18/12/2009

L'UDF est-il un parti respectueux des institutions de ce pays ?

Ca devait être une réponse sur le blog de Sami Aldeeb, mais finalement, je trouve si incroyable ce que j'ai découvert que je préfère en faire un billet. Je suis allé lire le programme politique de l'UDF. Et je me suis aperçu à quel point ce parti représente un danger pour la laïcité. A tel point qu'on peut se demander s'il est normal de le laisser agir. Voici quelques morceaux choisis:

"L’engagement et les principes de l’UDF s’enracinent dans la Bible, parole de Dieu. L’UDF prend au sérieux ses responsabilités envers le Créateur, la société et l’Etat."

On remarquera que le Créateur vient en premier et l'Etat en dernier. A croire que le respect des lois de ce pays passe après le respect des lois de Dieu. Encore plus flagrant:

"L’UDF considère que les dix commandements de la Bible constituent le meilleur fondement pour une vie en société."

Pas les droits de l'Homme, mais la Bible. Les dix commandements comme programme politique. Et on dit que les islamistes sont dangereux ?

"Avec l’invocation « au nom de Dieu tout-puissant » ancrée dans le préambule de la Constitution fédérale, la Suisse rappelle qu’elle se reconnaît dans ces valeurs."

La seule partie de la constitution qu'ils sont capables de citer, c'est justement celle qui devrait en disparaître. Ce préambule entre directement en conflit avec la laïcité de la constitution. C'est une atteinte claire au droit des non-croyants et des fidèles d'autres religions.

"L’UDF s’engage à ce que les valeurs chrétiennes gagnent en influence dans le débat politique suisse, tout en demeurant attachée au principe d’un Etat de droit non confessionnel, démocratique et libre, fondé sur les valeurs chrétiennes. "

Un Etat de droit non confessionnel, démocratique et libre, mais fondé sur les valeurs chrétiennes ? Il faudrait m'expliquer... Et que les valeurs chrétiennes gagnent en influence dans le débat politique. Dieu nous en garde !

"...Elle s’oppose à l’utilisation abusive de la liberté de l’art pour blasphémer la création divine"

Bref, il va falloir apporter une nouvelle restriction à la liberté d'expression: l'interdiction de blasphémer !!! Mais j'y songe, n'était-ce pas une interdiction qui avait cours avant la révolution française ? Des têtes n'ont-elles pas été coupées pour que nous puissions gagner ce droit au blasphème ? (entre autres...)

"Les immigrants se doivent de respecter les valeurs chrétiennes et les lois de l’Etat."


Les lois de l'Etat, ben oui, comme tout le monde. Mais les valeurs chrétiennes, ce ne sont pas celles de ce pays. Les valeurs suisses sont laïques ! Ils n'ont donc aucune raison d'adopter les valeurs chrétiennes.

"Pour des raisons liées au rôle attribué dans la Bible à Israël
, l’UDF reconnaît les prétentions que le peuple juif peut fonder sur les saintes Ecritures, et qui sont également reconnues par la Suisse. L’UDF demande en particulier la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale indivisible de l’Etat hébreu."

Donc, il n'y a plus rien à dire. Les arabes n'ont qu'à se la boucler. La Bible dit que cette terre appartient à Israël, donc il n'y a rien de plus à dire. Et au passage, j'aime beaucoup le "et qui sont également reconnues par la Suisse." Car pour l'UDF, la Suisse c'est eux !!!

Le peuple suisse s'est bel et bien trompé de cible. L'islamisme radical est encore quasiment absent dans notre pays. Par contre, les radicaux catholiques sont bien dans la place et il ne faudrait pas baisser la garde. Pour rappel, voici le jugement de la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui avait autorisé l'interdiction du "Parti du Bien-Etre" en Turquie, parce qu'il menaçait directement la laïcité.

Jugement parti Refah 2001

Dans ces conditions, il est évident qu'il existe désormais une jurisprudence qui interdit aux partis politiques de prêcher contre la laïcité. L'attitude de l'UDF me semble donc condamnable...

 

En attendant Paula se fiche pas mal des querelles religieuses.
Tout ce qu'elle demande c'est de pouvoir reprendre son travail
au service de nos ainés.
Pour plus de précisions et pour signer la pétition, voir ici:

http://wipi.blog.tdg.ch/

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15:59 Publié dans Politique, Suisse | Tags : udf, chrétiens | Lien permanent | Commentaires (41)

15/12/2009

Copenhague ou la perpétuation des mauvaises solutions

Jusqu'à la fin de la semaine, Copenhague est le centre du Monde. Car c'est là que se tient la grande messe de la nouvelle religion sacralisant la déesse Terre. Les fidèles de tous pays n'ont d'yeux que pour cette ville où les grands de ce monde peinent à finaliser un accord qu'ils appellent de leurs voeux. Mais si on ne peut que convenir que quelque chose doit être fait pour notre avenir, les solutions pronées dans le cadre de ce sommet de Copenhague sont-elles souhaitables ?

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20:43 Publié dans Monde, Politique | Tags : copenhague, traité | Lien permanent | Commentaires (4)

11/12/2009

Les banques de Genève peuvent-elles encore avoir des employés frontaliers ?

Je vais sans doute attirer des commentaires anti-frontaliers. Sachez que si vous êtes des frontalierophobes chroniques ou des fans inconditionnels de Eric Stauffer, je suis tout à fait contre votre position et je n'ai même aucune sympathie pour vous et vos idées. Ce que je veux mettre en évidence ici, c'est un problème légal qui devrait faire réfléchir les banquiers de la place de Genève.

La place bancaire suisse, et celle de Genève en particulier, est protégée par une loi, le secret bancaire, qui isole de plus en plus la législation suisse en Europe et même dans le Monde. Or, pour qu'une demande d'extradition, pour autant qu'un accord existe, soit suivie d'une action judiciaire de la part du pays destinataire, il faut 2 conditions. La première, c'est que le délit dont la personne concernée est accusée soit également considéré comme un délit dans le pays où il se trouve. Cette condition est plutôt facile à remplir lorsqu'il s'agit d'un crime tel que meurtre, vol, viol, etc. Mais lorsque la législation suisse est pratiquement la seule à considérer l'acte supposé comme délictuel, alors il est probable que le délit reste impuni, que ce soit par le droit suisse ou par le droit du pays d'accueil.

La seconde condition, c'est que la personne concernée par la demande d'extradition ne soit pas citoyen du pays hôte. Dans le cas des frontaliers, il y a donc un problème: tous les soirs, ils rentrent dans leur pays, d'où ils ne peuvent pas être extradés. Donc , s'ils ont commis un délit un jour, il leur suffit de ne pas revenir le lendemain en Suisse pour être couverts par la protection de leur pays d'origine. De plus, si le droit français ne reconnaît pas l'acte comme un délit, ils ne peuvent pas non plus y être poursuivis. Le seul problème que ça leur pose en définitif, c'est qu'ils n'auront plus la possibilité de retourner en Suisse ni, ce qui est un problème tout relatif, se rendre dans un pays avec lequel la Suisse a un accord d'extradition et dont la législation reconnaît le secret bancaire !

Pour la plupart des professions, cela ne pose pas de gros problème. Et même si ça en pose, ça n'a pas la même répercution. Dans le cas qui s'est produit chez HSBC, banque pourtant britannique, c'est qu'en commettant cette indiscrétion, l'employé incriminé a sappé toute la confiance qu'on peut avoir à l'étranger, et en particulier en France, vis-à-vis du système bancaire suisse. Il ne fait donc pas du mal qu'à son ancien employeur, mais à toute la profession, à toute la place financière suisse et en particulier genevoise. Dans ces conditions, on peut se rendre compte à quel point il est dangereux d'employer un frontalier venant d'un pays faisant la guerre au secret bancaire à un poste clé d'une banque de la place genevoise. La même remarque peut être faite à Zurich avec les frontaliers allemands, à Bâle avec les frontaliers français et allemands et dans le Tessin avec les frontaliers italiens.

Donc je pense que la Suisse et ses banques doivent aujourd'hui choisir. Soit il faut aligner notre législation sur nos grands voisins et sans doute perdre de nombreux emplois, soit il faut réserver les postes clé ainsi que tous les postes ayant accès à des données confidentielles aux seuls résidents suisses, voire même aux citoyens suisses. Même si la confiance qu'on peut accorder à des employés suisses n'est pas à cent pourcent garantie, elle est tout de même infiniment plus grande que celle qu'on peut mettre dans des personnes résidant à l'étranger !

Bien sûr, une telle législation serait incompatible avec les billatérales. La Confédération ne peut donc pas agir. Toutefois, je pense que les banques tireront elles-mêmes les conclusions de cet incident. Et elles prendront les mesures nécessaires pour éviter qu'on donne des postes à responsabilité à des personnes qui ne peuvent plus être considérées comme absolument fiables compte tenu du climat instauré par les pays limitrophes. Et sur le fond, je ricane gentîment, si la conséquence de la politique de chasse aux sorcières poursuivie par ces grands états vis-à-vis de la Suisse les amène à récupérer des banquiers frontaliers qui ne pourront que grossir les rangs de leurs chômeurs...

13:17 Publié dans Economie, France, Genève | Tags : hsbc, fuite | Lien permanent | Commentaires (3)

07/12/2009

Les cafés restaurants ont besoin de fumée pour vivre !

C'est ce que j'ai appris aujourd'hui. Sans fumée, ils vont tous disparaître. C'est pourquoi ils préparent une initiative fédérale pour (ré-) introduire la liberté de choix entre établissement fumeur et non-fumeur. Une liberté qui a bien sûr toujours existé sans jamais être appliquée tant le nombre d'établissements non-fumeur a toujours été ridiculement bas. Dès lors, est-il sérieux de dire qu'il s'agit d'une véritable proposition respectueuse des uns et des autres ? Je préfère bien sûr de loin cette manière de procéder à celle des cafetiers genevois qui avaient lancé un référendum contre la loi d'application d'une loi acceptée par 80% du peuple. Tout le monde a le droit de lancer des initiatives et de lancer ou relancer un débat. Et puis au niveau fédéral, le souverain n'a encore jamais été consulté. Il serait donc intéressant de s'y mettre une fois pour toutes. De plus, une initiative n'a pas d'effet suspensif. La loi fédérale sur l'interdiction de fumer pourra donc enter en force malgré l'existence de cette initiative.

Toutefois les arguments des cafetiers-restaurateurs suisses m'interpellent de deux manières. Tout d'abord, le fait qu'on affirme que l'interdiction de la fumée saigne à blanc les responsables d'établissements publics me paraît inconsistante. Je croyais que les cafés et restaurants faisaient leur bénéfice sur les boissons et les plats. Depuis quand la fumée apporte des recettes à ces établissements ? Pour moi elle n'est qu'une nuisance inutile. Et si certains ne survivaient que grace à l'autorisation de fumer, on peut s'intéroger à propos de la qualité du service qu'ils proposent. Et on peut ainsi retourner la question et se demander pourquoi on devrait changer la loi pour permettre à des établissements de mauvaise qualité de survivre...

Ensuite on peut me répondre que si les fumeurs ne se rendent plus dans les lieux publiques, ça diminue les recettes globales de tous les établissements et ainsi le nombre d'établissements en difficulté augmente d'autant. Mais là je m'interroge donc sur les motivations des fumeurs. Je ne me souviens pas d'avoir entendu un fumeur se plaindre parce qu'il ne pouvait pas fumer au cinéma ou au théâtre. Ni parce qu'il ne pouvait pas fumer dans un grand magasin. Et que dire des avions ou des trains où avant il était possible de fumer ? L'interdiction a finalement été bien acceptée non ? Alors pourquoi les lieux de convivialité devraient faire exception ? Après tout, un café n'est pas fait pour fumer mais pour consommer une boisson. Et dans le cas d'un restaurant, la fumée est même une très grande nuisance pour les autres clients. Alors pourquoi serait-il normal de fumer ?

Et puis, cet argument est-il véridique ? Sans citer de chiffres, c'est facile de dire qu'on a plus de problèmes qu'avant. En réalité, des faillites d'établissements, il y en a tous les jours. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Alors il est un peu facile d'accuser l'interdiction de fumer. Et puis j'ai des fois entendu des fumeurs dire que désormais, ils boivent leur verre et s'en vont. Et bien je ne vois pas en quoi ça diminuerait les recettes des cafetiers, car en quoi un fumeur qui reste à tirer sur sa clope sans consommer rapporte-t-il ? Au contraire, il occupe une table et fait fuir les non-fumeurs... Quant à ceux qui boycottent les bistrots parce qu'ils ne peuvent plus y inhaler leur dope, je pense qu'ils ne tiendront pas longtemps. Dans quelques années, cela paraîtra tellement naturel que la fumée soit interdite qu'on ne se souviendra même plus de ces débats stériles...

05/12/2009

Copenhague ou l'incompréhension entre le nord et le sud

Là où les riches tels que nous doivent dépenser pas mal d'énergie afin d'éviter que la nourriture qu'ils ingurgitent ne les fasse trop grossir, les pauvres du Sud dépensent toute leur énergie à essayer de ramener assez à manger à la maison pour nourrir leur famille. C'est plus ou moins ainsi qu'on peut résumer les différentens positions à l'approche du sommet visant à "sauver le monde" à Copenhague . En effet, durant un siècle, les pays dévelopés ont créé leur richesse en consommant des carburants fossiles sans vergogne et aujourd'hui qu'ils ont atteint un niveau de richesse suffisant, ils tentent d'empêcher les autres d'accéder au même niveau de richesse en leur imposant des restrictions sur les carburants. Ou c'est en tout cas comme ça que les pays du Sud le ressentent. Car le changement climatique, c'est essentiellement une préocupation de riches. La préocupation des pauvres, c'est de manger à leur faim.

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02/12/2009

Le peuple a-t-il toujours raison ?

C'est ce qu'affirment les défenseurs du résultat de dimanche dernier au sujet des minarets. Le vote est définitif et ne doit pas être contesté. Et les tentatives d'intimidation contre tous ceux qui pourraient avoir envie de faire appel à des instances judiciaires pour les contrer sont légions. Tout recourant potentiel est décrit comme un pourfendeur de la volonté populaire. Mais le peuple n'est pas au dessus des lois. Tout comme ne le sont pas les politiciens. Donc ça n'est pas parce que le peuple vote une loi qu'il a forcément raison. Ni même qu'il doit avoir le dernier mot. Le fait est que l'écrasante majorité de la population, moi-même y-compris, ne sommes pas juristes. Alors qui sommes-nous pour juger de la légalité d'un texte ?

Lorsque les Genevois avaient voté la loi sur les chiens à la majorité des 2/3, on aurait aussi pu dire que ce résultat devait être accepté sans possibilité de recours. Pourtant le recours qui a été déposé auprès du Tribunal Fédéral, instance judiciaire garante du droit fédéral, a abouti à la suppression de plusieurs articles qui avaient pourtant été votés par le peuple. Qui avait alors raison ? Le peuple ou les recourants ? Évidemment les recourants puisque le peuple avait pris une décision non conforme au droit supérieur.

Même si je ne suis pas juriste, je sais tout de même reconnaître une discrimination quand j'en vois une. Si l'Arabie Saoudite interdit la construction d'églises, c'est une discrimination claire. Celle des minarets est bien sûr moindre, puisqu'elle n'empêche pas le culte. Mais du moment où elle n'est dirigée que contre une seule communauté, elle est clairement discriminatoire. Une loi interdisant tout caractère ostentatoire de constructions religieuses n'aurait pas posé autant de problèmes. C'est une interdiction visant une seule minorité religieuse qui est bel et bien une violation des droits humains.

Bref, que dit la Convention Européenne des Droits de l'Homme au sujet de la discrimination ?

Article 14 Interdiction de discrimination

"La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation."

A noter que cet article ne couvre que les articles de la Convention, mais qu'un protocole additionnel (Protocole No 12) étend l'interdiction de discrimination à l'ensemble du droit national des pays signataires. Ainsi, la discrimination concernant la construction de minarets, même si elle ne touche pas la liberté de culte inscrite dans le texte de la Convention est tout de même couverte par l'article.

En tant qu'état membre du Conseil de l'Europe et, condition indispensable, signataire de la Convention, la Suisse est tenue de se conformer au texte ci-dessus. Il est d'ailleurs assez étrange qu'on monte sur ses grands chevaux dès qu'on doit se soumettre au droit supérieur. Comme on peut le voir sur le tableau disponible ici, la Suisse fait partie des très bons élèves, ce dont nous pouvons être fiers. En 2008, nous n'avons subi que 4 condamnations. En comparaison, la Turquie en a subi 264 et la Russie 244 ! Pourtant aucune menace de quitter la convention n'a été proférée par ces 2 pays. Ils se plient aux règles. Même la France, patrie des Droits de l'Homme a subi 34 condamnations. (ce qui en comparaison de la population est assez équivalent avec notre pays) On n'entend aucun pays se plaindre de cette violation de souveraineté. Alors pourquoi lorsque la Suisse doit une fois accepter de jouer le jeu, elle devrait tout envoyer balader ? Sommes-nous si supérieurs aux autres Européens ? La culture de la suprématie de la volonté populaire justifie-t-elle n'importe quoi ?

D'ailleurs, le fait que cette discrimination soit issue du peuple ne la rend pas meilleure. Je pense au contraire qu'il est bien pire pour l'image de la Suisse que le peuple soit responsable d'une atteinte aux droits fondamentaux de l'une de ses minorités que s'il s'était agi d'un gouvernement totalitaire. Dans le second cas, on pardonne au peuple auquel on peut octroyer le bénéfice du doute. Dans notre cas, le peuple n'a aucune excuse.

Autre argument qu'on entend souvent: certes c'est une discrimination, mais elle n'est pas très grave puisque les musulmans peuvent toujours pratiquer leur culte. Et bien je suis sûr que c'est ce que pensaient les Allemands dans les années 30 en voyant qu'on imposait le port d'une étoile aux Juifs. Ca n'était pas si grave, puisque ça ne les empêchait pas de vivre, de travailler, d'aller à l'école. Le fait que cette discrimination était totalement inutile n'a sans doute pas frappé beaucoup de monde. Et le fait que c'était une porte ouverte à d'autres discriminations bien plus graves et finalement à un meurtre de masse était évidemment impossible à prévoir pour l'homme de la rue.

Il ne faut pas se laisser impressionner par Blocher et ses menaces de forcer la Suisse à quitter les organisations supra-étatiques qui "imposent" leurs lois à notre pays. Si la discrimination est réelle, la loi doit être annulée. Et seuls les juges de Strasbourg sont à même d'en juger. Si par contre ils devaient décider que le texte est recevable, je serais le premier à me conformer à leur décision. D'autant que je me fiche pas mal des minarets sur le fond. Je ne vois pas plus que n'importe qui pourquoi les religieux ont besoin de signaler leur présence de manière si visible. Ce qui m'est par contre insupportable, c'est de voir que le peuple suisse s'assoit sur les droits humains d'une de ses minorités.

Bref, le peuple a-t-il toujours raison ? La réponse est évidemment non. Le peuple peut se tromper et c'est à la justice de décider si la loi votée est conforme au droit. Alors que ceux qui veulent déposer un recours le fasse et qu'on cesse ce débat stéril jusqu'à la décision des juges.

19:43 Publié dans Suisse, Votations | Tags : minarets | Lien permanent | Commentaires (47)

01/12/2009

Peut-on se passer du nucléaire ?

Dimanche, le vote des Vaudois a été totalement occulté par celui sur les minarets. Pourtant, leur choix pourrait avoir une tout autre répercution sur notre avenir et ce pour longtemps. Il est vrai que ce vote sur la reconduction de l'autorisation d'exploitation de la centrale de Mühleberg n'était que consultatif et les autorités ne sont pas forcées de suivre l'avis du peuple. Mais compte tenu de la forte oppositon populaire dans la plupart des cantons consultés, on voit mal comment les autorités pourraient passer outre l'avis populaire.

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29/11/2009

Bravo la Suisse pour ce fiasco

Bravo d'abord au parlement qui a laissé une initiative discriminatoire passer en votation. C'est vrai qu'on peut (éventuellement) se féliciter qu'on puisse parler de n'importe quoi dans ce pays. Mais on peut aussi se demander pourquoi on a pris le risque de laisser le peuple approuver une loi discriminatoire qui ne pourra jamais être appliquée. Je l'avais prédis et ça se produira dès demain: les Verts vont saisir le Tribunal des Droits de l'Homme. Et il y a fort à parier que la loi sera invalidée du fait de la discrimination d'une seule communauté qu'elle introduit dans notre Constitution. Alors que restera-t-il au final ? Une image. L'image d'un pays qui n'a aucun respect pour ses minorités. L'image d'un pays qui se tourne de plus en plus vers son extrême-droite. L'image d'un pays où la démocratie est utilisée pour discriminer.

Bravo aussi aux autorités des communes de Langenthal et Wangen bei Olten. Parce que franchement, il faut bien avouer qu'accorder le permis de construire pour un minaret dans des petites villes comme celles-là, ça tient de l'imbécilité. A Genève, ou Zurich les minarets ne gènent pas du tout. Personne ne fait attention à eux. Mais dans une toute petite ville, il est évident qu'on peut légitimement se sentir envahi. Si on avait été suffisamment intraitable et qu'on n'avait pas accepté la construction d'une mosquée avec minaret dans des villes dont elles violent totalement le style architectural, on n'en serait pas là, ça j'en suis sûr.

Bravo au peuple suisse qui a réussi l'un de ses plus beaux autogoals. Désormais, la porte est grande ouverte pour les Ramadans et autres islamistes pour convaincre les musulmans de ce pays qu'ils sont détestés par le reste de la population Ils vont pouvoir former la nouvelle génération d'islamistes dans les écoles coraniques qu'ils vont pouvoir ouvrir. Et on n'est pas prêt de parler d'un islam à l'européenne qui puisse se détourner de ces gens-là...

Et finalement, bravo au Conseil Fédéral pour sa brillante gestion de l'affaire Kadhafi dont les attaques répétées contre la Suisse, comme le souligne Blondesen sur son blog, ont sûrement grandement profité à l'initiative.  Un peu plus de répondant face à ce sinistre personnage aurait probablement rassuré les Suisses.

Avertissement: si les commentaires deviennent trop virulents ou insultants, et celà qu'ils soient pro ou anti-minarets, les commentaires seront immédiatement fermés et les messages concernés seront effacés sans autre forme de procès.

28/11/2009

Et on continue à croire que les gauchistes sont pacifiques...

Oui on y croit. A chaque fois qu'il y a un évènement qui ne leur plaît pas, il faut qu'ils mettent le feu à la ville. Se croient-ils vraiment au-dessus des lois ? Ah oui, je sais. Ce sont des éléments incontrolables et la GRANDE majorité des manifestations défilent dans le calme. Et bien ce genre de conneries, on en a assez. Interdisons les manifestations. Après tout, il n'y a qu'à Genève qu'on les autorise encore à manifester. C'est vrai que ça ne les empêche pas de faire le bordel. Mais au moins, on peut arrêter toute personne qui outrepasse l'interdiction.

Et puis à quoi ça rime de manifester dans un état démocratique ? C'est comme ça qu'on essaye de contourner la défaite dans les urnes ? On met le feu aux voitures ? On casse les vitrines ? Je comprends tout à fait qu'on manifeste dans les rues de Téhéran ou de Rangoon. Ici, si on veut s'exprimer on en a le droit ! On peut même proposer des lois et les faire voter à la population. Alors à quoi ça rime tout ça ? Est-ce parce qu'ils savent que leurs idées n'ont pas une seule chance face à l'épreuve de la majorité ?

En tout cas, moi je suis sûr que les propriétaires de ces voitures sont des directeurs de banque directement responsables du crash boursier:

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Et tiens. Ce que je trouve bizarre c'est qu'on s'en prenne à une VW en plaque française, mais qu'on laisse la Volvo tranquille. Ca montre bien l'esprit de ces débiles. J'espère que la police va en choper quelques-uns et qu'ils vont en avoir pour des années à rembourser les dégats qu'ils ont commis !

D'ailleurs au passage, il faut dire que les assurances ne payent pas en cas de troubles publics. Alors qui va payer ? Et si on faisait payer les mouvements qui ont demandé l'autorisation de défiler ? Ca ne serait pas normal ? Après tout, ils n'ont qu'à assurer le service d'ordre au lieu de laisser faire et dire ensuite qu'ils n'y sont pour rien et que ce sont des éléments externes qui ont fait le travail...

27/11/2009

Problèmes financiers à Dubaï

Depuis hier le monde entier retient son souffle, parce que la compagnie Nakheel, filiale immobilière de Dubaï World, a demandé un rééchelonnement de six mois de sa dette, en particulier des 3,5 milliards de dollars que la compagnie devait rembourser en décembre. Du coup les bourses du monde entier ont réagi à la baisse, faisant presque craindre un nouveau crash financier. Mais est-on dans la même situation qu'en 2008 ? Il faut tout d'abord dire que la dette de Dubaï, 80 milliards, ne peut en aucun cas être comparée avec la bulle des crédits subprimes pourris aux Etats-Unis. Le manque à gagner pour l'économie qu'a provoqué l'inconsistance chronique des banques dans leur gestion du crédit immobilier aux Etats-Unis se comptera certainement en milliers de milliards de dollars ! On parle donc d'une catastrophe d'une ampleur sans rapport...

palm_jumeirah_08.jpgEnsuite, il semble qu'on évalue assez mal la cause de cette crise. On ne peut pas comparer un marché financier qui implose parce que toutes les valeurs qu'on échange manquent de garanties, avec un marché immobilier où toutes les dettes correspondent à des actifs réels. Pour se rendre compte des activités de Nakheel, il faut se rendre sur leur site et voir tout ce qu'ils sont en train de construire. Il s'agit d'une ville toute nouvelle, en grande partie gagnée sur la mer...

Dès lors, il est évident que la somme globale investie par la compagnie phare de Dubaï est largement supérieure à ces 80 milliards de dollars ! La compagnie a donc un bilan très positif et ses fondations reposent sur des bases plutôt solides. Alors pourquoi cette crise ? En réalité, il s'agit d'une crise de liquidités. Même si les actifs de la société couvrent largement les dettes, ils sont tous investis dans divers projets. Et lorsqu'on n'a plus de liquidités, on n'arrive pas à payer ne serait-ce que l'intérêt des dettes. Et c'est le genre de choses que les banques apprécient moyennement...

Maintenant, est-ce que ces problèmes de liquidités vont conduire à la faillite de Dubaï World et de tout l'émirat avec ? Disons que ça n'est pas impossible. Il est certain que la frénésie avec laquelle on a construit et on construit encore était assez malsaine. Mieux aurait valu échelonner le développement de la ville pour éviter de créer un effet de bulle. Mais sur le fond, je ne pense pas que le développement de Dubaï soit basé sur du vent. Et les banques le savent. Il y a donc tout à parier que ces dernières vont accepter la proposition de report de six mois. Et d'ici là, Nakheel va mettre sur le marché plusieurs projets immobiliers qui devraient lui apporter des liquidités. A commencer par la Palm Jumeirah, la première des 3 "Palm Islands", qui représente de nombreux milliards de revenus en résidence de grand standing en perspective.

Et la réaction de la bourse ? Doit-on vraiment tenir compte des réactions émotionnels des investisseurs qui souvent réagissent dans la précipitation ? On le sait, la haute finance est souvent déconnectée de la réalité économique. Je suis pour ma part persuadé que c'est à nouveau le cas aujourd'hui. Pour le reste, ce qu'on peut espérer, c'est que Dubaï apprenne à réfréner sa croissance et garde le contrôle de son développement. Rien ne sert de construire plus que ce qu'on est capable de financer. Rien ne sert non plus de construire plus que ce que d'autres sont prêts à acheter.

15:19 Publié dans Economie, Monde | Tags : crise, dubaï | Lien permanent | Commentaires (10)

23/11/2009

Des documents piratés montrent-ils que les scientifiques du climat sont des falsificateurs ?

C'est ce que j'aimerais bien savoir. Ces derniers jours, des pirates informatiques ont réussi à s'introduire sur un serveur du centre de recherches sur le climat (CRU) de l'université d'East Anglia en Angleterre. Ils ont réussi à récupérer des données dont ils disent qu'elles prouvent les falsifications des données climatiques qui ont été faites depuis de nombreuses années. Et ils les ont mises en ligne sur un serveur russe. Et partout sur Internet, on peut lire une dépêche de l'Associated Press, relayée par de nombreuses sources. En voici une:

http://fr.news.yahoo.com/3/20091122/twl-gb-climat-piratag...

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Il faut suspendre Thierry Henry pour la phase finale de la Coupe du Monde !

Avant tout, je dois dire que je suis Français aussi bien que Suisse et qu'il m'est souvent arrivé d'être supporter des Bleus, plus souvent même que des Rouges à croix blanche, lors des différentes phases finales de Coupe du Monde ou de Coupe d'Europe. Chaque fois qu'une équipe à réussi à m'entousiasmer par son jeu, je me suis rangé corps et âme derrière eux. C'était particulièrement vrai de la grande équipe de Platini, de Giresse, de Tigana et autres Fernandez. Même s'ils n'ont gagné qu'une Coupe d'Europe et n'ont jamais disputé de finale en Coupe du Monde, c'était à mon avis une sorte d'âge d'or pour le football français.

Mais je me suis aussi passionné pour l'équipe de France quand un nouveau meneur, Zidanne, s'est profilé pour mener cette équipe dans les hauteurs. Le football que pratiquait cette équipe était moins flamboyant, mais bien plus réaliste, ce qui finalement compte plus en football. En 1998, lorsque Didier Deschamps a soulevé la Coupe du Monde très haut au-dessus de sa tête, j'étais debout devant mon poste de télévision, levant les bras au ciel pour accompagner son geste. Pareil lors de la victoire en Coupe d'Europe 2 ans plus tard. Et lorsqu'il y a quatre ans, le retour d'un Zizou rassembleur m'a permis de m'entousiasmer à nouveau pour cette équipe, j'étais à nouveau présent, sûr de la victoire finale. Victoire que seule l'équipe d'Italie est parvenue à contester.

Mais aujourd'hui, je ne défends plus ces bleus. Plus depuis que leur capitaine s'est permis de voler la victoire d'un geste de la main clairement volontaire. J'aurais de loin préféré une défaite à la régulière qu'une victoire volée qui laisse planer le doute sur l'issue normale de la partie. Donc je ne serai pas avec ces Bleus. Pas si Thierry Henry devait en faire partie. La solution la plus équitable aurait été de rejouer la partie, même lui l'a avoué. Mais puisqu'il parait que c'est impossible, la FIFA doit prendre la seule décision correcte qui lui reste entre les mains et priver le capitaine des Bleus de phase finale. C'est le seul moyen de restaurer un peu de justice dans le football.

On dira peut-être que c'est une sanction trop sévère. Mais après tout, n'a-t-il pas privé toute une nation de phase finale ? Sous cet angle la sanction n'est-elle pas plus proportionnée ?

18/11/2009

Et si on interdisait la religion musulmane ?

Je n'arrête pas de lire un peu partout, sur des blogs défendant l'initiative anti-minarets ou n'importe où ailleurs, que les musulmans sont TOUS dangereux, qu'il n'existe pas de musulmans modérés, que leur but est d'envahir l'Occident pour y imposer la charia et pour mettre des burqua aux Suissesses et autres Européennes. Mais si cette religion est si dangereuse, pourquoi faire un geste aussi vain et inutile qu'interdire les minarets ? Est-ce que les musulmans seront plus modérés sans leurs minarets ? Est-ce que les femmes ne seront plus obligées de porter le voile ou même (pour autant qu'on ait déjà pu en voir en Suisse) la burqua ?

On répond souvent que c'est un premier geste. Qu'il faut bien commencer quelque part. Et bien je réponds par cette question: pourquoi commencer par quelque chose qui ne sert à RIEN ? Pour mettre au pas les jeunes qui font des excès de vitesse, doit-on leur interdire de repeindre leur voiture ? Pour empêcher les cambrioleurs de commettre leurs méfaits, doit-on leur interdire de porter des couleurs foncées ?  Est-ce qu'un cardiologue guérit une tachycardie simplement en détournant le regard de l'ECG? Alors pourquoi s'en prendre à quelque chose de pûrement visuel si on pense qu'il y a un véritable problème ?

Après tout les Romains, lorsqu'ils se sont aperçus que la religion chrétienne était sur le point de les conquérir, l'ont bien interdite. IIls avaient d'ailleurs bien raison de penser que cette religion était dangereuse. Les millénaires qui ont suivi l'ont bien prouvé. lIs ont donc pris leurs responsabilités. Et l'Empereur Néron dans toute sa bonté, en a profité pour envoyer les récalcitrants jouer avec des gros chats dans le Collisée ! Pour tout le plaisir du bon peuple. Des jeux et du pain, c'était tout ce qu'il fallait pour faire le bonheur de la plèbe à ce qu'on disait ! Alors on pourrait les imiter non ? Ça ne les a pas empêché d'être conquis et de disparaître 300 ans plus tard. Mais en attendant, ils se sont bien amusés au moins !

16/11/2009

Le Conseil d'Etat qu'on attendait

Oui, cette élection d'hier ne nous aura apporté aucune surprise. Comme on pouvait s'y attendre, le MCG n'a pas fait son entrée au Conseil d'Etat. Comme on pouvait s'y attendre, la droite reprend la majorité au détriment des Socialistes en déroute. Comme on pouvait s'y attendre, c'est Véronique Pürro qui en fait les frais. Et comme on pouvait s'y attendre, les cinq sortants passent la rampe sans trop de difficultés. Finalement, un scrutin majoritaire, où les coalitions préfèrent ne pas présenter trop de candidats de peur de faire de l'ombre à leurs sortants, c'est vraiment peu enthousiasmant. On aimerait un peu plus de confrontation. On aimerait des coalitions gouvernementales qui présentent chacune 5 ou 6 candidats, pour avoir vraiment le choix. Bref, on aimerait pouvoir faire mieux que réélir les sortants faute de mieux. Certes, on a eu un taux de participation record, mais tout de même, 46% ça n'est pas très glorieux. Et ce genre d'élections où on n'a finalement le choix qu'entre 8 candidats sérieux pour 7 places ne va pas aider à plus intéresser la population !

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12/11/2009

Pour interdire la vente d'armes, il faudrait commencer par définir ce qui est une arme

Il est tout à fait clair qu'un pays neutre ne doit pas vendre d'armes à l'étranger, si elles risquent d'être utilisées dans des conflits. La Suisse met d'ailleurs beaucoup de moyens à s'assurer que les dérapages puissent être évités. Mais l'initiative du GSsA veut aller plus loin et veut interdire toute vente d'armes à quelque pays que ce soit, afin d'éviter que puisse exister toute possibilité de dérapage, au nom du principe de précaution. Cela pourrait avoir un sens, mais il faut voir que cela mettrait fortement en danger notre indépendance sur le plan militaire.  Car particulièrement au niveau des munitions, il est important de posséder une fabrication locale, car en cas de guerre, nous ne pourrions compter que sur nous-mêmes. Et une industrie qui ne se limiterait qu'à nos besoins locaux n'a pas une seule chance de survivre. Sans parler des emplois, qui quoi qu'on dise, ne pourraient pas être maintenus si la loi passait. En effet, une reconversion, bien que possible, ne peut pas se faire du jour au lendemain. Un appareil industriel nécessite beaucoup de moyens pour le reconvertir et le choix le plus simple serait la fermeture pure et simple.

Mais voilà, le GSsA met en avant de rares dérapages pour justifier cette interdiction. Le cas exposé le plus généralement est celui de ce Pilatus PC-9 que le Tchad a employé pour bombarder des populations.

Mais il est clair que l'ensemble de la gamme de Pilatus est constitué d'avions d'entraînement et non d'avions de combat ! Ils ne peuvent donc en aucun cas être considérés comme des armes !

Pilatus.jpgD'ailleurs, bien qu'excellents pour l'entraînement des pilotes, ces avions font de piètres avions de combat. En effet ils ne disposent d'aucune défense contre la DCA, ni contre-mesure, ni avionique sophistiquée, ni flares, etc...  Autant ré-équiper des avions de la seconde guerre mondiale, qui au moins avaient été construits pour le combat ! Si le Tchad les a équipés pour le combat, c'est qu'ils disposent d'une aviation moyen-âgeuse. Voire d'aucune aviation de combat. Sans cela, ils n'auraient même pas jugé utile d'y penser. A ce niveau, on peut imaginer que s'ils n'avaient pas eu le PC-9, ils auraient armé des ULM !

De plus, il s'agit D'UN SEUL AVION ! Doit-on revoir toute notre politique juste parce qu'un pays a utilisé un avion d'entraînement construit chez nous pour la guerre ? Et un avion qui n'est pas défini comme du matériel militaire ? Celà en total désaccord avec les prescriptions strictes d'utilisation fixées par la Suisse au moment de la vente ?

Et maintenant, si le PC-9 doit être considéré comme une arme, où est la limite ? Doit-on arrêter de vendre des montres parce que des commandants peuvent les utiliser pour synchroniser une attaque ? Doit-on arrêter de vendre des machines parce qu'elles peuvent être utilisées pour fabriquer des munitions ? Doit-on interdire à Logitech de vendre ses produits hors de Suisse, parce qu'ils peuvent équiper des ordinateurs d'armées de pays en guerre ? (ce qui est certainement le cas d'ailleurs...) Doit-on interdire à Novartis ou Roche de vendre des médicaments à l'étranger parce qu'ils pourraient être utilisés pour renforcer une armée ? Doit-on interdire aux chocolatiers ou aux fromagers de vendre à l'étranger parce que leurs produits peuvent apporter de l'énergie à des soldats ?

Alors oui, finalement il est possible que pour un pays neutre, il soit un peu hypocrite de vendre des armes à l'étranger. Ceci dit, un pays qui ne disposerait pas d'industrie d'armement ne peut en aucun cas s'assurer de l'indépendance de son armée. Et à notre époque, une industrie militaire qui n'aurait pour seul débouché que notre minuscule marché intérieur n'aurait aucune chance de survivre. A ce niveau-là, autant donner les clés de notre défense à nos voisins, moyennant payement en échange ! Mais d'ailleurs, c'est probablement là que le GSsA veut secrètement en arriver...

S'il faut faire quelque chose finalement, c'est peut-être plutôt assouplir notre neutralité. Voir la supprimer totalement. Accepter qu'à une époque de globalisation, où nous sommes durablement en paix avec tous les pays qui nous entourent, il soit préférable de collaborer avec eux dans le domaine militaire, plutôt que de continuer à nous voir comme une place forte isolée du monde. Jusqu'à la fin de la guerre froide notre neutralité avait (peut-être) encore un sens. Aujourd'hui, je la trouve totalement dépassée.

Si nous collaborions à l'OTAN, cela nous apporterait d'une part de nombreux avantages sur le plan de l'armement, à commencer par la compatibilité des systèmes d'armement et de commandement, la possibilité de nous entraîner à l'étranger, de participer à des opérations jointes, pour autant qu'on le souhaite, etc... Nous bénéficierions également de l'entraide des pays membres. Dans ce cas, il est probable que des pays tiers hésiteraient un peu plus avant de s'en prendre à nous. (Par exemple la Lybie qui prend bien garde de ne pas se mettre à dos l'organisation...) Et surtout, nous éviterions des couacs comme le refus de participer à l'opération Atalante, alors que le respect des conventions internationales nous y engageait. (voir ce billet) Et nous pourrions nous permettre d'avoir une armée de métiers, avec des spécialisations en ce qui concerne l'intervention à l'étranger, par exemple en la limitant à des opération de police, de maintien de la paix et à caractère humanitaire. Cela représenterait une adaptation assez difficile, mais finalement la seule à pouvoir restaurer une certaine cohérence dans notre politique internationale.

09/11/2009

Faut-il prendre des mesures spéciales en faveur de la sécurité routière ?

Durant la semaine écoulée, trois accidents mortels ont défrayé la chronique à Genève. Désormais le nombre de tués sur les routes genevoises passe à dix-huit pour cette année, soit pas loin du double du nombre de tués de l’année passée ! Dès lors, nombreuses sont les voix qui appellent à un renforcement des mesures de prévention, voire de répression. Il est évident qu’un doublement du nombre de morts est très impressionnant. Mais ce doublement est-il réellement la marque d’une augmentation de l’imprudence des conducteurs ?

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08/11/2009

La "crise" du H1N1 arrive enfin !

Ça y'est, elle est enfin arrivée ! On ne l'attendait presque plus, la grippe A. Et bien, comme n'importe quelle grippe, c'est en novembre qu'elle frappe, avec probablement un pic hivernal à venir. Étonnant non ? Aucun modèle mathématique ne l'avait prévu. Pour le savoir, les scientifiques auraient dû procéder par analogie, en regardant ce qui se passe normalement, mais ça aurait été une méthode bien trop simpliste pour eux. Mieux vaut se tromper avec des méthodes "scientifiques" très coûteuses qu'avoir raison en utilisant la méthode de l'homme de la rue, gratuite...

Donc enfin elle arrive. Juste à temps pour justifier le coûteux programme mis en place par notre gouvernement, entre autres l'achat de 13 millions de doses de vaccin pour un pays de 7 millions d'habitants, dont seul un faible pourcentage prévoit de se faire administrer ce vaccin ! Et pour cause : un vaccin, pour la plupart des gens, ne sert qu'à empêcher le corps de fabriquer ses propres défenses, actives ensuite pour des années ! Se vacciner contre la grippe oblige les gens qui font ce choix à se vacciner ensuite tous les ans, car la protection qu'offre le vaccin ne permet d'être protégé que contre une seule souche. A la moindre mutation, la protection doit être renouvelée. On n'a d'ailleurs aucune assurance que le vaccin sera encore efficace lorsqu'un virus fera apparition dans son organisme. Les virus mutent en permanence et n'attendent pas la commercialisation des vaccins.

Dans ces conditions, il est évident que le seul moyen d'être protégé à long terme contre la grippe, c'est la bonne vieille méthode : rester au lit pendant une semaine en consommant du thé en abondance et attendre que ça passe ! Car pour la plupart d'entre nous, notre corps est très bien armé pour faire face à la grippe et aucune substance extérieure est nécessaire pour nous aider à lutter contre cette menace.  Il est d'ailleurs symptômatique que seule une petite portion du personnel de santé souhaite se vacciner. Ils ont leurs idées bien arrêtées à ce sujet...

Alors doit-on aider notre gouvernement à justifier sa décision étrange d'acheter dix fois plus de doses de vaccin que nécessaire ? Ou doit-on refuser un vaccin qui aura pour seul effet de retarder d'un an la menace ? Car maintenant que le H1N1 est de retour, (il avait disparu durant une cinquantaine d'années...) il est plus que probable qu'il va s'installer pour longtemps. Il y aura des mutations et de nouvelles épidémies se feront jour chaque années, comme c'est le cas pour la grippe saisonnière. Et il est même probable que certaines de ces mutations soient bien plus dangereuses que celle qui sévit actuellement. Alors si on doit tomber malade du H1N1, ne vaut-il pas mieux que ça soit de celui-ci ?

Se vacciner est un geste citoyen. Cela aidera notre pays à subventionner Novartis et ses laboratoires de recherche. Mais le seul geste intelligent si on est en bonne santé, c'est de refuser de se faire imposer une solution médicale inutile qui répond à une menace imaginaire et instrumentalisée. A moins bien sûr qu'on trouve plus important d'assurer la pérénité à long terme du salaire de Vasella que celle de sa propre santé...

10:52 Publié dans Santé, Suisse | Tags : h1n1, grippe porcine | Lien permanent | Commentaires (5)

06/11/2009

La plus haute du monde

Ce sera donc au mois de janvier que l'émirat de Dubaï inaugurera sa nouvelle plus haute construction, qui ne sera rien de moins que la plus haute construction que l'homme n'ait jamais construite ! Même la tour de Babel ferait pâle figure à côté de ce monstre de béton et d'acier!

Certes la construction de ce géant de 818 mètres aura pris un an de retard, mais c'est finalement en à peine six ans que la tour aura été finalisée. Chez nous, six ans c'est (avec beaucoup de chance) à peine le temps nécessaire à la consultation préliminaire avant de se décider à propos de l'autorisation de construire pour des édifices bien moins ambitieux que celui-là ! Mais bien sûr, il faut dire qu'à Dubaï, si l'émir décide de quelque chose, personne ne va le contredire...

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03/11/2009

Ils sont où les ténors ?

Et où sont les sopranos ? On a bien les cinq sortants, d'accord. Mais en dehors d'eux, quel ténor de la politique genevoise a choisi de s'engager pour entrer dans ce Conseil d'Etat ? Oui c'est vrai, il y a Eric Stauffer, Mauro Poggia et Yves Nidegger. Ce qui veut dire que si on veut voter à la droite de la droite, on n'a que l'embarras du choix. Mais en dehors de ça ? Je ne parle même pas des Communistes, mais plutôt des partis gouvernementaux "traditionnels".

Chez les Socialistes, il y avait bien Manuel Tornare qui était prêt à s'engager. Personnellement, je ne nourris pas un amour imodéré pour le personnage, mais il faut reconnaître qu'il jouit d'une bonne quotte de popularité à Genève. Mais voilà, le parti socialiste est un parti dogmatique. Et leur dogmatisme leur a imposé de choisir une femme, même si aucune bonne candidate ne se présentait. Avoir préféré Véronique Pürro à Manuel Tornare pour le représenter, pourrait bien valoir au parti socialiste de ne plus être représenté que par un seul Conseiller d'Etat durant les 4 prochaines années. Car qui voudrait d'une squatteuse à la tête du canton ?

Quant à Michèle Künzler, elle fait à peine mieux. Je doute beaucoup de sa capacité à convaincre les Genevois. Et à droite, Isabel Rochat peine tout autant à imposer sa personnalité. On le voit, trois partis ont choisi de proposer une femme. C'est une bonne chose, mais n'y a-t-il aucune femme genevoise capable de gagner une élection ? N'y a-t-il aucune femme jouissant d'une popularité suffisante pour que son nom s'impose de lui-même ? Car les Genevois ne sont pas idiots et n'éliront pas de femmes si aucune femme ne semble à même de remplir les plus hautes fonctions. Le résultat pourrait bien être un second tour dont seuls seraient exclus les cinq sortants.

Ou peut-être même pas tous. Et à ce second tour, participeront probablement aussi les deux candidats MCG. Je ne pense bien sûr pas qu'ils aient des chances réelles. Car ils ont déjà pratiquement fait le plein de voix. Il n'y a guère que du côté de l'UDC que le MCG pourrait recueillir des voix pour le second tour. En tout, ils ne devraient pas pouvoir dépasser les vingt pourcent. Mais tout de même. Le risque pris par les partis gouvernementaux en ne présentant, pour remplacer les sortants qui ne se représentent plus, que des candidates de valeur assez discutable, nous fait prendre un risque totalement inutile. Alors les ténors et les sopranos, la charge de Conseiller d'Etat vous fait si peur que ça ? C'est vrai que diriger un canton comme Genève, ça n'est pas simple. Mais il y a des défis passionnants pour notre avenir en suspens. Il faudra bien un jour que des personnes compétentes s'y atellent...

01/11/2009

Enfin on respire !

Je suis allé au restaurant hier, un restaurant qui avait conservé une zone fumeur et une zone non-fumeur durant plus d'un an. Et bien c'est incroyable ce que ça fait du bien de sentir l'odeur de... la nourriture ! Vous passez près des autres tables et juste à l'odorat, vous pouvez presque savoir ce qu'il y a dans l'assiette des gens. Il aura donc suffit d'un jour pour que les odeurs tenaces de tabac froid s'estompent suffisamment pour rendre l'atmosphère plus respirable. Merci aux Genevois de nous avoir offert ça.

Reste quelques problèmes à régler rapidement. Les commerçants intéressés par l'installation d'un fumoir doivent par exemple recevoir rapidement une réponse. Pour cela, il faut que le Tribunal Fédéral statue rapidement sur ce sujet. Cette période durant laquelle les fumoirs sont légaux, mais on ne sait pas pour combien de temps, n'est pas vivable pour eux. Une décision rapide doit être prise. Personnellement je suis pour. Car des fumoirs bien aérés et sans service ne nuisent vraiment pas à autrui et si des gens veulent s'enfermer dans un enfer enfumé et bien qu'ils fassent comme ils veulent. Personnellement, si j'étais encore fumeur, je préférerais aller dehors ! Mais comme je ne le suis plus, je pense que le mieux c'est de leur laisser le choix. Car par exemple au casino ou dans une boîte de nuit, c'est souvent compliqué de demander aux fumeurs de sortir.

Mais il faut bien dire qu'en regard du texte de l'initiative cette mesure, que le Grand Conseil avait fait entrer de force dans le texte de loi, est illégale. Il serait donc étonnant que le Tribunal Fédéral refuse le recours des initiants. Restera aux restaurateurs à lancer une initiative pour autoriser les fumoirs et, pourquoi pas, les chaufferettes sur les terrasses. Personnellement je voterai sans doute pour. Et je suis certain que la majorité des Genevois en feront autant. Car la plupart des non-fumeurs ne détestent pas les fumeurs et ne leur souaitent pas une crève pour chaque clope allumée. Nous avons tous des amis fumeurs que nous aimons beaucoup. Mais ce que nous ne voulons plus supporter, c'est leur fumée. Et depuis hier, nous avons enfin gain de cause. Pour ma part ça me suffit pour oublier toutes les idioties que j'ai entendues pendant la campagne. Non je ne suis pas rencunier...