22/10/2013

L'homosexualité est-elle normale ?

Dernièrement, Jérémy Gardiol, membre de l'UDC genevois, avait provoqué une levée de boucliers après avoir affirmé que l'homosexualité était une maladie et qu'elle devrait être traitée comme telle. Si ces propos clairement discriminatoires ne sont pas acceptables d'un point de vue social, ont-ils un sens d'un point de vue scientifique ? Peut-on considérer qu'une personne qui ne suit pas le schéma classique de sexualité présente des troubles de la personnalité ?

La question titre peut choquer. Mais au-delà du politiquement correct, je pense que tout le monde a son idée là-dessus. Deux conceptions s'affrontent. Certains affirment que la norme est l'hétérosexualité et que l'homosexualité, même si la plupart sont prêts à l'accepter dans une certaine mesure, doit être considérée comme une déviance et doit être combattue. D'autres prétendent qu'on ne choisit pas de devenir homosexuel. Que l'homosexualité fait partie de soi dès sa naissance.

Soit. Mais de quoi s'agit-il ? D'un facteur génétique transmis d'une génération à une autre ? On peut en douter. Pour la simple raison que l'homosexuel ne se reproduit que rarement ! L'évolution a tendance à éliminer assez rapidement les comportements incompatibles avec la reproduction, car si un gène ne se transmet pas à la génération suivante, il est voué à disparaître. Ce n'est pas plus compliqué que ça.

Donc on peut penser que le gène de l'homosexualité n'existe pas, car s'il avait existé, il aurait été éliminé depuis longtemps. Alors quoi ? Si l'homosexualité est innée, que reste-t-il ? Tout ce qui est inné se doit d'être lié à la génétique. Car si cela a un rapport au psychique, cela ne peut pas être inné, c'est forcément acquis. Alors peut-on dire que l'homosexualité est en chacun de nous et qu'elle se développe chez certains et pas chez d'autres ? Oui je pense que c'est bien le cas. S'il y a un gène de l'homosexualité, nous sommes sans doute tous porteurs, mais seulement quelques-uns d'entre nous en sont affectés.

Je pense aussi que l'homosexualité se développe en fonction des évènements de la vie. J'ai appris dernièrement qu'une membre de ma famille, qui a vécu de longues années de mariage et a quatre enfants, venait de se mettre en couple avec une autre femme. A plus de cinquante ans ! Je ne juge pas les gens d'après leur sexualité et ça ne me dérange bien sûr pas. Mais cela m'interpelle tout de même. Comment peut-on passer une grande partie de sa vie en tant qu'hétérosexuel et devenir soudainement homosexuel ? Avait-elle au fond d'elle-même le germe latent de l'homosexualité et au hasard d'une rencontre, ce germe s'est-il développé ? Dans ce cas, quelle est l'influence que l'autre femme a eue ?

Et surtout, sommes-nous tous en mesure de nous faire influencer, en fonction des évènements de la vie qui peuvent nous affecter et nous rendre plus fragiles ? Je pense que l'homosexualité est souvent le résultat d'une déception. En tout cas chez les femmes. La plupart des lesbiennes que j'ai connues étaient, avant de trouver leur équilibre avec une autre femme, très remontées contre les hommes. Suite sans doute à des séries de déceptions, elles avaient trouvé le bonheur au côté d'une autre femme. Et j'en ai même connu une qui en était revenue et s'était finalement mariée avec un homme. Dans ce cas au moins, il paraît clair qu'il s'agit d'un comportement acquis. Souvent l'homosexualité se choisit par dépit, parce que la personne se rend compte qu'elle ne trouvera jamais le bonheur avec une personne de l'autre sexe. Et ça doit être difficile à accepter, car il faut composer avec le regard de la société et de l'entourage familial et surtout, renoncer à la reproduction. C'est sans doute pour cela qu'on ne devient souvent homosexuel qu'après une longe période de doute.

C'est donc souvent la vie qui va rendre une personne homosexuelle. En cela, on peut parler d'un trouble de personnalité, même s'il est fortement exagéré de prétendre qu'il s'agit d'une maladie qu'il faut soigner. Ou si c'est le cas, il faut admettre que nous aurions tous été susceptibles de tomber malades, comme on peut sombrer en dépression lorsque les évènements négatifs s’enchaînent.

Bref, si d'un point de vue strictement biologique, on ne peut pas considérer l'homosexualité comme une forme de normalité, je pense qu'on ne peut pas non plus stigmatiser les homosexuels comme l'a fait M. Gardiol. Ils sont comme ils sont et dans la mesure où ils arrivent à s'accepter tels qu'ils sont, ils doivent arriver à trouver une forme de bonheur qui leur serait interdit sans cela. D'ailleurs la stigmatisation de l'homosexualité a souvent conduit à des situations où des homosexuels s'étaient forcés à fonder une famille dite « normale », se refusant ainsi le bonheur et faisant du même coup le malheur de toute leur famille qu'ils n'avaient jamais pu rendre heureux.

Ma vision de ce sujet, c'est qu'il faut laisser chacun vivre comme il l'entend pour autant qu'il ne cherche pas à entraîner autrui dans une voie qui ne lui convient pas. Nous devons tout faire pour que les homosexuels puissent s'intégrer au mieux au sein de la société et ne subissent aucune discrimination, sur le plan fiscal ou professionnel par exemple. D'un autre côté, il ne faut pas oublier que la nature nous a fait hétérosexuels et que, heureusement, la grande majorité de la population continue à rechercher son bonheur avec le sexe opposé. Et ça doit rester un modèle familial privilégié car c'est le seul qui assure la prospérité de notre société à long terme.

20/09/2013

Traverser le lac ou la rade ?

On parle beaucoup traversée ces jours. Ca fait d'ailleurs bien 50 ans qu'on en parle et on n'a pas fini d'en parler ! Les projets se sont succédés, petite traversée, moyenne traversée, grande traversée, traversée autoroutière, etc... Des millions ont été dépensés mais toujours rien. La mode est à la traversée autoroutière. Mais pourquoi ? A la base il s'agit en fait d'une stratégie cantonale. En optant pour une traversée autoroutière intégrée au réseau de routes nationales, le Canton espère faire financer l'ouvrage par la Confédération. Donc on a fait valoir la nécessité de désengorger l'autoroute de contournement.

Mais le problème, c'est que la Confédération privilégie l'élargissement de l'autoroute de contournement, mieux à même de désengorger cet axe ! Est-ce faux ? En réalité non, car la traversée du lac n'aurait qu'un impact très limité sur l'engorgement de l'autoroute de contournement pour un prix bien supérieur à l'élargissement. Donc il est logique, de ce point de vue de ne pas financer la traversée du lac. En réalité, la stratégie cantonale est simplement allé dans le mur. On n'avait pas prévu que l'élargissement soit privilégié, mais finalement c'est assez normal.

Donc les milieux économiques reviennent avec une proposition de financement publique-privé. Ce dernier mènera sans doute à la création d'un péage... de 8 Frs. par passage ! Mais qui utilisera cette autoroute pour ce prix ? Sans doute pas les pendulaires pour qui elle est prioritairement destinée. A la rigueur les Confédérés ou étrangers venant du nord et se rendant vers la Haute-Savoie et le Tunnel du Mont-Blanc seront d'accord de payer. Mais c'est à peu près tout. Et ça ne fait pas grand monde. Je pense donc que cette solution est absurde et j'espère qu'elle sera vouée à l'échec habituel des propositions faites dans ce dossier.

Mais finalement, il faut re41639826.jpgvenir aux fondamentaux. A quoi sert cette traversée, qu'elle soit de la rade ou du lac ? Pourquoi nous, habitants de Genève et de l’agglomération, souhaitons-nous traverser le lac au sec ? Les buts principaux sont: le désengorgement du centre ville, la libération d'une partie du Pont du Mont-Blanc pour y faire passer des bus et des trams, la libération des quais pour les aménager en grande partie en espaces piétonniers, la création de larges zones piétonnes, etc...

Et le problème, c'est que la traversée autoroutière, si elle pourra être utile dans le futur, ne répond à aucune de ces préoccupations ! En réalité, le meilleur projet pour Genève est celui qui avait été privilégié par la commission d'étude et repris par l'UDC dans son initiative. Ce projet est d'ailleurs à la taille du Canton et pourra être financé par l'Etat sans aide de la Confédération. Il nous permettra ainsi de résoudre rapidement nos problèmes en attendant une traversée du lac qui ne viendra peut-être que dans 50 ans ou plus !

Alors pour qu'on évite d'attendre aussi longtemps que pour le CEVA, il est nécessaire de se mobiliser autour d'un projet réaliste. (même si la date de 2020 semble un peu optimiste...)

05/09/2013

Le loup est mort, vive les chasseurs !

Je réagis aux commentaires de Anoukmaude et Larry Klette sur ce billet. (Merci à vous pour vos commentaires) Moi aussi j'ai été choqué par ce que j'ai lu. 3 ans depuis que j'avais écrit cette note et rien n'a changé. (même 4 ans depuis que j'ai écrit ma première note sur les loups dans le Valais et en Suisse) Et pas moins de 18 ans depuis que le loup a reparu dans les alpages valaisans. A-t-on forcé les éleveurs à protéger leur bétail ? Non, tout est pareil. Par contre, on continue à délivrer des autorisations de tir sans rechercher de solutions alternatives.

327640576.jpgSans doute le loup de Conches a tué de nombreux moutons. Mais encore une fois ils n'étaient pas protégés. Encore une fois, on a affaire à des pseudo-éleveurs qui choisissent de ne pas défendre leur troupeau parce qu'ils ne veulent pas s'adapter aux forces de la nature. Et probablement, des pseudo-éleveurs qui sont de vrais chasseurs de loup ! C'est gens n'aiment pas leurs bêtes puisqu'ils les exposent volontairement aux canines des loups. Tout ce qu'ils veulent c'est recevoir les subventions fédérales et pouvoir participer à la traque du loup pour le transformer en trophée de chasse.

Et on lit aussi que le parlement valaisan est favorable à un "Valais sans loup". On croit rêver. Être favorable à un Valais sans loup c'est comme être favorable à un étang sans moustiques, vous pouvez faire ce que vous voulez, ils finiront toujours par revenir ! Ce qu'ils veulent, c'est pouvoir tuer les loups dès qu'on les aperçoit. Qu'ils soient coupables ou non. C'est ce qu'on appelle un délit de faciès. Le loup est coupable d'être un supposé-mangeur-de-moutons. Mais il faut rappeler à ces gens-là qu'il y a des lois. Le loup est un animal strictement protégé dans les Alpes. Ils doivent faire avec. Et ça passe par la protection des troupeaux et l'éducation des éleveurs. Tant qu'on ne le fera pas, le Valais ne pourra pas trouver la quiétude.

Le Valais reste toujours un mouroir pour les loups. A quand une loi fédérale plus stricte pour accompagner la présence du loup ? Le WWF ne devrait-il pas se rendre utile pour une fois et s'occuper de récolter des signatures ? Une grande majorité de la population est favorable à la protection du loup. Ne faut-il pas en profiter ?

27/08/2013

Attaque de la Syrie ?

Les Américains et autres Occidentaux savent. Les experts de l'ONU n'ont pas encore commencé leur travail que les Américains ont déjà décidé de punir le régime de Bachar pour l'attaque au gaz sarin sur des populations civiles. Ils n'ont pas besoin de montrer leurs preuves car leur conviction leur vient de leurs services secrets, source connue pour être la plus sûre au monde.

Ils sont tout aussi sûrs d'eux qu'en 1990 lorsqu'une jeune koweïtienne avait ému tout le congrès des Etats-Unis, ainsi que l’opinion publique mondiale, en affirmant que les soldats irakiens tuaient sans remords des bébés dans des couveuses de l'hôpital de Koweït City. Un crime crapuleux qui avait justifié à lui seul l'intervention internationale au Koweït. (source Wikipedia - à lire)

Ils sont aussi sûrs d'eux que lorsque Colin Powell avait annoncé en 2003 au Conseil de Sécurité de l'ONU que les Etats-Unis avaient des preuves que l'Irak possédait des armes de destruction massive. Ils n'avaient toutefois pas réussi à convaincre la communauté internationale et sont finalement partis en guerre avec seulement quelques alliés. (inutile de rappeler que finalement, l'Irak ne possédait aucune arme de destruction massive au moment où Colin Powell affirmait le contraire au monde entier)

Ils sont aussi sûrs enfin que lorsque les incidents du Golfe du Tonkin les avaient amenés à s'investir massivement dans la guerre du Viet-nam en 1964. (Source Wikipedia - à lire également)

Finalement, pourquoi croire sur parole le gouvernement d'un pays qui a pris l'habitude de mentir à tour de bras pour pousser la communauté internationale dans leurs guerres ?

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19:31 Publié dans Monde, Politique | Tags : syrie, gaz sarin | Lien permanent | Commentaires (33)

05/08/2013

OGM: La Suisse ne doit pas céder!

La semaine dernière, la France a mis le doigt dans l'engrenage qui tôt ou tard finira par la conduire à remplacer ses semences classiques par des semences OGM. En autorisant le maïs Monsanto MON810, elle a en effet suivi la voie tracée par l'Europe, qui oblige les Etats membres à se plier au bon vouloir des lobbys des OGM.

Sur les OGM on aura écrit tout et n'importe quoi. Dur de se faire une opinion. D'un côté un lobby industriel qui prétend que les OGM apportent des tas d'avantages sans désavantage. (prouvé...) D'un autre côté, un lobby écologiste qui refuse toute forme de manipulation génétique, y compris dans la recherche. Or il faut bien dire que certaines recherches en la matière, surtout dans le domaine médical, offrent de très belles promesses d'avenir. Il ne faut donc pas tout refuser en bloc.

Ne parlons donc ici que des OGM destinés à la consommation. Entre autres ce maïs modifié, qui a reçu un gène étranger lui permettant de sécréter un insecticide. Un insecticide, même s'il est sécrété par la plante, c'est clairement un poison. En réponse, on nous dit que c'est toujours mieux que de le déverser sur les plantes par épandage. C'est un point de vue, mais ça n'est pas forcément vrai. Une plante traitée ne l'est qu'en surface. (même s'il est probable qu'une partie soit absorbée par la plante) Dans le cas de l'OGM il est sécrété par la plante.

Peut-on réellement être sûr qu'une plante OGM sécrétant un insecticide peut en être totalement débarassée avant de se retrouver dans nos assiettes ? Sans doute ne le peut-on pas. Et à défaut, qui décide de la dose admissible ? On me répondra que les études prouvent que cet OGM est sans danger. Mais toutes les études autorisées sur les OGM industrielles sont réalisées... par les industiels eux-mêmes ! En effet, l'idée est de forcer les industriels à financer eux-mêmes les recherches prouvant l'inocuité de leurs produits. Ceci peut avoir un sens d'un point de vue financier, mais n'en a aucun d'un point de vue scientifique ! Comment peut-on demander au créateur d'un produit, qui en attend de précieux bénéfices, de réaliser une étude totalement neutre ?

Finalement, en l'absence d'étude neutre sur le sujet, il ne nous reste plus qu'à nous fier à notre bon sens de consommateur. Pour cela, il faut se poser une question toute simple, qu'on peut résumer à quizz style question SMS sur TF1 :

Quel bénéfice les industriels attendent de leurs produits ?

A: Une amélioration de la qualité de l'alimentation

B: Résoudre le problème de la faim dans le monde

C: Permettre aux agriculteurs d'améliorer leurs marges bénéficiaires

D: Augmenter leurs propres bénéfices

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10/07/2013

La Suisse démocratique et l’Europe technocratique

Je le dis dans ma présentation : je suis profondément Européen. Européen dans ma culture, Européen dans mes crédos. Je pense que l’avenir du continent passe par l’intégration. Je pense aussi qu’un jour la Suisse devra assumer son destin et participer à l’intégration du continent dont elle occupe presque le centre. Mais il y a une chose que je ne pense plus : je ne pense plus que l’Union Européenne peut être l’embryon d’une véritable Europe des peuples, libre, forte, démocratique. L’Union Européenne est peu à peu tombée aux mains des technocrates. Cette Union ne sert pas les peuples européens. Elle ne sert que les intérêts du capital auquel elle est asservie. Et elle ne sera jamais démocratique, car elle est bâtie pour asservir les peuples. Cette Europe-là n’a rien à offrir à la Suisse. Et elle n’aura jamais rien à lui offrir. La Suisse ne doit pas y entrer.

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01/07/2013

La France comme la Grèce ?

Petit à petit la France s'enlise. Le gouvernement avait promis de maitriser le déficit. Sans pourtant vraiment expliquer, de manière réaliste en tout cas, comment il comptait y arriver. La solution choisie, hausses d'impôts à tout va, n'apporte pas le résultat escompté. Bien sûr les recettes de l'impôt sur le revenu augmentent. Mais dans un pays où beaucoup de monde ne gagne que 1100€ net par mois, étrangler les consommateurs n'est pas une bonne idée. Résultat: la consommation est en baisse et les recettes de la TVA et de l'impôt sur les carburants aussi. (voir ici, un tableau sans doute encore plutôt optimiste par rapport à la réalité)

Pire: une consommation en baisse implique une économie en récession. Et qui dit économie en récession dit licenciements, faillites, chômage. Au final, même l'impôt sur le revenu finira par en pâtir, car pour qu'il y ait impôt sur le revenu, il faut avant tout qu'il y ait revenu. Et au lieu de maîtriser le déficit, la stratégie du gouvernement finira par conduire à une plongée encore plus grave de la dette publique.

Quant aux dépenses publiques, on promet de les réduire, mais on peine à confronter les syndicats. Les dépenses publiques doivent être réduites, mais on ne sait pas comment y arriver. Alors on choisit la politique du pire: on réduit les investissements plutôt que le budget de fonctionnement. (voir ici par exemple) Non seulement on continue à privilégier une baisse de l'activité du secteur privé pour préserver la fonction publique, mais en plus on prétérite l'avenir.

Donc si la barre n'est pas redressée au plus vite, la France se dirige tout droit vers un scénario à la grecque. Peut-on encore équilibrer le budget ? Pas si sûr que ça soit encore possible vu le niveau abyssale de la dette et des intérêts à payer. Voir ici le compteur des intérêts de la dette. Et comparer avec le tableau des recettes fiscales sur mon premier lien. Ca fait frémir... L'impôt sur le revenu ne couvre que la moitié des intérêts de la dette. La TVA les couvre plus ou moins. Autrement dit, la majeur partie des recettes fiscales servent à payer les intérêts de la dette. Ce n'est qu'ensuite qu'on commence à financer l'Etat. Et pour ce qui est de rembourser la dette, on peut parler de science-fiction.

Payer des impôts c'est censé être utile. Ca sert à assurer le fonctionnement des services de l'Etat et à financer les infrastructures. Mais quand payer des impôts ne sert plus qu'à payer des intérêts aux banques et à enrichir des investisseurs, il y a un problème. C'est ce que vivent les Grecs, les Espagnols, les Portugais et c'est ce vers quoi se dirigent les contribuables français. Un scénario à la grecque n'est plus un risque, mais c'est presque une certitude.

Peut-être la barre peut-elle encore être redressée. Mais je ne pense pas que les deux partis au pouvoir depuis quarante ans et responsables de 100% du déficit public depuis lors soient capables d'opérer les changements de dogme nécessaires pour remettre l'économie privée et les finances publiques sur les rails. Il faudrait s'attaquer à la vraie source du problème, les coûts de l'Etat. Et surtout il faudrait améliorer les conditions cadres de l'économie privée et favoriser la consommation afin de relancer l'économie. Il faut également continuer à investir pour doper l'économie privée. C'est le seul moyen d'augmenter les recettes fiscales. Car lorsqu'il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de recettes fiscales. Croire qu'il suffit d'augmenter les impôts pour augmenter les recettes fiscales c'est étonnant de la part d'un gouvernement dirigé par un président sorti de l'ENA !

Bref, je ne pense pas que le gouvernement actuel ou tout autre gouvernement pourra comprendre ça. Actuellement la politique économique et fiscale de la France et de pas mal de pays européens est dictée par les directives de Bruxelles, et à travers Bruxelles, de Berlin. Sans un président fort, capable d'imposer sa vision à l'Europe, la France est condamnée à connaître la situation de la Grèce, à plus ou moins courte échéance. Ca les électeurs français l'ont compris ou le comprendront bientôt. Il ne faudra donc pas s'étonner si au final, Marine Lepen tire les marrons du feu. C'est tout ce que gagneront les grands partis à force de s'entêter dans la même direction. Et le pire du pire, c'est que je pense qu'elle ne peut pas réussir plus mal là où les autres ont totalement échoué. Et c'est bien la première fois que je pense une chose pareille.

06/06/2013

Contre les frontaliers mais aussi contre les logements locaux

C'est ainsi qu'on peut résumer la position du MCG et de l'UDC quand on lit qu'ils s'opposent tous deux à la densification des zones de développement dans le canton de Genève. Si je trouve tout à fait respectable de vouloir favoriser le cadre de vie des Genevois, il faut tout de même comprendre ce que ça implique. Et je soupçonne ces deux partis de bien le comprendre mais de sombrer, une fois n'est pas coutume, dans le populisme pour soigner leur base électorale.

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29/05/2013

La bombe nord-coréenne

Imperturbable, la Corée du Nord continue à snober toute la planète. Elle souffle le chaud et le froid, faisant parfois croire qu'elle souhaite négocier et faisant apparaître le reste du temps son vrai visage manipulateur. Le fait est qu'elle tient désormais le couteau par le manche et que l'Occident n'est plus en position de force pour négocier. La faute à un attentisme que je dénonce depuis longtemps.

D'un autre côté, on veut se montrer rassurant. Les Coréens ne souhaitent pas vraiment posséder la bombe mais veulent juste obtenir quelque chose en échange du retrait de leur programme nucléaire. Mais en réalité, rien ne le laisse penser. Au contraire, la stratégie de négociation des Nord-Coréens montre plutôt qu'ils gagnent du temps. Ils laissent les Occidentaux penser être sur la bonne voie un moment, puis ils se rétractent et quittent la table des négociations. C'est un jeu qu'ils pratiquent très bien et ils auraient tort de s'en priver tant on les laisse faire.

Le problème aussi c'est qu'il faut jouer serré sur le plan politique. Derrière la Corée du Nord, il y a la Chine. Elle participe certes aux négociations, mais elle ne laissera jamais les sanctions aller trop loin. Et surtout, une action armée reste exclue, à cause du risque d'embrasement que cela comporte.

Et puis, plus le temps passe, plus les négociateurs occidentaux sont dans leurs petits souliers. Une nation possédant l'arme nucléaire ne peut plus être menacée. C'était avant qu'il fallait agir. Maintenant il est trop tard.

Alors on essaye de minimiser la menace. Les Nord-Coréens ne possèdent pas encore d'armes suffisament miniaturisées pour prendre place au sommet d'un missile balistique. Et même si un missile pouvait être équipé d'une arme nucléaire, il serait abattu en vol par les armes anti-missiles déployées aux alentours. Mais en réalité, ceci ne résiste pas à une analyse. Car si on possède une arme nucléaire trop grande ou trop lourde pour être lancée par un missile, il existe des vecteurs bien plus simples pour acheminer la bombe à sa destination.

Pourquoi par exemple, sachant qu'aucun missile ne parviendrait jamais à atteindre sa cible, ne transporteraient-ils pas les bombes dans des containers, par route ou par mer, pour les cacher dans les capitales de chaque pays avec lesquels ils sont en négociation ? Ils pourraient ensuite faire chanter le monde entier. Ils seraient les nouveaux maîtres du monde.

De la science-fiction ? C'est impossible ? Si je ne pense pas qu'ils pourraient faire sortir des bombes par la mer tant ils sont surveillés, je pense qu'il serait bien plus facile de le faire en passant par la Chine, ce pays continuant à commercer avec eux. Ils pourraient ainsi mêler les containers aux milliers d'autres qui transitent probablement par la frontière.

Bref, j'espère me tromper. Mais qui sait si les Nord-Coréens ne sont pas déjà en train de préparer un coup de ce genre ? Après tout, quelle autre stratégie pourrait être gagnante ? Ils semblent vraiment penser pouvoir gagner contre le monde entier. Il doit y avoir une raison à cela...

14/02/2013

Les normales saisonnières

Vous avez tous entendu les météorologues parler de normales saisonnières. Ceci sous-entend qu'il existe une température normale pour un lieu et une saison donnée et que tout ce qui sort de la normale est forcément anormal. Personnellement je n'apprécie pas trop ce terme et je lui préférerais celui de moyenne saisonnière. Bien sûr il ne s'agit que d'une question de terminologie et on pourrait en débattre longtemps. Mais le problème c'est que le terme de moyenne permet d'envisager des fluctuations alors que celui de normale n'en autorise pas.

En bref, parler de moyenne, c'est faire de la météorologie au jour le jour. Parler de normale en revanche, ça revient à essayer de faire croire que notre climat est anormal, parce que changeant. C'est une manière de pousser l'inconscient à faire l’amalgame avec le réchauffement climatique, devenu "changement climatique" depuis que la Terre ne se réchauffe plus.

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16/12/2012

Qui a peur des Mayas ?

Bon d'accord. Nous n'avons plus que 5 jours à vivre. C'est en tout cas ce que nous prophétisent une partie des interprètes du fameux calendrier Maya. Ceci serait dû au fait que nous allons vivre la fin d'une période d'un peu plus de 5125 ans depuis le début de notre monde. Début du monde placé donc en 3114 av. JC.

Ce qui est intéressant, c'est que cela place le début du monde Maya aux alentours du début de notre histoire. Sans doute pas un hasard: la naissance de la civilisation est une des périodes les plus cruciales pour l'humanité et il est possible que les Mayas aient pû s'y référer. Il est possible aussi qu'ils aient eu des connaissances particulières sur l'histoire du monde et en particulier de leur continent. Connaissances que nous avons peut-être oubliées depuis.

Mais même en admettant qu'ils aient eu connaissance d'un phénomène qui se serait produit en 3114 av. JC, cela signifie-t-il pour autant que ce phénomène soit cyclique ? C'est peut-être ce qu'on cru les Mayas. Mais sommes-nous obligés de les suivre dans cette idée ?

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09/08/2011

2008 - 2011, deux crises séparées ?

L'économie mondiale est à nouveau en train de sombrer. Tous les spécialistes tentent de dire le contraire, car leur but est d'éviter que nous cessions de consommer. Il faut éviter que le climat économique tourne à la morosité générale. Mais qui peut croire que tout va bien se passer ? Non tout ne va pas bien se passer. La crise se profile bien à l'horizon. Si soudaine qu'elle était impossible à prévoir, nous dit-on.

Vraiment ? En réalité, cette crise n'est qu'une conséquence directe de la gestion déplorable de la précédente crise. En effet, en 2008, on nous a affirmé qu'il fallait tout faire pour sauver le système bancaire. Que sans cela, toute l'économie allait s'éffondrer. Et à court terme, c'était peut-être vrai. Il est possible que la crise que nous avons vécue en 2009 a été bien moins grave qu'elle n'aurait pu l'être sans l'intervention des états. Mais le problème de fond c'est la solvabilité des états. Qui pouvait croire que les états étaient capables de sortir de leur portefeuille des sommes se comptant en milliers de milliards ? Qui pouvait être assez naïf pour cela ?

Dans ce monde, l'argent ne se fabrique pas d'un coup de baguette magique. L'argent, se fabrique en créant de la dette ! Et si c'est vrai pour un particulier qui veut changer de voiture ou s'acheter un appartement, il en va de même pour les états. Et croire que des états déjà fortement endettés sont capable de débourser des sommes faramineuses au moment même où leurs revenus fiscaux sont en chute libre, il faut vraiment être fou. Ou être prévisionniste économique.

Malheureusement, comme on pouvait s'y attendre, les marchés n'ont rien appris. Tout ce qui a été fait, c'est retarder l'échéance. Les bonnes intentions des débuts du G20 sont restées lettre morte. Le système financier international n'a pas été assaini. Les incendiaires d'hier sont toujours en poste et reçoivent toujours leurs bonus faramineux comme récompense pour avoir réussi à piller les fonds publics. Les banques n'ont pas eu à changer leurs habitudes puisqu'elles ont échappé à l'incendie qu'elles ont elles-mêmes allumé.

La réalité, c'est que la crise grecque, la crise portugaise, la crise américaine, les futures crises italiennes, espagnoles, puis bientôt françaises et allemandes sont toutes des conséquences directes de la gestion à court terme de la crise financière de 2008. On a sauvé les banques, mais on a fait couler les états. Et au final, l'insolvabilité des états fera tout de même couler les banques et tout le système économique avec. Personne ne pourra venir en aide aux banques cette fois. Car le système d'autofinancement de la dette est arrivé à son point de rupture. Le niveau pharaonique de la dette au niveau mondial doit maintenant régresser drastiquement. C'est ce qu'on appelle la compression des marchés. En termes politquement corrects un "rajustement". Et l'argent créé artificiellement à partir de ces dettes doit disparaître.

Au final, le PNB mondial va beaucoup baisser. Et qui dit PNB en baisse dit moins d'argent, donc moins d'emploi. Les temps vont être rudes. Mais peut-être que c'est nécessaire. Car quand les gens comprendront enfin qu'on les prend pour des imbéciles, peut-être qu'ils se décideront à descendre dans la rue. Peut-être qu'ils comprendront enfin qu'on a fait d'eux les esclaves d'un système économique pourri jusqu'à l'os où quelques pontes manipulent tout y compris les gouvernements, dans le seul but de se remplir les poches. Une économie qu'on a voulu mondialisée, non pas pour faire progresser le tiers-monde, mais pour mettre les travailleurs de tous pays en concurrence et pour mieux les asservir. Peut-être qu'il faudra que les gens commencent à souffrir de la faim pour cesser de se laisser bercer par leur petit confort et par les illusions de la télé-réalité. Au final, il faudra peut-être passer par une table rase pour créer un monde nouveau où l'économie sera au service de l'homme plutôt que le contraire...

04/05/2011

LA Théorie du Complot

Ces jours, comme souvent lorsqu'un évènement lié au 11 septembre et aux guerres qui ont suivi se produit, on n'arrête pas d'entendre parler de LA Théorie du Complot. Oui c'est exprès que je mets l'article en lettres capitales et que je mets également des majuscules aux mots "théorie" et "complot", comme si c'était des noms propres. C'est pour souligner qu'on ne dit jamais "une" théorie du complot, ce qui pourrait signifier que les "complotistes" ne sont pas un groupe uniforme, mais bien "la" théorie du complot, car oui, il n'y en a qu'une. Autrement dit, comme j'ai pu le lire il y a quelques jours dans "le 20 minutes", si vous croyez qu'il y a quelque chose de bizarre dans les attaques du 11 septembre, alors vous croyez forcément que les Américains ne sont jamais allés sur la Lune, que par contre ils ont des relations diplomatiques régulières avec une race extra-terrestre, que l'internationale juive cherche à dominer le monde, que les Illuminati sont de retour et manipulent les gouvernements et même que l'antéchrist est parmi nous et qu'il s'apprête à annéantir le monde le 21 décembre 2012. Autrement dit, vos idées sont RIDICULES ! Car LA Théorie du Complot à laquelle vous croyez est une gigantesque manipulation créée par des groupes qui cherchent à déstabiliser le fragile équilibre de la démocratie à l'occidentale et la livrer à des groupes d'extrême-gauche ou pire, islamistes. Bref... un complot quoi.

Mais non, vous n'avez rien compris. Les complots ça n'existe pas. Pas au sein des démocraties en tout cas. Jamais par exemple, un gouvernement américain ne se serait permis de créer un groupe d'espionnage parallèle dans le but d'espionner le parti opposé. Jamais en tout cas si c'était pour privilégier des intérêts propres à ce gouvernement au détriment de ceux de ses ennemis politiques. C'est en tout cas ce qu'auraient dû se dire ces deux journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, lorsqu'on leur a donné cette information. C'était forcément les Complotistes (avec un grand C) qui avaient inventé cette théorie. A l'époque, en 1974, ils étaient bien sûr à la solde de l'Union Soviétique et avaient pour but de déstabiliser le gouvernement américain. Malheureusement, ces mauvais journalistes ont décidé de faire du journalisme d'investigation et ont creusé les informations qu'on leur avait données. Il en est ressorti l'affaire du Watergate et à eux deux, avec l'aide toutefois de W. Mark Felt, alias "Gorge profonde", ils ont tout bonnement envoyé ce gouvernement dans les poubelles de l'histoire. Ils étaient seuls contre tous et le moins qu'on puisse dire c'est qu'on leur a mis des bâtons dans les roues. Mais se sont-ils découragés ? Ont-ils choisi de suivre les directives et de ne présenter que la version officielle ? Non, ils ont décidé d'aller jusqu'au bout. De mettre leur carrière ou même leur vie en danger pour découvrir toute la vérité. Ces deux journalistes sont de véritables héros. Malheureusement, il semble qu'il n'en existe plus de comme ça aujourd'hui.

Et c'est bien là le problème. Si les gens se tournent vers des sources d'information alternatives, c'est que le journalisme "officiel" est devenu un organe de propagande d'état, qui ne cherche en aucun cas à vérifier les informations qui lui sont transmises. Pire, les journalistes se détournent systématiquement de ces sources alternatives, les considérant par défaut comme des gens pas sérieux dans le meilleur des cas ou comme des manipulateurs ayant des idées derrière la tête dans le pire. D'ailleurs si le scandale du Watergate s'était déroulé aujourd'hui, je ne crois pas un instant que le Washington Post aurait laissé Woodward et Bernstein enquêter. Ils auraient étouffé l'affaire pour privilégier l'intérêt général, qui se confond forcément avec l'intérêt du gouvernement. Et si des bruits à propos du Watergate avaient circulé sur Internet, le Washington Post se serait empressé de traiter les sites parlant de cette théorie de "conspirationnistes" et les aurait accusés de n'être que de vulgaires propagandistes de LA Théorie du Complot ! Voilà ce qu'est devenu le journalisme moderne...

C'est sans doute une manière pour les gouvernements de se protéger de l'effet d'Internet, dont on ne peut pas contrôler l'information. Chacun peut se transformer en journaliste et faire connaître au monde sa vision des choses. Parmi tout ce cafarnaüm, il y a forcément des informations véridiques. Mais pour éviter qu'elles se propagent, il faut faire passer leurs auteurs pour des demeurés ou des manipulateurs. Il faut faire peur à la population en lui disant qu'elle risque de se faire manipuler par des gens peu recommandables. Il faut la ramener à la seule véritable source d'information fiable: les discours officiels.

Et pourtant chers journalistes, vous avez une réelle opportunité de vous mettre en avant. A l'image de Woodward et Bernstein, il vous suffit de ne pas rejeter d'avance les arguments que vous entendez. Sans prendre tout pour argent comptant, il suffit de creuser, de faire une vraie investigation. Au final, vous pourriez simplement redonner à votre métier ses lettres de noblesse. Vous pourriez porter très haut les couleurs du journalisme. Mais est-ce encore possible ? J'en doute malheureusement.

20:53 Publié dans Monde, Politique | Tags : mort ben laden | Lien permanent | Commentaires (6)

11/04/2011

L’utopie d’un avenir sans nucléaire : 2. Les énergies renouvelables

Il ne sert à rien de le cacher, l’abondance de l’énergie produite aujourd’hui par le nucléaire va être extrêmement difficile à compenser. Il s’agit de rien de moins que 40% de notre production électrique. Mais remplacer le nucléaire est vital. Et ce qui est vital nécessite parfois des choix difficiles. Il faut faire avec. Alors quels sont nos choix si nous voulons nous passer de nucléaire sans laisser (totalement) tomber notre mode de vie ?

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10/04/2011

L’utopie d'un avenir sans nucléaire : 1. Sortir du nucléaire, pourquoi faire ?

En réponse à un commentaire de trapaski sur le sujet précédent, je débute une petite série de billets afin de faire la liste, non-exhaustive, d'un certain nombre de pistes qui permettraient à moyen terme de sortir du nucléaire.

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21/03/2011

Réflexions à propos du sarcophage de Tchernobyl

Hasard du calendrier ou non, alors que les Japonais bataillent pour sécuriser les réacteurs endommagés de la centrale de Fukushima, on reparle du sarcophage de Tchernobyl. En effet, l'édifice protégeant les restes du réacteur accidenté avait été construit à la hâte, dans des conditions effroyables, et il montre désormais des signes de vieillissement accéléré. Les autorités ukrainiennes ont donc décidé de construire une nouvelle structure par-dessus l'actuelle afin de la renforcer.

tchernobyl-sarcophage-dec1999.jpgCeci pose une question fondamentale au sujet de la centrale désafectée de Tchernobyl et de son réacteur numéro 4. Les restes liquéfiés du réacteur ayant fait fusion reposent aujourd'hui au fond d'un trou, provisoirement stabilisés. Mais les matériaux nucléaires qui composent ce magma refroidi seront encore dangereux pour des centaines de milliers d'années. Ce lieu restera maudit pour toute cette durée, à moins qu'une hypothétique civilisation future parvienne à l'assainir. Et on voit aujourd'hui qu'après seulement 25 ans, soit une génération, la première structure montre déjà des signes de faiblesse. La nouvelle, selon les autorités, devrait protéger le site pour 100 ans au moins. 4 générations. Mais 100'000 ans, ça représente 4000 générations ! Il faudra donc reconstruire 1000 fois ce sarcophage avant que le site soit devenu moins dangereux ! Qui peut dire que les 4000 prochaines générations seront à même de protéger ce site et d'entretenir cette structure ? Et pendant tout ce temps, y aura-t-il seulement des habitants humains dans la région ? Qui peut dire que la civilisation va résister au temps et que les humains auront toujours la technologie et les compétences nécessaires pour assurer la pérénité du site ?

Il est très probable qu'une nouvelle glaciation se produise dans les milliers d'années à venir. Et alors, si un glacier emporte la structure et amène le tout vers la mer Baltique, c'est les mers du monde entier qui seront polluées. Et bien avant cela, qui peut dire combien de temps ce bâtiment restera en état d'assurer sa fonction de protection ? Les pyramides sont probablement les plus anciennes structures d'origine humaine encore debout. Et elles ont moins de 5000 ans ! Aucune construction humaine n'est faite pour résister 100'000 ans. Dans 100'000 ans, les pyramides elles-mêmes seront réduites à l'état de sable. Et on veut nous faire croire que le sarcophage de Tchernobyl protégera les 4000 prochaines générations ? A long terme, je pense  malheureusement qu'une seule conclusion peut s'imposer. La catastrophe qui ne s'est pas produite en 1986 se produira forcément un jour. Et alors les habitants de la Terre auront de bonnes raisons de nous maudire, pour autant que la mémoire de notre existence ait résisté au temps.

15/03/2011

Les centrales japonaises: parfaitement sûres

Le titre de mon billet vous fait sourire ? Peut-être pas car ce sujet ne prête pas trop à la plaisanterie ces temps-ci. Mais en tout cas, il paraît complètement absurde, non ? Pourtant c'était ce que n'importe quel expert dans le domaine du nucléaire aurait dit jusqu'il y a quelques jours. La technologie du nucléaire japonaise est considérée comme parfaitement sûre car elle répond totalement aux normes internationales en vigueur. A Fukushima, on n'est pas à Tchernobyl. Le personnel de la centrale est parfaitement instruit. L'entretient de la centrale ne soufre aucun reproche. Le coeur est correctement confiné. Les multiples systèmes de sécurité fonctionnent parfaitement et sont prêts à prendre le relais lorsque les autres ont cessé de fonctionner. Ici comme en Suisse, on n'a pas une chance sur un million de vivre un accident. La population aux alentours est parfaitement rassurée et aime sa centrale qui apporte emplois et confort.

Alors pourquoi y-a-t'il eu un accident ? Pardi, c'est à cause d'un tremblement de terre. Et du tsunami qui a suivi. Soudainement, cette centrale réputée totalement sûre s'est transformée en risque majeur parce qu'elle a été construite au mauvais endroit. Mais qu'ils sont bêtes ces japonais ! Ne pouvaient-ils pas prévoir ces risques ? Un enfant leur aurait dit que des tsunamis peuvent se produire et que l'endroit est mal choisi ! Enfin c'est ce qu'on entend dire au comptoir du bistrot du coin. Mais ça n'est pas entièrement vrai. La réalité, c'est que ce risque avait été pris en compte. On ne construit pas une centrale nucléaire au Japon, en bord de mer, sans tenir compte des risques sismiques. Le Japon est sans doute l'une des régions du monde où les tremblements de terre sont les plus violents. Et le mot "tsunami" est un mot japonais, il ne faut pas l'oublier. Donc c'est un phénomène qu'ils connaissent bien et celui de l'autre jour est très loin d'être le premier que les Japonais vivent.

Alors la triste réalité, c'est que les experts ont fukushima.jpgjugé que cette centrale résisterait aux évènements qui se sont produits la semaine passée, car sur l'échelle du siècle, ils n'ont rien d'exceptionnel. Et le fait est qu'ils se sont plantés. Il faut cesser de se poser les mauvaises questions. Savoir pourquoi on a construit une centrale à cet endroit n'est pas intéressant. Savoir si les causes de cette catastrophe peuvent se produire en Suisse n'est pas non plus une bonne question. Les seules questions intéressantes sont: peut-on faire confiance à des experts qui ne maîtrisent pas totalement toutes les données ? Et aussi: notre indépendance énergétique vaut-elle le risque encouru ?

Je ne pense pas qu'il y ait de réponse toute faite à ces questions. Toute technologie comporte un risque. N'importe quel objet que nous utilisons au quotidien peut nous blesser ou produire des dégâts. Mais généralement, les avantages surpassent clairement les inconvénients et on décide d'accepter les risques. Mais dans le cas du nucléaire, un accident a des conséquences tellement graves que la question ne peut pas être tranchée si rapidement. C'est un peu comme dire que l'avion est le moyen de transport le plus sûr. C'est vrai, mais en cas de catastrophe, le nombre de morts est toujours très important et imaginer le calvaire vécu par ces gens fait toujours réfléchir.

Pour se décider sur le bienfondé de cette technologie, je pense qu'il serait important de renseigner la population sur la réalité de son fonctionnement. Et je pense que si les gens savaient comment fonctionne une centrale, ils y seraient opposés. Il faut savoir qu'une centrale nucléaire est basiquement un système instable. Le combustible nucléaire, une fois enrichi en Uranium 235 normalement rare, a une tendance naturelle à l'emballement. Le contrôle des réactions se fait au moyen de divers systèmes qui permettent d'éviter cet emballement en frainant continuellement les réactions. Pour illustrer cela, il faut imaginer disposer d'une voiture à moteur nucléaire. Sur cette voiture, vous n'auriez pas d'accélérateur, mais seulement un frein. Lorsque vous souhaitez accélérez, vous relâchez une partie de la pression sur le frein. Mais en aucun cas vous ne pourriez relâcher totalement la pédale, sans quoi votre voiture partirait dans le décor ! En principe ça ne pose pas de problème grave, car vous êtes capable de maîtriser la pédale. Mais qu'arrive-t-il si vous vous assoupissez une fraction de seconde ? Ou si votre pied glisse ? La réponse est simple: vous avez un accident. Et c'est exactement ce qui s'est produit au Japon. Les systèmes de sécurité qui étaient censés protéger la centrale en cas de tsunami se sont révélés insuffisants lorsque la situation réelle s'est produite. Et cela a conduit à l'emballement et donc à la surchauffe.

Lorsque j'étais étudiant, on a cherché à me pousser dans la filière du nucléaire parce que j'avais un bon niveau en maths et en physique. Mais si j'ai choisi une autre voie alors que celle-ci était tout à fait passionnante, c'est justement parce que je sais ce qu'est le nucléaire. Et que jamais je n'aurais voulu travailler sur une forme d'énergie dont je pense que l'humanité doit faire le deuil ! Je n'ai jamais cru aux experts qui prétendent qu'il n'y a aucun risque, justement parce que ce sont des êtres humains et qu'ils peuvent faire des erreurs. Il y aura toujours des situations qu'ils n'ont pas prévues. La Terre est un système complexe et imprévisible par nature. Prétendre comprendre totalement son fonctionnement est un mensonge. En réalité, les gens qui prétendent que la technologie nucléaire est parfaitement sûre ne sont rien d'autre que des apprenti-sorciers qui sont prêts à nous faire partager à tous le risque qu'ils ont décidé de courir.

P.S. Je me fais rare sur ces blogs parce que je suis passé à autre chose et que je trouvais avoir fait le tour des sujets qui m'intéressent. Mais mon blog n'est pas fermé et je continuerai à écrire de petits messages lorsque des sujets d'actualité m'en inspireront !

15/10/2010

A quoi servent les NLFA ?

Aujourd'hui la Suisse fête l'événement. Aujourd'hui le Nord et le Sud de la Suisse sont reliés par un troisième tube, après le tunnel ferroviaire historique et le tunnel autoroutier. Un tube de 58 km doté des technologies les plus modernes. La Suisse a de quoi être fière de cet ouvrage, le plus long tunnel du monde. Mais finalement, les NLFA (Nouvelles Lignes Ferroviaires Alpines), à quoi ça sert ?

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08/10/2010

La seule vérité de l'affaire Kerviel

On s'est beaucoup amusé de la dette cosmique qu'on a mis sur le compte de Jérome Kerviel. C'est vrai que les tribunaux ne semblent pas avoir le sens de la mesure en croyant qu'il sera un jour capable de rembourser.  Et bien je crois que personne n'a compris le fin mot de l'histoire.

Dans quelques dizaines d'années, (j'espère pour lui le plus tard possible) Jérome Kerviel finira par mourir avec une dette bien entendu totalement intacte. Alors ses héritiers qui ne désirent sans doute pas passer tout le reste de leur vie à toucher le RMI pour éviter de se faire ponctionner, vont bien évidemment refuser l'héritage. Et alors que se passera-t-il ? Est-ce que l'héritage est perdu ? Non. Lorsqu'il n'y a plus d'hériters, le dernier héritier est toujours l'état. Qui peut bien sûr aussi refuser l'héritage, mais je ne pense pas que c'est le but. Finalement le but, c'est que tout à la fin, ça soit au contribuable de payer pour les errements de la Société Générale. On en revient toujours là.

Et pour en arriver là, on n'hésite pas à détruire toute une vie. Car Jérome Kerviel a sans doute mérité ses années de prison. Même si son employeur l'a encouragé comme il l'affirme, on a toujours la possibilité de refuser. On peut même démissionner. Le libre-arbitre ça existe. Mais le problème dans cette histoire, c'est qu'il n'aura pas droit au pardon de la société. La justice le fera payer jusqu'à la fin de sa vie, même lorsqu'il aura payé sa dette à la société, il n'aura jamais le droit de reconstruire sa vie. Même Bernard Tapie n'avait pas eu droit à un jugement aussi destructeur. Tout ça pour qu'à la toute fin, la Société Générale puisse récupérer l'argent qu'elle avait délibérément choisi de jouer à la roulette. Voilà ce qu'est notre société de début de millénaire... Ne serait-il pas temps de changer quelque  chose ?

20/09/2010

L'Iran, le 11 septembre et moi et moi et moi...

Suite aux discussions qui ont eu lieu ces derniers temps sur un autre sujet, je tenais à préciser mes vues. Parfois mes prises de position peuvent paraître inconciliables. D'un côté je suis favorable à une plus grande fermeté au Moyen-Orient, envers des groupes ou des nations plus ou moins hostiles. D'autre part, je pense que certains éléments du côté occidental ont utilisé des moyens indignes de démocraties, et même parfois criminels, pour défendre leurs intérêts. Or il est rare qu'une même personne défende ces deux visions.

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