16/11/2009

Le Conseil d'Etat qu'on attendait

Oui, cette élection d'hier ne nous aura apporté aucune surprise. Comme on pouvait s'y attendre, le MCG n'a pas fait son entrée au Conseil d'Etat. Comme on pouvait s'y attendre, la droite reprend la majorité au détriment des Socialistes en déroute. Comme on pouvait s'y attendre, c'est Véronique Pürro qui en fait les frais. Et comme on pouvait s'y attendre, les cinq sortants passent la rampe sans trop de difficultés. Finalement, un scrutin majoritaire, où les coalitions préfèrent ne pas présenter trop de candidats de peur de faire de l'ombre à leurs sortants, c'est vraiment peu enthousiasmant. On aimerait un peu plus de confrontation. On aimerait des coalitions gouvernementales qui présentent chacune 5 ou 6 candidats, pour avoir vraiment le choix. Bref, on aimerait pouvoir faire mieux que réélir les sortants faute de mieux. Certes, on a eu un taux de participation record, mais tout de même, 46% ça n'est pas très glorieux. Et ce genre d'élections où on n'a finalement le choix qu'entre 8 candidats sérieux pour 7 places ne va pas aider à plus intéresser la population !

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03/11/2009

Ils sont où les ténors ?

Et où sont les sopranos ? On a bien les cinq sortants, d'accord. Mais en dehors d'eux, quel ténor de la politique genevoise a choisi de s'engager pour entrer dans ce Conseil d'Etat ? Oui c'est vrai, il y a Eric Stauffer, Mauro Poggia et Yves Nidegger. Ce qui veut dire que si on veut voter à la droite de la droite, on n'a que l'embarras du choix. Mais en dehors de ça ? Je ne parle même pas des Communistes, mais plutôt des partis gouvernementaux "traditionnels".

Chez les Socialistes, il y avait bien Manuel Tornare qui était prêt à s'engager. Personnellement, je ne nourris pas un amour imodéré pour le personnage, mais il faut reconnaître qu'il jouit d'une bonne quotte de popularité à Genève. Mais voilà, le parti socialiste est un parti dogmatique. Et leur dogmatisme leur a imposé de choisir une femme, même si aucune bonne candidate ne se présentait. Avoir préféré Véronique Pürro à Manuel Tornare pour le représenter, pourrait bien valoir au parti socialiste de ne plus être représenté que par un seul Conseiller d'Etat durant les 4 prochaines années. Car qui voudrait d'une squatteuse à la tête du canton ?

Quant à Michèle Künzler, elle fait à peine mieux. Je doute beaucoup de sa capacité à convaincre les Genevois. Et à droite, Isabel Rochat peine tout autant à imposer sa personnalité. On le voit, trois partis ont choisi de proposer une femme. C'est une bonne chose, mais n'y a-t-il aucune femme genevoise capable de gagner une élection ? N'y a-t-il aucune femme jouissant d'une popularité suffisante pour que son nom s'impose de lui-même ? Car les Genevois ne sont pas idiots et n'éliront pas de femmes si aucune femme ne semble à même de remplir les plus hautes fonctions. Le résultat pourrait bien être un second tour dont seuls seraient exclus les cinq sortants.

Ou peut-être même pas tous. Et à ce second tour, participeront probablement aussi les deux candidats MCG. Je ne pense bien sûr pas qu'ils aient des chances réelles. Car ils ont déjà pratiquement fait le plein de voix. Il n'y a guère que du côté de l'UDC que le MCG pourrait recueillir des voix pour le second tour. En tout, ils ne devraient pas pouvoir dépasser les vingt pourcent. Mais tout de même. Le risque pris par les partis gouvernementaux en ne présentant, pour remplacer les sortants qui ne se représentent plus, que des candidates de valeur assez discutable, nous fait prendre un risque totalement inutile. Alors les ténors et les sopranos, la charge de Conseiller d'Etat vous fait si peur que ça ? C'est vrai que diriger un canton comme Genève, ça n'est pas simple. Mais il y a des défis passionnants pour notre avenir en suspens. Il faudra bien un jour que des personnes compétentes s'y atellent...

25/10/2009

Les extrémistes de gauche les plus bêtes du monde

Oui nous avons bien les extrémistes de gauche les plus bêtes du monde. Et ça n'est pas peu dire quand on voit les autres ! Déjà qu'ils ont fait pour la seconde fois une bourde monumentale en partant en ordre dispersé pour l'élection au Grand Conseil. Ils  payeront ainsi leur idiotie par quatre nouvelles années d'absence du législatif genevois. Mais le pire, ils nous le réservaient encore ! Voilà que les Communistes présentent trois candidats pour le Conseil d'Etat !

Je ne parle même pas de l'étrangeté de présenter trois candidats alors qu'il est évident que pas un seul d'entre eux ne figurera au rang des élus. N'auraient-ils pas pu se mettre d'accord sur le nom d'un candidat ? Ne sont-ils donc pas capables de laisser leur place à un camarade de parti ? Je les trouve vraiment affligeants... Mais finalement le plus affligeant, ça reste le manque de réalisme politique de ces gens. Incapables de s'apercevoir que leur candidature n'a pas une chance, ils vont juste réussir à prendre des voix à la gauche modérée et ainsi réduire la capacité de la gauche à se faire élire au Conseil d'Etat !

Ca n'est pas que ça me dérangerait vraiment. Si l'abominable Beer pouvait quitter ce Conseil d'Etat, j'en serais le premier heureux. (bien que j'en doute très fort) Mais le problème, c'est que le MCG n'attend qu'un faux pas de la gauche pour réussir son entrée dans l'exécutif ! En effet, avant que les Communistes ne présentent leurs candidats, on pouvait raisonnablement penser que Eric Stauffer et Mario Poggia n'avaient aucune chance. Désormais, on peut vraiment craindre qu'ils parviennent à prendre un à deux sièges à la gauche...

Bref, si vous êtes de gauche, je n'ai qu'un conseil à vous donner: votez réaliste ! Ne donnez pas votre voix aux Communistes, mais choisissez un bulletin de la gauche modérée. Vous pouvez éventuellement panacher votre liste avec les noms communistes, mais dans tous les cas, ça ne servira à rien car ils ne seront pas élus ! Le mieux serait d'ajouter des noms de droite... Car le plus important finalement, c'est que les candidats du MCG ne soient pas élus. Pour ma part, je choisirai une liste de l'Entente que je panacherai avec trois noms de gauche. C'est en groupant les forces qu'on empêchera le MCG d'entrer au Conseil d'Etat !

16/09/2009

La concordance est sauvée !

Ainsi, et comme on pouvait s'y attendre, l'Assemblée Fédérale a joué la seule carte capable de sauver la politique de concordance tellement chère à notre coeur. En effet, une élection de Christian Lüscher paraissait tout de même hautement improbable, surtout compte tenu de sa position vis-à-vis de la Lybie, et seul Didier Burkhalter semblait véritablement en mesure de sauver ce siège qui revient légitimement au PLR compte tenu de la répartition des sièges au parlement. Et une élection d'Urs Schwaller aurait non seulement définitivement mis fin à la représentativité des partis tellement mise à mal ces dernières années, mais elle aurait aussi creusé la tombe de la représentativité des communautés. Car franchement, on a beau dire qu'il est fribourgeois, comment imaginer que la Suisse romande puisse se sentir représentée par un Conseiller Fédéral se prénommant Urs ?

Toutefois, un jour ou l'autre, la question devra être posée. Le Conseil Fédéral peut-il encore aujourd'hui travailler dans la concordance ? Entre une gauche et une extrême-droite qui cherchent à tout bout de champ à torpiller les travaux du CF, y a-t-il encore de la place pour des Conseillers Fédéraux provenant de toutes les principales forces du pays et travaillant de concert ? Je pense qu'il sera en tout cas difficile d'éluder cette importante question lors des prochaines élections fédérales. En 2011, quoi qu'il arrive, nous allons nous retrouver avec un Conseil Fédéral peu représentatif du vote citoyen, tant il est vrai que Mme Widmer-Schlumpf représente une part infime de l'électorat. Et cela même si elle est très appréciée. Et évidemment, le maintien du Conseil Fédéral actuel ne satisfera pratiquement personne. Dans ces conditions, les attaques vont fuser.  Du côté de l'UDC bien sûr, mais sûrement aussi du côté du PDC, et pourquoi pas des Verts. Son siège ne devrait pas y survivre. A moins que...

A moins que le parlement décide cette fois de faire voler la concordance en éclats et fasse évoluer notre gouvernement vers un gouvernement de coalition. Je ne pense pas que légalement, la Constitution l'en empêche en tout cas. Ca aurait pour effet de rejeter une part importante de cette Assemblée Fédérale dans l'opposition. Mais ça aurait au moins le mérite d'être clair. Car aujourd'hui, on voit deux formations politiques jouer le double jeu du gouvernement et de l'opposition. Les socialistes et l'UDC n'ont en effet de cesse de fustiger un gouvernement dont ils font pourtant partie.

Mais quelle coalition pourrait prendre le pouvoir dans notre pays ? Cela dépendrait bien sûr grandement du résultat des prochaines élections. Ce qui est sûr, c'est qu'une coalition formée par le seul centre-droit est totalement impossible. Au mieux resterait-il uni et fleurterait-il du côté gauche ou du côté droit de l'hémicycle. Au pire, se scindrait-il en deux pour que chaque partie fleurte du côté de ses préférence. Et si nous assistions en 2011 à la confrontation entre une coalition de gauche formée des Socialistes, du PDC, du PBD, des Verts, des Verts Libéraux, des Evangelistes et de différents groupes d'extrême-gauche et une coalition de droite formée du PRL, de l'UDC et d'autres formations d'extrême-droite ? Cela pourrait en tout cas faire figure de scénario catastrophe, car dans ce cas on serait à peu près assuré que la coalition gagnante ne représenterait qu'un tout petit peu plus de la moitié de l'électorat.

Sinon, peut-on imaginer que le centre-droit et la gauche éjecte totalement l'UDC du Conseil Fédéral ? C'est assez peu probable. Mais dans tous les cas, il faudra se poser la question du second siège UDC. Ce parti ne se contentera pas d'un seul siège et il sortira probablement du Conseil Fédéral si on ne lui offre pas la tête d'Eveline Widmer-Schlumpf. Et cela même si le PDC et le PBD décident de fusionner comme ça avait été évoqué. Cela pourrait en effet justifier le maintien du siège de la Conseillère Fédérale, mais en aucun cas, justifier que l'UDC ne dispose que d'un seul siège. Dans ce cas, qui d'autre pourrait donner le sien ? Et qui choisir pour compléter le collège fédéral ? Hans Fehr ? Toni Brunner ? Veut-on vraiment de ces hommes au sein du Conseil Fédéral ? Le choix risque d'être cornélien et pourrait bien aboutir à un nouveau retrait de l'UDC du gouvernement si le parlement décide de ne rien décider. Et c'est ainsi que notre pays pourrait  se retrouver piloté par un gouvernement de coalition avec au sein du parlement, une forte opposition venant de l'UDC. L'exception helvétique prendrait alors fin...

29/08/2009

Qui veut de ma voix ?

Oyez oyez braves gens ! Sachez que ma voix est disponible ! Je peine à trouver un parti qui soit capable de me représenter et j'attends donc des propositions. Mes préférences iront à un parti :

  • Qui ne fait pas passer l'économie avant l'honneur. Notre pays a une tradition séculaire d'aide humanitaire, de respect des droits de l'Homme et de démocratie participative. Nos relations internationales doivent être dominées par la promotion de ces valeurs. C'est à ce seul prix que nous regagnerons la considération de nos partenaires. Ce point concerne bien sûr plus la politique fédérale, mais j'aurais de la peine à voter pour un parti qui ne respecte pas nos valeurs fondamentales.
  • Qui malgré tout ne dénigre pas l'économie. L'économie mondialisé a connu quelques dérives ces dernières années. Mais ça n'est pas pour autant qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain. Le système capitaliste n'est pas parfait, mais c'est encore le moins mauvais système qui ait été inventé jusqu'ici. Plus de contrôle des marchés d'accord. Mais l'abandon de notre système pour un système d'économie planifiée, jamais !
  • Qui est prêt à s'engager pour une Genève qui avance. La promotion économique a bien fonctionné ces dernières années. Mais la construction et le transport n'ont pas suivi au même rythme. Il est désormais primordial pour notre avenir de développer notre agglomération, non pas à l'extérieur de ses frontières comme ça a été fait jusqu'à aujourd'hui, mais bien à l'intérieur des frontières cantonales. De plus, les transports doivent assurer une meilleure desserte de l'ensemble de l'agglomération, y compris de sa partie française. Cela signifie en particulier :
  • Qui s'engage pour le développement rapide du PAV.
  • Qui s'engage pour la construction rapide d'une traversée de la rade.
  • Qui s'engage pour la construction rapide du CEVA et des ses compléments.
  • Et cerise sur le gâteau : qui est prêt à abandonner la vision étriquée de la 3ème voie CFF et qui saura s'engager pour un véritable projet d'avenir pour toute la région. Il ne devra pas hésiter à partir à Berne au côté d'élus d'autres cantons romands pour s'assurer qu'un projet de cet ordre fasse partie de la prochaine étape de Rail 2000.

Malheureusement, nos partis sont plus occupés à s'entredéchirer sur les moindres détails qu'à se lancer dans un véritable développement armonieux de notre canton. Alors finalement, je n'ai encore trouvé aucun parti qui se dise prêt à défendre ma vision. Alors quel choix vais-je devoir faire ? Le panachage ? Le choix du "moins pire" ? Existe-t-il un parti qui partage plus ou moins mes vues ?