21/03/2011

Réflexions à propos du sarcophage de Tchernobyl

Hasard du calendrier ou non, alors que les Japonais bataillent pour sécuriser les réacteurs endommagés de la centrale de Fukushima, on reparle du sarcophage de Tchernobyl. En effet, l'édifice protégeant les restes du réacteur accidenté avait été construit à la hâte, dans des conditions effroyables, et il montre désormais des signes de vieillissement accéléré. Les autorités ukrainiennes ont donc décidé de construire une nouvelle structure par-dessus l'actuelle afin de la renforcer.

tchernobyl-sarcophage-dec1999.jpgCeci pose une question fondamentale au sujet de la centrale désafectée de Tchernobyl et de son réacteur numéro 4. Les restes liquéfiés du réacteur ayant fait fusion reposent aujourd'hui au fond d'un trou, provisoirement stabilisés. Mais les matériaux nucléaires qui composent ce magma refroidi seront encore dangereux pour des centaines de milliers d'années. Ce lieu restera maudit pour toute cette durée, à moins qu'une hypothétique civilisation future parvienne à l'assainir. Et on voit aujourd'hui qu'après seulement 25 ans, soit une génération, la première structure montre déjà des signes de faiblesse. La nouvelle, selon les autorités, devrait protéger le site pour 100 ans au moins. 4 générations. Mais 100'000 ans, ça représente 4000 générations ! Il faudra donc reconstruire 1000 fois ce sarcophage avant que le site soit devenu moins dangereux ! Qui peut dire que les 4000 prochaines générations seront à même de protéger ce site et d'entretenir cette structure ? Et pendant tout ce temps, y aura-t-il seulement des habitants humains dans la région ? Qui peut dire que la civilisation va résister au temps et que les humains auront toujours la technologie et les compétences nécessaires pour assurer la pérénité du site ?

Il est très probable qu'une nouvelle glaciation se produise dans les milliers d'années à venir. Et alors, si un glacier emporte la structure et amène le tout vers la mer Baltique, c'est les mers du monde entier qui seront polluées. Et bien avant cela, qui peut dire combien de temps ce bâtiment restera en état d'assurer sa fonction de protection ? Les pyramides sont probablement les plus anciennes structures d'origine humaine encore debout. Et elles ont moins de 5000 ans ! Aucune construction humaine n'est faite pour résister 100'000 ans. Dans 100'000 ans, les pyramides elles-mêmes seront réduites à l'état de sable. Et on veut nous faire croire que le sarcophage de Tchernobyl protégera les 4000 prochaines générations ? A long terme, je pense  malheureusement qu'une seule conclusion peut s'imposer. La catastrophe qui ne s'est pas produite en 1986 se produira forcément un jour. Et alors les habitants de la Terre auront de bonnes raisons de nous maudire, pour autant que la mémoire de notre existence ait résisté au temps.

15/03/2011

Les centrales japonaises: parfaitement sûres

Le titre de mon billet vous fait sourire ? Peut-être pas car ce sujet ne prête pas trop à la plaisanterie ces temps-ci. Mais en tout cas, il paraît complètement absurde, non ? Pourtant c'était ce que n'importe quel expert dans le domaine du nucléaire aurait dit jusqu'il y a quelques jours. La technologie du nucléaire japonaise est considérée comme parfaitement sûre car elle répond totalement aux normes internationales en vigueur. A Fukushima, on n'est pas à Tchernobyl. Le personnel de la centrale est parfaitement instruit. L'entretient de la centrale ne soufre aucun reproche. Le coeur est correctement confiné. Les multiples systèmes de sécurité fonctionnent parfaitement et sont prêts à prendre le relais lorsque les autres ont cessé de fonctionner. Ici comme en Suisse, on n'a pas une chance sur un million de vivre un accident. La population aux alentours est parfaitement rassurée et aime sa centrale qui apporte emplois et confort.

Alors pourquoi y-a-t'il eu un accident ? Pardi, c'est à cause d'un tremblement de terre. Et du tsunami qui a suivi. Soudainement, cette centrale réputée totalement sûre s'est transformée en risque majeur parce qu'elle a été construite au mauvais endroit. Mais qu'ils sont bêtes ces japonais ! Ne pouvaient-ils pas prévoir ces risques ? Un enfant leur aurait dit que des tsunamis peuvent se produire et que l'endroit est mal choisi ! Enfin c'est ce qu'on entend dire au comptoir du bistrot du coin. Mais ça n'est pas entièrement vrai. La réalité, c'est que ce risque avait été pris en compte. On ne construit pas une centrale nucléaire au Japon, en bord de mer, sans tenir compte des risques sismiques. Le Japon est sans doute l'une des régions du monde où les tremblements de terre sont les plus violents. Et le mot "tsunami" est un mot japonais, il ne faut pas l'oublier. Donc c'est un phénomène qu'ils connaissent bien et celui de l'autre jour est très loin d'être le premier que les Japonais vivent.

Alors la triste réalité, c'est que les experts ont fukushima.jpgjugé que cette centrale résisterait aux évènements qui se sont produits la semaine passée, car sur l'échelle du siècle, ils n'ont rien d'exceptionnel. Et le fait est qu'ils se sont plantés. Il faut cesser de se poser les mauvaises questions. Savoir pourquoi on a construit une centrale à cet endroit n'est pas intéressant. Savoir si les causes de cette catastrophe peuvent se produire en Suisse n'est pas non plus une bonne question. Les seules questions intéressantes sont: peut-on faire confiance à des experts qui ne maîtrisent pas totalement toutes les données ? Et aussi: notre indépendance énergétique vaut-elle le risque encouru ?

Je ne pense pas qu'il y ait de réponse toute faite à ces questions. Toute technologie comporte un risque. N'importe quel objet que nous utilisons au quotidien peut nous blesser ou produire des dégâts. Mais généralement, les avantages surpassent clairement les inconvénients et on décide d'accepter les risques. Mais dans le cas du nucléaire, un accident a des conséquences tellement graves que la question ne peut pas être tranchée si rapidement. C'est un peu comme dire que l'avion est le moyen de transport le plus sûr. C'est vrai, mais en cas de catastrophe, le nombre de morts est toujours très important et imaginer le calvaire vécu par ces gens fait toujours réfléchir.

Pour se décider sur le bienfondé de cette technologie, je pense qu'il serait important de renseigner la population sur la réalité de son fonctionnement. Et je pense que si les gens savaient comment fonctionne une centrale, ils y seraient opposés. Il faut savoir qu'une centrale nucléaire est basiquement un système instable. Le combustible nucléaire, une fois enrichi en Uranium 235 normalement rare, a une tendance naturelle à l'emballement. Le contrôle des réactions se fait au moyen de divers systèmes qui permettent d'éviter cet emballement en frainant continuellement les réactions. Pour illustrer cela, il faut imaginer disposer d'une voiture à moteur nucléaire. Sur cette voiture, vous n'auriez pas d'accélérateur, mais seulement un frein. Lorsque vous souhaitez accélérez, vous relâchez une partie de la pression sur le frein. Mais en aucun cas vous ne pourriez relâcher totalement la pédale, sans quoi votre voiture partirait dans le décor ! En principe ça ne pose pas de problème grave, car vous êtes capable de maîtriser la pédale. Mais qu'arrive-t-il si vous vous assoupissez une fraction de seconde ? Ou si votre pied glisse ? La réponse est simple: vous avez un accident. Et c'est exactement ce qui s'est produit au Japon. Les systèmes de sécurité qui étaient censés protéger la centrale en cas de tsunami se sont révélés insuffisants lorsque la situation réelle s'est produite. Et cela a conduit à l'emballement et donc à la surchauffe.

Lorsque j'étais étudiant, on a cherché à me pousser dans la filière du nucléaire parce que j'avais un bon niveau en maths et en physique. Mais si j'ai choisi une autre voie alors que celle-ci était tout à fait passionnante, c'est justement parce que je sais ce qu'est le nucléaire. Et que jamais je n'aurais voulu travailler sur une forme d'énergie dont je pense que l'humanité doit faire le deuil ! Je n'ai jamais cru aux experts qui prétendent qu'il n'y a aucun risque, justement parce que ce sont des êtres humains et qu'ils peuvent faire des erreurs. Il y aura toujours des situations qu'ils n'ont pas prévues. La Terre est un système complexe et imprévisible par nature. Prétendre comprendre totalement son fonctionnement est un mensonge. En réalité, les gens qui prétendent que la technologie nucléaire est parfaitement sûre ne sont rien d'autre que des apprenti-sorciers qui sont prêts à nous faire partager à tous le risque qu'ils ont décidé de courir.

P.S. Je me fais rare sur ces blogs parce que je suis passé à autre chose et que je trouvais avoir fait le tour des sujets qui m'intéressent. Mais mon blog n'est pas fermé et je continuerai à écrire de petits messages lorsque des sujets d'actualité m'en inspireront !

15/10/2010

A quoi servent les NLFA ?

Aujourd'hui la Suisse fête l'événement. Aujourd'hui le Nord et le Sud de la Suisse sont reliés par un troisième tube, après le tunnel ferroviaire historique et le tunnel autoroutier. Un tube de 58 km doté des technologies les plus modernes. La Suisse a de quoi être fière de cet ouvrage, le plus long tunnel du monde. Mais finalement, les NLFA (Nouvelles Lignes Ferroviaires Alpines), à quoi ça sert ?

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08/10/2010

La seule vérité de l'affaire Kerviel

On s'est beaucoup amusé de la dette cosmique qu'on a mis sur le compte de Jérome Kerviel. C'est vrai que les tribunaux ne semblent pas avoir le sens de la mesure en croyant qu'il sera un jour capable de rembourser.  Et bien je crois que personne n'a compris le fin mot de l'histoire.

Dans quelques dizaines d'années, (j'espère pour lui le plus tard possible) Jérome Kerviel finira par mourir avec une dette bien entendu totalement intacte. Alors ses héritiers qui ne désirent sans doute pas passer tout le reste de leur vie à toucher le RMI pour éviter de se faire ponctionner, vont bien évidemment refuser l'héritage. Et alors que se passera-t-il ? Est-ce que l'héritage est perdu ? Non. Lorsqu'il n'y a plus d'hériters, le dernier héritier est toujours l'état. Qui peut bien sûr aussi refuser l'héritage, mais je ne pense pas que c'est le but. Finalement le but, c'est que tout à la fin, ça soit au contribuable de payer pour les errements de la Société Générale. On en revient toujours là.

Et pour en arriver là, on n'hésite pas à détruire toute une vie. Car Jérome Kerviel a sans doute mérité ses années de prison. Même si son employeur l'a encouragé comme il l'affirme, on a toujours la possibilité de refuser. On peut même démissionner. Le libre-arbitre ça existe. Mais le problème dans cette histoire, c'est qu'il n'aura pas droit au pardon de la société. La justice le fera payer jusqu'à la fin de sa vie, même lorsqu'il aura payé sa dette à la société, il n'aura jamais le droit de reconstruire sa vie. Même Bernard Tapie n'avait pas eu droit à un jugement aussi destructeur. Tout ça pour qu'à la toute fin, la Société Générale puisse récupérer l'argent qu'elle avait délibérément choisi de jouer à la roulette. Voilà ce qu'est notre société de début de millénaire... Ne serait-il pas temps de changer quelque  chose ?

20/09/2010

L'Iran, le 11 septembre et moi et moi et moi...

Suite aux discussions qui ont eu lieu ces derniers temps sur un autre sujet, je tenais à préciser mes vues. Parfois mes prises de position peuvent paraître inconciliables. D'un côté je suis favorable à une plus grande fermeté au Moyen-Orient, envers des groupes ou des nations plus ou moins hostiles. D'autre part, je pense que certains éléments du côté occidental ont utilisé des moyens indignes de démocraties, et même parfois criminels, pour défendre leurs intérêts. Or il est rare qu'une même personne défende ces deux visions.

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12/09/2010

Mosquée de Ground Zero et corans non brûlés

En ce lendemain de commémoration du neuvième anniversaire du 11 septembre, si on regarde en direction des Etats-Unis, on se demande quelle mouche a pu piquer ce peuple. Entre les protestations contre le projet d'un pasteur extrémiste de brûler des Corans et les affrontements concernant le projet de construction d'une insignifiante mosquée près de Ground Zero, on dirait que les Américains sont en train de plonger dans un incompréhensible débat dont l'enjeu est la suprématie d'une religion sur une autre.

Tout d'abord, je ne comprends pas les pressions qu'a subies ce pasteur pour ne pas faire brûler ces livres. Bien que l'acte puisse être considéré comme une provocation, après tout aucune loi n'interdit à qui que ce soit d'acheter des livres et de les faire brûler ! Pour autant que ça ne se passe pas sur la place publique bien entendu. Alors qu'est-ce qui fait de ce livre, recueil de feuilles de papier imprimées et reliées, un cas si spécial ? On devrait se poser une question: tous ces bien-pensants qui veulent défendre un livre comme le Coran, se dresseraient-ils également pour défendre la Bible si un imam iranien décidait d'en faire de même ? J'en doute beaucoup. Je me dis même que c'est sûrement déjà arrivé, mais qu'on n'en a pas entendu parler, parce que tout le monde s'en fiche. Quand je vois ce spectacle affligeant, même si je ne partage absolument pas son point dmosquee-ground-zero-new-york-islamophobes-vir-L-3.jpege vue, je regrette presque que ce pasteur ait décidé de ne pas mettre son projet à exécution. Ca aurait en tout cas montré que dans une démocratie, les contraintes morales des religieux ne priment pas sur le droit.

Ensuite, la construction de la mosquée contestée. Je ne comprends personnellement pas bien ce qui pose problème. Tout South Manhattan serait-il devenu un sanctuaire chrétien ? Certains diront que c'est une provocation, à l'image de l'incinération de Corans. Mais ça peut aussi être pris comme une volonté de devenir plus visible, de tenter de rompre avec cette image déplorable qu'une poignée de fous de Dieu ont donné à toute une religion. Il peut s'agir d'une main tendue, d'un geste de réconciliation. Il faut bien sûr contrôler scrupuleusement cet édifice qui ne doit pas devenir un lieu de diffusion de haine contre l'Occident. (ce qui est rarement le cas mais se produit bel et bien dans quelques mosquées) D'ailleurs, je pense que les Musulmans qui fréquenteront une mosquée située dans ce secteur situé à deux pas de Wall Street seront probablement en grande majorité des traders ou des employés de banque ! Donc certainement pas des pirates de l'air potentiels...

Mais quand je vois certains débats qui commencent à avoir lieu en Europe, je constate que finalement, à l'image des Etats-Unis, nos communautés religieuses sont également en train de se dresser les unes contre les autres. Nous n'avons donc rien à envier en bêtise à nos grands frères transatlantiques. Il est tout de même paradoxal que dans une société qui abandonne peu à peu la religion, on puisse en venir à radicaliser ainsi le débat religieux. Le seul moyen d'apaiser ce débat tout en défendant plus efficacement notre démocratie: adopter partout une stricte laïcité. La laïcité est la seule force capable de contrer le radicalisme religieux, car elle fait prîmer le droit civil sur le droit moral. Mais attention, elle ne doit pas être utilisée comme un rempart contre une religion comme ça se fait en France. La laïcité traite également toutes les religions en définissant la place qui est la leur. Elle permet l'épanouissement de toute religion, pour autant qu'elle respecte l'espace publique. La laïcité peut même être considérée comme une excellente protection pour les religions minoritaires comme l'est l'Islam en Occident, puisqu'elle empêche les grandes religions d'imposer leur ordre moral à l'ensemble de la société. Par exemple, en interdisant les signes religieux ostentatoires dans les écoles, la laïcité protège aussi les enfants musulmans qui n'auront ainsi pas à s'asseoir à longueur de journée au pied d'un crucifix.

02/09/2010

En 2010, la paix au Proche Orient est-elle négociable ?

Barack Obama semble le croire en tout cas. Il semble vouloir marcher sur les pas de Bill Clinton en finissant son oeuvre inachevée. A moins que l'idée ne soit d'une Hillary soucieuse de remettre le rêve de son mari sur les rails. Quoiqu'il en soit, c'est pour d'intenses négociations que Barack Obama a convié Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas. Mais la situation se prête-t-elle à ces négociations ? Peut-on comparer la situation actuelle avec celle qui prévalait à l'époque de Clinton ? Rien n'est moins sûr.

obama-abbas-netanyahu.jpgD'une part, côté israélien, on continue une colonisation de la Cisjordanie qui réduit peu à peu le territoire d'un possible état palestinien à peau de chagrin. La volonté de laisser cette région accéder à l'indépendance semble plus absente que jamais. Pour ce qui est de Gaza, ce territoire reste sous l'emprise d'un blocus, bien sûr nécessaire à la sécurité d'Israël, mais également problématique dans l'optique de la résolution du conflit. Et surtout, on peut se demander quelle est la crédibilité d'un Mahmoud Abbas pour négocier un tel traité alors qu'il ne contrôle plus Gaza depuis des années. Un traité quel qu'il soit, ne peut être signé que par un dirigeant faisant largement consensus, ou à défaut, par toutes les parties. Et même si le Hamas prétend vouloir la paix, il est plus que douteux qu'il soit prêt à parapher un accord de paix, surtout s'il devait lui faire perdre de fait son emprise sans partage sur Gaza.

Sans parler de la solution des deux états. Elle est relativement peu satisfaisante du fait de la séparation des peuples qu'elle impose. Comment réconcilier deux peuples vivant sur un même territoire, s'ils ne sont même pas prêts à partager un même état , ni même accepter la présence de l'autre sur son territoire ? Mais le fait est que ni du côté israélien, ni du côté palestinien, on n'est prêt à accepter de partager le pouvoir politique avec l'autre. Et les vues politiques des deux camps ne semblent pas du tout conciliables. Donc finalement, la séparation des peuples semble la seule voie envisageable pour l'instant. La vraie réconciliation pourrait venir plus tard, peut-être au travers de l'intensification des échanges commerciaux. L'Europe pourrait avoir un rôle à jouer au travers de la création d'une grande zone de libre-échange dans la Méditerrannée.

Bref, je suis assez sceptiques quant aux chances de succès de ces négociations. Mais finalement, ça ne serait pas la première fois que la lassitude de la guerre conduirait à un miracle. Donc je suis prêt à recommencer à espérer. Très timidement. Et souhaitons bonne chance aux négociateurs.

12/08/2010

Le loup est mort, le Valais est sauvé !

Comme on peut le lire dans les journaux ce matin, un loup a été abattu dans le Valais, suite à l'autorisation de tir délivrée la semaine dernière. Encore une fois, c'est par le tir de loups que le Valais résout ses problèmes. Et ça n'est peut-être pas fini, puisque ce loup faisait partie d'un couple et que l'autre est toujours en vie. L'autorisation de tir court toujours et le second spécimen sera peut-être abattu dans les jours qui viennent. Et après ça, ça ne sera toujours pas fini. Le peuplement de la Suisse par le loup est un mouvement d'ensemble qui ne va pas s'arrêter. Si le Valais ne veut pas être repeuplé par le loup, il ferait mieux de décreter immédiatement que tout loup entrant sur son territoire sera condamné à mort. Ça aurait au moins le mérite d'être plus honnète que la situation actuelle.

loup-et-neige1.jpgCar oui, le Valais est un mouroir pour les loups. Au centre d'une Europe qui protège strictement le loup, considéré sur ce continent comme une espèce très menacée, le Valais est une sorte de village d'Astérix qui résiste coûte que coûte à l'envahisseur canin. Et pourtant, la Confédération offre les mesures de protection contre le loup qui permettraient dans la plupart des cas aux éleveurs de bétail de dormir tranquilles. Mais ça ne leur suffit pas. Pour eux, le loup n'a rien à faire sur leurs terres. Il est persona non grata et n'a pas à être réintroduit. Mais personne n'a réintroduit le loup. Il est venu tout seul et on n'a pas à s'élever contre ça. Il n'y a tout simplement pas à être pour ou contre le loup, c'est un faux débat. Le loup fait partie de la faune locale et il faut apprendre à vivre avec.

En réalité, le problème des éleveurs de bétail, c'est qu'ils sont souvent aussi chasseurs. C'est en tout cas la seule justification qui explique leur acharnement contre le loup. Car s'ils refusent de faire protéger leur bétail, c'est bien qu'ils en veulent au loup. Pour eux, c'est un concurrent. Il tue du gibier et il en reste moins pour eux. Alors ils souhaitent que leur bétail soit tué par le loup, (ça ne les gêne pas, la Confédération rembourse !) ainsi on a une justification pour l'abattre. Il ne faut pas faire une généralité, bien sûr. Il y a aussi des éleveurs coopératifs qui ne doivent pas être mis dans le même panier. Et dans certains cas, même les mesures de protection n'empêchent pas les drames. Mais quand je lis qu'on abat un loup parce qu'il s'en est pris à un troupeau non protégé, je trouve qu'on reproche  juste au loup d'être un loup. C'est de la simple haine pour cet animal et je ne comprends pas comment on peut laisser le Valais faire cela.

En l'occurence, ce cas est un peu particulier car les loups s'étaient attaqués à un troupeau de génisses, ce qui est très rare. Il aurait été intéressant de voir si des mesures de protection pouvaient arrêter ces attaques. D'ailleurs, les spécialistes étaient prêts. Mais non, le Valais n'a pas voulu leur laisser le temps. On a abattu ce loup le plus vite possible, pour éviter qu'on ait le temps de le protéger. Et pourtant, la Suisse est signataire de la convention protégeant le loup. Ce qui signifie que la protection du loup fait partie intégrante de la législation suisse. Alors pourquoi laisse-t-on le Valais faire sa loi alors que ses pratiques vont à l'encontre du droit supérieur ?

Je réitère donc le constat que j'ai fait il y a tout juste un an dans ce billet. Rien du tout n'a changé depuis et le loup n'est toujours pas protégé correctement dans ce pays. Il est temps que les autorités fédérales édictent des règles claires entourant la présence du loup. Et comme je l'avais dit à l'époque, ces règles pourraient être:

- Seuls les moutons protégés par des chiens et enfermés dans des enclos peuvent être remboursés à leur éleveur en cas d'attaque.
- Seules les attaques sur des moutons protégés par des chiens et enfermés dans des enclos peuvent être contabilisées pour déterminer la dangerosité d'un loup. Un loup tuant un animal d'élevage non protégé est à considérer comme un simple phénomène naturel.
- Le braconnage du loup est un crime passible de peines de prison.

Il faut arrêter de protéger uniquement les éleveurs. Leur lobby est sans doute plus puissant que celui du loup, mais il y a tout simplement des lois qui protègent le loup ! Alors quand la Suisse va-t-elle se mettre à respecter sa propre législation ? Il est clair qu'il est plus facile de protéger le loup quand il se trouve ailleurs. Mais quand on est soi-même aux prises avec l'animal, il vaut mieux l'éliminer. Intéressant comme concept non ?

08:46 Publié dans Politique, Suisse | Tags : loup abattu | Lien permanent | Commentaires (138)

08/08/2010

L'Expansion de l'Univers : 5. Quel avenir pour l'Univers ?

Vers la première partie

Vers la seconde partie

Vers la troisième partie

Vers la quatrième partie

Je termine cette série, qui je l'espère a permis de montrer que l'Expansion de l'Univers n'a rien à voir avec le créationnisme, par une série de conjectures sur l'avenir de notre Univers. Connaître l'avenir implique souvent de bien connaître le passé et le présent. C'est loin d'être le cas à l'échelle de l'Univers. Il est donc assez vain pour l'instant de prétendre connaître son avenir. Toutefois, une série d'hypothèses peuvent être faites.

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12:04 Publié dans Espace, Science | Lien permanent | Commentaires (6)

05/08/2010

L'Expansion de l'Univers : 4. Mais qu'implique un univers statique ?

Vers la première partie

Vers la seconde partie

Vers la troisième partie

Souvent on cherche à critiquer l'expansion. Cette théorie ne plait pas à certains parce qu'elle implique une notion de création qui profite aux religieux. (A noter que je n'ai pas dit aux créationnistes, car on peut très bien croire en une création et à l'existence d'un ou plusieurs êtres supérieurs sans pour autant nier la théorie de l'évolution) Mais qu'en est-il d'une théorie d'un Univers statique, infini et éternel ? Cette conception est-elle compatible avec nos connaissances sur les processus qui ont lieu dans la nature et sur les interactions de la matière ? Pas si sûr.

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21:03 Publié dans Espace, Science | Lien permanent | Commentaires (7)

04/08/2010

L'Expansion de l'Univers : 3. Le rayonnement fossile

Vers la première partie

Vers la seconde partie

majinbbang2.jpg

Peu après le Big Bang, l'Univers était encore extrêmement dense. La totalité de la matière de l'Univers actuel était réunie en un petit espace, sous forme de plasma, c'est-à-dire de noyaux atomiques et d'électrons séparés. En effet, à de très fortes températures, les noyaux atomiques ne parviennent pas à conserver leur nuage d'électrons dont l'agitation est trop rapide et ces derniers sont libres. La matière ne laissait pas encore passer les ondes électromagnétiques et l'Univers était opaque. Puis, au bout de 380.000 ans environ, la température a suffisamment baissé pour que les atomes se forment. C'est alors que les premiers photons ont été libérés, l'univers étant pour la première fois perméable aux ondes électromagnétiques.

Aussi étonnant que ça puisse paraître, cette explosion de photons peut encore aujourd'hui être observée. La découverte de ce rayonnement cosmologique a d'ailleurs porté un coup de grâce aux théories alternatives à celle de l'expansion. Car aucune autre explication ne pouvait être donnée à ce rayonnement presque homogène, nous parvenant de toutes les directions à la fois. Surtout qu'il avait été précédemment calculé théoriquement et que ce qui a été mesuré correspond assez précisément aux attentes.

En effet, il avait été prédit dans les années 40 déjà, mais c'est seulement en 1964 qu'il a été découvert de manière fortuite par deux chercheurs des laboratoires Bell aux Etats-Unis, Arno Allan Penzias et Robert Woodrow Wilson. Ces derniers ont reçu le prix Nobel de physique en 1978 pour cette découverte.

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03/08/2010

L’Expansion de l’Univers : 2. Se représenter un Univers en expansion

Vers la première partie

Parce que nos cerveaux ne sont pas armés pour se représenter un Univers qui se déforme, nous avons besoin d'artifices pour appréhender ce que ça signifie. Il faut donc procéder par analogies.

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02/08/2010

L’Expansion de l’Univers : 1. La théorie

Je débute une petite série de billets qui, je l'espère expliquera bien pourquoi l'Univers ne peut qu'être en expansion. J'ai constaté que certains comparent cette théorie avec le créationnisme, car qui dit expansion dit création. Or il existe une différence fondamentale entre la théorie de l'Expansion de l'Univers et le créationnisme : l'Expansion de l'Univers ne cherche pas à exploiter les inconnues de la science classique. Elle ne cherche pas non plus à expliquer la création par l'œuvre d'une force consciente. Elle ne traite d'ailleurs pas de la création elle-même, mais de tout ce qui se passe ensuite. C'est une théorie scientifique basées sur des arguments physiques irréfutables. Et il n'y a plus aujourd'hui de doute au sein de la communauté de l'astrophysique. Ca fait donc un moment que je projette de me lancer dans cette série, je me décide aujourd'hui.

univers.jpgEn 1929, Edwin Hubble a édicté sa théorie de l'Expansion de l'Univers, en se basant sur le décalage vers le rouge de la lumière émise par les objets les plus lointains. Il a ainsi expliqué par l'effet Doppler ce décalage de couleur. Ce qui en découle, c'est que si toute la matière s'éloigne inexorablement, à un moment donné dans le passé, toute la matière de l'Univers se trouvait en un seul endroit. Cette conclusion a rebuté pas mal de scientifiques, à commencer par Albert Einstein, qui voyaient jusque-là en l'Univers un espace infini et éternel. Mais ce qui est éternel ne peut avoir de commencement, ni de fin. Il n'y a pas de début ni de fin à l'éternité. Leur conception de l'Univers se voyait donc toute chamboulée. C'est d'ailleurs Einstein qui a émis une hypothèse concurrente, dite de la « lumière fatiguée ». Il a toutefois convenu plus tard que cette théorie était pour le moins tirée par les cheveux et s'est alors rangé à l'avis de la majorité.

 

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16:01 Publié dans Espace, Science | Tags : expansion, univers | Lien permanent | Commentaires (28)

31/07/2010

Les Suisses aiment la voie bilatérale

...mais pas l'Union Européenne. Et pour négocier, il faut être deux. Jusque-là, l'UE avait accepté de négocier selon les conditions des Suisses. Sans doute parce que la Suisse, aussi agaçante soit-elle aux yeux de ses voisins, est un partenaire estimé et qu'avoir des accords de commerce avec la Suisse est loin d'être inutile. Peut-être aussi parce que permettre à la législation suisse de s'approcher quelque peu des normes européennes aiderait à diminuer la taille du fossé qui sépare ce petit état du reste du continent. Peut-être même espérait-elle qu'une fois assimilées quelques règles communautaires, les peurs des Suisses s'estomperaient et qu'ils daigneraient rejoindre leur grande famille.

Mais désormais c'est clair. Les Suisses ont plébicité la voie bilatérale l'année passée. Mais on reste très loin d'un retournement de tendance. Ils ne souhaitent pas l'adhésion et toute tentative de lancer des négociations dans ce sens serait un échec annoncé. Il faut dire que l'UE, par les temps qui courent, n'incite pas à la rêverie. La crise dans la zone Euro, le déni du référendum irlandais, les attaques régulières contre la place financière suisse, tout cela a contribué à provoquer le rejet au sein de la population helvétique. Et, bien que pro-européen, je pense aussi que le moment serait très mal choisi pour sauter le pas. Attendons que l'Europe résolve ses problèmes et nous verrons ensuite.

Les Suisse aiment la voie bilatérale. Mais pour négocier il faut être deux. Si la Suisse a tout à fait le droit de choisir sa manière de développer ses relations avec son principal partenaire économique, c'est aussi le cas de ce dernier. Et il se trouve que l'Union Européenne ne veut plus de la voie biliatérale et l'a signifié aimablement à notre Présidente. Les accords actuels ne sont bien sûr pas remis en cause. Mais toute extension est désormais exclue. Si la Suisse veut approfondir ses relations avec l'UE, elle devra choisir une voie multilatérale. C'est à dire une adhésion, soit directement à l'UE, soit à l'EEE, organisation qui bien que réduite à une portion congrue, existe toujours et serait toujours prête à accueillir la Suisse.

Et si je ne pense pas qu'une adhésion à l'UE soit souhaitable à court terme, une adhésion à l'EEE, aux côtés de l'Islande (jusqu'à sa possible adhésion à l'UE), de la Norvège et du Liechtenstein, nous engagerait beaucoup moins loin dans l'intégration et nous permettrait pour l'instant de conserver une certaine autonomie. D'ailleurs, les bilatérales nous ont déjà permis d'harmoniser en bonne partie notre législation avec les standards européens. Le saut ne serait donc plus si difficile.

Mais bien sûr, reste l'obstacle du secret bancaire. Déjà bien mis à mal, il deviendrait impossible de le conserver au sein de l'EEE. Mais finalement, existe-t-il encore ? Après les attaques coordonnées qu'à subi notre système bancaire, de nombreux noms ont été livrés à l'étranger ou dérobés par un employé indélicat, ce qui au final revient au même. Qui désormais ferait confiance à la Suisse pour cacher de l'argent au fisc de son pays ? Ceux qui n'ont pas encore été pincés ont dû fuir depuis longtemps à la Barbade ou aux Caymans. Et pourtant, notre système bancaire ne s'est pas écroulé. Alors, le secret bancaire est-il si vital que ça pour notre place financière ? N'a-t-elle aucun autre argument à faire valoir que sa protection de l'évasion fiscale ? Pour ma part, je suis persuadé que le professionnalisme et l'expérience de la gestion bancaire suisse continueront à lui apporter de nouveaux clients. Des clients honnètes qui ne justifient pas uniquement leurs placements par la subtilisation des revenus fiscaux de leur état.

Quant aux gesticulations de Blocher, visiblement aux abois dès qu'on prononce un sigle tel que UE, EEE ou OTAN, elles me paraissent totalement dénuées de sens. Qu'il lance son initiative. De toute manière, une inscription dans la Constitution de la non-participation à l'une de ces institutions supra-étatiques n'a aucun effet pratique. Pas à long terme en tout cas. Elle ne protégera pas les isolationnistes, car le jour où on décidera qu'il est temps, il suffira de renvoyer le peuple aux urnes pour faire disparaître ce texte de notre Constitution. Et comme de toute manière, jamais nous n'entrerions dans l'une ou l'autre de ces organisations sans faire voter le peuple, on voit bien à quel point il serait vain de penser qu'un texte constitutionnel changerait quoi que ce soit à terme.

Bonne fête nationale à tous !

15/07/2010

Hier j'ai tenté une expérience !

Las des blogs qui passent leur temps à rabâcher des propos religieux ainsi que des blogueurs qui veulent convaincre leurs lecteurs que leur religion est meilleure que les autres, je me suis demandé si cette polémique que nous vivons quotidiennement sur cette plateforme de blogs, aussi stérile que religieuse, n'était pas finalement plus vendeuse que les blogs parlant de sujets d'actualité comme le mien. Après tout, la religion fait la pluie et le beau temps dans le monde entier depuis que l'humanité a appris à parler. Est-il possible qu'aujourd'hui encore, il faille parler de religion pour être écouté ?

J'ai donc décidé d'en avoir le cœur net. En postant un billet aussi stupide que polémique qui tentait de mettre en concurrence deux religions. Non, il est inutile d'aller chercher dans mes archives, ce billet est désormais hors ligne, car une pareille dose de lieux communs et d'à priori à propos d'une religion n'a rien à faire sur mon blog. Disons pour ceux qui ne l'avaient pas lu, que je l'avais intitulé du nom imbécile de "Les dix raisons qui rendent la religion chrétienne meilleure que la religion musulmane". Vous l'aurez vite compris, c'est une caricature grossière du blog de Sami Aldeeb. Mais à la différence de son blog, tous les arguments étaient énumérés sans la moindre démonstration. De la pure discussion de bistrot quoi.

D'ailleurs au début, j'avais l'intention de faire un billet inverse, vantant les mérites de l'Islam contre le Christianisme. Mais je me suis dit que pour que l'expérience ait un intérêt, il fallait qu'on me prenne au sérieux. Déjà là, j'étais certain que beaucoup me démasqueraient. Mais un billet vantant les valeurs de l'Islam sur mon blog aurait passé pour une vraie plaisanterie.

Au passage bravo à Antoineb qui a été le premier à me démasquer: "Quelle blague! Votre but est sans doute de choquer, c'est sans doute bien pour les vues de pages de votre blog?" Oui Antoine, c'était un peu le but de l'opération. Ou du moins je voulais voir si effectivement ce genre de billet purement polémique provoquait plus de clicks qu'un billet long et (parfois) ennuyeux. En tout cas, sur le site de la Tribune de Genève, on voit bien que l'écrasante majorité des intervenants ne s'intéresse qu'à des sujets qui la touche directement et très peu à des sujets politiques de premier ordre. En général, un article décrivant un cambriolage dans une villa de Jussy va recueillir des centaines de commentaires furieux mêlant à peu près tout et n'importe quoi. Par contre, un article concernant une guerre ou un génocide sur un autre continent ne sera pas ou peu commenté. Bref, ça ne vole pas haut.

A priori, je pense que les commentateurs sur la plateforme de blogs sont souvent de bon niveau. En tout cas bien meilleur que celui des commentateurs du site de la TdG. Mais est-ce dû aux sujets traités par les billets de blogueurs ou est-ce dû à la qualité propre des commentateurs? Et bien voici le premier résultat de mon expérience : alors que le billet était d'une stupidité crasse, je constate qu'il a tout de même réussi à lancer un débat d'idées plutôt intéressant chez plusieurs intervenants. Je félicite donc ceux-ci pour la qualité de leurs commentaires. Il y a bien sûr tout de même des exceptions, y compris des commentaires que j'ai dû supprimer car, ironiques ou non, ils véhiculaient une haine encore bien plus grande que celle que j'ai feinte !

Quant aux commentaires haineux à mon égard, je dois dire que je m'attendais à les lire et que je les ai sans doute bien mérités. Donc sachez que je vous pardonne ! Sauf peut-être à ceux qui pensaient m'insulter en me traitant de Juif… (Entre autres, celui qui m'a appelé Mr Kaddour se reconnaitra) Non pas que je me sois senti personnellement insulté. Oh non. Ce qui m'insulte c'est l'antisémitisme de vos propos. Vous êtes les preuves vivantes que le soi-disant "anti-sionisme" n'est rien d'autre que de l'antisémitisme qui n'ose pas dire son nom.

Le nombre de commentaires ensuite: 17 en 10 heures 30, entre 13:30, l'heure où j'ai envoyé le billet et minuit, l'heure à laquelle je l'ai mis hors ligne. Sachant que la moyenne des commentaires postés sous mes 10 précédents billets était de 11 commentaires, ça montre clairement que ce billet incitait largement au commentaire ! Bien sûr, certains de mes autres billets ont fait mieux, mais sur des durées bien plus longues. Et surtout, je participe généralement à la discussion qui suit mes billets. Alors que là, aucun de ces commentaires n'était de mon cru.

Finalement, le grand résultat. Ma moyenne quotidienne de connexions uniques depuis le début du mois de juillet était de 135 jusqu'au 13 avec deux pointes à 228 et 226 connexions. Et pour la journée d'hier, le nombre de connexions uniques s'est élevé à… 337 ! En nombre de pages consultées, c'est encore plus impressionnant. Il y en a eu 1832 pour la journée d'hier alors que ma moyenne du mois en cours est de 718 avec un maximum jusque-là à 1040. Ca n'est pas le record de mon blog, mais pour un mois d'été, c'est plutôt beaucoup. Voilà qui montre bien ce dont je me doutais: parler de religion, en faire de la polémique, ça intéresse plus de monde que les billets que je fais habituellement. La religion est toujours l'opium du peuple comme le disait Marx…

Enfin, j'aimerais encore m'excuser auprès de ceux que mon billet aura choqués. Il ne reflétait absolument pas mes pensées. Et merci à Linario pour ça: "Je crois qu'il n'est pas utile d'aller plus loin. Il me semblait que vous étiez plutôt ouvert, réfléchis et raisonnable. Voilà qui me démontre le contraire..." D'une certaine manière, ça m'est allé droit au cœur, et je suis désolé de vous avoir déçu. J'espère que ça n'était que temporaire.

02:56 Publié dans Culture | Tags : religion, polémique | Lien permanent | Commentaires (59)

14/07/2010

Les dix raisons qui rendent la religion chrétienne meilleure que la religion musulmane

J'ai réactivé ce billet, débarrassé de quelques commentaires excessifs, avec bien sûr les commentaires fermés. Toutefois, il doit être clair que le contenu ne reflète pas du tout ma pensée et que ce billet n'est justifiée que par l'expérience que j'ai réalisé le 14.07.10. Pour plus de détails, voir ici:

Hier j'ai tenté une expérience !

Il est temps de dire les choses telles qu'elles sont: l'islam est vraiment d'un autre âge alors que la religion chrétienne a bien évolué avec son époque. Voilà 10 points qui font de l'islam une mauvaise religion:

1. L'Islam régit la vie des gens sans leur laisser la moindre liberté. Des comportements de l'ordre de la sphère privée, tels que l'adultère ou la consommation de certains aliments sont ainsi sévèrement punis.

2. L'Islam force les femmes à porter le voile.

3. L'Islam veut contrôler la société civile partout où elle est implantée. La shariah est considérée comme la seule loi à laquelle les Musulmans doivent se soumettre.

4. L'Islam est incompatible avec la démocratie et la laïcité.

5. L'Islam promeut le mariage de fillettes. Le fait que Mahomet avait une épouse de 9 ans est considéré comme une justification du viol de mineures.

6. L'Islam est une philosophie guerrière. La seule justification du coran est de promouvoir la guerre sainte à l'époque de Mahomet.

7. L'Islam conduit au fanatisme. Il n'est pas étonnant que la plupart des terroristes internationaux s'en prévalent.

8. L'Islam veut conquérir le monde. La politique expansionniste de l'Islam conduit fatalement à une invasion larvée de tous les pays du monde. Une fois conquis, les anciens habitants sont forcés à se soumettre à la loi coranique.

9. L'Islam est une religion d'arrière-garde qui veut réintroduire des préceptes abandonnés depuis longtemps par les autres grandes religions.

10. L'Islam se comporte comme une secte occulte au sein de laquelle on donne des prescriptions aux adeptes connues d'eux seuls. C'est pourquoi l'Islam est un danger avéré pour les démocraties occidentales.

Pour toutes ces raisons, il est évident qu'il faut se méfier de cette religion et l'encadrer de manière on ne peut plus stricte.

13:30 Publié dans Culture | Tags : islam, chrétienté | Lien permanent | Commentaires (10)

11/07/2010

Vol 77: l'avion du Pentagone

L'avion qui s'est crashé sur le Pentagone le 11 septembre 2001 a toujours été une sorte de pomme de discorde. Le Français Thierry Meyssan avait d'ailleurs immédiatement attaqué la version officielle en s'appuyant sur cette attaque, la seule a ne pas avoir été filmée. Depuis, l'enquête officielle décrit très précisemment la trajectoire de l'avion, en se basant sur les enregistreurs de vol et sur les dégâts constatés sur le Pentagone et aux alentours. Entre autres, les lampadaires arrachés par le passage en rase-motte de l'avion sur l'esplanade bordant le bâtiment ne laissent aucune place au doute sur sa trajectoire. Idem pour les dégâts causés à l'intérieur du bâtiment ainsi que le trou de sortie dans la cour intérieure. Une vidéo de reconstitution a d'ailleurs été réalisée et sert de base au rapport.

Par contre, ce que contestent certains, ce sont les points suivants:

  • Les dégâts au bâtiment ne correspondent pas à ceux qu'auraient dû provoquer un Boeing 757.
  • On ne trouve pas assez de débris identifiables de l'avion pour confirmer son identité.
  • On n'a rendu publiques que quelques images où on ne voit rien, alors qu'il doit y avoir des caméras de surveillance qui ont filmé la scène.
  • La manoeuvre réalisée pour l'approche est trop difficile pour un pilote inexpérimenté et considéré comme nul par ses instructeurs.
  • Le vol en rase-motte à la vitesse annoncée par le rapport est aérodynamiquement impossible. (confirmé par des pilotes  de Boeing expérimentés) Les turbulences sous les ailes forceraient l'avion à reprendre de l'altitude. Et seul le rase-motte peut expliquer à la fois le choc avec l'immeuble entre le rez-de-chaussée et le premier étage et les lampadaires arrachés entre l'autoroute et le Pentagone.

Mais à tous ces arguments, on peut rétorquer un seul argument massue: il y a eu de nombreux témoins et il n'est pas possible de fabriquer autant de faux témoins sans que ça se sache rapidement. L'affaire est donc close.

Close ? Et bien cette équipe indépendante a voulu en avoir le coeur net. En comparant les témoignages avec les données de la version officielle, on découvre un fait sidérant: les témoins n'ont pas vu l'avion là où ils auraient dû le voir! S'ils ont raison, et il n'y a aucune raison d'en douter, l'avion n'était pas sur la trajectoire indiquée par le rapport officiel. Autrement dit, si le vol 77 a bien pris la trajectoire indiquée par tous ces témoins, il est impossible qu'il ait frappé le bâtiment, car les dégâts qu'il aurait causés auraient été très différents ! Cette enquête est très convaincante. Ils vont même jusqu'à confondre le principal témoin: le chauffeur de taxi qui passait par là et qui s'est pris un lampadaire à travers son pare-brise ment clairement pour essayer de faire correspondre son témoignage avec celui des autres témoins. Malheureusement pour lui, il y a des photos prises ce jour là qui contredisent sa version...

Mais si le vol 77 n'a pas frappé le bâtiment, cela soulève d'autres questions:

  • Dans ce cas, qu'est-ce qui a réellement frappé le Pentagone ?
  • Qu'est devenu l'avion ?
  • Où sont passés ses passagers et son équipage ?

Ces questions, je ne peux évidemment pas y répondre. Elles pourraient être suffisantes pour qu'on se dise que cette version est bidon, mais compte tenu que ça contredit des arguments objectifs, il ne saurait en être question. On voit bien que les implications d'une telle révélation sont pour le moins déroutantes. L'esprit y résiste car cela semble impossible. Mais si on prend la peine d'aller dans le sens des enquêteurs, on ne peut qu'accepter leurs conclusions.

08:24 Publié dans Monde | Tags : pentagone, 11 septembre | Lien permanent | Commentaires (57)

06/07/2010

Le réchauffement en prend un coup!

Il fallait qu'on en parle et la Tribune l'a fait. Une équipe de chercheurs suisses a réalisé une étude sur le recul des glaciers et a prouvé que la moitié environ de ce recul est dû à un autre phénomène: la bascule océanique atlantique. En effet, on observe que l'Océan Atlantique se réchauffe puis se refroidit avec une demi-période d'environ 30 ans. Cet effet a un impact certain sur le climat mondial. On peut observer cet 1aletsch.jpgimpact dans de nombreux phénomène. Aujourd'hui cette équipe ajoute le recul des glaciers à la liste de ces effets observés. Or durant les années 80 et 90, cette bascule océanique était au plus chaud ! Cela explique donc clairement l'amplification du réchauffement que le monde a connu durant cette période. Et comme l'Atlantique a atteint son point de basculement de température, cela explique la stagnation actuelle des températures. (voir aussi ici, sur le site de Jacques Duran)

Bien sûr, comme le dit Martin Funk, le glaciologue interviewé, cela ne signifie pas que l'activité humaine n'a aucun impact. Ca signifie juste que cette équipe a réussi à expliquer par une autre méthode environ 50% du recul et donc, le recule restant est toujours inexpliqué. L'activité humaine est donc un bon candidat pour l'expliquer. Toutefois, cette étude contredit les conclusions du rapport AR4 du GIEC, qui se base sur des simulations dont une fois de plus, on constate qu'elles se basent sur des données éronnées ! Car quelles sont les données qui doivent être prises en compte pour prédire un apocalypse climatique ? Il faut que les conditions suivantes soient réunies:

  1. L'intégralité du réchauffement observé durant le 20ème siècle est dû à l'homme.
  2. Le taux de CO2 (dû à l'activité humaine) va continuer à grimper durant le 21ème siècle.
  3. Il existe des effets amplificateurs, comme le dégel du permafrost, qui vont libérer des gaz à effets de serre comme le méthane. Ces effets amplificateurs surpassent les contre-réactions.

On voit bien désormais que la première condition n'est absolument pas remplie. Les belles et coûteuses simulations du GIEC ne valent donc pas un clou. De plus, la seconde condition est absurde, compte tenu que la production pétrolière ne va plus pouvoir augmenter et va probablement commencer à reculer. (voir ici) Or la quantité de CO2 rejetée par l'activité humaine dépend en très grande partie de la quantité de pétrole consommé. Or si la production baisse, la consommation ne pourra que baisser...

équilibre.JPGPour ce qui est de la troisième condition, rien ne prouve que ces effets amplificateurs existent réellement et surtout qu'ils surpassent les contre-réactions. Mais il existe tout de même une raison de ne pas trop s'inquiéter de ça. Les gens qui ont fait un peu de physique le savent: il existe 2 types d'équilibre. On les appellera l'équilibre stable et l'équilibre instable. On peut les représenter par une boule qu'on placerait au sommet d'une bosse, (équilibre instable) ou au fond d'un trou. (équilibre stable)  Si la boule qui est au fond du trou est en équilibre stable, c'est que si elle subissait une force qui l'obligerait à se déplacer, la gravité jouerait immédiatement son rôle de contre-réaction et la ferait rapidement regagner le centre du trou. Au contraire, la boule qui est au sommet de la bosse est bien en équilibre car la gravité est dirigé perpendiculairement à son contact avec le sol, mais cet équilibre est instable parce que la moindre force qu'elle subirait la ferait quitter cet état et la gravité intensifierait alors de plus en plus la force reçue.  La gravité joue donc dans ce cas le rôle de réaction positive. Dans la pratique, il est évident qu'un tel état d'équilibre instable est impossible à maintenir durant très longtemps. Essayez, je pense que vous abandonnerez rapidement !

Dans le cas de la climatologie, on veut nous faire croire que sur cette planète, les effets de réaction positive surpassent les contre-réactions. Or si c'était le cas, cela signifierait que notre climat est en équilibre instable. Si c'était le cas, le climat aurait depuis longtemps quitté cet état d'équilibre et notre atmosphère, à l'instar de celle de Vénus, serait totalement inadaptée à l'existence de la vie ! Autrement dit, si nous existons, c'est justement parce qu'il existe sur notre planète des conditions particulièrement propices, sans doute très rares, qui ont permis à la vie d'apparaître et de perdurer durant plus de 4 milliards d'années...

Bref, si on a un peu de jugeote, on ne peut que douter des conclusions du GIEC. Si une part du réchauffement climatique reste possiblement imputable à l'activité humaine, ce réchauffement ne causera pas l'Apocalypse. Donc, mieux vaut s'intéresser à des problèmes beaucoup plus graves qui tuent des gens tout autour du globe et cela aujourd'hui même, comme la faim ou le manque d'eau potable. D'autant plus qu'il existe encore de nombreux effets dont les modèles du GIEC ne tiennent pas compte. Par exemple la PDO (oscillation décennale pacifique), les bascules de courants océaniques du sud-pacifique (El Niño ou la Niña) et l'activité solaire. Au final, quand on comprendra mieux le fonctionnement de l'atmosphère et ses interactions avec d'autres éléments, il ne restera sans doute plus beaucoup de place pour le réchauffement causé par l'homme...

03/07/2010

Aux supporters de la prolifération nucléaire

Dans mon précédent billet, plusieurs intervenants ont mis sur un même niveau le nucléaire iranien et le nucléaire israélien. Pour ma part, je ne vois qu'un seul point commun aux industries nucléaires militaires de ces deux pays : officiellement elles n'existent pas. Mais à part ça, il faut être aveugle pour ne pas comprendre que la menace que représente le nucléaire iranien est bien plus grande. Israël n'a choisi de posséder l'arme suprême que pour en finir avec des décennies d'attaques incessantes de la part de ses voisins. Ce programme a donc un but défensif. Par contre, l'Iran ne développe son programme nucléaire que pour asseoir sa position de leader régional. Il menace directement ses voisins du Golfe ainsi qu'Israël. Et derrière cela, il a pour but de fragiliser l'influence israélienne et américaine dans toute la région et, à terme, de fédérer les états musulmans contre l'Occident.

Mais cette position favorable au nucléaire iranien cache un tiers-mondisme déplacé. On se dit: "Si Israël ou les Etats-Unis ont le droit de posséder l'arme nucléaire, alors tout le monde en a le droit". Tout d'abord, sur un plan légal c'est totalement faux. Israël, tout comme le Pakistan et l'Inde, n'est pas signataire du Traité de Non-Prolifération. Il n'a donc aucune obligation légale de démenteler ce programme nucléaire. Bien sûr, je pense qu'il faut faire pression sur l'état hébreux pour qu'il signe le TNP. Ça peut même être offert à l'Iran en échange de l'arrêt de son propre programme. Je pense d'ailleurs que c'est le but du Président Obama, lorsqu'il parle d'un Moyen-Orient dénucléarisé. Par contre, l'Iran (ainsi que la Corée du Nord) est signataire de cet accord et à ce titre, il a l'obligation légale d'accepter la visite de l'AIEA qui doit pouvoir vérifier que le programme nucléaire iranien est pûrement civil. L'Iran se place donc dans la position d'un état voyou en refusant de se conformer aux accords internationaux qu'il a lui-même signés.

Mais ce qu'il y a de vraiment dangereux dans cette position supportrice du nucléaire iranien, c'est qu'elle justifie pleinement le développement de tout programme nucléaire, quelque soit le pays qui le met en oeuvre, en mettant fin aux limitations du traité de non-prolifération. Car si on doit laisser l'Iran posséder une telle arme, on doit laisser tous les signataires du TNP en faire de même. A terme, il est certain que notre siècle va voir la prolifération de telles armes partout dans le monde. Chaque pays qui voudra jouer les gros bras face à ses voisins se lancera dans la création d'un programme nucléaire militaire. Et bien sûr, leurs voisins en feront de même. Alors oui, je pense que laisser Israël développer un programme nucléaire était une erreur. Il faut maintenant s'assurer qu'il le démentèle. Et à terme, il faudra aussi que les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité en fassent de même. Mais la première urgence, c'est d'éviter la prolifération. Et s'il faut user de la force pour y arriver, et bien qu'il en soit ainsi.

27/06/2010

Aux pro-européens turcs

Je suis Suisse et Français, mais ici je m'exprime plus souvent en tant que Suisse. Mais aujourd'hui, c'est en tant qu'Européen que je vais m'exprimer. Cet appel, lancé par un supporter de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne s'adresse aux forces politiques turques qui souhaitent toujours cette entrée.

Il y a presqu'un an, j'ai écrit ce billet. A l'époque, je me disais que la demande d'adhésion de la Turquie à l'UE devait être prise en compte, car cela aiderait ce grand pays, en partie européen, à se diriger vers les nécessaires réformes de ses institutions. Mais depuis, mon opinion a largement évolué. Je ne pense plus que la Turquie actuelle, dirigée par Recep Tayyip Erdogan, n'a une chance de faire un jour partie de l'organisation européenne. A l'époque je pensais pourtant qu'il fallait tenter de traiter avec lui, puisque c'est le premier ministre dont la population turque s'était légitimement dotée. Et comme il a toujours répété vouloir faire entrer son pays dans l'UE, j'espérais qu'il était prêt à conduire les réformes qui pourrait permettre à la Turquie de légitimement attendre une réponse favorable de l'Union. Mais aujourd'hui je pense qu'il n'en est rien. Je me demande même si le but de Erdogan n'est pas de provoquer le rejet de la part de l'Union Européenne et la déception de sa population pour pouvoir se tourner vers d'autres alliances.

turkish_pm_erdogan-_with_ahmadinejad.jpgEt aujourd'hui, alors que le monde se dirige à grand pas vers une bipolarisation sur fond de crise pétrolière, (voir ici) Erdogan montre enfin  quel camp il tente de faire choisir à son pays. L'affaire des "bateaux de la paix", dans laquelle des pseudo-ONG islamistes proches du pouvoir turc ont été à l'origine d'une provocation unilatérale d'Israël, montre bien qu'Erdogan fait tout pour se débarrasser des anciennes alliances. Israël est le premier à en faire les frais. Mais l'Europe  et les Etats-Unis suivront. Et en soutenant désormais ouvertement le Hamas, la Turquie montre que les nouvelles alliances qu'elle cherche à tisser se trouvent du côté de l'Iran, principal mentor des extrémistes palestiniens.

Si la Turquie devait se tourner vers l'islamisme radical, ça serait un terrible retour en arrière. N'oublions pas que cet état, sous l'impulsion de Mustafa Kemal Atatürk, après la défaite durant la première guerre mondiale, a fait le choix de la laïcité. Une modernité que beaucoup d'états européens n'avaient pas encore choisi à l'époque. Depuis lors, l'histoire de la Turquie s'est fondue dans celle de l'Europe. Durant la guerre froide, elle a même été un maillon vital de l'Alliance Atlantique. En effet, sa position géographique a permis à l'OTAN de verrouiller la sortie de la mer Noire sur la Méditerrannée ainsi que le sud du rideau de fer.

Aujourd'hui, Erdogan est sur le point de mettre fin à cette imbrication de l'histoire turque avec l'histoire européenne. Un rapprochement avec les Perses serait contre nature, tant la Turquie s'en est éloignée depuis longtemps. Tenter de recréer l'Empire Ottoman est de toute façon vain: je pense que le rapport de force qui va s'établir au sein d'une telle alliance va plutôt servir l'Iran et c'est plutôt l'Empire Perse qui va être recréé ! Et au sein d'un tel ensemble, je ne donne pas cher de la démocratie et de la laïcité turques...

Alors si vous souhaitez encore que votre grand pays rejoigne l'Union Européenne, je n'ai qu'un conseil à vous donner: débarrassez-vous d'Erdogan ! Remettez au pouvoir des forces dignes de l'héritage d'Atatürk. Des forces prêtes à tout pour défendre la laïcité et la démocratie. Des forces prêtes à réformer l'armée et le gouvernement. Des forces prêtes à reconnaître le génocide arménien et à normaliser les relations avec la minorité kurde. Des forces, enfin, prêtes à s'attaquer à la problématique de la division de Chypre. Si de telles forces existent en Turquie, il faut qu'elles soient mises au pouvoir pour relancer un rapprochement avec l'Europe. Sans cela, la Turquie va faire un retour en arrière historique de près d'un siècle et sombrer dans l'obscurantisme. Démocrates turcs, il n'y a que vous qui puissiez empêcher cela !