08/03/2017

Les primaires : un système pernicieux

Aux USA, c’est déjà une tradition depuis très longtemps. Avant chaque élection présidentielle, les électeurs ont droit à des élections primaires simultanées pour les deux partis dominants, le parti démocrate et le parti républicain. Cela donne lieu à des débats entre candidats proches, puis les élections ont lieu dans les différents états, un à un, de manière simultanée pour les deux grands partis afin de faire mousser le suspense.

Deux partis français ont choisi de suivre cet exemple américain : Les Républicains, qui montrent à quel point leur choix de dénomination ne doit rien au hasard, et les socialistes, qui conservent pour l’instant leur nom historique, mais qui ne devraient sans doute plus tarder à adopter la dénomination de partie démocrate, qui leur conviendrait bien mieux, tant ils cherchent à adopter la posture de leur grand frère américain.

Probablement, ces deux partis étant aux commandes du pays depuis plusieurs décennies, ils souhaiteraient aller plus loin et éliminer la concurrence pour faire du système politique français un véritable bipartisme à l’américaine. Car le principal avantage pour les partis qui organisent des primaires, c’est de spolier totalement le débat démocratique et de s’accaparer totalement l’attention des médias. C’est particulièrement vrai aux USA, où les autres candidats, et il y en a contrairement à ce qu’on cherche généralement à nous faire croire, n’ont quasiment pas droit de cité dans les médias.

En France par contre, d’autres candidats coexistent encore avec ceux des « grands » partis. Certains parce qu’ils ont refusé de se soumettre aux primaires, d’autres parce que leur parti reste assez grand pour parvenir à concurrencer les deux partis dirigeants. D’autres encore parviennent à survivre de manière marginale, à la manière des petits candidats américains. Personnellement je prédis à l’avenir une évolution à l’américaine, avec la marginalisation de tous les partis ne proposant aucune primaire.

penelope-francois-fillon-2.jpgMais cette évolution est-elle souhaitable ? Je pense personnellement qu’elle est très dommageable. D’une part la diversité politique est garante du bon déroulement du débat démocratique. Or celui-ci est déjà mis à mal par le traitement des médias, très inadapté car souvent basé sur la simplification et la polémique. Le focus exagéré sur le Pénélopegate à moins de 50 jours du premier tour est par exemple totalement contraire à la nécessité pour la population de se faire une opinion sur les divers programmes politiques avant l’élection. Est-ce planifié ainsi ou est-ce uniquement de l’incompétence ? Je n’en sais rien mais je trouve en tout cas le résultat très lassant…

Il faut bien comprendre que les primaires ne sont pas un système démocratique. Il n’est en rien le garant de la pluralité des opinions et même risque d’aller à l’encontre de celle-ci. Dès lors qu’un même électeur peut se prononcer pour les deux primaires, il risque de favoriser le même type de candidats dans les deux cas. Ceci poussera les partis à modifier leur programme politique afin de convaincre un maximum d’électeurs. C’est ce qu’on voit aux USA où les deux partis principaux sont, somme toute, en très grande partie sur une ligne commune. Et comme tous les autres partis sont marginalisés, peu d’idées neuves peuvent faire leur chemin. Finalement, le bipartisme américain n’est pas très différent du monopartisme soviétique…

Mais en réalité, je trouve que le principal désavantage des primaires est ailleurs. On l’a vu, aux USA la campagne10530756-17299546.jpg présidentielle aura été de piètre qualité. Entre une Hillary Clinton empêtrée dans ses affaires d’emails et un Donald Trump qui a fédéré beaucoup de monde contre lui, beaucoup d’Américains ne savaient pas trop pour qui voter. En France, c’est le Pénélopegate qui met à mal la candidature du champion issu de la primaire républicaine. Et bien c’est justement les primaires qui sont la cause de la mauvaise qualité de ces élections. Car dès le moment qu’un candidat a été issu d’un choix dépassant largement les limites du parti, sa légitimité dépasse elle aussi le cadre du parti.

Ainsi comment le parti républicain pourrait remplacer François Fillon par un autre candidat alors qu’il n’est pas responsable de son investiture ? Si Fillon (ou plus probablement un autre candidat) avait été choisi par un congrès du parti, c’est la base du parti qui l’aurait élu. Il aurait ainsi été très facile de convoquer un nouveau congrès pour soit renouveler la confiance au candidat ou le remplacer par simple vote. Mais on ne peut pas relancer une nouvelle primaire. Donc on est condamné à attendre un désistement du candidat lui-même ou à réitérer sa confiance en lui contre vents et marées.

C’est pareil pour le cas d’Hilary Clinton. Les affaires qu’elle a subies durant la campagne sont sans doute en grande partie responsables de son échec. Mais pas moyen de la remplacer par Bernie Sanders sur le fil. Elle était la candidate issue de la primaire et sa légitimité était trop grande pour cela.

Bref pour moi le choix d’un candidat est une affaire interne aux partis. Ensuite la véritable élection, cadre démocratique unique, ne peut reposer sur les partis. Les élections, ce sont des hommes et des femmes face à leur électorat. J’espère que dans cinq ans, on oubliera cette procédure responsable de tant de couacs.

06/03/2017

Macron a un programme !!!

Oui, non seulement Macron est beau, non seulement il est jeune, non seulement il a une histoire d’amour avec images (1).jpgune femme plus âgée que lui, non seulement il sait s’exprimer avec une voix de stentor quand on juge qu’il parle d’une manière trop lisse et peu convaincante, non seulement il est merveilleux à tous points de vue, mais il est si formidable qu’il a même un programme économique !

Fi de tous ceux qui ont osé prétendre qu’il n’avait point de programme. Cette fois il l’a révélé : il en a bel et bien un ! Et toute la presse s’est empressée de relayer cette information sans précédent. Le président que ces médias ont déjà élu : oui, il a un programme.

Finalement donc, ses principaux détracteurs ont tous eu tort. Ils l’ont accusé de ne pas avoir de programme, ils disaient que ses discours n’étaient qu’une longue litanie de lieux communs. Ils disaient qu’il ratissait large, capable dans une même phrase de draguer d’une part les nostalgiques du Général De Gaulle et de courtiser de l’autre part ceux de François Mitterrand. Ils disaient que c’est un pur produit marketing, fabriqué par plusieurs agences de com. Mais non, Macron c’est du sérieux. Il a un pro-gram-me.

Et bien que tous ces malfaisants le sachent : ils ont toujours eu tort. Non seulement Macron a toujours eu un programme économique, mais il s’agit du même que tous ceux qui ne parlent jamais de l’Union Européenne ni de l’Euro. Ce programme à un nom : Les GOPE !

Lire la suite

19/02/2017

Macron, un micro-candidat

Hommelibre a déjà publié la version courte de cette vidéo, je publierai donc la version longue. Ce faux fan infiltré dénonce les manipulations de l'équipe de campagne de Macron qu'il a découvertes lors d'une infiltration des équipes d'ambianceurs du candidat lors de son grand meeting de Lyon. Personnellement cette vidéo ne m'apporte pas grand chose. En effet les ficelles utilisées sont tellement grossières qu'elles sont facilement déchiffrables par qui réfléchit un peu. Les images des meetings parlent d'elles-mêmes. Macron n'est rien de plus qu'une manipulation de l'électorat.

 J'ai bien dit qu'il est une manipulation et non un manipulateur. C'est un orateur bien trop peu doué pour manipuler l'électorat de lui-même. Par exemple, Sarkozy est un véritable manipulateur. C'est un très bon orateur, capable d'asseoir sa rhétoriqu et qui sait comment provoquer l'assentiment des foules. Macron lui est un très mauvais orateur. C'est pour ça qu'il a eu besoin d'engager une société de conseil en communication. Et d'ailleurs même avec ces conseils avisés, il parvient à faire de grossières erreurs, comme par exemple quand il s'était mis à vociférer pendant un discours, alors qu'on lui avait probablement conseillé d'élever un peu la voix pour paraître moins lisse.

Quand on voit ce clip, qui a servi à lancer son parti, on découvre toutes les ficelles de marketing utilisées par cette société de communication. Aucun engagement, aucune promesse électorale, juste une dynamique publicitaire censée attirer le gogo vers un programme inexistant en lui faisant croire que Macron est le candidat du changement:

Finalement, je renonce donc à faire une analyse stricte des manipulations qui l'entourent. Il suffit d'être un peu attentif durant ses discours pour les déchiffrer. Toutes les phrases sont creuses. Il n'y a aucun engagement de fait. On dirait même qu'il s'agit d'un jeu consistant à citer un certains nombre de mots clés, chacun destiné à provoquer l'intérêt d'une partie de l'électorat. On cite par exemple De Gaulle, puis peu après Mitterrand, ce qui paraît extrêmement incohérent tant les deux hommes ne s'appréciaient pas. Et quand on sort un 'Je vous ai compris' pour calmer les pieds noirs peu après les avoir traités de génocidaires, je ne pense pas qu'on puisse convaincre qui que ce soit.

 Je ne crois pas que les Français soient suffisamment stupides pour acheter le produit Macron. Les sondages qui commencent à le donner vainqueur ne peuvent être que mensongers. A force de croire qu'il y aura l'effet 'Tout sauf Le Pen' au second tour, les médias se préparent à une grosse désillusion. Qui peut croire que son discours totalement creux et sans le moindre engagement parviendra à rallier la majorité des Français durant un débat contre n'importe quel autre candidat ? A mon avis, s'il atteint le second tour, il y aura surtout un effet 'Tout sauf Macron'. Et si c'est effectivement Le Pen qui lui sera opposée, ceux qui auront trop d'aversion à son égard choisiront l'abstention plutôt que voter pour Macron. Si Marine Le Pen est une machine à faire élire un âne,(autrement dit, tout candidat qui lui est opposé au second tour) Macron est peut-être finalement une machine à faire élire une machine à faire élire un âne !

01/02/2017

Marisol Touraine devrait changer de nom

marisoltouraine.jpgMarisol Touraine, ministre française de la santé, n'en finit pas de faire la vie dure aux cigarettiers. Je ne suis d'ailleurs pas là pour défendre ces derniers. Je les considère comme des empoisonneurs publics, directement responsables de la mort de millions de personnes. Ceci dit, leur business est toujours légal, jusqu'à preuve du contraire. Et quand on fait un commerce légal, on doit certes respecter la législation en vigueur, mais en dehors de cela on doit bénéficier d'une totale liberté de gérer son entreprise comme on l'entend. Pour moi la décision de Mme Touraine d'interdire le nom de plusieurs marques de cigarettes ne respecte pas cette liberté.

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/tabac-quatre-...

Tout d'abord, il est totalement naturel de choisir un nom vendeur pour ses produits. J'imagine assez mal un cigarettier choisir le nom 'Cancer assuré' ou 'Mort subite' pour ses cigarettes. Juger de l'attractivité d'un nom est d'ailleurs extrêmement subjectif et se baser sur des éléments subjectifs pour régir un commerce est la porte ouverte à toutes les dérives. Et je pense qu'une ministre digne de ce nom ne devrait jamais mettre le doigt dans cet engrenage.

D'ailleurs j'en profite pour dénoncer la perfidie des autorités, non seulement françaises mais aussi suisses et de tous les autres pays, qui consiste à prétendre qu'on lutte contre le tabagisme en augmentant le prix des cigarettes, alors que si on voulait vraiment mettre fin à cette pratique, on pourrait décider d'interdire ce produit. Mais dans ce cas, l'état se priverait non seulement de juteuses taxes, mais devrait en plus organiser la lutte contre le trafic qui exploserait ! A noter en plus que le fait de ne pas harmoniser le prix des cigarettes au sein d'un marché unique où les produits peuvent circuler librement provoque un appel d'air significatif. Non seulement les cigarettes françaises ne se vendent plus dans les zones frontalières, non seulement le marché noir commence à représenter une concurrence très gênante pour les buralistes de tout le pays, mais en plus, des sites internet commencent à fleurir pour vendre, cette fois-ci en toute légalité, des cigarettes en provenance d'autres pays de l'UE ! Avec en plus le plaisir pour le fumeur de retrouver des paquets différenciés par marques. Finalement, on voit que la distorsion de marché provoquée par l'acharnement anti-cigarettiers de Mme Touraine saigne au vif tout un pan de l'activité commerciale légale française, sans pour autant améliorer la santé des Français.

Aussi, afin de rétablir l'équilibre, je propose à Mme Touraine de changer de patronyme, car je le trouve beaucoup trop attractif. En effet, 'Touraine' évoque une appellation prestigieuse et des cépages de renom. Autrement dit, son nom pourrait inciter certains à l'alcoolisme. Et personnellement, je vois d'un très mauvais œil une ministre de la santé inciter la population à la consommation d'alcool ! Ainsi elle montrera l'exemple et elle démontrera que la vertu, ça n'est pas que pour les autres.

touraine.jpg

30/01/2017

Voyages dans le temps

Récemment, je me suis posé la question de la possibilité du voyage dans le passé. En effet, le voyage dans le futur est rendu possible par la théorie de la relativité d’Einstein, un peu à l’image de ce qui arrive aux personnages du film Interstellar, qui en approchant d’un trou noir voient « leur » temps ralentir fortement par rapport à celui de leurs trounoir-interstellar-film.jpgproches restés sur Terre et voyagent ainsi dans le futur, puisqu’ils rentreront sur Terre à une époque qu’ils n’auraient jamais dû vivre s’ils n’avaient pas quitté la Terre. En revanche, les théories d’Einstein ne prévoient pas le retour dans le temps. Jusqu’à preuve du contraire, la flèche du temps pointe toujours dans la même direction et on ne peut pas l’inverser.

Mais le fait est que rien ne permet d’en écarter la possibilité. En particulier, la théorie de la relativité générale prévoit que les 4 dimensions de l’espace et du temps peuvent se recourber dans une cinquième dimension sous l’effet de la gravité. C’est d’ailleurs ce phénomène qui explique le ralentissement du temps dans le cas du film cité précédemment. Et si le temps ralentit en s’approchant du trou noir, il semble que la théorie d’Einstein faillisse totalement à expliquer ce qui se produit à l’intérieur de ce trou noir. Certains pensent que le temps est si écrasé que le trou noir pourrait servir de passage spatio-temporel vers un autre lieu de l’espace et du temps, voire même vers un autre univers ;! La science-fiction s’en abreuve copieusement, mais on est encore très loin d’une théorie scientifique.

Ca n’est bien sûr que pure spéculation, mais on peut tout de même se demander si cela sera un jour possible. Et là, rapidement on doit se rendre à l’évidence. Si un jour une découverte permettait à la race humaine ou à nos descendants d’acquérir une technologie lui permettant de voyager dans le temps, elle se mettrait rapidement à explorer toutes les périodes de l’histoire. En fait, nous devrions déjà les avoir rencontrés à de maintes reprises, tout au long de l’histoire. Nous les rencontrerions de temps à autre, au détour de leurs voyages, comme de furtives rencontres avec des humains très différents de nous, disposant de technologies que nous ne pourrions même pas comprendre. En fait, comme le disait Arthur C. Clarke, nous verrions dans leur technologie une sorte de magie, tels des hommes des cavernes découvrant Internet. *

Et en fait… c’est là qu’on se dit que ça rappelle quelque chose. A partir de là, ça n’est que pure spéculation et il ne faut rien y lire de scientifique. Mais le fait est qu’il arrive à certains d’entre nous de faire des rencontres étranges, furtives et inexplicables. Des rencontres avec des formes de vie et des technologies qu’on ne pense pas pouvoir être issues de notre planète, car ces êtres ne sont pas humains et parce que leurs technologies sont bien trop avancées pour simplement imaginer qu’elles puissent être d’origine humaine. Et bien sûr il serait totalement inacceptable d’imaginer que notre planète puisse abriter des formes de vie bien plus avancées que la nôtre. On décrète donc que ces apparitions sont d’origine extra-terrestre.

Or, rien ne permet d’affirmer cela. Jamais on n’a pu prouver que ces apparitions venaient d’autres planètes. En réalité, on les appelle « Objets volants non-identifiés », à cause de trois caractéristiques qu’on ne peut réfuter : elles sont des objets, elles volent et on n’a pas réussi à les identifier. Et si on n’a pas pu les identifier, je trouve très présomptueux de décréter qu’elles sont d’origine extraterrestre. D’ailleurs dans l’histoire de l’humanité, chaque fois qu’on n’a pas réussi à expliquer un phénomène, on lui a attribué une origine plus ou moins surnaturelle et au fur et à mesure qu’on a progressé dans la connaissance des sciences, la place pour ce type d’explications s’est réduite de plus en plus. Aujourd’hui il faut admettre que la place pour un dieu s’est fortement réduite. Reste les extraterrestres dont la science ne peut nier l’existence faute de preuve.

Que sait-on sur les OVNI et les rencontres du troisième type ? D’une part, une très grande majorité de ces cinema-quelques-rencontres-avec-les-extraterrestres-revoir_2.jpgphénomènes trouvent une explication sans faire appel à des phénomènes surnaturels. Mais au final, un petit pourcentage ne trouve aucune explication. Il faut donc se concentrer sur ces derniers. La deuxième chose, c’est qu’il n’y a aucune raison de douter de la sincérité de la plupart des témoins. Ils sont la plupart du temps tout à fait sincères et certains phénomènes sont d’ailleurs observés par un nombre important de témoins indépendants. Il faut donc considérer que le phénomène OVNI est réel. Il y a de fortes chances que certaines observations concernent des technologies militaires ultrasecrètes, mais sans doute pas toutes. En particulier, les témoignages de rencontres d’humanoïdes qui de manière étrange sont souvent concordants entre eux, décrivant des petits personnages au crâne surdéveloppé, peuvent difficilement s’expliquer de cette manière.

Partant de là, je me suis mis à comparer la théorie classique, celle de voyageurs spatiaux, avec une autre possibilité, celle de voyageurs temporels. Dans le premier cas, on se retrouve avec des visiteurs, qui ont traversé de nombreuses années-lumière pour venir nous rencontrer, qui font une ou plusieurs petites apparitions comme s’ils prenaient un malin plaisir à provoquer des témoignages qui feront passer les observateurs pour des illuminés, puis repartent aussi vite qu’ils sont arrivés pour rentrer chez eux. Et ils reviendraient souvent, comme si cela les amusait. De plus, au vu de la disparité des technologies observées, (soucoupes, boules lumineuses, cigares…) ils viendraient sans doute de nombreuses planètes différentes. Leurs buts resteraient assez obscurs. Pas d’invasion, pas de liens amicaux créés avec une espèce étrangère. Seulement éventuellement une petite étude scientifique peu poussée. A se demander comment une espèce aussi peu curieuse a réussi à atteindre un tel niveau de développement technologique !

Quant aux témoins de rencontre avec des êtres vivants, ils décrivent en général des êtres non-humains et ne ressemblant à aucune forme de vie terrestre connue. Mais tout de même, il s’agit presque toujours d’êtres se tenant debout sur deux jambes, possédant deux bras terminés par des mains pourvues de doigts, possédant une tête, un cou, une bouche et deux yeux… bref, rien de très exotique je trouve. On peut mettre ça sur le compte du manque d’imagination des observateurs qui dans leur délire collectif voient ce que leur cerveau est capable d’imaginer ou qui se réfèrent à ce qu'ils ont vu au cinéma. Ou alors on peut se dire que finalement les êtres qu’ils disent observer ne sont pas si étrangers à notre planète que cela.

Admettons maintenant que ces êtres viennent du futur. D’un futur lointain où nos descendants auront réussi à inventer des machines permettant de voyager dans le temps, et en particulier, dans le passé. Que feraient-ils ? Je pense qu’ils se déplaceraient le long d’une ligne temporelle, de proche en proche, pour découvrir de leurs yeux ce qui pour eux relève d’une importance historique capitale. On les retrouverait de temps en temps, faisant une brève apparition, observant le monde de cette époque, ses technologies, ses formes de vie, puis repartant encore plus loin dans le passé, donnant l’impression aux observateurs de l’époque concernée qu’ils se sont volatilisés. Probablement, ils auraient pour règle de ne pas interférer dans la mesure du possible avec les habitants de l’époque afin de ne pas modifier ce qui pour eux est le passé et qui pourrait ainsi modifier le futur duquel ils sont issus. En effet, en admettant par exemple qu’ils soient issus d’un cataclysme pour eux historique, empêcher ce cataclysme pourrait les empêcher d’exister ! Il y a donc une conclusion vraiment déprimante à en tirer : quelle que soit leur connaissance des événements que nous pourrions avoir à vivre dans le futur, ils ne seraient pas là pour nous avertir et nous protéger, mais seulement pour observer notre chute.

Si par exemple, comme cela a souvent été rapporté par des témoins, ils ont observé les essais nucléaires durant les années 50 et 60, ça serait bien parce qu’ils considèrent le développement de cette technologie comme d’importance primordiale pour le futur. Mais ils n’ont pas cherché à empêcher la réussite de ces essais. Donc s’ils savent que ces armes seront un jour à l’origine d’un cataclysme majeur, le fait est qu’ils ne cherchent en rien à empêcher ce cataclysme. C’est d’ailleurs un fait très inquiétant pour nous…

800px-Sculpture_of_astronaut_added_to_New_Cathedral,_Salamanca,_Spain,_during_renovations.JPGDans le cas de visites de voyageurs du futur, nous devrions également trouver des traces de rencontres dans un passé lointain. Or il semble que certaines reliques de civilisations disparues représentent ce qu’on peut éventuellement interpréter comme de telles rencontres. Et certains écrits religieux ou certaines manifestations médiévales interprétées comme de la magie pourraient également y ressembler. Donc on ne peut pas exclure que ça soit le cas. **

Finalement, à partir du moment où cette invention sera faite, la technologie ne cessera pas de progresser du jour au lendemain. Nos lointains descendants continueront à améliorer leur technologie. Et ils continueront également à nous rendre visite, avec des machines de niveaux technologiques très différents, apparemment sans lien entre elles. Ils pourraient même avoir des apparences différentes, puisque leur race continuera à évoluer. Cela expliquerait ainsi très bien la disparité technologique ou biologique qu’on peut observer.

Bref, je trouve que l’hypothèse de voyageurs du futur tient bien plus la route que celle de voyageurs spatiaux. Cela ne suffit bien sûr pas à expliquer un phénomène restant inexplicable. Mais je me dis que ça pourrait être une explication assez crédible du phénomène OVNI. Et ça me laisse penser que, finalement, il n’est peut-être pas si impossible que cela de voyager dans le passé…

* 3ème loi de Arthur C. Clarke : « Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie »

** Ceci dit, la troisième image représentant un astronaute sculpté sur la cathédrale de Salamanque a été ajoutée lors d'une rénovation en 1992. Donc ne pas tirer de conclusion hâtive quand on voit ce type de représentations...

16:26 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (10)

17/01/2017

France : victoire annoncée pour les « Moinspiristes » ?

Le système d’élections à deux tours tel qu’utilisé par la France pour son élection présidentielle a induit pour beaucoup de gens une stratégie dite du « vote utile ». En se basant sur les sondages publiés, (en général truqués, mais passons...) on va choisir au premier tour celui qu’on considère comme présentable et le plus à même de battre celui ou ceux qu’on ne trouve vraiment pas convenable(s). Très souvent donc, on va trouver un candidat à peu près consensuel pour faire face à un candidat de l’extrême. Le Moinspirisme, n’est d’ailleurs pas coloré politiquement, il y a les Moinspiristes de gauche et les Moinspiristes de droite. Parfois ils se retrouveront d’ailleurs dans une belle unité au second tour, pour élire le moins pire, qu’il soit de gauche ou de droite et ainsi éjecter le pire. Cela avait par exemple été le cas en 2002 où le candidat moins pire Chirac avait battu par plus de 80% le candidat pire Le Pen, par une belle union des électeurs Moinspiristes.

J’ai lu aujourd’hui un commentaire d’un Moinspiriste de gauche, qui a déjà choisi de défendre la candidature de Macron, qui lui semble plus à même de battre au premier tour le candidat moins pire de droite, Fillon, et au second tour la candidate pire Le Pen. Il ne sait d’ailleurs pas encore qui sera le candidat socialiste, mais ça lui est égal, quel que soit l’élu, il perdra au premier tour, c'est les sondages qui le disent. Quant à Mélenchon, ça n’est pas envisageable pour lui car, bien que de gauche, c’est un candidat pire.

Les Moinspiristes de droite ont eux moins de choix. En principe, le candidat moins pire de droite c’est Fillon. Certains pourraient malgré tout se tourner vers Macron, car bien que moins pire de gauche, il faut bien avouer qu’il est franchement plus à droite que la plupart des moins pires de gauche. A tel point qu’on peut se demander si l’absence de programme politique du candidat Macron n’est pas une stratégie visant à susciter le consensus de tous les Moinspiristes. Les Moinspiristes de gauche le considèrent comme un candidat moins pire de gauche, puisque c’est ce que leur disent les médias, alors que les Moinspiristes de droite peuvent constater en se basant sur son parcours professionnel et son action politique que c’est bien un candidat moins pire de droite qui se cache derrière une étiquette moins pire de gauche.

Bref, si les Moinspiristes font la loi et que les anti-système de droite battent les anti-système de gauche, On pourrait bien voir un second tour Macron – Le Pen, ou éventuellement Macron – Mélenchon si les anti-système de gauche battent les anti-système de droite. Et bien entendu le deuxième tour verra le report de toutes les voix Moinspiristes sur Macron. Quant aux anti-système, jamais un anti-système de gauche ne reportera sa voix sur le candidat anti-système de droite et vice-versa. C’est d’ailleurs à ça qu’ils servent. En mêlant la rupture avec le système avec des arguments nettement marqués à gauche ou à droite, ils scindent les anti-système en deux camps qui ne se mêlent jamais. Pire, une partie des anti-système de droite peut se transformer en Moinspiristes de droite au second tour et une partie des anti-système de gauche peut se transformer en Moinspiristes de gauche au second tour. Par exemple, en cas de second tour Macron – Le Pen, une partie des anti-système de gauche voterait Macron au second tour pour contrer les anti-système de droite. Le Moinspirisme menant à tout, ils pourraient d’ailleurs voter Fillon en cas de second tour Fillon – Le Pen. Il est d’ailleurs probable que Mélenchon lui-même appellerait à ce vote.

Qu’auraient fait les résistants pendant la guerre ?

Bien entendu, il n’y a pas eu d’élections durant l’occupation. Et même s’il y en avait eu, l’élection du Président au suffrage universel n’était pas encore d’actualité. Mais imaginons qu’il y ait eu, disons en 1942, une élection présidentielle. Disons que Pétain aurait dû faire face à Goering qui aurait décidé que, bien qu’étant de nationalité allemande, l’occupation nécessitait qu’un membre du parti nazi allemand prenne le pouvoir sur la France. Qu’auraient fait les Moinspiristes ? Ils auraient voté en masse pour le candidat moins pire Pétain afin de chasser le candidat pire Goering. Ils auraient préféré un candidat certes collaborateur, mais moins pire que Goering. Et qu’auraient fait les résistants ? Et bien en l’absence d’un candidat réellement résistant… ils auraient choisi de bouder l’élection et attendre le retour du Général De Gaulle ! Et Pétain, bien sûr, leur aurait reproché de faire le jeu de Goering en ne votant pas massivement pour lui. Le Moinspirisme, ce n’est finalement rien d’autre que ça. C’est une compromission totale de ses idéaux politiques, parce qu’on pense que ces idéaux n’ont aucune chance de s’imposer. Et les candidats moins pires ne sont rien d’autre que des Pétain en puissance. Ils sont prêts à toutes les compromissions pour attirer les votes des Moinspiristes. Pour faire carrière. Bref, le vote utile, ça n’est rien d’autre qu’un esprit de collaboration. Une personne ayant un esprit de résistance, ça vote selon ses convictions, même si elles ont peu de chances. Et si aucun candidat ne les défend, ça ne vote pas. Et même si ça prend du temps, au final, l'histoire montre que les résistants finissent par gagner...

12/01/2017

Dis papa, c'est quoi la situation géopolitique ?

Avant de décrire la situation géopolitique, il importe de définir ce qu'est la géopolitique. Je la définirai donc comme l'étude des rapports politiques globaux entre états. Tout état possède un emplacement géographique, un positionnement politique, une puissance industrielle, économique ou militaire, un rayonnement culturel, des ressources, une histoire, une ou plusieurs langues, une ou plusieurs religions. Tout ceci va l'amener à tisser des rapports, amicaux ou conflictuels avec ses voisins et avec le reste du monde.

Le but de la géopolitique est non seulement d'étudier ces rapports, mais aussi de prévoir leur évolution. Pour cela, il n'y a qu'un seul outil qui soit pertinent: l'étude des réalités historiques qui seules peuvent montrer comment une situation géopolitique donnée peut évoluer. Il s'agit donc non seulement d'étudier la réalité géopolitique présente, mais aussi d'autres réalités géopolitique passées et de faire des comparaison. En effet, on peut considérer que des événements passés, s'ils n'ont aucune chance de se reproduire à l'identique, ont toutes les chances de réapparaître de manière similaire dans une réalité géopolitique proche.

Je prends un exemple : juste avant la 1ère guerre mondiale, le monde s'est peu à peu partagé en deux camps qui s'étaient liés par des alliances automatiques multiples. C'est ce jeu d'alliances automatiques qui a transformé un conflit entre deux états, l'Empire Austro-hongrois d'une part et la Serbie d'autre part, en conflit généralisé. Une simple étincelle, l'assassinat du dauphin impérial autrichien, a suffi à mettre le feu aux poudres. Si la situation de l'époque n'existera plus jamais, la plupart des états impliqués ayant soit disparu soit profondément changé, on retiendra de cet événement la dangerosité des alliances automatiques, ainsi que de la bipolarisation du monde. Un monde en paix, c'est un monde multipolaire où les états défendent leurs intérêts géopolitique en toute indépendance et sans animosité envers les autres états. Un monde bipolaire comme celui qui s'était mis en place avant la première guerre mondiale, c'est un monde au bord du gouffre.

Le choix de cet exemple n'est pas anodin. Je pense fermement que le monde actuel ressemble furieusement à celui qui était en place il y a plus de cent ans. Aujourd'hui, les alliances ont changé. Mais le monde semble bien bipolarisé autour de deux camps, atlantiste d'une part, russo-chinois d'autre part. Il existe bien des pôles plus ou moins indépendants comme l'Amérique du sud ou l'Afrique, mais leur puissance géopolitique est faible et ils ne peuvent pas faire contrepoids face à ces grandes entités. Et en plus de la bipolarisation, il existe aussi des alliances automatiques très dangereuses, à commencer par l'OTAN. Une organisation qui, non seulement n'a pas disparu après la chute de son pendant de l'Europe de l'Est le pacte de Varsovie, mais a continuellement été utilisée depuis pour étendre l'espace géopolitique atlantiste au détriment de celui de l'autre camp. Cette pression, que l'on doit considérer comme impérialiste, est la principale cause de la tension qui s'est accumulée ces dernières années.

Au final, il n'existe en fait que 3 puissances globales sur le plan géopolitique, c'est à dire des puissances capables de se projeter partout dans le monde pour faire valoir leurs intérêts. Il s'agit des Etats-Unis bien sûr, mais aussi de la Russie et de la Chine. Les autres états sont des puissances moyennes ou régionales. Il est par contre assez symptomatique de constater que les moyens utilisés pour la défense des intérêts géopolitiques de ces trois puissances ont évolué. Les Etats-Unis, traditionnellement la première puissance économique, peuvent toujours utiliser leur arme du dollar, mais cette arme est de plus en plus contestée par le camp adverse, à commencer par la Chine. Cette dernière a en effet choisi de se passer du dollar chaque fois que c'est possible. Elle a également son statut tout neuf de première puissance économique pour elle. Elle se permet ainsi de conquérir des alliances avec des pays disposant de ressources qui l'intéressent et ainsi marcher sur les plates bandes des puissances occidentales. Pour cette raison, les Etats-Unis sont de plus en plus forcés de se rabattre sur des stratégies de conquêtes militaires, soit par l'affrontement direct, soit par la déstabilisation et le changement de régime de ces pays. La Russie quant à elle, après une éclipse d'une vingtaine d'années, revient en force et s'impose comme le bras armé de cette alliance avec la Chine.

On a donc un camp dont la puissance économique décline et qui est poussé dans ses retranchements, forcé de défendre militairement ses intérêts géopolitiques, et un second camp qui domine déjà au niveau économique et revient très fort sur le plan militaire. Que peut donc donner une telle situation ? On peut déduire assez facilement que sans affrontement direct entre les deux camps, la situation va continuer d'évoluer favorablement pour le camp russo-chinois et l'Occident continuera à décliner. Ce dernier pourrait donc être tenté de forcer l'autre camp à la confrontation. C'est même le plus grand risque de notre époque. Mais cet affrontement peut aussi bien se faire sur le plan économique, comme semble le souhaiter Donald Trump.

On peut ajouter à ce risque la démographie, qui va faire de l'Asie et de l'Afrique les principales zones de peuplement du monde. Comme un grand nombre des zones à forte croissance démographique se trouvent dans des régions pauvres, on peut craindre un exode massif avec à la clef une intensification des conflits ethniques. Ils pourraient donner lieu à de véritables guerres civiles si la nouvelle population cherchait à imposer son mode de vie à la population "historique". Ca a sans doute déjà commencé et ça n'est pas prêt de s'arrêter. Le réchauffement climatique, s'il s'avérait vrai qu'il sera catastrophique, (ce dont je doute) pourrait également augmenter ces exodes. Ces risques concernent surtout l'Europe qui est en première ligne du fait de sa position géographique située juste au nord des sources principales de ces exodes. Mais les Etats-Unis ont également leurs propres problèmes de migration venant en particulier d'Amérique latine, ce qui a participé à "l'effet Trump".

Finalement, le troisième facteur qui peut favoriser des conflits, c'est l'appauvrissement des réserves énergétiques. Durant ce siècle, il est presque certain qu'on verra la fin de la courte ère de l'abondance énergétique. D'une manière ou d'une autre, dans trois ou quatre génération, le monde aura évolué vers une autre forme de production et de consommation énergétique. Mais c'est la période intermédiaire qui est plus problématique. Lorsque les réserves s'affaibliront, les camps en présence chercheront à s'approprier les restes pour avoir plus de temps pour réaliser leur transition énergétique. Durant cette période, qui a sans doute déjà commencé, les deux camps en présence pourraient s'affronter directement pour le contrôle de ces ressources. L'affrontement économique ne sera alors plus suffisant. C'est même sans doute le plus grand danger qui nous guette.

06/01/2017

Les russes sont-ils responsables de la divulgation des emails de John Podesta ?

gettyimages-622150226.jpgC'est ce qu'affirment en tout cas la CIA et qui a poussé Barack Obama a prendre des sanctions diplomatiques contre la Russie. Par contre, Julian Assange le nie. Pour lui, il n'y avait vraiment pas besoin d'être un hacker professionnel pour y parvenir :

Un ado de 14 ans aurait pu le faire

Et Donald Trump soutient cette thèse :

Trump désavoue la CIA et soutient Assange

Au final, je trouve que ça fait beaucoup de polémique pour pas grand chose. Il est en effet possible que le hacker qui a piraté ces emails se trouve en Russie, comme cela arrive souvent. Et même si c'est le cas, cela ne prouve en rien que le gouvernement soit derrière cette attaque.

Et surtout, quelque soit la source de l'attaque, cette polémique ne sert qu'à masquer un fait: si la révélation de ces emails a effectivement pu influencer l'issue de la campagne présidentielle, ce dont je ne doute pas, ce n'est pas parce que le directeur de campagne d'Hillary s'est révélé être un enfant de cœur en matière de sécurité informatique. C'est au contraire le contenu de ces emails qui a révélé la triste vérité à propos de la candidate démocrate: il s'agit d'une très sombre politicienne, aux pratiques plus que douteuses, voire criminelles, lorsqu'elle ne soutient pas en catimini le terrorisme international.  Ce site a été créé pour faire un condensé des plus dommageables de ces emails:

http://www.mostdamagingwikileaks.com/

13/12/2016

Mais qui dirige le monde ?

J'ai dit dans les commentaires du précédent billet que les politiciens occidentaux ne dirigent plus rien et ne sont que les pantins de ceux qui les financent, à savoir une élite mondialiste. Je suis conscient que ce type de commentaires peut paraître conspirationniste et je souhaite donc préciser les choses. D'une part, il faut dire que la classe dirigeante non-politique est composée d'un certain nombre de lobbys assez hétéroclites et donc qu'il n'existe pas d'élite occulte, composée d'une dizaine de décideurs, qui déciderait du destin du monde entier. Les politiciens dépendent de différents lobbys (un ou plusieurs) et ne sont donc pas plus homogènes que l'élite mondialiste.

Il y a d'abord le lobby sioniste. Et j'ai dit sioniste mais pas juif. Tous les juifs ne sont pas sionistes et tous les sionistes ne sont pas juifs. Aux USA, c'est surtout les neo-cons qui sont proches de ce lobby, pourtant un groupe se disant chrétien. Il y a aussi le lobby pétrolier, en particulier le lobby des pétromonarchies. Le lobby de Wall Street, dont font partie des entreprises telles que Goldman Sachs ou Merrill Lynch. Le lobby militaro-industriel, composé de militaires et d'entreprises du domaine. Et sans doute bien d'autres lobbys, comme les pharmas etc.

Ceci dit, il faut comprendre qu'il y a un certain nombre de points sur lesquels ces différents lobbys sont d'accord, ce qui fait de ces points une sorte de dénominateur commun dont ne doit sortir aucun politicien s'il veut avoir une chance d'exister. Il y a d'abord une vision néolibérale de l'économie, sorte de pensée unique dont on ne peut pas sortir sans être taxé d'extrémisme. (de gauche ou de droite c'est pareil) Sur le plan géopolitique, il y a la nécessité de contrôler la zone hautement stratégique du Proche et du Moyen-Orient ainsi que la nécessité de contenir les velléités russes et chinoises d'exister sur la scène internationale. Il est aussi très important de renverser les gouvernements de pays ayant refusé de faire allégeance à l'Empire américain. Cela passe bien sûr par un budget militaire américain maintenu à haut niveau, des intrigues des services de renseignement, voire des attaques sous faux drapeau, et par une politique de vassalisation en Europe et en Extrême-Orient.

Les médias eux aussi sont aux mains de ces groupes financiers et la diversité de leurs opinions ne peut donc pas excéder celle de ces lobbys. Même les médias nationaux sont sous leur contrôle, puisqu'ils sont contrôlés par des politiciens eux-mêmes sous contrôle de ces groupes. Ainsi, cela permet de maintenir la population dans l'illusion de la liberté, tout en lui instillant l'idée que tout ce qu'entreprend l'Occident est fait pour son bien.

Leur seule erreur finalement, c'est d'avoir démocratisé Internet attirés par les juteux profits qu'il promettait, sans se rendre compte qu'il allait devenir un espace de liberté totalement hors de contrôle.

06/12/2016

Le rapport de forces et scénario probable d’une hypothétique 3ème guerre mondiale (partie 5 et fin)

Comme on l’a vu précédemment, une 3ème guerre mondiale se jouerait sur 3 fronts. En Europe, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient. En tout cas ça serait le cas d’une guerre restant conventionnelle ou limitée sur le plan nucléaire. Bien entendu, si le conflit se transformait en conflit nucléaire global, il impliquerait la destruction totale de l’Amérique du Nord, de l’Europe et d’à peu près toute l’Asie. En gros, la quasi-totalité de l’hémisphère nord. Mieux vaudrait dans ce cas s’être préalablement réfugié dans le sud, soit l’Afrique subsaharienne, l’Amérique du sud ou l’Océanie.

On peut toutefois espérer que les grandes puissances adopteraient une sorte de règle tacite : ne pas utiliser les armes nucléaires en premier, afin d’éviter la destruction totale de son propre camp par la réponse adverse. Cela même si les USA et la Russie se disent officiellement prêts à des frappes nucléaires préventives en cas d’agression, ce que je mets sur le compte d’une rhétorique dissuasive. Toutefois, on ne peut malheureusement pas nier qu’il existe un réel risque d’escalade si un des camps se retrouvait acculé et décidait d’utiliser des armes nucléaires tactiques -armes à neutrons ou nucléaires de petite taille, utilisées sur le champ de bataille- afin de faire reculer l’ennemi. La réponse pourrait être dans ce cas de plus grande ampleur, grossissant rapidement vers une catastrophe globale. Et ce ne sont pas les armes anti-missiles que possèdent désormais les deux camps qui suffiraient à l’empêcher. En effet, le nombre de missiles qui voleraient simultanément surpasserait largement les capacités de ces systèmes d’armes et leur grand nombre permettrait de lancer plusieurs ogives sur une même cible.

Si on parie sur un conflit restant majoritairement ou totalement conventionnel, on peut analyser le rapport de forces. Tout d’abord, le camp occidental est largement dominé par les USA dont le budget militaire égale pratiquement le budget de tous les autres pays réunis ! Mais si la domination dans les airs, sur terre et sur mer des Etats-Unis était jusqu’à maintenant sans partage, elle tend à diminuer du fait de la progression technologique de la Russie et de la Chine. Les capacités budgétaires de cette dernière sont d’ailleurs presque illimitées, du fait de la croissance dont elle jouit depuis des décennies. La Russie a quant à elle moins de capacités sur le plan financier, mais la progression de son armement sur le plan technologique est très rapide et désormais, ce sont plusieurs systèmes d’armes russes qui inquiètent sérieusement les stratèges étasuniens.

Il y a bien sûr les armes anti-aériennes et anti-missiles, comme les missiles S400 et les futurs S500 qui commenceront à être déployés en 2017. Ces armes ont permis à la Russie de sanctuariser l’espace aérien syrien depuis 2013, de telle manière que désormais, rien ne peut survoler ce pays sans avoir préalablement demandé la permission aux forces russes. Or on sait à quel point la suprématie aérienne est pour les Américains un préalable à toute intervention terrestre. Les missiles russes sont donc une très grosse épine dans leur pied.

L’aviation n’est d’ailleurs pas en reste. En principe inférieurs aux avions occidentaux, les avions russes (tout comme les avions chinois dérivés) sont désormais capables de faire pratiquement jeu égal, du fait de leurs meilleures qualités sur le plan aérodynamique et des contre-mesures électroniques que les Russes sont capables de mettre en œuvre. On peut d’ailleurs citer l’épisode du Donald Cook en 2014, un destroyer doté de la technologie radar ‘AEGIS’ en Mer Noire qui s’est retrouvé totalement aveuglé et qui n’avait pas pu prévoir l’arrivée d’un bombardier Su-24, pourtant de technologie très dépassée. Les contre-mesures que cet appareil a utilisées lui ont permis de survoler le navire sans alerte préalable. Cet épisode aurait tant effrayé les marins, qu’ils auraient démissionné en masse.

Ceci est primordiale car cela signifie que les groupes de combat naval déployés par les Etats-Unis, dont la protection aérienne repose en grande partie sur la technologie Aegis, se retrouveraient totalement démunis face à une attaque d’envergure de l’aviation russe, y-compris leurs puissants porte-avions. Il est possible que les Américains aient déjà trouvé la parade, mais rien n’est moins sûr.

Et cela tombe mal, puisque la Russie et la Chine développent chacun de son côté une flotte qui, à elles deux, seraient en mesure de défier la puissante marine américaine. Et même si on peut ajouter la flotte française et la flotte anglaise aux forces occidentales, la suprématie marine sera de moins en moins assurée dans les prochaines années.

Sur le plan terrestre finalement, on peut citer le char T-14 Armata qui entrera en service courant 2017 et qui est d’ores et déjà considéré comme le meilleur char du monde. Il devance sur le plan technologique les Abrams américains, Leopard 2 allemands ou Leclerc français, tous assez anciens. Dans ces conditions, même une attaque terrestre sur la Russie, qui ne pourrait d’ailleurs pas être correctement couverte sur le plan aérien, restera assez hasardeuse.

Au final, on le voit : l’armement russo-chinois, traditionnellement tourné vers la défense, devient de plus en plus offensif et ces deux pays devraient devenir prochainement capables de rivaliser avec les Américains dans leur capacité de projection dans le monde entier. Et aussi, l’année 2017 semble être une année charnière. Jusque-là, la suprématie occidentale reste claire, après on ne sait pas, mais tout porte à croire que le rapport de force va continuer à s’inverser.

Voilà sans doute pourquoi les généraux américains prétendent qu’un affrontement est inévitable. Un monde où ils ne seraient plus l’unique force dominante et où ils seraient obligés de coopérer avec ceux qu’ils considèrent comme l’ennemi les effraye. Bien sûr, rien n’oblige les politiciens de suivre leur avis. Mais leur influence est importante et il est difficile de savoir ce qui va se passer en définitive.

Par contre, si on n’est pas certain que la confrontation tiède actuelle va réellement se transformer en conflit global, en revanche on peut déduire du rapport de forces le moment où cela pourrait se produire. On l’a vu l’année charnière est 2017. Et une attaque de la Russie ne peut que se faire au printemps du fait de la taille de son territoire et de ses hivers terribles. Ca a toujours été le cas dans l’histoire et cette fois cela ne dérogera pas à la règle. Donc il ne reste plus qu’une fenêtre pour une attaque américaine : le printemps prochain. Si elle n’a pas lieu, nous allons peu à peu glisser vers un monde dominé par l’alliance de la Chine et de la Russie. C’est rien de moins qu’un changement total de paradigme. En 2020 nous serons dans un nouveau monde, quoi qu’il arrive. Un monde détruit ou un monde dans lequel l’Occident aura perdu une grande partie de son influence. Cela se fera dans la paix ou dans la guerre, mais cela se fera.

Et finalement, quel scénario peut-on envisager pour une future guerre globale ? Le scénario proposé par le général britannique Sir Richard Shirreff dans le livre qu’il a publié cette année est juste une farce. Il parle d’une attaque russe sur les républiques baltes, sans provocation préalable. Mais jamais les Russes ne s’engageraient dans une telle aventure, pour deux raisons. D’une part, le temps joue pour la Russie et elle n’a aucun intérêt à lancer une guerre avant d’être totalement prête sur le plan militaire. D’autre part, elle n’a aucun intérêt à se lancer dans une attaque qui la placerait sur un terrain contrôlé par l’ennemi. Il est bien plus sage d’attendre l’attaque ennemie sur un terrain où il n’aurait pas la capacité d’assurer la suprématie aérienne et subirait de lourdes pertes de ce fait.

Je pense donc qu’on peut plutôt s’attendre à un conflit débutant au Moyen-Orient, avec probablement une guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, appuyés par les deux camps principaux qui se retrouveraient réellement opposés dans une guerre directe pour la première fois. Compte tenu du jeu des alliances automatiques, les déclarations de guerre se feraient en cascade, comme ça a été le cas en 1914. Très vite, le conflit gagnerait les 2 autres théâtres d’opération, à commencer par une attaque de grande ampleur sur la Russie par le front européen et peut-être aussi par le front oriental, depuis le Japon. Dans ce cas, la Chine en profiterait pour sécuriser les mers et les territoires qui l’entourent et que les forces américaines auraient été obligées de négliger.

 

Ensuite, c’est plus difficile à dire. Mais j’aurais tendance à parier sur l’échec de cette nouvelle campagne de Russie, comme les deux précédentes campagnes de Russie avaient échoué. Comme Napoléon ou Hitler avant eux, les forces de l’OTAN se retrouveraient engluées dans un conflit d’une durée bien trop longue qui les amènerait à supporter le terrible hiver sibérien. Cela conduirait comme en 1942 les forces russes à refluer vers l’Europe, pour une invasion totale cette fois. (à l’exception sans doute de l’Angleterre)

Dans tous les cas, les conséquences de la guerre seraient terribles. Durant la première guerre mondiale, il y a eu près de 9 millions de morts. Durant la seconde près de 60 millions. Si la règle exponentielle continuait à se vérifier, quel sera le terrible bilan de cette nouvelle guerre ? Un bilan se comptant en milliards de mort ? Probablement, malheureusement.

Explosion-Nucleaire-1.jpg

02/12/2016

Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu’à exploser (partie 4)

Note précédente : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

Oui on peut le dire, l’Extrême-Orient est une véritable cocotte-minute. D’apparence très calme en regard de l’autre extrémité du continent asiatique, il recèle plusieurs conflits anciens non-résolus qui n’attendent qu’une étincelle pour se transformer en réelles confrontations.

missile coréen.jpgD’abord en Corée, où sévit une guerre parfois plus tiède que froide. Avec un dirigeant du Nord dont la fuite en avant ne semble pas avoir de fin. Certes, le dossier nucléaire coréen a été relégué au second plan, car d’autres dossiers sont désormais bien plus chauds. Mais cela n’empêche pas le programme nucléaire nord-coréen de progresser, envers et contre tout. Et ce ne sont pas les diverses condamnations de l’ONU qui vont y changer grand-chose. Selon les déclarations officielles suite au dernier essai en date, le plus puissant de tous, la Corée du Nord possède désormais la capacité de produire des ogives nucléaires pouvant être montées au sommet de leurs missiles. Ainsi, la menace qu’ils représentent pour leurs voisins du Sud est plus précise qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin de la guerre en 1953.

A noter au passage que la situation peut en grande partie être imputée à Georges W. Bush et à son administration. En effet, au début du 21ème siècle, les deux Corée vivaient la plus grande période de détente depuis la fin de la guerre, à tel point qu’on parlait sérieusement de réunification. Mais tout s’est arrêté lorsque, de manière absurde, Georges Bush a choisi d’associer la Corée du Nord à l’Iran et à l’Irak au sein de son ‘axe du mal’ ! Sans cette bourde historique, nul ne sait ce qui aurait pu se passer. Il est en tout cas probable que la Corée du Nord ne se serait pas placée de manière unilatérale dans une position d’opposition avec le monde entier avec un programme nucléaire honni de tous.

Il y a aussi le conflit entre les deux Chine, la Chine Populaire d’une part et la République de Chine (Taiwan) d’autre part, qui dure depuis que Tchang Kai Shek s'est réfugié avec ses partisans sur cette île en 1949. Les seconds ne font bien sûr pas le poids sur le plan militaire, mais défendus par les Américains, ils restent à l’abri pour l’instant, car sur le plan maritime en particulier, les USA ont une très large supériorité sur la Chine. Mais la mise en service récente d’un premier porte-avions chinois, (sur la base d'un ancien porte-avions soviétique) et bientôt d'un second et peut-être de plusieurs autres, ainsi que celle deporte-avions-chinois.jpg nombreux sous-marins modernes, laisse planer un doute sur la suprématie américaine. Certes, les Etats-Unis auraient, pour l'instant en tout cas, la capacité de faire face à un conflit localisé avec leurs 10 groupes de combat aéronavals. Dans le cas d’une guerre mondiale en revanche, il s’agirait de dominer l’ensemble des océans de la planète avec ces 10 groupes et avec l’aide d’un seul autre groupe de combat, celui du porte-avions Charles de Gaulle. Il n’est pas sûr du tout que cela soit toujours suffisant pour garder le contrôle partout, en particulier dans cette région.

La même remarque est vraie pour le conflit qui oppose la Chine au Japon (mais aussi Taiwan) pour le contrôle des îles Senkaku et de leurs bassins pétroliers sous-marins. La Chine ne prendra pas le risque d’envahir ces îles de manière unilatérale, car cela les mettrait en confrontation directe avec la marine américaine qui les protège. Mais en cas de guerre mondiale, il n’en irait pas de même. Elles deviendraient évidemment un objectif prioritaire pour l’Empire du Milieu.

Si on ajoute à tout cela la présence de la flotte russe du Pacifique à Vladivostok, la présence de la base américaine d’Okinawa au sud de l’archipel japonais ainsi que leur présence en Corée du Sud, on comprend bien que la région est une véritable poudrière, avec la présence d’une grande partie des acteurs majeurs d’une possible confrontation mondiale. Une poudrière qui ne demande qu’à exploser en cas de conflit.

30/11/2016

Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers (partie 3)

Note précédente : Le front européen : la stratégie d'encerclement

Le Moyen-Orient, c’est depuis de nombreuses années une région hautement stratégique. C’est aussi une des zones les plus instables du monde. La raison principale en est son statut de réserve mondiale de pétrole, le carburant de la civilisation moderne. Un pays qui s’en verrait privé serait renvoyé au Moyen-Âge du jour au lendemain. Et surtout, sans l’agriculture moderne, qui utilise des machines fonctionnant aux hydrocarbures et des produits issus de la pétrochimie, aucun pays ne serait capable de nourrir sa population et une terrible famine y régnerait rapidement. Les armées sont également dépendantes du précieux liquide sans lequel elles seraient incapables de faire fonctionner leurs véhicules, chars, avions, missiles et navires.

Or, on sait que durant ce siècle, la production de carburant va décroître, à un moment où justement, certains pays émergents, à commencer par la Chine, accèdent au rang de grands consommateurs de pétrole. La demande explose donc à un moment où la production s’apprête à baisser. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les deux camps qui pourraient s’opposer dans une 3ème guerre mondiale sont regroupés autour des pays industrialisés d’une part, des émergents d’autre part. Dans ces conditions, des conflits de grande ampleur autour de la possession des dernières réserves pétrolières sont d’ores et déjà programmés. Ils pourraient même se produire très rapidement, à titre préventif.

syrie.jpgLes choses sont d’autant plus complexes que les pays soutenus par les 2 camps s’entremêlent, rendant les confrontations très probables. Ainsi, Israël, l’Arabie Saoudite et les petites monarchies du Golfe ainsi que la Turquie font partie du camp des pays industrialisés alors que l’Iran, la Syrie, la Libye (jusqu’en 2011) et l’Irak (jusqu’en 2003) font partie du camp des émergents. Dans ces conditions, on comprend mieux l’enjeu des diverses guerres ayant eu lieu depuis le début du siècle. Il s’agit avant tout pour le camp occidental de relier les pays alliés afin de faciliter la préparation d’une éventuelle grande guerre et chasser l’ennemi de ces régions. Le pétrole est à la fois l’enjeu principal à terme et un enjeu secondaire pour l’instant. C’est pour ça qu’il est si difficile de comprendre la raison qui pousse à se lancer dans certaines guerres, comme l’Afghanistan ou la Syrie, si on se focalise sur les gains pétroliers uniquement et non sur la géostratégie.

Ainsi les évènements qui se sont produits dans la région depuis le début du siècle s’inscrivent tous dans une volonté de chasser les émergents de la région : la guerre en Afghanistan (2001), la guerre en Irak (2003), l’opposition au programme nucléaire iranien (2005), les printemps arabes (2010), la guerre civile en Libye (2011), la guerre civile en Syrie (2011) et l’intervention de l’Arabie Saoudite au Yémen (2015) ont toutes pour but de repousser les émergents de la région.

La Syrie en particulier est un enjeu majeur, du fait de sa position qui permet de relier l’Iran à la Méditerranée. Elle sépare également la Turquie et Israël, ce qui est un problème stratégique important. Finalement, la Russie y possède une importante base militaire. C’est à cause de cette position stratégique qu’elle a fait l’objet d’une forte déstabilisation avec pour but le renversement du gouvernement baasiste. Je ne reviendrai pas d’avantage sur cette guerre pour laquelle j’avais expliqué en détail ma vision de son déroulement dans cette note :

http://leblogdekad.blog.tdg.ch/archive/2016/10/20/pourquo...

Or, depuis 2015, la Russie a décidé de cesser de laisser faire les Etats-Unis et s’est lancée dans une politique de soutien de ses derniers alliés dans la région, en particulier la Syrie et l’Iran. Du fait de la présence à la fois des Russes et des Américains dans un même conflit, nous faisons ainsi face à une situation inédite car jusque-là tous les conflits s’étaient déroulés par proxy interposé. Ainsi, le conflit syrien et ses possibles métastases représentent un danger sans précédent, en tout cas depuis la crise de Cuba en 1962.

bombardement yemen.jpgLa position de la Turquie, qui se rapproche du camp des émergents bien que faisant partie de l’OTAN, risque également de faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Une Turquie quittant l’OTAN et s’alliant à la Russie donnerait ainsi un avantage stratégique important à cette dernière. Ce d’autant plus si la Syrie était à nouveau sécurisée. Dans ce cas, on pourrait tout simplement parler d’un échec total des Américains à s’imposer dans la région.

Et si Donald Trump s’est dit décidé à reprendre un dialogue constructif avec la Russie, ce qui tranche nettement avec la politique va-t-en-guerre de ses prédécesseurs, tout danger n’est pas écarté pour autant. Sa volonté de remettre en question l’accord sur le nucléaire iranien en particulier pourrait relancer un conflit larvé avec ce pays. Et l’antagonisme exacerbé entre l’Iran et l’Arabie Saoudite ainsi qu'avec Israël est une véritable bombe à retardement qui pourrait mener le monde entier dans une guerre totale, le jeu des alliances jouant le même rôle que celui qu’il a tenu en 1914. Cela fait donc du Golfe, plus que jamais, la zone de tous les dangers.

Note suivante : Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu'à exploser

28/11/2016

Le front européen : la stratégie d’encerclement (partie 2)

Note précédente : La 3ème guerre mondiale a-t-elle commencé en 2011 ?

Dans sa tentative d’encercler la Russie et de la priver de sa zone tampon avec elle, les Etats-Unis ont tout d’abord fait entrer les pays baltes dans l’OTAN, rompant ainsi avec ses promesses de ne pas faire progresser l’organisation vers l’est. Puis ils ont essayé de renverser les pouvoirs en place en Ukraine et en Biélorussie au travers des révolutions de couleur. Cette stratégie est en tout point identique à celle des printemps arabes qui ont fait tomber plusieurs gouvernements plutôt favorables à Moscou au sein des pays musulmans.

L'affaire des missiles anti-missiles en Europe de l'Est a continué à enfoncer le clou. A première vue, il s'agit d'armes défensives servant à contrer des armes offensives. Mais en réalité, le but des armes nucléaires est d'empêcher une attaque, l'adversaire sachant qu'il va être totalement détruit s'il attaque. Sur le fond elles ont donc un but défensif. Les armes anti-missiles servant à contrer cette stratégie, elles doivent donc être considérées comme des armes offensives, car elles facilitent une attaque conventionnelle. C'est pour cette raison que la Russie a réagi avec tant de véhémence à leur implantation. Et si elles avaient véritablement été destinées à contrer les armes nucléaires iraniennes comme ça a été annoncé, pourquoi y sont-elles encore alors qu'un accord avec l'Iran a été signé ?

troupes russes.jpgOn doit aussi citer la tentative de chasser les Russes du territoire de la Géorgie à l’aide du gouvernement totalement acquis à l’Occident et de son armée en grande partie équipée et soutenue par les Etats-Unis. Le but final de cette opération, dont la réussite a été empêchée par la réactivité de la Russie, était l’entrée d’une Géorgie réunifiée dans l’alliance atlantique et son ancrage définitif dans le bloc occidental. Au passage, cette opération au résultat désastreux a mené à la prise d’une grande quantité de matériel d’origine américaine par les troupes russes. Selon certains experts, cette prise aurait fortement aidé l’armement russe à progresser sur le plan technologique. En particulier, les systèmes de guidage hautement sophistiqués des missiles anti-aériens et anti-missiles S400 puis bientôt des S500 y trouveraient leur origine.

Si l’on tient compte de tous ces éléments, on parvient à dessiner les contours du plan géostratégique des Etats-Unis, qui tentent de priver la Russie de sa zone tampon et de se l’approprier en l’intégrant à l’OTAN. Elle a aussi pour but de réduire au minimum l’accès russe à la mer noire. En effet cette mer est le seul accès russe à une mer libre de glace toute l’année et cet accès a toujours été considéré comme vital pour la marine de ce pays. Le point d’ancrage traditionnel de la flotte de la mer noire se trouve d’ailleurs à Sébastopol depuis que la Crimée a été annexée à l’Empire russe par la Grande Catherine en 1783. (prise à l’Empire ottoman) La Crimée représente ainsi l’enjeu majeur de la domination de l’Ukraine. En effet, cette péninsule traditionnellement russe avait été offerte à l’Ukraine par le président soviétique Khrouchtchev originaire de la région. Si cette annexion à l’Ukraine n’avait que très peu d’importance à l’époque, elle est devenue tragique pour sa population à très forte majorité russe lors de la scission de l’Union soviétique.

Si la Biélorussie reste imperturbablement favorable à la Russie et immune aux révolutions de couleur, il n’en va pas de même de l’Ukraine où une bonne partie de la population souhaite se rapprocher de l’Europe et de l’OTAN. La situation est d’ailleurs encore plus complexe qu’il n’y paraît si on tient compte du fait que le peuple russe considère être originaire de la capitale ukrainienne Kiev. Plus exactement, c’est de ce carrefour entre Constantinople et la Scandinavie que tous les peuples slaves sont issus. Difficile dans ces conditions de laisser l’Ukraine quitter le giron de la Russie pour celui des Etats-Unis.

euromaiden.jpgC’est donc dans ce contexte qu’a éclaté la crise ukrainienne en 2013. Le président Ianoukovytch, pourtant légalement élu, est brutalement remplacé par une révolution clairement aidée par les Etats-Unis, suite à sa décision de mettre fin aux négociations d’adhésion à l’UE. Mais les choses s’enveniment lorsque la Crimée décide par référendum de faire sécession pour rejoindre la Fédération de Russie. De plus la partie orientale de l’Ukraine, elle aussi à majorité russophone, se rebelle et entre en guerre civile avec le nouveau pouvoir ukrainien. Les Occidentaux accusent la Russie d’être derrière cette insurrection, ce que nient les autorités russes.

Cette crise, toujours en cours, est une demi-réussite pour les Etats-Unis. L’un des objectifs, à savoir repousser la Russie au sein de ses frontières, est en grande partie atteint. Mais l’autre, chasser la flotte russe de la Mer Noire de Sébastopol, reste hors de portée. La Russie a pu défendre ses intérêts fondamentaux dans la région et n’a finalement rien perdu de sa puissance. Elle a en outre affirmé sa puissance sur le plan géopolitique, ce qui a mis les stratèges étasuniens hors d’eux.

La flotte de la Mer Noire reste ainsi en place et n’a pas été neutralisée. Ceci a d’autant plus d’importance que l’ambiguïté de la position d’Ankara laisse planer le doute sur le point de passage hautement stratégique des Dardanelles. En effet, l’un des principaux buts de la participation de la Turquie à l’OTAN a toujours été le contrôle de ce détroit, qui sépare la mer Noire de la Méditerranée. S’il n’était plus possible d’interdire aux navires russes de l’emprunter en cas de conflit, la flotte de la Mer Noire acquerrait un accès total à la Méditerranée et à tout le sud de l’Europe. Et compte tenu des hésitations européennes concernant la demande d'adhésion à l'UE, adhésion fortement souhaitée par Washington afin d'ancrer la Turquie dans le camp occidental, il est très possible que la Turquie choisisse finalement de rejoindre une alliance avec la Russie et la Chine.

Finalement, les conflits ukrainiens et géorgiens ne sont toujours pas vraiment résolus. Il reste deux possibilités de départ de confrontation directe entre les deux superpuissances militaires, même si la plus probable reste le Proche-Orient.

Note suivante : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

24/11/2016

La 3ème guerre mondiale a-t-elle commencé en 2011 ? (partie 1)

J’ai retrouvé un billet que j’avais écrit il y a plus de 7 ans dans lequel je m’inquiétais du pourrissement de la situation sur la scène internationale et de l’émergence de 2 camps antagonistes qui pouvaient bien faire plonger le monde dans une nouvelle guerre mondiale, sans doute bien plus meurtrière que les deux précédentes. J’envisageais alors que nous vivions peut-être une nouvelle période assimilable aux années 30 durant lesquelles on aurait pu prévoir ce qui se préparait sans y parvenir tant on avait choisi de fermer les yeux.

http://leblogdekad.blog.tdg.ch/archive/2009/10/21/vivons-...

Si à l’époque, c’était surtout les programmes nucléaires iranien et nord-coréen qui m’inquiétaient, il est vrai qu’aujourd’hui les inquiétudes se concentrent surtout sur la Syrie, enjeu majeur pour ces 2 mêmes camps. Car les camps n’ont quant à eux pas changé. Le camp occidental avec les Etats-Unis et l’OTAN comme fers de lance et sans doute l’Arabie Saoudite, le Qatar et Israël jouant de leur influence en coulisse pour que les décisions prises correspondent à leurs intérêts en priorité. Le camp des ‘émergents’ d’autre part, avec la Russie et la Chine surtout, mais aussi des pays comme l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord notamment. Et finalement entre les deux, la Turquie, membre de l’OTAN mais dont on ne sait toujours pas vraiment dans quel camp elle se situe.

C’est vrai que les simagrées du régime nord-coréen font aujourd’hui plus sourire que peur, mais leur programme nucléaire progresse et ils se disent prêts à construire une bombe suffisamment petite pour prendre place au sommet d’un de leurs missiles. Et si pour l’instant il est vrai que la menace iranienne semble passée, Donald Trump parle de remettre en question l’accord sur le nucléaire iranien, ce qui pourrait la réactiver. Et il faut dire que l’antagonisme qui existe entre l’Iran et la Syrie d’une part, Israël et l’Arabie Saoudite d’autre part pourrait être la cause d’un embrasement généralisé au Proche Orient. Nous sommes donc loin d’être à l’abri et il n’est pas encore temps de célébrer la paix retrouvée.

Si c’est en Syrie que se joue l’acte crucial de cette guerre, avec la présence de plusieurs de ces acteurs de la guerre, ne s’agit-il pas tout simplement d’un acte d’une guerre de bien plus grande échelle ? Quand on vit une guerre mondiale, on ne sait pas immédiatement que c’en est une. Lorsque l’Allemagne avait envahi la Pologne en septembre 1939, on ne parlait que d’une guerre localisée. On n’avait pas encore donné le nom de seconde guerre mondiale à cet épisode. Ce sont les historiens qui ont décidé plus tard de fixer le début de cette guerre au moment de ce premier acte. Alors ne serions-nous pas actuellement lancés dans une nouvelle guerre de grande envergure, pour l’instant encore localisée dans une région du monde ?

Si c’est le cas, on pourrait faire remonter le début de cette guerre mondiale à différents moments, par exemple le début de la guerre en Syrie, la guerre en Georgie, etc… Mais pour moi l’acte qui a véritablement lancé cette guerre est l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011, qui avait été autorisée par l’ONU, mais qui a été transformée en forfaiture du point de vue du camp opposé puisque de simple exclusion aérienne, l’opération a été transformée en renversement du régime et en assassinat du président. (We came… we saw… and he died !)


armee-francaise1.jpgEt cet acte a créé une situation de chaos dont nous mesurons toujours à peine les conséquences. Entre les bandes armées qui ont été libérées et qui sévissent dans toute la moitié nord de l’Afrique et ayant déjà nécessité plusieurs opérations de la France, les réfugiés que Kadhafi retenait et qui maintenant se lancent dans la Méditerranée avec l’espoir dérisoire de trouver un eldorado au nord de cette mer et finalement une partie du pays qui a fait allégeance à Daesh. Il est d’ailleurs probable que des terroristes de Daesh se soient mêlés aux réfugiés, avec l’intention de porter la guerre au cœur de l’Europe. Ce chaos causé par l’opération de 2011 peut donc avoir des conséquences gigantesques avec ce retour de bâton qui pend au nez des Européens.

Les opérations au Mali et dans le reste de l’Afrique subsaharienne, destinées à contenir le chaos ainsi provoqué et à repousser les rebelles au nord du Sahara, font donc entièrement partie de ce premier épisode. Ces opérations étant toujours en cours et une nouvelle intervention en Libye visant à rétablir l’ordre dans ce pays étant toujours d’actualité, ce premier épisode n’est donc toujours pas clos. Mais d’autres épisodes ont débuté par la suite et sont, eux aussi, toujours en cours. Cela montre bien comme la situation s'est dégradée depuis.

Note suivante : Le front européen : la stratégie d’encerclement

21/11/2016

Fillon: la découverte d'un anti-système

On croit rêver: François Fillon sort premier lors du premier tour de la primaire de la droite et on entend un concert de louanges pour ce représentant de la nouvelle vague de l'anti-système. La droite française a suivi les Américains en refusant d'élire l'un des deux candidats qu'on leur avait désignés, à savoir Sarkozy ou Juppé. Trump - Fillon, même combat ! Et vas-y que la presse s'y mette à parler de coup de tonnerre dans le monde politique ! On se croirait au lendemain de la prise de la Bastille. La France ne sera plus jamais la même.

Bref, vous l'avez compris, on se fiche de la tête du monde. François Fillon est tout sauf un anti-système. Et s'il est vrai qu'il avait ma préférence dans cette primaire que je suis d'un œil distrait tant je la considère comme un non-événement politique, c'est uniquement pour sa position concernant la Russie qui me paraît bien plus sage que celle des autres candidats et parce que le personnage me paraît plus réfléchi que les autres. Et ça n'est en tout cas pas pour son programme économique qui est totalement dans la ligne du néolibéralisme et de l'euro-atlantisme suivis comme un seul homme par les membres du parti unique français, le LRPS.

Et comment peut-on sérieusement penser qu'une personnalité ayant été premier ministre sous Sarkozy, ayant participé au Bilderberg en 2013 (où généralement sont présélectionnés les futurs leaders du 'monde libre') et qui devrait recevoir tout le soutien de son parti ainsi que des médias nationaux s'il bat Juppé la semaine prochaine, puisse être un 'anti-système' ? La différence avec Trump est pourtant on ne peut plus claire: jamais Trump n'a participé à une réunion du groupe Bilderberg, jamais il n'a fait parti du moindre gouvernement et il a été conspué par tout le monde politique et médiatique pendant des mois. On peut sans aucun doute le qualifier d'anti-système tant le système semble le détester. Et non, je ne suis pas un fidèle supporter de Trump. Je ne le vénère pas plus que de raison. Beaucoup de points dans son programme et sa personnalité me déplaisent. Mais au moins je lui reconnais une qualité: il ne représente que lui-même et ses électeurs. En dehors de ces derniers, il ne doit rien à personne.

31/10/2016

Droits de l'homme

Voici quelques questions dont vous trouverez la réponse dans la suite de la note:

1. Quel pays a une législation extrêmement proche de celle de l'Etat Islamique, à savoir une application rigoureuse de la charia ?

2. Quel pays fait chaque année des centaines, voire probablement des milliers, d'exécutions selon Amnesty International ?

3. Quel pays a fait 28 exécutions durant l'année 2015 ?

4. Quel pays a cessé de pratiquer la peine de mort depuis 1999 afin de répondre aux exigences du Conseil de l'Europe ?

5. Lequel de ces pays ne fait plus partie du Conseil des Droits de l'Homme à l'ONU ?

Lire la suite

20/10/2016

Pourquoi différencier à ce point la "libération" de Mossoul et le "martyre" d'Alep ?

Oui pourquoi accuse-t-on les Russes de crimes de guerre, pour faire exactement la même chose à Alep que les Américains et les Français à Mossoul ? Y a-t-il de bons et de mauvais bombardements ? Les populations civiles ont-elles une valeur différente suivant qui les bombarde ? Et existe-t-il une hiérarchie de valeurs entre les groupes terroristes ? Ceux d'Al Nosra (branche d'Al Qaida pour ceux qui l'ignoreraient encore) sont-ils plus dignes de respect que ceux du pseudo-Etat Islamique ? Toutes ces questions, on dirait que les médias font tout pour éviter que le grand public se les pose. Mais je pense qu'il devient de plus en plus difficile de manipuler les esprits tant les ficelles utilisées deviennent grossières.

Lire la suite

15/11/2015

Lettre à François Hollande

Monsieur le Président, tel Boris Vian, je vous fais une lettre. Mais contrairement à lui, je doute que vous la lirez, car avec les problèmes que vous devez gérer ces jours-ci, il est évident que vous n’en aurez pas le temps.

Tout d’abord il faut que vous sachiez que je ne suis pas de vos amis politiques. Je ne vous ai pas élu. Je n’ai pas non plus choisi votre adversaire du second tour car, incapable de faire le choix du moins médiocre, j’ai préféré l’abstention. Et non, je ne suis pas un adepte du Front National, je me refuserai toujours à voter pour ce parti. En fait je suis membre de cette frange de la population qui ne se reconnait plus dans la politique et qui fait par dépit le choix du mal. Une frange devenue majoritaire dans un pays malade de sa politique.

Il y a déjà quelques années, j’ai dit de vous que vous étiez le plus mauvais chef d’Etat depuis Louis XVI. Au passage, vous remarquerez que cela vous place dans mon palmarès derrière Philippe Pétain, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très reluisant. J’ai aussi dit que vous aviez réussi un tour de force incroyable. Vous avez réussi à nous faire regretter votre prédécesseur, ce qui n’est pas peu dire ! Je ne prétends pas qu’il ait réussi de grandes choses, non. Mais au moins, il arrivait à donner le change avec un semblant de posture d’homme d’Etat.

J’avais finalement ajouté que si vous étiez le pire chef d’Etat depuis Louis XVI, je vous souhaitais de connaître une fin de règne moins dramatique. Je vous le souhaite toujours.

Aujourd’hui, les Français peuvent, à mon grand regret, considérer l’étendue des dégâts provoqués par votre politique internationale et par celle de votre prédécesseur. Cela avait commencé avec l’intervention en Lybie. Oui je sais, vous n’en êtes pas personnellement responsable, c’est Nicolas Sarkozy qui était alors au pouvoir. Et c’est à vous qu’il revient de gérer les conséquences du chaos causé par cette intervention. Mais vous êtes par contre responsable de la continuation de la même politique, particulièrement en Syrie.

Votre féroce détestation du régime de Bachar El-Assad vous a semble-t-il amené à vous investir dans un conflit interne qui ne regardait pas la France. Etant notre Président, vous nous avez ainsi tous impliqués. Je vous ferai remarquer au passage que si le régime syrien n’est pas des plus sympathiques, JAMAIS il n’avait menacé la France ! Il n’y avait donc aucune raison dans ce cas de se montrer si belliqueux à son égard. Tout au plus, la diplomatie française aurait-elle pu promouvoir les valeurs des droits de l’Homme et de la démocratie. Elle aurait dû œuvrer pour aider à une transition pacifique afin de régler un conflit interne destructeur. D’ailleurs le droit international ne nous autorisait en aucun cas à nous mêler des affaires intérieures syriennes. Mais vous avez fait le choix de l’ingérence et de l’illégitimité et désormais nous devons collectivement assumer les conséquences de ce choix.

Vous l’avez désormais compris, la France est en guerre. Non seulement c’est votre politique qui est responsable de cette guerre, mais pire, vous avez très largement contribué à la création de notre ennemi. Il y a très peu de précédents historiques à une pareille naïveté. On peut éventuellement citer Al-Qaida que les Américains ont contribué à créer avant qu’il devienne son pire ennemi. Mais refaire la même bêtise si peu de temps après me paraît inconcevable. N’apprendrons-nous jamais rien de l’histoire ? Où y-a-t-il une volonté délibérée de créer le chaos ? Si c’est le cas, ce chaos retombe aujourd’hui sur nos têtes. Et nous ne vous en remercions pas.

Vous aviez sans doute pensé que les ennemis de nos ennemis n’étaient pas tout à fait nos amis, mais enfin… Et n’y avait-il pas plusieurs nations soi-disant amies derrière ce prétendu Etat Islamique ? Mais l’agenda politique de ces Etats ne coïncide visiblement pas avec l’intérêt supérieur de la nation française. Vous avez été élu par le peuple français, c’est donc à lui que vous rendez vos comptes. Il est par exemple tellement évident que vous idolâtrez le Président Obama. A titre personnel, je ne vous en tiens pas rigueur, vous en avez le droit. Mais jamais cette adoration aurait dû se transformer en soumission. La France est un grand pays et le monde a besoin d’une France indépendante et forte qui agisse pour la paix et la défense des droits de l’Homme. Rappelez-vous quand Jacques Chirac a choisi de ne pas suivre les Américains dans leur volonté de destruction de l’Etat irakien. Le monde a alors chéri la France. C’est ça le rôle qu’on attend de nous, pas de suivre bêtement les Etats-Unis quelle que soit la pertinence de leur politique.

Pire encore, votre soumission aux intérêts de plusieurs états de la région me paraît très coupable. Il est évident que leur amitié pour la France n’est que de façade. Ce qu’ils cachent, c’est qu’ils souhaitent le dépeçage de la nation syrienne afin de se partager les morceaux. Je ne vois vraiment pas pourquoi la France doit les y aider.

Votre haine de Vladimir Poutine est tout aussi évidente et il est clair qu’elle empiète sur votre jugement. Je ne dis pas que c’est un saint homme. Il a des défauts indéniables et certains points de sa politique intérieure sont très critiquables. Mais contrairement à vous il possède une caractéristique importante : c’est un vrai leader. Son peuple le suivrait même en enfer s’il disait que c’est pour le bien de son pays. Et vous devez aujourd’hui convenir que votre tentative de faire sans lui est un total fiasco. La Russie est un acteur incontournable de la scène internationale, et cela particulièrement en Syrie.

Pour en terminer avec ces constats, je dirai que ces derniers mois, nous avons assisté à l’intensification de l’arrivée de ces gens que vous appelez "migrants". Cette intensification est tout à fait suspecte, car elle ne répond à aucune intensification du conflit syrien. Vous auriez donc dû vous demander que venaient faire ces gens. Bien sûr, la majorité d’entre eux est composée de pauvres gens qui n’ont rien demandé. Votre humanisme me paraît dans l’ensemble justifié. Mais ce qui me paraît injustifié, c’est d’accepter ces gens sans aucune vérification. La moindre des choses aurait dû être de vérifier leur provenance, essayer de savoir qui ils sont. On ne peut en aucun cas accepter la venue d’une population hétéroclite sans tri préalable. Mais vous avez naïvement choisi de les laisser venir en groupe. Je suis persuadé que des éléments très dangereux en font partie. C’est une véritable cinquième colonne de l’Etat Islamique qui est désormais au sein de nos frontières. Et c’est vous qui les avez laissé entrer.

Voilà maintenant ce que j’attends de vous. Je ne prétends pas parler au nom de tous les Français, mais je pense que c’est une question de bon sens.

Sur le plan intérieur, il va falloir débusquer cette cinquième colonne. Au sein de nos villes, de nos banlieues, mais aussi de ces nouveaux arrivants. Vous avez décrété l’Etat d’urgence afin de donner des pouvoirs étendus à la Police. Ca n’est certes pas une décision facile à prendre, mais je vous félicite de l’avoir fait. J’espère que cela présage un changement de politique bénéfique.

Sur le plan international, la première chose à constater, c’est que la France est en guerre ouverte. Une guerre que nous n’avons pas souhaitée, mais provoquée. C’est désormais un état de fait et il n’y a pas de retour en arrière possible. Il va falloir que vous vous décidiez à rompre avec vos sentiments profonds et que vous acceptiez de collaborer avec ceux que vous n’aimez pas. El-Assad et Poutine ne sont pas des saints, mais eux au moins ne sont pas les ennemis de la France. Il est temps de faire le bon choix en vue d’éliminer la purulence islamiste qui putréfie cette région du monde. Il sera ensuite toujours temps de faire fonctionner la diplomatie pour que la Syrie devienne un vrai état de droit.

Et quant à votre ami Obama, il est temps de lui faire comprendre que la France est un état indépendant qui défend ses propres intérêts. S’il veut vous suivre, il est le bienvenu. Sinon, il peut rester à l’écart, cela ne nous pose pas de problème.

Nous attendons de vous de prendre de vraies décisions, de devenir le leader que vous n’avez jamais réussi à être. Je ne me fais malheureusement que très peu d’illusions et je ne vous en crois pas capable. Mais s’il vous plaît, Monsieur le Président, prouvez-moi que j’ai tort.

Cordialement.

Pascal Carlier

10/09/2015

Les migrants

"Le novlangue (traduit de l'anglais Newspeak, masculin dans la traduction française d'Amélie Audiberti) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949).

Le principe est simple : plus on diminue le nombre de mots d'une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir, plus on réduit les finesses du langage, moins les gens sont capables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l'affect. La mauvaise maîtrise de la langue rend ainsi les gens stupides et dépendants. Ils deviennent des sujets aisément manipulables par les médias de masse tels que la télévision.

C'est donc une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l'expression des idées potentiellement subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État, l'objectif ultime étant d'aller jusqu'à empêcher l'« idée » même de cette critique."

Définition tirée de Wikipedia

Pourquoi recopier cette définition ici ? Je pense que l'idée de Georges Orwell est de plus en plus mise en pratique par nos médias. Le novlangue faisait au début partie d'une oeuvre de science-fiction. Mais la science-fiction d'hier est la réalité d'aujourd'hui. De plus en plus, on nous impose des terminologies peu précises afin de diminuer notre capacité à nommer correctement les choses.

En ce qui concerne les "migrants", terme qu'on nous sert à toutes les sauces depuis quelques temps, il s'agit justement d'un cas caractéristique de simplification du langage. C'est un terme générique qui recouvre quantités de cas particuliers très différents. Pour commencer, un migrants peut tout aussi bien être émigrant qu'immigrant, ce qui est bien pratique pour noyer le poisson. Pour bon nombre de personnes, un émigrant c'est naturel alors qu'un immigrant, ça pose problème. En restant flou, on évite ce genre de questionnement.

Plus encore, les gens qu'on appelle "migrants" sont en fait constitués de différents groupes bien distincts. Certains fuient la guerre, il faudrait donc les appeler "réfugiés" ou mieux encore "requérants d'asile" ou "demandeurs d'asile". D'autres par contre souhaitent fuir des zones où la vie est difficile pour tenter leur chance en Europe. Dans un monde normal, ces gens devraient être appelés "illégaux" ou encore "sans-papiers". Les qualifier du terme fourre-tout de "migrants" c'est donc déjà un amalgame destiné à les faire confondre avec les vrais réfugiés.

Accueillir des réfugiés, ou tout au moins accepter d'examiner leur demande d'asile, c'est un devoir. Chaque être humain doit pouvoir avoir le droit de se réfugier à l'étranger lorsque sa sécurité et celle de sa famille n'est plus assurée dans son propre pays. Par contre, si on peut s'émouvoir de la détresse financière d'une population, il n'est pas souhaitable d'accepter comme des réfugiés des personnes sans-papiers, simplement parce qu'il ne sera jamais possible d'accueillir toute la misère du monde. Ces personnes doivent être aidées dans leur propre pays, où ils pourront à leur tour aider les autres à s'en sortir. Les accueillir ne sera jamais une solution.

De même, quand une personne refuse de demander l'asile dans le pays où il se trouve parce qu'il préfère un autre pays, on doit le traiter comme un illégal. Les "migrants" qui s'agglutinent à Calais par exemple, ne sont rien d'autre que des étrangers en séjour illégal. Il suffirait de les soumettre à un ultimatum (vous demandez l'asile ou vous rentrez chez vous) pour régler ce problème.

Finalement, parler de "migrants" renvoie à "migration", ce qui permet de faire croire à un mouvement migratoire inéluctable, telle une migration d'oiseaux. On rend le problème irréversible et on évite d'examiner les causes de la migration. On doit seulement traiter le symptôme, mais surtout pas la source du problème.

Si on veut se prémunir du lavage de cerveaux qu'on tente de réaliser en imposant le novlangue, il faut refuser d'employer les termes simplificateurs utilisés par les médias. Dans un monde occidental qui ressemble de plus en plus à l'Océania de Georges Orwell, il est du devoir de tout un chacun de refuser de se plier au novlangue. La réflexion doit être défendue coûte que coûte. Chaque individu est doté d'un cerveau et doit réapprendre à s'en servir. Il faut refuser la simplification et l'abêtissement imposés par la télévision en particulier.

Pour cela, ça n'est pas très compliqué. La langue française, comme d'autres langues, possède une grande quantité de nuances qui en font une langue très précise. Pour cette raison, chaque fois qu'on cherche à nous imposer des terminologies vagues et simplificatrices, il faut considérer que c'est une manipulation des esprits. Ce qui est imprécis est par définition suspect. C'est la règle qu'il faut toujours garder à l'esprit.

21/08/2014

Réchauffement et propagande mensongère: là on touche le fond.

Je ne blogue vraiment plus beaucoup. Mais les foutaises relayées ce matin par la Tribune me forcent à réagir.

Voilà l'article de l'AFP en question, dans sa version reproduite par la Tribune.

http://www.tdg.ch/sante/environnement/Ils-dessinent-la-me...

On y apprend entre autres que le réchauffement durant la première décennie des années 2000 a été de 0.47°C. Ce chiffre totalement hallucinant m'a fait bondir. D'autant plus que depuis le début des années 2000, le réchauffement est tout simplement en panne. Donc j'ai vérifié sur les courbes données par le Hadley Center britannique:

réchauffement.jpg

Et oui, c'est vrai ! Il y a bien 0,47°C d'écart entre 2000 et 2010! Et ce sont des scientifiques qui le disent. Donc prendre un minimum et un maximum d'un signal fortement bruité pour tracer la courbe moyenne, c'est donc une méthode totalement scientifique ! Là je dis bravo on touche au paroxysme de la stupidité. Quand on en arrive à de pareilles débilités pour essayer de cacher des faits gênants, à savoir qu'il n'y a plus de réchauffement depuis plus de 10 ans, c'est que la fin est proche. Bientôt, ces idioties n'auront plus voix au chapitre.

Au passage, la droite en pointillés indique l'extrapolation de cette droite qui permet à ces "scientifiques" de prédire 2°C d'augmentation de la température d'ici 2050. Oui on est d'accord: on a bien l'air d'en prendre le chemin...

21:05 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (4)