24/10/2009

Le problème ce n'est pas l'affiche, c'est l'initiative !

J'ai bien hésité à participer à cette vague d'indignation contre l'affiche de l'UDC, car en parler c'est en faire la publicité ! Et les interdire comme l'ont fait de nombreuses communes, c'est paradoxalement offrir une tribune inespérée aux défenseurs de l'initiative. D'ailleurs, je me demande quelle base légale permet à ces communes de bafouer un droit politique basique à un groupement, celui de défendre ses positions politiques. Car finalement, qu'est-ce qu'on attendait d'autre ? Des affiches bien gentillettes qui exposent de manière posée les arguments des initiants ? Et bien croire cela est parfaitement absurde. Car l'initiative contre les minarets est une initiative haineuse ! Et on ne peut pas défendre une initiative haineuse avec autre chose que des affiches haineuses !

Car le problème finalement, ça n'est pas de savoir si l'affiche du comité d'initiative est haineuse. Mais le vrai problème c'est de comprendre pourquoi l'Assemblée Fédérale a accepté qu'une initiative allant clairement à l'encontre des valeurs constitutionnelles de notre société aille en votation ! Et aussi pourquoi le Tribunal Fédéral n'a pas invalidé la décision de l'Assemblée Fédérale. La liberté religieuses est un fondement constitutionnel. Le respect des minorités aussi. Alors accepter d'envoyer tout le peuple voter sur cette initiative, c'est nier les fondements de notre société ! C'est accepter de prendre le risque que le peuple accepte une initiative contraire aux droits de l'Homme.

Et finalement, c'est là que réside le problème. Si cette initiative passait, elle ne pourrait qu'être déclarée illégale. Si ça ne devait pas être par le Tribunal Fédéral, ça le serait forcément par la Cour Européenne des Droits de l'Homme à laquelle le Tribunal Fédéral est assujetti. Alors pourquoi déplacer toute la population pour voter sur une interdiction qui n'entrera jamais en vigueur ? Si vous avez l'intention de voter pour cette initiative, je vous l'annonce donc : jamais les minarets ne seront interdits en Suisse ! Pas tant que la Suisse est signataire de la Convention Européenne des Droits de l'Homme en tout cas ! Ceux qui vous font croire que votre voix à la moindre valeur vous ont menti ! Dans quel but ? J'avoue que je ne le comprends pas...

Bon et finalement, ces histoires d'affiches sont parfaitement idiotes. Je suis certain que la population de ce pays est suffisamment mature pour ne pas se forger son opinion sur une image aussi haineuse soit-elle. Et s'il faut lutter contre cette affiche, ça doit être avec une attitude positive et constructive. En proposant des contre-arguments à l'image de la Coordination Genevoise contre l'Exclusion et la Xénophobie qui propose cette excellente affiche : (cliquez dessus pour agrandir)

affiche contre initiative minarets.jpg

20/10/2009

Et si on cessait l'angélisme ?

Oui, car comme on peut le lire dans le Matin aujourd'hui, la politique actuelle du Conseil Fédéral peut amener nos otages à poser leurs valises (qu'ils n'ont plus) en Libye encore huit années supplémentaires, à l'instar des infirmières bulgares !

On ne négocie pas avec la Lybie comme on le fait avec la France ou l'Allemagne. (et même là on ne peut pas dire que nous soyons très doués...) Lorsqu'on sort d'Europe ou d'Occident, les mentalités changent. Pour ma part, j'ai pas mal voyagé professionnellement et j'ai pu constater à quel point la notion de partenariat qui nous est chère, est une notion purement occidentale ! La plupart des cultures considèrent une négociation comme un rapport de force, dans lequel on se doit d'obtenir le maximum de son adversaire. Dans ces conditions, il est évident qu'on ne doit rien lâcher "dans le but d'obtenir", mais qu'on doit avoir un accord préalable. Ce que le Président Merz a fait est donc une grosse erreur et les otages en payent aujourd'hui le prix.

Dans une négociation, il faut donc s'assurer de posséder quelque chose que son adversaire convoite. Pour l'instant ça n'est pas le cas. La Suisse a abattu toutes ses cartes d'emblée et la Libye n'a rien à gagner en échange des otages. Dans ces conditions, le clan Kadhafi ne voit aucune raison d'honorer ses promesses. Cette façon de procéder heurte profondément notre sens de la justice, mais elle est normal pour beaucoup de cultures. Donc, maintenant qu'il est clair que la Lybie ne respectera pas ses engagements, il faut immédiatement durcir la position suisse. Ce qui signifie en particulier :

- Cesser tout échange économique avec la Libye. L'Algérie nous avait fait la proposition de remplacer le brut libyen par le sien. Il est temps d'accepter cette proposition. Et si Tamoil Suisse refuse d'importer ce brut algérien, il faut placer l'entreprise sous administration fédérale temporaire, pour raison stratégique évidente.

- Bloquer immédiatement tous les comptes de la famille Kadhafi, pour autant qu'il en reste. (ceci aurait dû être fait il y a un an au moins...)

- Annuler tous les visas et tous les permis de travail accordés à des Libyens. Seules les personnes bénéficiant d'un statut de réfugiés ou de requérants, ainsi que le personnel diplomatique peuvent rester en Suisse.

- Bloquer l'accord signé en août, compte tenu du non-respect des conditions par la partie adverse.

Une fois ces conditions remplies, nous devons exiger de rencontrer les otages et savoir où ils se trouvent. Si nécessaire, nous pouvons demander à un pays tiers (la France ou l'Italie puisque, apparemment, ils nourrissent de bien meilleures relations avec ce pays que nous...) de servir d'intermédiaire pour faire connaître nos exigences à la Libye.

Je pense qu'un retour rapide des otages est à ce prix. Mais bien sûr, il faut être prêts à perdre des plumes sur le plan économique. Notre pays est-il prêt à faire cela ? Je l'espère, car si nous faisons passer la vie de deux personnes après notre approvisionnement en pétrole libyen, ça veut dire que notre pays n'a aucune morale. J'aurais donc vraiment honte de ce qu'est devenu notre pays...

20/09/2009

Bienvenue M. Medvedev !

En Europe, le Président russe Medvedev ainsi que le Premier Ministre Poutine ont plutôt mauvaise presse. Ils sont régulièrement accusés de fascisme dans nos journaux, que ça soit dans leur politique intérieure ou dans leurs relations internationales. Mais il faut voir que sur le plan intérieur, ils font face à une corruption et une mafia dont nous n'avons que très peu idée. S'ils veulent mettre de l'ordre dans leurs institutions, il faut y mettre beaucoup de moyens policiers. Et la démocratie en souffrira forcément. Quant aux manoeuvre politiques qui ont permis à Poutine de rester plus ou moins au pouvoir, elles ne sont pas si éloignées de celles que pratiquent certains de nos voisins. En particulier l'Italie, où Berlusconi semble s'accrocher au pouvoir depuis des lustres.

Au Sud de ce grand pays, des fondamentalistes musulmans tentent de faire la loi. Là aussi, lorsqu'on reproche leurs errements, bien réels, aux Russes ils faut aussi tenir compte de ce fait. C'est vrai que la Tchétchenie est tenue d'une main de fer. C'est vrai qu'il faudra qu'ils trouvent un jour une solution. Mais se rappelle-t-on de ces prises d'otage meurtrières auxquelles ils ont dû faire face il y a quelques années ? La menace intégriste, ils savent ce que c'est. Et ils ont des raisons de se sentir plus menacés que nous.

Et que dire de la politique de l'ancien Président américain, qui par son expansionnisme tentait d'entrer très profondément dans la sphère d'influence de la Russie ? L'Ukraine et la Georgie en particulier sont des Etats qui par le passé faisaient partie de l'Empire soviétique. Il est forcément difficile pour les russes d'imaginer ces deux pays faire partie de l'OTAN. Et c'est la raison de leur actuelle mauvaise entente avec la Russie. Dans le cas de la Georgie, "mauvaise entente" c'est même un euphémisme. Ces pays ont bien sûr droit à l'autodétermination. Mais pour éviter que cette entrée dans l'OTAN s'accompagne d'une trop grande perte d'influence régionale pour la Russie, ne devrait-on pas associer la Russie à cette organisation ? On peut même aller plus loin : depuis la dissolution du Pacte de Varsovie, cette organisation a-t-elle encore un sens ? Ne faudrait-il pas la fondre dans une alliance militaire plus globale, mieux adaptée aux menaces actuelles ? En particulier, les mêmes menaces que celles que connaissent l'Europe ou l'Amérique du Nord pèsent aussi sur la Russie ou le Japon. Et quand on a des intérêts communs, il est préférable de s'allier.

Quant au bouclier anti-missiles, il est vrai que les gesticulations des Russes pouvaient étonner. Il ne s'agit que d'une arme défensive, et ils ne peuvent se sentir menacée par elle que s'ils voient leur propre arsenal militaire comme une défense contre celui de l'OTAN. Il faut donc croire que c'est bien ce qu'ils pensent. Alors le problème n'est pas le bouclier anti-missiles, mais bien la menace que représente l'OTAN dans leur esprit. Si M. Obama veut relancer ses relations avec la Russie, il faudra donc crever cet apcès. La solution n'est pas d'abandonner le bouclier anti-missiles comme il l'a annoncé cette semaine, mais bien d'intégrer la Russie dans ce bouclier. Pour lui prouver que la Russie n'est pas considérée comme une menace et pour prouver en même temps que l'OTAN peut aussi protéger la Russie. D'autant que la menace, qu'elle soit iranienne ou nord-coréenne, est elle bien réelle. Il ne faut pas baisser la garde et montrer de la fermeté à ces deux pays.

Bref, demain et après-demain, notre pays reçoit en grandes pompes ce Président russe si peu aprécié par nos médias. Les droits de l'Homme et la démocratie seront sûrement abordés. Mais le principal sujet de discussion sera sans doute économique. Va-t-on importer du pétrole russe pour remplacer celui des Kadhafi ? Va-t-on importer du gaz russe à la place de celui de l'Iran ? L'avantage en tout cas, c'est que Medvedev n'imposera pas à Micheline Calmy-Rey de porter le voile pendant leurs discussions ! Et bien sûr, la Russie est déjà un partenaire financier important pour nos banques. Un accord de double-imposition serait donc le bienvenu.

Je pense donc que nous devons accueillir comme il se doit le Président de ce grand pays qui nous fait l'honneur de sa visite. Pour montrer ses bonnes intentions, il s'est fait précéder de deux beaux oursons pour remplir notre fosse aux Ours si vide aujourd'hui. C'est à prendre comme un cadeau destiné à montrer ses bonnes intentions, comme la diplomatie en faisait beaucoup par le passé. Et je suis sûr que sa visite débouchera sur une grande amélioration de nos relations billatérales. Un accord de libre échange n'est d'ailleurs pas exclu. Et par les temps qui courent, avoir de bonnes relation avec un grand état est suffisamment rare pour être souligné. Je dis donc bienvenue à M. Medvedev, et j'espère que mes compatriotes ne vont pas lui réserver un accueil trop glacial. S'il se sent bien dans notre pays, si en particulier on ne lui prépare pas des manifestations dans chaque lieu où il passera, il pourrait être bien plus enclin à améliorer les relations entre nos deux pays.

 

16/09/2009

La concordance est sauvée !

Ainsi, et comme on pouvait s'y attendre, l'Assemblée Fédérale a joué la seule carte capable de sauver la politique de concordance tellement chère à notre coeur. En effet, une élection de Christian Lüscher paraissait tout de même hautement improbable, surtout compte tenu de sa position vis-à-vis de la Lybie, et seul Didier Burkhalter semblait véritablement en mesure de sauver ce siège qui revient légitimement au PLR compte tenu de la répartition des sièges au parlement. Et une élection d'Urs Schwaller aurait non seulement définitivement mis fin à la représentativité des partis tellement mise à mal ces dernières années, mais elle aurait aussi creusé la tombe de la représentativité des communautés. Car franchement, on a beau dire qu'il est fribourgeois, comment imaginer que la Suisse romande puisse se sentir représentée par un Conseiller Fédéral se prénommant Urs ?

Toutefois, un jour ou l'autre, la question devra être posée. Le Conseil Fédéral peut-il encore aujourd'hui travailler dans la concordance ? Entre une gauche et une extrême-droite qui cherchent à tout bout de champ à torpiller les travaux du CF, y a-t-il encore de la place pour des Conseillers Fédéraux provenant de toutes les principales forces du pays et travaillant de concert ? Je pense qu'il sera en tout cas difficile d'éluder cette importante question lors des prochaines élections fédérales. En 2011, quoi qu'il arrive, nous allons nous retrouver avec un Conseil Fédéral peu représentatif du vote citoyen, tant il est vrai que Mme Widmer-Schlumpf représente une part infime de l'électorat. Et cela même si elle est très appréciée. Et évidemment, le maintien du Conseil Fédéral actuel ne satisfera pratiquement personne. Dans ces conditions, les attaques vont fuser.  Du côté de l'UDC bien sûr, mais sûrement aussi du côté du PDC, et pourquoi pas des Verts. Son siège ne devrait pas y survivre. A moins que...

A moins que le parlement décide cette fois de faire voler la concordance en éclats et fasse évoluer notre gouvernement vers un gouvernement de coalition. Je ne pense pas que légalement, la Constitution l'en empêche en tout cas. Ca aurait pour effet de rejeter une part importante de cette Assemblée Fédérale dans l'opposition. Mais ça aurait au moins le mérite d'être clair. Car aujourd'hui, on voit deux formations politiques jouer le double jeu du gouvernement et de l'opposition. Les socialistes et l'UDC n'ont en effet de cesse de fustiger un gouvernement dont ils font pourtant partie.

Mais quelle coalition pourrait prendre le pouvoir dans notre pays ? Cela dépendrait bien sûr grandement du résultat des prochaines élections. Ce qui est sûr, c'est qu'une coalition formée par le seul centre-droit est totalement impossible. Au mieux resterait-il uni et fleurterait-il du côté gauche ou du côté droit de l'hémicycle. Au pire, se scindrait-il en deux pour que chaque partie fleurte du côté de ses préférence. Et si nous assistions en 2011 à la confrontation entre une coalition de gauche formée des Socialistes, du PDC, du PBD, des Verts, des Verts Libéraux, des Evangelistes et de différents groupes d'extrême-gauche et une coalition de droite formée du PRL, de l'UDC et d'autres formations d'extrême-droite ? Cela pourrait en tout cas faire figure de scénario catastrophe, car dans ce cas on serait à peu près assuré que la coalition gagnante ne représenterait qu'un tout petit peu plus de la moitié de l'électorat.

Sinon, peut-on imaginer que le centre-droit et la gauche éjecte totalement l'UDC du Conseil Fédéral ? C'est assez peu probable. Mais dans tous les cas, il faudra se poser la question du second siège UDC. Ce parti ne se contentera pas d'un seul siège et il sortira probablement du Conseil Fédéral si on ne lui offre pas la tête d'Eveline Widmer-Schlumpf. Et cela même si le PDC et le PBD décident de fusionner comme ça avait été évoqué. Cela pourrait en effet justifier le maintien du siège de la Conseillère Fédérale, mais en aucun cas, justifier que l'UDC ne dispose que d'un seul siège. Dans ce cas, qui d'autre pourrait donner le sien ? Et qui choisir pour compléter le collège fédéral ? Hans Fehr ? Toni Brunner ? Veut-on vraiment de ces hommes au sein du Conseil Fédéral ? Le choix risque d'être cornélien et pourrait bien aboutir à un nouveau retrait de l'UDC du gouvernement si le parlement décide de ne rien décider. Et c'est ainsi que notre pays pourrait  se retrouver piloté par un gouvernement de coalition avec au sein du parlement, une forte opposition venant de l'UDC. L'exception helvétique prendrait alors fin...

12/09/2009

Nouvel avion de combat, un luxe inutile ?

Pascal Holenweg met en doute sur son blog l'utilité d'un avion de combat et plaide bien sûr pour l'initiative du GSSA. Il semble que pour lui et pour le GSSA, aucune menace ne plane sur nos têtes. (c'est le cas de le dire!) Et bien si je suis d'accord avec lui sur le fait qu'on ne risque pas trop de voir un grand combat de chars dans notre pays durant les 10 ou 20 prochaines années, il y a tout de même un domaine qui mérite que nous conservions toute notre vigilance, il s'agit de la défense de l'espace aérien.

En effet, les attentats du 11 septembre 2001 ont montré à quel point une attaque peut facilement être menée contre un pays pourtant lourdement armé. L'analyse de la manière dont l'alerte a été lancée et la réaction qu'elle a produite montre que les USA n'avaient pas la vigilance nécessaire ce jour là. Au moins le second crash sur le World Trade Center et celui sur le Pentagone auraient dû être évités. Or aucun appareil n'était à même d'intercepter les avions avec lesquels le contact avait été rompu.

La seule manière d'être prêt à répondre à toute attaque subite contre notre pays est de conserver une capacité non amoindrie de réaction face aux évènements inattendus qui peuvent se produire. Notre vigilance doit rester totale à tout instant. Et pour cela, il est clair que nos F/A-18, répartis en 3 escadrilles seulement, ne sont pas suffisants. Il n'est en effet pas possible de s'assurer qu'une partie de nos F/A-18 soient en permanence capable de réagir à une attaque surprise, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

800px-Axalp_F-5E_Patrouille_Suisse.jpgPour comprendre que l'achat de ces avions n'a rien d'exagéré, il faut connaître quelques faits:

En 1995, pour remplacer ses mirages III, la Suisse a acheté 26 F/A-18C (monoplace) et 8 F/A-18D (biplace). Un de ces appareils ayant été perdu dans un accident, 33 restent en service aujourd'hui. Ils sont entrés en service dès 1996, il y a donc déjà 13 ans. Les premiers Mirages reçus par l'aviation suisse datant de 1962, ce vénérable avion avait alors 34 ans de bons et loyaux services. Sur les 57 avions commandés à l'origine, 10 avaient toutefois été perdus dans des accidents durant ces longues années de service. 47 restaient donc en activité lors de leur mise à la retraite. A noter tout de même que la mise hors service des Mirages suivait de peu celle des 43 derniers Hunters en 1994, qui dans le cadre de la réforme Armée 95 n'ont pas été remplacés. La technologie de l'avionique compensant largement la baisse du nombre d'avions, on peut toutefois considérer que la capacité de la Suisse à défendre son espace aérien n'a en rien été amoindrie.

L'autre avion de combat que possède encore l'armée suisse est le F-5E Tiger II ainsi que le F5-F Tiger II. (version biplace destiné principalement à l'instruction) Les premiers avions ayant été livrés en 1978, les plus anciens de ces avions ont donc aujourd'hui 31 ans. En tout, McDonnell Douglas avait livré 98 F-5E et 12 F-5F pour un total de 110 appareils. Près de la moitié d'entre eux sont encore en service aujourd'hui, les besoins ayant été revus à la baisse avec la fin de la guerre froide et une partie d'entre eux ont été revendus. Et 7 appareils ont également été perdus dans divers accidents. C'est finalement 54 avions de technologie dépassée et en fin de vie qui sont appelés à être remplacés par des avions de nouvelle génération. Le nombre de nouveaux appareils qui devraient être commandés à terme n'est pas confirmé à ma connaissance, (j'ai entendu parler de 22 seulement...) mais il est quasiment certain que leur nombre sera bien inférieur à celui des Tigers.

swisstxt20080107_8599163_0.jpgBref, on voit que les forces aériennes ont déjà fait une grande cure d'amaigrissement ces dernières années, passant de près de 200 avions à la fin de la guerre froide à moins de 80 aujourd'hui et probablement encore moins dans quelques années. Mais il ne faudrait pas descendre en dessous d'un seuil critique. La stratégie du saucissonnage du GSSA, visant à réduire tellement les capacités de l'armée qu'on finira par conclure à son incapacité à remplir sa mission, est uniquement destinée à provoquer la suppression de l'armée à terme. Ils prétendent savoir de quel matériel a besoin l'armée. Et pourtant, ils basent leurs affirmations sur d'obscures études émanent de sources non moins obscures. Et si on laissait les professionnels proposer un vrai plan pour le remplacement des F-5E plutôt que d'attaquer systématiquement leur travail ? Si le GSSA pense qu'on doit supprimer l'armée, qu'il lance une nouvelle initiative allant dans ce sens. Mais tant que nous avons une armée, il faut au moins qu'en cas de besoin elle ait une chance de remplir sa mission. Donnons-lui en donc les moyens !

 

08/09/2009

Le droit de la mer et la piraterie

Aujourd'hui, le Conseil des États a voté favorablement à une intervention d'une trentaine d'hommes dans le Golfe d'Aden, en soutient de l'opération internationale Atalante, visant à maintenir ouverte l'une des voies maritimes les plus importantes du monde. L'enjeu est particulièrement crucial si l'on pense qu'en cas de fermeture de cette voie, c'est le canal de Suez qui serait lui aussi fermé. Et tout comme les autres pays européens, nous dépendons beaucoup de l'existence de ce canal. Malgré tout, cela fait bien sûr débat, mais finalement, la Suisse a-t-elle le choix ? Elle est signataire de la convention du droit de la mer, la version moderne de l'un des plus anciens traités internationaux, et à ce titre elle est tenue d'en appliquer les termes.

Lire la suite

06/09/2009

Au moins en sport, ça va...

C'est vrai, la Suisse est déshonorée. C'est vrai, un petit tyran méditerrannéen nous mène la vie dure. C'est vrai nous désespérons de voir rentrer prochainement les otages. Mais bon, est-ce que la Lybie a un grand champion de Tennis qui bat tous les records ? Est-ce qu'elle a un champion cycliste capable de gagner des étapes de grands tours ? Et est-ce que son équipe de foot est bien placée pour aller en Afrique du Sud l'année prochaine ? Est-ce qu'un bateau lybien va pour la seconde fois défendre la coupe de l'America ?

La réponse à ces quatre questions est NON !

Car ce sont bien des Suisses qui réalisent des prouesses sportives en ce moment ! Alors merci messieurs de nous rendre notre fierté et de nous mettre du baume au coeur durant ces temps difficiles !

Alors disons bonne chance à la Nati ! Bravo pour le match de ce soir superbement gagné contre une équipe de Grèce qui en a déjà piégé plus d'un. Et on sera tous derrière vous jusqu'à l'Afrique du Sud !

Bravo à Roger pour cette victoire contre Lleyton Hewitt et bonne chance pour cet US Open ! Un troisième titre en Grand Chelem cette année serait vraiment fabuleux. Et pourquoi pas, un quatrième d'affilée avec l'Australie cette hiver ? En tout cas nous croyons tous en toi pour réaliser un tel exploit qui serait une nouvelle grande première dans l'histoire du tennis pour toi !

Bravo à Fabian Cancellara qui remporte une nouvelle victoire en contre la montre au tour d'Espagne, après un tour de France très réussi !

Et finalement, bonne chance à Alinghi qui va défendre le plus vieux trophée du monde pour la deuxième fois consécutive en février prochain ! Certes, nous en avons tous assez que la coupe de l'America se déroule dans les tribunaux. Mais après tout, ça prouve à quel point vos adversaires ont peur de vous ? Et lorsque le sport reprendra ses droits, je suis certain que votre superbe bateau donnera raison à leurs pires cauchemars !

Et surtout...

Hopp Schwiiz !!!

images.jpeg

 

01/09/2009

Âme suisse à vendre

J'avais gardé ce billet pour le retour des otages. Comme tout le monde je l'espérais rapide, même si j'étais très inquiet. Malheureusement, Kadhafi me donne raison, ce qui ne m'apporte aucune fierté. Ainsi, je crains que nos compatriotes ne soient pas prêts de rentrer. Nous boirons donc le calice du déshonneur jusqu'à la lie et nous n'aurons même pas droit au réconfort de se dire que c'était pour une bonne cause.

Mais justement, le retour des otages justifiait-il de lâcher prise sur toutes les revendications de la Lybie ? Les pragmatiques diront que des excuses ne sont pas grand chose comparées à la vie de deux personnes et la reprise de relations normales avec un partenaire commercial important. Mais le pragmatisme ne fait pas partie de mes qualités. Je suis un idéaliste et à ce titre, je pense qu'il y a des valeurs dont rien ne justifie l'abandon. Au rang de ces valeurs, je compte l'égalité de traitement devant la justice, la séparation des pouvoirs, le respect du droit. Et à ce titre, je pense que le Président n'avait aucun droit de présenter des excuses au nom de tout le pays et, par la même occasion, de désavouer le travail de fonctionnaires qui n'ont rien fait d'autre que leur devoir en respect du droit. Sans parler des victimes de la famille Kadhafi qui peuvent à juste titre se sentir abandonnées par la Suisse. A commencer par ces deux domestiques dont les droits ont été bafoués sur notre territoire et qui auraient mérité un meilleur soutien de notre part. D'ailleurs il est étonnant de voir que tout le monde se fiche de savoir qu'une de ces personnes reste sans nouvelles d'un membre de sa famille. Ne devrait-on pas aussi s'enquérir de la bonne santé de cette personne ? Maintenant que nous sommes censés avoir rétabli des relations normales avec ce pays, ça pourrait se faire non ?

Bien sûr, la situation dans laquelle se trouvent nos deux ressortissants méritait que le Conseil Fédéral mette toute son énergie à les faire rentrer. Mais il faut aussi dire qu'ils ne se seraient jamais retrouvés dans cette situation si leur entreprise, à savoir ABB, n'avait pas jugé profitable de faire du commerce avec un pays comme la Lybie ! Si nous ne voulons plus nous retrouver piégés, il serait peut-être temps de changer d'optique ? Le DFAE ne devrait-il pas dresser une liste d'états avec lesquels le commerce est déconseillé ? La Lybie n'aurait-elle pas dû figurer sur une telle liste ? A la place, la Suisse s'est laissée éblouir par les juteux contrats pétroliers et a choisi d'encourager le commerce avec la Lybie. Un état dirigé par un dictateur qui a fait froidement assassiner les passagers innocents de deux avions de ligne !

Mais c'est peut-être là le fond du problème. Notre diplomatie n'a pas, et n'a probablement jamais eu, l'ambition de promouvoir le commerce avec des états respectueux du droit et en particulier des droits de l'Homme. Il semble que pour la Suisse, le profit soit la première priorité et que, contrairement à une affirmation courante, la promotion des valeurs démocratiques et des droits de l'Homme dans le monde passe au second plan. C'est sans doute cela qui doit changer. Le fait que plusieurs pays voisins profitent également des bénéfices financiers de leurs relations avec la Lybie ne joue aucun rôle. Libre à eux de se compromettre avec des dictateurs assassins sans aucune moralité. Le rôle de la Suisse, patrie d'Henry Dunant, a toujours été de défendre les populations opprimées. Nous devons recommencer à défendre nos valeurs morales. C'est seulement ainsi que nous retrouverons la considération du reste du monde. D'un côté, comme je l'avais dit dans ce billet, l'adhésion à l'Union Européenne pourrait nous renforcer sur la scène internationale et nous permettrait d'être plus difficilement attaquables. Nous pourrions aussi plus facilement bénéficier de l'aide de nos voisins comme celle que Nicolas Sarkozy a apporté à la Bulgarie, alors seulement candidate à l'adhésion, en intercédant auprès de Kadhafi pour faire rentrer les infirmières. Mais je suis persuadé que la Suisse a seule les cartes en main pour redorer son blason. La diplomatie suisse, qui n'a eu de cesse ces dernières années de défendre les intérêts de multinationales basées sur notre territoire, doit retrouver ses valeurs fondamentales. Notre pays est en crise sur le plan international, mais en sortir ne tient finalement qu'à lui.

Nous devons dire au monde que notre âme n'est plus à vendre. Reconquérons notre honneur perdu et le respect de la communauté internationale. Car sans honneur, notre pays n'a aucune raison d'être. Si l'économie et le profit sont nos seuls moteurs, alors nous ne vallons pas mieux que n'importe quelle république bananière. Si ça devait être le cas, autant donner raison à Kadhafi et commencer à démembrer notre pays !

31/08/2009

Si j'étais Kadhafi...

Si j'étais Kadhafi, et que comme lui j'aimais mener des négociations serrées à la manière d'un marchand de souk, je n'aurais que mépris pour le gouvernement suisse et sa lâcheté. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement si appeuré de manquer de mon pétrole qu'il est prêt à faire toutes les concessions sans exiger de contrepartie. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord n'incluant pas la libération des otages et à se contenter d'une vague promesse orale sur ce point. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord lui donnant à l'avance la charge de la faute, avant même que le tribunal arbitral prévu par l'accord n'ait statué. Et surtout, je n'aurais que mépris pour un gouvernement qui abandonne tout honneur en venant s'excuser dans mon pays et n'attend même pas de me rencontrer personnellement pour le faire.

Si j'étais Kadhafi, je voudrais faire payer à la Suisse son manque d'honneur. Et je chercherais tous les moyens pour le faire. Et les accords signés en offrent au moins deux.

Si j'étais Kadhafi, l'annonce faite pas le Président de ce pays sans honneur qu'il démissionnerait si les otages n'étaient pas rentrés au premier septembre ne serait pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Alors, je ferais tout pour faire durer cette libération. Je ne les laisserais repartir que le deux septembre, ou même le trois. J'attendrais d'être sûr d'avoir provoqué une telle crise politique que ce gouvernement ne s'en remettrait pas.

Si j'étais Kadhafi, j'utiliserais le tribunal arbitral pour ridiculiser ce pays sans honneur jusqu'au bout. Je n'irais certainement pas chercher un négociateur international compétant ou un juriste expérimenté pour me représenter au sein de ce tribunal. J'irais chercher le personnage le plus incongru possible, afin que ce pays et son gouvernement ressentent leur humiliation jusqu'au plus profond de leur âme. Être jugé par exemple par Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, serait pour la Suisse le comble du déshonneur. Ou pourquoi pas par Kim Jong Il, le président nord-coréen ?

Mais je ne suis pas Kadhafi et je ne suis pas capable de lire dans sa tête. Il est donc possible que je me trompe. Et pourtant, à voir le temps qu'il faut à la Lybie pour relâcher les otages, on peut se demander si ce scénario n'est pas en train de se réaliser...

10:06 Publié dans Politique, Suisse | Tags : kadhafi, lybie, suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

24/08/2009

Google Street View ou comment partir en vacances pour pas un sou !

Avez-vous testé Google Street View ces derniers jours ? Si vous ne l'avez pas fait, vous devez faire partie des rares internautes suisses qui n'ont pas jugé cela utile. Et bien pour ma part, je dois dire que je suis assez emballé ! Je l'étais déjà par Google Earth et Google Map qui permettaient de découvrir des lieux plus ou moins lointains sans bouger de son fauteuil. Mais Street View donne une nouvelle dimension à cette découverte virtuelle : la troisième.

Seulement notre pays étant ce qu'il est, il faut toujours qu'il y en ait pour dénoncer des prétendus scandales. Et voilà qu'une poignée d'irréductibles défenseurs de l'anonymat des passants s'offusquent de la présence de visages ou de numéros de plaques mal cachés par le logiciel. Au point de vouloir forcer Google à fermer temporairement ce service ! On peut tout de même se demander pourquoi certains mettent autant de zèle à faire effacer leur présence de cette nouvelle interface. Il faut croire qu'ils ont quelque chose à se reprocher ! Bref, on fait beaucoup de foin pour pas grand chose et on s'apprête à priver l'ensemble de la population de ce service très sympathique pour combler les souhaits d'une poignée de gens dont on se fiche totalement du visage. Beaucoup d'autres pays ont accepté le service sans faire autant de chichis...

Lire la suite

22/08/2009

Est-ce la fin de la Suisse isolationniste ?

Ces derniers mois les évènements se succèdent à rythme soutenu. Attaquée de toutes parts, la Suisse prend l'eau. D'abord par la France et l'Allemagne. Les deux puissants voisins sur lesquels nous avions cru pouvoir compter pour nous défendre quand on s'en prenait à nous. Mais désormais nous savons ce qu'il en est. Ils ne souhaitent plus qu'une chose nous concernant : que notre arrogance si insupportable soit ravallée, que nous subissions des revers politiques en série. Leurs attaques n'ont d'ailleurs pas mis longtemps à donner des résultats. Nous avons tout cédé en fin de compte. Tout ce que nous nous étions dit prêts à défendre corps et âme, nous l'avons abandonné. Notre secret bancaire, garant de la protection des données privées, ne sera plus assuré. Finalement, il faut bien avouer que Peer Steinbrück avait raison. La Suisse est bel et bien une réserve d'indiens fuyant devant la cavalerie.

Les attaques américaines ensuite. Ce que le Conseil Fédéral considère comme une victoire, à savoir la levée des poursuites contre UBS, est pour la confiance dans le système bancaire helvétique une cuisante défaite. Car plus un client américain ne choisira la protection de notre système bancaire désormais. Pas que sur un plan moral, ça ne soit pas une bonne chose que les fraudeurs ne puissent plus bénéficier de notre bienveillante protection. Mais dans ce cas, pourquoi tant de places financières continuent-elles à offrir les services que nous ne pourrons plus assurer ? Et quand on sait quels états se cachent derrière ces paradis fiscaux, on a de quoi s'interroger sur les intentions de nos accusateurs. Parmi ces paradis du fraudeur, on trouve les îles Caymans et les îles anglo-normandes (protectorats britanniques), les Bahamas (membre du Commonwelth) et surtout l'état américain du Delaware ! Et étrangement, personne n'a demandé aux USA et à la Grande-Bretagne de mettre de l'ordre dans leurs propres affaires avant de faire des réclamations. L'OCDE, qui se dit pourtant au service de tous ses états membres, semble plutôt au service de ses membres les plus puissants.

N'en déplaise à ceux qui se félicitent d'un glissement de la Suisse vers la moralité. Les attaques qu'a vécues la Suisse n'ont aucune visée morale. Il s'agit d'une guerre économique. Et notre défaite est totale. Nous sommes rentrés dans le rang et d'autres pourront récupérer les bénéfices que ne feront plus nos banques. L'UBS a sans doute gagné dans cette affaire, mais pas la Suisse.

Et maintenant, nous avons assisté impuissants, à la pire humiliation que pouvait subir notre pays. Lorsque nous perdons face à de grands pays, lorsque nous savons qu'au fond la moralité y a gagné, nous pouvons encore accepter la défaite. Mais lorsqu'il faut céder face à un dictateur honni du monde entier, président d'un pays dont la seule puissance est pétrolière et surtout à un assassin notoire, seule l'incompréhension subsiste. Nous avons dû nous excuser de fautes que nous n'avons pas commises. Le Président de la Confédération a dû désavouer le travail de fonctionnaires qui n'ont fait que ce que la loi leur demandait de faire. Il s'agit d'un des jours les plus noirs pour notre pays, comme l'aurait peut-être dit Jean-Pascal Delamuraz. Nous récupérerons peut-être nos deux concitoyens bloqués à Tripoli. Mais en contrepartie, nous avons livré notre âme, notre honneur. "Tout est perdu fors l'honneur" avait dit François Ier après sa défaite à Pavie. "Tout est sauvé fors l'honneur" scande aujourd'hui le Conseil Fédéral. Mais l'honneur ne mérite-t-il pas qu'on se batte pour lui ? N'est-ce pas l'ultime pré carré d'un état ? Lorsqu'on a tout perdu, si la fierté nationale a disparu, que reste-t-il au peuple ?

Tout cela montre une chose : la Suisse n'a plus l'aura que nécessite ses ambitions. Elle est isolée. Lorsqu'un dictateur méditérannéen déclare qu'on doit démembrer la Suisse, nos voisins qu'on croyait amis gloussent sans aucune gêne et tendent le stylo à ce dictateur pour signer un contrat ! Toutes les négociations que la Suisse entreprend se terminent par un total abandon. Et c'en est assez. Certains prétendent que dans l'Union Européenne la Suisse aurait subi les mêmes attaques. Et pourtant personne n'ose s'en prendre au Luxembourg. Personne n'ose s'en prendre à Chypre. Quant à l'Islande, c'est au moment où sa faiblesse se fait réellement jour qu'elle devient pro-européenne. Ces états sont encore plus petits que la Suisse. Mais leur statut de membres ou futur-membres de l'UE leur confère une protection que la Suisse a perdu depuis longtemps. Au contraire, elle est même attaquée par ses voisins et partenaires. Il est temps que ça change. Et si ces évènements servaient à ouvrir les yeux à un nombre suffisant de Suisses pour faire pencher la balance, alors tout cela n'aura pas été vain.

10/08/2009

Fusion PDC - PBD ?

Le Sonntagszeitung a émis hier l'hypothèse que le PDC et le PBD d'Evelyne Widmer-Schlumpf étaient en tractation afin de fusionner les 2 partis. (voir cet article) Christophe Darbellay a immédiatement nié l'existence d'un tel projet. Pourtant il me semble tellement logique et presque nécessaire que je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas question. En effet la dissolussion des voix du centre-droit ne peut que profiter à leurs adversaires, UDC en tête. Et si le PDC pouvait récupérer les quelques voix du parti bourgeois, alors son deuxième siège au Conseil Fédéral ne pourrait pratiquement plus être contesté. Et surtout, le siège de la Conseillère Fédérale dont la popularité est la plus élevée pourrait être maintenu. Bien sûr, le jeu de chaises musicales étant ce qu'il est, quelqu'un devrait tout de même céder sa place à un UDC. Et si ça n'est pas Mme Widmer Schlumpf, ça ne pourrait être qu'un membre du PRL.

Voilà sans doute pourquoi on n'a pas choisi d'annoncer une telle fusion trop tôt. En tout cas pas maintenant, alors que le siège de Pascal Couchepin est disponible. Car la fusion du PDC et du PBD donnerait une totale légitimité à l'UDC pour réclamer ce siège vacant. L'annonce, si elle devait avoir lieu, ne sera faite que peu de temps avant le début de la campagne de 2011. C'est à dire au plus tôt vers la fin 2010. Car pas question de céder un second siège à l'UDC avant la fin de la législature. Et une éventuelle démission anticipée de Hans Rudolf Merz pourrait aussi remettre la décision à plus tard. Le meilleur plan finalement serait de tabler sur une démission de M. Merz pour la fin 2011 afin que ça soit les résultats des prochaines élections qui décident de la composition du futur Conseil Fédéral. On aurait ainsi 2 PDC-PBD presque assurés, 2 Socialistes et les 3 derniers sièges seraient partagés entre le PRL et l'UDC, avec probablement 2 UDC et 1 PRL. Ce dernier étant celui qui sera élu à l'automne. L'élection serait alors beaucoup moins tendue que la précédente...

Maintenant quel nom pourrait avoir le nouveau parti ? Le plus petit dénominateur commun entre les 2 partis semble être composé de "Parti" et de "Démocrate". Dès lors pourquoi ne pas imaginer que le PDC en profite pour perdre son étiquette chrétienne ? Il me semble que dans un état laïque, de plus en plus composé de confessions multiples, il serait bon que l'un des plus grands partis gouvernementaux abandonne son étiquette religieuse. Le parti saura-t-il sauter sur l'occasion ?

11:13 Publié dans Politique, Suisse | Tags : fusion, pdc, pbd | Lien permanent | Commentaires (0)

08/08/2009

La réalité de la protection du loup en Suisse

Ainsi, une fois de plus une autorisation de tir a été accordée contre des loups en Valais, et cela juste après celle qui a été délivrée dans le canton de Lucerne. Pour rappel, cet animal est protégé par une convention européenne, dont la Suisse est signataire et qui place le loup dans la catégorie des espèces strictement protégées, la plus restrictive possible. Mais des règles ont été édictées pour permettre tout de même aux autorités de réguler la présence du loup.

En théorie, ces autorisations de tir devraient être hautement exceptionnelles ! Mais que voit-on en pratique ? Ces canidés sont systématiquement éliminés de nos montagnes ! C'est bien simple : à ma connaissance, aucun loup ayant séjourné dans notre pays n'a survécu à son court passage ! En fait de protection, la loi suisse est plutôt destinée à éliminer consciencieusement ces prédateurs ! Et cela est totalement scandaleux ! La Suisse ne respecte pas ses engagements et il est temps de dénoncer ces pratiques !

Tout d'abord, faire croire qu'une promiscuité entre troupeaux de moutons et loups est possible est un mensonge éhonté ! Et c'est bien cela qu'affirme la loi lorsqu'elle fixe une limite à quinze bêtes tuées pour que l'autorisation de tir puisse être accordée. Il est absolument évident que les loups tuent les moutons ! Tout le monde le sait ! Et ça n'est pas parce que les bergers affirment qu'ils n'ont pas à se protéger du loup parce que les montagnes leur appartiennent qu'il faut les écouter ! La Suisse a des responsabilités vis-à-vis des règlements internationaux et il est temps d'émettre des règles strictes en faveur de la protection du loup. Ces règles, très simples, sont les suivantes :

- Seuls les moutons protégés par des chiens et enfermés dans des enclos peuvent être remboursés à leur éleveur en cas d'attaque.
- Seules les attaques sur des moutons protégés par des chiens et enfermés dans des enclos peuvent être contabilisées pour déterminer la dangerosité d'un loup. Un loup tuant un animal d'élevage non protégé est à considérer comme un simple phénomène naturel.
- Le braconnage du loup est un crime passible de peines de prison.

Il est temps de cesser de protéger les intérets des bergers qui ne veulent que la destruction du loup. Laisser courir ses bêtes sans protection relève d'une volonté claire de discréditer le loup et de pousser à son abattage. Et on doit dès à présent faire comprendre aux autorités locales, en particulier les autorités valaisannes qui cherchent délibérément à exterminer le loup, que la protection de ce canidé est une priorité dans ce pays !

15:14 Publié dans Nature, Suisse | Tags : loup, protection | Lien permanent | Commentaires (10)

30/07/2009

Un Conseil Fédéral élu par le peuple ?

L'UDC a le mérite d'avoir lancé le débat. C'est vrai qu'on peut se demander si nous n'aurions pas intérêt à élire notre Conseil Fédéral plutôt que de les faire élire indirectement par nos représentants. Et pour le plus grand parti de Suisse, c'est aussi un moyen de s'assurer d'une meilleure représentativité de l'exécutif. Seulement ça n'est pas si simple. La représentativité serait paradoxalement plus difficile à obtenir avec une élection par le peuple.

Il faut comprendre que tout scrutin électoral correspond à l'un de ces modèles : proportionnel ou majoritaire. Dans le cas des élections fédérales, on élit deux chambres qui ensemble forment l'Assemblée Fédérale. La chambre haute est constituée du Conseil des Etats, pour lequel chaque canton envoie 2 représentants. (au total 46 députés) Compte tenu du peu d'élus par canton, c'est souvent les groupes politiques les plus importants qui gagnent l'élection. Par le jeu des alliances, les partis qui ont mieux su se regrouper avec des partis dont les idées sont proches arrivent bien mieux à s'y faire représenter. Au contraire, on s'aperçoit qu'un parti isolé politiquement comme l'UDC, ne parivent pas à s'y faire représenter de manière proportionnelle au nombre de voix qu'il récolte. C'est pourquoi cette élection est considérée comme une élection majoritaire. La chambre basse, le Conseil National, est constitué de 200 sièges, répartis proportionnellement à la population de chaque canton. Il s'agit donc d'une élection proportionnelle. Et dans ce cas, même un parti isolé politiquement parvient à faire élire un nombre de députés proche du nombre de voix qu'il a réussi à récolter. Pour autant qu'il ait réussi à atteindre le quorum de 7% toutefois. Donc on l'aura compris, seul le système proportionnel parvient à assurer la représentativité.

Dans le cas des élections cantonales, où le gouvernement est élu par le peuple, on s'aperçoit souvent que les sièges sont répartis entre les grands partis comme c'est le cas au Conseil des Etats. A Genève par exemple, l'entente d'un côté et l'alliance de gauche de l'autre se partagent généralement les sièges. L'UDC qui est pourtant devenu le plus grand parti à Genève n'est pas parvenu à faire entrer un de ses représentants au Conseil d'Etat lors des précédentes élections et il est assez peu probable qu'il y parvienne cette année. Il faut le savoir : une élection de gouvernement par le peuple n'assure pas la représentativité des partis. Bien au contraire, elle favorise les jeux des alliances et isole politiquement les extrêmes.

Or le Conseil Fédéral, dans le système de la formule magique qui a prévalu jusqu'à aujourd'hui, se veut non seulement représentatif des partis, mais aussi des différentes régions linguistiques. La perte de cette dernière serait particulièrement dommageable pour les minorités telles que la nôtre. En tant que Romands, nous aurions de bonnes raisons d'être inquiêts d'une élection au suffrage universel direct. Sans l'introduction d'un système assurant la protection des minorités, on peut s'attendre à une sous-représentation des minorités linguistiques. Dans ces conditions, une élection proportionnelle directe, avec l'élection des sept Conseillers Fédéraux par l'ensemble du peuple suisse n'est pas souhaitable. Reste donc la solution de l'élection purement majoritaire. On pourrait par exemple prévoir de séparer la Suisse en 4 circonscriptions électorale. Les 3 premières, la Suisse romande, la Suisse centrale et la Suisse orientale éliraient chacune 2 Conseillers Fédéraux et la dernière, la Suisse italienne, en élirait un. Mais dans ce cas, on le comprend immédiatement, on tombe dans une élection purement majoritaire, pour laquelle l'UDC aurait beaucoup de mal à se faire élire. Dès lors, on comprend assez mal que l'idée provienne de ce parti. Cela vient-il d'un manque de connaissance de ce qu'est un scrutin majoritaire ? C'est étrange alors que ce parti participe à des élections depuis longtemps...

Bref, pour ma part je ne suis pas opposé à une élection du Conseil Fédéral par le peuple, pour autant qu'elle respecte les minorités, puisqu'elle permettrait au moins de sanctionner directement un Conseiller Fédéral qui n'aurait pas satisfait la population plutôt qu'attendre un départ volontaire. Elle éviterait aussi le jeu des alliances de circonstance (les "magouilles" selon l'UDC) et forcerait les partis à présenter de réels programmes gouvernementaux pendant la campagne. Mais malheureusement, quand on regarde ce qui se passe dans les cantons, on s'aperçoit que l'élection populaire ne remplit pas toujours son rôle de catalyseur, destiné à forcer les élus à rendre régulièrement des comptes à la population. En effet, les partis ne proposent souvent qu'un nombre minimal de candidats afin d'éviter de faire de la concurrence à leurs sortants. Par exemple, aux prochaines élections genevoises, on devrait avoir le choix entre 4 candidats de gauche et 4 candidats de droite, les candidats UDC, MCG et d'extrême-gauche ne faisant probablement que de la figuration. Ainsi, nous n'aurons que 8 candidats en lice pour 7 sièges ! Autant dire que l'enjeu est assez biaisé. Dans ces conditions, on peut se demander quel est l'intérêt de changer un système qui finalement ne marche pas si mal que ça...

17/07/2009

Et si on lui construisait une voie ?

Et bien ça y est. On ne l'attendais presque plus mais le voilà. L'ETR-610, la nouvelle version du Cisalpino va arriver jusqu'à nous. Et va par la etr610_silenen.jpgmême occasion remplacer les anciens trains réguliers que Cisalpino avait remis sur cette ligne. Construit originellement par FIAT, le Pendolino italien partage avec notre train pendulaire la caractéristique de pouvoir se balancer dans les virages afin d'augmenter la vitesse en courbe sans diminuer le confort. Celà lui permet de rouler (un peu) plus vite qu'un train normal sur une ligne conventionnelle. La nouvelle version de l'ETR, construite par Alsthom qui a racheté FIAT Ferroviara, est plus rapide, plus confortable. Il est qualifié pour des vitesses allant jusqu'à 250 km. Mais bien sûr seulement sur des voies ayant reçu l'acréditation pour cette vitesse. En Suisse, il n'y en a pour l'instant qu'une : Le tunnel de base du Lötschberg. La ligne à (relativement) grande vitesse entre Berne et Olten est quant à elle acréditée pour une vitesse de 200km/h. C'est donc sur ces deux tronçons qu'on pourra le mieux tirer parti des qualités du nouveau Pendolino.

Voilà ce que donne l'ETR-610 sur la ligne à grande vitesse entre Berne et Olten :

Ca Fa Fite !

Bref, et maintenant si on lui construisait une voie de ce côté-ci du pays aussi ?

06/07/2009

3ème voie CFF ou véritable projet d'avenir ?

L'autre jour, alors que je me rendais par train à Bâle, (voir mon précédent billet...) j'ai une fois de plus pesté en constatant l'existence d'un véritable fossé sur le plan des transports ferroviaires entre le plateau suisse-allemand et celui de Suisse romande. Là où, chez nos voisins germaniques, on a construit de Berne à Olten une ligne à grande vitesse sur laquelle les trains se déplacent à 200 km/h, nous sommes toujours relégués au rang de parents pauvres, avec nos pauvres lignes qui ne permettent pas toujours d'atteindre le 140. C'est d'autant plus criant entre Lausanne et Fribourg, où la vitesse  permet tout juste aux trains de rivaliser avec les vélomoteurs ! (et j'exagère à peine) Et en bordant l'autoroute A1 peu après Berne, en voyant ces pauvres automobiles donnant l'impression de faire du sur place avec leurs 120 km/h, je me suis dit qu'il ne serait finalement pas difficile de permettre au train de devenir le principal moyen de déplacement inter-régional en Suisse. Il suffirait pour cela qu'on puisse relier les principales villes de Suisse bien plus vite qu'avec la voiture !

Et j'ai depuis bien réfléchi, reprenant des concepts déjà défendus par d'autres et je pense qu'un véritable concept qui pourrait mettre d'accord tous les politiciens de Suisse romande, quelque soient leurs vues partisanes, pourrait voir le jour pour peu qu'ils en fassent l'effort. En effet, il est assez affligeant de voir ces politiciens partir en ordre dispersé à Berne pour faire du lobbying pour des projets tels que celui de la troisième voie CFF, qui au final ne ferait qu'entériner une situation où l'automobile conserve une place prépondérante au niveau des transports nationaux. En effet, un tel projet ne permettrait pas d'augmentation de la vitesse commerciale des trains, ne réduirait pas l'écart entre les principales cités de Suisse romande ainsi qu'avec la Suisse allémanique. Il permettrait tout juste d'augmenter la fréquence des trains. Je pense donc qu'il faut changer d'optique et partir à Berne avec un véritable projet d'avenir extrêmement rassembleur : la ligne à grande vitesse de Suisse romande!

Lire la suite

04/07/2009

Vincent Van Gogh au Kunstmuseum

Je suis allé voir cette superbe exposition qui présente une collection de paysages du fameux peintre impressionniste. Je conseille vivement à toute personne qui apprécie l'art, particulièrement l'école française de la fin du 19e siècle, dont malgré sa nationalité hollandaise il est un des meilleurs représentants, de ne pas manquer cette exposition qui regroupe des tableaux issus de nombreuses collections du monde entier. Après la fondation Gianada de Martigny il y a quelques années, le Kunstmuseum fait revenir une grande exposition consacrée à ce gigantesque artiste dans notre pays. Il s'agit ainsi d'une occasion rare de voir regroupées autant d'oeuvres importantes de ce maître dans une même exposition.

moisson.jpg

 

J'ai particulièrement aimé la manière dont les tableaux ont été triés en fonction des époques. De sa jeunesse hollandaise à son suicide à Auvers, en passant par son apprentissage des techniques impressionnistes auprès d'autres grands artistes du moment à Paris, par l'épanouissement de son style à Arles et par son internement à St-Rémy, l'exposition nous permet de partager la vision de l'artiste, qui s'apparente malheureusement à une rapide descente aux enfers. L'éclairage apporté par les explications concernant les diverses étapes de sa vie permet de regarder les toîles avec un regard différent, à tenter de percer l'état d'esprit qui a prévalu à la création de ces oeuvres prodigieuses.

Cette exposition se tient dans le musée bâlois jusqu'au 27 septembre. Réservation et achat de billets en ligne conseillés sur le site du Kunstmuseum.

30/06/2009

Nucléaire ou pas nucléaire ?

S'il y a un débat qui devrait agiter notre pays en ce moment, c'est bien celui de l'énergie. Nos centrales nucléaires vieillissantes vont petit à petit être retirées du service et nous nous trouvons à un tournant. Ces centrales représentent tout de même 40% de notre production d'énergie électrique. Et Dieu sait que notre économie ne peut plus se passer de cette énergie. Doit-on remplacer ces centrales par de nouvelles centrales plus modernes ? Existe-t-il d'autres solutions ? Peut-on économiser suffisamment pour pouvoir s'en passer ? Toutes ces questions sont d'importance cruciale pour notre avenir. Et pourtant, ce sujet ne semble pas intéresser la politique. Est-ce dû au peu d'intérêt que peut trouver un politique de parler d'un sujet qui porte au-delà des prochaines élections ? On serait en tout cas tenté de le croire.

Il faut pourtant savoir que nous nous dirigeons tout droit vers une pénurie à l'horizon 2020. 10 ans, c'est tellement peu que la plupart des politiciens actuels seront encore en exercice. Comment justifieront-ils alors leur attentisme ?

Lire la suite

21/06/2009

La fin de la quiétude du Conseil Fédéral

En faisant passer Christophe Blocher à la place de Rüth Metzler, l'UDC a créé un précédent dont les conséquences se répercutent encore aujourd'hui. La notion de représentativité n'était jusqu'alors pas inscrite dans le marbre. En réclamant un second siège sans même attendre le départ naturel de Joseph Deiss, et en évinçant ainsi une Conseillère Fédérale à qui on avait rien de spécial à reprocher, l'UDC a lancé une compétition entre partis, purement basée sur la représentativité. Souvenons-nous. Jusque-là, la formule magique était quasiment inscrite dans le marbre. Deux PRD, deux PDC, deux PS et un UDC. Cette formule magique qui assurait la quiétude du Palais Fédéral a vécu. Désormais règne la loi de la jungle.

Car qui aurait pu croire que les démocrates-chrétiens, alliés naturels des radicaux-libéraux, allaient tenter de leur ravir un siège ? Certes, le PDC n'a toujours pas digéré la perte de son second siège. Certes, ils se souviennent que certains radicaux avaient donné leur voix à Christophe Blocher et fait pencher la balance en faveur de ce dernier. Mais vaut-il vraiment la peine de se lancer dans pareille querelle alors que l'écart du nombre de sièges au National est plutôt faible ? Ce genre d'intrigue ne grandit pas l'image du PDC, ni de son Président. Surtout qu'on peut douter de la capacité du PDC a effectivement remporter ce second siège.

Bref. Désormais, la quiétude qui régnait traditionnellement au Conseil Fédéral a vécu. Chaque élection devient une foire d'empoigne. Un peu comme dans un jeu de chaises musicales, il manque toujours un siège. Les Conseillers Fédéraux n'ont même plus leur place assurée jusqu'au moment de leur démission. Juste retour de bâton pour Christophe Blocher en fait. Mais désormais la porte est ouverte pour d'autres. Le PRL va peut-être en faire les frais cette fois-ci. Puis à la fin de la législature, c'est probablement Mme Widmer-Schlumpf qui va devoir céder son siège. Dommage, on y perdra une des personnes les plus compétentes et les plus populaires de ce Conseil Fédéral. A moins que l'effet Widmer-Schlumpf joue en faveur du nouveau parti bourgeois ?

Car ça aussi c'est une nouveauté. Aux précédentes élections, beaucoup d'électeurs avaient voté UDC "pour soutenir Blocher". Cette façon de voter dénote une méconnaissance totale de nos institutions et de leur fonctionnement. En effet, c'est bien l'Assemblée Fédérale qui élit le Conseil Fédéral et non le peuple. Voter pour un parti ne donne pas la certitude que son représentant au Conseil Fédéral sera réélu. Elle donne seulement droit à une représentation au gouvernement. Et encore, rien n'est écrit, il s'agit plutôt d'une entente entre les partis. Ainsi, même un parti ayant 49% des voix pourrait théoriquement se faire éjecter du Conseil Fédéral ! Il suffirait pour cela que tous les autres partis se mettent d'accord...

05/06/2009

Nous voterons donc sur l'interdiction des minarets

Moi les minarets, je m'en fiche. Je me considère depuis mon plus jeune âge comme un athée convaincu et toute forme de religion me paraît ridicule. Je pense qu'à notre époque, il est absurde de croire en n'importe quelle bondieuserie quelle qu'elle soit, alors que la science a fait de tels progrès et que la nécessité d'une force supérieure pour expliquer l'univers n'a pratiquement plus aucune raison d'être. La spiritualité me direz-vous. Certes, il y a effectivement de nombreuses personnes qui ressentent le besoin de croire en quelque chose de supérieur pour assouvir leur soif de spiritualité. Et bien je répondrai que pour ma part, ma spiritualité est bien plus touchée par la lecture de la théorie de la dérive des continents ou celle de l'évolution des espèces qu'en écoutant des histoires de dieux ou de déesses à dormir debout !

Et pour cette raison, je serais prêt à tout pour défendre ma liberté d'incroyance. Le jour où on essayera de m'imposer une religion quelle qu'elle soit, je serai prêt à me battre de toutes mes forces pour sauvegarder mon droit à l'athéisme. Et pour moi la laïcité est une valeur fondamentale de notre société occidentale démocratisée, au même titre que le droit de vote ou la liberté d'expression. Mais, bien que je considère mon athéisme comme un fondement de ma propre personne, il y a une autre chose contre laquelle je serais prêt à me battre avec tout autant de vigueur : je me battrais contre toute tentative de réduire le droit de mes semblables à croire en ce qu'ils veulent, aussi absurdes que puissent me paraître ces croyances !

Lire la suite