiques avaient d'ailleurs prédit cet événement pour septembre 2016... Pas de chance, ils se sont trompés, comme le montre cet article du Telegraph britannique.

http://www.telegraph.co.uk/science/2016/10/07/experts-sai...

Désolé de ne pas avoir choisi un article en français, c'est juste que... ça n'existe pas ! Pourtant quand cette prédiction grotesque avait été faite, qu'est-ce qu'on en avait entendu parler...

Alors qu'est-ce qu'il s'est passé ? Juste une chose très bête: ces scientifiques ont dérogé à une règle très simple et qu'il faut obligatoirement respecter quand on fait des prévisions en matière de climat: les prévisions que l'on fait ne doivent pas être vérifiables avant plusieurs dizaines d'années, ou en tout cas pas avant d'être à la retraite ! Ici on a affaire à des gens dont les convictions sont si fortes dans la religion de Gaia qu'ils ont cru que la déesse suivrait scrupuleusement leurs prévisions quelque soit leur niveau de niaiserie. Malheureusement pour eux, Gaia est  une déesse capricieuse.

Bref, il ne s'est pas passé grand chose dans l'intervalle, la glace a tenu bon dans l'ensemble en dehors d'une nouvelle crise météorologique durant l'été 2012 et l'effet d'El Niño durant les 2 précédentes années. Pour rappel El Niño est une inversion des courants marins dans le Pacifique, qui se produit régulièrement et qui a pour effet de réchauffer le monde entier. C'est cet effet qui est la cause du réchauffement de 2016 et 2017 et nous en sortons à peine, si bien qu'il est tout à fait normal que ces années soient les plus chaudes enregistrées, ce que la presse, très sélective au sujet du réchauffement, se plait tant à rappeler.

Donc voici un graphique officiel et actualisé quotidiennement, qui montre l'évolution de la superficie de glace flottante dans l'Arctique. J'ai choisi de montrer les années 2007 à 2018, mais le graphique est paramétrable et vous pouvez faire les choix que vous voulez sur le site original. (cliquer sur l'image pour agrandir)

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Alors tout d'abord, il faut comprendre que la superficie glacée varie énormément au cours de l'année. Elle passe par un maximum hivernal, au mois de mars, avec près de 15 millions de kilomètres carrés et un minimum estival, au mois de septembre, avec 4 ou 5 millions de kilomètres carrés, soit 3 fois moins. Si cette variation n'entraîne pas de modification de la hauteur des océans, c'est parce qu'il s'agit de glace flottante. Une fois fondue, elle n'altère en rien la quantité totale d'eau dans les océans, puisqu'elle s'y trouve déjà.

Donc si on se concentre sur les minimums estivaux, on voit qu'en dehors du minimum de 2007 (en bleu), celui de 2016 (en rouge) et surtout celui de 2012 (en pointillés), on a une assez bonne régularité de la superficie glacée. On est certes bien en dessous de la moyenne 1981 - 2010, mais c'est surtout dû à la diminution de surface qui a eu lieu dans les années 80 et 90, ainsi qu'au début des années 2000. En tout cas, on n'observe pas de diminution rapide et catastrophique de la surface glacée.

Bref, quand on annonce que la glace arctique va disparaître en été, on peut répondre que c'est possible, mais loin d'être sûr voire peu probable et en tout cas, c'est une perspective plus lointaine qu'on ne l'affirme en général. Cet autre graphique, dont l'échelle de temps est bien plus longue, montre bien la diminution brusque de 2007 qui avait provoqué le pronostic ahurissant de certains scientifiques, mais on voit bien qu'en dehors de 2012, les autres années ne montrent aucune évolution.

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Voyons ce qui se passe en Antarctique maintenant. Ici pas d'ours blancs, mais une masse gigantesque de glace (au coeur du continent, l'épaisseur est de près de 10 km !) qui si elle devait fondre, ferait monter le niveau des océans de 60 m ! Bien sûr tous les écologistes sont certains que cela va se produire et qu'il vaut mieux investir dans l'immobilier de montagne que sur les littoraux. Mais on devrait pourtant s'étonner de cette croyance, car les températures largement négatives ne permettent pas la fonte de la glace. Il faudrait que la température monte de plusieurs dizaines de degrés pour qu'une fonte totale se produise. C'est franchement ahurissant de croire à une chose pareille.

Bref, concentrons-nous plutôt sur une croyance moins extrême, la fonte d'un petit pourcentage de la glace qui produirait une montée des eaux de plusieurs mètres, suffisante pour faire disparaître quelques îles sous les flots. Il faut dire que pour l'instant la simple fonte de glace sur le continent n'est pas possible à grande échelle, vu que les températures ne montent jamais en dessus de zéro. Mais l'effet dont on parle souvent, c'est la fonte des glaces dérivantes entourant le continent, entraînant l'accélération des glaciers l'alimentant. Cet effet devrait se voir sur les mêmes graphiques que ceux que j'ai reproduits pour l'hémisphère nord.

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En fait, bien loin de montrer une diminution de la surface océanique glacée, ce graphique (qui malheureusement s'arrête en 2016) montre au contraire une augmentation ! Et si en 2016, la surface a diminué, (ce qui s'est confirmé en 2017) c'est bien sûr un nouvel effet de El Niño qui a un impact direct dans cette région. On confirme cette évolution sur le site cité précédemment. (sélectionner "Antarctic" en haut à gauche)

Antarctic 2.PNG

Ici nous avons bien entendu des maximums et des minimums opposés par rapport à l'hémisphère nord, puisque les étés et les hivers sont inversés. Ce qu'on voit c'est qu'en dehors de 2016 et  2017, on reste bien dans la moyenne de 1981 à 2010, voire au-dessus, avec un maximum hivernal historique pour 2014 ! (la seconde année étant 2013) Et si El Niño a mis fin à cette série, le début de l'année 2018 montre que la superficie glacée revient dans la moyenne. Bref, je ne vois aucune raison de s'inquiéter pour l'Antarctique.

Alors pourquoi les spécialistes s'inquiètent-ils ? Il faut dire qu'ils se concentrent en général sur la partie la plus accessible du continent glacé, la péninsule antarctique, qui subit des conditions climatiques locales assez différentes du reste du continent. C'est en effet une zone relativement chaude, (d'où son accessibilité) mais de ce fait peu représentative. De plus, cette région est riche en volcanisme, ce qui peut aussi avoir une influence. En réalité, les mesures sur l'épaisseur glacée de la partie opposée du continent montrent une augmentation de l'épaisseur de glace. Si bien qu'en moyenne, la quantité totale de glace à tendance à augmenter légèrement.

Au final, voilà une autre raison de ne pas trop s'inquiéter d'une montée catastrophique des eaux. La glace antarctique résiste bien au réchauffement et il n'y a aucune raison pour que ça change dramatiquement durant ce siècle.

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22/12/2017

Les calamités que nous réserve ce siècle

Après la température, je vais lister une série de calamités dont on nous rabâche les oreilles jour après jour. Je me propose de les analyser de manière mesurée, de ne pas céder ni au négationnisme ni au catastrophisme et de les confronter de manière rationnelle à la réalité. Car indépendamment de la cause du réchauffement, une augmentation importante de la température a eu lieu dans les années 80 et 90 et si ces calamités en sont la conséquence, cela doit pouvoir se mesurer de manière objective.

  1. Les cyclones tropicaux vont augmenter en nombre et en intensité

Cette année 2017 a été marquée par une série de cyclones ravageurs dans les Antilles. D’aucuns considèrent cela comme la preuve ultime que nous nous dirigeons vers un cataclysme climatique d’une ampleur sans précédent. Mais il s’agit avant tout d’événements météorologiques de grande ampleur et ils sont le fruit d’une situation particulière, sans doute héritée d’El Niño, qui a perturbé les courants océaniques durant 2 ans. En effet, il s’agit ni plus ni moins que de l’ouverture d’une soupape de sécurité après l’accumulation de beaucoup de chaleur dans l’Atlantique. Rien ne permet de dire que cette situation se reproduira à court terme ni que ça a quelque chose à voir avec le réchauffement.

Il existe un indicateur, calculé tous les ans, qui devrait exploser si c’était le cas : il s’agit de l’énergie totale des cyclones. En effet, cet indicateur est l’addition de l’énergie calculée de tous les cyclones qui se sont déroulés durant une année. Logiquement, si les cyclones augmentent en nombre, l’indicateur augmente. Si les cyclones augmentent en intensité, il augmente aussi. Et bien sûr, s’ils augmentent à la fois en nombre et en intensité, il augmente bien plus encore.

global energy.jpg

Or que voit-on ? Dans les années 90, il y avait de bonnes raisons de croire à une telle corrélation entre augmentation de la température et de l’énergie totale des cyclones. Pareil au début des années 2000. Et on observe également un pic pour les dernières deux années, ce qui n’a rien d’étonnant. Il faut toutefois remarquer que ce pic n’a rien d’exceptionnel et qu’il est surpassé par plusieurs autres.

 Par contre, ce pic fait suite à une période de calme de pas loin de 10 ans que rien ne permet d’expliquer ! On a en effet affaire à la période la plus chaude depuis le début de la mesure des températures mondiales et pourtant il y a un calme plat au niveau des cyclones. En sciences, une théorie est considérée comme solide tant qu’on n’a pas trouvé d’argument contraire. Mais si un seul argument contraire est trouvé, alors la théorie est infirmée. C’est donc le cas de celle qui met en corrélation directe la température et l’énergie cyclonique. A-t-on tenu compte de cette période de calme pour au minimum modifier la théorie ? Non bien sûr. Comme toujours dans cette affaire climatique, on fait comme si on n’avait rien vu et on continue simplement à asséner les mêmes vérités. (ce qui encore une fois n’est pas une pratique scientifique mais dogmatique)

D'une manière générale en tout cas, on ne peut pas dégager une tendance claire. L'activité cyclonique semble chaotique, comme le sont tous les phénomènes météorologiques. Le site allemand ci-dessous (dont j'ai tiré le graphique) montre d’ailleurs à quel point il n’existe absolument aucune corrélation entre la température des océans et l’intensité des cyclones. Visiblement, la théorie dominante ne se confirme absolument pas.

http://www.wetter-center.de/blog/?p=1970

  1. Le niveau de la mer va monter et plusieurs pays auront disparu en 2100

C’est ce qu’a annoncé encore une fois Emmanuel Macron devant ses invités pour la conférence de Paris. Quelques chefs d’état sont donc rentrés chez eux la peur au ventre. Pas étonnant que ces pays soient les meilleurs contributeurs à la cause climatique, puisqu’ils sont les premières victimes attendues.

Maintenant comment peut-on affirmer cela ? Comme le montre les mesures par satellites du niveau moyen des océans, le rythme actuel d’élévation des eaux est de 3.5 cm par décennie. Si l’élévation continue sur le même rythme, nous aurons donc près de 35 cm de montée des eaux sur un siècle. (ou une trentaine de cm en plus par rapport à maintenant) C’est plus ou moins la hauteur d’une vague un jour de mer très calme et bien moins que l’amplitude des marées. Bref, rien de catastrophique qu’on ne puisse gérer avec 82 ans devant nous !

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Donc il est clair que pour que la prévision de Macron se réalise, il faut que le taux d’augmentation du niveau de la mer augmente fortement. Et cela devrait se voir sur le graphique du niveau moyen des océans en fonction du temps. Mais ça n’est pas le cas. Ce taux est pratiquement invariable dans le temps. Les petites variations sont d’ailleurs surtout corrélées aux cycles El Niño (en rouge sur le graphique ci-dessous) / La Niña (en bleu), ce qui tombe sous le sens, puisqu’un océan plus chaud se dilate alors qu’un océan plus froid se contracte.

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Bref, encore une fois, la théorie alarmiste ne semble pas se concrétiser. Nous pouvons donc sans crainte continuer à visiter les Seychelles ou les Maldives. N'en déplaise à Macron, elles continueront à exister longtemps encore.

A suivre…

12:25 Publié dans Monde, Science | Lien permanent | Commentaires (4)

21/12/2017

La sensibilité climatique

Pour faire suite à mon précédent billet, je souhaite préciser la notion de sensibilité climatique. Une donnée que les scientifiques du GIEC considèrent comme parfaitement connue et que les décideurs qui se sont réunis pour signer l’accord sur le climat utilisent comme base, puisqu’ils ont choisi de s’accorder sur une température à ne pas dépasser plutôt que sur une quantité de gaz à effet de serre émise à ne pas dépasser. Dans leur tête, c’est exactement identique, car la sensibilité climatique établit une causalité directe, mais dans la pratique ça n’a pas grand-chose à voir. Ce qu’ils ont fait revient à valider les modèles informatiques utilisés, sans doute extrêmement précis, mais comme je vais le montrer, très difficiles à régler. Au passage, je ne suis pas climatologue et je me réfère donc à d’autres personnes dans ce domaine. Par contre, de par ma profession, je pense pouvoir dire que je comprends bien comment fonctionne un programme informatique et comment on le met en œuvre. En particulier, je sais qu’un programme d’ordinateur ne fait que ce qu’on lui demande et que si le créateur souhaite l’amener à faire une prédiction, il la fera sans aucun doute.

Tout d’abord, il faut comprendre que l’atmosphère est un système physique, donc régi par des lois dans l’ensemble bien connues, mais chaotique, donc beaucoup trop difficile à quantifier en se basant sur ces lois. De ce fait, on connait la plupart des processus qui s’y passent, mais on ne sait pas dans quelle mesure ils influent sur l’ensemble. Pire, il reste des phénomènes qui sont assez mal connus, comme la formation des nuages par exemple.

Donc si on veut faire une prédiction concernant l’atmosphère, on doit avoir recours à de l’approximation, à savoir des « modèles mathématiques » sur ordinateur. Beaucoup de branches scientifiques ou techniques utilisent des modélisations et on ne pourrait sans doute pas faire grand-chose sans. Mais les modèles nécessitent un réglage pour bien fonctionner. Ils utilisent une série de constantes qu’on va pouvoir faire varier de manière à recréer un modèle de la réalité le plus fidèle possible. On le comprend donc : pour que le modèle soit fiable, on a avant tout besoin de recul. Il faut pouvoir comparer le modèle à la réalité dans le plus grand nombre possible de situations connues. Plus il fonctionne dans un nombre important de situations passées, plus il a de chances d’être précis à l’avenir.

Le problème de la climatologie, c’est que c’est une branche assez jeune de la science. Les données passées sont assez peu nombreuses et plus on remonte dans le passé, moins elles sont fiables. C’est là que se trouve le premier problème : depuis la fin des années 70, deux constellations de satellites mesurent quotidiennement les températures terrestres selon une grille très précise et je pense qu’on peut faire confiance aux données récoltées depuis lors. Par contre, auparavant on ne se basait que sur des stations météorologiques, sujettes aux pannes, dont la présence sur la surface du globe n’est pas uniforme et surtout, qui se trouvent dans des lieux dont l’affectation a souvent changé. On peut par exemple trouver des photos sur internet, de stations qui se trouvent sur un toit où une unité extérieure de climatisation (donc soufflant de l’air chaud) avait été installée ! Donc le premier problème, c’est que si on règle les modèles mathématiques en fonction de données antérieures à l’existence des satellites, on prend un risque de biaiser le modèle de plus en plus à mesure qu’on remonte loin dans le temps.

Régler un modèle

Comment se déroule ce réglage ? Et bien on fait tourner le modèle avec une série de données et on regarde si le résultat reflète bien la réalité. On recommence ensuite avec d’autres séries de données pour obtenir plus de précision. C’est un travail long et fastidieux, mais nécessaire. Quand on est satisfait, on considère qu’il est réglé et alors on le laisse tourner dans le futur pour faire des prédictions d’évolution.

Vient ensuite la phase de validation. On compare les prédictions à l’évolution réelle et on vérifie ainsi la précision du modèle. S’il y a encore des différences, on affine les données pour obtenir encore plus de précision. C’est ainsi par exemple qu’on améliore sans cesse les modèles de météorologie afin de faire des prédictions précises toujours plus loin dans le temps.

Par contre pour ce qui est de la climatologie, c’est justement là que se trouve le second et principal problème : les prédictions se situent si loin dans le temps que cette phase de vérification ne peut pas avoir lieu. Et c’est si grave que pour moi, cela invalide totalement la méthode. Certes on dispose maintenant d’un peu de recul pour juger des prédictions des résultats obtenus à la fin des années 90, mais on nous rétorquera toujours qu’on travaille avec des données anciennes. C'est vrai, c’est un fait, mais le problème c’est que les résultats récents n’ont pas été validés et ne sont donc pas utilisables.

Il faut comprendre que sans ce travail de validation, une infinité de jeux de données existe pour atteindre le même résultat. On peut par exemple négliger certains phénomènes et en sur-représenter d’autres. Le résultat sera pratiquement identique. Donc dans notre cas, on peut choisir une sensibilité climatique plus élevée et négliger d’autres phénomènes. Cela fonctionnera tout aussi bien. Autrement dit, le résultat qu’on tire du modèle, à savoir la sensibilité climatique, est également une donnée initiale. Tout ce qu’elle reflète donc c’est l’à-priori du régleur…

Afin de faire une simple vérification « à la louche » des modèles, prenons donc ces prédictions débutant autour de l’an 2000 afin de les comparer à la réalité.

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On arrive très bien à mesurer que la prédiction pour presque tous les modèles, à l’exception de celui qui utilise un taux de dioxyde de carbone constant depuis l’an 2000 ce qui ne s’est de toute façon pas produit, annoncent une augmentation d’environ 0,4 degrés durant les 2 premières décennies du 21ème siècle. Or voici un enregistrement des données réelles tirées des quatre grands indicateurs de la température mondiale, deux étant issus des données satellitaires, les deux autres basés sur les stations météo mais suivant suffisamment bien les données satellitaires pour être considérés comme précis.

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On voit deux grands pics, l’un en 1998 et l’autre l’année passée, avec une période plus ou moins stable entre deux. Les pics sont dus aux phénomènes « El Niño » qui se produisent régulièrement dans le Pacifique. Il s’agit d’une inversion des courants marins qui perturbent le climat mondial pendant une année ou deux. Au passage, si vous entendez que les années que nous venons de vivre sont les plus chaudes enregistrées, c’est juste. Mais ce qu’on ne dit pas assez par contre, c’est que c’est dû justement à El Niño ! On voit d’ailleurs que la température est en train de revenir à la normale et il ne s’agit donc pas d’un changement durable.

Bref, en réalité le phénomène El Niño ne doit pas être pris en compte car c’est un évènement de type météorologique qui affecte l’atmosphère durant une durée trop courte pour être visible dans les modèles. Ces derniers ne cherchent d’ailleurs pas à le prévoir car ils n’ont pas été créés dans ce but et il serait donc erroné d’en tenir compte. (ce que les journalistes ne se privent pourtant pas de faire en disant justement que les dernières années sont les plus chaudes…) Ou plutôt si, j’utiliserai les 2 pics pour mesurer le réchauffement entre eux. Situés à 18 ans d’écart, donc presque 2 décennies, il y a en gros une augmentation de 0.2 degrés.

Si on compare cela aux 0.4 degrés prévus par les modèles, pratiquement du simple au double, on voit qu’il y a un écart si important qu’on peut affirmer que les modèles sont désormais infirmés. En fait, ce qui se produit c’est que la sensibilité climatique a sans doute été surévaluée et d’autres phénomènes négligés. C’est donc tout le modèle qui devrait être revu pour tenir compte de l’évolution réelle.

Au passage, vous constaterez que 0.2 degrés sur 20 ans, ça fait 1 degré sur un siècle. Si on ajoute les 0.7 degrés du 20ème siècle, on arrive à 1.7 degrés, soit moins que les 2 degrés de l’accord sur le climat. Il ne s’agit bien sûr pas d’une prédiction précise, mais il s’agit juste de faire remarquer l’ironie de la situation : si nous continuons sur le même rythme de réchauffement jusqu’à la fin du siècle, (et c'est un grand si) l’objectif de l’accord sur le climat sera atteint… sans rien faire du tout !

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20/12/2017

Pour sauver la planète, limitons le réchauffement à moins de 2 degrés

C’est officiellement l’objectif fixé par l’accord de Paris signé lors de la COP21. On n’a pas fixé un but en émissions de carbone, ce qui aurait eu un sens objectif, mais un but lié à une augmentation de température supposée catastrophique. En faisant cela, on a gravé dans le marbre la relation numérique entre les émissions de CO2 et l’augmentation de température. Cela signifie donc qu’on considère ce qu’on appelle la « sensibilité climatique », à savoir l’effet du doublement du taux de CO2 sur la température, comme une donnée inscrite dans le marbre.

Je revois avec amusement ces chefs d’états tombant dans les bras des uns et des autres pour la réussite exceptionnelle qu’ils venaient d’accomplir. « Wouhouhou ! Nous sommes les meilleurs ! Nous avons réussi à signer ! Le monde est sauvé grâce à nous ! »

Oui c’était un exploit formidable. Ils ont réussi à tenir un stylo le temps d’apposer un paraphe sur une feuille de papier. Le reste n’est que bagatelle. Les progrès techniques monstrueux et les fonds abyssaux à mettre en jeu, c’est du pipeau. Les dizaines ou centaines de milliers d’ingénieurs qui vont devoir plancher sur les moyens d’atteindre l’objectif fixé ont la tâche facile. Le plus dur était de signer.

 

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02/09/2017

Le nouvel impérialisme est-il durable ?

Aujourd'hui, l'impérialisme colonial comme il s'est pratiqué de l'Antiquité à la période moderne semble avoir disparu, au moins provisoirement. Suite à la décolonisation, on a cessé d'étendre son territoire par l'invasion de pays tiers et par l'occupation physique de ces pays. La première conséquence, c'est que le nombre d'états a littéralement explosé. Il est passé de 53 états souverains en 1914 à 197 états reconnus par l'ONU aujourd'hui, soit un quasi-quadruplement en un siècle. Ces états sont considérés comme intouchables du point de vue de la souveraineté par les règles de l'ONU et toute agression extérieure est considérée comme un crime de droit international, susceptible d'être sanctionné par le conseil de sécurité, comme ça avait été le cas lors de l'invasion du Koweit par l'Irak.

Mais ça n'est pas parce qu'on n'étend plus la taille de son territoire par la force que toute forme d'impérialisme a disparu. La forme ancienne a été remplacée par une forme plus subtile, celle des sphères d'influences. Si on n'envahit plus un pays pour l'annexer, désormais on "intervient" dans le but de changer de gouvernement, de manière à faire passer certains états jugés stratégiques du camp adverse à son propre camp. Cela passe par des confrontations directes, comme en Irak en 2003, avec occupation temporaire le temps de mettre en place un gouvernement plus ou moins fantoche, à des stratégies bâties sur le chaos.

Cette dernière invention américaine est d'ailleurs plus récente. Il s'agit d'utiliser ses services secrets afin de pousser les oppositions internes au régime en place à se soulever afin de créer une situation de guerre civile, dont ne peut émerger qu'une sorte de putréfaction politique, dans laquelle l'ordre ne peut plus s'installer. On créé donc (de l'aveu même d'Hillary Clinton) des mouvements comme Daesh, non pas volontairement mais parce que seuls des mouvements de ce genre peuvent émerger du chaos créé, et on les désigne ensuite comme ses ennemis. Ne reste plus alors qu'à intervenir militairement afin de se débarrasser de ce mouvement. La suite est identique à la version précédente: on occupe le terrain, on met en place un gouvernement fantoche et on s'en va.

Ces méthodes sont bien sûr celles des Etats-Unis, mais d'autres états ont également des visées impérialistes. En particulier la Chine, qui utilise plutôt sa croissance économique interne pour proposer ses services à des états plus pauvres et leur promettre de leur amener des richesses. Cette méthode est plus pacifique, mais elle n'en reste pas moins impérialiste, puisqu'il s'agit d'étendre sa zone d'influence au détriment du camp adverse. 

Finalement, on doit citer la Russie, qui est réduite à défendre ce qu'il reste de la zone d'influence qu'elle avait à l'époque soviétique. Cette zone d'influence est attaquée de toutes parts par le camp occidental et par les Etats-Unis en particulier.

On a donc là, les trois puissances impériales du moment, les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Mais si on veut comprendre ce qui les motive, il faut analyser le fonctionnement d'un empire, ce qui motive sa création et son extension. Pour cela je prendrai l'exemple de l'Empire qui a le mieux fonctionné dans l'histoire: l'Empire romain.

Le fonctionnement de l'Empire était basé sur la conquête. Lorsqu'on étendait le territoire vers d'autres régions, on pillait ces régions et on ramenait les richesses au centre de l'Empire, à Rome. Les soldats adverses étaient transformés en esclaves, qui travaillaient gratuitement pour les riches romains et leur permettaient ainsi d'accroître encore leurs richesses. Puis, une fois ces régions pacifiées, (la fameuse Pax Romana) on les mettait au travail et on leur faisait bénéficier petit à petit d'une partie des richesses et de la grandeur romaine. On faisait ainsi de ces populations conquises de véritables citoyens, heureux de leur nouvelle condition. C'était donc un véritable système, dont le but était d'accroître sans cesse la richesse des romains tout en pacifiant les zones conquises afin de pouvoir diminuer leur occupation militaire. En effet, l'extension d'un empire non pacifié sera limité par la capacité d'occupation militaire. L'idée géniale des Romains, c'était donc de transformer petit à petit les territoires conquis en véritables provinces ne nécessitant que très peu de présence militaire et fournissant même des militaires à l'Empire.

On le voit en tout cas, l'extension de l'Empire romain avait pour but la croissance économique de Rome. Ainsi, à cette époque, on aurait pu lier l'idée de la croissance économique (si elle avait existé) à celle de la croissance territoriale. Plus on conquérait de territoires, plus on pouvait ramener de richesses à Rome et en faire profiter d'autres provinces. Ce système génial a permis à la République romaine, déjà impérialiste dans son fonctionnement, puis à l'Empire romain lui-même, de perdurer des centaines d'années. Mais on le comprend, dans un monde fini, ce mode de fonctionnement ne peut pas être éternel. Arrive fatalement le moment où les frontières ne peuvent plus être étendues et l'économie se met à stagner à l'instar du territoire. Et cela d'autant plus que plus l'Empire est étendu, plus le rythme des conquêtes doit s'accroître pour maintenir une croissance économique constante. Au sud, le Sahara empêchait la conquête de nouveaux territoires. A l'Est, l'extension était bloquée par les empires asiatiques. Au nord, les peuples germains dont on avait définitivement abandonné l'idée de les soumettre étaient poussés vers l'Empire par des peuples venant de plus loin. (entre autres les fameux Huns) Et en Bretagne, la frontière nord était définitivement fixée par le mur d'Hadrien.

La richesse cessait donc d'augmenter, le réservoir d'esclaves ne se renouvelait plus. Et pire, le territoire commençait à s'amoindrir par le Nord. Avec cette décrue territoriale est arrivée la crise économique. C'est cela qu'on appelle généralement la décadence de l'Empire romain, ce n'est rien de plus qu'une crise. Mais une crise très profonde dont l'Empire n'a jamais pu ressortir. C'est donc le système génial qu'ont inventé les Romains qui a finalement causé leur propre perte. Et c'est une constante historique: nul empire n'est éternel. Et cela même si ceux qui y vivent ne peuvent imaginer qu'il puisse un jour disparaître.

Aujourd'hui, les derniers empires coloniaux comparables à l'Empire romain, les Empires britannique et français, se sont réduits à peau de chagrin et on peut même dire que ces deux anciens empires coloniaux sont désormais des provinces d'un autre empire, l'Empire américain. Mais comme on l'a vu, cet empire a ceci de nouveau qu'il n'annexe pas, mais s'assure de son influence au sein de sa zone économique. Ainsi, le but final de ce nouvel impérialisme est somme toute identique. En étendant sa zone d'influence, on accroît ses richesses et on s'assure la continuité de sa croissance économique. Les provinces, telles que la province Europe, sont autorisées à bénéficier des largesses de l'Empire et ont ainsi l'impression d'être des partenaires de premier plan, alors que les zones nouvellement conquises (par les armes ou d'autres méthodes) sont là pour fournir des richesses et des esclaves aux plus riches citoyens de l'Empire.

Finalement, on peut se poser la question titre. Ce nouvel impérialisme est-il durable ? A long terme, l'impérialisme moderne est-il voué à la décadence comme cela a toujours été le cas, ou est-il capable de perdurer à long terme ? La première chose à dire, c'est que tout comme dans l'Empire romain, la croissance infinie de l'économie passerait par la croissance infinie du territoire, ce qui est impossible. De plus, il y a un fait nouveau qui n'existait pas à l'époque de l'Empire romain ou même des empires coloniaux: la taille de la population mondiale est désormais si grande que si tout le monde vivait comme des Américains ou des Européens, il n'y aurait pas assez de ressources pour tout le monde. En particulier, la substance qui est à la base du fonctionnement de l'économie des empires modernes, le pétrole, (l'équivalent de l'or à l'époque romaine) existe en quantité limitée sur la planète et disparaîtra d'autant plus vite que la croissance économique s'accélérera. Donc non seulement la croissance éternelle n'est pas possible, mais en plus c'est la croissance elle-même qui sera à l'origine de la décadence future. Tout comme dans l'Empire romain donc.

Pour l'instant, ce système a trouvé une parade à sa propre destruction. Afin d'éviter une croissance continue à long terme, le système s'ajuste de lui-même avec une succession de périodes fastes et de crises économiques limitées. Mais cet auto-ajustement aura fatalement ses limites. Le système finira par s'effondrer. Et malheureusement, (ou heureusement suivant le point de vue) cela arrivera durant ce siècle et peut-être bien avant encore.

27/06/2017

Après l'embargo, l'ultimatum et après... la guerre ?

Je suis sidéré qu'on ne parle presque pas des tensions internationales sur nos médias occidentaux en ce moment. Pourtant jamais la situation n'a été si tendue. Les nouvelles se succèdent et font écho les unes aux autres, comme si on vivait un improbable scénario de film catastrophe. Pourtant, on continue simplement les préparatifs des vacances comme si tout allait pour le mieux. Dans les précédents billets, j'ai déjà cité les 3 théâtres d'où une crise majeure pouvait venir. La Syrie bien sûr, mais aussi le Golfe Persique et la Corée du Nord.

missile coréen.jpgDans ce dernier état extrême-oriental, on continue à narguer le monde entier avec des missiles qui menaceraient jusqu'aux rives continentales des Etats-Unis. Il semble qu'on soit désormais en mesure d'équiper des missiles balistiques d'armes nucléaires, certes assez peu puissantes, mais tout de même potentiellement très meurtrières si utilisées contre des zones habitées. La rhétorique est plus guerrière que jamais, Kim Jong Un ayant traité Donald Trump de nouvel Hitler aujourd'hui même, ou de psychopathe la semaine dernière après la mort de l'étudiant américain peu après sa libération des prisons nord-coréennes. Bref, on est loin d'un langage diplomatique !

http://www.20minutes.fr/monde/2094571-20170627-coree-nord...

Ce qui est sûr c'est que la Chine et la Russie se préparent déjà à une confrontation entre la Corée du Nord et les USA. Ces deux pays ont groupé beaucoup de troupes aux frontières qu'ils ont avec la péninsule coréenne. Officiellement il s'agit de faire face à un possible afflux de réfugiés. Mais il s'agit aussi et surtout de faire face à une possible extension du conflit...

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1733/Coree-du-Nord/article/det...

En Syrie, les tensions vavion syrien.jpgont également croissante entre l'autoproclamée "coalition internationale" et les forces gouvernementales. Avion syrien abattu par les Américains, attaque israélienne contre les forces gouvernementales suite à une attaque de missiles dans le plateau de Golan, on peut dire qu'on s'éloigne de plus en plus d'une attaque coordonnée contre Daesh. Même lorsque les Américains bombardent des bâtiments officiels de Daesh à Raqqa, ils bombardent une prison où sont bien sûr en majorité détenus... des fidèles du gouvernement syrien !

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170619-avion-syrien-abat...

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/06/24/97001-201706...

http://www.rfi.fr/contenu/ticker/syrie-une-frappe-aerienn...

Et finalement, on prétend qu'Assad préparerait une nouvelle attaque chimique. (alors que bien entendu, on n'a encore jamais daigné présenter des preuves de l'implication du gouvernement Assad dans les attaques chimiques précédentes) Et on menace à nouveau la Syrie de représailles dans un tel cas. Gageons qu'une attaque va avoir lieu prochainement, qu'on en accusera immédiatement le gouvernement syrien et qu'on va en profiter pour se lancer dans une véritable guerre contre les troupes gouvernementales, délaissant au passage Daesh qui pourra enfin souffler et reconstituer ses forces.

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2017/06/27/les-etats-...

Mais c'est finalement entre le Qatar et la coalition menée par l'Arabie Saoudite que se situe le principal motif d'inquiétude. En effet, un ultimatum en treize points, dont beaucoup sont totalement irrecevables, a été transmis au gouvernement qatari. Ce dernier a une dizaine de jours pour s'y conformer. Certes le souverain des Emirats Arabes Unis prétend que ça n'est qu'une base de négociations, mais dans ce cas pourquoi l'assortir d'un ultimatum ? Est-ce la bonne manière de conduire des négociations ?

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orien...

http://www.europe1.fr/international/pour-erdogan-lultimat...

La question qui se pose donc c'est "Et après ?" Le Qatar ne cédera pas, c'est évident. Donc à la fin de l'ultimatum que va-t-il se passer ? La guerre ? Si c'est le cas, l'Iran et la Turquie se sont déjà rangés derrière le Qatar. On se retrouvera donc avec deux grosses coalitions opposées l'une à l'autre. Iran, Turquie et Qatar contre Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Egypte et Bahrein. Possiblement aussi Israël. Et derrière ces deux coalitions, la Russie et la Chine d'une part, les Occidentaux d'autre part. Cela ne prédit rien de bon.

Bref, ce début d'été ne pousse pas à l'optimisme. Je pense même qu'on n'a jamais été si proche d'un conflit global depuis la crise des missiles de Cuba. Et peut-être même qu'il faut remonter plus loin pour trouver une situation plus explosive...

23/06/2017

Les fourmis mieux que les humains ?

Avez-vous vu cette scène de panique dans une fan zone de la Juventus de Turin quand des "plaisantins" ont fait sauter un pétard pour faire croire à un attentat ? Cette fausse alerte s'est tout de même soldée par un bilan de... 1500 vrais blessés ! Certes, il s'agit de supporteurs de football et les mauvaises langues diront que ce qui brille dans une foule de supporteurs, ce n'est pas l'intelligence. Mais tout de même, il faut s'imaginer au milieu de cette foule, compressé contre des barrières de sécurité par des gens paniqués, eux-mêmes poussés par d'autres gens paniqués et incapables de faire autre chose que vous écraser. Cela fait un peu penser à la tragédie du Heysel en 1985 qui avait fait 39 morts durant la finale de la Coupe des Champions, déjà des fans de la Juventus pour la plupart.

Ce qui m'interpelle, c'est la dynamique de cette foule. Une véritable vague de panique déferle et écrase tout sur son passage. On s'aperçoit que la foule a bien un mouvement global, mais elle n'est pas mue par la raison, mais uniquement par la peur. Autrement dit par un instinct primaire. Si la foule avait été capable d'additionner l'intelligence de ses membres plutôt que sa peur, elle aurait pu avoir un mouvement coordonné, permettant à un maximum de personnes d'échapper au danger présumé, sans mettre d'autres en danger. Mais ça n'est pas comme cela que ça se passe.

Maintenant, étant enfant, avez-vous déjà tenté de provoquer une situation de panique au sein d'une colonie de fourmis ? En plantant par exemple un bâton dans leur fourmilière. La fourmi est un être dépourvu d'intelligence, qui n'est mu que par ses seuls instincts. On pourrait s'attendre ainsi à ce qu'elles réagissent de manière totalement illogique, en partant dans tous les sens. Mais il n'en est rien. Immédiatement, elle s'en prennent au bâton, de manière coordonnée pour l'éliminer. Elles vont additionner leurs forces réciproques pour parvenir à se débarrasser de l'intrus. Et après quelques minutes, elles auront effacé les traces de cette petite tragédie et auront repris leur travail habituel.

N'est-il donc pas étrange de constater que l'être humain, censé être le plus intelligent de la création et de plus adapté à la vie en société organisée, est incapable de réagir de manière coordonnée dans une situation de crise, alors qu'un être aussi stupide que la fourmi le peut ? C'est un peu comme si les fourmis était dépourvues d'instinct de survie propre, mais n'avait qu'un instinct de survie commun à toute la colonie. Seule, une fourmi ne peut rien faire, mais une colonie de fourmis est comme un organisme complet, doté de différents organes spécialisés et d'une intelligence collective lui permettant de faire des miracles, un peu à la manière des cellules formant un organisme complet. L'homme, au contraire, individuellement est une machine formidable, mais collectivement, c'est comme si l'intelligence des uns et des autres s'annulait pour ne plus laisser que les instincts primaires. Au final, les fourmis ne sont-elles pas mieux adaptées à la survie que nous ? Elles existent d'ailleurs depuis une centaine de millions d'années alors que l'homme n'existe que depuis quelques centaines de milliers d'années. Et probablement qu'elles existeront encore longtemps après sa disparition.

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13/06/2017

Un point sur la situation internationale

Pendant que tout le monde prépare ses vacances et que la France et la Grande Bretagne ne parlent que des conséquences de leurs élections législatives réciproques, des événements très inquiétants se produisent ailleurs dans le monde. Que cela soit en Syrie, dans le Golfe Persique ou en Corée du Nord, la tension semble à son comble en cette fin de printemps. Je rappelle au passage mon analyse de la situation mondiale datant de la fin de l’année passée (voir ici et les billets suivants pour les détails) : je pense que ce printemps catalyse tous les dangers et que la moindre étincelle peut enflammer toute l’hémisphère nord. Or ces derniers temps, les étincelles virevoltent un peu partout et, contrairement à ce que peut laisser penser la quiétude ambiante, le danger est à nos portes. Pour rappel d’ailleurs, la quiétude régnait également juste avant la première guerre mondiale…

Ce que j’avais plus ou moins prédit, c’est qu’une guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite pourrait dégénérer et se répandre dans le monde entier. La Corée du Nord a elle aussi le potentiel d’entraîner le monde dans la guerre. Même si je ne crois pas trop que ce pays qui s’est attiré l’inimitié du monde entier puisse amener la Chine ou la Russie à combattre à ses côtés. Cependant, un conflit nucléaire localisé peut très bien enfler jusqu’à devenir mondial. Le danger n’est donc pas à sous-estimer.

La Syrie

Ce pays reste bien sûr une poudrière. Il ne faut pas pavoiser en entendant parler des victoires militaires, tant de la "coalition internationale" et des "forces syriennes libres" que des forces syro-russes. Il y a eu également des attaques graves de ladite coalition internationale contre les forces syriennes. D’ici quelques temps, il est probable que les derniers bastions de Daesh vont tomber. Les deux coalitions vont alors se retrouver face à face et il faudra envisager l’avenir du pays et de la région. Que va-t-il se passer ? Il y a peu de chances que ces deux camps arrivent à s’entendre tant leurs positions sont différentes. En particulier, il est impossible que le gouvernement Bachar accepte l’idée occidentale d’un avenir dont il serait écarté. Une telle position est donc incompatible avec une paix dans la région et il y a à craindre que la guerre continue ensuite, opposant directement les deux coalitions et entraînant derrière elles leurs "parrains" occidentaux et russes.

A propos de l'attaque de la coalition contre un convoi syrien et avertissement de Moscou:

http://www.europe1.fr/international/bombardement-en-syrie...

Le Qatar

Depuis une semaine, le Qatar est sous embargo suite à la découverte de ses liens avec le terrorisme. Personnellement, non seulement la révélation de ces liens ne m’étonne pas – je suis convaincu depuis des années que le Qatar finance le terrorisme, en particulier de Daesh – mais ce qui m’étonne par contre, c’est que le principal accusateur se trouve être l’autre état soupçonné de financer ce terrorisme, l’Arabie Saoudite ! J’ai même déjà dit que pour moi, cet état et Daesh ne formaient qu’une seule entité. Et je le pense toujours.

Dans ces conditions, à quoi ce blocus rime-t-il ? Il faut évidemment aller chercher du côté des liens que le Qatar tente de créer avec l’Iran. Car si le Qatar a jusqu’ici financé le terrorisme, il faut rappeler que l’Iran n’a rien à voir avec le terrorisme et d’ailleurs il vient de subir un attentat de grande ampleur, ce qui cause encore plus de tensions dans la région. Donc en se rapprochant de l’Iran, le Qatar s’éloigne de l’Arabie Saoudite et de Daesh. C’est cela qui est considéré comme intolérable par les Saoudiens. Si l’Iran nouait des relations étroites avec le Qatar, les Iraniens se retrouveraient à leurs frontières terrestres alors que jusqu’à maintenant ils étaient séparés d’eux par un bras de mer.

Cette crise a bien sûr également été rendue possible par la visite de Trump le mois dernier, durant laquelle il a rappelé le lien indéfectible des Etats-Unis avec le royaume de Saouds, et qui a à nouveau désigné l'Iran comme le grand Satan de la région, rompant avec la politique de détente suivie par Obama. Il semble donc que ceux qui avaient espéré que Trump serait un anti-guerre (au rang desquels je me trouvais) et qu'il se mettrait en choc frontal avec le complexe militaro-industriel se soient trompés. D'ailleurs les contrats gigantesques de vente d'armes conclus durant cette visite ne font qu'envenimer une situation déjà explosive.

Je pense que parmi les étincelles actuelles, celle-ci a véritablement le potentiel d’enflammer toute la région, puis le reste du monde. Car si l’Arabie Saoudite et l’Iran se retrouvent en guerre directe, c’est aussi les Occidentaux qui se retrouveraient opposés, par leurs alliances réciproques, à la Russie et la Chine.

Au passage, il faut signaler que la Turquie soutient le Qatar dans cette crise. Cela confirme donc que, bien que faisant toujours partie de l'OTAN, ce pays s'éloigne rapidement des Etats-Unis.

L'Iran accuse l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis d'être à l'origine des attentats de Téhéran:

http://www.leparisien.fr/international/iran-fusillades-au...

La Turquie augmente sa présence militaire au Qatar:

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/06/07/97001-201706...

Visite de Donald Trump à Riyad: vente d'armes record, réaffirmation du soutien à l'Arabie Saoudite et accusation contre Téhéran de soutenir le terrorisme:

http://www.lefigaro.fr/international/2017/05/21/01003-201...

La Corée du Nord

Même si les Etats-Unis ont rappelé l’une de leurs flottes pour la poster dans la région, la Corée du Nord continue à tester toutes sortes de missiles en vue d’une confrontation directe. Il y a entre autres des missiles terre-mer, visant donc directement le groupe aéronaval qui lui fait face, et un missile intercontinental (de type ICBM) que Pyongyang dit être presque prêt à tester. Cette dernière menace serait bien sûr inacceptable pour les USA. Dans ces conditions, un conflit régional, potentiellement nucléaire, deviendrait inévitable. Et comme écrit plus haut, dans une telle éventualité, on ne peut pas exclure une extension du conflit.

Test imminent de missiles intercontinentaux :


http://www.lci.fr/international/la-coree-du-nord-affirme-...

missile corée.jpg

09/06/2017

Et si on jetait les pandas dans la cage des tigres ?

L'année passée, j'ai visité le zoo de Beauval en France, l'un des 6 zoos européens autorisés à accueillir des pandas géants. En effet, le gouvernement chinois est avare en pandas captifs, lancé qu'il est dans un grand programme de conservation de l'espèce. Car il faut le dire, le panda n'est pas un champion de la survie de l'espèce. Incapable de résister à la disparition de son environnement, très mauvais sur le plan de la reproduction, le panda géant est au bord de la disparition à l'état sauvage. Sans l'aide du gouvernement chinois, il aurait sans doute disparu aujourd'hui.

Et bien j'ai trouvé le spectacle offert par ces gros paresseux assez ennuyeux. Il s'agit d'un animal très mou et il n'y a pas grand chose à voir. Il passe son temps à mâchonner du bambou, assis sur son derrière. Alors finalement, je me dis que ça serait assez sympa pour le spectacle de jeter ces grosses peluches dans la cage des tigres afin de voir en combien de temps ils seraient mangés ! Au moins ça attirerait les spectateurs pour quelques minutes et ensuite, il ne serait plus nécessaire de nourrir ces gros mâcheurs de bambou.

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10:02 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (17)

09/04/2017

Les questions en suspens après l'attaque américaine sur territoire syrien

Une fois n'est pas coutume: la première stupeur passée, on se pose des tas de questions. Souvent, lorsqu'il s'agit de confrontation militaire, il ne faut pas chercher la réponse dans les médias, ils ne les abordent même pas. Pour ma part, je me pose toute une série de questions auxquelles je peine pour l'instant à répondre.

1200px-Tomahawk_Block_IV_cruise_missile_-crop.jpgTout d'abord, il faut savoir que le Tomahawk utilisé par les Américains est un missile de croisière, qu'on peut assimiler à un avion sans pilote ou à une bombe volante descendant des fameux V1 allemands, qui vole à basse altitude en utilisant un logiciel de suivi de terrain. Il est de conception relativement ancienne, puisqu'il date des années 80. Il n'a de ce fait aucune capacité en matière de furtivité et fait donc une très belle cible pour la DCA adverse. On compte plutôt sur leur grand nombre pour surpasser les capacités de défense de l'ennemi. 

Deuxièmement, il faut savoir que la Russie a justement déployé d'importants moyens de défense anti-aérienne pour protéger le territoire contrôlé par le gouvernement syrien. Il s'agit de missiles de haute technologie S-300 et S-400, dont on dit qu'ils sont d'une très grande précision, à tel point qu'on leur accorde des capacités anti-missiles. (autrement dit, ils sont capables de cibler et détruire des toutes petites cibles se déplaçant à très grande vitesse, ce qui n'est pas le cas du Tomahawk, qui se déplace lui à vitesse subsonique) Il se dit d'ailleurs qu'en 2013, c'est la destruction de deux missiles Tomahawk tirés depuis la Méditerranée qui avait convaincu Obama d'abandonner l'idée d'une invasion de la Syrie. En effet, comme prémisse à toute attaque terrestre, les Américains considèrent qu'il est primordial de contrôler le ciel.

Finalement, on peut considérer que d'un point de vue stratégique, cette attaque n'a aucun intérêt. D'une part, les Tomahawk sont plutôt considérés comme une arme d'appui de l'aviation, l'équivalent de l'artillerie pour l'armée de terre. En  2003, des Tomahawk avaient été tirés pendant plusieurs heures avant que les premiers avions n'emplissent le ciel irakien. C'est bien une tactique classique d'artillerie, qui pilonne les lignes ennemies pendant une longue période avant que les troupes combattantes avancent pour occuper le terrain, mais appliquée à l'aviation. Or, on voit qu'ici c'est l'arme d'appui qui est utilisée comme arme offensive. Je trouve de ce fait cette attaque d'un intérêt tactique quasi-nul, d'autant qu'il semble que les Russes aient été prévenus de l'attaque.

Ce peu d'intérêt tactique est d'ailleurs confirmé par les images diffusées par les médias. On voit des hangars bombardés vides, (s'il y avait eu des avions dedans, on aurait vu des restes des carlingues) une piste de décollage totalement indemne et des vieux Mig-21 alignés, d'ailleurs sans doute là plutôt pour l'effet de la mise en scène tant ces avions datant du Vietnam ont peu de chances d'être engagés dans un conflit moderne.

Les questions que je me pose sont donc les suivantes:

1. Pourquoi choisir de détruire une cible sans intérêt tactique, voire même préparée pour subir le minimum de dégâts ?

2. Pourquoi aucun Tomahawk n'a-t-il été détruit alors qu'ils sont censés être vulnérables aux S-400 russes ?

3. Pourquoi lancer si vite une opération sans plan de bataille réel ?

Je ne peux faire qu'une théorie. Je n'ai aucune preuve de ce que j'avance. Mais au moins, tout porte à croire que Poutine et Trump se sont bien entendu sur cette affaire et qu'ils ont contré ceux qui souhaitent jeter de l'huile sur le feu et provoquer une troisième guerre mondiale.

A mon avis, ils se sont en effet entendu sur une cible afin de gêner au minimum les opérations russes et syriennes sur les territoires occupés par les djihadistes. Il s'agit d'une opération de marketing visant l'opinion publique américaine afin de la convaincre que les USA ne restent pas les bras croisés face aux horreurs de la guerre en Syrie. Il s'agit également de tuer dans l’œuf toute attaque de la présidence qui pourrait à terme la forcer à intervenir réellement en Syrie, avec les risques qu'on sait. Selon moi donc, l'ennemi qu'à combattu Trump avec cette attaque, ça n'est pas le gouvernement syrien ni la Russie. Mais c'est ceux qui dans son propre pays souhaitent le forcer à envenimer une situation déjà très compliquée.

Je vois tout de même une autre possibilité. Il est possible que les Tomahawk tirés aient été dotés de systèmes de brouillage et qu'il s'agissait en fait d'une démonstration faite aux Russes prouvant que désormais, ce qui était vrai en 2013, à savoir que la Russie contrôlait l'espace aérien syrien, n'est plus vrai en 2017. Je considère cette théorie comme peu probable mais pas impossible. Si c'était le cas, cela signifierait en tout cas que les rapports de force en Syrie et dans le monde s'en retrouveraient totalement chamboulés.

06/04/2017

L'attentat de Sarajevo de notre époque ?

Dans mon analyse de la situation géopolitique et du risque qu'elle dégénère en 3ème guerre mondiale, j'avais, dans un commentaire fait cette prévision: "Bien sûr, il n'y aura pas d'attaque unilatérale. Je pense plutôt qu'il y aura un attentat de Sarajevo comme déclencheur. Si un ou plusieurs attentats de Sarajevo se produisent dans les prochains mois, nous pouvons commencer à avoir très peur."

Voir le billet ici

Attaque-chimique-en-Syrie-le-bilan-s-eleve-a-72-morts.jpgJ'avais aussi prévu que le dernier créneau disponible pour lancer une troisième guerre mondiale serait le printemps 2017. (voir l'analyse pour plus de détails) Et bien je crains que les événements des derniers jours me donnent raison. Jusqu'à l'été, nous vivons la période la plus dangereuse, peut-être de toute l'histoire. Et l'attaque chimique, réelle ou non, qui a eu lieu en Syrie avant-hier est un événement extrêmement dangereux dans ce contexte. Si, comme la menace a été proférée par les Etats-Unis, une intervention unilatérale devait avoir lieu, (ce qu'on appelle communément une déclaration de guerre) dans la situation explosive que nous vivons, la guerre pourrait rapidement se répandre à travers le monde entier.

Et je ne suis qu'à moitié étonné qu'on n'attende pas une enquête sérieuse pour définir le coupable. La théorie russe selon laquelle le régime syrien a bombardé un entrepôt des terroristes qui dominent la ville et que cet entrepôt contenait malheureusement des armes chimiques, me paraît pourtant très plausible. Dans ce contexte, je suis sûr que la Russie n'aurait pas mis son veto contre une résolution condamnant l'utilisation des armes chimiques sans désigner de coupable. Une enquête sérieuse aurait ensuite pu être lancée, mais on préfère faire confiance à des ONG pourtant plus que douteuses. Il y a de ce fait une volonté claire de mettre de l'huile sur le feu, ce qui ne m'étonne pas compte tenu du souhait de certains militaires américains d'en découdre avec la Russie et la Chine.

Encore une fois, j'espère me tromper, mais la situation ne semble pas évoluer très positivement.

12/01/2017

Dis papa, c'est quoi la situation géopolitique ?

Avant de décrire la situation géopolitique, il importe de définir ce qu'est la géopolitique. Je la définirai donc comme l'étude des rapports politiques globaux entre états. Tout état possède un emplacement géographique, un positionnement politique, une puissance industrielle, économique ou militaire, un rayonnement culturel, des ressources, une histoire, une ou plusieurs langues, une ou plusieurs religions. Tout ceci va l'amener à tisser des rapports, amicaux ou conflictuels avec ses voisins et avec le reste du monde.

Le but de la géopolitique est non seulement d'étudier ces rapports, mais aussi de prévoir leur évolution. Pour cela, il n'y a qu'un seul outil qui soit pertinent: l'étude des réalités historiques qui seules peuvent montrer comment une situation géopolitique donnée peut évoluer. Il s'agit donc non seulement d'étudier la réalité géopolitique présente, mais aussi d'autres réalités géopolitique passées et de faire des comparaison. En effet, on peut considérer que des événements passés, s'ils n'ont aucune chance de se reproduire à l'identique, ont toutes les chances de réapparaître de manière similaire dans une réalité géopolitique proche.

Je prends un exemple : juste avant la 1ère guerre mondiale, le monde s'est peu à peu partagé en deux camps qui s'étaient liés par des alliances automatiques multiples. C'est ce jeu d'alliances automatiques qui a transformé un conflit entre deux états, l'Empire Austro-hongrois d'une part et la Serbie d'autre part, en conflit généralisé. Une simple étincelle, l'assassinat du dauphin impérial autrichien, a suffi à mettre le feu aux poudres. Si la situation de l'époque n'existera plus jamais, la plupart des états impliqués ayant soit disparu soit profondément changé, on retiendra de cet événement la dangerosité des alliances automatiques, ainsi que de la bipolarisation du monde. Un monde en paix, c'est un monde multipolaire où les états défendent leurs intérêts géopolitique en toute indépendance et sans animosité envers les autres états. Un monde bipolaire comme celui qui s'était mis en place avant la première guerre mondiale, c'est un monde au bord du gouffre.

Le choix de cet exemple n'est pas anodin. Je pense fermement que le monde actuel ressemble furieusement à celui qui était en place il y a plus de cent ans. Aujourd'hui, les alliances ont changé. Mais le monde semble bien bipolarisé autour de deux camps, atlantiste d'une part, russo-chinois d'autre part. Il existe bien des pôles plus ou moins indépendants comme l'Amérique du sud ou l'Afrique, mais leur puissance géopolitique est faible et ils ne peuvent pas faire contrepoids face à ces grandes entités. Et en plus de la bipolarisation, il existe aussi des alliances automatiques très dangereuses, à commencer par l'OTAN. Une organisation qui, non seulement n'a pas disparu après la chute de son pendant de l'Europe de l'Est le pacte de Varsovie, mais a continuellement été utilisée depuis pour étendre l'espace géopolitique atlantiste au détriment de celui de l'autre camp. Cette pression, que l'on doit considérer comme impérialiste, est la principale cause de la tension qui s'est accumulée ces dernières années.

Au final, il n'existe en fait que 3 puissances globales sur le plan géopolitique, c'est à dire des puissances capables de se projeter partout dans le monde pour faire valoir leurs intérêts. Il s'agit des Etats-Unis bien sûr, mais aussi de la Russie et de la Chine. Les autres états sont des puissances moyennes ou régionales. Il est par contre assez symptomatique de constater que les moyens utilisés pour la défense des intérêts géopolitiques de ces trois puissances ont évolué. Les Etats-Unis, traditionnellement la première puissance économique, peuvent toujours utiliser leur arme du dollar, mais cette arme est de plus en plus contestée par le camp adverse, à commencer par la Chine. Cette dernière a en effet choisi de se passer du dollar chaque fois que c'est possible. Elle a également son statut tout neuf de première puissance économique pour elle. Elle se permet ainsi de conquérir des alliances avec des pays disposant de ressources qui l'intéressent et ainsi marcher sur les plates bandes des puissances occidentales. Pour cette raison, les Etats-Unis sont de plus en plus forcés de se rabattre sur des stratégies de conquêtes militaires, soit par l'affrontement direct, soit par la déstabilisation et le changement de régime de ces pays. La Russie quant à elle, après une éclipse d'une vingtaine d'années, revient en force et s'impose comme le bras armé de cette alliance avec la Chine.

On a donc un camp dont la puissance économique décline et qui est poussé dans ses retranchements, forcé de défendre militairement ses intérêts géopolitiques, et un second camp qui domine déjà au niveau économique et revient très fort sur le plan militaire. Que peut donc donner une telle situation ? On peut déduire assez facilement que sans affrontement direct entre les deux camps, la situation va continuer d'évoluer favorablement pour le camp russo-chinois et l'Occident continuera à décliner. Ce dernier pourrait donc être tenté de forcer l'autre camp à la confrontation. C'est même le plus grand risque de notre époque. Mais cet affrontement peut aussi bien se faire sur le plan économique, comme semble le souhaiter Donald Trump.

On peut ajouter à ce risque la démographie, qui va faire de l'Asie et de l'Afrique les principales zones de peuplement du monde. Comme un grand nombre des zones à forte croissance démographique se trouvent dans des régions pauvres, on peut craindre un exode massif avec à la clef une intensification des conflits ethniques. Ils pourraient donner lieu à de véritables guerres civiles si la nouvelle population cherchait à imposer son mode de vie à la population "historique". Ca a sans doute déjà commencé et ça n'est pas prêt de s'arrêter. Le réchauffement climatique, s'il s'avérait vrai qu'il sera catastrophique, (ce dont je doute) pourrait également augmenter ces exodes. Ces risques concernent surtout l'Europe qui est en première ligne du fait de sa position géographique située juste au nord des sources principales de ces exodes. Mais les Etats-Unis ont également leurs propres problèmes de migration venant en particulier d'Amérique latine, ce qui a participé à "l'effet Trump".

Finalement, le troisième facteur qui peut favoriser des conflits, c'est l'appauvrissement des réserves énergétiques. Durant ce siècle, il est presque certain qu'on verra la fin de la courte ère de l'abondance énergétique. D'une manière ou d'une autre, dans trois ou quatre génération, le monde aura évolué vers une autre forme de production et de consommation énergétique. Mais c'est la période intermédiaire qui est plus problématique. Lorsque les réserves s'affaibliront, les camps en présence chercheront à s'approprier les restes pour avoir plus de temps pour réaliser leur transition énergétique. Durant cette période, qui a sans doute déjà commencé, les deux camps en présence pourraient s'affronter directement pour le contrôle de ces ressources. L'affrontement économique ne sera alors plus suffisant. C'est même sans doute le plus grand danger qui nous guette.

06/01/2017

Les russes sont-ils responsables de la divulgation des emails de John Podesta ?

gettyimages-622150226.jpgC'est ce qu'affirment en tout cas la CIA et qui a poussé Barack Obama a prendre des sanctions diplomatiques contre la Russie. Par contre, Julian Assange le nie. Pour lui, il n'y avait vraiment pas besoin d'être un hacker professionnel pour y parvenir :

Un ado de 14 ans aurait pu le faire

Et Donald Trump soutient cette thèse :

Trump désavoue la CIA et soutient Assange

Au final, je trouve que ça fait beaucoup de polémique pour pas grand chose. Il est en effet possible que le hacker qui a piraté ces emails se trouve en Russie, comme cela arrive souvent. Et même si c'est le cas, cela ne prouve en rien que le gouvernement soit derrière cette attaque.

Et surtout, quelque soit la source de l'attaque, cette polémique ne sert qu'à masquer un fait: si la révélation de ces emails a effectivement pu influencer l'issue de la campagne présidentielle, ce dont je ne doute pas, ce n'est pas parce que le directeur de campagne d'Hillary s'est révélé être un enfant de cœur en matière de sécurité informatique. C'est au contraire le contenu de ces emails qui a révélé la triste vérité à propos de la candidate démocrate: il s'agit d'une très sombre politicienne, aux pratiques plus que douteuses, voire criminelles, lorsqu'elle ne soutient pas en catimini le terrorisme international.  Ce site a été créé pour faire un condensé des plus dommageables de ces emails:

http://www.mostdamagingwikileaks.com/