16/06/2010

L'échec de la Constituante

Pour la Constituante, les semaines se suivent et se ressemblent. Des visions si opposées s'affrontent qu'on peine à imaginer ce qui va sortir de leurs délibérations. Ce qui est sûr, c'est que quoi qu'il advienne, la meilleure Constitution restera... l'actuelle ! Notre Constitution a été élaborée par le peuple pendant des décennies. Il est bien sûr possible d'y trouver des archaïsmes. Mais rien qui l'empêche de fonctionner. Et rien n'entrave suffisemment son fonctionnement pour qu'on soit obligés de faire table rase. Des adaptations au cas par cas pourraient suffire. Toutefois, pour ma part j'avais espéré que la Constituante pourrait effectuer un grand nettoyage. C'est pour ça que j'avais voté favorablement à la création d'une telle assemblée. Mais plus le temps passe, plus je suis certain que je voterai contre le résultat de ses travaux.

Parmi mes espérances, j'avais osé imaginer que les Constituants comprendraient à quel point l'explosion de notre population rendait le nombre de signatures nécessaire pour les initiatives et les référendums trop peu nombreuses. C'est finalement la seule et unique cause de l'explosion des blocages de projets dont souffre la République et les communes. Et bien il semble que dans ce canton, dont la Genferei est une des plus fameuses spécialités, les minorités parviennent à s'unir pour défendre leur droit au blocage contre la majorité. La gauche et l'extrême-droite se sont ainsi mises d'accord pour faire baisser le nombre de signatures nécessaires ! Intéressante alliance en tout cas. Si elle existait aussi lors du vote populaire au sujet de ces initiatives et référendums, nul doute qu'elle offrirait la victoire pour chacun de ces textes. Mais en réalité, les idéologies qu'on trouve derrière ces textes sont souvent bien trop minoritaires pour remporter un large suffrage. L'alliance qu'on a vu émerger ne tiendra donc pas.

Alors pourquoi vouloir diminuer le nombre de signatures ? C'est simple: plus il est facile d'obtenir le nombre de signatures nécessaires, plus il est facile de bloquer un projet. Et pour éviter que cela ne se produise, les autorités vont systématiquement discuter avec des milieux représentant de toutes petites minorités pour trouver des consensus. Un peu comme ce que le Conseil d'Etat a fait en décidant que le taux de logements sociaux au PAV serait de 66% ! Ainsi, la démocratie est détournée: on ne recherche plus l'adhésion de la majorité, mais uniquement de ceux qui peuvent bloquer les projets. Avoir 5% de la population derrière soi donne une force bien plus grande que d'en avoir 60% !

L'extrême-gauche s'offusque d'ailleurs qu'on parle de minorité "de blocage". Car pour eux le peuple c'est avant tout leurs électeurs (environ 7% de l'électorat) Tous les autres, ce sont juste des méchants bourgeois opresseurs. Et bien sûr ce statut de vrai peuple donne à leurs électeurs le droit de prendre toutes les décisions au détriment des autres !!!

Qu'on ne se trompe pas, il s'agit bel et bien là d'une atteinte grave aux droits démocratiques. Moi qui milite pour une adaptation du nombre de signatures à la démographie genevoise, il est évident qu'un tel changement vaut pour moi un rejet direct et immédiat de l'ensemble du texte. Et jusqu'au vote final du peuple sur cette Constitution, je militerai sans hésitation pour son rejet.

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15/06/2010

Mme la Conseillère fédérale

Ca ne m'arrive pas souvent de faire usage de la zapette lorsque j'entends un Conseiller fédéral parler d'un sujet qui m'intéresse. Normallement je reste pendu à ses lèvres. Mais hier soir, lorsque j'ai entendu parler Micheline Calmy Rey au TJ de 19h30, sur la TSR je n'ai pas pu m'empêcher d'éteindre ma télévision.

CalmyRey.JPGCar quand on ose aligner de pareilles énormités, ça ne peut que donner la nausée au télespectateur. Déjà quand elle annonce que la Suisse a des amis, on peut se demander si elle vit dans le même monde que nous. D'accord, je suis sûr que l'Espagne et l'Allemagne voulaient sincèrement résoudre la crise et faire libérer Max Göldi. Mais lorsqu'elle cite Silvio Berlusconi comme ami de la Suisse, c'est trop énorme ! Cet homme qui ricannait quand le Colonel annonçait sans sourciller que la Suisse doit être démembrée ! Pour qu'il se décide à user de son influence auprès du guide suprême, il aura fallu qu'on mette les entreprises italiennes actives en Libye en dificulté ! Pourquoi pas Nicolas Sarkozy pendant qu'on y est ? Avec des amis comme ça, à quoi ça sert d'avoir des ennemis tels que Muammar Kadhafi ?

En parlant de démembrement de la Suisse, je passe sur la faiblesse de sa réaction lorsque le Colonel a évoqué le rattachement de la Suisse romande à notre grand voisin. Elle aurait tout de même pu lui faire remarquer que c'est aux populations locales de décider et lui faire comprendre que la Suisse est un pays solidaire où les barrières de langues ne sont pas suffisantes pour que la population souhaite une séparation, comme c'est le cas de pas mal de monde en Belgique par exemple. Il me semble qu'un tel discours resterait courtois et n'empêcherait pas une bonne ambiance de négociations.

Je reviendrai une autre fois sur le tribunal arbitral. Je peux comprendre que du point de vue diplomatique, le règlement d'un contentieux nécessite des consessions. Mais le problème, c'est qu'en acceptant de subordonner notre justice à une autorité dont aucune référence n'est faite dans notre constitution, on contrevient aux règles de l'état de droit. Et puisqu'on accepte une telle situation, pourquoi ne pas avoir exigé que le cas de Max Göldi soit vérifié par une autorité arbitrale ?

Mais ce qui m'a vraiment révolté, c'est le fait qu'elle dise que la sortie des otages était le but de toutes ces négociations. Et pire: qu'elle est fière du résultat. Finalement, j'espère que ça n'est pas le cas, parce que le moins qu'on puisse dire, c'est que l'échec de ces négociations est terrible. 2 ans pour arriver à faire libérer un innocent, voilà qui ne pousse pas à la fanfaronnade Mme Calmy Rey.

14/06/2010

Bon retour parmi les tiens, Max

On critiquera sans doute l'accord passé entre la Suisse et la Libye, qui risque bien de ressembler à une capitulation sur toute la ligne. Mais aujourd'hui, on n'a qu'une envie: faire part de notre soulagement et partager la joie de la famille Göldi. Bon retour Max, j'espère que tu pourras reprendre une vie normale dans les plus brefs délais.

En tout cas, aujourd'hui nous avons tout de même appris une chose: combien mesure un milimètre fédéral! Comme à l'été 2009, nous étions à 2 mm d'un accord, cela signifie qu'un milimètre représente à peu près 5 ou 6 mois. Le jour où Micheline Calmy-Rey nous annoncera qu'on est à un mètre d'un accord, on pourra faire le calcul...

Quant à moi, je pense être à 2 mm de retourner prendre mon carburant chez Tamoil!

10/06/2010

Des rues piétonnes, oui mais...

Aujourd'hui, il n'existe pas de véritable opposition à l'idée d'étendre la zone piétonne au centre-ville. Pratiquement tout le monde a envie de voir notre belle ville débarrassée de son trafic automobile. Les voitures parquées en double-file, les colonnes de véhicules, tout ça nuit à l'image de la cité. Si on regarde du côté de Lausanne ou Bâle, on constate aisément que les zones piétonnes sont bien loin de repousser les badauds. Au contraire, elles amènent de l'animation, elles font la joie des commerçants. L'idée d'interdire l'accès de la plus grande partie du centre-ville aux véhicules privés semble donc couler de source.

D'ailleurs, la situation de la rue du Rhône montre bien que la solution intermédiaire qui consiste à restreindre l'accès à une rue ne fonctionne pas. Les contrevenants sont légion. Et il n'y a aucun effet sur les véhicules en double-file, puisque l'accès aux commerces reste autorisé. Bref, on veut des vraies rues piétonnes. On veut un centre-ville où il fait bon flâner et faire ses emplètes. Mais alors pourquoi cela n'avance t-il pas ? C'est parce que, une fois n'est pas coutume, dans une ville où la controverse politique est élevée au rang de spécialité locale, (voir mon billet à propos de la "Genferei") plusieurs visions s'opposent et empêchent de trouver un consensus.

La première, celle de la droite, fait la part belle aux commerçants. Elle veut s'assurer que le centre-ville reste pleinement accessible aux clients pour ne pas les voir se reporter vers les centre commerciaux périphériques, voire vers la France. Elle tient à concerver l'animation du centre-ville qui doit rester un centre d'activité pour toute la région. Dans cette optique, la droite réclame que des places de parking en sous-sol (notamment au travers du parking "Clés-de-Rive") compensent les places perdues en surface. Ainsi, aller au centre en véhicule privé reste possible et pas trop rebutant. (ou en tout cas pas plus qu'aujourd'hui)

La seconde vision, celle de la gauche, voit le centre-ville comme un endroit où on se rend en transports publics ou à vélo. Ils ne jugent donc pas nécessaire de compenser les places perdues en surface. Au contraire, ils appellent ces nouveaux parking des "aspirateurs à bagnoles"! (alors que tout ce qu'ils aspirent, c'est des voitures qui étaient déjà parquées au centre, mais en surface) Ce qu'il faut dire, bien qu'on doive admettre que l'accès au centre est assez facile avec les transports publics (personnellement je les utilise la plupart du temps), c'est qu'il y a pourtant certaines situations où la voiture est nécessaire. Par exemple, lorsqu'on a des choses lourdes à transporter. Ou si on va en ville avec des personnes à mobilité réduite. Dans ces cas, doit-on se rabattre sur les centres commerciaux tels que Balexert ? J'espère en tout cas que ça n'est pas le but recherché. Mais il faut bien dire que réduire les possibilités de parking sans compensation aura bel et bien cet effet. Avec des conséquences imprévisibles sur le commerce.

800px-Geneva_2006_624.JPGIl y a enfin la vision des écologistes, qui voient non pas les rues piétonnes comme créatrices d'animation et d'activité, mais comme entrave au trafic. Pour eux le modèle mis en place aux Paquis, dont la traversée est pratiquement impossible en voiture, doit être étendu à toute la ville. C'est en tout cas le but de leur initiative des 200 rues piétonnes. Bien sûr, pour eux aucune compensation de places de parking ne doit avoir lieu. Les gens n'ont qu'à venir en bus. Et bien moi je trouve que cette vision est très étroite et ne prend en considération que le cas de la fameuse femme inactive qui va en 4x4 faire ses courses dans l'après-midi ou celui du banquier qui se rend à son travail au volant de sa Jaguar. Mais il ne faut pas oublier qu'à Genève, il y a aussi des entreprises qui ont des activités et qui doivent utiliser des véhicules motorisés. Déjà aujourd'hui, quand une entreprise doit envoyer un véhicule à Genève, c'est l'assurance de devoir affronter des embouteillages sans fin et de devoir faire face à d'énormes problèmes de parking.

D'ailleurs, les véhicules de livraison peuvent accéder aux rues piétonnes jusqu'à 11 heures. Ensuite,  elles en sont bannies. Mais les entreprises travaillent toute la journée. Alors où se parquent-elles l'après-midi? Et bien ailleurs, mais pas trop loin. Alors si on diminue le nombre de places, c'est l'assurance de créer de graves entraves à leurs activités. Quant aux entreprises actuellement résidentes en ville, il leur faut des trésors de patience pour ne pas choisir de déménager en périphérie. Alors que se passera-t-il quand elles se seront installées dans d'autres communes ? Et bien la ville va avoir une énorme perte d'impôts. Mais les écolos s'en fichent puisque l'activité économique ne les concerne pas. Ils pourront tranquillement rouler sur leurs pistes cyclables géantes, qui ne coûteront pas cher à entretenir. La ville de Genève deviendra un dortoir pour gauchistes, vidé de son activité économique.

D'accord j'exagère. Mais c'est quand même la tendance qu'on cherche à encourager. Alors pour ma part, je soutiens les associations qui refusent de signer un pseudo-consensus dans lequel l'activité économique est considérée comme secondaire. L'assurance de la compensation des parkings perdus en surface est une condition non négociable. Il est temps de freiner la politique anti-bagnole de la gauche, qui fait figure de dogme absolu en ville. Il en va de la compétitivité du commerce au centre-ville.

08/06/2010

La Suisse paradis fiscal selon le Brésil!

On avait échappé à la liste de l'OCDE. Mais voilà-t-il pas qu'on se retrouve sur la liste... du Brésil ! Mais pas de panique: il y en a 64 autres avec nous. Sur un peu moins de 200 pays, ça en fait quand même un paquet. Alors pourquoi ? Parce que pour le Brésil, le critère pour être considéré comme un paradis fiscal, c'est une imposition de moins de 20% du revenu! Cela signifie que le Brésil veut fixer l'imposition du reste du monde selon ses propres critères. Et bien sûr sans tenir compte des règles de l'OCDE, pourtant les seules auxquelles tous les pays doivent se conformer.

Et bien moi je dis que les pays qui respectent les critères imposés par le Brésil devraient être mis sur la liste noire des enfers fiscaux ! Alors que tous ceux qui ont de l'argent et vivent dans l'un de ces pays y songent. Pourquoi rester en enfer quand le paradis existe ? Et je sais qu'il existe, tout simplement parce que j'y habite! Alors venez, on vous accueillera très bien. Les anges de la fiscalité sont là pour ça.

Ah au fait, pendant que j'y suis, je rajoute le Brésil sur ma liste noire des pays amis de l'Iran...

07/06/2010

Le Hamas: 2. La résistance

Suite de ma série à propos du Hamas. Seconde affirmation courante:

Le Hamas n'est pas un groupe terroriste, mais un mouvement de résistance.

Par cette affirmation, on cherche à comparer le Hamas avec la résistance française et d'autres pays européens durant la seconde guerre mondiale. Mais est-ce correct ? Qu'est-ce qui différencie le terrorisme de la résistance ? Après tout, les Allemands traitaient aussi les résistants de terroristes.

La tentation est donc grande de dire que le Hamas, supposé défendre le faible, résiste à l'envahisseur et que tout ça n'est finalement qu'une question de point de vue. Si on adopte le point de vue des envahisseurs, le Hamas est un mouvement terroriste. Si au contraire on fait l'effort de comprendre les motivations du Hamas, il s'agit de résistants.

Et bien non. Car il y a une énorme différence entre un résistant et un terroriste. Un résistant ne s'en prendra jamais à un civil. Un résistant fait des actes de sabotage ou de guerrilla, dirigés uniquement contre les militaires. Un résistant est un combattant. Un terroriste est un criminel. Le Hamas n'est pas un groupe résistant, mais bien une association de criminels.

Ce genre d'actes peuvent-ils être le fait de résistants ?

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Pour moi il ne s'agit que de pure barbarie. Comment peut-on reprocher à un peuple de se défendre après ça ? Comment peut-on lui reprocher de ne plus faire confiance ? Il se trouve qu'on vit bien plus paisiblement en Israël depuis le bouclement de la bande de Gaza et l'édification du mur de séparation avec la Cisjordanie. Alors, même si je regrette qu'on doive en venir là, je ne peux que comprendre cette politique.

Quant à l'affirmation selon laquelle Tsahal, l'armée israélienne, aurait commis un acte terroriste sur les "bateaux de la paix", elle ne tient pas du tout la route. Il est pourtant si tentant de comparer cette opération avec celles qui ont eu les résultats ci-dessus. Mais, même si les victimes sont réellement de pauvres innocents privés de leur vie par le crime des soldats, il reste une énorme différence: l'intention. Lorsque les kamikazes du Hamas montent à bord d'un bus, ils savent que leur but est de tuer toutes les personnes qui les entourent. Ils s'en réjouissent même. Les soldats, lorsqu'ils sont descendus sur le pont du bateau, ne savaient pas qu'ils allaient avoir à utiliser leurs armes. Sans quoi il est évident qu'ils s'y seraient pris autrement. Il s'agit donc au pire d'une épouvantable bavure, mais peut-être aussi d'une mise en scène orchestrée dans le seul but de provoquer la réaction que le monde a eue.

Le Hamas: 1. Légitimité du gouvernement

J'entame une série de billets pour démonter quelques lieux communs qu'on entend en Occident à propos du Hamas. Certes la situation au Proche-Orient est très complexe et ne peut être résumée à une simple stigmatisation du Hamas. Toutefois, cette constatation vaut aussi pour Israël. Je trouve la tendance à rejeter toute la faute du conflit israélo-arabe sur Israël, tendance très à la mode en Occident, aussi contre-productive que mensongère.

Donc première affirmation à propos du Hamas: c'est le gouvernement élu de Gaza et sa légitimité accordée par les urnes ne peut être remise en question.

Alors oui, le vote de 2007 a effectivement donné la victoire au Hamas. Donc on est d'accord, Gaza a alors donné le pouvoir au Hamas. Mais la légitimité du pouvoir du Hamas souffre de deux irrégularités majeures. La première, c'est qu'un gouvernement élu l'est pour une période de temps préétablie. Au terme de cette période, de nouvelles élections doivent être organisées pour désigner un nouveau gouvernement. En ennemi de la démocratie, le Hamas ne libérera jamais le pouvoir par les urnes. Pour le Hamas, leur pouvoir n'est pas reçu du peuple, mais de Dieu. Pour cette raison, il est évident que le Hamas ne rendra jamais au peuple le pouvoir de l'évincer.

Pourtant, en démocratie, le peuple a le droit à l'erreur. L'élection du Hamas avait tout d'un vote sanction contre Israël et le Fattah, accusé de corruption et de trop grande collaboration avec Israël. Les votes sanction sont toujours des erreurs. On ne devrait jamais accorder le pouvoir à un groupe juste pour sanctionner d'autres personnes. Les conséquences d'un tel acte sont trop imprévisibles. Toutefois, en démocratie, les peuples ont le droit à l'erreur. Après un temps, le pouvoir revient généralement entre les mains de personnes plus fréquentables. Gaza n'a pas eu ce droit à l'erreur et va payer cher pour cette faute pendant longtemps.

La seconde irrégularité, c'est qu'en principe, les autorités de Gaza sont censées en référer à l'autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. Mais il n'en est rien. Tout se passe comme si Gaza avait fait cessession, s'était refermé sur elle-même. Et la politique de fermeture des frontières par Israël n'est pas seule en cause. (les moyens de communication entre Gaza et la Cisjordanie ne manquent pas!)

Bref, plus le temps passe, plus la légitimité du gouvernement du Hamas ne veut plus rien dire. Prétendre que le gouvernement du Hamas à Gaza est ligitime, cela revient à dire que le gouvernement d'Adolf Hitler était légitime. Car la prise de pouvoir et l'élimination de la démocratie par le Hamas suit exactement la même méthode que celle pratiquée par les Nazis en Allemagne dans les années 30.

10:11 Publié dans Monde, Politique | Tags : hamas, palestine | Lien permanent | Commentaires (46)

02/06/2010

La paix est-elle possible au Proche-Orient ?

Il y a quinze ans de cela, j'aurais répondu oui sans hésiter. Peut-être parce que j'étais plus jeune. Peut-être parce que la situation s'y prétait. Qu'elle a été proche cette paix lorsque les peuples semblaient enfin prêts à se donner la main. Mais qu'elle est loin cette époque. Après les évènements de ces derniers jours, on ne peut que s'interroger sur la possibilité d'arriver un jour à conclure une paix durable. Car plus que jamais, la paix semble hors de portée.

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On peut même dire qu'aujourd'hui les positions semblent plus éloignées les unes des autres qu'elles ne l'ont jamais été. Il faut dire que tant d'eau a coulé sous les ponts. Yitzhak Rabin assassiné par les siens pour torpiller le processus de paix. La seconde Intifada. La prise de pouvoir de la droite dure. Alors tout semblait fini.

Puis soudain, une lueur d'espoir. Lorsque le gouvernement Sharon a décidé d'évacuer la bande de Gaza, j'ai vraiment voulu croire que c'était le début d'une nouvelle détente. Que la suite allait suivre. Mais c'était sans compter sur la haine réciproque des peuples. Car à part la haine, qu'est-ce qui aurait pu justifier le choix du Hamas pour gouverner au destin des Gazaouis ? J'avoue que j'ai gardé un certain ressentiment contre le peuple de Gaza. Pour moi, l'élection du Hamas est le pire crime contre la paix qu'il pouvait commettre. Les peuples ont le droit de choisir leurs représentants. Mais ils doivent aussi savoir que certains choix ont des conséquences. L'opération Plomb durçi et le blocus sont la conséquence directe de ce choix. En Europe, l'Autriche s'était bien retrouvée isolée politiquement après l'entrée de Jörg Haider au gouvernement. Et pourtant, l'Autriche n'a jamais tiré de missiles sur ses voisins, ni envoyé de bombes humaines...

Aujourd'hui qu'est-ce qui pourrait relancer ce processus de paix ? Certes Barack Obama aimerait bien réussir le même tour de force que celui qu'avait accompli le précédent démocrate à avoir occupé son poste. Mais pour ma part je ne crois plus à la paix. Ou alors une paix à la Bosniaque. Après une grande guerre où toute la haine réciproque aura pu se déchainer. Puis on pourrait réapprendre à vivre côte-à-côte. C'est ce que je pense aujourd'hui: pour que les choses s'améliorent, il faudrait d'abord qu'elles aillent beaucoup plus mal.

On parle souvent de paix. Mais moi je n'y crois plus. Une paix basée sur la séparation des peuples, sur l'ignorance de l'autre, ça n'est de toute façon pas vraiment la paix. Seule l'acceptation de l'autre pourrait être la source d'une paix harmonieuse. Si les peuples pouvaient ouvrir les yeux et dire non au fascisme, s'ils pouvaient faire le pas vers l'autre peuple et ne plus écouter les fauteurs de guerre, alors tout serait possible. Il suffirait que les peuples cherchent à se connaître. Mais l'homme est ce qu'il est. La peur de l'autre mène à la haine. Et certains font leur fond de commerce de la haine. Ils s'en nourrissent. Sans la haine, ils n'auraient tout simplement plus leur raison d'être. Alors ils instillent la peur qui conduit à la haine. Et ils gagnent à chaque fois. Non il n'y aura pas de paix au Proche-Orient, je ne veux plus y croire.

01/06/2010

Israël forcément coupable ?

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Hier j'ai écrit un billet critique quant à la position israélienne sur les armes atomiques, aujourd'hui j'appelle à la mesure concernant l'affaire de la flottille dite humanitaire qui a été abordée hier par Tsahal. D'autres que moi sont plus radicaux en rejetant directement la culpabilité sur les occupants des navires. D.J. et hommelibre entre autres. D'autres encore, comme Demir Sönmez crient sans attendre à l'acte de barbarie gratuit. Tous ont en tout cas une chose en commun: ils se sont déjà fait une opinion et n'accepteront jamais une conclusion d'enquête qui ne confirme pas leur vision des faits.

Pour ma part, je ne jugerai pas de l'affaire. Il y aura sans doute une enquête indépendante, il faut donc attendre ses résultats avant de prendre position. (pourtant il semble qu'une majorité d'Occidentaux aient déjà pris position, car quand Israël est l'accusé et le Hamas l'accusateur, Israël est forcément coupable...) Pour l'instant en tout cas, c'est une bonne chose que les militaires aient tout filmé. Ils devaient se douter que ça ne se passerait pas tout simplement. Pour l'heure quelques points à relever:

- Depuis que cette flotille a appareillé, je me demande quel est le but de leur voyage, sachant qu'elle n'aurait jamais pu passer le blocus. Pour moi il a toujours été clair que cette opération avait des visées politiques. D'ailleurs les occupants de ces bateaux ne sont pas membres d'une ONG, mais sont qualifiés par la presse de "militants pro-palestinien" (terme politiquement correct pour désigner un militant pro-Hamas ?) Leur but n'était-il pas de prouver que les Israéliens sont des salauds qui affament les enfants de Gaza ?

- D'ailleurs, une ONG ne procède jamais de la sorte en tentant de forcer un blocus. Les ONG collaborent avec les militaires et les forcent à respecter le droit humanitaire. Cela se pratique quotidiennement dans la région de Gaza.

- Il est absolument invraisemblable qu'on ait donné ordre aux soldats de tirer à vue sur les occupants "pacifiques" sachant que la réaction du monde et des médias occidentaux était totalement prévisible. Il est donc pour moi certain que les soldats ne s'attendaient pas à avoir à faire usage de leurs armes en posant le pied sur les navires.

- Cacher des combattants sous une bannière humanitaire est un crime de guerre, selon les lois internationales. (c'est pourtant ce que le Hamas n'a pas hésité à faire durant l'opération "Plomb durçi", mais ça ne gêne personne) Les images tournées par les militaires montrent clairement que des armes ont été utilisées par les "militants pacifiques". Et pas seulement pour se défendre, mais plutôt pour attaquer les soldats montés à bord.

Voilà. Pour moi, ça n'est pas suffisant pour dire que les soldats de Tsahal sont innocents, mais en tout cas suffisant pour leur laisser le bénéfice du doute et attendre qu'une enquête donne ses résultats. Pour moi, l'attitude de la presse est honteuse. (bravo par contre à la Tribune pour la diffusion des images tournées par les militaires, en plus de celles tournées par les occupants des navires) Je peux comprendre que Al Jazeera ait une version orientée, mais la presse occidentale devrait faire preuve de plus de mesure.

Pour moi cette affaire a tout d'une opération presque routinière qui a mal tourné. Il est possible que la réaction des soldats ait été disproportionnée, mais il est également plus que probable qu'ils aient subi des attaques délibérées dès leur arrivée à bord. Les images prises par les militaires semblent montrer que c'est le cas. Mais il est également possible que les images aient été sorties d'un contexte plus global et donc manipulées. Donc pour l'instant rien ne permet de prendre position de manière catégorique.

31/05/2010

Israël doit signer le TNP!

S'il y a un point de la politique internationale du président Obama que je soutiens ardemment, c'est le désarmement nucléaire. Je pense que sa politique est très juste dans cette optique. Elle tient en deux mots: désarmement et non-prolifération. En bref, il ne suffit pas de jouer les gros bras face à quelques états qualifiés d' "axe du mal" comme le faisait le précédent gouvernement. Il faut aussi montrer qu'on a soi-même l'intention de réduire et, à terme, de se débarrasser de son arsenal nucléaire. De même, on ne peut pas exiger uniquement le désarmement de ses ennemis sans exiger la pareille de la part de ses alliés. Ainsi, il faudra un jour inclure les programmes nucléaires français, anglais et chinois dans les négociations de désarmement. Mais dans un premier temps, il faut exiger de la part de tous les pays non membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, la participation au Traité de Non-Prolifération Nucléaire, ainsi que sa stricte application. Cela signifie bien sûr que l'Iran et la Corée du Nord, tous deux signataires de l'accord cessent leurs programmes nucléaires militaires et démantellent tout ce qui a déjà été fabriqué, mais aussi que les pays non signataires se metttent en conformité. Et parmi les pays non-signataires qui doivent plier, il y a l'Inde, le Pakistan et... Israël!

Les gesticulations de Benyamin Netanyahou concernant l'adoption par l'ONU d'un document demandant la création d'une zone sans armes nucléaires au Moyen-Orient, sont bel et bien un combat d'arrière-garde. Il prétend que ce document pointe uniquement du doigt les stocks israéliens d'armes nucléaires. Mais c'est bien sûr totalement faux. Une zone dénucléarisée au Proche et Moyen-Orient inclut forcément l'Iran, l'Inde et le Pakistan et c'est d'ailleurs bel et bien le défi posé par le nucléaire iranien qui justifie cette position internationale. Bien entendu, Israël ne doit pas accepter de se mettre en conformité avant que tous les acteurs régionaux, et même mondiaux, ne se soient mis d'accord. Mais refuser d'emblée d'entrer en matière, c'est pour Israël le risque de se mettre à dos le monde entier. Et aussi de perdre tout soutien international concernant le nucléaire iranien. Mais peut-on attendre autre chose de la part d'un gouvernement élu uniquement pour ses tendances sécuritaires ?

Officiellement, Israël ne possède pas d'armes nucléaires. Mais il est de notoriété publique que ce pays possède l'arme suprême depuis plusieurs décennies. Donc lorsqu'Israël exige de l'Iran d'arrêter son propre programme, on ne doit pas s'étonner que cette demande sonne faux. Car tant qu'on fermera les yeux sur le programme nucléaire de certains, comment pourra-t-on exiger quoi que ce soit des autres ? Ainsi même en Occident certains, oubliant que ce pays est signataire du TNP, n'hésitent pas à dire que l'Iran a parfaitement le droit de posséder des armes nucléaires. Pour ma part, je pense que le fait ou non que l'Iran en ait le droit importe peu et que le principal, c'est de préserver les intérêts stratégiques occidentaux dans la région. Toutefois, si un désarmement nucléaire totale de la région devait être une condition pour l'arrêt du volet militaire du programme nucléaire iranien, je pense que c'est une condition totalement acceptable.

Le désarmement nucléaire du monde, un rêve que je partage avec Barack Obama, passe par trois étapes. La première, une réduction drastique de l'armement des deux superpuissances nucléaires est déjà en bonne voie. L'étape suivante doit donc déjà être mise en chantier. Il faut s'assurer que tous les pays du monde signent le TNP et faire respecter strictement cet accord. La troisième étape, sans doute la plus difficile à concrétiser, consistera à désarmer les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité. Difficile sans aucun doute, mais impossible, j'espère que non. J'ai foi en l'humanité. Le 21ème siècle devra être celui où l'être humain aura su éliminer les menaces qu'il avait lui-même fait planer au-dessus de sa propre tête.

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12:00 Publié dans Monde, Politique | Tags : israël, tnp | Lien permanent | Commentaires (4)

26/05/2010

Pétrole: le grand enjeu stratégique de la première moitié du 21ème siècle

Oui je sais. Jusque-là rien de nouveau. Cela fait des décennies que le pétrole est déjà un enjeu stratégique. Et même le principal enjeu stratégique. Peut-être le seul. Alors qu'est-ce qui change ? Le fait est qu'il y a deux nouveaux facteurs qui en font plus que jamais le plus grand enjeu de ce début de siècle. Et seulement de cette première moitié de siècle d'ailleurs, car ensuite… il n'y en aura sans doute plus ! Ou en tout cas en quantité si faibles que notre économie aura déjà dû réussir sa reconversion ou à défaut se sera totalement effondrée.

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17/05/2010

Genève a un nouvel ennemi !

Oui, Genève s'est trouvé un nouvel ennemi ! On en a fini de s'en prendre aux étrangers venus du sud de l'Europe,  désormais considérés comme intégrés. Ils ont été remplacés par les étrangers venus d'Europe de l'Est et d'Afrique. On le sait bien, ils sont tous venus pour vendre de la drogue à notre brave jeunesse naïve. Si ce n'est souvent pour cambrioler nos chaumières. A cet ennemi du deuxième cercle, s'ajoute bien sûr les frontaliers, dont on connait l'avidité de francs suisses qu'ils ramènent chez eux dans leurs voitures diesel pour les déposer illico au Crédit Agricole. Et bien sûr, pour compléter ce tableau, on ne doit pas oublier la racaille annemassienne qui se cache parmi les frontaliers et pour qui on construit le CEVA! Et bien depuis peu, j'ai découvert dans les commentaires de la Tribune qu'un troisième ennemi venait s'ajouter à ces deux premiers. Il s'agit des employés de edge funds ! Bien sûr ces derniers ne viennent pas pour prendre l'argent des genevois, puisqu'il apportent de l'argent frais. Mais tout de même, on sait très bien ce qu'ils viennent chercher à Genève: ils viennent tout simplement pour nous voler notre bien-être de lacustres !

Car oui, désormais on le sait: chaque fois qu'un projet de construction qui ne soit pas réservé aux familles laborieuses voit le jour, c'est pour les employés de edge funds ! Ce sont les seuls à être capables de payer. Donc les nouvelles constructions ne servent qu'à loger de nouveaux venus, attirés par le paisible bien-être de notre cité. Bien-être qu'ils mettent donc en péril par leur simple venue! Car pour chaque nouvelle construction, c'est une poignée de braves Genevois qui perdent leur vue sur le lac ! Franchement quels égoïstes ces banquiers étrangers...

Plus sérieusement, cette accusion est souvent la critique de tout un système. On nous dit qu'il suffit de cesser d'attirer de nouvelles entreprises, ainsi il ne sera plus nécessaire de construire. Mais soyons clairs: qu'est-ce qui attire chez nous ces edge funds londoniens ? C'est simple, ce qui les attire c'est une fiscalité non confiscatoire, contrairement à celle qui vient d'être introduite en Grande-Bretagne. C'est aussi une place financière forte, malgré les attaques qu'elles a subies durant l'année écoulée. Doit-on changer cela ? Doit-on introduire une fiscalité défavorable au capital pour décourager ces sociétés étrangères de s'installer chez nous ?

Le problème, c'est que si nous faisions cela, nous vivrions la même chose que Londres. Non seulement personne ne viendrait plus s'implanter chez nous, mais de nombreuses autres sociétés s'en iraient pour des cieux moins défavorables ! Alors le seul résultat que nous obtiendrions, c'est une augmentation terrible de notre chômage. Et bien sûr, une fois que suffisamment de monde aura été forcé de dormir sous les ponts, la crise du logement sera enfin résolue puisque les appartements vides seront alors nombreux. Mais est-ce pour autant la bonne solution ?

14/05/2010

La gauche genevoise

La gauche à Genève a presque toujours été minorisée. La population genevoise a une majorité à droite, ça a toujours été clair. Mais il y a tout de même une exception. La ville de Genève, avec ses grands quartiers populaires, vote systématiquement à gauche, et cela depuis un bon moment. La raison en est simple. En ville, il est très difficile de trouver des logements bon marché. Les prix en loyer libre ou en PPE sont impossibles à payer pour la classe moyenne. Seule la part la plus riche de cette classe moyenne parvient donc à rester en ville. Pour le reste, la classe moyenne est de plus en plus rejetée à l'extérieur de la ville, dans les communes limitrophes, quand ça n'est pas dans le canton de Vaud ou en France. Les seuls à pouvoir rester en dehors des plus riches sont donc ceux qui bénéficient de logements sociaux, c'est à dire les classes les plus populaires, compte tenu des revenus extrêmement bas demandés pour y entrer.

Si on faisait voter les contribuables de la Ville, il est certain que la tendance s'inverserait. Car si la classe moyenne vit en majorité en périphérie, elle travaille majoritairement en ville. La conclusion est donc évidente: la part la plus importante des revenus de la Ville est perçue auprès de personnes qui n'ont pas le droit de se prononcer à propos des aménagements réalisés avec leurs impôts. C'est tout de même une situation intolérable, non ? Et bien loin de récompenser ces contribuables, la Ville passe son temps à leur imposer des chicaneries, les considérant comme des nuisibles, au contraire de ses gentils électeurs. Mieux: afin de s'assurer que la majorité ne change pas de côté, la gauche fait tout pour accentuer la difficulté de la classe moyenne à s'établir en ville.

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11:23 Publié dans Genève, Politique | Tags : gauche, genève | Lien permanent | Commentaires (5)

10/05/2010

Plaidoyer pour la vitesse sur rail en Suisse

J'ai toujours été un passionné de chemins de fer. Est-ce que cela me vient de ces années où je collectionnais les convois miniatures de mon train électrique et cherchais sans cesse à perfectionner le réseau qui encombrais ma chambre ? Ou est-ce dû au temps que je passais avec mon père à contempler ces belles locomotives sur des livres illustrés ? Oui je pense qu'il n'est pas étranger à cette passion. Disons donc que c'est un lègue familial.

Arrivé à l'âge adulte, j'ai découvert qu'en tant que citoyen suisse, j'étais en possession d'un autre réseau de chemins de fer. Et quel réseau! Le réseau suisse de chemins de fer est l'un des plus denses d'Europe. Au 19ème siècle déjà, la Suisse s'est lancée dans la construction de ce réseau qui rapprochait les cantons et ses habitants les uns des autres. Tout comme les Etats-Unis mais à une tout autre échelle, le pays s'est construit autour de ses chemins de fer. Le percement d'un ouvrage comme le tunnel du St-Gothard fait partie intégrante de notre histoire et a permis de sceller le lien fédéral avec le Tessin.

Mais aujourd'hui force est de constater que les chemins de fer ne sont plus le principal moyen de transport à longue distance en Suisse. Durant des décennies, ils se sont laissés distancer par la route et aujourd'hui notre pays s'est lancé dans une rénovation complète de son réseau ferroviaire avec les projets "Rail 2000" et les NLFA lancés dans les années 80. Mais si je pense que ça va dans le bon sens, je pense aussi que ça n'est pas assez.

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07/05/2010

Crise grecque: échec européen ?

Ici ou là, on entend dire que la crise grecque est une démonstration de l'échec européen. Bien sûr, l'inclinaison politique de ceux qui prédisent la fin imminente de la construction européenne ne laisse aucune équivoque. Mais finalement la question ne peut pas être évitée. L'Europe est-elle vraiment en cause ? Mieux: sans la construction européenne, la crise grecque aurait-elle aussi pu se produire ?

En réalité, les causes de la crise grecque sont pûrement internes. Une gestion calamiteuse de ses affaires publiques et un manque à gagner chronique dans les perceptions de l'Etat. A la rigueur, on peut accuser les payements directs européens d'avoir encouragé le pouvoir à dillapider cet argent sans aucune retenue. On peut aussi l'accuser d'avoir manqué à son devoir en laissant la Grèce (et d'autres pays) s'enfoncer dans les dettes publiques sans aucun plan visant à diminuer le déficit chronique. Car il ne faut pas oublier que l'accession à la zone Euro a en principe un prix: le déficit et la dette publics doivent être sous contrôle. Mais sans doute que par les temps qui courent, où les grands états de l'Union n'ont pas hésité à faire plonger leurs budgets très profondément dans les chiffres rouges afin de venir au secours des banquiers, ils se sont faits moins regardants sur la dette des autres...

Alors fin de l'Europe ? Je dirais pour ma part qu'il y a quelque chose de rassurant quand on voit le plan d'aide qui a été mis en place. Certes on peut critiquer le taux d'intérêt pratiqué, mais après tout, les règles des marchés veulent qu'on fasse payer les risques plus élevés. Et à moins de se tourner vers une économie planifiée, je vois mal comment faire autrement. On ne peut prêter aux mauvais payeurs sans se couvrir. Sinon quel intérêt y aurait-il à rembourser ses dettes ? On peut aussi critiquer l'obligation faite à la Grèce de se lancer dans une politique d'austérité. Mais bon. A un moment donné, il faut quand même arrêter les frais non ? Bref, ce qu'il y a de rassurant dans ce plan, c'est qu'on voit bien que malgré les rechignements initiaux, l'imbrication réciproque des économies européennes oblige à la solidarité. Devenus frères, les pays de l'UE ne peuvent plus se laisser tomber! Et sans l'Union Européenne, la situation de la Grèce aurait été bien plus catastrophique encore.

Mais le simple fait que la crise se soit produite met en lumière un problème très profond: le manque de contrôle supra-étatique au sein de l'Europe. On ne peut pas mettre en commun ce qu'on a de plus stratégique, c'est-à-dire sa monnaie, sans mettre en place un organisme de contrôle centralisé fort pour vérifier le respect des règles. Il est impensable qu'un état de l'Union puisse se laisser aller de la sorte et que personne ne mette le doigt sur ce manquement! Pour faire un parallèle à une échelle réduite, immaginons un pays fait de 23 cantons qui partagent une monnaie unique (le franc) et qui gèrent leurs administrations de manière indépendante. Si l'un de ces cantons se mettait à montrer une frivolité comparable à celle du gouvernement grec, au point de mettre en danger la santé financière de l'ensemble du pays, serait-il remis à l'ordre ? Et bien sans tarder oui! Car le pouvoir centralisé de ce pays fédéral a tout pouvoir sur le plan économique et sa banque centrale est seule compétente pour gérer la politique monétaire.

Il en va malheureusement tout autrement de la zone Euro. Les états restent compétents pour fixer leur politique économique et la banque centrale européenne n'est qu'une mise en commun de toutes les banques centrales des états. Et c'est probablement la cause première de l'apparition de cette crise. Si l'Europe veut éviter un tel fiasco à l'avenir, elle doit plus centraliser sa politique économique et donner un pouvoir fort à l'Union pour imposer une politique budgétaire stable aux états membres, pour vérifier son application et, le cas échéant, mettre les états sous tutelle. En gros, elle doit s'inspirer du modèle suisse. Donc, la solution à ce problème n'est pas la fin de l'Union Européenne comme certains le prétendent, mais un approfondissement de la construction de l'Europe économique.

06/05/2010

Révolution grecque ? Révolution mondialisée ?

Ce qui devait arriver est-il en train de se produire ? Malgré l'apparent bol d'air fourni par les membres les plus puissants de la zone Euro et par le Fonds Monétaire International, la Grèce s'enfonce dans le tourbillon d'une tornade économique que rien ne semble pouvoir arrêter. La Grèce qui par sa frivolité budgétaire est la première à sombrer, mais sans doute pas la dernière. Comme je le rappelais il y a quelques jours dans ce billet, l'hystérie keynésienne avec laquelle on a tout fait pour sauver la haute finance au détriment de l'économie publique a un prix. Celui de l'endettement public porté à son paroxysme. Celui d'une crise bien plus terrible que celle à laquelle on a presque échappé.

Le mécanisme est à la fois simple et complexe. Restrictions budgétaires drastiques. Arrêt de l'investissement public. Baisse des prestations sociales. Economie privée souffrant du manque d'investissements publics. Licenciements massifs. Augmentation du chômage coordonné à la chute du social. Troubles sociaux. Révolte. Renversement du gouvernement. Érection de guillotines. Boum font les têtes sur les pavés.

J'exagère ? J'espère bien. Mais je vois mal aujourd'hui comment arrêter tout cela. D'autant que la crise ne restera pas une simple crise grecque. Dans une économie mondialisée, les crises sont également mondialisées. Et si les crises mènent à des révolutions, ces révolutions sont à leur tour mondialisées. Et dans le fond, on peut se demander si ça n'est pas le mieux qui puisse se produire. Ce monde où le pouvoir économique repose entre quelques mains avides et où les gouvernements ne sont que de pacotille et font des courbettes devant le vrai pouvoir a quelque chose de fondamentalement malsain. Il est temps que ça change. Que le pouvoir revienne aux mains du peuple. Si possible dans le calme. Mais il est possible qu'il ne soit  déjà plus question de révolution pacifique. Est-ce le début de la fin ? On devrait en savoir plus dans les semaines à venir. D'autant plus que les évènements semblent évoluer rapidement.

Je ne parle évidemment pas ici de la Suisse qui devrait, heureusement, rester passablement préservée. Sa santé budgétaire pourrait être citée en exemple en Europe. Mais il ne faut pas se faire trop d'illusions. La dépendance de la Suisse vis-à-vis de l'économie européenne est aussi forte que si elle faisait partie de l'Union Européenne. Et juste un tout petit peu moins que si elle faisait partie de la zone Euro. Alors tout cela aura aussi des conséquences pour nous. Peut-être pas ou peu de troubles, mais des moments difficiles sont à prévoir.

03/05/2010

La société mondialisée survivra-t-elle à la fin de l'ère du pétrole ?

Enième hoquet de notre mode de consommation énergétique basée sur l'usage du pétrole, la marée noire en cours en Louisiane est bien évidemment une nouvelle incitation à se questionner à propos de l'avenir de cette substance. Une telle catastrophe est clairement inadmissible. Surtout que ça n'est de loin pas la première et que, si nous continuons à consommer le pétrole au même rythme, c'est encore moins la dernière !

3259_la-plate-forme-deep-water-horizon-en-feu-le-22-avril-2010.jpgMais si de tels évènements peuvent et doivent catalyser notre réflexion, il y a une catastrophe à venir bien plus grave encore pour notre avenir énergétique qui devrait nous faire réagir. Durant plus d'un siècle, notre civilisation a construit sa prospérité sur l'usage d'une forme d'énergie bon marché et, jusque-là, abondante. La découverte des applications liées au pétrole a dopé l'industrie et l'économie. Il est l'huile qui fait tourner l'économie. Mais beaucoup de spécialistes le disent: cette huile va bientôt venir à manquer et la machine économique pourrait bien de se gripper. Ces spécialistes donnent à nom à cette calamité: le pic pétrolier.

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30/04/2010

La Belgique ou l'échec d'un fédéralisme basé sur les communautés linguistiques

Bien sûr, il y a des précédents. On peut citer l'Irlande du Nord qui s'est longtemps déchirée sur la question de la séparation du Royaume-Uni. Mais dans ce cas-là, la souveraineté britannique sur ce petit morceau d'île est un reliquat de l'impérialisme britannique. Peu comparable donc. On peut aussi citer le divorce des Tchèques et des Slovaques ainsi que les multiples divorces ex-yougoslaves. Si le premier s'est réalisé dans le calme, les seconds se sont déroulés dans la douleur. C'est bien connu, pas tout le monde réussit son divorce. Mais ces deux cas partagent un point commun: ils sont issus d'un mariage forcé, maintenu en place par une dictature sans partage. Les tensions se sont donc accumulées pendant des années et lorsque la dictature a disparu, le mariage a sombré avec elle.

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29/04/2010

La grande faillite des plans de relance européens

On vous avait chanté les louanges de ces fantastiques plans de sauvetage que tous les pays développés ont lancé pour sauver leurs principales institutions financières. Même la Suisse, avec son gros plan de sauvetage de l'UBS, s'était jointe à cette grande action mondiale, censée sauver le monde d'un naufrage économique d'ampleur stratosphérique! Pour vous démontrer la nécessité de tels plans, on vous a rappelé que lors de la grande dépression des années trente, on avait cru qu'il ne s'agissait que d'une adaptation des marchés, que les branches pourries allaient casser et que les autres allaient les remplacer. Mais selon eux, si la crise s'est éternisée, c'est parce que ce mécanisme ne fonctionne pas. Lorsque l'économie chute, elle cale et ne parvient pas à redémarrer.

Ils suivaient en cela les théories de John Maynard Keynes, pourtant tombées en désuetude, qui avait analysé les raisons de la dépression. Ces théories, qui n'avaient jamais vraiment été confrontées à la pratique, ont alors été suivies à la lettre. Après la chute de Lehman Brothers, on s'est évertué à ne plus laisser tomber les banques d'investissement, pourtant largement responsables de la crise ainsi que de leur propre situation. Les états ont instantanément trouvé des sommes faramineuses pour sauver de la faillite ces géants financiers. Ces mêmes états étant pourtant eux-mêmes dans une situation économique assez difficile et en déficit chronique. Les milliards ont alors plu sur le monde bancaire. Jusqu'il y a peu, on s'est félicité un peu partout de la grande clairvoyance des gouvernements qui ont évité une grande partie de la crise. Pourtant les signes étaient là. Le G20, qui avait pour mission de créer une nouvelle régulation de la finance mondiale, n'a-t-il pas acouché d'une souris en ne réussissant à se mettre d'accord que sur des lois anti-"paradis fiscaux" ? Pourquoi la fiscalité était-elle la cible de ces grands états, alors qu'ils auraient dû se fixer sur les causes de la crise ? La réponse est simple pour qui veut la voir: tous ces grands états sont des colosses aux pieds d'argile. Ils se sont mis dans une situation budgétaire intenable avec leurs gigantesques plans de relance et recherchent maintenant le moindre revenu qui pourrait leur permettre de sauver leur peau. Mais rien n'y fera. Ils sont condamnés.

La situation est maintenant assez surréaliste. Ceux qui ont déclenché la crise sont toujours là. L'énorme manne financière qui leur a été fournie leur a évité les pourtant indispensables réformes qui auraient pu les assainir. Sans être la cause première de la crise, la reprise du système de rémunération variable pratiqué auparavant avant même le retour aux chiffres noirs prouve bien que le système est totalement pourri de l'intérieur. Tout est donc à nouveau en place pour qu'une nouvelle catastrophe financière se produise. Tout ce qui change, c'est que les états sont totalement démunis. Au prochain crash, ils ne pourront plus rien faire pour sauver les banques.

D'ailleurs, ils n'auront sans doute pas le temps d'avoir qui que ce soit à aider. Car après le gigantesque transfert de fonds dont les milieux financiers ont bénéficié au détriment des états, les premières victimes risquent bien d'être les états eux-mêmes. En Europe particulièrement, l'imbrication des économies risque de faire des dégâts sans précédent sur les économies publiques des grands états. D'abord les plus faibles vont être touchés. Mais il est évident que les grands états ne pourront pas les laisser tomber du fait de leur implication économique réciproque. C'est donc l'ensemble de l'Europe qui va sombrer dans la crise. Et le monde suivra. On a voulu éviter la crise. On a cru y être arrivé. Mais c'est bien connu en physique: rien ne se créé, rien ne se perd. C'est vrai pour l'énergie, mais c'est également applicable en économie. Lorsque de l'argent est artificiellement créé, cela fait un effet de bulle. Et toutes les bulles finissent par éclater. Si on cherche à les en empêcher, elles continuent à grossir et finissent de toute manière par éclater. Et alors, la catastrophe est bien plus gigantesque...

23/04/2010

La non-fusion Orange-Sunrise, une surprise ?

Une surprise pour tous les observateurs. C'est ce qu'on nous apprend dans la Tribune d'aujourd'hui. Il semble que beaucoup de monde tombe des nues en apprenant que la Comco a interdit à Orange et Sunrise de fusionner. Au travers de son édito, M. Pierre-Yves Frei fait la comparaison entre ce cas et la désinvolture avec laquelle la Comco a jugé les acquisitions effectuées par Coop et Migros ces dernières années. En effet, dans le commerce de détail, on se retrouve dans une situation où Coop et Migros se partagent le marché de fait, après notament les acquisitions de Denner par Migros et de Carrefour par Coop. C'est vrai que dans le cas de ces chaînes de magasins, la Comco n'a pas fait preuve d'une grande clairvoyance. Mais si on s'est trompé une fois, est-ce une raison pour se tromper à chaque fois ?

Pour ce qui est du commerce de détail, il faut reconnaître que l'enchaînement des évènements n'a pas aidé la Comco à prendre les justes décisions. D'abord, il y a eu l'arrivée d'Aldi et de Lidl sur le marché suisse. Bien que ne bataillant pas tout à fait dans le même segment de marché, l'arrivée de ces deux acteurs a forcément influencé la Comco dans ses choix. Puis le fait est que ces deux acquisitions n'ont pas été faites en même temps. D'abord il y a eu l'acquisition de Denner par Migros. L'acquisition de la plus grande chaîne du segment "discount" par le plus gros détaillant de Suisse était forcément un danger. La Comco a sans doute eu du mal à trancher. Mais c'est justement l'arrivée d'Aldi et Lidl sur un segment proche de celui de Denner qui a dû les convaincre que cette acquisition pouvait être validée.

Puis peu de temps après, Coop annonce sa décision de reprendre les points de vente laissés par Carrefour. D'une part, Carrefour ayant décidé de quitter le marché suisse, il était improbable qu'une nouvelle enseigne voit le jour. C'est un peu comme s'il n'y avait pas eu de plan B. Ensuite, juste après avoir accordé à Migros le droit de reprendre Denner, il était un peu difficile de dire non à Coop. Cela aurait biaisé la concurrence entre les deux grands détaillants, ce qui irait bien sûr à l'encontre de la mission de la Comco. C'est ainsi que, probablement la mort dans l'âme, la Comco a validé cette seconde fusion également. Elle a toutefois fixé des conditions à Coop, l'obligeant à céder des surfaces équivalentes à celles acquises en Suisse romande, sans doute afin de faciliter l'implantation des deux nouveaux arrivants dans notre bout de pays.

Pour ce qui est de la téléphonie, la situation est-elle la même ? D'abord, il faut séparer les activités de téléphonie mobile de celles de téléphonie fixe et de service Internet. En effet, Orange n'étant pas ou peu active dans les deux secondes, ces segments de marché ne posent pas de problèmes. De plus, une concurrence importante est déjà effective dans ces segments du domaine des télécommunications, un regroupement pourrait tout à fait se faire sans prétériter la concurrence. Par contre, dans le domaine de la téléphonie mobile, il existe une situation de concurrence faible, due à des raisons techniques principalement. Dans ces conditions, la Comco pouvait-elle accepter un regroupement de ces deux sociétés ? Evidemment non. Elle aurait failli à sa mission si elle avait accepté. Je ne peux dès lors pas comprendre que des observateurs qui se prétendent spécialistes de la question soient étonnés de cette décision. Il n'y avait pas d'autre décision possible, du moins pas avant qu'un autre acteur se présente pour reprendre la concession de téléphonie mobile libérée. Et compte tenu de la difficulté de s'implanter dans un marché aussi fermé, je ne pense pas que quelqu'un va montrer de l'intérêt prochainement.

Donc finalement, si Orange souhaite faire des acquisitions, il faudra se tourner vers la téléphonie fixe ou Internet. La Comco ne s'opposera pas à des acquisitions visant à la diversification des activités et non au regroupement. C'est le seul moyen que France Telecom peut utiliser pour atteindre une taille critique sur le marché suisse, sans doute assez étriqué au vue des ses ambitions européennes. Sunrise pourra également effectuer des regroupement avec d'autres sociétés plus petites actives dans ces marchés. Mais jamais, la Comco ne cédera sur la téléphonie mobile, car sa mission le lui interdit tout simplement. Qu'Orange et Sunrise en soient donc prévenus!

10:45 Publié dans Economie, Suisse | Tags : fusion, orange, sunrise | Lien permanent | Commentaires (0)