13/02/2010

Un avocat pour les animaux est-il utile ?

Le 7 mars, nous serons appelés aux urnes. L'un des sujets qui fait le plus parler de lui, c'est la votation concernant les avocats pour animaux. Personnellement, j'ai toujours eu des animaux et je souhaite bien sûr que leur protection soit la meilleure possible. En effet, ils sont souvent sans défense face à l'homme, à leur maître en particulier, et il est souvent nécessaire que la justice applique la loi sur la protection des animaux pour défendre les plus malchanceux d'entre eux.

Mais voilà: la nouvelle loi sur la protection des animaux a permis à cette cause de faire un pas de géant. Selon notre Conseil Fédéral et un grand nombre d'élus, c'est largement suffisant. Il est inutile de créer une tracasserie supplémentaire. Ce n'est pourtant pas ce que semble avoir pensé le canton de Zurich qui s'est offert les services d'un avocat pour animaux depuis de nombreuses années déjà.

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09/02/2010

Antisémitisme et antisionisme

J'ai remarqué que chez les islamistes, la méthode classique pour contrer les accusations d'antisémitisme, c'est de faire remarquer que les sémites ne sont pas tous Juifs. Un arabe selon eux ne peut pas être antisémite car il est lui-même un sémite. De même, ils font remarquer que les Juifs ne sont pas tous sémites puisqu'ils sont issus de régions très différentes. Ils tentent alors de se décrire comme antisionistes, par opposition aux sionistes qui prétendent qu'Israël est la terre du peuple juif, pour faire passer leur position pour politique et non raciste.

Mais il s'agit là au mieux de méconnaissance de la langue française, ou au pire de manipulation grossière. Le fait est que l'antisémitisme est un terme dérivé de l'Allemand Antisemitismus inventé à la fin du 19e siècle lors de la création d'une ligue antisémite. Son sens d'alors était clairement et exclusivement dirigé contre les Juifs. Les nazis se sont par la suite officiellement déclarés antisémites, comprenant eux aussi clairement ce mot comme dirigé contre les Juifs de toutes provenances. Et d'ailleurs ils n'étaient pas les seuls, dans tout le monde occidental, l'antisémitisme était de mise dans les années 20 et 30. (y compris dans notre pays) Et aujourd'hui encore, le terme d'antisémitisme ne désigne que la haine des Juifs et n'englobe pas la haine d'autres peuples sémites. Probablement que ce terme n'est plus très adapté, mais c'est le seul qui désigne cette forme particulière de racisme.

L'antisionisme par contre, désigne l'opposition au sionisme, c'est-à-dire à la politique visant la création d'un état juif au Proche-Orient. C'est important de souligner que ce terme est censé représenter une position politique. Mais lorsqu'on réclame la destruction d'Israël, on ne fait pas de la politique. On incite à la haine. Et la haine d'un autre peuple, c'est du racisme. Le Hamas est donc un mouvement raciste. Le Hezbollah est un mouvement raciste. L'Iran est un pays raciste. Toute position qui appelle à la destruction de l'état d'Israël est une position antisémite et pas seulement antisioniste. Et le fait que ça soit des personnes issues de peuples sémites qui ont cette position ne change rien au problème.

De plus, la plupart des personnes qui se disent antisionistes ne se contentent pas de demander la création d'un état palestinien. Ils réclament la disparition pure et simple de l'état d'Israël et le départ (ou la mort?) de tous les Juifs habitant cet état! Un état palestinien où des Juifs auraient le droit de vivre est inconcevable pour eux ! Il ne s'agit donc pas uniquement d'une position politique. Elle est clairement haineuse et dirigée contre les Juifs et peut donc être clairement considérée comme antisémite. Comme le rappelle D.J. dans son billet du jour, le grand Mufti de Jerusalem s'était à l'époque allié avec Hitler dont il devait bien aimer les idées antisémites. Je pense que dans ce cas, le lien entre antisémitisme et antisionisme est pour le moins clair.

07/02/2010

Quand va-t-on cesser de croire l'Iran ?

Une nouvelle fois les Occidentaux et la Russie sont déçus de la reculade du Président Ahmadinejad qui annonce que son pays va enrichir lui-même son uranium. Pourtant, l'Iran avait déjà refusé en novembre la possibilité de le faire enrichir à l'étranger. Alors croire à la bonne volonté iranienne cette fois encore, c'était faire preuve d'une inquiétante crédulité. Pourquoi l'Iran voudrait faire enrichir son uranium à l'étranger, si cela l'empêche de disposer d'uranium de classe militaire, nécessaire à construire sa bombe ? Le but a toujours été de disposer d'armes nucléaires. Il est donc évident que l'Iran ira au bout de ses ambitions, quoiqu'il arrive. Et ce ne sont pas les molles sanctions qu'on pourra prendre contre ce pays qui y changeront quoique ce soit. Tout au plus, ces sanctions atteindront la population. Mais le pouvoir restera de marbre devant les problèmes du peuple. Le pire, c'est que de telles sanctions mettront fin au rêve de liberté dans ce pays, car elles provoqueront un regroupement de la grande majorité de la population derrière le pouvoir.

Alors quand va-t-on cesser de croire que l'Iran veut collaborer avec la communauté internationale ? C'est un état voyou, c'est de plus en plus clair. Il poursuit une stratégie géopolitique qui vise à prendre le pouvoir régional sur tout le Proche et Moyen-Orient. Et compte tenu de l'importance stratégique de cette région, cela revient presque à pouvoir dicter ses conditions au Monde. Cette stratégie nécessite bien sûr l'accès au club restreint des puissances nucléaires. C'est le seul moyen pour eux d'éloigner la menace d'une intervention internationale. C'est aussi le seul moyen de mettre en échec par avance toute tentative interventionniste de la part de l'état hébreux, son principal ennemi. Quand on a compris cela, on a compris que négocier avec l'Iran n'a aucun sens.

Donc il faut cesser les tergiversations. La seule forme de discussion qui soit valable avec l'Iran, c'est l'ultimatum. Il faut prévenir Ahmadinejad que si son pays se met à enrichir l'uranium jusqu'à une teneur de 20% d'uranium 235, une intervention visant ses sites d'enrichissement sera inévitable. Car si la communauté internationale continue à tergiverser, il y en a qui n'accepteront pas de vivre avec la menace nucléaire iranienne. Les Israéliens, qui ne disposent pourtant pas de l'armement adéquat pour lancer une telle opération, se lanceront seuls à l'attaque du complexe nucléaire iranien. Avec tous les risques d'embrasement régional qu'une telle opération comporte. Obama doit se le tenir pour dit. S'il continue dans une voie qui peut permettre à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, la situation pourra déboucher sur une guerre sans précédent dans la région. Et comme les forces américaines sont présentes en abondance autour de l'Iran, elles ne manqueront pas d'être impliquées d'une manière ou d'une autre.

10:19 Publié dans Monde, Politique | Tags : nucléaire, iran | Lien permanent | Commentaires (2)

05/02/2010

Obama ne veut pas décrocher la Lune !

Oui Obama a purement et simplement annulé le programme Constellation. Un programme qui avait pourtant déjà bien avancé. Le premier lanceur de la nouvelle famille Arès était déjà à un stade avancé de son dévellopement. Tout ça pour rien. Des milliards dépensés en vain. Et cela même pas pour diminuer le budget de la NASA, qui augmente même, mais pour chercher à rentabiliser les investissements en faisant entrer les entreprises d'aéronautique américaines dans le programme spatial américain. Donc, plus de Lune, plus de Mars, plus de vision d'avenir. Juste une vague volonté mercantile visant à donner du travail à des entreprises privées issues du complexe militaro-industriel américain.  Je suis dégoûté.

iss.jpgLa nouvelle direction prise par le programme spatial vise ainsi la création d'un nouveau véhicule spatial par l'industrie privée. Sachant que la navette spatiale va commencer à être retirée du service cette année, il paraît étrange de repartir de zéro, sans aucun début de projet concret. Constellation, si ça n'était pas un projet aussi ambitieux sur le plan technologique que le programme navette, c'était au moins du concret. Le remplacement de la navette était prévu pour 2014. Désormais combien d'années supplémentaires faudra-t-il attendre ?

Seul point positif: la prolongation de la durée de vie de la station spatiale internationale jusqu'à 2020. Mais après ? Une remplaçante à cette station devrait déjà être en cours de développement si ça avait été projeté. Ça n'est pas le cas. Alors si en plus il n'y a plus de projet lunaire ou marsien, on peut dire que le programme spatial est vraiment au point mort pour longtemps. Je pense qu'à ce niveau, les Etats-Unis peuvent simplement abandonner la course à l'espace. Que les Chinois se le tiennent pour dit: l'espace leur appartient.

Micheline Calmy Rey a simplement répondu honnètement

Que de bruit autour d'une petite parole de ministre. Une réponse à une question piège qui plus est. Mais finalement, elle n'a fait que répondre honnètement. Lui reprocher d'avoir dit ce qu'on ne veut pas entendre, c'est lui reprocher de ne pas avoir menti ! Car oui, du point de vue allemand, acheter les données volées, c'est absolument logique. Même si ça n'est pas très moral. En matière criminelle, on agit souvent de la sorte. Acheter des renseignements est une pratique courante lorsqu'il s'agit d'accumuler des preuves ou des témoignages concernant des délinquants ou criminels. Et l'impunité est souvent requise en faveur des petits délinquants quand il s'agit d'attraper de plus gros poissons. Regardez comment agissent les juges anti-mafia en Italie. Dans ce domaine, sans ces pratiques, il n'y aurait tout simplement pas d'enquête criminelle qui puisse se faire.

Cette parole de la ministre des affaires étrangères était sans doute destinée à calmer le jeu avec un pays qui est avant tout un ami et notre plus grand partenaire économique. Il s'agissait de ne pas jeter la pierre à un ministre des finances allemand qui finalement ne fait que son devoir. En effet, comment pourrait-il justifier auprès de la population allemande de ne pas avoir tout fait pour attraper des fraudeurs ? Le fait est que le système suisse est sur le fond peu défendable tant qu'il couvre du secret les actes de délinquants étrangers. Ou de délinquants suisses d'ailleurs. Certaines paroles de Peer Steinbrück étaient vraiment condamnables. Désormais on a affaire à autre style. Mais il faut que les Suisses sachent que le résultat est le même. La guerre que le fisc allemand livre à ses fraudeurs continuera à éclabousser notre pays. Alors plutôt que de se mettre à dos l'ensemble de la planète et à jouer ensuite les martyrs, nous devrions peut-être commencer à penser à réformer en profondeur notre système financier.

02/02/2010

La confiance n'est plus de ce monde (bancaire)

Après la France, qui en se procurant de manière illicite des fichiers de HSBC s'en est pris à toute la place financière genevoise qui risque de subir pour longtemps la perte de confiance de ses clients internationaux, c'est au tour de l'Allemagne de s'en prendre au secret bancaire suisse et probablement plutôt à la place financière zurichoise. On ne sait pas encore grand chose, ni la banque concernée, ni l'identité du futur-riche voleur, mais ce dont on est sûr, c'est que désormais, les banques vont être obligées de faire un grand nettoyage en leur sein, tant la confiance envers les employés doit avoir chuté. Il est vrai que la manière dont Hervé Falciani a réussi son coup, probablement contre rémunération, a dû aiguiser d'autres appétits. Et s'il s'avère que c'est bien une nouvelle affaire, et que cette fois c'est un frontalier allemand qui est concerné, alors il faudra que les banques suisses en tirent les conclusions qui s'imposent: faire signer une déclaraton de confidentialité n'est plus suffisant lorsque les états environnants sont prêts à payer des fortunes pour des informations.

La conséquence sera probablement un grand nettoyage aux postes qui peuvent avoir accès à des informations sensibles. On peut en effet se demander si une personne qui n'est pas de nationalité suisse peut encore être considérée comme fiable. Et encore. A ce niveau, personne ne peut plus être considéré comme fiable. Car pour quelques millions, beaucoup d'entre nous seraient prêts à s'expatrier en Allemagne, Suisses ou non ! Les données les plus sensibles ne devront donc plus être accessibles qu'à un nombre extrêmement réduit de personnes. Et elles devront être les plus fragmentaires possibles. C'est le seul moyen qui reste aux banques pour protéger plus ou moins efficacement leurs données. Et sans cela, pas possible de restaurer la confiance de la clientèle internationale.

L'autre solution serait d'accepter la défaite. Nous nous plions au diktat de nos grands voisins et acceptons de mettre fin à notre secret bancaire. Nous pourrions laisser par exemple quelques mois aux clients qui ne sont pas en règle pour se mettre en accord avec les législations de leurs pays ou, plus probablement, pour expatrier leurs fonds à Panama, Dubaï ou à la Barbade. Ce qui en tout cas est sûr, c'est que nous ne pouvons plus accepter un statut quo qui met des clients qui avaient confiance en nos institutions dans une position délicate. Car je pense que sans secret bancaire, notre place financière aurait plus d'atouts qu'avec un secret bancaire aussi bancal qu'aujourd'hui et dans lequel bientôt plus personne dans le monde ne fera confiance.

30/01/2010

L'initiative contre le financement de l'IVG

Dépénalisée depuis quelques années, l'IVG (interruption volontaire de grossesse) a même été plébicitée par le peuple. Il semble donc que les anti-IVG n'aient pas la côte ces temps-ci. On peut alors s'attendre à ce que tout texte qui émanera d'eux subisse le même sort. Et bien pas sûr. Car cette nouvelle initiative, ciblée sur le financement, pose une autre question, pas mauvaise il faut le dire.

Désormais c'est acquis. Les femmes peuvent choisir si elles veulent interrompre leur grossesse ou la conduire à son terme. Elles n'ont d'ailleurs même pas besoin de demander au père, ce qui pourrait être un autre point à discuter. On s'en remet donc à la seule compétence des femmes, alors que ces dernières ne sont pas les seules concernées. Ça risque de surprendre certains qui me savent ouvertement athé, mais j'ai quelques problèmes avec l'IVG. Si je suis contre une interdiction qui repousseraient les femmes dans une clandestinité malsaine, je n'ai aucune sympathie pour la tendance malsaine qu'on a aujourd'hui à se demander si c'est une bonne chose d'avoir un enfant. Et sur le fond, je suis d'accord que seuls les problèmes de santé et le viol sont de bonnes justifications pour interrompre une grossesse. Absence d'amour, manque de moyens financiers ou difficulté à concilier grossesse et vie professionnelle ne sont que de mauvaises raisons. Car il s'agit tout de même d'un enfant. Qu'on se prémunisse avant pour éviter qu'il y ait un enfant, ça va de soi. Mais lorsqu'il est là, on devrait changer d'optique. D'autant qu'un enfant peut toujours être adopté, il y a des tas de familles qui n'attendent que ça.

De toute façon, l'initiative ne parle pas d'interdiction, mais pose une autre question. La question qu'on pose ici, c'est: Est-il normal que cette opération soit financée par l'assurance de base ? Car après tout, la grossesse n'est pas une maladie, mais un heureux évènement. Et le but de l'assurance de base est de couvrir la santé des personnes. Sur le fond on peut donc dire qu'il n'y a pas lieu de rembourser cette opération qui n'améliore en rien la santé des personnes qui font ce choix. Après tout, les caisses ne remboursent pas non plus les opérations hestétiques, car elles ne servent en rien la santé, mais seulement le bien-être. Alors pourquoi ne devrait-on pas financer soi-même l'IVG ? Plus que l'IVG, ce débat porte sur l'assurance de base. Que veut-on en faire ? Est-elle destinée à assurer le bien-être de la population ou sert-elle à financer les gros pépins de la vie ? Cette initiative arrive aussi peu après l'acceptation de l'initiative pour le financement des médecines douces par l'assurance de base. Donc dans un contexte où la population semble majoritairement penser que tous les actes médicaux doivent être pris en charge. Mais sur le fond, l'IVG a encore bien moins sa place dans cette assurance de base. La tendance pourrait donc s'inverser.

Car finalement, il n'y a que le soutien féministe qui pourrait sauver le financement de l'IVG. Pour autant que les femmes suivent. Cet article lu sur le site de l'hebdo montre par exemple la virulence de certaines femmes sur le sujet. Son argument selon lequel la grossesse coûte beaucoup plus cher que l'IVG, montre à quel point les féministes considèrent qu'il existe un choix clair entre les deux et qu'il est normal d'interrompre la grossesse. Mais je ne suis pas si sûr que cette journaliste soit suivie par la majorité de la population. Car s'il est normal pour une société de financer la grossesse qui prépare son avenir, je ne vois aucune justification à financer son arrêt volontaire. Avoir le droit de disposer de son corps, c'est une chose. Mais quand ce droit est financé par l'ensemble de la population, il y a quand même un problème.

28/01/2010

Pour que Per et Paula ne soient jamais séparés

Frappé par la maladie, Per Amman est aujourd'hui forcé de livrer un double combat. S'il peut compter, pour l'instant, sur le soutien de Paula, elle peut aussi compter sur le sien pour l'épauler dans la délicate période à laquelle elle est confrontée. Si lui seul peut gagner son combat contre la maladie, nous pouvons, nous tous, aider Paula à gagner le sien. Ils en ont besoin tous deux, car que deviendra Per sans le soutien de Paula? Et que deviendra Paula dans son pays, loin de Per et de sa soeur jumelle?

Parfois j'ai lu des commentaires disant que c'est malheureux, mais qu'il faut des règles concernant l'accueil des étrangers et que Paula n'est qu'une victime de ces règles parmi beaucoup d'autres. C'est vrai qu'il y a sans doute beaucoup d'autres cas malheureux et beaucoup d'autres gens qu'on pourrait soutenir. Mais est-ce une raison pour abandonner Paula? Les lois, lorsqu'elles sont injustes, il faut les changer. Et si la Suisse n'avait pas perdu son temps à légiférer contre les "mauvais" étrangers, mais s'était plutôt attachée à soutenir les étrangers qui méritaient sa bienveillance, peut-être n'en serions-nous pas là. Je pense bien sûr qu'il faut être stricte globalement vis-à-vis des étrangers, car nous n'avons pas la place pour accueillir toute la misère du monde. Mais d'un point de vue individuel, nous devrions avoir plus de possibilités pour fournir des permis B à des personnes méritantes, qui apportent beaucoup à notre société et à ses membres, qui cherchent vraiment à s'intégrer parmi nous. Bien sûr il existe plein d'autres personnes qu'on pourrait aider. Mais si on ne commence pas par Paula, on ne commencera jamais.

Alors il est encore temps de signer la pétition pour Paula. Rendez-vous sur le blog de Per Amman pour tous les détails et pour imprimer la pétition. Merci pour votre soutien.

 

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07:14 Publié dans Genève | Tags : per amman, paula | Lien permanent | Commentaires (2)

27/01/2010

Le système des bonus favorise-t-il les bulles spéculatives ?

L'émission Infrarouge d'hier m'inspire quelques réflexions. Au premier abord, la question a quelque chose de populiste. On entend en effet souvent dire que certains salaires sont indécents. C'est d'ailleurs clairement la position socialiste sur le sujet. Mais quoi qu'on pense de ces salaires, relier les hauts salaires avec la crise n'apporte rien. Une limitation de ces salaires ne représenterait qu'une goutte d'eau dans l'océan en regard de l'énormité de la somme qui a disparu pendant la crise. En réalité, mon propos n'est pas de critiquer les niveaux de ces salaires. Bien que sur le fond, on peut se demander s'il est effectivement acceptable qu'il existe une telle différence entre les plus hauts et les plus bas salaires dans une même société. Il ne s'agit bien sûr pas non plus de s'attaquer au salaire de la grande majorité des employés bancaires. En réalité, la question concerne plutôt l'efficacité de la récompense que représente le bonus, lorsqu'elle récompense les risques pris par les traders.

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24/01/2010

Le fléau du H1N1

Un commentateur qui signe "Citation" m'a laissé un commentaire sur un ancien sujet concernant la grippe H1N1 et comme ma réponse commençait à être longue, j'ai décidé de plutôt en faire un billet. Il prétend que les mesures prises par la Suisse ont permis d'éviter une catastrophe. Il pense que sans ces mesures, nous aurions eu une épidémie bien plus grave et bien plus mortelle. Et bien personnellement je n'en suis vraiment pas sûr.

Premièrement, je ne suis pas si sûr que l'absence d'épidémie soit liée à la campagne de vaccination. La population finalement vaccinée est insuffisante pour enrayer l'épidémie. Ce taux n'est d'ailleurs pas supérieur de beaucoup à celui des campagnes anti-grippales normales. Donc, il ne peut pas y avoir de lien. Et puis il faut dire que la Confédération estime que la population qui a été touchée par le virus se situe aux alentours de 1.5 millions de personnes ! Soit près du quart de la population de ce pays. Mais l'écrasante majorité des malades n'ont eu que des symptômes grippaux légers. Personnellement, je pense l'avoir attrapée en décembre. J'ai eu une légère fièvre pendant un ou deux jours, une toux et des écoulements nasaux assez prononcés pendant une semaine. Bref, rien qui ne justifie d'aller voir un médecin, ni même de m'absenter du travail ! Sur le moment je n'imaginais d'ailleurs pas que je pouvais avoir cette terrible grippe si mortelle. Je pensais plus à un simple rhume. Mais quand j'ai lu que la plupart des gens avaient eu ce genre de symptômes, j'ai changé d'avis.

D'ailleurs personne ne s'étonne que seuls les pays riches soient touchés. En réalité, il n'y a que dans les pays riches qu'on va voir un médecin pour une petite grippe voire pour un simple rhume et ainsi, on permet à son médecin de faire un test pour le H1N1. Car c'est la seule chose qui permette de distinguer le H1N1. Il n'y a pas de symptômes particuliers. Et elle n'est finalement qu'une grippe très légère. Sa mortalité est même ridiculement basse. 15 morts pour 1.5 millions de malades, ça fait un millième de pourcent ! Soit bien moins qu'une grippe saisonnière normale. Et je suis persuadé qu'on n'aurait rien fait, le taux de mortalité aurait été exactement le même. Les personnes qui sont malheureusement décédées de cette maladie, étaient généralement atteintes d'autres maladies et seraient sans doute mortes de toute manière.

Bref, tout cela, ça sent très fort le complot. Un complot initié par les industries pharmaceutiques qui avaient bien besoin d'une petite pandémie pour augmenter leurs bénéfices suite à la crise et ainsi justifier les salaires mirobolants de leurs dirigeants. Un complot auquel a participé l'OMS, dont les multinationales pharmaceutiques sont d'importants partenaires. Un complot enfin sur lequel les gouvernements ont fermé les yeux avec complaisance, allant pour certains jusqu'à y participer. Car n'est-il pas étrange que les 2 pays qui ont le plus exagéré les mesures de protection fassent justement partie des 4 pays producteurs de vaccins ? La France et la Suisse se trouvent être des marchés assez restreints alors qu'elles disposent toutes deux de laboratoires capables de fabriquer des vaccins anti-grippaux. Car Sanofi Pasteur (France) et Novartis (Suisse) sont en effet à la pointe dans ce domaine. Mais sans une campagne de vaccination mondiale ils ne disposent pas, contrairement aux Américains, d'un marché intérieur suffisamment profond pour rentabiliser leurs investissements. C'est particulièrement vrai pour Novartis évidemment. Alors, sans la politique inconséquante de leurs pays d'origine, ces laboratoires n'auraient sans doute pas pu participer à la course au vaccin.

Car dire qu'acheter 13 millions de doses pour un pays d'un peu plus de 7 millions d'habitants est cohérent, c'est fermer les yeux sur la réalité: notre pays a délibérément subventionné le vaccin. Même si la vaccination avait été obligatoire, on se serait retrouvé avec de nombreuses doses sur les bras, car pour finir la vaccination se fait en une seule fois. Et qu'on ne vienne pas me dire que les laboratoires ne le savaient pas. S'ils ont annoncé ne pas le savoir, c'est uniquement parce qu'il fallait justifier un pareil achat massif. Et d'ailleurs, la Suisse n'a pas prévu une vaccination obligatoire, donc même une vaccination en deux doses ne justifiait pas, et de loin, l'achat de 13 millions de doses. Maintenant, ces doses sont la propriété de la Confédération. Et il lui revient d'essayer de les revendre. Mais bien sûr, personne n'en voudra car la pandémie touche à sa fin. On peut dire finalement que le vaccin est arrivé bien trop tard pour avoir la moindre influence sur l'évolution de la pandémie. Désormais elle touche partout à sa fin et les gouvernements restent avec une grande partie de leurs doses sur les bras. L'industrie pharmaceutique a fait de précieux bénéfices et on dira que si on n'est pas morts, ça ne fait de mal à personne. Mais la triste vérité, c'est que nous tous, contribuables helvétiques, nous avons subventionné le salaire de Daniel Vasella qui, à n'en pas douter, devrait battre tous les records sur l'année 2009.

11:20 Publié dans Monde, Santé, Suisse | Tags : h1n1, vaccination | Lien permanent | Commentaires (4)

18/01/2010

Réformez la coupe de l'America !

Après de nombreux déboires, la 33ème coupe de l'America devrait commencer le 8 février à Valence avec près de  7 mois de retard sur le calendrier initial. Une coupe de l'America tronquée, toutefois. Une coupe de l'America qui se disputera entre multicoques, aberration parmi les aberrations. Une coupe de l'America qui se disputera entre un defender auquel la justice américaine a imposé une multitude de restrictions plus folles les unes que les autres et un challenger, qui n'a même pas eu à gagner son titre de challenger officiel en mer, mais l'a fait à la grace de la complaisance des tribunaux de son pays.

Car finalement, le plus grand scandale de cette édition de la coupe de l'America, cela reste l'absence de tous les autres challengers, qui sont ainsi privés de compétition à cause d'une décision judiciaire aberrante. Ils n'auront ainsi pas la possibilité de défendre leurs chances sur la mer, alors que la plupart d'entre eux avaient probablement déjà consenti des investissements notoires dans la préparation de leurs défis. Et ça n'est d'ailleurs même pas le challenger le plus sérieux qui aura la chance d'affronter le defender, puisqu'on se rappelle de quelle façon lamentable Oracle avait échoué en demi-finale de la coupe Louis Vuitton 2007 face au défi italien Luna Rossa. Sur cette base, il est difficile de concevoir que BMW Oracle obtienne son ticket pour cette 33ème édition et cela sans gagner ce ticket en mer mais en bénéficiant de la suspecte bienveillance des tribunaux de son pays.

Oracle aura poussé l'absurdité jusqu'au bout. De recours en recours, le défi américain aura gagné de nombreux avantages devant les tribunaux jusqu'au plus stupide d'entre eux: le fait de courir à Valence en plein hiver! Et ils ne s'arrêterons pas là puisqu'ils ont déposé un recours contre les voiles d'Alinghi, prétendues américaines. Mais Ernesto Bertarelli a annoncé que ce recours n'ayant pas d'effet suspensif, la compétition aurait bien lieu à la date prévue. Ensuite, en cas de victoire d'Alinghi, quelle alternative restera-t-il aux juges new-yorkais ? Annuler le résultat et demander que la course soit recourue ? Ou déclarer Oracle vainqueur ? J'espère que dans ce cas, Oracle gardera un tout petit reste de décence et refusera le trophée...

D'ailleurs quoi qu'il arrive, Oracle ne pourra pas gagner avec dignité. C'est une certitude. Car après toutes les tracasseries qu'ils ont fait subir au petit monde de la coupe de l'America, s'ils devaient ramener le trophée de l'autre côté de l'Atlantique, il n'y aurait personne pour les acclamer. Par contre, une victoire d'Alinghi serait saluée comme un exploit sportif sans précédent. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Un triomphe sans gloire, voilà tout ce que Oracle pourrait gagner.

Et l'avenir ? Je pense que quelque soit le résultat de cette 33ème édition, il faut que les principaux acteurs de la coupe de l'America, tous les teams prétendant participer à la prochaine édition, se réunissent autour d'une table pour décider de l'avenir de cette compétition. Une pareille gabegie ne doit plus être possible. Il faut donc réformer cette compétition. L'organisation ne doit plus être du ressort du seul defender. De même, l'arbitrage ne doit plus être du ressort d'un tribunal national mais doit être confié à une instance supra-nationale. Et si possible sportive. Ainsi, comme ça se fait dans presque tous les sports, il doit exister une organisation représentant tous les acteurs sportifs, chargée d'édicter les réglements et de les faire respecter. Le Deed of Gift est certes ancien et il peut être compliqué de briser la tradition. Mais à notre époque, les règlements de cette compétition sont totalement obsolètes, surtout en regard des énormes investissements que l'épreuve requiert. Une profonde réforme est donc nécessaire.

 

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17/01/2010

J'ai découvert la foi!

En faisant des recherches pour mon précédent billet sur le Dessein Intelligent, j'ai découvert qu'il existait une nouvelle église, celle du Monstre de Spaghetti Volant. Et c'est là que la lumière m'est venue ! J'ai découvert la seule vérité. C'est bien le Monstre de Spaghetti Volant qui a créé l'univers. Toute autre théorie ne peut être que mensongère, y compris la théorie de l'évolution et celle de l'expansion de l'univers!

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12/01/2010

Le dessein intelligent - une science ?

Le dessein intelligent, c'est quoi ? Et bien il s'agit d'une nouvelle théorie, qui accepte l'idée d'évolution, ce qui n'était pas le cas du créationnisme. Elle y est toutefois assimilée. Il s'agit d'un créationnisme débarrassé du divin, puisqu'on dit seulement que la nature a été créée par une intelligence supérieure, mais qu'on ne cite pas formellement Dieu. Donc, cette intelligence peut très bien être extra-terrestre. (reste toutefois dans ce cas à déterminer qui a créé les extra-terrestres...) Et surtout, un créationnisme qui se veut scientifique. Autrement dit, il est censé se baser sur des éléments objectifs.

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08/01/2010

Pas d'effet suspensif pour le recours contre les fumoirs

On apprend aujourd'hui que le Tribunal Fédéral juge inutile d'assortir le recours des initiants anti-tabac contre les fumoirs d'un effet suspensif. Ce qui signifie que les cafetiers et restaurateurs qui le souhaitent peuvent dès à présent prendre leurs dispositions pour la construction de ces fumoirs. Personnellement je souhaite vivement que le recours soit rejeté et que ces fumoirs puissent être installés. Toutefois je m'inquiète pour les restaurateurs qui prendront les devants sans attendre le jugement du Tribunal Fédéral. Et si ce dernier donnait raison aux initiants, comment expliquer cette décision de laisser faire ? Qui va payer les pots cassés ? Et bien les restaurateurs eux-mêmes bien sûr.

Dans ces conditions, je ne comprends pas que les juges de Lausanne n'interdisent pas temporairement leur construction. Mais peut-être que le fait de posséder un fumoir non-fumeur est considéré comme normal par les juges ! Toujours sans service, on aura le droit d'y aller avec son verre, mais sans clope ! Pour que les non-fumeurs puissent aussi en profiter. Il n'y a pas de raison, non mais...

A moins bien sûr qu'ils aient déjà pris la décision de rejeter le recours. Mais dans ce cas, je m'interroge sur le fonctionnement du TF. Si on a pris la décision, pourquoi attendre plus longtemps pour la divulguer ? Parce qu'on veut encore en discuter ? Pourquoi faire si on connait déjà la réponse ? Quoi qu'il arrive je ne pense pas que beaucoup de restaurateurs vont sans lancer sans être sûrs d'être dans leur bon droit.

Bref, je souhaite à tous les cafetiers et restaurateurs qui le désirent que ce recours soit rejeté et qu'ils puissent entreprendre la construction de leur "bocal à fumeurs" ! Ainsi nos amis fumeurs ne pourront plus se plaindre d'attraper des pneumonies !

05/01/2010

La croissance va-t-elle mener l'humanité à sa perte ?

On entend souvent dire que notre consommation, notre mode de vie capitaliste, nuit gravement à la nature. Que les ressources du monde sont limitées et que nous nous approchons du point de rupture. Dans cette optique, on ajoute également que le PIB mondial ne peut pas croître indéfiniment dans un monde fini. Cette vision a bien sûr un sens. Elle cherche à nous prévenir que nous allons droit dans le mur et qu'il faut que nous calmions le jeu et cessions de rechercher à tout prix à augmenter nos richesses. Sans cela, c'est la survie même de notre propre espèce qui est en danger, car sans ressources, nous ne pourrons pas survivre.

Cette visions a un sens, oui.

MAIS EST-CE LA REALITE ?

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04/01/2010

La Burj Khalifa

Ca y'est, elle est inaugurée ! La Burj Dubaï, devenue par la même occasion Burj Khalifa, du nom du souverain d'Abou Dhabi et chef d'Etat des Emirats Arabes Unis, devient aujourd'hui officiellement l'immeuble le plus haut du monde. Sa hauteur officielle est désormais portée à 828 mètres, de la base à la flèche. Il dépasse donc de 320 mètres la tour qui jusqu'à ce matin était la plus haute du monde, la Taipei 101, soit de la hauteur de la tour Effeil !

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30/12/2009

2010, année guerrière ?

Pendant que nous nous apprêtons à passer dans la nouvelle année, les choses s'activent en coulisse. Le 18 novembre dernier, l'Iran a refusé le plan de l'AIEA qui visait à transférer de l'uranium enrichi vers la Russie. Ce plan n'aurait pourtant réussi à retarder la fabrication d'une première bombe que de quelques mois à peine. Mais Téhéran prouve une fois pour toutes à ceux qui espéraient encore, qu'il n'a jamais souhaité négocier. Le plan, c'est de posséder la bombe. Et ce plan est à bout touchant.

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06:00 Publié dans Monde | Tags : nucléaire, iran | Lien permanent | Commentaires (9)

29/12/2009

Le pirate de l'air n'avait pourtant pas son dentifrice en cabine

Oui, car vous le savez si vous avez pris l'avion ces 3 ou 4 dernières années, il n'est plus possible d'emporter des liquide en flacon ou en tube dans les bagages à main. Ce qui est bien sûr très pratique lorsqu'on fait des voyages de courte durée et qu'on ne souhaite pas enregistrer de bagages. La première chose à faire en arrivant sur place c'est entrer dans le premier supermarché ou la première pharmacie pour se procurer le fameux tube de dentifrice dont on nous a refusé le transport... pour bien sûr l'abandonner dans sa chambre d'hôtel en repartant le lendemain !

Bon je plaisante, ça n'est bien sûr pas si grave que ça. La privation de liberté reste supportable en regard du but recherché. C'est juste que ces mesures me paraissent bien désespérées. Les pirates ont toujours un coup d'avance. Ils parviennent toujours à passer les contrôles et inventent de nouveaux stratagèmes pour cela. La sécurité aéroportuaire est bien un combat perdu d'avance. Dans ce cas, la sécurité aéroportuaire n'a servi à rien. La catastrophe a finalement été évitée grace à la vigilance d'un autre passager. Il semble donc bien que cela restera toujours le dernier rempart contre la barbarie: notre vigilance à tous.

De nouvelles mesures de sécurité sont désormais annoncées. Généralisation des scanners corporels, (pour lesquels les gouvernements n'attendaient qu'un tel évènement pour les imposer) listes de passagers transmises à l'avance. Tout cela va à nouveau donner une impression de sécurité. Jusqu'à la prohaine fois. Car dans le cas de ce jeune Nigérian, ces mesures auraient-elles vraiment permis de l'empêcher de commettre son détournement ? Pas sûr. La liste de passagers n'aurait en tout cas probablement rien révélé. C'était un étudiant exemplaire. Qui vient d'un pays qu'on ne surveille en général pas particulièrement. Evidemment, si tous les pirates de l'air venaient de Gaza ou de Kaboul, qu'ils portaient le turban et la barbe, le travail serait plus facile ! Mais la nébuleuse Al Quaida est infiltrée dans de nombreux pays. Jusque dans nos démocraties occidentales où elle recrute des combattants dans les classes défavorisées.

Le risque bien sûr, c'est qu'on se mette à stigmatiser tous les Musulmans. Qu'on les mette tous sous surveillance, car s'il est impossible de reconnaître les dangers potentiels, ils sont tous suspects ! Mais au final, un tel contrôle est impossible. Il suffit qu'un seul combattant de l'ombre échappe à notre vigilance pour que toutes les mesures de sécurité s'écroulent. La conclusion, c'est que la sécurité du transport aérien ne pourra jamais être pleinement assurée. Et qu'il faut apprendre à vivre avec le risque. Même si notre société déteste le risque.

25/12/2009

Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas

Cette phrase, faussement attribuée à André Malraux et se prétendant donc philosophique alors qu'elle n'est que prophétique, pose tout de même une question intéressante. Notre siècle pourrait être celui de la science, de la connaissance et du rejet de l'obscurantisme. En effet, plus nos connaissances de l'univers et de la nature deviennent importantes, moins une divinité semble y avoir sa place. Et l'instruction de la population progressant dans tout le monde dit développé, il semblerait normal que les croyances entrant en opposition avec le savoir y reculent.

Et c'est bien ce à quoi nous assistons. Les religions classiques reculent dans tout les pays où le niveau d'instruction est élevé. Et bien sûr plus particulièrement en Occident, où le Christianisme ne cesse de reculer. Toutefois, ce recul se fait-il au profit d'un athéisme total ? Dans les apparences oui. Mais on peut se demander si le besoin de spiritualité de l'homme ne prend pas le dessus dans tous les cas. Cependant, pour concilier ce besoin de spiritualité avec des connaissances étendues des mécanismes de la nature, il faut trouver des artifices.

C'est pourquoi certains ont aujourd'hui élevé la nature elle-même au rang de déesse. En ce début de 21ème siècle, on voit apparaître un mouvement à caractère quasi religieux, qui vénère la nature et qui se sert de la science pour en faire sa mythologie. Était-ce donc de cette spiritualité-là dont voulait parler la phrase titre ? La vénération de la déesse-nature va-t-elle relancer la spiritualité pour le siècle à venir ?

Ce qui rend cette croyance très sophistiquée, c'est justement qu'elle s'appuie sur la science. Ou en tout cas une version de la science qui l'arrange. Elle transforme des théories scientifiques en vérités révélées et d'autres théories en messages sataniques. Elle ne possède pas encore de livre sacré mais, signe des temps, des films ont commencé à en fixer les canons. Celui de Al Gore et plus récemment celui de Yann Arthus-Bertrand par exemple. Il est d'ailleurs symptomatique que ces films soient bourrés d'arguments moraux, alors que cette religion prétend s'appuyer sur la science.

Ce que pense le fidèle de la nouvelle religion est simple: l'humanité est un hôte en ce monde. Elle n'a droit à sa place que parce que la déesse-nature l'y a autorisé et elle se doit de respecter les commandements divins de la nature en retour. En particulier, l'humanité ne doit pas interférer avec la nature et doit lui permettre de rester préservée, inchangée. Le fait que la nature soit en perpétuel changement est pour lui une contre-vérité. Seul l'homme est capable de déséquilibrer la nature. De même, il n'accepte pas l'idée que l'homme soit une part de la nature. Il n'est à son avis qu'une gène pour l'équilibre naturel.

Mais le fait est que depuis plus d'un siècle, l'homme n'a pas respecté ces commandements. La recherche du profit l'a conduit à la destruction de la nature. Et c'est là que les Satans de la nouvelle religion interviennent: les multinationales qui ne sont mues que par la cupidité et qui sont prêtes à détruire la nature pour assurer leur propre prospérité. Des noms tels que Exxon, Shell et BP sont particulièrement cités comme grands démons. Ces nouveaux marchands du temple sont les terribles ennemis qui cherchent à provoquer l'Apocalypse.

Après les balbutiements de la religion durant lesquels d'autres déluges tels que la destruction de la couche d'ozone avaient été mis en avant, c'est désormais le réchauffement planétaire qui est devenu la grande menace planant sur la déesse-nature. Toute la mythologie de la nouvelle religion est maintenant basée dessus. Et la véracité de cette menace ne souffre d'aucun questionnement. Comme toute vérité révélée, il est totalement interdit de la mettre en doute.

D'ailleurs les non-croyants, qui se prétendent faussement sceptiques et animés d'un esprit scientifique, sont en réalité trop attachés à leur petit confort pour accepter la grande vérité. Ils sont donc des alliés volontaires ou involontaires des Satans nommés ci-dessus et doivent donc être combattus avec la même ardeur. Même les "bons" scientifiques s'y mettent, puisqu'ils s'arrangent pour que leurs contradicteurs aient les plus grandes difficultés à publier le résultat de leurs recherches.

Bref, ce mouvement écologique qui se prétend motivé par la science a tous les caractères d'une religion. Il a ses prophètes, (les scientifiques du GIEC), ses gourous (Al Gore, Yann Arthus-Bertrand) et ses grandes messes. (Copenhague) Alors oui, il semble bien que même si les connaissances de l'humanité s'étendent quotidiennement, l'homme ne puisse se passer de spiritualité. Et ce début de 21ème siècle porte à croire que ce siècle sera spirituel et sera.

22/12/2009

Space Ship 2

Le 7 décembre dernier, Richard Branson, le célèbre milliardaire britannique et patron de sa société Virgin, révélait pour la première fois son fameux Space Ship 2. (vaisseau spatial 2 pour les non anglophones) Il s'agit rien de moins que du premier vaisseau spatial commercial créé entièrement par des fonds privés ! En l'occurrence, Bronson a créé une filiale "Virgin Galactic" qui gère le projet puis commercialisera le concept. Dès 2012, il devrait emmener de riches touristes pour de coûteuses virées en dehors de l'atmosphère. Ainsi, l'ère du tourisme spatial commercial devrait s'ouvrir. En effet,  les petits voyages offerts jusqu'à présent à quelques milliardaires, entre autres par l'agence spatiale russe, n'offraient qu'un seul siège pour rentabiliser le vol, alors que les autres participants à la mission étaient là pour travailler. Dans ce cas par contre, les vols n'auront qu'un seul but: offrir l'expérience de leur vie aux passagers. Mais laissons M. Branson présenter lui-même son nouveau petit joujou qu'il décrit avec fierté comme le "vaisseau spatial le plus sexy jamais construit"!

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