20/09/2013

Traverser le lac ou la rade ?

On parle beaucoup traversée ces jours. Ca fait d'ailleurs bien 50 ans qu'on en parle et on n'a pas fini d'en parler ! Les projets se sont succédés, petite traversée, moyenne traversée, grande traversée, traversée autoroutière, etc... Des millions ont été dépensés mais toujours rien. La mode est à la traversée autoroutière. Mais pourquoi ? A la base il s'agit en fait d'une stratégie cantonale. En optant pour une traversée autoroutière intégrée au réseau de routes nationales, le Canton espère faire financer l'ouvrage par la Confédération. Donc on a fait valoir la nécessité de désengorger l'autoroute de contournement.

Mais le problème, c'est que la Confédération privilégie l'élargissement de l'autoroute de contournement, mieux à même de désengorger cet axe ! Est-ce faux ? En réalité non, car la traversée du lac n'aurait qu'un impact très limité sur l'engorgement de l'autoroute de contournement pour un prix bien supérieur à l'élargissement. Donc il est logique, de ce point de vue de ne pas financer la traversée du lac. En réalité, la stratégie cantonale est simplement allé dans le mur. On n'avait pas prévu que l'élargissement soit privilégié, mais finalement c'est assez normal.

Donc les milieux économiques reviennent avec une proposition de financement publique-privé. Ce dernier mènera sans doute à la création d'un péage... de 8 Frs. par passage ! Mais qui utilisera cette autoroute pour ce prix ? Sans doute pas les pendulaires pour qui elle est prioritairement destinée. A la rigueur les Confédérés ou étrangers venant du nord et se rendant vers la Haute-Savoie et le Tunnel du Mont-Blanc seront d'accord de payer. Mais c'est à peu près tout. Et ça ne fait pas grand monde. Je pense donc que cette solution est absurde et j'espère qu'elle sera vouée à l'échec habituel des propositions faites dans ce dossier.

Mais finalement, il faut re41639826.jpgvenir aux fondamentaux. A quoi sert cette traversée, qu'elle soit de la rade ou du lac ? Pourquoi nous, habitants de Genève et de l’agglomération, souhaitons-nous traverser le lac au sec ? Les buts principaux sont: le désengorgement du centre ville, la libération d'une partie du Pont du Mont-Blanc pour y faire passer des bus et des trams, la libération des quais pour les aménager en grande partie en espaces piétonniers, la création de larges zones piétonnes, etc...

Et le problème, c'est que la traversée autoroutière, si elle pourra être utile dans le futur, ne répond à aucune de ces préoccupations ! En réalité, le meilleur projet pour Genève est celui qui avait été privilégié par la commission d'étude et repris par l'UDC dans son initiative. Ce projet est d'ailleurs à la taille du Canton et pourra être financé par l'Etat sans aide de la Confédération. Il nous permettra ainsi de résoudre rapidement nos problèmes en attendant une traversée du lac qui ne viendra peut-être que dans 50 ans ou plus !

Alors pour qu'on évite d'attendre aussi longtemps que pour le CEVA, il est nécessaire de se mobiliser autour d'un projet réaliste. (même si la date de 2020 semble un peu optimiste...)

06/06/2013

Contre les frontaliers mais aussi contre les logements locaux

C'est ainsi qu'on peut résumer la position du MCG et de l'UDC quand on lit qu'ils s'opposent tous deux à la densification des zones de développement dans le canton de Genève. Si je trouve tout à fait respectable de vouloir favoriser le cadre de vie des Genevois, il faut tout de même comprendre ce que ça implique. Et je soupçonne ces deux partis de bien le comprendre mais de sombrer, une fois n'est pas coutume, dans le populisme pour soigner leur base électorale.

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23/06/2010

Tout va bien dans l'immobilier genevois ?

J'étais assez étonné par l'annonce de la BNS selon laquelle il existe une bulle immobilière et qu'elle risquait d'éclater prochainement. Non pas que cette affirmation soit dénuée de sens. Au contraire il faut être fou pour penser que les bulles financières puissent continuer à grossir indéfiniment sans jamais dégonfler. Non, ce qui m'a étonné c'est qu'il est très rare qu'on ose dire la vérité dans ce domaine. En général, on a trop peur justement de précipiter le dégonflement de cette bulle ! Il s'agit au contraire de bénéficier le plus longtemps possible des juteux bénéfices qu'elle permet d'engranger. Faire croire au consommateur qu'en achetant tout de suite il est assuré de payer moins cher qu'à l'avenir, c'est s'assurer qu'il ne va pas faire l'énorme bêtise d'attendre que les prix soient au plus bas pour acheter. L'économie a besoin de gogos pour fonctionner...

Donc, pourquoi avoir fait cette annonce ? Sans doute s'agit-il d'une erreur. Une parole malheureuse lâchée par un porte-parole trop honnète. Et la réaction des milieux concernés ne s'est pas faite attendre. Dans l'édition d'aujourd'hui, la Tribune donne la parole aux milieux immobiliers, qui comme prévu nous certifient que la Banque Nationale a fait une erreur de jugement. En réalité, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Continuez à acheter braves gens, endettez-vous et participez à cet effet de bulle. La bonne santé du marché immobilier est à ce prix. Et tant pis si vous n'avez pas assez pour rembourser vos crédits. Ce ne sera plus alors le problème des entrepreneurs.

Il y a d'ailleurs un fossé gigantesque entre les intérêts des milieux immobiliers et ceux de la population. La préoccupation de cette dernière, c'est de pouvoir se loger à des prix corrects. Ce qui en réalité est composé de deux préoccupations distinctes: se loger et à prix correct. La préoccupation des milieux immobiliers, c'est de faire le maximum de bénéfices sur la construction. On pourrait croire que pour réaliser cela, il faille construire beaucoup. Mais au contraire, le mieux pour eux c'est de construire peu, pour diminuer les frais engagés et conserver une situation de pénurie et ainsi continuer à vendre les logements à des prix indécents. C'est bien cette situation qui leur permet de conserver la marge maximale.

Il est donc clair que les préoccupations de la population ne peuvent être réalisées, car elles sont inconciliables avec celle des milieux immobiliers. Donc les prix vont continuer à prendre l'ascenseur et la population va de plus en plus s'endetter pour acquérir des logements. Voir pour simplement payer un loyer. Jusqu'à ce que... trop de monde ne puisse plus rembourser! Alors la bulle va éclater et les prix vont redescendre.

Si on a un tant soit peu de jugeote, il faut donc refuser cette situation et attendre un meilleur moment pour faire l'acquisition d'un logement. Un de ces jours, la bulle immobilière va se dégonfler comme l'a prédit la BNS. Et alors, il sera très facile de trouver des logements à un prix raisonnable...

10:23 Publié dans Economie, Genève | Tags : immobilier, crise | Lien permanent | Commentaires (8)

16/06/2010

L'échec de la Constituante

Pour la Constituante, les semaines se suivent et se ressemblent. Des visions si opposées s'affrontent qu'on peine à imaginer ce qui va sortir de leurs délibérations. Ce qui est sûr, c'est que quoi qu'il advienne, la meilleure Constitution restera... l'actuelle ! Notre Constitution a été élaborée par le peuple pendant des décennies. Il est bien sûr possible d'y trouver des archaïsmes. Mais rien qui l'empêche de fonctionner. Et rien n'entrave suffisemment son fonctionnement pour qu'on soit obligés de faire table rase. Des adaptations au cas par cas pourraient suffire. Toutefois, pour ma part j'avais espéré que la Constituante pourrait effectuer un grand nettoyage. C'est pour ça que j'avais voté favorablement à la création d'une telle assemblée. Mais plus le temps passe, plus je suis certain que je voterai contre le résultat de ses travaux.

Parmi mes espérances, j'avais osé imaginer que les Constituants comprendraient à quel point l'explosion de notre population rendait le nombre de signatures nécessaire pour les initiatives et les référendums trop peu nombreuses. C'est finalement la seule et unique cause de l'explosion des blocages de projets dont souffre la République et les communes. Et bien il semble que dans ce canton, dont la Genferei est une des plus fameuses spécialités, les minorités parviennent à s'unir pour défendre leur droit au blocage contre la majorité. La gauche et l'extrême-droite se sont ainsi mises d'accord pour faire baisser le nombre de signatures nécessaires ! Intéressante alliance en tout cas. Si elle existait aussi lors du vote populaire au sujet de ces initiatives et référendums, nul doute qu'elle offrirait la victoire pour chacun de ces textes. Mais en réalité, les idéologies qu'on trouve derrière ces textes sont souvent bien trop minoritaires pour remporter un large suffrage. L'alliance qu'on a vu émerger ne tiendra donc pas.

Alors pourquoi vouloir diminuer le nombre de signatures ? C'est simple: plus il est facile d'obtenir le nombre de signatures nécessaires, plus il est facile de bloquer un projet. Et pour éviter que cela ne se produise, les autorités vont systématiquement discuter avec des milieux représentant de toutes petites minorités pour trouver des consensus. Un peu comme ce que le Conseil d'Etat a fait en décidant que le taux de logements sociaux au PAV serait de 66% ! Ainsi, la démocratie est détournée: on ne recherche plus l'adhésion de la majorité, mais uniquement de ceux qui peuvent bloquer les projets. Avoir 5% de la population derrière soi donne une force bien plus grande que d'en avoir 60% !

L'extrême-gauche s'offusque d'ailleurs qu'on parle de minorité "de blocage". Car pour eux le peuple c'est avant tout leurs électeurs (environ 7% de l'électorat) Tous les autres, ce sont juste des méchants bourgeois opresseurs. Et bien sûr ce statut de vrai peuple donne à leurs électeurs le droit de prendre toutes les décisions au détriment des autres !!!

Qu'on ne se trompe pas, il s'agit bel et bien là d'une atteinte grave aux droits démocratiques. Moi qui milite pour une adaptation du nombre de signatures à la démographie genevoise, il est évident qu'un tel changement vaut pour moi un rejet direct et immédiat de l'ensemble du texte. Et jusqu'au vote final du peuple sur cette Constitution, je militerai sans hésitation pour son rejet.

12:40 Publié dans Genève, Politique | Tags : constituante | Lien permanent | Commentaires (6)

10/06/2010

Des rues piétonnes, oui mais...

Aujourd'hui, il n'existe pas de véritable opposition à l'idée d'étendre la zone piétonne au centre-ville. Pratiquement tout le monde a envie de voir notre belle ville débarrassée de son trafic automobile. Les voitures parquées en double-file, les colonnes de véhicules, tout ça nuit à l'image de la cité. Si on regarde du côté de Lausanne ou Bâle, on constate aisément que les zones piétonnes sont bien loin de repousser les badauds. Au contraire, elles amènent de l'animation, elles font la joie des commerçants. L'idée d'interdire l'accès de la plus grande partie du centre-ville aux véhicules privés semble donc couler de source.

D'ailleurs, la situation de la rue du Rhône montre bien que la solution intermédiaire qui consiste à restreindre l'accès à une rue ne fonctionne pas. Les contrevenants sont légion. Et il n'y a aucun effet sur les véhicules en double-file, puisque l'accès aux commerces reste autorisé. Bref, on veut des vraies rues piétonnes. On veut un centre-ville où il fait bon flâner et faire ses emplètes. Mais alors pourquoi cela n'avance t-il pas ? C'est parce que, une fois n'est pas coutume, dans une ville où la controverse politique est élevée au rang de spécialité locale, (voir mon billet à propos de la "Genferei") plusieurs visions s'opposent et empêchent de trouver un consensus.

La première, celle de la droite, fait la part belle aux commerçants. Elle veut s'assurer que le centre-ville reste pleinement accessible aux clients pour ne pas les voir se reporter vers les centre commerciaux périphériques, voire vers la France. Elle tient à concerver l'animation du centre-ville qui doit rester un centre d'activité pour toute la région. Dans cette optique, la droite réclame que des places de parking en sous-sol (notamment au travers du parking "Clés-de-Rive") compensent les places perdues en surface. Ainsi, aller au centre en véhicule privé reste possible et pas trop rebutant. (ou en tout cas pas plus qu'aujourd'hui)

La seconde vision, celle de la gauche, voit le centre-ville comme un endroit où on se rend en transports publics ou à vélo. Ils ne jugent donc pas nécessaire de compenser les places perdues en surface. Au contraire, ils appellent ces nouveaux parking des "aspirateurs à bagnoles"! (alors que tout ce qu'ils aspirent, c'est des voitures qui étaient déjà parquées au centre, mais en surface) Ce qu'il faut dire, bien qu'on doive admettre que l'accès au centre est assez facile avec les transports publics (personnellement je les utilise la plupart du temps), c'est qu'il y a pourtant certaines situations où la voiture est nécessaire. Par exemple, lorsqu'on a des choses lourdes à transporter. Ou si on va en ville avec des personnes à mobilité réduite. Dans ces cas, doit-on se rabattre sur les centres commerciaux tels que Balexert ? J'espère en tout cas que ça n'est pas le but recherché. Mais il faut bien dire que réduire les possibilités de parking sans compensation aura bel et bien cet effet. Avec des conséquences imprévisibles sur le commerce.

800px-Geneva_2006_624.JPGIl y a enfin la vision des écologistes, qui voient non pas les rues piétonnes comme créatrices d'animation et d'activité, mais comme entrave au trafic. Pour eux le modèle mis en place aux Paquis, dont la traversée est pratiquement impossible en voiture, doit être étendu à toute la ville. C'est en tout cas le but de leur initiative des 200 rues piétonnes. Bien sûr, pour eux aucune compensation de places de parking ne doit avoir lieu. Les gens n'ont qu'à venir en bus. Et bien moi je trouve que cette vision est très étroite et ne prend en considération que le cas de la fameuse femme inactive qui va en 4x4 faire ses courses dans l'après-midi ou celui du banquier qui se rend à son travail au volant de sa Jaguar. Mais il ne faut pas oublier qu'à Genève, il y a aussi des entreprises qui ont des activités et qui doivent utiliser des véhicules motorisés. Déjà aujourd'hui, quand une entreprise doit envoyer un véhicule à Genève, c'est l'assurance de devoir affronter des embouteillages sans fin et de devoir faire face à d'énormes problèmes de parking.

D'ailleurs, les véhicules de livraison peuvent accéder aux rues piétonnes jusqu'à 11 heures. Ensuite,  elles en sont bannies. Mais les entreprises travaillent toute la journée. Alors où se parquent-elles l'après-midi? Et bien ailleurs, mais pas trop loin. Alors si on diminue le nombre de places, c'est l'assurance de créer de graves entraves à leurs activités. Quant aux entreprises actuellement résidentes en ville, il leur faut des trésors de patience pour ne pas choisir de déménager en périphérie. Alors que se passera-t-il quand elles se seront installées dans d'autres communes ? Et bien la ville va avoir une énorme perte d'impôts. Mais les écolos s'en fichent puisque l'activité économique ne les concerne pas. Ils pourront tranquillement rouler sur leurs pistes cyclables géantes, qui ne coûteront pas cher à entretenir. La ville de Genève deviendra un dortoir pour gauchistes, vidé de son activité économique.

D'accord j'exagère. Mais c'est quand même la tendance qu'on cherche à encourager. Alors pour ma part, je soutiens les associations qui refusent de signer un pseudo-consensus dans lequel l'activité économique est considérée comme secondaire. L'assurance de la compensation des parkings perdus en surface est une condition non négociable. Il est temps de freiner la politique anti-bagnole de la gauche, qui fait figure de dogme absolu en ville. Il en va de la compétitivité du commerce au centre-ville.

17/05/2010

Genève a un nouvel ennemi !

Oui, Genève s'est trouvé un nouvel ennemi ! On en a fini de s'en prendre aux étrangers venus du sud de l'Europe,  désormais considérés comme intégrés. Ils ont été remplacés par les étrangers venus d'Europe de l'Est et d'Afrique. On le sait bien, ils sont tous venus pour vendre de la drogue à notre brave jeunesse naïve. Si ce n'est souvent pour cambrioler nos chaumières. A cet ennemi du deuxième cercle, s'ajoute bien sûr les frontaliers, dont on connait l'avidité de francs suisses qu'ils ramènent chez eux dans leurs voitures diesel pour les déposer illico au Crédit Agricole. Et bien sûr, pour compléter ce tableau, on ne doit pas oublier la racaille annemassienne qui se cache parmi les frontaliers et pour qui on construit le CEVA! Et bien depuis peu, j'ai découvert dans les commentaires de la Tribune qu'un troisième ennemi venait s'ajouter à ces deux premiers. Il s'agit des employés de edge funds ! Bien sûr ces derniers ne viennent pas pour prendre l'argent des genevois, puisqu'il apportent de l'argent frais. Mais tout de même, on sait très bien ce qu'ils viennent chercher à Genève: ils viennent tout simplement pour nous voler notre bien-être de lacustres !

Car oui, désormais on le sait: chaque fois qu'un projet de construction qui ne soit pas réservé aux familles laborieuses voit le jour, c'est pour les employés de edge funds ! Ce sont les seuls à être capables de payer. Donc les nouvelles constructions ne servent qu'à loger de nouveaux venus, attirés par le paisible bien-être de notre cité. Bien-être qu'ils mettent donc en péril par leur simple venue! Car pour chaque nouvelle construction, c'est une poignée de braves Genevois qui perdent leur vue sur le lac ! Franchement quels égoïstes ces banquiers étrangers...

Plus sérieusement, cette accusion est souvent la critique de tout un système. On nous dit qu'il suffit de cesser d'attirer de nouvelles entreprises, ainsi il ne sera plus nécessaire de construire. Mais soyons clairs: qu'est-ce qui attire chez nous ces edge funds londoniens ? C'est simple, ce qui les attire c'est une fiscalité non confiscatoire, contrairement à celle qui vient d'être introduite en Grande-Bretagne. C'est aussi une place financière forte, malgré les attaques qu'elles a subies durant l'année écoulée. Doit-on changer cela ? Doit-on introduire une fiscalité défavorable au capital pour décourager ces sociétés étrangères de s'installer chez nous ?

Le problème, c'est que si nous faisions cela, nous vivrions la même chose que Londres. Non seulement personne ne viendrait plus s'implanter chez nous, mais de nombreuses autres sociétés s'en iraient pour des cieux moins défavorables ! Alors le seul résultat que nous obtiendrions, c'est une augmentation terrible de notre chômage. Et bien sûr, une fois que suffisamment de monde aura été forcé de dormir sous les ponts, la crise du logement sera enfin résolue puisque les appartements vides seront alors nombreux. Mais est-ce pour autant la bonne solution ?

14/05/2010

La gauche genevoise

La gauche à Genève a presque toujours été minorisée. La population genevoise a une majorité à droite, ça a toujours été clair. Mais il y a tout de même une exception. La ville de Genève, avec ses grands quartiers populaires, vote systématiquement à gauche, et cela depuis un bon moment. La raison en est simple. En ville, il est très difficile de trouver des logements bon marché. Les prix en loyer libre ou en PPE sont impossibles à payer pour la classe moyenne. Seule la part la plus riche de cette classe moyenne parvient donc à rester en ville. Pour le reste, la classe moyenne est de plus en plus rejetée à l'extérieur de la ville, dans les communes limitrophes, quand ça n'est pas dans le canton de Vaud ou en France. Les seuls à pouvoir rester en dehors des plus riches sont donc ceux qui bénéficient de logements sociaux, c'est à dire les classes les plus populaires, compte tenu des revenus extrêmement bas demandés pour y entrer.

Si on faisait voter les contribuables de la Ville, il est certain que la tendance s'inverserait. Car si la classe moyenne vit en majorité en périphérie, elle travaille majoritairement en ville. La conclusion est donc évidente: la part la plus importante des revenus de la Ville est perçue auprès de personnes qui n'ont pas le droit de se prononcer à propos des aménagements réalisés avec leurs impôts. C'est tout de même une situation intolérable, non ? Et bien loin de récompenser ces contribuables, la Ville passe son temps à leur imposer des chicaneries, les considérant comme des nuisibles, au contraire de ses gentils électeurs. Mieux: afin de s'assurer que la majorité ne change pas de côté, la gauche fait tout pour accentuer la difficulté de la classe moyenne à s'établir en ville.

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11:23 Publié dans Genève, Politique | Tags : gauche, genève | Lien permanent | Commentaires (5)

01/04/2010

Une croix autoroutière pour Genève!

Dans le cadre du projet d'agglomération franco-valdo-genevois, le Département de l'aménagement du territoire de Genève a dans ses cartons un nouveau projet: la Croix autoroutière! Exit la traversée du Lac, désormais on passera par le centre de Genève! Ce nouveau projet prévoit de relier par de longs tunnels l'autoroute des Jeunes, la douane de Vallard et l'échangeur du Vengeron. Une sortie permettra de quitter l'autoroute en plein centre de Genève, tout près de la gare Cornavin.

Je trouvecroix autoroutière.jpg ce projet très enthousiasmant, en ce sens qu'il permettrait de gagner un temps précieux pour se rendre au centre-ville. En quelques minutes, nous voilà rendus dans les grands magasins du centre depuis Perly, Thônex ou Bellevue! Quel progrès! Mais bien sûr, un tel projet devra être complété par de nouveaux parkings en ville, sinon le gain de temps ne servira pas à grand chose.

Si tout va bien, le projet pourra être soumis au vote du Grand Conseil dans les 5 ans. Ensuite, le projet sera soumis au référendum facultatif. Si un référendum est lancé, un vote devra être organisé dans l'année qui suit. Si bien qu'il est très possible que les travaux puissent commencer durant la présente décennie! Pour un achèvement aux alentours de 2025. Voilà qui est beaucoup mieux que l'année 2040 pour laquelle on nous annonçait la traversée du lac...

27/03/2010

Sécurité routière: une statistique encourageante

Vous souvenez-vous de début novembre et de ces trois accidents mortels survenus coup sur coup ? Ils avaient fait énormément réagir. J'y avais moi-même consacré un billet plus étonné par le battage médiatique qu'on faisait autour de cette série d'accidents et par les réactions de politiciens que choqué par ce qui arrivait. Car il faut bien dire que l'humain se fait une fausse idée du hasard. Il pense que lorsque des évènements se déroulent au hasard, ils doivent forcément se dérouler à intervalle plus ou moins régulier. La meilleure preuve, c'est la croyance courante en une "loi des séries". Lorsqu'un évènement se déroule plusieurs fois d'affillée, on pense qu'il s'agit d'une sorte de fatalité. Mais c'est totalement faux. Il faut différencier les statistiques de la réalité. Ce n'est pas parce que les statistiques prévoient qu'un évènement se passe 3 fois par an, qu'il va se produire tous les ans 3 fois. Certaines années, il peut se produire 10 fois, et d'autres jamais! Ce n'est que sur les grands nombres que la réalité commence à se rapprocher de plus en plus de la statistique.

330061507.jpgOr, la statistique sur les accidents mortels à Genève ne peut pas être précise du fait du nombre, heureusement, très peu élevé de cas! La police cantonale vient de sortir sa statistique pour l'année 2009. On y voit que le nombre d'accidents, y compris les accidents avec blessés et les accidents avec dégâts matériels simples, sont en constante baisse depuis des années et cela malgré l'augmentation régulière de trafic. L'année 2009 semble même marquer une accélération de cette diminution alors que le nombre d'accidents était presque stable depuis 3 ans. Il faudra toutefois vérifier ce fait dans les prochaines années, mais le nombre total d'accidents est suffisamment élevé pour que la statistique soit assez fiable.

Finalement, il n'y a qu'un seul type d'accidents qui augmente, ceux avec décès! Et quelle augmentation: près de 50%. C'est sans doute malheureux, mais il faut voir que les fluctuations du graphique sont très importantes. A n'en pas douter, il s'agit d'une accumulation d'évènements qui sera probablement compensée l'année prochaine par une nouvelle baisse. Globalement, il est même probable que la tendance statistique suive la même courbe que celle des accidents, même si c'est difficilement perceptible. Car le taux d'accidents mortels n'a à priori aucune raison de varier beaucoup. Celui-ci se situe aux alentours de 1/200.

Et maintenant où sont-ils ces politiciens qui voulaient prendre des mesures spéciales pour enrayer les dangers croissants sur la route ? Ne réagissent-ils qu'aux journaux de la veille ? Ne sont-ils pas capables de suivre une ligne de conduite sur le long terme ? Il faut lutter sans cesse pour améliorer la sécurité de la route. C'est un travail quotidien et ceux qui en sont chargé n'ont pas attendu ces réactions pour s'en occuper. La meilleure preuve, c'est que les routes genevoises sont de plus en plus sûres, année après année. Dans cette statistique, ce que je trouve le plus intéressant, c'est le nombre d'accidents par voie de circulation. Il montre où il faut prendre des mesures pour continuer à abaisser le nombre d'accidents. Et c'est sans doute là-dessus qu'il faut mettre l'accent, plutôt que de prendre des mesures générales parce que 3 accidents d'affilée se sont produits.

21/03/2010

Et si le plus grand problème de Genève était l'imposition à la source des frontaliers ?

Suite au jugement du Tribunal fédéral accordant les mêmes déductions aux personnes imposées à la source qu'aux autres contribuables, Eric Stauffer parle de déposer une motion pour que Genève renégocie les conditions d'imposition des frontaliers avec la France. Et bien il a peut-être raison. Mais pas pour les raisons qu'il pense ! Il faut bien se rendre compte que la situation de Genève, où les frontaliers sont imposés dans leur pays de travail et non dans leur pays de résidence, est vraiment unique. La norme en Europe et même en Suisse, c'est l'imposition dans le pays de résidence. Genève profite donc largement de ce système d'imposition. Et il est évident que par les temps qui courent, il vaut mieux que la France ne se penche pas sur ce cas particulier. Car actuellement, le gros des impôts des frontaliers reste en Suisse et seule une petite partie est reversée aux municipalités de domicile. L'Etat français quant à lui ne touche rien du tout...

Dès lors, il est assez amusant de lire les anti-frontaliers dire que la France doit prendre en charge les frais pour les infrastructures nécessaires aux frontaliers. Car après tout, si la France ne touche pas un sou, pourquoi elle payerait quoi que soit ? N'est-ce pas plutôt à Genève de payer pour pouvoir profiter de cette main-d'oeuvre facile et nécessitant peu d'investissement ? Les municipalités de France voisine sont bien sûr plutôt riches selon les critères français, mais leur rôle n'est pas de payer les grosses infrastructures. Elles ne doivent investir que dans les infrastructures locales.

De l'autre côté, il faut aussi se demander pourquoi Genève payerait pour pouvoir loger ses travailleurs, alors que c'est financièrement beaucoup plus intéressant de les faire loger par la France. Dès lors, on ne doit pas s'étonner que le Conseil d'Etat ne fasse aucun effort pour régler ce qui est tout de même le principal problème de Genève, à savoir le manque de logement. De même, si on devait faire confiance au privé pour compenser les lacunes de la politique cantonale, on peut aussi se demander pourquoi les entrepreneurs construiraient plus de logements pour les vendre moins cher, alors qu'ils sont les premiers bénéficiaires de la pénurie...

Alors finalement, si la France imposait elle-même les frontaliers, ne serait-ce pas la solution à nos problèmes ? Cela ne forcerait-il pas nos autorités à chercher à attirer les employés des entreprises genevoises sur son territoire  pour compenser cette perte de contribuables ? Car je suis certain que peu de frontaliers le sont pour le plaisir. Il ne faut pas oublier que la libre circulation autorise toute personne au bénéfice d'un contrat de travail à s'installer en Suisse. Alors pourquoi les frontaliers restent en France ? Est-ce parce qu'ils prennent plaisir à passer des heures dans des embouteillages interminables ? Et si ce que certains affirment est vrai, à savoir que les employeurs genevois font de la sous-enchère sur les salaires des frontaliers, est-ce qu'un frontalier est heureux de gagner moins ? Ne préférerait-il pas gagner le même salaire que les résidents ? S'il lui suffisait de venir s'installer dans le canton de Genève pour bénéficier d'un salaire plus haut, pas de doute qu'il le ferait. Enfin s'il pouvait se loger à Genève...

Car finalement, si les frontaliers restent frontaliers et si les nouveaux arrivants dans la région s'installent majoritairement en France, c'est surtout parce qu'il est devenu impossible de se loger à Genève à bon compte ! Le seul moyen de payer un loyer correct, c'est d'être installé dans son appartement depuis longtemps. Si on veut changer de logement, les augmentations sont insuportables. Si on veut devenir propriétaire, il vaut mieux franchir la frontière cantonale, pour aller s'installer en France ou dans le canton de Vaud...

Bref, on peut se demander si la cause de tous nos souçis, ça ne serait pas ce mode d'imposition des frontaliers, qui favorise tellement la situation actuelle et qui empêche de trouver des solutions profitables à tous. (si on excepte bien sûr le canton, les employeurs et les entrepreneurs...)

13/03/2010

Zappelli a obtenu sa condamnation pour l'exemple!

C'est ce qu'il voulait depuis le début. Le cas de ce jeune chauffard devait servir d'exemple. A tel point qu'à deux reprises il avait recouru en cassation pour faire annuler la décision des jurys populaires qui avaient jugé que ce jeune homme ne pouvait pas être condamné pour meurtre, puisqu'il n'est pas à proprement parler impliqué dans l'accident qui a causé la mort de trois de ses copains. En effet, il a bien participé à la course-poursuite qui a provoqué l'accident, mais les deux véhicules ne se sont jamais frolés. Ou en tout cas, l'accusation n'a jamais été en mesure de prouver que le comportement de l'accusé était à l'origine de la sortie de route mortelle de l'autre véhicule. Dès lors, condamner ce jeune homme pour meurtre, quelque soit la gravité de la série d'infraction qu'il a commis, revient à disculper le conducteur du véhicule accidenté. Car il me semble que tout conducteur est responsable de ses actes. Si le jeune homme condamné cette semaine doit bien répondre des infractions qu'il a commises, le seul responsable de la sortie de route qui a provoqué la mort de deux de ses copains ainsi que de lui-même, c'est l'autre conducteur. Il était majeur, il avait reçu un permis de conduire de manière tout à fait régulière et il était en pleine possession de ses moyens. Dans ces conditions, qu'est-ce qui lui enlève la responsabilité de cet accident ? Le fait qu'il soit mort ?

Le problème est justement là. Si le conducteur fautif s'en était tiré, il aurait pu répondre de sa faute. Mais comme il est décédé, la justice était frustrée d'un responsable à condamner. Alors elle devait se rabattre sur un survivant. Car le peuple réclamait une sanction. Il fallait que quelqu'un paye. Il n'y a qu'à voir les commentaires haineux qu'on pouvait lire hier sur le site de la Tribune de Genève. Pour beaucoup, il n'est pas important de savoir si ce jeune homme est ou n'est pas coupable de meurtre. Et même pas si ce meurtre est volontaire.  On compare volontiers une virée qui a mal tourné avec un meurtre par balle avec préméditation! Donc pour ces gens-là, il doit payer. Finir sa vie en prison. Il n'aura droit à aucun pardon. Le séjour en prison préventive qu'il a fait ne sera jamais suffisant pour eux. A croire qu'ils n'ont jamais été jeunes...

Bref finalement, ce que je retire de cette histoire, c'est que je comprends bien pourquoi on a supprimé le jury populaire en catimini. Ainsi, la justice peut travailler en autarcie, sans jamais rendre de comptes à la population. Elle peut rendre des jugements pour l'exemple, en se fichant bien de savoir si la personne condamnée est bien celle qui est coupable. Fini la compassion. Maintenant seule la politique de ceux qui font la justice compte. Avec un tel jugement, Zappelli a montré qu'avec lui la justice règne. Sa réélection est donc assurée! Et bien personnellement, cette justice-là ne me plaît pas du tout. Si quelqu'un décidait de lancer une initiative pour réintroduire les jurys populaires en Suisse, je la signerais sans hésitation.

Le point positif, c'est que ce jeune homme va enfin pouvoir passer à autre chose. Après toutes ces années de procédure, ça n'est pas trop tôt. Il se retrouve toutefois avec une grosse dette sur le dos et il n'est pas prêt de s'en sortir sur le plan financier. Mais je pense tout de même que c'est mieux que de vivre dans le doute permanent. Pour ma part, je lui souhaite de pouvoir reconstruire sa vie de manière normale.

06/03/2010

La plage de Cramer retardée ?

Pas eu trop le temps de bloguer cette semaine, mais j'ai quand même eu le temps de lire le journal. Et parmi les sujets qui ont retenu mon attention, il y a la fameuse plage de Cramer contre laquelle le WWF a recouru, prétextant qu'elle allait détruire un écosystème lacustre. (en oubliant bien sûr de mentionner qu'elle en créera un nouveau...) J'aurais pu dire que si les les hollandais s'étaient arrêté à de pareils bons sentiments, leur pays serait aujourd'hui beaucoup plus petit et totalement surpeuplé. J'aurais aussi pu dire: "Ach ! Eine neue Genferei ? Diese Genfern sind wunderbar..." Car oui, on ne pouvait pas imaginer qu'un projet tel que celui-ci, désiré par pratiquement tout le monde, puisse passer la rampe sans la moindre opposition dans la ville dont c'est la grande spécialité. (devant la longeole et la marmite de l'escalade) J'aurai encore pu me moquer de ces batailles inter-écologistes qui, il faut l'avouer, sont franchement hilarante.

41639826.jpgMais en réalité, bien que je souhaite évidemment que cette plage devienne un jour une réalité, je pense qu'il est surtout urgent d'attendre et cette opposition peut aussi être vue comme une chance. Quelle est la raison de cette position ? C'est l'initiative lancée l'année passée par l'UDC pour la construction d'une traversée 'moyenne' de la rade. Le texte de l'initiative se réfère aux conclusions d'un groupe de travail "Contournement de Genève" qui, comme on peut le voir sur le plan ci-contre, avait placé le départ de cette traversée sous-lacustre sur la rive gauche, tout près du port noir. Soit à l'endroit exact où devra se trouver cette plage ! Je soupçonne d'ailleurs Robert Cramer d'avoir choisi de placer sa plage à cet endroit afin de sanctuariser ce bout de rivage et s'assurer que les Genevois n'auront plus jamais l'envie d'y placer une traversée de la rade...

Pour ma part, je pense qu'il faut au moins attendre de voir si cette initiative aboutit et par la suite, si les Genevois veulent d'une telle traversée. Il serait vraiment idiot de construire cette belle plage, puis de devoir l'éventrer quelques années plus tard pour construire la traversée de la rade. Ces deux ouvrages peuvent très bien être construits en même temps et la traversée peut même être intégrée armonieusement à la plage. Elle pourrait par exemple occuper un espace restreint entre la Nautique agrandie et la nouvelle plage. Pour une fois, ne laissons pas les oppositions partisanes provoquer un coûteux et inutile méli-mélo. En bref, essayons de ne pas être trop Genevois !

04/03/2010

Petit test théorique pour les cyclistes

En roulant dans les rues de Genève (au volant de mon Hummer comme il se doit) j'ai pu constater que pas mal de cyclistes ont de la peine à assimiler quelques règles basiques qui permettent pourtant d'améliorer leur propre sécurité. Et comme il se trouve qu'il n'est même pas nécessaire de passer un examen théorique pour faire du vélo sur la voie publique, je pense qu'il y a sûrement un lien. Heureusement, le blog de Kad est là pour vous apporter son aide. Voici une petite série de questions à choix multiples qui devraient vous aider à vous y retrouver! Attention il y a des pièges!

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28/01/2010

Pour que Per et Paula ne soient jamais séparés

Frappé par la maladie, Per Amman est aujourd'hui forcé de livrer un double combat. S'il peut compter, pour l'instant, sur le soutien de Paula, elle peut aussi compter sur le sien pour l'épauler dans la délicate période à laquelle elle est confrontée. Si lui seul peut gagner son combat contre la maladie, nous pouvons, nous tous, aider Paula à gagner le sien. Ils en ont besoin tous deux, car que deviendra Per sans le soutien de Paula? Et que deviendra Paula dans son pays, loin de Per et de sa soeur jumelle?

Parfois j'ai lu des commentaires disant que c'est malheureux, mais qu'il faut des règles concernant l'accueil des étrangers et que Paula n'est qu'une victime de ces règles parmi beaucoup d'autres. C'est vrai qu'il y a sans doute beaucoup d'autres cas malheureux et beaucoup d'autres gens qu'on pourrait soutenir. Mais est-ce une raison pour abandonner Paula? Les lois, lorsqu'elles sont injustes, il faut les changer. Et si la Suisse n'avait pas perdu son temps à légiférer contre les "mauvais" étrangers, mais s'était plutôt attachée à soutenir les étrangers qui méritaient sa bienveillance, peut-être n'en serions-nous pas là. Je pense bien sûr qu'il faut être stricte globalement vis-à-vis des étrangers, car nous n'avons pas la place pour accueillir toute la misère du monde. Mais d'un point de vue individuel, nous devrions avoir plus de possibilités pour fournir des permis B à des personnes méritantes, qui apportent beaucoup à notre société et à ses membres, qui cherchent vraiment à s'intégrer parmi nous. Bien sûr il existe plein d'autres personnes qu'on pourrait aider. Mais si on ne commence pas par Paula, on ne commencera jamais.

Alors il est encore temps de signer la pétition pour Paula. Rendez-vous sur le blog de Per Amman pour tous les détails et pour imprimer la pétition. Merci pour votre soutien.

 

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07:14 Publié dans Genève | Tags : per amman, paula | Lien permanent | Commentaires (2)

08/01/2010

Pas d'effet suspensif pour le recours contre les fumoirs

On apprend aujourd'hui que le Tribunal Fédéral juge inutile d'assortir le recours des initiants anti-tabac contre les fumoirs d'un effet suspensif. Ce qui signifie que les cafetiers et restaurateurs qui le souhaitent peuvent dès à présent prendre leurs dispositions pour la construction de ces fumoirs. Personnellement je souhaite vivement que le recours soit rejeté et que ces fumoirs puissent être installés. Toutefois je m'inquiète pour les restaurateurs qui prendront les devants sans attendre le jugement du Tribunal Fédéral. Et si ce dernier donnait raison aux initiants, comment expliquer cette décision de laisser faire ? Qui va payer les pots cassés ? Et bien les restaurateurs eux-mêmes bien sûr.

Dans ces conditions, je ne comprends pas que les juges de Lausanne n'interdisent pas temporairement leur construction. Mais peut-être que le fait de posséder un fumoir non-fumeur est considéré comme normal par les juges ! Toujours sans service, on aura le droit d'y aller avec son verre, mais sans clope ! Pour que les non-fumeurs puissent aussi en profiter. Il n'y a pas de raison, non mais...

A moins bien sûr qu'ils aient déjà pris la décision de rejeter le recours. Mais dans ce cas, je m'interroge sur le fonctionnement du TF. Si on a pris la décision, pourquoi attendre plus longtemps pour la divulguer ? Parce qu'on veut encore en discuter ? Pourquoi faire si on connait déjà la réponse ? Quoi qu'il arrive je ne pense pas que beaucoup de restaurateurs vont sans lancer sans être sûrs d'être dans leur bon droit.

Bref, je souhaite à tous les cafetiers et restaurateurs qui le désirent que ce recours soit rejeté et qu'ils puissent entreprendre la construction de leur "bocal à fumeurs" ! Ainsi nos amis fumeurs ne pourront plus se plaindre d'attraper des pneumonies !

11/12/2009

Les banques de Genève peuvent-elles encore avoir des employés frontaliers ?

Je vais sans doute attirer des commentaires anti-frontaliers. Sachez que si vous êtes des frontalierophobes chroniques ou des fans inconditionnels de Eric Stauffer, je suis tout à fait contre votre position et je n'ai même aucune sympathie pour vous et vos idées. Ce que je veux mettre en évidence ici, c'est un problème légal qui devrait faire réfléchir les banquiers de la place de Genève.

La place bancaire suisse, et celle de Genève en particulier, est protégée par une loi, le secret bancaire, qui isole de plus en plus la législation suisse en Europe et même dans le Monde. Or, pour qu'une demande d'extradition, pour autant qu'un accord existe, soit suivie d'une action judiciaire de la part du pays destinataire, il faut 2 conditions. La première, c'est que le délit dont la personne concernée est accusée soit également considéré comme un délit dans le pays où il se trouve. Cette condition est plutôt facile à remplir lorsqu'il s'agit d'un crime tel que meurtre, vol, viol, etc. Mais lorsque la législation suisse est pratiquement la seule à considérer l'acte supposé comme délictuel, alors il est probable que le délit reste impuni, que ce soit par le droit suisse ou par le droit du pays d'accueil.

La seconde condition, c'est que la personne concernée par la demande d'extradition ne soit pas citoyen du pays hôte. Dans le cas des frontaliers, il y a donc un problème: tous les soirs, ils rentrent dans leur pays, d'où ils ne peuvent pas être extradés. Donc , s'ils ont commis un délit un jour, il leur suffit de ne pas revenir le lendemain en Suisse pour être couverts par la protection de leur pays d'origine. De plus, si le droit français ne reconnaît pas l'acte comme un délit, ils ne peuvent pas non plus y être poursuivis. Le seul problème que ça leur pose en définitif, c'est qu'ils n'auront plus la possibilité de retourner en Suisse ni, ce qui est un problème tout relatif, se rendre dans un pays avec lequel la Suisse a un accord d'extradition et dont la législation reconnaît le secret bancaire !

Pour la plupart des professions, cela ne pose pas de gros problème. Et même si ça en pose, ça n'a pas la même répercution. Dans le cas qui s'est produit chez HSBC, banque pourtant britannique, c'est qu'en commettant cette indiscrétion, l'employé incriminé a sappé toute la confiance qu'on peut avoir à l'étranger, et en particulier en France, vis-à-vis du système bancaire suisse. Il ne fait donc pas du mal qu'à son ancien employeur, mais à toute la profession, à toute la place financière suisse et en particulier genevoise. Dans ces conditions, on peut se rendre compte à quel point il est dangereux d'employer un frontalier venant d'un pays faisant la guerre au secret bancaire à un poste clé d'une banque de la place genevoise. La même remarque peut être faite à Zurich avec les frontaliers allemands, à Bâle avec les frontaliers français et allemands et dans le Tessin avec les frontaliers italiens.

Donc je pense que la Suisse et ses banques doivent aujourd'hui choisir. Soit il faut aligner notre législation sur nos grands voisins et sans doute perdre de nombreux emplois, soit il faut réserver les postes clé ainsi que tous les postes ayant accès à des données confidentielles aux seuls résidents suisses, voire même aux citoyens suisses. Même si la confiance qu'on peut accorder à des employés suisses n'est pas à cent pourcent garantie, elle est tout de même infiniment plus grande que celle qu'on peut mettre dans des personnes résidant à l'étranger !

Bien sûr, une telle législation serait incompatible avec les billatérales. La Confédération ne peut donc pas agir. Toutefois, je pense que les banques tireront elles-mêmes les conclusions de cet incident. Et elles prendront les mesures nécessaires pour éviter qu'on donne des postes à responsabilité à des personnes qui ne peuvent plus être considérées comme absolument fiables compte tenu du climat instauré par les pays limitrophes. Et sur le fond, je ricane gentîment, si la conséquence de la politique de chasse aux sorcières poursuivie par ces grands états vis-à-vis de la Suisse les amène à récupérer des banquiers frontaliers qui ne pourront que grossir les rangs de leurs chômeurs...

13:17 Publié dans Economie, France, Genève | Tags : hsbc, fuite | Lien permanent | Commentaires (3)

28/11/2009

Et on continue à croire que les gauchistes sont pacifiques...

Oui on y croit. A chaque fois qu'il y a un évènement qui ne leur plaît pas, il faut qu'ils mettent le feu à la ville. Se croient-ils vraiment au-dessus des lois ? Ah oui, je sais. Ce sont des éléments incontrolables et la GRANDE majorité des manifestations défilent dans le calme. Et bien ce genre de conneries, on en a assez. Interdisons les manifestations. Après tout, il n'y a qu'à Genève qu'on les autorise encore à manifester. C'est vrai que ça ne les empêche pas de faire le bordel. Mais au moins, on peut arrêter toute personne qui outrepasse l'interdiction.

Et puis à quoi ça rime de manifester dans un état démocratique ? C'est comme ça qu'on essaye de contourner la défaite dans les urnes ? On met le feu aux voitures ? On casse les vitrines ? Je comprends tout à fait qu'on manifeste dans les rues de Téhéran ou de Rangoon. Ici, si on veut s'exprimer on en a le droit ! On peut même proposer des lois et les faire voter à la population. Alors à quoi ça rime tout ça ? Est-ce parce qu'ils savent que leurs idées n'ont pas une seule chance face à l'épreuve de la majorité ?

En tout cas, moi je suis sûr que les propriétaires de ces voitures sont des directeurs de banque directement responsables du crash boursier:

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Et tiens. Ce que je trouve bizarre c'est qu'on s'en prenne à une VW en plaque française, mais qu'on laisse la Volvo tranquille. Ca montre bien l'esprit de ces débiles. J'espère que la police va en choper quelques-uns et qu'ils vont en avoir pour des années à rembourser les dégats qu'ils ont commis !

D'ailleurs au passage, il faut dire que les assurances ne payent pas en cas de troubles publics. Alors qui va payer ? Et si on faisait payer les mouvements qui ont demandé l'autorisation de défiler ? Ca ne serait pas normal ? Après tout, ils n'ont qu'à assurer le service d'ordre au lieu de laisser faire et dire ensuite qu'ils n'y sont pour rien et que ce sont des éléments externes qui ont fait le travail...

16/11/2009

Le Conseil d'Etat qu'on attendait

Oui, cette élection d'hier ne nous aura apporté aucune surprise. Comme on pouvait s'y attendre, le MCG n'a pas fait son entrée au Conseil d'Etat. Comme on pouvait s'y attendre, la droite reprend la majorité au détriment des Socialistes en déroute. Comme on pouvait s'y attendre, c'est Véronique Pürro qui en fait les frais. Et comme on pouvait s'y attendre, les cinq sortants passent la rampe sans trop de difficultés. Finalement, un scrutin majoritaire, où les coalitions préfèrent ne pas présenter trop de candidats de peur de faire de l'ombre à leurs sortants, c'est vraiment peu enthousiasmant. On aimerait un peu plus de confrontation. On aimerait des coalitions gouvernementales qui présentent chacune 5 ou 6 candidats, pour avoir vraiment le choix. Bref, on aimerait pouvoir faire mieux que réélir les sortants faute de mieux. Certes, on a eu un taux de participation record, mais tout de même, 46% ça n'est pas très glorieux. Et ce genre d'élections où on n'a finalement le choix qu'entre 8 candidats sérieux pour 7 places ne va pas aider à plus intéresser la population !

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09/11/2009

Faut-il prendre des mesures spéciales en faveur de la sécurité routière ?

Durant la semaine écoulée, trois accidents mortels ont défrayé la chronique à Genève. Désormais le nombre de tués sur les routes genevoises passe à dix-huit pour cette année, soit pas loin du double du nombre de tués de l’année passée ! Dès lors, nombreuses sont les voix qui appellent à un renforcement des mesures de prévention, voire de répression. Il est évident qu’un doublement du nombre de morts est très impressionnant. Mais ce doublement est-il réellement la marque d’une augmentation de l’imprudence des conducteurs ?

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03/11/2009

Ils sont où les ténors ?

Et où sont les sopranos ? On a bien les cinq sortants, d'accord. Mais en dehors d'eux, quel ténor de la politique genevoise a choisi de s'engager pour entrer dans ce Conseil d'Etat ? Oui c'est vrai, il y a Eric Stauffer, Mauro Poggia et Yves Nidegger. Ce qui veut dire que si on veut voter à la droite de la droite, on n'a que l'embarras du choix. Mais en dehors de ça ? Je ne parle même pas des Communistes, mais plutôt des partis gouvernementaux "traditionnels".

Chez les Socialistes, il y avait bien Manuel Tornare qui était prêt à s'engager. Personnellement, je ne nourris pas un amour imodéré pour le personnage, mais il faut reconnaître qu'il jouit d'une bonne quotte de popularité à Genève. Mais voilà, le parti socialiste est un parti dogmatique. Et leur dogmatisme leur a imposé de choisir une femme, même si aucune bonne candidate ne se présentait. Avoir préféré Véronique Pürro à Manuel Tornare pour le représenter, pourrait bien valoir au parti socialiste de ne plus être représenté que par un seul Conseiller d'Etat durant les 4 prochaines années. Car qui voudrait d'une squatteuse à la tête du canton ?

Quant à Michèle Künzler, elle fait à peine mieux. Je doute beaucoup de sa capacité à convaincre les Genevois. Et à droite, Isabel Rochat peine tout autant à imposer sa personnalité. On le voit, trois partis ont choisi de proposer une femme. C'est une bonne chose, mais n'y a-t-il aucune femme genevoise capable de gagner une élection ? N'y a-t-il aucune femme jouissant d'une popularité suffisante pour que son nom s'impose de lui-même ? Car les Genevois ne sont pas idiots et n'éliront pas de femmes si aucune femme ne semble à même de remplir les plus hautes fonctions. Le résultat pourrait bien être un second tour dont seuls seraient exclus les cinq sortants.

Ou peut-être même pas tous. Et à ce second tour, participeront probablement aussi les deux candidats MCG. Je ne pense bien sûr pas qu'ils aient des chances réelles. Car ils ont déjà pratiquement fait le plein de voix. Il n'y a guère que du côté de l'UDC que le MCG pourrait recueillir des voix pour le second tour. En tout, ils ne devraient pas pouvoir dépasser les vingt pourcent. Mais tout de même. Le risque pris par les partis gouvernementaux en ne présentant, pour remplacer les sortants qui ne se représentent plus, que des candidates de valeur assez discutable, nous fait prendre un risque totalement inutile. Alors les ténors et les sopranos, la charge de Conseiller d'Etat vous fait si peur que ça ? C'est vrai que diriger un canton comme Genève, ça n'est pas simple. Mais il y a des défis passionnants pour notre avenir en suspens. Il faudra bien un jour que des personnes compétentes s'y atellent...