19/02/2017

Macron, un micro-candidat

Hommelibre a déjà publié la version courte de cette vidéo, je publierai donc la version longue. Ce faux fan infiltré dénonce les manipulations de l'équipe de campagne de Macron qu'il a découvertes lors d'une infiltration des équipes d'ambianceurs du candidat lors de son grand meeting de Lyon. Personnellement cette vidéo ne m'apporte pas grand chose. En effet les ficelles utilisées sont tellement grossières qu'elles sont facilement déchiffrables par qui réfléchit un peu. Les images des meetings parlent d'elles-mêmes. Macron n'est rien de plus qu'une manipulation de l'électorat.

 J'ai bien dit qu'il est une manipulation et non un manipulateur. C'est un orateur bien trop peu doué pour manipuler l'électorat de lui-même. Par exemple, Sarkozy est un véritable manipulateur. C'est un très bon orateur, capable d'asseoir sa rhétoriqu et qui sait comment provoquer l'assentiment des foules. Macron lui est un très mauvais orateur. C'est pour ça qu'il a eu besoin d'engager une société de conseil en communication. Et d'ailleurs même avec ces conseils avisés, il parvient à faire de grossières erreurs, comme par exemple quand il s'était mis à vociférer pendant un discours, alors qu'on lui avait probablement conseillé d'élever un peu la voix pour paraître moins lisse.

Quand on voit ce clip, qui a servi à lancer son parti, on découvre toutes les ficelles de marketing utilisées par cette société de communication. Aucun engagement, aucune promesse électorale, juste une dynamique publicitaire censée attirer le gogo vers un programme inexistant en lui faisant croire que Macron est le candidat du changement:

Finalement, je renonce donc à faire une analyse stricte des manipulations qui l'entourent. Il suffit d'être un peu attentif durant ses discours pour les déchiffrer. Toutes les phrases sont creuses. Il n'y a aucun engagement de fait. On dirait même qu'il s'agit d'un jeu consistant à citer un certains nombre de mots clés, chacun destiné à provoquer l'intérêt d'une partie de l'électorat. On cite par exemple De Gaulle, puis peu après Mitterrand, ce qui paraît extrêmement incohérent tant les deux hommes ne s'appréciaient pas. Et quand on sort un 'Je vous ai compris' pour calmer les pieds noirs peu après les avoir traités de génocidaires, je ne pense pas qu'on puisse convaincre qui que ce soit.

 Je ne crois pas que les Français soient suffisamment stupides pour acheter le produit Macron. Les sondages qui commencent à le donner vainqueur ne peuvent être que mensongers. A force de croire qu'il y aura l'effet 'Tout sauf Le Pen' au second tour, les médias se préparent à une grosse désillusion. Qui peut croire que son discours totalement creux et sans le moindre engagement parviendra à rallier la majorité des Français durant un débat contre n'importe quel autre candidat ? A mon avis, s'il atteint le second tour, il y aura surtout un effet 'Tout sauf Macron'. Et si c'est effectivement Le Pen qui lui sera opposée, ceux qui auront trop d'aversion à son égard choisiront l'abstention plutôt que voter pour Macron. Si Marine Le Pen est une machine à faire élire un âne,(autrement dit, tout candidat qui lui est opposé au second tour) Macron est peut-être finalement une machine à faire élire une machine à faire élire un âne !

15/11/2015

Lettre à François Hollande

Monsieur le Président, tel Boris Vian, je vous fais une lettre. Mais contrairement à lui, je doute que vous la lirez, car avec les problèmes que vous devez gérer ces jours-ci, il est évident que vous n’en aurez pas le temps.

Tout d’abord il faut que vous sachiez que je ne suis pas de vos amis politiques. Je ne vous ai pas élu. Je n’ai pas non plus choisi votre adversaire du second tour car, incapable de faire le choix du moins médiocre, j’ai préféré l’abstention. Et non, je ne suis pas un adepte du Front National, je me refuserai toujours à voter pour ce parti. En fait je suis membre de cette frange de la population qui ne se reconnait plus dans la politique et qui fait par dépit le choix du mal. Une frange devenue majoritaire dans un pays malade de sa politique.

Il y a déjà quelques années, j’ai dit de vous que vous étiez le plus mauvais chef d’Etat depuis Louis XVI. Au passage, vous remarquerez que cela vous place dans mon palmarès derrière Philippe Pétain, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très reluisant. J’ai aussi dit que vous aviez réussi un tour de force incroyable. Vous avez réussi à nous faire regretter votre prédécesseur, ce qui n’est pas peu dire ! Je ne prétends pas qu’il ait réussi de grandes choses, non. Mais au moins, il arrivait à donner le change avec un semblant de posture d’homme d’Etat.

J’avais finalement ajouté que si vous étiez le pire chef d’Etat depuis Louis XVI, je vous souhaitais de connaître une fin de règne moins dramatique. Je vous le souhaite toujours.

Aujourd’hui, les Français peuvent, à mon grand regret, considérer l’étendue des dégâts provoqués par votre politique internationale et par celle de votre prédécesseur. Cela avait commencé avec l’intervention en Lybie. Oui je sais, vous n’en êtes pas personnellement responsable, c’est Nicolas Sarkozy qui était alors au pouvoir. Et c’est à vous qu’il revient de gérer les conséquences du chaos causé par cette intervention. Mais vous êtes par contre responsable de la continuation de la même politique, particulièrement en Syrie.

Votre féroce détestation du régime de Bachar El-Assad vous a semble-t-il amené à vous investir dans un conflit interne qui ne regardait pas la France. Etant notre Président, vous nous avez ainsi tous impliqués. Je vous ferai remarquer au passage que si le régime syrien n’est pas des plus sympathiques, JAMAIS il n’avait menacé la France ! Il n’y avait donc aucune raison dans ce cas de se montrer si belliqueux à son égard. Tout au plus, la diplomatie française aurait-elle pu promouvoir les valeurs des droits de l’Homme et de la démocratie. Elle aurait dû œuvrer pour aider à une transition pacifique afin de régler un conflit interne destructeur. D’ailleurs le droit international ne nous autorisait en aucun cas à nous mêler des affaires intérieures syriennes. Mais vous avez fait le choix de l’ingérence et de l’illégitimité et désormais nous devons collectivement assumer les conséquences de ce choix.

Vous l’avez désormais compris, la France est en guerre. Non seulement c’est votre politique qui est responsable de cette guerre, mais pire, vous avez très largement contribué à la création de notre ennemi. Il y a très peu de précédents historiques à une pareille naïveté. On peut éventuellement citer Al-Qaida que les Américains ont contribué à créer avant qu’il devienne son pire ennemi. Mais refaire la même bêtise si peu de temps après me paraît inconcevable. N’apprendrons-nous jamais rien de l’histoire ? Où y-a-t-il une volonté délibérée de créer le chaos ? Si c’est le cas, ce chaos retombe aujourd’hui sur nos têtes. Et nous ne vous en remercions pas.

Vous aviez sans doute pensé que les ennemis de nos ennemis n’étaient pas tout à fait nos amis, mais enfin… Et n’y avait-il pas plusieurs nations soi-disant amies derrière ce prétendu Etat Islamique ? Mais l’agenda politique de ces Etats ne coïncide visiblement pas avec l’intérêt supérieur de la nation française. Vous avez été élu par le peuple français, c’est donc à lui que vous rendez vos comptes. Il est par exemple tellement évident que vous idolâtrez le Président Obama. A titre personnel, je ne vous en tiens pas rigueur, vous en avez le droit. Mais jamais cette adoration aurait dû se transformer en soumission. La France est un grand pays et le monde a besoin d’une France indépendante et forte qui agisse pour la paix et la défense des droits de l’Homme. Rappelez-vous quand Jacques Chirac a choisi de ne pas suivre les Américains dans leur volonté de destruction de l’Etat irakien. Le monde a alors chéri la France. C’est ça le rôle qu’on attend de nous, pas de suivre bêtement les Etats-Unis quelle que soit la pertinence de leur politique.

Pire encore, votre soumission aux intérêts de plusieurs états de la région me paraît très coupable. Il est évident que leur amitié pour la France n’est que de façade. Ce qu’ils cachent, c’est qu’ils souhaitent le dépeçage de la nation syrienne afin de se partager les morceaux. Je ne vois vraiment pas pourquoi la France doit les y aider.

Votre haine de Vladimir Poutine est tout aussi évidente et il est clair qu’elle empiète sur votre jugement. Je ne dis pas que c’est un saint homme. Il a des défauts indéniables et certains points de sa politique intérieure sont très critiquables. Mais contrairement à vous il possède une caractéristique importante : c’est un vrai leader. Son peuple le suivrait même en enfer s’il disait que c’est pour le bien de son pays. Et vous devez aujourd’hui convenir que votre tentative de faire sans lui est un total fiasco. La Russie est un acteur incontournable de la scène internationale, et cela particulièrement en Syrie.

Pour en terminer avec ces constats, je dirai que ces derniers mois, nous avons assisté à l’intensification de l’arrivée de ces gens que vous appelez "migrants". Cette intensification est tout à fait suspecte, car elle ne répond à aucune intensification du conflit syrien. Vous auriez donc dû vous demander que venaient faire ces gens. Bien sûr, la majorité d’entre eux est composée de pauvres gens qui n’ont rien demandé. Votre humanisme me paraît dans l’ensemble justifié. Mais ce qui me paraît injustifié, c’est d’accepter ces gens sans aucune vérification. La moindre des choses aurait dû être de vérifier leur provenance, essayer de savoir qui ils sont. On ne peut en aucun cas accepter la venue d’une population hétéroclite sans tri préalable. Mais vous avez naïvement choisi de les laisser venir en groupe. Je suis persuadé que des éléments très dangereux en font partie. C’est une véritable cinquième colonne de l’Etat Islamique qui est désormais au sein de nos frontières. Et c’est vous qui les avez laissé entrer.

Voilà maintenant ce que j’attends de vous. Je ne prétends pas parler au nom de tous les Français, mais je pense que c’est une question de bon sens.

Sur le plan intérieur, il va falloir débusquer cette cinquième colonne. Au sein de nos villes, de nos banlieues, mais aussi de ces nouveaux arrivants. Vous avez décrété l’Etat d’urgence afin de donner des pouvoirs étendus à la Police. Ca n’est certes pas une décision facile à prendre, mais je vous félicite de l’avoir fait. J’espère que cela présage un changement de politique bénéfique.

Sur le plan international, la première chose à constater, c’est que la France est en guerre ouverte. Une guerre que nous n’avons pas souhaitée, mais provoquée. C’est désormais un état de fait et il n’y a pas de retour en arrière possible. Il va falloir que vous vous décidiez à rompre avec vos sentiments profonds et que vous acceptiez de collaborer avec ceux que vous n’aimez pas. El-Assad et Poutine ne sont pas des saints, mais eux au moins ne sont pas les ennemis de la France. Il est temps de faire le bon choix en vue d’éliminer la purulence islamiste qui putréfie cette région du monde. Il sera ensuite toujours temps de faire fonctionner la diplomatie pour que la Syrie devienne un vrai état de droit.

Et quant à votre ami Obama, il est temps de lui faire comprendre que la France est un état indépendant qui défend ses propres intérêts. S’il veut vous suivre, il est le bienvenu. Sinon, il peut rester à l’écart, cela ne nous pose pas de problème.

Nous attendons de vous de prendre de vraies décisions, de devenir le leader que vous n’avez jamais réussi à être. Je ne me fais malheureusement que très peu d’illusions et je ne vous en crois pas capable. Mais s’il vous plaît, Monsieur le Président, prouvez-moi que j’ai tort.

Cordialement.

Pascal Carlier

05/08/2013

OGM: La Suisse ne doit pas céder!

La semaine dernière, la France a mis le doigt dans l'engrenage qui tôt ou tard finira par la conduire à remplacer ses semences classiques par des semences OGM. En autorisant le maïs Monsanto MON810, elle a en effet suivi la voie tracée par l'Europe, qui oblige les Etats membres à se plier au bon vouloir des lobbys des OGM.

Sur les OGM on aura écrit tout et n'importe quoi. Dur de se faire une opinion. D'un côté un lobby industriel qui prétend que les OGM apportent des tas d'avantages sans désavantage. (prouvé...) D'un autre côté, un lobby écologiste qui refuse toute forme de manipulation génétique, y compris dans la recherche. Or il faut bien dire que certaines recherches en la matière, surtout dans le domaine médical, offrent de très belles promesses d'avenir. Il ne faut donc pas tout refuser en bloc.

Ne parlons donc ici que des OGM destinés à la consommation. Entre autres ce maïs modifié, qui a reçu un gène étranger lui permettant de sécréter un insecticide. Un insecticide, même s'il est sécrété par la plante, c'est clairement un poison. En réponse, on nous dit que c'est toujours mieux que de le déverser sur les plantes par épandage. C'est un point de vue, mais ça n'est pas forcément vrai. Une plante traitée ne l'est qu'en surface. (même s'il est probable qu'une partie soit absorbée par la plante) Dans le cas de l'OGM il est sécrété par la plante.

Peut-on réellement être sûr qu'une plante OGM sécrétant un insecticide peut en être totalement débarassée avant de se retrouver dans nos assiettes ? Sans doute ne le peut-on pas. Et à défaut, qui décide de la dose admissible ? On me répondra que les études prouvent que cet OGM est sans danger. Mais toutes les études autorisées sur les OGM industrielles sont réalisées... par les industiels eux-mêmes ! En effet, l'idée est de forcer les industriels à financer eux-mêmes les recherches prouvant l'inocuité de leurs produits. Ceci peut avoir un sens d'un point de vue financier, mais n'en a aucun d'un point de vue scientifique ! Comment peut-on demander au créateur d'un produit, qui en attend de précieux bénéfices, de réaliser une étude totalement neutre ?

Finalement, en l'absence d'étude neutre sur le sujet, il ne nous reste plus qu'à nous fier à notre bon sens de consommateur. Pour cela, il faut se poser une question toute simple, qu'on peut résumer à quizz style question SMS sur TF1 :

Quel bénéfice les industriels attendent de leurs produits ?

A: Une amélioration de la qualité de l'alimentation

B: Résoudre le problème de la faim dans le monde

C: Permettre aux agriculteurs d'améliorer leurs marges bénéficiaires

D: Augmenter leurs propres bénéfices

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01/07/2013

La France comme la Grèce ?

Petit à petit la France s'enlise. Le gouvernement avait promis de maitriser le déficit. Sans pourtant vraiment expliquer, de manière réaliste en tout cas, comment il comptait y arriver. La solution choisie, hausses d'impôts à tout va, n'apporte pas le résultat escompté. Bien sûr les recettes de l'impôt sur le revenu augmentent. Mais dans un pays où beaucoup de monde ne gagne que 1100€ net par mois, étrangler les consommateurs n'est pas une bonne idée. Résultat: la consommation est en baisse et les recettes de la TVA et de l'impôt sur les carburants aussi. (voir ici, un tableau sans doute encore plutôt optimiste par rapport à la réalité)

Pire: une consommation en baisse implique une économie en récession. Et qui dit économie en récession dit licenciements, faillites, chômage. Au final, même l'impôt sur le revenu finira par en pâtir, car pour qu'il y ait impôt sur le revenu, il faut avant tout qu'il y ait revenu. Et au lieu de maîtriser le déficit, la stratégie du gouvernement finira par conduire à une plongée encore plus grave de la dette publique.

Quant aux dépenses publiques, on promet de les réduire, mais on peine à confronter les syndicats. Les dépenses publiques doivent être réduites, mais on ne sait pas comment y arriver. Alors on choisit la politique du pire: on réduit les investissements plutôt que le budget de fonctionnement. (voir ici par exemple) Non seulement on continue à privilégier une baisse de l'activité du secteur privé pour préserver la fonction publique, mais en plus on prétérite l'avenir.

Donc si la barre n'est pas redressée au plus vite, la France se dirige tout droit vers un scénario à la grecque. Peut-on encore équilibrer le budget ? Pas si sûr que ça soit encore possible vu le niveau abyssale de la dette et des intérêts à payer. Voir ici le compteur des intérêts de la dette. Et comparer avec le tableau des recettes fiscales sur mon premier lien. Ca fait frémir... L'impôt sur le revenu ne couvre que la moitié des intérêts de la dette. La TVA les couvre plus ou moins. Autrement dit, la majeur partie des recettes fiscales servent à payer les intérêts de la dette. Ce n'est qu'ensuite qu'on commence à financer l'Etat. Et pour ce qui est de rembourser la dette, on peut parler de science-fiction.

Payer des impôts c'est censé être utile. Ca sert à assurer le fonctionnement des services de l'Etat et à financer les infrastructures. Mais quand payer des impôts ne sert plus qu'à payer des intérêts aux banques et à enrichir des investisseurs, il y a un problème. C'est ce que vivent les Grecs, les Espagnols, les Portugais et c'est ce vers quoi se dirigent les contribuables français. Un scénario à la grecque n'est plus un risque, mais c'est presque une certitude.

Peut-être la barre peut-elle encore être redressée. Mais je ne pense pas que les deux partis au pouvoir depuis quarante ans et responsables de 100% du déficit public depuis lors soient capables d'opérer les changements de dogme nécessaires pour remettre l'économie privée et les finances publiques sur les rails. Il faudrait s'attaquer à la vraie source du problème, les coûts de l'Etat. Et surtout il faudrait améliorer les conditions cadres de l'économie privée et favoriser la consommation afin de relancer l'économie. Il faut également continuer à investir pour doper l'économie privée. C'est le seul moyen d'augmenter les recettes fiscales. Car lorsqu'il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de recettes fiscales. Croire qu'il suffit d'augmenter les impôts pour augmenter les recettes fiscales c'est étonnant de la part d'un gouvernement dirigé par un président sorti de l'ENA !

Bref, je ne pense pas que le gouvernement actuel ou tout autre gouvernement pourra comprendre ça. Actuellement la politique économique et fiscale de la France et de pas mal de pays européens est dictée par les directives de Bruxelles, et à travers Bruxelles, de Berlin. Sans un président fort, capable d'imposer sa vision à l'Europe, la France est condamnée à connaître la situation de la Grèce, à plus ou moins courte échéance. Ca les électeurs français l'ont compris ou le comprendront bientôt. Il ne faudra donc pas s'étonner si au final, Marine Lepen tire les marrons du feu. C'est tout ce que gagneront les grands partis à force de s'entêter dans la même direction. Et le pire du pire, c'est que je pense qu'elle ne peut pas réussir plus mal là où les autres ont totalement échoué. Et c'est bien la première fois que je pense une chose pareille.

06/06/2013

Contre les frontaliers mais aussi contre les logements locaux

C'est ainsi qu'on peut résumer la position du MCG et de l'UDC quand on lit qu'ils s'opposent tous deux à la densification des zones de développement dans le canton de Genève. Si je trouve tout à fait respectable de vouloir favoriser le cadre de vie des Genevois, il faut tout de même comprendre ce que ça implique. Et je soupçonne ces deux partis de bien le comprendre mais de sombrer, une fois n'est pas coutume, dans le populisme pour soigner leur base électorale.

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08/10/2010

La seule vérité de l'affaire Kerviel

On s'est beaucoup amusé de la dette cosmique qu'on a mis sur le compte de Jérome Kerviel. C'est vrai que les tribunaux ne semblent pas avoir le sens de la mesure en croyant qu'il sera un jour capable de rembourser.  Et bien je crois que personne n'a compris le fin mot de l'histoire.

Dans quelques dizaines d'années, (j'espère pour lui le plus tard possible) Jérome Kerviel finira par mourir avec une dette bien entendu totalement intacte. Alors ses héritiers qui ne désirent sans doute pas passer tout le reste de leur vie à toucher le RMI pour éviter de se faire ponctionner, vont bien évidemment refuser l'héritage. Et alors que se passera-t-il ? Est-ce que l'héritage est perdu ? Non. Lorsqu'il n'y a plus d'hériters, le dernier héritier est toujours l'état. Qui peut bien sûr aussi refuser l'héritage, mais je ne pense pas que c'est le but. Finalement le but, c'est que tout à la fin, ça soit au contribuable de payer pour les errements de la Société Générale. On en revient toujours là.

Et pour en arriver là, on n'hésite pas à détruire toute une vie. Car Jérome Kerviel a sans doute mérité ses années de prison. Même si son employeur l'a encouragé comme il l'affirme, on a toujours la possibilité de refuser. On peut même démissionner. Le libre-arbitre ça existe. Mais le problème dans cette histoire, c'est qu'il n'aura pas droit au pardon de la société. La justice le fera payer jusqu'à la fin de sa vie, même lorsqu'il aura payé sa dette à la société, il n'aura jamais le droit de reconstruire sa vie. Même Bernard Tapie n'avait pas eu droit à un jugement aussi destructeur. Tout ça pour qu'à la toute fin, la Société Générale puisse récupérer l'argent qu'elle avait délibérément choisi de jouer à la roulette. Voilà ce qu'est notre société de début de millénaire... Ne serait-il pas temps de changer quelque  chose ?

11/12/2009

Les banques de Genève peuvent-elles encore avoir des employés frontaliers ?

Je vais sans doute attirer des commentaires anti-frontaliers. Sachez que si vous êtes des frontalierophobes chroniques ou des fans inconditionnels de Eric Stauffer, je suis tout à fait contre votre position et je n'ai même aucune sympathie pour vous et vos idées. Ce que je veux mettre en évidence ici, c'est un problème légal qui devrait faire réfléchir les banquiers de la place de Genève.

La place bancaire suisse, et celle de Genève en particulier, est protégée par une loi, le secret bancaire, qui isole de plus en plus la législation suisse en Europe et même dans le Monde. Or, pour qu'une demande d'extradition, pour autant qu'un accord existe, soit suivie d'une action judiciaire de la part du pays destinataire, il faut 2 conditions. La première, c'est que le délit dont la personne concernée est accusée soit également considéré comme un délit dans le pays où il se trouve. Cette condition est plutôt facile à remplir lorsqu'il s'agit d'un crime tel que meurtre, vol, viol, etc. Mais lorsque la législation suisse est pratiquement la seule à considérer l'acte supposé comme délictuel, alors il est probable que le délit reste impuni, que ce soit par le droit suisse ou par le droit du pays d'accueil.

La seconde condition, c'est que la personne concernée par la demande d'extradition ne soit pas citoyen du pays hôte. Dans le cas des frontaliers, il y a donc un problème: tous les soirs, ils rentrent dans leur pays, d'où ils ne peuvent pas être extradés. Donc , s'ils ont commis un délit un jour, il leur suffit de ne pas revenir le lendemain en Suisse pour être couverts par la protection de leur pays d'origine. De plus, si le droit français ne reconnaît pas l'acte comme un délit, ils ne peuvent pas non plus y être poursuivis. Le seul problème que ça leur pose en définitif, c'est qu'ils n'auront plus la possibilité de retourner en Suisse ni, ce qui est un problème tout relatif, se rendre dans un pays avec lequel la Suisse a un accord d'extradition et dont la législation reconnaît le secret bancaire !

Pour la plupart des professions, cela ne pose pas de gros problème. Et même si ça en pose, ça n'a pas la même répercution. Dans le cas qui s'est produit chez HSBC, banque pourtant britannique, c'est qu'en commettant cette indiscrétion, l'employé incriminé a sappé toute la confiance qu'on peut avoir à l'étranger, et en particulier en France, vis-à-vis du système bancaire suisse. Il ne fait donc pas du mal qu'à son ancien employeur, mais à toute la profession, à toute la place financière suisse et en particulier genevoise. Dans ces conditions, on peut se rendre compte à quel point il est dangereux d'employer un frontalier venant d'un pays faisant la guerre au secret bancaire à un poste clé d'une banque de la place genevoise. La même remarque peut être faite à Zurich avec les frontaliers allemands, à Bâle avec les frontaliers français et allemands et dans le Tessin avec les frontaliers italiens.

Donc je pense que la Suisse et ses banques doivent aujourd'hui choisir. Soit il faut aligner notre législation sur nos grands voisins et sans doute perdre de nombreux emplois, soit il faut réserver les postes clé ainsi que tous les postes ayant accès à des données confidentielles aux seuls résidents suisses, voire même aux citoyens suisses. Même si la confiance qu'on peut accorder à des employés suisses n'est pas à cent pourcent garantie, elle est tout de même infiniment plus grande que celle qu'on peut mettre dans des personnes résidant à l'étranger !

Bien sûr, une telle législation serait incompatible avec les billatérales. La Confédération ne peut donc pas agir. Toutefois, je pense que les banques tireront elles-mêmes les conclusions de cet incident. Et elles prendront les mesures nécessaires pour éviter qu'on donne des postes à responsabilité à des personnes qui ne peuvent plus être considérées comme absolument fiables compte tenu du climat instauré par les pays limitrophes. Et sur le fond, je ricane gentîment, si la conséquence de la politique de chasse aux sorcières poursuivie par ces grands états vis-à-vis de la Suisse les amène à récupérer des banquiers frontaliers qui ne pourront que grossir les rangs de leurs chômeurs...

13:17 Publié dans Economie, France, Genève | Tags : hsbc, fuite | Lien permanent | Commentaires (3)

23/11/2009

Il faut suspendre Thierry Henry pour la phase finale de la Coupe du Monde !

Avant tout, je dois dire que je suis Français aussi bien que Suisse et qu'il m'est souvent arrivé d'être supporter des Bleus, plus souvent même que des Rouges à croix blanche, lors des différentes phases finales de Coupe du Monde ou de Coupe d'Europe. Chaque fois qu'une équipe à réussi à m'entousiasmer par son jeu, je me suis rangé corps et âme derrière eux. C'était particulièrement vrai de la grande équipe de Platini, de Giresse, de Tigana et autres Fernandez. Même s'ils n'ont gagné qu'une Coupe d'Europe et n'ont jamais disputé de finale en Coupe du Monde, c'était à mon avis une sorte d'âge d'or pour le football français.

Mais je me suis aussi passionné pour l'équipe de France quand un nouveau meneur, Zidanne, s'est profilé pour mener cette équipe dans les hauteurs. Le football que pratiquait cette équipe était moins flamboyant, mais bien plus réaliste, ce qui finalement compte plus en football. En 1998, lorsque Didier Deschamps a soulevé la Coupe du Monde très haut au-dessus de sa tête, j'étais debout devant mon poste de télévision, levant les bras au ciel pour accompagner son geste. Pareil lors de la victoire en Coupe d'Europe 2 ans plus tard. Et lorsqu'il y a quatre ans, le retour d'un Zizou rassembleur m'a permis de m'entousiasmer à nouveau pour cette équipe, j'étais à nouveau présent, sûr de la victoire finale. Victoire que seule l'équipe d'Italie est parvenue à contester.

Mais aujourd'hui, je ne défends plus ces bleus. Plus depuis que leur capitaine s'est permis de voler la victoire d'un geste de la main clairement volontaire. J'aurais de loin préféré une défaite à la régulière qu'une victoire volée qui laisse planer le doute sur l'issue normale de la partie. Donc je ne serai pas avec ces Bleus. Pas si Thierry Henry devait en faire partie. La solution la plus équitable aurait été de rejouer la partie, même lui l'a avoué. Mais puisqu'il parait que c'est impossible, la FIFA doit prendre la seule décision correcte qui lui reste entre les mains et priver le capitaine des Bleus de phase finale. C'est le seul moyen de restaurer un peu de justice dans le football.

On dira peut-être que c'est une sanction trop sévère. Mais après tout, n'a-t-il pas privé toute une nation de phase finale ? Sous cet angle la sanction n'est-elle pas plus proportionnée ?

21/05/2009

Vous avez dit Hadopi ?

Depuis des années, on assiste à un combat entre des entreprises qui cherchent à protéger les œuvres qu'elles diffusent et par la même occasion leurs moyens de diffusion classiques, et une partie des internautes qui profitent de la technologie qui leur est offerte pour télécharger ces œuvres. Je trouve qu'il y a même une certaine hypocrisie à offrir de plus en plus de bande passante aux internautes, ce qui n'a pratiquement aucune autre utilité que le téléchargement, et ensuite les sanctionner s'ils s'en servent. C'est un peu comme vendre des voitures pouvant rouler à 300 à l'heure et obliger à rouler à 120 ! D'accord, c'est bien ce qui se fait, mais ça n'est pas pour autant que c'est normal…

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30/04/2009

Genève piétine, Paris avance…

D'accord, les villes sont peu comparables. Mais tout de même, on ne peut qu'être admiratif devant le projet d'extension des transports publics parisiens pour les années à venir, lancé officiellement hier par Nicolas Sarkozy et devisé à 35 milliards d'euros. Ce projet vise globalement à désenclaver la banlieue. Déjà le tram dont les lignes suivent grosso modo le périphérique permettait d'éviter le centre ville pour se rendre d'une banlieue proche à une autre. Désormais, c'est la banlieue plus lointaine qui est visée. Il s'agit donc bien d'un projet francilien et plus seulement d'un projet parisien.

Le projet personnel du Président, c'est d'ailleurs un métro automatique de 130km de long qui relierait divers points de la banlieue ainsi que le centre ville. Les deux aéroports internationaux seront concernés. Ainsi, il sera désormais possible de rejoindre Orly depuis Charles-de-gaulle et vice-versa sans passer par le centre-ville.

 

http://www.tdg.ch/actu/monde/sarkozy-lance-revolution-tra...

http://www.20minutes.fr/article/322911/Paris-Nicolas-Sark...

 

Et le projet d'agglomération genevoise, où en est-il ? Et bien, il avance tout tranquillement. Le CEVA, dont le projet date de 1912, a encore de nombreuses oppositions à combattre et un probable référendum à passer. Lorsqu'il sera construit, s'il est construit, il sera possible de joindre la Haute-Savoie à Genève et au Canton de Vaud, mais rien encore du côté du Pays de Gex, dont les pendulaires représentent pourtant une part très importante du trafic d'agglomération. Il restera donc encore à convaincre les autorités françaises et la SNCF de réhabiliter la ligne du pied du Jura et à étudier sa liaison au réseau suisse. Horizon 2042 ?

Du côté des trams - qui auraient dû être métros pour bien faire mais nous ne referons pas le monde maintenant - On espère pour bientôt la fin de la construction de celui de Meyrin et en même temps, on piétine allégrement du côté du tram onésien. (trois ans et demi pour construire 6 km : à comparer avec la construction des trams parisiens…) D'autres projets sont urgents, tels la prolongation du tram vers Annemasse, St-Julien, St-Genis ou Fernex, mais ils restent encore au stade du projet.

Et finalement, on reparle pour la deux cent soixante-cinqième fois de la traversée de la rade, ou plutôt du lac cette fois-ci, que tout le monde veut lorsqu'il faut voter sur son principe, mais que personne ne veut payer lorsqu'on propose un projet concret. Oui, pas de doute, nous ne sommes pas à Paris, mais bien à Genève…