14/03/2017

Analyse des programmes économiques: 1. Macron, on rase gratis

Je l'avais dit dans ce billet, je vais analyser les programmes économiques des candidats et les comparer aux GOPE de la Commission Européenne. Et comme il paraît qu'il a un programme, je vais commencer par le candidat Macron.

2057545_presidentielle-2017-emmanuel-macron-sa-campagne-son-projet-web-0211697685848.jpgLe programme économique d'Emmanuel Macron se trouve sur cette page.

  • Baisse sensible du déficit budgétaire, notamment en licenciant des fonctionnaires.

Emmanuel Macron prévoit d'économiser 60 milliards d'euros annuel sur le secteur de la fonction publique, notamment en diminuant le nombre d'emplois publics de 120'000 fonctionnaires. A noter qu'on prévoit un programme d'investissement de 50 milliards. Étonnant non ?

  • Réduction des dotations communales, regroupement de communes et de communautés.

Le programme prévoit de diminuer le nombre de personnes assujetties à l'impôt local, il est vrai avec compensation de l'état. Au passage assez peu réaliste quand le programme prévoit de diminuer les taxes et les dépenses.

  • Abaissement du salaire minimum.

Rien de prévu là-dessus, mais en guise d'augmentation, on prévoit une baisse des charges salariales.

  • Réduction de la protection des employés en CDI.

Oui cela c'est bien prévu. La protection des prud’hommes en cas de licenciement abusif devrait diminuer.

  • Augmentation de l’utilisation de l’apprentissage.

Oui c'est également prévu. Une bonne chose d'ailleurs, je trouve la formation en France trop basée sur les études. Un modèle moins élitiste serait très profitable.

  • Baisse de la rémunération des chômeurs.

Ca n'est pas vraiment prévu, mais il est par contre prévu de mieux contrôler les chômeurs. Ca n'est pas un mal bien sûr.

  • Suppression de la protection des professions réglementées afin de favoriser l’ubérisation du monde du travail.

Vu que c'est la mesure phare de la loi Macron, on ne doute pas que ça fasse partie de ses souhaits.

  • Suppression des protections des PME par rapport aux grandes entreprises.

Je n'ai rien trouvé là-dessus.

  • Simplification du droit des entreprises.

Oui c'est prévu, par exemple en supprimant le régime du RSI ou en créant des facilités pour les créateurs d'entreprises.

  • Diminution de l’impôt sur les sociétés et report sur la TVA.

Rien n'est dit à propos de la TVA. Mais à force de raser gratis, on comprend bien qu'il va falloir trouver de l'argent !

  • Passage à une imposition à la source.

Cela n'est pas cité, mais puisque c'est déjà en cours, ne pas en parler c'est y consentir.

Bref, le programme de Macron, ni à gauche ni à droite, semble en effet un peu plus à gauche que le programme de l'Union Européenne pour la France. Par les temps qui courent, cela paraît donc moins néolibéral que la tendance générale. Ceci dit, les belles paroles de Macron lorsqu'il prétend aller négocier avec l'UE ne tiendront pas. Quelle est la légitimité d'un président français pour imposer sa vision à l'ensemble de l'Europe ? Au final, il devra bien s'adapter. Donc le programme, s'il n'est pas totalement en accord avec les GOPE, est partiellement mensonger.

En plus, on a de la peine à comprendre comment ce programme va se financer. Macron semble croire à une relance de l'emploi et donc de l'impôt qui suffira à ce financement. Mais c'est un pari assez risqué. D'ailleurs relancer l'emploi en commençant par promettre la suppression de 120'000 postes de fonctionnaires paraît paradoxal.

08/03/2017

Les primaires : un système pernicieux

Aux USA, c’est déjà une tradition depuis très longtemps. Avant chaque élection présidentielle, les électeurs ont droit à des élections primaires simultanées pour les deux partis dominants, le parti démocrate et le parti républicain. Cela donne lieu à des débats entre candidats proches, puis les élections ont lieu dans les différents états, un à un, de manière simultanée pour les deux grands partis afin de faire mousser le suspense.

Deux partis français ont choisi de suivre cet exemple américain : Les Républicains, qui montrent à quel point leur choix de dénomination ne doit rien au hasard, et les socialistes, qui conservent pour l’instant leur nom historique, mais qui ne devraient sans doute plus tarder à adopter la dénomination de partie démocrate, qui leur conviendrait bien mieux, tant ils cherchent à adopter la posture de leur grand frère américain.

Probablement, ces deux partis étant aux commandes du pays depuis plusieurs décennies, ils souhaiteraient aller plus loin et éliminer la concurrence pour faire du système politique français un véritable bipartisme à l’américaine. Car le principal avantage pour les partis qui organisent des primaires, c’est de spolier totalement le débat démocratique et de s’accaparer totalement l’attention des médias. C’est particulièrement vrai aux USA, où les autres candidats, et il y en a contrairement à ce qu’on cherche généralement à nous faire croire, n’ont quasiment pas droit de cité dans les médias.

En France par contre, d’autres candidats coexistent encore avec ceux des « grands » partis. Certains parce qu’ils ont refusé de se soumettre aux primaires, d’autres parce que leur parti reste assez grand pour parvenir à concurrencer les deux partis dirigeants. D’autres encore parviennent à survivre de manière marginale, à la manière des petits candidats américains. Personnellement je prédis à l’avenir une évolution à l’américaine, avec la marginalisation de tous les partis ne proposant aucune primaire.

penelope-francois-fillon-2.jpgMais cette évolution est-elle souhaitable ? Je pense personnellement qu’elle est très dommageable. D’une part la diversité politique est garante du bon déroulement du débat démocratique. Or celui-ci est déjà mis à mal par le traitement des médias, très inadapté car souvent basé sur la simplification et la polémique. Le focus exagéré sur le Pénélopegate à moins de 50 jours du premier tour est par exemple totalement contraire à la nécessité pour la population de se faire une opinion sur les divers programmes politiques avant l’élection. Est-ce planifié ainsi ou est-ce uniquement de l’incompétence ? Je n’en sais rien mais je trouve en tout cas le résultat très lassant…

Il faut bien comprendre que les primaires ne sont pas un système démocratique. Il n’est en rien le garant de la pluralité des opinions et même risque d’aller à l’encontre de celle-ci. Dès lors qu’un même électeur peut se prononcer pour les deux primaires, il risque de favoriser le même type de candidats dans les deux cas. Ceci poussera les partis à modifier leur programme politique afin de convaincre un maximum d’électeurs. C’est ce qu’on voit aux USA où les deux partis principaux sont, somme toute, en très grande partie sur une ligne commune. Et comme tous les autres partis sont marginalisés, peu d’idées neuves peuvent faire leur chemin. Finalement, le bipartisme américain n’est pas très différent du monopartisme soviétique…

Mais en réalité, je trouve que le principal désavantage des primaires est ailleurs. On l’a vu, aux USA la campagne10530756-17299546.jpg présidentielle aura été de piètre qualité. Entre une Hillary Clinton empêtrée dans ses affaires d’emails et un Donald Trump qui a fédéré beaucoup de monde contre lui, beaucoup d’Américains ne savaient pas trop pour qui voter. En France, c’est le Pénélopegate qui met à mal la candidature du champion issu de la primaire républicaine. Et bien c’est justement les primaires qui sont la cause de la mauvaise qualité de ces élections. Car dès le moment qu’un candidat a été issu d’un choix dépassant largement les limites du parti, sa légitimité dépasse elle aussi le cadre du parti.

Ainsi comment le parti républicain pourrait remplacer François Fillon par un autre candidat alors qu’il n’est pas responsable de son investiture ? Si Fillon (ou plus probablement un autre candidat) avait été choisi par un congrès du parti, c’est la base du parti qui l’aurait élu. Il aurait ainsi été très facile de convoquer un nouveau congrès pour soit renouveler la confiance au candidat ou le remplacer par simple vote. Mais on ne peut pas relancer une nouvelle primaire. Donc on est condamné à attendre un désistement du candidat lui-même ou à réitérer sa confiance en lui contre vents et marées.

C’est pareil pour le cas d’Hilary Clinton. Les affaires qu’elle a subies durant la campagne sont sans doute en grande partie responsables de son échec. Mais pas moyen de la remplacer par Bernie Sanders sur le fil. Elle était la candidate issue de la primaire et sa légitimité était trop grande pour cela.

Bref pour moi le choix d’un candidat est une affaire interne aux partis. Ensuite la véritable élection, cadre démocratique unique, ne peut reposer sur les partis. Les élections, ce sont des hommes et des femmes face à leur électorat. J’espère que dans cinq ans, on oubliera cette procédure responsable de tant de couacs.

06/03/2017

Macron a un programme !!!

Oui, non seulement Macron est beau, non seulement il est jeune, non seulement il a une histoire d’amour avec images (1).jpgune femme plus âgée que lui, non seulement il sait s’exprimer avec une voix de stentor quand on juge qu’il parle d’une manière trop lisse et peu convaincante, non seulement il est merveilleux à tous points de vue, mais il est si formidable qu’il a même un programme économique !

Fi de tous ceux qui ont osé prétendre qu’il n’avait point de programme. Cette fois il l’a révélé : il en a bel et bien un ! Et toute la presse s’est empressée de relayer cette information sans précédent. Le président que ces médias ont déjà élu : oui, il a un programme.

Finalement donc, ses principaux détracteurs ont tous eu tort. Ils l’ont accusé de ne pas avoir de programme, ils disaient que ses discours n’étaient qu’une longue litanie de lieux communs. Ils disaient qu’il ratissait large, capable dans une même phrase de draguer d’une part les nostalgiques du Général De Gaulle et de courtiser de l’autre part ceux de François Mitterrand. Ils disaient que c’est un pur produit marketing, fabriqué par plusieurs agences de com. Mais non, Macron c’est du sérieux. Il a un pro-gram-me.

Et bien que tous ces malfaisants le sachent : ils ont toujours eu tort. Non seulement Macron a toujours eu un programme économique, mais il s’agit du même que tous ceux qui ne parlent jamais de l’Union Européenne ni de l’Euro. Ce programme à un nom : Les GOPE !

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19/02/2017

Macron, un micro-candidat

Hommelibre a déjà publié la version courte de cette vidéo, je publierai donc la version longue. Ce faux fan infiltré dénonce les manipulations de l'équipe de campagne de Macron qu'il a découvertes lors d'une infiltration des équipes d'ambianceurs du candidat lors de son grand meeting de Lyon. Personnellement cette vidéo ne m'apporte pas grand chose. En effet les ficelles utilisées sont tellement grossières qu'elles sont facilement déchiffrables par qui réfléchit un peu. Les images des meetings parlent d'elles-mêmes. Macron n'est rien de plus qu'une manipulation de l'électorat.

 J'ai bien dit qu'il est une manipulation et non un manipulateur. C'est un orateur bien trop peu doué pour manipuler l'électorat de lui-même. Par exemple, Sarkozy est un véritable manipulateur. C'est un très bon orateur, capable d'asseoir sa rhétoriqu et qui sait comment provoquer l'assentiment des foules. Macron lui est un très mauvais orateur. C'est pour ça qu'il a eu besoin d'engager une société de conseil en communication. Et d'ailleurs même avec ces conseils avisés, il parvient à faire de grossières erreurs, comme par exemple quand il s'était mis à vociférer pendant un discours, alors qu'on lui avait probablement conseillé d'élever un peu la voix pour paraître moins lisse.

Quand on voit ce clip, qui a servi à lancer son parti, on découvre toutes les ficelles de marketing utilisées par cette société de communication. Aucun engagement, aucune promesse électorale, juste une dynamique publicitaire censée attirer le gogo vers un programme inexistant en lui faisant croire que Macron est le candidat du changement:

Finalement, je renonce donc à faire une analyse stricte des manipulations qui l'entourent. Il suffit d'être un peu attentif durant ses discours pour les déchiffrer. Toutes les phrases sont creuses. Il n'y a aucun engagement de fait. On dirait même qu'il s'agit d'un jeu consistant à citer un certains nombre de mots clés, chacun destiné à provoquer l'intérêt d'une partie de l'électorat. On cite par exemple De Gaulle, puis peu après Mitterrand, ce qui paraît extrêmement incohérent tant les deux hommes ne s'appréciaient pas. Et quand on sort un 'Je vous ai compris' pour calmer les pieds noirs peu après les avoir traités de génocidaires, je ne pense pas qu'on puisse convaincre qui que ce soit.

 Je ne crois pas que les Français soient suffisamment stupides pour acheter le produit Macron. Les sondages qui commencent à le donner vainqueur ne peuvent être que mensongers. A force de croire qu'il y aura l'effet 'Tout sauf Le Pen' au second tour, les médias se préparent à une grosse désillusion. Qui peut croire que son discours totalement creux et sans le moindre engagement parviendra à rallier la majorité des Français durant un débat contre n'importe quel autre candidat ? A mon avis, s'il atteint le second tour, il y aura surtout un effet 'Tout sauf Macron'. Et si c'est effectivement Le Pen qui lui sera opposée, ceux qui auront trop d'aversion à son égard choisiront l'abstention plutôt que voter pour Macron. Si Marine Le Pen est une machine à faire élire un âne,(autrement dit, tout candidat qui lui est opposé au second tour) Macron est peut-être finalement une machine à faire élire une machine à faire élire un âne !

01/02/2017

Marisol Touraine devrait changer de nom

marisoltouraine.jpgMarisol Touraine, ministre française de la santé, n'en finit pas de faire la vie dure aux cigarettiers. Je ne suis d'ailleurs pas là pour défendre ces derniers. Je les considère comme des empoisonneurs publics, directement responsables de la mort de millions de personnes. Ceci dit, leur business est toujours légal, jusqu'à preuve du contraire. Et quand on fait un commerce légal, on doit certes respecter la législation en vigueur, mais en dehors de cela on doit bénéficier d'une totale liberté de gérer son entreprise comme on l'entend. Pour moi la décision de Mme Touraine d'interdire le nom de plusieurs marques de cigarettes ne respecte pas cette liberté.

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/tabac-quatre-...

Tout d'abord, il est totalement naturel de choisir un nom vendeur pour ses produits. J'imagine assez mal un cigarettier choisir le nom 'Cancer assuré' ou 'Mort subite' pour ses cigarettes. Juger de l'attractivité d'un nom est d'ailleurs extrêmement subjectif et se baser sur des éléments subjectifs pour régir un commerce est la porte ouverte à toutes les dérives. Et je pense qu'une ministre digne de ce nom ne devrait jamais mettre le doigt dans cet engrenage.

D'ailleurs j'en profite pour dénoncer la perfidie des autorités, non seulement françaises mais aussi suisses et de tous les autres pays, qui consiste à prétendre qu'on lutte contre le tabagisme en augmentant le prix des cigarettes, alors que si on voulait vraiment mettre fin à cette pratique, on pourrait décider d'interdire ce produit. Mais dans ce cas, l'état se priverait non seulement de juteuses taxes, mais devrait en plus organiser la lutte contre le trafic qui exploserait ! A noter en plus que le fait de ne pas harmoniser le prix des cigarettes au sein d'un marché unique où les produits peuvent circuler librement provoque un appel d'air significatif. Non seulement les cigarettes françaises ne se vendent plus dans les zones frontalières, non seulement le marché noir commence à représenter une concurrence très gênante pour les buralistes de tout le pays, mais en plus, des sites internet commencent à fleurir pour vendre, cette fois-ci en toute légalité, des cigarettes en provenance d'autres pays de l'UE ! Avec en plus le plaisir pour le fumeur de retrouver des paquets différenciés par marques. Finalement, on voit que la distorsion de marché provoquée par l'acharnement anti-cigarettiers de Mme Touraine saigne au vif tout un pan de l'activité commerciale légale française, sans pour autant améliorer la santé des Français.

Aussi, afin de rétablir l'équilibre, je propose à Mme Touraine de changer de patronyme, car je le trouve beaucoup trop attractif. En effet, 'Touraine' évoque une appellation prestigieuse et des cépages de renom. Autrement dit, son nom pourrait inciter certains à l'alcoolisme. Et personnellement, je vois d'un très mauvais œil une ministre de la santé inciter la population à la consommation d'alcool ! Ainsi elle montrera l'exemple et elle démontrera que la vertu, ça n'est pas que pour les autres.

touraine.jpg

17/01/2017

France : victoire annoncée pour les « Moinspiristes » ?

Le système d’élections à deux tours tel qu’utilisé par la France pour son élection présidentielle a induit pour beaucoup de gens une stratégie dite du « vote utile ». En se basant sur les sondages publiés, (en général truqués, mais passons...) on va choisir au premier tour celui qu’on considère comme présentable et le plus à même de battre celui ou ceux qu’on ne trouve vraiment pas convenable(s). Très souvent donc, on va trouver un candidat à peu près consensuel pour faire face à un candidat de l’extrême. Le Moinspirisme, n’est d’ailleurs pas coloré politiquement, il y a les Moinspiristes de gauche et les Moinspiristes de droite. Parfois ils se retrouveront d’ailleurs dans une belle unité au second tour, pour élire le moins pire, qu’il soit de gauche ou de droite et ainsi éjecter le pire. Cela avait par exemple été le cas en 2002 où le candidat moins pire Chirac avait battu par plus de 80% le candidat pire Le Pen, par une belle union des électeurs Moinspiristes.

J’ai lu aujourd’hui un commentaire d’un Moinspiriste de gauche, qui a déjà choisi de défendre la candidature de Macron, qui lui semble plus à même de battre au premier tour le candidat moins pire de droite, Fillon, et au second tour la candidate pire Le Pen. Il ne sait d’ailleurs pas encore qui sera le candidat socialiste, mais ça lui est égal, quel que soit l’élu, il perdra au premier tour, c'est les sondages qui le disent. Quant à Mélenchon, ça n’est pas envisageable pour lui car, bien que de gauche, c’est un candidat pire.

Les Moinspiristes de droite ont eux moins de choix. En principe, le candidat moins pire de droite c’est Fillon. Certains pourraient malgré tout se tourner vers Macron, car bien que moins pire de gauche, il faut bien avouer qu’il est franchement plus à droite que la plupart des moins pires de gauche. A tel point qu’on peut se demander si l’absence de programme politique du candidat Macron n’est pas une stratégie visant à susciter le consensus de tous les Moinspiristes. Les Moinspiristes de gauche le considèrent comme un candidat moins pire de gauche, puisque c’est ce que leur disent les médias, alors que les Moinspiristes de droite peuvent constater en se basant sur son parcours professionnel et son action politique que c’est bien un candidat moins pire de droite qui se cache derrière une étiquette moins pire de gauche.

Bref, si les Moinspiristes font la loi et que les anti-système de droite battent les anti-système de gauche, On pourrait bien voir un second tour Macron – Le Pen, ou éventuellement Macron – Mélenchon si les anti-système de gauche battent les anti-système de droite. Et bien entendu le deuxième tour verra le report de toutes les voix Moinspiristes sur Macron. Quant aux anti-système, jamais un anti-système de gauche ne reportera sa voix sur le candidat anti-système de droite et vice-versa. C’est d’ailleurs à ça qu’ils servent. En mêlant la rupture avec le système avec des arguments nettement marqués à gauche ou à droite, ils scindent les anti-système en deux camps qui ne se mêlent jamais. Pire, une partie des anti-système de droite peut se transformer en Moinspiristes de droite au second tour et une partie des anti-système de gauche peut se transformer en Moinspiristes de gauche au second tour. Par exemple, en cas de second tour Macron – Le Pen, une partie des anti-système de gauche voterait Macron au second tour pour contrer les anti-système de droite. Le Moinspirisme menant à tout, ils pourraient d’ailleurs voter Fillon en cas de second tour Fillon – Le Pen. Il est d’ailleurs probable que Mélenchon lui-même appellerait à ce vote.

Qu’auraient fait les résistants pendant la guerre ?

Bien entendu, il n’y a pas eu d’élections durant l’occupation. Et même s’il y en avait eu, l’élection du Président au suffrage universel n’était pas encore d’actualité. Mais imaginons qu’il y ait eu, disons en 1942, une élection présidentielle. Disons que Pétain aurait dû faire face à Goering qui aurait décidé que, bien qu’étant de nationalité allemande, l’occupation nécessitait qu’un membre du parti nazi allemand prenne le pouvoir sur la France. Qu’auraient fait les Moinspiristes ? Ils auraient voté en masse pour le candidat moins pire Pétain afin de chasser le candidat pire Goering. Ils auraient préféré un candidat certes collaborateur, mais moins pire que Goering. Et qu’auraient fait les résistants ? Et bien en l’absence d’un candidat réellement résistant… ils auraient choisi de bouder l’élection et attendre le retour du Général De Gaulle ! Et Pétain, bien sûr, leur aurait reproché de faire le jeu de Goering en ne votant pas massivement pour lui. Le Moinspirisme, ce n’est finalement rien d’autre que ça. C’est une compromission totale de ses idéaux politiques, parce qu’on pense que ces idéaux n’ont aucune chance de s’imposer. Et les candidats moins pires ne sont rien d’autre que des Pétain en puissance. Ils sont prêts à toutes les compromissions pour attirer les votes des Moinspiristes. Pour faire carrière. Bref, le vote utile, ça n’est rien d’autre qu’un esprit de collaboration. Une personne ayant un esprit de résistance, ça vote selon ses convictions, même si elles ont peu de chances. Et si aucun candidat ne les défend, ça ne vote pas. Et même si ça prend du temps, au final, l'histoire montre que les résistants finissent par gagner...

21/11/2016

Fillon: la découverte d'un anti-système

On croit rêver: François Fillon sort premier lors du premier tour de la primaire de la droite et on entend un concert de louanges pour ce représentant de la nouvelle vague de l'anti-système. La droite française a suivi les Américains en refusant d'élire l'un des deux candidats qu'on leur avait désignés, à savoir Sarkozy ou Juppé. Trump - Fillon, même combat ! Et vas-y que la presse s'y mette à parler de coup de tonnerre dans le monde politique ! On se croirait au lendemain de la prise de la Bastille. La France ne sera plus jamais la même.

Bref, vous l'avez compris, on se fiche de la tête du monde. François Fillon est tout sauf un anti-système. Et s'il est vrai qu'il avait ma préférence dans cette primaire que je suis d'un œil distrait tant je la considère comme un non-événement politique, c'est uniquement pour sa position concernant la Russie qui me paraît bien plus sage que celle des autres candidats et parce que le personnage me paraît plus réfléchi que les autres. Et ça n'est en tout cas pas pour son programme économique qui est totalement dans la ligne du néolibéralisme et de l'euro-atlantisme suivis comme un seul homme par les membres du parti unique français, le LRPS.

Et comment peut-on sérieusement penser qu'une personnalité ayant été premier ministre sous Sarkozy, ayant participé au Bilderberg en 2013 (où généralement sont présélectionnés les futurs leaders du 'monde libre') et qui devrait recevoir tout le soutien de son parti ainsi que des médias nationaux s'il bat Juppé la semaine prochaine, puisse être un 'anti-système' ? La différence avec Trump est pourtant on ne peut plus claire: jamais Trump n'a participé à une réunion du groupe Bilderberg, jamais il n'a fait parti du moindre gouvernement et il a été conspué par tout le monde politique et médiatique pendant des mois. On peut sans aucun doute le qualifier d'anti-système tant le système semble le détester. Et non, je ne suis pas un fidèle supporter de Trump. Je ne le vénère pas plus que de raison. Beaucoup de points dans son programme et sa personnalité me déplaisent. Mais au moins je lui reconnais une qualité: il ne représente que lui-même et ses électeurs. En dehors de ces derniers, il ne doit rien à personne.

15/11/2015

Lettre à François Hollande

Monsieur le Président, tel Boris Vian, je vous fais une lettre. Mais contrairement à lui, je doute que vous la lirez, car avec les problèmes que vous devez gérer ces jours-ci, il est évident que vous n’en aurez pas le temps.

Tout d’abord il faut que vous sachiez que je ne suis pas de vos amis politiques. Je ne vous ai pas élu. Je n’ai pas non plus choisi votre adversaire du second tour car, incapable de faire le choix du moins médiocre, j’ai préféré l’abstention. Et non, je ne suis pas un adepte du Front National, je me refuserai toujours à voter pour ce parti. En fait je suis membre de cette frange de la population qui ne se reconnait plus dans la politique et qui fait par dépit le choix du mal. Une frange devenue majoritaire dans un pays malade de sa politique.

Il y a déjà quelques années, j’ai dit de vous que vous étiez le plus mauvais chef d’Etat depuis Louis XVI. Au passage, vous remarquerez que cela vous place dans mon palmarès derrière Philippe Pétain, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas très reluisant. J’ai aussi dit que vous aviez réussi un tour de force incroyable. Vous avez réussi à nous faire regretter votre prédécesseur, ce qui n’est pas peu dire ! Je ne prétends pas qu’il ait réussi de grandes choses, non. Mais au moins, il arrivait à donner le change avec un semblant de posture d’homme d’Etat.

J’avais finalement ajouté que si vous étiez le pire chef d’Etat depuis Louis XVI, je vous souhaitais de connaître une fin de règne moins dramatique. Je vous le souhaite toujours.

Aujourd’hui, les Français peuvent, à mon grand regret, considérer l’étendue des dégâts provoqués par votre politique internationale et par celle de votre prédécesseur. Cela avait commencé avec l’intervention en Lybie. Oui je sais, vous n’en êtes pas personnellement responsable, c’est Nicolas Sarkozy qui était alors au pouvoir. Et c’est à vous qu’il revient de gérer les conséquences du chaos causé par cette intervention. Mais vous êtes par contre responsable de la continuation de la même politique, particulièrement en Syrie.

Votre féroce détestation du régime de Bachar El-Assad vous a semble-t-il amené à vous investir dans un conflit interne qui ne regardait pas la France. Etant notre Président, vous nous avez ainsi tous impliqués. Je vous ferai remarquer au passage que si le régime syrien n’est pas des plus sympathiques, JAMAIS il n’avait menacé la France ! Il n’y avait donc aucune raison dans ce cas de se montrer si belliqueux à son égard. Tout au plus, la diplomatie française aurait-elle pu promouvoir les valeurs des droits de l’Homme et de la démocratie. Elle aurait dû œuvrer pour aider à une transition pacifique afin de régler un conflit interne destructeur. D’ailleurs le droit international ne nous autorisait en aucun cas à nous mêler des affaires intérieures syriennes. Mais vous avez fait le choix de l’ingérence et de l’illégitimité et désormais nous devons collectivement assumer les conséquences de ce choix.

Vous l’avez désormais compris, la France est en guerre. Non seulement c’est votre politique qui est responsable de cette guerre, mais pire, vous avez très largement contribué à la création de notre ennemi. Il y a très peu de précédents historiques à une pareille naïveté. On peut éventuellement citer Al-Qaida que les Américains ont contribué à créer avant qu’il devienne son pire ennemi. Mais refaire la même bêtise si peu de temps après me paraît inconcevable. N’apprendrons-nous jamais rien de l’histoire ? Où y-a-t-il une volonté délibérée de créer le chaos ? Si c’est le cas, ce chaos retombe aujourd’hui sur nos têtes. Et nous ne vous en remercions pas.

Vous aviez sans doute pensé que les ennemis de nos ennemis n’étaient pas tout à fait nos amis, mais enfin… Et n’y avait-il pas plusieurs nations soi-disant amies derrière ce prétendu Etat Islamique ? Mais l’agenda politique de ces Etats ne coïncide visiblement pas avec l’intérêt supérieur de la nation française. Vous avez été élu par le peuple français, c’est donc à lui que vous rendez vos comptes. Il est par exemple tellement évident que vous idolâtrez le Président Obama. A titre personnel, je ne vous en tiens pas rigueur, vous en avez le droit. Mais jamais cette adoration aurait dû se transformer en soumission. La France est un grand pays et le monde a besoin d’une France indépendante et forte qui agisse pour la paix et la défense des droits de l’Homme. Rappelez-vous quand Jacques Chirac a choisi de ne pas suivre les Américains dans leur volonté de destruction de l’Etat irakien. Le monde a alors chéri la France. C’est ça le rôle qu’on attend de nous, pas de suivre bêtement les Etats-Unis quelle que soit la pertinence de leur politique.

Pire encore, votre soumission aux intérêts de plusieurs états de la région me paraît très coupable. Il est évident que leur amitié pour la France n’est que de façade. Ce qu’ils cachent, c’est qu’ils souhaitent le dépeçage de la nation syrienne afin de se partager les morceaux. Je ne vois vraiment pas pourquoi la France doit les y aider.

Votre haine de Vladimir Poutine est tout aussi évidente et il est clair qu’elle empiète sur votre jugement. Je ne dis pas que c’est un saint homme. Il a des défauts indéniables et certains points de sa politique intérieure sont très critiquables. Mais contrairement à vous il possède une caractéristique importante : c’est un vrai leader. Son peuple le suivrait même en enfer s’il disait que c’est pour le bien de son pays. Et vous devez aujourd’hui convenir que votre tentative de faire sans lui est un total fiasco. La Russie est un acteur incontournable de la scène internationale, et cela particulièrement en Syrie.

Pour en terminer avec ces constats, je dirai que ces derniers mois, nous avons assisté à l’intensification de l’arrivée de ces gens que vous appelez "migrants". Cette intensification est tout à fait suspecte, car elle ne répond à aucune intensification du conflit syrien. Vous auriez donc dû vous demander que venaient faire ces gens. Bien sûr, la majorité d’entre eux est composée de pauvres gens qui n’ont rien demandé. Votre humanisme me paraît dans l’ensemble justifié. Mais ce qui me paraît injustifié, c’est d’accepter ces gens sans aucune vérification. La moindre des choses aurait dû être de vérifier leur provenance, essayer de savoir qui ils sont. On ne peut en aucun cas accepter la venue d’une population hétéroclite sans tri préalable. Mais vous avez naïvement choisi de les laisser venir en groupe. Je suis persuadé que des éléments très dangereux en font partie. C’est une véritable cinquième colonne de l’Etat Islamique qui est désormais au sein de nos frontières. Et c’est vous qui les avez laissé entrer.

Voilà maintenant ce que j’attends de vous. Je ne prétends pas parler au nom de tous les Français, mais je pense que c’est une question de bon sens.

Sur le plan intérieur, il va falloir débusquer cette cinquième colonne. Au sein de nos villes, de nos banlieues, mais aussi de ces nouveaux arrivants. Vous avez décrété l’Etat d’urgence afin de donner des pouvoirs étendus à la Police. Ca n’est certes pas une décision facile à prendre, mais je vous félicite de l’avoir fait. J’espère que cela présage un changement de politique bénéfique.

Sur le plan international, la première chose à constater, c’est que la France est en guerre ouverte. Une guerre que nous n’avons pas souhaitée, mais provoquée. C’est désormais un état de fait et il n’y a pas de retour en arrière possible. Il va falloir que vous vous décidiez à rompre avec vos sentiments profonds et que vous acceptiez de collaborer avec ceux que vous n’aimez pas. El-Assad et Poutine ne sont pas des saints, mais eux au moins ne sont pas les ennemis de la France. Il est temps de faire le bon choix en vue d’éliminer la purulence islamiste qui putréfie cette région du monde. Il sera ensuite toujours temps de faire fonctionner la diplomatie pour que la Syrie devienne un vrai état de droit.

Et quant à votre ami Obama, il est temps de lui faire comprendre que la France est un état indépendant qui défend ses propres intérêts. S’il veut vous suivre, il est le bienvenu. Sinon, il peut rester à l’écart, cela ne nous pose pas de problème.

Nous attendons de vous de prendre de vraies décisions, de devenir le leader que vous n’avez jamais réussi à être. Je ne me fais malheureusement que très peu d’illusions et je ne vous en crois pas capable. Mais s’il vous plaît, Monsieur le Président, prouvez-moi que j’ai tort.

Cordialement.

Pascal Carlier

05/08/2013

OGM: La Suisse ne doit pas céder!

La semaine dernière, la France a mis le doigt dans l'engrenage qui tôt ou tard finira par la conduire à remplacer ses semences classiques par des semences OGM. En autorisant le maïs Monsanto MON810, elle a en effet suivi la voie tracée par l'Europe, qui oblige les Etats membres à se plier au bon vouloir des lobbys des OGM.

Sur les OGM on aura écrit tout et n'importe quoi. Dur de se faire une opinion. D'un côté un lobby industriel qui prétend que les OGM apportent des tas d'avantages sans désavantage. (prouvé...) D'un autre côté, un lobby écologiste qui refuse toute forme de manipulation génétique, y compris dans la recherche. Or il faut bien dire que certaines recherches en la matière, surtout dans le domaine médical, offrent de très belles promesses d'avenir. Il ne faut donc pas tout refuser en bloc.

Ne parlons donc ici que des OGM destinés à la consommation. Entre autres ce maïs modifié, qui a reçu un gène étranger lui permettant de sécréter un insecticide. Un insecticide, même s'il est sécrété par la plante, c'est clairement un poison. En réponse, on nous dit que c'est toujours mieux que de le déverser sur les plantes par épandage. C'est un point de vue, mais ça n'est pas forcément vrai. Une plante traitée ne l'est qu'en surface. (même s'il est probable qu'une partie soit absorbée par la plante) Dans le cas de l'OGM il est sécrété par la plante.

Peut-on réellement être sûr qu'une plante OGM sécrétant un insecticide peut en être totalement débarassée avant de se retrouver dans nos assiettes ? Sans doute ne le peut-on pas. Et à défaut, qui décide de la dose admissible ? On me répondra que les études prouvent que cet OGM est sans danger. Mais toutes les études autorisées sur les OGM industrielles sont réalisées... par les industiels eux-mêmes ! En effet, l'idée est de forcer les industriels à financer eux-mêmes les recherches prouvant l'inocuité de leurs produits. Ceci peut avoir un sens d'un point de vue financier, mais n'en a aucun d'un point de vue scientifique ! Comment peut-on demander au créateur d'un produit, qui en attend de précieux bénéfices, de réaliser une étude totalement neutre ?

Finalement, en l'absence d'étude neutre sur le sujet, il ne nous reste plus qu'à nous fier à notre bon sens de consommateur. Pour cela, il faut se poser une question toute simple, qu'on peut résumer à quizz style question SMS sur TF1 :

Quel bénéfice les industriels attendent de leurs produits ?

A: Une amélioration de la qualité de l'alimentation

B: Résoudre le problème de la faim dans le monde

C: Permettre aux agriculteurs d'améliorer leurs marges bénéficiaires

D: Augmenter leurs propres bénéfices

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01/07/2013

La France comme la Grèce ?

Petit à petit la France s'enlise. Le gouvernement avait promis de maitriser le déficit. Sans pourtant vraiment expliquer, de manière réaliste en tout cas, comment il comptait y arriver. La solution choisie, hausses d'impôts à tout va, n'apporte pas le résultat escompté. Bien sûr les recettes de l'impôt sur le revenu augmentent. Mais dans un pays où beaucoup de monde ne gagne que 1100€ net par mois, étrangler les consommateurs n'est pas une bonne idée. Résultat: la consommation est en baisse et les recettes de la TVA et de l'impôt sur les carburants aussi. (voir ici, un tableau sans doute encore plutôt optimiste par rapport à la réalité)

Pire: une consommation en baisse implique une économie en récession. Et qui dit économie en récession dit licenciements, faillites, chômage. Au final, même l'impôt sur le revenu finira par en pâtir, car pour qu'il y ait impôt sur le revenu, il faut avant tout qu'il y ait revenu. Et au lieu de maîtriser le déficit, la stratégie du gouvernement finira par conduire à une plongée encore plus grave de la dette publique.

Quant aux dépenses publiques, on promet de les réduire, mais on peine à confronter les syndicats. Les dépenses publiques doivent être réduites, mais on ne sait pas comment y arriver. Alors on choisit la politique du pire: on réduit les investissements plutôt que le budget de fonctionnement. (voir ici par exemple) Non seulement on continue à privilégier une baisse de l'activité du secteur privé pour préserver la fonction publique, mais en plus on prétérite l'avenir.

Donc si la barre n'est pas redressée au plus vite, la France se dirige tout droit vers un scénario à la grecque. Peut-on encore équilibrer le budget ? Pas si sûr que ça soit encore possible vu le niveau abyssale de la dette et des intérêts à payer. Voir ici le compteur des intérêts de la dette. Et comparer avec le tableau des recettes fiscales sur mon premier lien. Ca fait frémir... L'impôt sur le revenu ne couvre que la moitié des intérêts de la dette. La TVA les couvre plus ou moins. Autrement dit, la majeur partie des recettes fiscales servent à payer les intérêts de la dette. Ce n'est qu'ensuite qu'on commence à financer l'Etat. Et pour ce qui est de rembourser la dette, on peut parler de science-fiction.

Payer des impôts c'est censé être utile. Ca sert à assurer le fonctionnement des services de l'Etat et à financer les infrastructures. Mais quand payer des impôts ne sert plus qu'à payer des intérêts aux banques et à enrichir des investisseurs, il y a un problème. C'est ce que vivent les Grecs, les Espagnols, les Portugais et c'est ce vers quoi se dirigent les contribuables français. Un scénario à la grecque n'est plus un risque, mais c'est presque une certitude.

Peut-être la barre peut-elle encore être redressée. Mais je ne pense pas que les deux partis au pouvoir depuis quarante ans et responsables de 100% du déficit public depuis lors soient capables d'opérer les changements de dogme nécessaires pour remettre l'économie privée et les finances publiques sur les rails. Il faudrait s'attaquer à la vraie source du problème, les coûts de l'Etat. Et surtout il faudrait améliorer les conditions cadres de l'économie privée et favoriser la consommation afin de relancer l'économie. Il faut également continuer à investir pour doper l'économie privée. C'est le seul moyen d'augmenter les recettes fiscales. Car lorsqu'il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de recettes fiscales. Croire qu'il suffit d'augmenter les impôts pour augmenter les recettes fiscales c'est étonnant de la part d'un gouvernement dirigé par un président sorti de l'ENA !

Bref, je ne pense pas que le gouvernement actuel ou tout autre gouvernement pourra comprendre ça. Actuellement la politique économique et fiscale de la France et de pas mal de pays européens est dictée par les directives de Bruxelles, et à travers Bruxelles, de Berlin. Sans un président fort, capable d'imposer sa vision à l'Europe, la France est condamnée à connaître la situation de la Grèce, à plus ou moins courte échéance. Ca les électeurs français l'ont compris ou le comprendront bientôt. Il ne faudra donc pas s'étonner si au final, Marine Lepen tire les marrons du feu. C'est tout ce que gagneront les grands partis à force de s'entêter dans la même direction. Et le pire du pire, c'est que je pense qu'elle ne peut pas réussir plus mal là où les autres ont totalement échoué. Et c'est bien la première fois que je pense une chose pareille.

06/06/2013

Contre les frontaliers mais aussi contre les logements locaux

C'est ainsi qu'on peut résumer la position du MCG et de l'UDC quand on lit qu'ils s'opposent tous deux à la densification des zones de développement dans le canton de Genève. Si je trouve tout à fait respectable de vouloir favoriser le cadre de vie des Genevois, il faut tout de même comprendre ce que ça implique. Et je soupçonne ces deux partis de bien le comprendre mais de sombrer, une fois n'est pas coutume, dans le populisme pour soigner leur base électorale.

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08/10/2010

La seule vérité de l'affaire Kerviel

On s'est beaucoup amusé de la dette cosmique qu'on a mis sur le compte de Jérome Kerviel. C'est vrai que les tribunaux ne semblent pas avoir le sens de la mesure en croyant qu'il sera un jour capable de rembourser.  Et bien je crois que personne n'a compris le fin mot de l'histoire.

Dans quelques dizaines d'années, (j'espère pour lui le plus tard possible) Jérome Kerviel finira par mourir avec une dette bien entendu totalement intacte. Alors ses héritiers qui ne désirent sans doute pas passer tout le reste de leur vie à toucher le RMI pour éviter de se faire ponctionner, vont bien évidemment refuser l'héritage. Et alors que se passera-t-il ? Est-ce que l'héritage est perdu ? Non. Lorsqu'il n'y a plus d'hériters, le dernier héritier est toujours l'état. Qui peut bien sûr aussi refuser l'héritage, mais je ne pense pas que c'est le but. Finalement le but, c'est que tout à la fin, ça soit au contribuable de payer pour les errements de la Société Générale. On en revient toujours là.

Et pour en arriver là, on n'hésite pas à détruire toute une vie. Car Jérome Kerviel a sans doute mérité ses années de prison. Même si son employeur l'a encouragé comme il l'affirme, on a toujours la possibilité de refuser. On peut même démissionner. Le libre-arbitre ça existe. Mais le problème dans cette histoire, c'est qu'il n'aura pas droit au pardon de la société. La justice le fera payer jusqu'à la fin de sa vie, même lorsqu'il aura payé sa dette à la société, il n'aura jamais le droit de reconstruire sa vie. Même Bernard Tapie n'avait pas eu droit à un jugement aussi destructeur. Tout ça pour qu'à la toute fin, la Société Générale puisse récupérer l'argent qu'elle avait délibérément choisi de jouer à la roulette. Voilà ce qu'est notre société de début de millénaire... Ne serait-il pas temps de changer quelque  chose ?

11/12/2009

Les banques de Genève peuvent-elles encore avoir des employés frontaliers ?

Je vais sans doute attirer des commentaires anti-frontaliers. Sachez que si vous êtes des frontalierophobes chroniques ou des fans inconditionnels de Eric Stauffer, je suis tout à fait contre votre position et je n'ai même aucune sympathie pour vous et vos idées. Ce que je veux mettre en évidence ici, c'est un problème légal qui devrait faire réfléchir les banquiers de la place de Genève.

La place bancaire suisse, et celle de Genève en particulier, est protégée par une loi, le secret bancaire, qui isole de plus en plus la législation suisse en Europe et même dans le Monde. Or, pour qu'une demande d'extradition, pour autant qu'un accord existe, soit suivie d'une action judiciaire de la part du pays destinataire, il faut 2 conditions. La première, c'est que le délit dont la personne concernée est accusée soit également considéré comme un délit dans le pays où il se trouve. Cette condition est plutôt facile à remplir lorsqu'il s'agit d'un crime tel que meurtre, vol, viol, etc. Mais lorsque la législation suisse est pratiquement la seule à considérer l'acte supposé comme délictuel, alors il est probable que le délit reste impuni, que ce soit par le droit suisse ou par le droit du pays d'accueil.

La seconde condition, c'est que la personne concernée par la demande d'extradition ne soit pas citoyen du pays hôte. Dans le cas des frontaliers, il y a donc un problème: tous les soirs, ils rentrent dans leur pays, d'où ils ne peuvent pas être extradés. Donc , s'ils ont commis un délit un jour, il leur suffit de ne pas revenir le lendemain en Suisse pour être couverts par la protection de leur pays d'origine. De plus, si le droit français ne reconnaît pas l'acte comme un délit, ils ne peuvent pas non plus y être poursuivis. Le seul problème que ça leur pose en définitif, c'est qu'ils n'auront plus la possibilité de retourner en Suisse ni, ce qui est un problème tout relatif, se rendre dans un pays avec lequel la Suisse a un accord d'extradition et dont la législation reconnaît le secret bancaire !

Pour la plupart des professions, cela ne pose pas de gros problème. Et même si ça en pose, ça n'a pas la même répercution. Dans le cas qui s'est produit chez HSBC, banque pourtant britannique, c'est qu'en commettant cette indiscrétion, l'employé incriminé a sappé toute la confiance qu'on peut avoir à l'étranger, et en particulier en France, vis-à-vis du système bancaire suisse. Il ne fait donc pas du mal qu'à son ancien employeur, mais à toute la profession, à toute la place financière suisse et en particulier genevoise. Dans ces conditions, on peut se rendre compte à quel point il est dangereux d'employer un frontalier venant d'un pays faisant la guerre au secret bancaire à un poste clé d'une banque de la place genevoise. La même remarque peut être faite à Zurich avec les frontaliers allemands, à Bâle avec les frontaliers français et allemands et dans le Tessin avec les frontaliers italiens.

Donc je pense que la Suisse et ses banques doivent aujourd'hui choisir. Soit il faut aligner notre législation sur nos grands voisins et sans doute perdre de nombreux emplois, soit il faut réserver les postes clé ainsi que tous les postes ayant accès à des données confidentielles aux seuls résidents suisses, voire même aux citoyens suisses. Même si la confiance qu'on peut accorder à des employés suisses n'est pas à cent pourcent garantie, elle est tout de même infiniment plus grande que celle qu'on peut mettre dans des personnes résidant à l'étranger !

Bien sûr, une telle législation serait incompatible avec les billatérales. La Confédération ne peut donc pas agir. Toutefois, je pense que les banques tireront elles-mêmes les conclusions de cet incident. Et elles prendront les mesures nécessaires pour éviter qu'on donne des postes à responsabilité à des personnes qui ne peuvent plus être considérées comme absolument fiables compte tenu du climat instauré par les pays limitrophes. Et sur le fond, je ricane gentîment, si la conséquence de la politique de chasse aux sorcières poursuivie par ces grands états vis-à-vis de la Suisse les amène à récupérer des banquiers frontaliers qui ne pourront que grossir les rangs de leurs chômeurs...

13:17 Publié dans Economie, France, Genève | Tags : hsbc, fuite | Lien permanent | Commentaires (3)

23/11/2009

Il faut suspendre Thierry Henry pour la phase finale de la Coupe du Monde !

Avant tout, je dois dire que je suis Français aussi bien que Suisse et qu'il m'est souvent arrivé d'être supporter des Bleus, plus souvent même que des Rouges à croix blanche, lors des différentes phases finales de Coupe du Monde ou de Coupe d'Europe. Chaque fois qu'une équipe à réussi à m'entousiasmer par son jeu, je me suis rangé corps et âme derrière eux. C'était particulièrement vrai de la grande équipe de Platini, de Giresse, de Tigana et autres Fernandez. Même s'ils n'ont gagné qu'une Coupe d'Europe et n'ont jamais disputé de finale en Coupe du Monde, c'était à mon avis une sorte d'âge d'or pour le football français.

Mais je me suis aussi passionné pour l'équipe de France quand un nouveau meneur, Zidanne, s'est profilé pour mener cette équipe dans les hauteurs. Le football que pratiquait cette équipe était moins flamboyant, mais bien plus réaliste, ce qui finalement compte plus en football. En 1998, lorsque Didier Deschamps a soulevé la Coupe du Monde très haut au-dessus de sa tête, j'étais debout devant mon poste de télévision, levant les bras au ciel pour accompagner son geste. Pareil lors de la victoire en Coupe d'Europe 2 ans plus tard. Et lorsqu'il y a quatre ans, le retour d'un Zizou rassembleur m'a permis de m'entousiasmer à nouveau pour cette équipe, j'étais à nouveau présent, sûr de la victoire finale. Victoire que seule l'équipe d'Italie est parvenue à contester.

Mais aujourd'hui, je ne défends plus ces bleus. Plus depuis que leur capitaine s'est permis de voler la victoire d'un geste de la main clairement volontaire. J'aurais de loin préféré une défaite à la régulière qu'une victoire volée qui laisse planer le doute sur l'issue normale de la partie. Donc je ne serai pas avec ces Bleus. Pas si Thierry Henry devait en faire partie. La solution la plus équitable aurait été de rejouer la partie, même lui l'a avoué. Mais puisqu'il parait que c'est impossible, la FIFA doit prendre la seule décision correcte qui lui reste entre les mains et priver le capitaine des Bleus de phase finale. C'est le seul moyen de restaurer un peu de justice dans le football.

On dira peut-être que c'est une sanction trop sévère. Mais après tout, n'a-t-il pas privé toute une nation de phase finale ? Sous cet angle la sanction n'est-elle pas plus proportionnée ?

21/05/2009

Vous avez dit Hadopi ?

Depuis des années, on assiste à un combat entre des entreprises qui cherchent à protéger les œuvres qu'elles diffusent et par la même occasion leurs moyens de diffusion classiques, et une partie des internautes qui profitent de la technologie qui leur est offerte pour télécharger ces œuvres. Je trouve qu'il y a même une certaine hypocrisie à offrir de plus en plus de bande passante aux internautes, ce qui n'a pratiquement aucune autre utilité que le téléchargement, et ensuite les sanctionner s'ils s'en servent. C'est un peu comme vendre des voitures pouvant rouler à 300 à l'heure et obliger à rouler à 120 ! D'accord, c'est bien ce qui se fait, mais ça n'est pas pour autant que c'est normal…

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30/04/2009

Genève piétine, Paris avance…

D'accord, les villes sont peu comparables. Mais tout de même, on ne peut qu'être admiratif devant le projet d'extension des transports publics parisiens pour les années à venir, lancé officiellement hier par Nicolas Sarkozy et devisé à 35 milliards d'euros. Ce projet vise globalement à désenclaver la banlieue. Déjà le tram dont les lignes suivent grosso modo le périphérique permettait d'éviter le centre ville pour se rendre d'une banlieue proche à une autre. Désormais, c'est la banlieue plus lointaine qui est visée. Il s'agit donc bien d'un projet francilien et plus seulement d'un projet parisien.

Le projet personnel du Président, c'est d'ailleurs un métro automatique de 130km de long qui relierait divers points de la banlieue ainsi que le centre ville. Les deux aéroports internationaux seront concernés. Ainsi, il sera désormais possible de rejoindre Orly depuis Charles-de-gaulle et vice-versa sans passer par le centre-ville.

 

http://www.tdg.ch/actu/monde/sarkozy-lance-revolution-tra...

http://www.20minutes.fr/article/322911/Paris-Nicolas-Sark...

 

Et le projet d'agglomération genevoise, où en est-il ? Et bien, il avance tout tranquillement. Le CEVA, dont le projet date de 1912, a encore de nombreuses oppositions à combattre et un probable référendum à passer. Lorsqu'il sera construit, s'il est construit, il sera possible de joindre la Haute-Savoie à Genève et au Canton de Vaud, mais rien encore du côté du Pays de Gex, dont les pendulaires représentent pourtant une part très importante du trafic d'agglomération. Il restera donc encore à convaincre les autorités françaises et la SNCF de réhabiliter la ligne du pied du Jura et à étudier sa liaison au réseau suisse. Horizon 2042 ?

Du côté des trams - qui auraient dû être métros pour bien faire mais nous ne referons pas le monde maintenant - On espère pour bientôt la fin de la construction de celui de Meyrin et en même temps, on piétine allégrement du côté du tram onésien. (trois ans et demi pour construire 6 km : à comparer avec la construction des trams parisiens…) D'autres projets sont urgents, tels la prolongation du tram vers Annemasse, St-Julien, St-Genis ou Fernex, mais ils restent encore au stade du projet.

Et finalement, on reparle pour la deux cent soixante-cinqième fois de la traversée de la rade, ou plutôt du lac cette fois-ci, que tout le monde veut lorsqu'il faut voter sur son principe, mais que personne ne veut payer lorsqu'on propose un projet concret. Oui, pas de doute, nous ne sommes pas à Paris, mais bien à Genève…