02/10/2017

L'affaire des glyphosates

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* Image tirée du site officiel de Monsanto

Monsanto nourrit le monde. C'est ce que cette entreprise affirme depuis des années. Sur le papier, c'est une belle histoire. Monsanto s'implante dans les pays en voie de développement et apporte ses semences génétiquement modifiées pour aider ces pays à produire assez de nourriture pour tout le monde. Bref, comme sur le bandeau ci-dessus, Monsanto aide les plus pauvres à vivre.

Mais dans la réalité cela ne se passe pas vraiment comme ça. Pourquoi tant d'agriculteurs, en Inde par exemple, choisissent le suicide ? Le problème c'est que Monsanto arrive avec une solution clé en main, semences, pesticides, herbicides, et enferme les agriculteurs dans ce système dont il n'est plus possible de sortir par la suite. Chaque année, ces agriculteurs doivent acheter leurs semences et autres produits auprès de Monsanto et ne sont plus maîtres de leur production. On les transforme en ouvriers de Monsanto. Et vu la différence extrêmement maigre entre le prix de revient et le prix de vente des produits de leur labeur, les agriculteurs ne parviennent plus à vivre et à faire vivre leur famille. Beaucoup choisissent le suicide pour mettre fin à cette situation insoutenable.

Ce problème est identique dans les pays riches. Par exemple en France, on dénombre chaque année près d'un suicide d'agriculteur par jour. Ramené à la population du pays, ça fait encore moins qu'en Inde, mais tout de même, c'est alarmant. Surtout que la France interdit toujours les OGM, même ceux que la commission européenne a autorisés. (ce pour quoi la France est d'ailleurs mise à l'amende...) Mais Monsanto a tout de même réussi à rentrer par la porte arrière en proposant des semences dites 'standard', c'est-à-dire non-OGM, mais tout de même clonées. * Monsanto perd ainsi l'attrait du 'Roundup ready' à savoir la capacité des plantes à résister au Roundup, son produit phare, mais conserve l'autre avantage, le contrôle des semences.

C'est dans ce contexte que survient l'affaire des glyphosates. Ce composant chimique essentiel du Roundup a été classé par l'OMS comme cancérogène probable, le second niveau de dangerosité après les cancérogènes certains. Cela devrait être suffisant pour qu'on applique le principe de précaution et qu'on interdise l'usage et l'importation de produits contenant du glyphosate. Mais la Commission européenne s'est refusée à le faire. Cela démontre au passage aux consommateurs que la santé publique n'est pas le premier soucis de la Commission, mais que les intérêts financiers des grands groupes internationaux passent avant. En France, plus soucieuse de la santé de ses habitants, le gouvernement a décidé de manière isolée d'interdire la commercialisation de ce produit. Mais les traités européens interdisent à la France de restreindre l'importation de produits autorisés en Europe. Ainsi la France va se retrouver dans une situation absurde: elle interdit la production de produits traités au glyphosate, mais autorise l'importation de produits eux-mêmes traités avec cette substance !

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27/08/2017

Une autre Europe existe déjà...

Et cette Europe c'est l'AELE. L'Association Européenne de Libre-Echange, créée à l'instigation de la Grande-Bretagne qui aurait sans doute mieux fait de ne jamais la quitter pour l'UE, ne comporte plus aujourd'hui que 4 états membres: La Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein, soit les irréductibles non-gaulois qui résistent toujours et encore à l'envahisseur bruxellois. Il s'agit en tout cas d'une zone bien plus prospère que l'Union Européenne. Certains y verront l'égoïsme de quelques états qui ont peur qu'on leur prenne leurs biens. D'autres y verront la splendide démonstration que le libre-échange fonctionne alors que le modèle de l'Union Européenne est le cimetière de la prospérité pour ses membres les plus riches. Je me placerai personnellement plutôt dans la seconde catégorie.

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24/05/2017

Saffie Rose: portrait d'une combattante croisée

Selon la revendication que Daesh a faite hier à propos de l'attentat de Manchester, les victimes de l'attaque étaient toutes des croisées et leur mort est le fait d'un courageux soldat du califat.

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Voici donc le visage d'un de ces combattants croisés visés par l'attaque. Il s'agit de Saffie Rose, 8 ans, dont le crime a été d'être fan d'une chanteuse sans doute considérée par Daesh comme une incarnation démoniaque. Les gens qui ont écrit cette revendication sont-ils capables de regarder cette fillette dans les yeux et n'éprouver aucun remord ? Cette fillette qui restera à jamais une fillette et ne grandira jamais, ne rencontrera jamais l'amour, n'aura jamais d'enfant, n'apprendra jamais un métier...

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Malheureusement je ne pense pas qu'ils éprouvent le moindre remord. Au mieux, ils la considéreront comme un dommage collatéral, une victime utile de leur noble combat. Et si jamais une petite once de remord parvenait à faire son chemin, il le ferait taire en rappelant que de nombreux parents en Syrie, en Irak ou ailleurs ont vu leurs enfants tomber, victimes collatérales des bombes chrétiennes. L'horreur de ces guerres est indéniable, mais d'une part ça n'est pas une raison pour que plus de parents connaissent la même horreur et d'autre part c'est une fausse justification car les dirigeants de Daesh se fichent totalement du sort des populations.

Et que dire de l'acte commis par ce 'soldat du califat' ? Le suicide peut être vu comme un acte courageux, mais le meurtre d'enfants est un acte abjecte de lâcheté. Comment une même personne peut susciter à la fois l'admiration de certains pour son courage et l'abjection des autres pour sa lâcheté ? Le salafisme est en fait l'émanation des dérives sectaires de notre époque. Si dans les années 90, on a vu des actes sordides se produire, tels que les suicides de masse du Temple Solaire, désormais on a affaire à ce nouveau sectarisme qui mine notre société. On peut en tout cas se poser la même question qu'on se posait à l'époque: comment une personne ayant reçu une instruction, une éducation supposées normales peut arriver à commettre des actes aussi insensés ? Comment peut-il croire les mensonges de ceux qui le poussent à en venir à de pareilles extrémités ?

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06/03/2017

Macron a un programme !!!

Oui, non seulement Macron est beau, non seulement il est jeune, non seulement il a une histoire d’amour avec images (1).jpgune femme plus âgée que lui, non seulement il sait s’exprimer avec une voix de stentor quand on juge qu’il parle d’une manière trop lisse et peu convaincante, non seulement il est merveilleux à tous points de vue, mais il est si formidable qu’il a même un programme économique !

Fi de tous ceux qui ont osé prétendre qu’il n’avait point de programme. Cette fois il l’a révélé : il en a bel et bien un ! Et toute la presse s’est empressée de relayer cette information sans précédent. Le président que ces médias ont déjà élu : oui, il a un programme.

Finalement donc, ses principaux détracteurs ont tous eu tort. Ils l’ont accusé de ne pas avoir de programme, ils disaient que ses discours n’étaient qu’une longue litanie de lieux communs. Ils disaient qu’il ratissait large, capable dans une même phrase de draguer d’une part les nostalgiques du Général De Gaulle et de courtiser de l’autre part ceux de François Mitterrand. Ils disaient que c’est un pur produit marketing, fabriqué par plusieurs agences de com. Mais non, Macron c’est du sérieux. Il a un pro-gram-me.

Et bien que tous ces malfaisants le sachent : ils ont toujours eu tort. Non seulement Macron a toujours eu un programme économique, mais il s’agit du même que tous ceux qui ne parlent jamais de l’Union Européenne ni de l’Euro. Ce programme à un nom : Les GOPE !

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28/11/2016

Le front européen : la stratégie d’encerclement (partie 2)

Note précédente : La 3ème guerre mondiale a-t-elle commencé en 2011 ?

Dans sa tentative d’encercler la Russie et de la priver de sa zone tampon avec elle, les Etats-Unis ont tout d’abord fait entrer les pays baltes dans l’OTAN, rompant ainsi avec ses promesses de ne pas faire progresser l’organisation vers l’est. Puis ils ont essayé de renverser les pouvoirs en place en Ukraine et en Biélorussie au travers des révolutions de couleur. Cette stratégie est en tout point identique à celle des printemps arabes qui ont fait tomber plusieurs gouvernements plutôt favorables à Moscou au sein des pays musulmans.

L'affaire des missiles anti-missiles en Europe de l'Est a continué à enfoncer le clou. A première vue, il s'agit d'armes défensives servant à contrer des armes offensives. Mais en réalité, le but des armes nucléaires est d'empêcher une attaque, l'adversaire sachant qu'il va être totalement détruit s'il attaque. Sur le fond elles ont donc un but défensif. Les armes anti-missiles servant à contrer cette stratégie, elles doivent donc être considérées comme des armes offensives, car elles facilitent une attaque conventionnelle. C'est pour cette raison que la Russie a réagi avec tant de véhémence à leur implantation. Et si elles avaient véritablement été destinées à contrer les armes nucléaires iraniennes comme ça a été annoncé, pourquoi y sont-elles encore alors qu'un accord avec l'Iran a été signé ?

troupes russes.jpgOn doit aussi citer la tentative de chasser les Russes du territoire de la Géorgie à l’aide du gouvernement totalement acquis à l’Occident et de son armée en grande partie équipée et soutenue par les Etats-Unis. Le but final de cette opération, dont la réussite a été empêchée par la réactivité de la Russie, était l’entrée d’une Géorgie réunifiée dans l’alliance atlantique et son ancrage définitif dans le bloc occidental. Au passage, cette opération au résultat désastreux a mené à la prise d’une grande quantité de matériel d’origine américaine par les troupes russes. Selon certains experts, cette prise aurait fortement aidé l’armement russe à progresser sur le plan technologique. En particulier, les systèmes de guidage hautement sophistiqués des missiles anti-aériens et anti-missiles S400 puis bientôt des S500 y trouveraient leur origine.

Si l’on tient compte de tous ces éléments, on parvient à dessiner les contours du plan géostratégique des Etats-Unis, qui tentent de priver la Russie de sa zone tampon et de se l’approprier en l’intégrant à l’OTAN. Elle a aussi pour but de réduire au minimum l’accès russe à la mer noire. En effet cette mer est le seul accès russe à une mer libre de glace toute l’année et cet accès a toujours été considéré comme vital pour la marine de ce pays. Le point d’ancrage traditionnel de la flotte de la mer noire se trouve d’ailleurs à Sébastopol depuis que la Crimée a été annexée à l’Empire russe par la Grande Catherine en 1783. (prise à l’Empire ottoman) La Crimée représente ainsi l’enjeu majeur de la domination de l’Ukraine. En effet, cette péninsule traditionnellement russe avait été offerte à l’Ukraine par le président soviétique Khrouchtchev originaire de la région. Si cette annexion à l’Ukraine n’avait que très peu d’importance à l’époque, elle est devenue tragique pour sa population à très forte majorité russe lors de la scission de l’Union soviétique.

Si la Biélorussie reste imperturbablement favorable à la Russie et immune aux révolutions de couleur, il n’en va pas de même de l’Ukraine où une bonne partie de la population souhaite se rapprocher de l’Europe et de l’OTAN. La situation est d’ailleurs encore plus complexe qu’il n’y paraît si on tient compte du fait que le peuple russe considère être originaire de la capitale ukrainienne Kiev. Plus exactement, c’est de ce carrefour entre Constantinople et la Scandinavie que tous les peuples slaves sont issus. Difficile dans ces conditions de laisser l’Ukraine quitter le giron de la Russie pour celui des Etats-Unis.

euromaiden.jpgC’est donc dans ce contexte qu’a éclaté la crise ukrainienne en 2013. Le président Ianoukovytch, pourtant légalement élu, est brutalement remplacé par une révolution clairement aidée par les Etats-Unis, suite à sa décision de mettre fin aux négociations d’adhésion à l’UE. Mais les choses s’enveniment lorsque la Crimée décide par référendum de faire sécession pour rejoindre la Fédération de Russie. De plus la partie orientale de l’Ukraine, elle aussi à majorité russophone, se rebelle et entre en guerre civile avec le nouveau pouvoir ukrainien. Les Occidentaux accusent la Russie d’être derrière cette insurrection, ce que nient les autorités russes.

Cette crise, toujours en cours, est une demi-réussite pour les Etats-Unis. L’un des objectifs, à savoir repousser la Russie au sein de ses frontières, est en grande partie atteint. Mais l’autre, chasser la flotte russe de la Mer Noire de Sébastopol, reste hors de portée. La Russie a pu défendre ses intérêts fondamentaux dans la région et n’a finalement rien perdu de sa puissance. Elle a en outre affirmé sa puissance sur le plan géopolitique, ce qui a mis les stratèges étasuniens hors d’eux.

La flotte de la Mer Noire reste ainsi en place et n’a pas été neutralisée. Ceci a d’autant plus d’importance que l’ambiguïté de la position d’Ankara laisse planer le doute sur le point de passage hautement stratégique des Dardanelles. En effet, l’un des principaux buts de la participation de la Turquie à l’OTAN a toujours été le contrôle de ce détroit, qui sépare la mer Noire de la Méditerranée. S’il n’était plus possible d’interdire aux navires russes de l’emprunter en cas de conflit, la flotte de la Mer Noire acquerrait un accès total à la Méditerranée et à tout le sud de l’Europe. Et compte tenu des hésitations européennes concernant la demande d'adhésion à l'UE, adhésion fortement souhaitée par Washington afin d'ancrer la Turquie dans le camp occidental, il est très possible que la Turquie choisisse finalement de rejoindre une alliance avec la Russie et la Chine.

Finalement, les conflits ukrainiens et géorgiens ne sont toujours pas vraiment résolus. Il reste deux possibilités de départ de confrontation directe entre les deux superpuissances militaires, même si la plus probable reste le Proche-Orient.

Note suivante : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

10/09/2015

Les migrants

"Le novlangue (traduit de l'anglais Newspeak, masculin dans la traduction française d'Amélie Audiberti) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949).

Le principe est simple : plus on diminue le nombre de mots d'une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir, plus on réduit les finesses du langage, moins les gens sont capables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l'affect. La mauvaise maîtrise de la langue rend ainsi les gens stupides et dépendants. Ils deviennent des sujets aisément manipulables par les médias de masse tels que la télévision.

C'est donc une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l'expression des idées potentiellement subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État, l'objectif ultime étant d'aller jusqu'à empêcher l'« idée » même de cette critique."

Définition tirée de Wikipedia

Pourquoi recopier cette définition ici ? Je pense que l'idée de Georges Orwell est de plus en plus mise en pratique par nos médias. Le novlangue faisait au début partie d'une oeuvre de science-fiction. Mais la science-fiction d'hier est la réalité d'aujourd'hui. De plus en plus, on nous impose des terminologies peu précises afin de diminuer notre capacité à nommer correctement les choses.

En ce qui concerne les "migrants", terme qu'on nous sert à toutes les sauces depuis quelques temps, il s'agit justement d'un cas caractéristique de simplification du langage. C'est un terme générique qui recouvre quantités de cas particuliers très différents. Pour commencer, un migrants peut tout aussi bien être émigrant qu'immigrant, ce qui est bien pratique pour noyer le poisson. Pour bon nombre de personnes, un émigrant c'est naturel alors qu'un immigrant, ça pose problème. En restant flou, on évite ce genre de questionnement.

Plus encore, les gens qu'on appelle "migrants" sont en fait constitués de différents groupes bien distincts. Certains fuient la guerre, il faudrait donc les appeler "réfugiés" ou mieux encore "requérants d'asile" ou "demandeurs d'asile". D'autres par contre souhaitent fuir des zones où la vie est difficile pour tenter leur chance en Europe. Dans un monde normal, ces gens devraient être appelés "illégaux" ou encore "sans-papiers". Les qualifier du terme fourre-tout de "migrants" c'est donc déjà un amalgame destiné à les faire confondre avec les vrais réfugiés.

Accueillir des réfugiés, ou tout au moins accepter d'examiner leur demande d'asile, c'est un devoir. Chaque être humain doit pouvoir avoir le droit de se réfugier à l'étranger lorsque sa sécurité et celle de sa famille n'est plus assurée dans son propre pays. Par contre, si on peut s'émouvoir de la détresse financière d'une population, il n'est pas souhaitable d'accepter comme des réfugiés des personnes sans-papiers, simplement parce qu'il ne sera jamais possible d'accueillir toute la misère du monde. Ces personnes doivent être aidées dans leur propre pays, où ils pourront à leur tour aider les autres à s'en sortir. Les accueillir ne sera jamais une solution.

De même, quand une personne refuse de demander l'asile dans le pays où il se trouve parce qu'il préfère un autre pays, on doit le traiter comme un illégal. Les "migrants" qui s'agglutinent à Calais par exemple, ne sont rien d'autre que des étrangers en séjour illégal. Il suffirait de les soumettre à un ultimatum (vous demandez l'asile ou vous rentrez chez vous) pour régler ce problème.

Finalement, parler de "migrants" renvoie à "migration", ce qui permet de faire croire à un mouvement migratoire inéluctable, telle une migration d'oiseaux. On rend le problème irréversible et on évite d'examiner les causes de la migration. On doit seulement traiter le symptôme, mais surtout pas la source du problème.

Si on veut se prémunir du lavage de cerveaux qu'on tente de réaliser en imposant le novlangue, il faut refuser d'employer les termes simplificateurs utilisés par les médias. Dans un monde occidental qui ressemble de plus en plus à l'Océania de Georges Orwell, il est du devoir de tout un chacun de refuser de se plier au novlangue. La réflexion doit être défendue coûte que coûte. Chaque individu est doté d'un cerveau et doit réapprendre à s'en servir. Il faut refuser la simplification et l'abêtissement imposés par la télévision en particulier.

Pour cela, ça n'est pas très compliqué. La langue française, comme d'autres langues, possède une grande quantité de nuances qui en font une langue très précise. Pour cette raison, chaque fois qu'on cherche à nous imposer des terminologies vagues et simplificatrices, il faut considérer que c'est une manipulation des esprits. Ce qui est imprécis est par définition suspect. C'est la règle qu'il faut toujours garder à l'esprit.

05/08/2013

OGM: La Suisse ne doit pas céder!

La semaine dernière, la France a mis le doigt dans l'engrenage qui tôt ou tard finira par la conduire à remplacer ses semences classiques par des semences OGM. En autorisant le maïs Monsanto MON810, elle a en effet suivi la voie tracée par l'Europe, qui oblige les Etats membres à se plier au bon vouloir des lobbys des OGM.

Sur les OGM on aura écrit tout et n'importe quoi. Dur de se faire une opinion. D'un côté un lobby industriel qui prétend que les OGM apportent des tas d'avantages sans désavantage. (prouvé...) D'un autre côté, un lobby écologiste qui refuse toute forme de manipulation génétique, y compris dans la recherche. Or il faut bien dire que certaines recherches en la matière, surtout dans le domaine médical, offrent de très belles promesses d'avenir. Il ne faut donc pas tout refuser en bloc.

Ne parlons donc ici que des OGM destinés à la consommation. Entre autres ce maïs modifié, qui a reçu un gène étranger lui permettant de sécréter un insecticide. Un insecticide, même s'il est sécrété par la plante, c'est clairement un poison. En réponse, on nous dit que c'est toujours mieux que de le déverser sur les plantes par épandage. C'est un point de vue, mais ça n'est pas forcément vrai. Une plante traitée ne l'est qu'en surface. (même s'il est probable qu'une partie soit absorbée par la plante) Dans le cas de l'OGM il est sécrété par la plante.

Peut-on réellement être sûr qu'une plante OGM sécrétant un insecticide peut en être totalement débarassée avant de se retrouver dans nos assiettes ? Sans doute ne le peut-on pas. Et à défaut, qui décide de la dose admissible ? On me répondra que les études prouvent que cet OGM est sans danger. Mais toutes les études autorisées sur les OGM industrielles sont réalisées... par les industiels eux-mêmes ! En effet, l'idée est de forcer les industriels à financer eux-mêmes les recherches prouvant l'inocuité de leurs produits. Ceci peut avoir un sens d'un point de vue financier, mais n'en a aucun d'un point de vue scientifique ! Comment peut-on demander au créateur d'un produit, qui en attend de précieux bénéfices, de réaliser une étude totalement neutre ?

Finalement, en l'absence d'étude neutre sur le sujet, il ne nous reste plus qu'à nous fier à notre bon sens de consommateur. Pour cela, il faut se poser une question toute simple, qu'on peut résumer à quizz style question SMS sur TF1 :

Quel bénéfice les industriels attendent de leurs produits ?

A: Une amélioration de la qualité de l'alimentation

B: Résoudre le problème de la faim dans le monde

C: Permettre aux agriculteurs d'améliorer leurs marges bénéficiaires

D: Augmenter leurs propres bénéfices

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10/07/2013

La Suisse démocratique et l’Europe technocratique

Je le dis dans ma présentation : je suis profondément Européen. Européen dans ma culture, Européen dans mes crédos. Je pense que l’avenir du continent passe par l’intégration. Je pense aussi qu’un jour la Suisse devra assumer son destin et participer à l’intégration du continent dont elle occupe presque le centre. Mais il y a une chose que je ne pense plus : je ne pense plus que l’Union Européenne peut être l’embryon d’une véritable Europe des peuples, libre, forte, démocratique. L’Union Européenne est peu à peu tombée aux mains des technocrates. Cette Union ne sert pas les peuples européens. Elle ne sert que les intérêts du capital auquel elle est asservie. Et elle ne sera jamais démocratique, car elle est bâtie pour asservir les peuples. Cette Europe-là n’a rien à offrir à la Suisse. Et elle n’aura jamais rien à lui offrir. La Suisse ne doit pas y entrer.

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01/07/2013

La France comme la Grèce ?

Petit à petit la France s'enlise. Le gouvernement avait promis de maitriser le déficit. Sans pourtant vraiment expliquer, de manière réaliste en tout cas, comment il comptait y arriver. La solution choisie, hausses d'impôts à tout va, n'apporte pas le résultat escompté. Bien sûr les recettes de l'impôt sur le revenu augmentent. Mais dans un pays où beaucoup de monde ne gagne que 1100€ net par mois, étrangler les consommateurs n'est pas une bonne idée. Résultat: la consommation est en baisse et les recettes de la TVA et de l'impôt sur les carburants aussi. (voir ici, un tableau sans doute encore plutôt optimiste par rapport à la réalité)

Pire: une consommation en baisse implique une économie en récession. Et qui dit économie en récession dit licenciements, faillites, chômage. Au final, même l'impôt sur le revenu finira par en pâtir, car pour qu'il y ait impôt sur le revenu, il faut avant tout qu'il y ait revenu. Et au lieu de maîtriser le déficit, la stratégie du gouvernement finira par conduire à une plongée encore plus grave de la dette publique.

Quant aux dépenses publiques, on promet de les réduire, mais on peine à confronter les syndicats. Les dépenses publiques doivent être réduites, mais on ne sait pas comment y arriver. Alors on choisit la politique du pire: on réduit les investissements plutôt que le budget de fonctionnement. (voir ici par exemple) Non seulement on continue à privilégier une baisse de l'activité du secteur privé pour préserver la fonction publique, mais en plus on prétérite l'avenir.

Donc si la barre n'est pas redressée au plus vite, la France se dirige tout droit vers un scénario à la grecque. Peut-on encore équilibrer le budget ? Pas si sûr que ça soit encore possible vu le niveau abyssale de la dette et des intérêts à payer. Voir ici le compteur des intérêts de la dette. Et comparer avec le tableau des recettes fiscales sur mon premier lien. Ca fait frémir... L'impôt sur le revenu ne couvre que la moitié des intérêts de la dette. La TVA les couvre plus ou moins. Autrement dit, la majeur partie des recettes fiscales servent à payer les intérêts de la dette. Ce n'est qu'ensuite qu'on commence à financer l'Etat. Et pour ce qui est de rembourser la dette, on peut parler de science-fiction.

Payer des impôts c'est censé être utile. Ca sert à assurer le fonctionnement des services de l'Etat et à financer les infrastructures. Mais quand payer des impôts ne sert plus qu'à payer des intérêts aux banques et à enrichir des investisseurs, il y a un problème. C'est ce que vivent les Grecs, les Espagnols, les Portugais et c'est ce vers quoi se dirigent les contribuables français. Un scénario à la grecque n'est plus un risque, mais c'est presque une certitude.

Peut-être la barre peut-elle encore être redressée. Mais je ne pense pas que les deux partis au pouvoir depuis quarante ans et responsables de 100% du déficit public depuis lors soient capables d'opérer les changements de dogme nécessaires pour remettre l'économie privée et les finances publiques sur les rails. Il faudrait s'attaquer à la vraie source du problème, les coûts de l'Etat. Et surtout il faudrait améliorer les conditions cadres de l'économie privée et favoriser la consommation afin de relancer l'économie. Il faut également continuer à investir pour doper l'économie privée. C'est le seul moyen d'augmenter les recettes fiscales. Car lorsqu'il n'y a pas d'argent, il n'y a pas de recettes fiscales. Croire qu'il suffit d'augmenter les impôts pour augmenter les recettes fiscales c'est étonnant de la part d'un gouvernement dirigé par un président sorti de l'ENA !

Bref, je ne pense pas que le gouvernement actuel ou tout autre gouvernement pourra comprendre ça. Actuellement la politique économique et fiscale de la France et de pas mal de pays européens est dictée par les directives de Bruxelles, et à travers Bruxelles, de Berlin. Sans un président fort, capable d'imposer sa vision à l'Europe, la France est condamnée à connaître la situation de la Grèce, à plus ou moins courte échéance. Ca les électeurs français l'ont compris ou le comprendront bientôt. Il ne faudra donc pas s'étonner si au final, Marine Lepen tire les marrons du feu. C'est tout ce que gagneront les grands partis à force de s'entêter dans la même direction. Et le pire du pire, c'est que je pense qu'elle ne peut pas réussir plus mal là où les autres ont totalement échoué. Et c'est bien la première fois que je pense une chose pareille.

21/03/2011

Réflexions à propos du sarcophage de Tchernobyl

Hasard du calendrier ou non, alors que les Japonais bataillent pour sécuriser les réacteurs endommagés de la centrale de Fukushima, on reparle du sarcophage de Tchernobyl. En effet, l'édifice protégeant les restes du réacteur accidenté avait été construit à la hâte, dans des conditions effroyables, et il montre désormais des signes de vieillissement accéléré. Les autorités ukrainiennes ont donc décidé de construire une nouvelle structure par-dessus l'actuelle afin de la renforcer.

tchernobyl-sarcophage-dec1999.jpgCeci pose une question fondamentale au sujet de la centrale désafectée de Tchernobyl et de son réacteur numéro 4. Les restes liquéfiés du réacteur ayant fait fusion reposent aujourd'hui au fond d'un trou, provisoirement stabilisés. Mais les matériaux nucléaires qui composent ce magma refroidi seront encore dangereux pour des centaines de milliers d'années. Ce lieu restera maudit pour toute cette durée, à moins qu'une hypothétique civilisation future parvienne à l'assainir. Et on voit aujourd'hui qu'après seulement 25 ans, soit une génération, la première structure montre déjà des signes de faiblesse. La nouvelle, selon les autorités, devrait protéger le site pour 100 ans au moins. 4 générations. Mais 100'000 ans, ça représente 4000 générations ! Il faudra donc reconstruire 1000 fois ce sarcophage avant que le site soit devenu moins dangereux ! Qui peut dire que les 4000 prochaines générations seront à même de protéger ce site et d'entretenir cette structure ? Et pendant tout ce temps, y aura-t-il seulement des habitants humains dans la région ? Qui peut dire que la civilisation va résister au temps et que les humains auront toujours la technologie et les compétences nécessaires pour assurer la pérénité du site ?

Il est très probable qu'une nouvelle glaciation se produise dans les milliers d'années à venir. Et alors, si un glacier emporte la structure et amène le tout vers la mer Baltique, c'est les mers du monde entier qui seront polluées. Et bien avant cela, qui peut dire combien de temps ce bâtiment restera en état d'assurer sa fonction de protection ? Les pyramides sont probablement les plus anciennes structures d'origine humaine encore debout. Et elles ont moins de 5000 ans ! Aucune construction humaine n'est faite pour résister 100'000 ans. Dans 100'000 ans, les pyramides elles-mêmes seront réduites à l'état de sable. Et on veut nous faire croire que le sarcophage de Tchernobyl protégera les 4000 prochaines générations ? A long terme, je pense  malheureusement qu'une seule conclusion peut s'imposer. La catastrophe qui ne s'est pas produite en 1986 se produira forcément un jour. Et alors les habitants de la Terre auront de bonnes raisons de nous maudire, pour autant que la mémoire de notre existence ait résisté au temps.

31/07/2010

Les Suisses aiment la voie bilatérale

...mais pas l'Union Européenne. Et pour négocier, il faut être deux. Jusque-là, l'UE avait accepté de négocier selon les conditions des Suisses. Sans doute parce que la Suisse, aussi agaçante soit-elle aux yeux de ses voisins, est un partenaire estimé et qu'avoir des accords de commerce avec la Suisse est loin d'être inutile. Peut-être aussi parce que permettre à la législation suisse de s'approcher quelque peu des normes européennes aiderait à diminuer la taille du fossé qui sépare ce petit état du reste du continent. Peut-être même espérait-elle qu'une fois assimilées quelques règles communautaires, les peurs des Suisses s'estomperaient et qu'ils daigneraient rejoindre leur grande famille.

Mais désormais c'est clair. Les Suisses ont plébicité la voie bilatérale l'année passée. Mais on reste très loin d'un retournement de tendance. Ils ne souhaitent pas l'adhésion et toute tentative de lancer des négociations dans ce sens serait un échec annoncé. Il faut dire que l'UE, par les temps qui courent, n'incite pas à la rêverie. La crise dans la zone Euro, le déni du référendum irlandais, les attaques régulières contre la place financière suisse, tout cela a contribué à provoquer le rejet au sein de la population helvétique. Et, bien que pro-européen, je pense aussi que le moment serait très mal choisi pour sauter le pas. Attendons que l'Europe résolve ses problèmes et nous verrons ensuite.

Les Suisse aiment la voie bilatérale. Mais pour négocier il faut être deux. Si la Suisse a tout à fait le droit de choisir sa manière de développer ses relations avec son principal partenaire économique, c'est aussi le cas de ce dernier. Et il se trouve que l'Union Européenne ne veut plus de la voie biliatérale et l'a signifié aimablement à notre Présidente. Les accords actuels ne sont bien sûr pas remis en cause. Mais toute extension est désormais exclue. Si la Suisse veut approfondir ses relations avec l'UE, elle devra choisir une voie multilatérale. C'est à dire une adhésion, soit directement à l'UE, soit à l'EEE, organisation qui bien que réduite à une portion congrue, existe toujours et serait toujours prête à accueillir la Suisse.

Et si je ne pense pas qu'une adhésion à l'UE soit souhaitable à court terme, une adhésion à l'EEE, aux côtés de l'Islande (jusqu'à sa possible adhésion à l'UE), de la Norvège et du Liechtenstein, nous engagerait beaucoup moins loin dans l'intégration et nous permettrait pour l'instant de conserver une certaine autonomie. D'ailleurs, les bilatérales nous ont déjà permis d'harmoniser en bonne partie notre législation avec les standards européens. Le saut ne serait donc plus si difficile.

Mais bien sûr, reste l'obstacle du secret bancaire. Déjà bien mis à mal, il deviendrait impossible de le conserver au sein de l'EEE. Mais finalement, existe-t-il encore ? Après les attaques coordonnées qu'à subi notre système bancaire, de nombreux noms ont été livrés à l'étranger ou dérobés par un employé indélicat, ce qui au final revient au même. Qui désormais ferait confiance à la Suisse pour cacher de l'argent au fisc de son pays ? Ceux qui n'ont pas encore été pincés ont dû fuir depuis longtemps à la Barbade ou aux Caymans. Et pourtant, notre système bancaire ne s'est pas écroulé. Alors, le secret bancaire est-il si vital que ça pour notre place financière ? N'a-t-elle aucun autre argument à faire valoir que sa protection de l'évasion fiscale ? Pour ma part, je suis persuadé que le professionnalisme et l'expérience de la gestion bancaire suisse continueront à lui apporter de nouveaux clients. Des clients honnètes qui ne justifient pas uniquement leurs placements par la subtilisation des revenus fiscaux de leur état.

Quant aux gesticulations de Blocher, visiblement aux abois dès qu'on prononce un sigle tel que UE, EEE ou OTAN, elles me paraissent totalement dénuées de sens. Qu'il lance son initiative. De toute manière, une inscription dans la Constitution de la non-participation à l'une de ces institutions supra-étatiques n'a aucun effet pratique. Pas à long terme en tout cas. Elle ne protégera pas les isolationnistes, car le jour où on décidera qu'il est temps, il suffira de renvoyer le peuple aux urnes pour faire disparaître ce texte de notre Constitution. Et comme de toute manière, jamais nous n'entrerions dans l'une ou l'autre de ces organisations sans faire voter le peuple, on voit bien à quel point il serait vain de penser qu'un texte constitutionnel changerait quoi que ce soit à terme.

Bonne fête nationale à tous !

27/06/2010

Aux pro-européens turcs

Je suis Suisse et Français, mais ici je m'exprime plus souvent en tant que Suisse. Mais aujourd'hui, c'est en tant qu'Européen que je vais m'exprimer. Cet appel, lancé par un supporter de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne s'adresse aux forces politiques turques qui souhaitent toujours cette entrée.

Il y a presqu'un an, j'ai écrit ce billet. A l'époque, je me disais que la demande d'adhésion de la Turquie à l'UE devait être prise en compte, car cela aiderait ce grand pays, en partie européen, à se diriger vers les nécessaires réformes de ses institutions. Mais depuis, mon opinion a largement évolué. Je ne pense plus que la Turquie actuelle, dirigée par Recep Tayyip Erdogan, n'a une chance de faire un jour partie de l'organisation européenne. A l'époque je pensais pourtant qu'il fallait tenter de traiter avec lui, puisque c'est le premier ministre dont la population turque s'était légitimement dotée. Et comme il a toujours répété vouloir faire entrer son pays dans l'UE, j'espérais qu'il était prêt à conduire les réformes qui pourrait permettre à la Turquie de légitimement attendre une réponse favorable de l'Union. Mais aujourd'hui je pense qu'il n'en est rien. Je me demande même si le but de Erdogan n'est pas de provoquer le rejet de la part de l'Union Européenne et la déception de sa population pour pouvoir se tourner vers d'autres alliances.

turkish_pm_erdogan-_with_ahmadinejad.jpgEt aujourd'hui, alors que le monde se dirige à grand pas vers une bipolarisation sur fond de crise pétrolière, (voir ici) Erdogan montre enfin  quel camp il tente de faire choisir à son pays. L'affaire des "bateaux de la paix", dans laquelle des pseudo-ONG islamistes proches du pouvoir turc ont été à l'origine d'une provocation unilatérale d'Israël, montre bien qu'Erdogan fait tout pour se débarrasser des anciennes alliances. Israël est le premier à en faire les frais. Mais l'Europe  et les Etats-Unis suivront. Et en soutenant désormais ouvertement le Hamas, la Turquie montre que les nouvelles alliances qu'elle cherche à tisser se trouvent du côté de l'Iran, principal mentor des extrémistes palestiniens.

Si la Turquie devait se tourner vers l'islamisme radical, ça serait un terrible retour en arrière. N'oublions pas que cet état, sous l'impulsion de Mustafa Kemal Atatürk, après la défaite durant la première guerre mondiale, a fait le choix de la laïcité. Une modernité que beaucoup d'états européens n'avaient pas encore choisi à l'époque. Depuis lors, l'histoire de la Turquie s'est fondue dans celle de l'Europe. Durant la guerre froide, elle a même été un maillon vital de l'Alliance Atlantique. En effet, sa position géographique a permis à l'OTAN de verrouiller la sortie de la mer Noire sur la Méditerrannée ainsi que le sud du rideau de fer.

Aujourd'hui, Erdogan est sur le point de mettre fin à cette imbrication de l'histoire turque avec l'histoire européenne. Un rapprochement avec les Perses serait contre nature, tant la Turquie s'en est éloignée depuis longtemps. Tenter de recréer l'Empire Ottoman est de toute façon vain: je pense que le rapport de force qui va s'établir au sein d'une telle alliance va plutôt servir l'Iran et c'est plutôt l'Empire Perse qui va être recréé ! Et au sein d'un tel ensemble, je ne donne pas cher de la démocratie et de la laïcité turques...

Alors si vous souhaitez encore que votre grand pays rejoigne l'Union Européenne, je n'ai qu'un conseil à vous donner: débarrassez-vous d'Erdogan ! Remettez au pouvoir des forces dignes de l'héritage d'Atatürk. Des forces prêtes à tout pour défendre la laïcité et la démocratie. Des forces prêtes à réformer l'armée et le gouvernement. Des forces prêtes à reconnaître le génocide arménien et à normaliser les relations avec la minorité kurde. Des forces, enfin, prêtes à s'attaquer à la problématique de la division de Chypre. Si de telles forces existent en Turquie, il faut qu'elles soient mises au pouvoir pour relancer un rapprochement avec l'Europe. Sans cela, la Turquie va faire un retour en arrière historique de près d'un siècle et sombrer dans l'obscurantisme. Démocrates turcs, il n'y a que vous qui puissiez empêcher cela !

07/05/2010

Crise grecque: échec européen ?

Ici ou là, on entend dire que la crise grecque est une démonstration de l'échec européen. Bien sûr, l'inclinaison politique de ceux qui prédisent la fin imminente de la construction européenne ne laisse aucune équivoque. Mais finalement la question ne peut pas être évitée. L'Europe est-elle vraiment en cause ? Mieux: sans la construction européenne, la crise grecque aurait-elle aussi pu se produire ?

En réalité, les causes de la crise grecque sont pûrement internes. Une gestion calamiteuse de ses affaires publiques et un manque à gagner chronique dans les perceptions de l'Etat. A la rigueur, on peut accuser les payements directs européens d'avoir encouragé le pouvoir à dillapider cet argent sans aucune retenue. On peut aussi l'accuser d'avoir manqué à son devoir en laissant la Grèce (et d'autres pays) s'enfoncer dans les dettes publiques sans aucun plan visant à diminuer le déficit chronique. Car il ne faut pas oublier que l'accession à la zone Euro a en principe un prix: le déficit et la dette publics doivent être sous contrôle. Mais sans doute que par les temps qui courent, où les grands états de l'Union n'ont pas hésité à faire plonger leurs budgets très profondément dans les chiffres rouges afin de venir au secours des banquiers, ils se sont faits moins regardants sur la dette des autres...

Alors fin de l'Europe ? Je dirais pour ma part qu'il y a quelque chose de rassurant quand on voit le plan d'aide qui a été mis en place. Certes on peut critiquer le taux d'intérêt pratiqué, mais après tout, les règles des marchés veulent qu'on fasse payer les risques plus élevés. Et à moins de se tourner vers une économie planifiée, je vois mal comment faire autrement. On ne peut prêter aux mauvais payeurs sans se couvrir. Sinon quel intérêt y aurait-il à rembourser ses dettes ? On peut aussi critiquer l'obligation faite à la Grèce de se lancer dans une politique d'austérité. Mais bon. A un moment donné, il faut quand même arrêter les frais non ? Bref, ce qu'il y a de rassurant dans ce plan, c'est qu'on voit bien que malgré les rechignements initiaux, l'imbrication réciproque des économies européennes oblige à la solidarité. Devenus frères, les pays de l'UE ne peuvent plus se laisser tomber! Et sans l'Union Européenne, la situation de la Grèce aurait été bien plus catastrophique encore.

Mais le simple fait que la crise se soit produite met en lumière un problème très profond: le manque de contrôle supra-étatique au sein de l'Europe. On ne peut pas mettre en commun ce qu'on a de plus stratégique, c'est-à-dire sa monnaie, sans mettre en place un organisme de contrôle centralisé fort pour vérifier le respect des règles. Il est impensable qu'un état de l'Union puisse se laisser aller de la sorte et que personne ne mette le doigt sur ce manquement! Pour faire un parallèle à une échelle réduite, immaginons un pays fait de 23 cantons qui partagent une monnaie unique (le franc) et qui gèrent leurs administrations de manière indépendante. Si l'un de ces cantons se mettait à montrer une frivolité comparable à celle du gouvernement grec, au point de mettre en danger la santé financière de l'ensemble du pays, serait-il remis à l'ordre ? Et bien sans tarder oui! Car le pouvoir centralisé de ce pays fédéral a tout pouvoir sur le plan économique et sa banque centrale est seule compétente pour gérer la politique monétaire.

Il en va malheureusement tout autrement de la zone Euro. Les états restent compétents pour fixer leur politique économique et la banque centrale européenne n'est qu'une mise en commun de toutes les banques centrales des états. Et c'est probablement la cause première de l'apparition de cette crise. Si l'Europe veut éviter un tel fiasco à l'avenir, elle doit plus centraliser sa politique économique et donner un pouvoir fort à l'Union pour imposer une politique budgétaire stable aux états membres, pour vérifier son application et, le cas échéant, mettre les états sous tutelle. En gros, elle doit s'inspirer du modèle suisse. Donc, la solution à ce problème n'est pas la fin de l'Union Européenne comme certains le prétendent, mais un approfondissement de la construction de l'Europe économique.

06/05/2010

Révolution grecque ? Révolution mondialisée ?

Ce qui devait arriver est-il en train de se produire ? Malgré l'apparent bol d'air fourni par les membres les plus puissants de la zone Euro et par le Fonds Monétaire International, la Grèce s'enfonce dans le tourbillon d'une tornade économique que rien ne semble pouvoir arrêter. La Grèce qui par sa frivolité budgétaire est la première à sombrer, mais sans doute pas la dernière. Comme je le rappelais il y a quelques jours dans ce billet, l'hystérie keynésienne avec laquelle on a tout fait pour sauver la haute finance au détriment de l'économie publique a un prix. Celui de l'endettement public porté à son paroxysme. Celui d'une crise bien plus terrible que celle à laquelle on a presque échappé.

Le mécanisme est à la fois simple et complexe. Restrictions budgétaires drastiques. Arrêt de l'investissement public. Baisse des prestations sociales. Economie privée souffrant du manque d'investissements publics. Licenciements massifs. Augmentation du chômage coordonné à la chute du social. Troubles sociaux. Révolte. Renversement du gouvernement. Érection de guillotines. Boum font les têtes sur les pavés.

J'exagère ? J'espère bien. Mais je vois mal aujourd'hui comment arrêter tout cela. D'autant que la crise ne restera pas une simple crise grecque. Dans une économie mondialisée, les crises sont également mondialisées. Et si les crises mènent à des révolutions, ces révolutions sont à leur tour mondialisées. Et dans le fond, on peut se demander si ça n'est pas le mieux qui puisse se produire. Ce monde où le pouvoir économique repose entre quelques mains avides et où les gouvernements ne sont que de pacotille et font des courbettes devant le vrai pouvoir a quelque chose de fondamentalement malsain. Il est temps que ça change. Que le pouvoir revienne aux mains du peuple. Si possible dans le calme. Mais il est possible qu'il ne soit  déjà plus question de révolution pacifique. Est-ce le début de la fin ? On devrait en savoir plus dans les semaines à venir. D'autant plus que les évènements semblent évoluer rapidement.

Je ne parle évidemment pas ici de la Suisse qui devrait, heureusement, rester passablement préservée. Sa santé budgétaire pourrait être citée en exemple en Europe. Mais il ne faut pas se faire trop d'illusions. La dépendance de la Suisse vis-à-vis de l'économie européenne est aussi forte que si elle faisait partie de l'Union Européenne. Et juste un tout petit peu moins que si elle faisait partie de la zone Euro. Alors tout cela aura aussi des conséquences pour nous. Peut-être pas ou peu de troubles, mais des moments difficiles sont à prévoir.

30/04/2010

La Belgique ou l'échec d'un fédéralisme basé sur les communautés linguistiques

Bien sûr, il y a des précédents. On peut citer l'Irlande du Nord qui s'est longtemps déchirée sur la question de la séparation du Royaume-Uni. Mais dans ce cas-là, la souveraineté britannique sur ce petit morceau d'île est un reliquat de l'impérialisme britannique. Peu comparable donc. On peut aussi citer le divorce des Tchèques et des Slovaques ainsi que les multiples divorces ex-yougoslaves. Si le premier s'est réalisé dans le calme, les seconds se sont déroulés dans la douleur. C'est bien connu, pas tout le monde réussit son divorce. Mais ces deux cas partagent un point commun: ils sont issus d'un mariage forcé, maintenu en place par une dictature sans partage. Les tensions se sont donc accumulées pendant des années et lorsque la dictature a disparu, le mariage a sombré avec elle.

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29/04/2010

La grande faillite des plans de relance européens

On vous avait chanté les louanges de ces fantastiques plans de sauvetage que tous les pays développés ont lancé pour sauver leurs principales institutions financières. Même la Suisse, avec son gros plan de sauvetage de l'UBS, s'était jointe à cette grande action mondiale, censée sauver le monde d'un naufrage économique d'ampleur stratosphérique! Pour vous démontrer la nécessité de tels plans, on vous a rappelé que lors de la grande dépression des années trente, on avait cru qu'il ne s'agissait que d'une adaptation des marchés, que les branches pourries allaient casser et que les autres allaient les remplacer. Mais selon eux, si la crise s'est éternisée, c'est parce que ce mécanisme ne fonctionne pas. Lorsque l'économie chute, elle cale et ne parvient pas à redémarrer.

Ils suivaient en cela les théories de John Maynard Keynes, pourtant tombées en désuetude, qui avait analysé les raisons de la dépression. Ces théories, qui n'avaient jamais vraiment été confrontées à la pratique, ont alors été suivies à la lettre. Après la chute de Lehman Brothers, on s'est évertué à ne plus laisser tomber les banques d'investissement, pourtant largement responsables de la crise ainsi que de leur propre situation. Les états ont instantanément trouvé des sommes faramineuses pour sauver de la faillite ces géants financiers. Ces mêmes états étant pourtant eux-mêmes dans une situation économique assez difficile et en déficit chronique. Les milliards ont alors plu sur le monde bancaire. Jusqu'il y a peu, on s'est félicité un peu partout de la grande clairvoyance des gouvernements qui ont évité une grande partie de la crise. Pourtant les signes étaient là. Le G20, qui avait pour mission de créer une nouvelle régulation de la finance mondiale, n'a-t-il pas acouché d'une souris en ne réussissant à se mettre d'accord que sur des lois anti-"paradis fiscaux" ? Pourquoi la fiscalité était-elle la cible de ces grands états, alors qu'ils auraient dû se fixer sur les causes de la crise ? La réponse est simple pour qui veut la voir: tous ces grands états sont des colosses aux pieds d'argile. Ils se sont mis dans une situation budgétaire intenable avec leurs gigantesques plans de relance et recherchent maintenant le moindre revenu qui pourrait leur permettre de sauver leur peau. Mais rien n'y fera. Ils sont condamnés.

La situation est maintenant assez surréaliste. Ceux qui ont déclenché la crise sont toujours là. L'énorme manne financière qui leur a été fournie leur a évité les pourtant indispensables réformes qui auraient pu les assainir. Sans être la cause première de la crise, la reprise du système de rémunération variable pratiqué auparavant avant même le retour aux chiffres noirs prouve bien que le système est totalement pourri de l'intérieur. Tout est donc à nouveau en place pour qu'une nouvelle catastrophe financière se produise. Tout ce qui change, c'est que les états sont totalement démunis. Au prochain crash, ils ne pourront plus rien faire pour sauver les banques.

D'ailleurs, ils n'auront sans doute pas le temps d'avoir qui que ce soit à aider. Car après le gigantesque transfert de fonds dont les milieux financiers ont bénéficié au détriment des états, les premières victimes risquent bien d'être les états eux-mêmes. En Europe particulièrement, l'imbrication des économies risque de faire des dégâts sans précédent sur les économies publiques des grands états. D'abord les plus faibles vont être touchés. Mais il est évident que les grands états ne pourront pas les laisser tomber du fait de leur implication économique réciproque. C'est donc l'ensemble de l'Europe qui va sombrer dans la crise. Et le monde suivra. On a voulu éviter la crise. On a cru y être arrivé. Mais c'est bien connu en physique: rien ne se créé, rien ne se perd. C'est vrai pour l'énergie, mais c'est également applicable en économie. Lorsque de l'argent est artificiellement créé, cela fait un effet de bulle. Et toutes les bulles finissent par éclater. Si on cherche à les en empêcher, elles continuent à grossir et finissent de toute manière par éclater. Et alors, la catastrophe est bien plus gigantesque...

16/02/2010

Le gouvernement italien se fiche de nous !

Dans un article de la TdG du jour, on apprend que M. Frattini, ministre des affaires étrangères italien, trouve que la Suisse prend l'Europe en otage dans l'affaire des visas Schengen refusés aux ressortissants libyens. Ce monsieur, dont le chef de gouvernement est mondialement connu pour sa très grande moralité, trouve que la Suisse se comporte mal en mettant en danger les intérêts économiques de son pays. Car n'oublions pas que dernièrement, alors que la Suisse se débattait pour faire libérer ses otages, M. Berlusconi recevait le guide suprême libyen dans ses salons feutrés, lui tendant un stylo pour lui faire signer de beaux contrats. Et bien sûr pour récupérer le pétrole que la Libye ne livrait plus à la Suisse ! Il est évidemment clair dans ces conditions que la suspension des visas entre l'espace Schengen et la Libye est problématique pour son pays. Difficile de faire du commerce avec un état voyou quand on ne peut pas y mettre les pieds...

Et le ministre de rajouter que son pays est "prêt à aider la Suisse à résoudre une question bilatérale" mais pas au dépens de tous !!! Car oui, ce ministre n'a aucune honte à dire n'importe quoi ! Si l'Italie avait voulu jouer les négociateurs pour le compte de la Suisse, ça fait un an et demi qu'elle aurait pu le faire ! Mais non, à la place pendant le G20, Berlusconi et les autres convives européens invités, ont bien rigolé lorsque le Colonel parlait de démembrer la Suisse ! Croit-il que la Suisse l'ait oublié ? Certainement pas ! Nous savons désormais que ce gouvernement italien, tout comme plusieurs autres gouvernements européens, n'est pas l'ami de notre pays. Et franchement, ça va faire le plus grand bien à ce ministre, dont le chef de cabinet aime autant faire des courbettes aux dictateurs méditerranéens que passer ses week-ends avec des jeunes filles à peine mineures, d'apprendre que la Suisse n'a aucun compte à lui rendre. Nous sommes un état souverain qui, s'il a un problème billatéral avec un état tiers, prend les mesures qui lui conviennent sans en référer à ses voisins. Particulièrement si ces voisins n'ont pas une fois proposé leur aide pour résoudre ce conflit.

Bref, on voit que la stratégie de la Suisse est la bonne. En interdisant l'entrée en Suisse de ressortissants libyens au bénéfice d'un visa Schengen, notre gouvernement a provoqué une crise inattendue entre la Libye et l'Union Européenne. Et ainsi elle a enfin poussé les grands gouvernements européens à réagir. Maintenant, la balle est dans leur camp. S'ils souhaitent résoudre ce problème de visas, ils n'ont qu'à forcer Kadhafi à résoudre au plus vite son litige avec la Suisse. Car le seul responsable de cette situation, c'est lui. La Suisse n'a rien fait pour que tout cela se produise et elle n'a pas à faire quoi que ce soit de plus pour résoudre le conflit.

Et je suis sûr qu'ils vont enfin s'activer pour protéger leurs intérêts en danger. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai bon espoir que nos ressortissants rentrent prochainement dans leurs foyers. Alors j'espère que le Conseil Fédéral va tenir bon et ne pas céder aux pressions de nos voisins. S'il montre de la fermeté aujourd'hui, non seulement cela devrait permettre aux otages d'obtenir une prochaine libération, mais en plus le Conseil Fédéral parviendra à redorer son image sérieusement ternie ces derniers temps.

05/02/2010

Micheline Calmy Rey a simplement répondu honnètement

Que de bruit autour d'une petite parole de ministre. Une réponse à une question piège qui plus est. Mais finalement, elle n'a fait que répondre honnètement. Lui reprocher d'avoir dit ce qu'on ne veut pas entendre, c'est lui reprocher de ne pas avoir menti ! Car oui, du point de vue allemand, acheter les données volées, c'est absolument logique. Même si ça n'est pas très moral. En matière criminelle, on agit souvent de la sorte. Acheter des renseignements est une pratique courante lorsqu'il s'agit d'accumuler des preuves ou des témoignages concernant des délinquants ou criminels. Et l'impunité est souvent requise en faveur des petits délinquants quand il s'agit d'attraper de plus gros poissons. Regardez comment agissent les juges anti-mafia en Italie. Dans ce domaine, sans ces pratiques, il n'y aurait tout simplement pas d'enquête criminelle qui puisse se faire.

Cette parole de la ministre des affaires étrangères était sans doute destinée à calmer le jeu avec un pays qui est avant tout un ami et notre plus grand partenaire économique. Il s'agissait de ne pas jeter la pierre à un ministre des finances allemand qui finalement ne fait que son devoir. En effet, comment pourrait-il justifier auprès de la population allemande de ne pas avoir tout fait pour attraper des fraudeurs ? Le fait est que le système suisse est sur le fond peu défendable tant qu'il couvre du secret les actes de délinquants étrangers. Ou de délinquants suisses d'ailleurs. Certaines paroles de Peer Steinbrück étaient vraiment condamnables. Désormais on a affaire à autre style. Mais il faut que les Suisses sachent que le résultat est le même. La guerre que le fisc allemand livre à ses fraudeurs continuera à éclabousser notre pays. Alors plutôt que de se mettre à dos l'ensemble de la planète et à jouer ensuite les martyrs, nous devrions peut-être commencer à penser à réformer en profondeur notre système financier.

02/02/2010

La confiance n'est plus de ce monde (bancaire)

Après la France, qui en se procurant de manière illicite des fichiers de HSBC s'en est pris à toute la place financière genevoise qui risque de subir pour longtemps la perte de confiance de ses clients internationaux, c'est au tour de l'Allemagne de s'en prendre au secret bancaire suisse et probablement plutôt à la place financière zurichoise. On ne sait pas encore grand chose, ni la banque concernée, ni l'identité du futur-riche voleur, mais ce dont on est sûr, c'est que désormais, les banques vont être obligées de faire un grand nettoyage en leur sein, tant la confiance envers les employés doit avoir chuté. Il est vrai que la manière dont Hervé Falciani a réussi son coup, probablement contre rémunération, a dû aiguiser d'autres appétits. Et s'il s'avère que c'est bien une nouvelle affaire, et que cette fois c'est un frontalier allemand qui est concerné, alors il faudra que les banques suisses en tirent les conclusions qui s'imposent: faire signer une déclaraton de confidentialité n'est plus suffisant lorsque les états environnants sont prêts à payer des fortunes pour des informations.

La conséquence sera probablement un grand nettoyage aux postes qui peuvent avoir accès à des informations sensibles. On peut en effet se demander si une personne qui n'est pas de nationalité suisse peut encore être considérée comme fiable. Et encore. A ce niveau, personne ne peut plus être considéré comme fiable. Car pour quelques millions, beaucoup d'entre nous seraient prêts à s'expatrier en Allemagne, Suisses ou non ! Les données les plus sensibles ne devront donc plus être accessibles qu'à un nombre extrêmement réduit de personnes. Et elles devront être les plus fragmentaires possibles. C'est le seul moyen qui reste aux banques pour protéger plus ou moins efficacement leurs données. Et sans cela, pas possible de restaurer la confiance de la clientèle internationale.

L'autre solution serait d'accepter la défaite. Nous nous plions au diktat de nos grands voisins et acceptons de mettre fin à notre secret bancaire. Nous pourrions laisser par exemple quelques mois aux clients qui ne sont pas en règle pour se mettre en accord avec les législations de leurs pays ou, plus probablement, pour expatrier leurs fonds à Panama, Dubaï ou à la Barbade. Ce qui en tout cas est sûr, c'est que nous ne pouvons plus accepter un statut quo qui met des clients qui avaient confiance en nos institutions dans une position délicate. Car je pense que sans secret bancaire, notre place financière aurait plus d'atouts qu'avec un secret bancaire aussi bancal qu'aujourd'hui et dans lequel bientôt plus personne dans le monde ne fera confiance.

31/10/2009

A quel point êtes-vous responsables de la pollution ?

Vous le savez, chaque jour, lorsque vous prenez votre voiture, lorsque vous allumez votre machine à laver ou même lorsque vous répondez à un appel sur votre téléphone mobile, vous polluez. C'est un fait incontestable. Mais dans quelle proportion ? Ça on vous le dit rarement. Actuellement, on parle souvent d' "empreinte carbone" en cherchant à faire croire que la pollution, c'est le CO2. Or parmi toutes les émissions dont l'homme est responsable, il n'y en a qu'une qui ne puisse en aucun cas être définie comme de la pollution, c'est le CO2 ! (voir ce précédent billet pour plus d'explications) On dira sans doute que c'est pareil car lorsqu'on dégage du CO2, on dégage aussi d'autres substances beaucoup plus nocives. Et bien ça n'est pas totalement vrai.

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