08/10/2010
La seule vérité de l'affaire Kerviel
On s'est beaucoup amusé de la dette cosmique qu'on a mis sur le compte de Jérome Kerviel. C'est vrai que les tribunaux ne semblent pas avoir le sens de la mesure en croyant qu'il sera un jour capable de rembourser. Et bien je crois que personne n'a compris le fin mot de l'histoire.
Dans quelques dizaines d'années, (j'espère pour lui le plus tard possible) Jérome Kerviel finira par mourir avec une dette bien entendu totalement intacte. Alors ses héritiers qui ne désirent sans doute pas passer tout le reste de leur vie à toucher le RMI pour éviter de se faire ponctionner, vont bien évidemment refuser l'héritage. Et alors que se passera-t-il ? Est-ce que l'héritage est perdu ? Non. Lorsqu'il n'y a plus d'hériters, le dernier héritier est toujours l'état. Qui peut bien sûr aussi refuser l'héritage, mais je ne pense pas que c'est le but. Finalement le but, c'est que tout à la fin, ça soit au contribuable de payer pour les errements de la Société Générale. On en revient toujours là.
Et pour en arriver là, on n'hésite pas à détruire toute une vie. Car Jérome Kerviel a sans doute mérité ses années de prison. Même si son employeur l'a encouragé comme il l'affirme, on a toujours la possibilité de refuser. On peut même démissionner. Le libre-arbitre ça existe. Mais le problème dans cette histoire, c'est qu'il n'aura pas droit au pardon de la société. La justice le fera payer jusqu'à la fin de sa vie, même lorsqu'il aura payé sa dette à la société, il n'aura jamais le droit de reconstruire sa vie. Même Bernard Tapie n'avait pas eu droit à un jugement aussi destructeur. Tout ça pour qu'à la toute fin, la Société Générale puisse récupérer l'argent qu'elle avait délibérément choisi de jouer à la roulette. Voilà ce qu'est notre société de début de millénaire... Ne serait-il pas temps de changer quelque chose ?
08:54 Publié dans Economie, France | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
11/12/2009
Les banques de Genève peuvent-elles encore avoir des employés frontaliers ?
Je vais sans doute attirer des commentaires anti-frontaliers. Sachez que si vous êtes des frontalierophobes chroniques ou des fans inconditionnels de Eric Stauffer, je suis tout à fait contre votre position et je n'ai même aucune sympathie pour vous et vos idées. Ce que je veux mettre en évidence ici, c'est un problème légal qui devrait faire réfléchir les banquiers de la place de Genève.
La place bancaire suisse, et celle de Genève en particulier, est protégée par une loi, le secret bancaire, qui isole de plus en plus la législation suisse en Europe et même dans le Monde. Or, pour qu'une demande d'extradition, pour autant qu'un accord existe, soit suivie d'une action judiciaire de la part du pays destinataire, il faut 2 conditions. La première, c'est que le délit dont la personne concernée est accusée soit également considéré comme un délit dans le pays où il se trouve. Cette condition est plutôt facile à remplir lorsqu'il s'agit d'un crime tel que meurtre, vol, viol, etc. Mais lorsque la législation suisse est pratiquement la seule à considérer l'acte supposé comme délictuel, alors il est probable que le délit reste impuni, que ce soit par le droit suisse ou par le droit du pays d'accueil.
La seconde condition, c'est que la personne concernée par la demande d'extradition ne soit pas citoyen du pays hôte. Dans le cas des frontaliers, il y a donc un problème: tous les soirs, ils rentrent dans leur pays, d'où ils ne peuvent pas être extradés. Donc , s'ils ont commis un délit un jour, il leur suffit de ne pas revenir le lendemain en Suisse pour être couverts par la protection de leur pays d'origine. De plus, si le droit français ne reconnaît pas l'acte comme un délit, ils ne peuvent pas non plus y être poursuivis. Le seul problème que ça leur pose en définitif, c'est qu'ils n'auront plus la possibilité de retourner en Suisse ni, ce qui est un problème tout relatif, se rendre dans un pays avec lequel la Suisse a un accord d'extradition et dont la législation reconnaît le secret bancaire !
Pour la plupart des professions, cela ne pose pas de gros problème. Et même si ça en pose, ça n'a pas la même répercution. Dans le cas qui s'est produit chez HSBC, banque pourtant britannique, c'est qu'en commettant cette indiscrétion, l'employé incriminé a sappé toute la confiance qu'on peut avoir à l'étranger, et en particulier en France, vis-à-vis du système bancaire suisse. Il ne fait donc pas du mal qu'à son ancien employeur, mais à toute la profession, à toute la place financière suisse et en particulier genevoise. Dans ces conditions, on peut se rendre compte à quel point il est dangereux d'employer un frontalier venant d'un pays faisant la guerre au secret bancaire à un poste clé d'une banque de la place genevoise. La même remarque peut être faite à Zurich avec les frontaliers allemands, à Bâle avec les frontaliers français et allemands et dans le Tessin avec les frontaliers italiens.
Donc je pense que la Suisse et ses banques doivent aujourd'hui choisir. Soit il faut aligner notre législation sur nos grands voisins et sans doute perdre de nombreux emplois, soit il faut réserver les postes clé ainsi que tous les postes ayant accès à des données confidentielles aux seuls résidents suisses, voire même aux citoyens suisses. Même si la confiance qu'on peut accorder à des employés suisses n'est pas à cent pourcent garantie, elle est tout de même infiniment plus grande que celle qu'on peut mettre dans des personnes résidant à l'étranger !
Bien sûr, une telle législation serait incompatible avec les billatérales. La Confédération ne peut donc pas agir. Toutefois, je pense que les banques tireront elles-mêmes les conclusions de cet incident. Et elles prendront les mesures nécessaires pour éviter qu'on donne des postes à responsabilité à des personnes qui ne peuvent plus être considérées comme absolument fiables compte tenu du climat instauré par les pays limitrophes. Et sur le fond, je ricane gentîment, si la conséquence de la politique de chasse aux sorcières poursuivie par ces grands états vis-à-vis de la Suisse les amène à récupérer des banquiers frontaliers qui ne pourront que grossir les rangs de leurs chômeurs...
13:17 Publié dans Economie, France, Genève | Tags : hsbc, fuite | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
23/11/2009
Il faut suspendre Thierry Henry pour la phase finale de la Coupe du Monde !
Avant tout, je dois dire que je suis Français aussi bien que Suisse et qu'il m'est souvent arrivé d'être supporter des Bleus, plus souvent même que des Rouges à croix blanche, lors des différentes phases finales de Coupe du Monde ou de Coupe d'Europe. Chaque fois qu'une équipe à réussi à m'entousiasmer par son jeu, je me suis rangé corps et âme derrière eux. C'était particulièrement vrai de la grande équipe de Platini, de Giresse, de Tigana et autres Fernandez. Même s'ils n'ont gagné qu'une Coupe d'Europe et n'ont jamais disputé de finale en Coupe du Monde, c'était à mon avis une sorte d'âge d'or pour le football français.
Mais je me suis aussi passionné pour l'équipe de France quand un nouveau meneur, Zidanne, s'est profilé pour mener cette équipe dans les hauteurs. Le football que pratiquait cette équipe était moins flamboyant, mais bien plus réaliste, ce qui finalement compte plus en football. En 1998, lorsque Didier Deschamps a soulevé la Coupe du Monde très haut au-dessus de sa tête, j'étais debout devant mon poste de télévision, levant les bras au ciel pour accompagner son geste. Pareil lors de la victoire en Coupe d'Europe 2 ans plus tard. Et lorsqu'il y a quatre ans, le retour d'un Zizou rassembleur m'a permis de m'entousiasmer à nouveau pour cette équipe, j'étais à nouveau présent, sûr de la victoire finale. Victoire que seule l'équipe d'Italie est parvenue à contester.
Mais aujourd'hui, je ne défends plus ces bleus. Plus depuis que leur capitaine s'est permis de voler la victoire d'un geste de la main clairement volontaire. J'aurais de loin préféré une défaite à la régulière qu'une victoire volée qui laisse planer le doute sur l'issue normale de la partie. Donc je ne serai pas avec ces Bleus. Pas si Thierry Henry devait en faire partie. La solution la plus équitable aurait été de rejouer la partie, même lui l'a avoué. Mais puisqu'il parait que c'est impossible, la FIFA doit prendre la seule décision correcte qui lui reste entre les mains et priver le capitaine des Bleus de phase finale. C'est le seul moyen de restaurer un peu de justice dans le football.
On dira peut-être que c'est une sanction trop sévère. Mais après tout, n'a-t-il pas privé toute une nation de phase finale ? Sous cet angle la sanction n'est-elle pas plus proportionnée ?
11:47 Publié dans France, Sports | Tags : thierry henry, bleus, main, coupe du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
21/05/2009
Vous avez dit Hadopi ?
Depuis des années, on assiste à un combat entre des entreprises qui cherchent à protéger les œuvres qu'elles diffusent et par la même occasion leurs moyens de diffusion classiques, et une partie des internautes qui profitent de la technologie qui leur est offerte pour télécharger ces œuvres. Je trouve qu'il y a même une certaine hypocrisie à offrir de plus en plus de bande passante aux internautes, ce qui n'a pratiquement aucune autre utilité que le téléchargement, et ensuite les sanctionner s'ils s'en servent. C'est un peu comme vendre des voitures pouvant rouler à 300 à l'heure et obliger à rouler à 120 ! D'accord, c'est bien ce qui se fait, mais ça n'est pas pour autant que c'est normal…
22:13 Publié dans France, Politique, Technologie | Tags : hadopi, téléchargement ilégal | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
30/04/2009
Genève piétine, Paris avance…
D'accord, les villes sont peu comparables. Mais tout de même, on ne peut qu'être admiratif devant le projet d'extension des transports publics parisiens pour les années à venir, lancé officiellement hier par Nicolas Sarkozy et devisé à 35 milliards d'euros. Ce projet vise globalement à désenclaver la banlieue. Déjà le tram dont les lignes suivent grosso modo le périphérique permettait d'éviter le centre ville pour se rendre d'une banlieue proche à une autre. Désormais, c'est la banlieue plus lointaine qui est visée. Il s'agit donc bien d'un projet francilien et plus seulement d'un projet parisien.
Le projet personnel du Président, c'est d'ailleurs un métro automatique de 130km de long qui relierait divers points de la banlieue ainsi que le centre ville. Les deux aéroports internationaux seront concernés. Ainsi, il sera désormais possible de rejoindre Orly depuis Charles-de-gaulle et vice-versa sans passer par le centre-ville.
http://www.tdg.ch/actu/monde/sarkozy-lance-revolution-tra...
http://www.20minutes.fr/article/322911/Paris-Nicolas-Sark...
Et le projet d'agglomération genevoise, où en est-il ? Et bien, il avance tout tranquillement. Le CEVA, dont le projet date de 1912, a encore de nombreuses oppositions à combattre et un probable référendum à passer. Lorsqu'il sera construit, s'il est construit, il sera possible de joindre la Haute-Savoie à Genève et au Canton de Vaud, mais rien encore du côté du Pays de Gex, dont les pendulaires représentent pourtant une part très importante du trafic d'agglomération. Il restera donc encore à convaincre les autorités françaises et la SNCF de réhabiliter la ligne du pied du Jura et à étudier sa liaison au réseau suisse. Horizon 2042 ?
Du côté des trams - qui auraient dû être métros pour bien faire mais nous ne referons pas le monde maintenant - On espère pour bientôt la fin de la construction de celui de Meyrin et en même temps, on piétine allégrement du côté du tram onésien. (trois ans et demi pour construire 6 km : à comparer avec la construction des trams parisiens…) D'autres projets sont urgents, tels la prolongation du tram vers Annemasse, St-Julien, St-Genis ou Fernex, mais ils restent encore au stade du projet.
Et finalement, on reparle pour la deux cent soixante-cinqième fois de la traversée de la rade, ou plutôt du lac cette fois-ci, que tout le monde veut lorsqu'il faut voter sur son principe, mais que personne ne veut payer lorsqu'on propose un projet concret. Oui, pas de doute, nous ne sommes pas à Paris, mais bien à Genève…
11:22 Publié dans France, Genève, Politique, Transports | Tags : transports publics, traversée de la rade | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



