26/03/2010

La Suisse condamnée

Ainsi nous avons été condamnés. Ça nous pendait au nez. En prenant une décision discriminatoire qui n'avait aucune chance d'être acceptée du reste du monde, nous nous exposions à l'incompréhension. Le monde n'a pas interprété le vote anti-minarets des Suisses comme un simple vote sanction. Il a jugé qu'il s'agissait d'un vote raciste. D'un geste de repli et d'exclusion d'une communauté. La seule consolation que nous puissions avoir, c'est d'avoir été soutenus par l'ensemble de l'Europe et par les Etats-Unis. Ça faisait longtemps qu'on attendait de pouvoir compter sur ces pays! Mais ce sont des pays qui ne font généralement pas beaucoup de cas des Droits de l'homme qui ont fait pencher la balance. Pour une fois que ce ne sont pas eux qui subissent une condamnation, ils ont pu s'en donner à coeur joie.

79716553.JPGIl est vrai que cette condamnation n'a pas force contraignante. Car évidemment, si les décisions de la commission des droits de l'homme des Nations Unies avaient force contraignante, peu de pays reconnaîtraient sa validité. En effet, la plupart des pays subissent très souvent des condamnations, sans en tenir aucun compte bien évidemment. Donc la Suisse n'a pas à modifier quoi que ce soit à sa constitution pour autant. Elle n'en a d'ailleurs tout simplement pas le droit. A partir du moment où la condamnation n'a pas force contraignante, personne n'a le droit de modifier la constitution sur sa seule base.

Par contre, il ne faut pas oublier que plusieurs recours auprès de la Cour Européenne des Droits de l'homme, tribunal faisant partie des institutions du Conseil de l'Europe, ont été déposés. Lorsque la Suisse a choisi d'être signataire de la convention qui régit cet organe, elle a également accepté de se soumettre à ses jugements. Ces derniers ont donc force contraignante. Et on imagine assez mal les juges de Strasbourg ne pas tenir compte de la condamnation des Nations Unies. Cette condamnation nous rapproche donc d'un scénario catastrophe: un vote invalidé et notre constitution modifiée!

On aurait pu éviter cela. Il aurait fallu ne pas envoyer le peuple voter sur un texte qui nous exposait à ces condamnations. Mais pour cela, il aurait fallu que nos parlementaires fassent preuve de plus de discernement. En effet le jeu de la politique a joué en faveur de l'initiative. Afin d'éviter la victimisation de l'UDC, les autres partis, ou du moins certains d'entre eux, ont décidé de valider le texte, malgré tous les problèmes qu'il posait. Et les évènements leur ont donné tort. Leur faute est directement responsable de la situation dans laquelle nous allons probablement nous retrouver.

Le moins qu'on puisse espérer désormais, c'est que nos institutions évoluent afin d'éviter une situation pareille à l'avenir. Cette situation a d'ailleurs peu de chances de se produire au niveau cantonal, car le Tribunal Fédéral est compétent pour juger de la recevabilité des textes proposés dans les cantons. Donc de leur constitutionnalité et de leur respect du droit supérieur. Il est bien dommage que le TF ne dispose pas de la même compétence au niveau fédéral. Cela doit changer. Ou du moins une cour constitutionnelle doit être créée comme c'est le cas dans la grande majorité des démocraties. Seul un organe juridique pourra juger les textes d'un point de vue strictement juridique sans qu'il y ait pollution d'intérêts politiciens. Une telle réforme est vitale pour notre pays. Bien plus que la réformette du gouvernement dont on parle ces jours! Alors qui va mettre cela sur le tapis ?

22/03/2010

Energies renouvelables: la solution du PS

Ca fait un moment qu'il y a polémique dans le domaine de l'énergie. On le sait, durant ce siècle nous allons devoir remplacer le pétrole comme source d'approvisionnement principale en énergie. Cela signifie bien sûr qu'il va falloir refondre toute notre société autour d'un nouveau mode de consommation de l'énergie. Les énergies renouvelables sont une des solutions. Il y en aura sans doute d'autres. Mais quoi qu'il en soit, cet avenir sans pétrole, c'est aujourd'hui que nous devons le créer. C'est bien tout un modèle de société qu'il va falloir construire. Le changement sera aussi fondamental pour notre mode de vie que l'électrification  l'avait été pour le réseau ferroviaire. Il est probable que l'une des voies technologiques pour arriver à atteindre ce but sera une baisse de la consommation globale. Et il est également probable que dans l'avenir l'énergie deviendra une denrée moins abondante et donc plus chère. D'autant que la demande mondiale risque d'exploser dans le même temps. Voilà pourquoi nous ne devons pas attendre et nous lancer dès aujourd'hui dans cette refonte de notre mode de vie. Malheureusement, pour l'instant on parle et on n'avance pas beaucoup...

289716698.jpgSi les énergies renouvelables sont effectivement une voie encourageante à explorer, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles ne sont pas prêtes à fournir des quantités d'énergie équivalentes à ce que nous accorde généreusement le pétrole. Pour l'instant, elles n'ont même pas, et de loin, la capacité de remplacer l'énergie nucléaire, qui représente 40% de notre production électrique. (voir ici pour les détails) Tout au plus, elles peuvent suffire à compenser le surplus de consommation dû à l'augmentation de la population. Il est donc déjà irresponsable de prétendre que nous n'avons pas besoin de remplacer la production d'énergie de nos centrales nucléaires vieillissantes par autre chose que les énergies renouvelables. Le PS et les verts le font pourtant depuis longtemps. Et ils rencontrent malheureusement un certain écho dans la population. Grâce à cette stratégie, nous pouvons déjà considérer que dans une dizaine d'années environ, nous passerons dans une situation de pénurie chronique. Et bien sûr, notre économie va sérieusement en pâtir.

Mais le PS ne s'arrête pas là. Il propose désormais de remplacer aussi le pétrole par les énergies renouvelables! Et cela dans les 20 prochaines années! Et que proposent-ils pour que la technologie des énergies renouvelables soit capable de remplacer le nucléaire et le pétrole d'ici là ? C'est simple: ils veulent les rendre obligatoires! C'est tellement simple qu'on se demande pourquoi personne n'y avait pensé avant. La technologie n'est pas prête ? Et bien c'est pas grave, désormais il est obligatoire qu'elle soit en mesure de remplacer le pétrole et le nucléaire!  Une solution légale pour solutionner un problème technique. C'est génial non ? Basée sur le principe de "les lois inapplicables n'ont jamais tué personne", cette proposition ne fait pas avancer le schmilblick. Elle sème seulement la confusion et empêche de choisir les solutions transitoires et de mener la nécessaire recherche dans des domaines bien plus variés que celui proposé. Elle nous empêche de réfléchir à notre pérénité énergétique à moyen et long terme. Bref, elle va nous conduire tout droit à la catastrophe. Et j'ai bien peur que le PS arrive à convaincre pas mal de monde...

21/02/2010

Pourquoi on ne doit pas accepter une baisse du taux de conversion du 2ème pilier

On nous dit que les caisses de 2ème pilier courent à la faillite si on refuse la baisse du taux de conversion exigée. Or ce taux vient déjà d'être abaissé de 7.2% à 6.8%. Il semble bizarre de déclarer que ça n'est pas assez, alors que cette première baisse n'est pas encore entrée en vigueur! Je m'y suis donc intéressé pour vérifier leurs chiffres.

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16/02/2010

Le gouvernement italien se fiche de nous !

Dans un article de la TdG du jour, on apprend que M. Frattini, ministre des affaires étrangères italien, trouve que la Suisse prend l'Europe en otage dans l'affaire des visas Schengen refusés aux ressortissants libyens. Ce monsieur, dont le chef de gouvernement est mondialement connu pour sa très grande moralité, trouve que la Suisse se comporte mal en mettant en danger les intérêts économiques de son pays. Car n'oublions pas que dernièrement, alors que la Suisse se débattait pour faire libérer ses otages, M. Berlusconi recevait le guide suprême libyen dans ses salons feutrés, lui tendant un stylo pour lui faire signer de beaux contrats. Et bien sûr pour récupérer le pétrole que la Libye ne livrait plus à la Suisse ! Il est évidemment clair dans ces conditions que la suspension des visas entre l'espace Schengen et la Libye est problématique pour son pays. Difficile de faire du commerce avec un état voyou quand on ne peut pas y mettre les pieds...

Et le ministre de rajouter que son pays est "prêt à aider la Suisse à résoudre une question bilatérale" mais pas au dépens de tous !!! Car oui, ce ministre n'a aucune honte à dire n'importe quoi ! Si l'Italie avait voulu jouer les négociateurs pour le compte de la Suisse, ça fait un an et demi qu'elle aurait pu le faire ! Mais non, à la place pendant le G20, Berlusconi et les autres convives européens invités, ont bien rigolé lorsque le Colonel parlait de démembrer la Suisse ! Croit-il que la Suisse l'ait oublié ? Certainement pas ! Nous savons désormais que ce gouvernement italien, tout comme plusieurs autres gouvernements européens, n'est pas l'ami de notre pays. Et franchement, ça va faire le plus grand bien à ce ministre, dont le chef de cabinet aime autant faire des courbettes aux dictateurs méditerranéens que passer ses week-ends avec des jeunes filles à peine mineures, d'apprendre que la Suisse n'a aucun compte à lui rendre. Nous sommes un état souverain qui, s'il a un problème billatéral avec un état tiers, prend les mesures qui lui conviennent sans en référer à ses voisins. Particulièrement si ces voisins n'ont pas une fois proposé leur aide pour résoudre ce conflit.

Bref, on voit que la stratégie de la Suisse est la bonne. En interdisant l'entrée en Suisse de ressortissants libyens au bénéfice d'un visa Schengen, notre gouvernement a provoqué une crise inattendue entre la Libye et l'Union Européenne. Et ainsi elle a enfin poussé les grands gouvernements européens à réagir. Maintenant, la balle est dans leur camp. S'ils souhaitent résoudre ce problème de visas, ils n'ont qu'à forcer Kadhafi à résoudre au plus vite son litige avec la Suisse. Car le seul responsable de cette situation, c'est lui. La Suisse n'a rien fait pour que tout cela se produise et elle n'a pas à faire quoi que ce soit de plus pour résoudre le conflit.

Et je suis sûr qu'ils vont enfin s'activer pour protéger leurs intérêts en danger. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai bon espoir que nos ressortissants rentrent prochainement dans leurs foyers. Alors j'espère que le Conseil Fédéral va tenir bon et ne pas céder aux pressions de nos voisins. S'il montre de la fermeté aujourd'hui, non seulement cela devrait permettre aux otages d'obtenir une prochaine libération, mais en plus le Conseil Fédéral parviendra à redorer son image sérieusement ternie ces derniers temps.

13/02/2010

Un avocat pour les animaux est-il utile ?

Le 7 mars, nous serons appelés aux urnes. L'un des sujets qui fait le plus parler de lui, c'est la votation concernant les avocats pour animaux. Personnellement, j'ai toujours eu des animaux et je souhaite bien sûr que leur protection soit la meilleure possible. En effet, ils sont souvent sans défense face à l'homme, à leur maître en particulier, et il est souvent nécessaire que la justice applique la loi sur la protection des animaux pour défendre les plus malchanceux d'entre eux.

Mais voilà: la nouvelle loi sur la protection des animaux a permis à cette cause de faire un pas de géant. Selon notre Conseil Fédéral et un grand nombre d'élus, c'est largement suffisant. Il est inutile de créer une tracasserie supplémentaire. Ce n'est pourtant pas ce que semble avoir pensé le canton de Zurich qui s'est offert les services d'un avocat pour animaux depuis de nombreuses années déjà.

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05/02/2010

Micheline Calmy Rey a simplement répondu honnètement

Que de bruit autour d'une petite parole de ministre. Une réponse à une question piège qui plus est. Mais finalement, elle n'a fait que répondre honnètement. Lui reprocher d'avoir dit ce qu'on ne veut pas entendre, c'est lui reprocher de ne pas avoir menti ! Car oui, du point de vue allemand, acheter les données volées, c'est absolument logique. Même si ça n'est pas très moral. En matière criminelle, on agit souvent de la sorte. Acheter des renseignements est une pratique courante lorsqu'il s'agit d'accumuler des preuves ou des témoignages concernant des délinquants ou criminels. Et l'impunité est souvent requise en faveur des petits délinquants quand il s'agit d'attraper de plus gros poissons. Regardez comment agissent les juges anti-mafia en Italie. Dans ce domaine, sans ces pratiques, il n'y aurait tout simplement pas d'enquête criminelle qui puisse se faire.

Cette parole de la ministre des affaires étrangères était sans doute destinée à calmer le jeu avec un pays qui est avant tout un ami et notre plus grand partenaire économique. Il s'agissait de ne pas jeter la pierre à un ministre des finances allemand qui finalement ne fait que son devoir. En effet, comment pourrait-il justifier auprès de la population allemande de ne pas avoir tout fait pour attraper des fraudeurs ? Le fait est que le système suisse est sur le fond peu défendable tant qu'il couvre du secret les actes de délinquants étrangers. Ou de délinquants suisses d'ailleurs. Certaines paroles de Peer Steinbrück étaient vraiment condamnables. Désormais on a affaire à autre style. Mais il faut que les Suisses sachent que le résultat est le même. La guerre que le fisc allemand livre à ses fraudeurs continuera à éclabousser notre pays. Alors plutôt que de se mettre à dos l'ensemble de la planète et à jouer ensuite les martyrs, nous devrions peut-être commencer à penser à réformer en profondeur notre système financier.

02/02/2010

La confiance n'est plus de ce monde (bancaire)

Après la France, qui en se procurant de manière illicite des fichiers de HSBC s'en est pris à toute la place financière genevoise qui risque de subir pour longtemps la perte de confiance de ses clients internationaux, c'est au tour de l'Allemagne de s'en prendre au secret bancaire suisse et probablement plutôt à la place financière zurichoise. On ne sait pas encore grand chose, ni la banque concernée, ni l'identité du futur-riche voleur, mais ce dont on est sûr, c'est que désormais, les banques vont être obligées de faire un grand nettoyage en leur sein, tant la confiance envers les employés doit avoir chuté. Il est vrai que la manière dont Hervé Falciani a réussi son coup, probablement contre rémunération, a dû aiguiser d'autres appétits. Et s'il s'avère que c'est bien une nouvelle affaire, et que cette fois c'est un frontalier allemand qui est concerné, alors il faudra que les banques suisses en tirent les conclusions qui s'imposent: faire signer une déclaraton de confidentialité n'est plus suffisant lorsque les états environnants sont prêts à payer des fortunes pour des informations.

La conséquence sera probablement un grand nettoyage aux postes qui peuvent avoir accès à des informations sensibles. On peut en effet se demander si une personne qui n'est pas de nationalité suisse peut encore être considérée comme fiable. Et encore. A ce niveau, personne ne peut plus être considéré comme fiable. Car pour quelques millions, beaucoup d'entre nous seraient prêts à s'expatrier en Allemagne, Suisses ou non ! Les données les plus sensibles ne devront donc plus être accessibles qu'à un nombre extrêmement réduit de personnes. Et elles devront être les plus fragmentaires possibles. C'est le seul moyen qui reste aux banques pour protéger plus ou moins efficacement leurs données. Et sans cela, pas possible de restaurer la confiance de la clientèle internationale.

L'autre solution serait d'accepter la défaite. Nous nous plions au diktat de nos grands voisins et acceptons de mettre fin à notre secret bancaire. Nous pourrions laisser par exemple quelques mois aux clients qui ne sont pas en règle pour se mettre en accord avec les législations de leurs pays ou, plus probablement, pour expatrier leurs fonds à Panama, Dubaï ou à la Barbade. Ce qui en tout cas est sûr, c'est que nous ne pouvons plus accepter un statut quo qui met des clients qui avaient confiance en nos institutions dans une position délicate. Car je pense que sans secret bancaire, notre place financière aurait plus d'atouts qu'avec un secret bancaire aussi bancal qu'aujourd'hui et dans lequel bientôt plus personne dans le monde ne fera confiance.

30/01/2010

L'initiative contre le financement de l'IVG

Dépénalisée depuis quelques années, l'IVG (interruption volontaire de grossesse) a même été plébicitée par le peuple. Il semble donc que les anti-IVG n'aient pas la côte ces temps-ci. On peut alors s'attendre à ce que tout texte qui émanera d'eux subisse le même sort. Et bien pas sûr. Car cette nouvelle initiative, ciblée sur le financement, pose une autre question, pas mauvaise il faut le dire.

Désormais c'est acquis. Les femmes peuvent choisir si elles veulent interrompre leur grossesse ou la conduire à son terme. Elles n'ont d'ailleurs même pas besoin de demander au père, ce qui pourrait être un autre point à discuter. On s'en remet donc à la seule compétence des femmes, alors que ces dernières ne sont pas les seules concernées. Ça risque de surprendre certains qui me savent ouvertement athé, mais j'ai quelques problèmes avec l'IVG. Si je suis contre une interdiction qui repousseraient les femmes dans une clandestinité malsaine, je n'ai aucune sympathie pour la tendance malsaine qu'on a aujourd'hui à se demander si c'est une bonne chose d'avoir un enfant. Et sur le fond, je suis d'accord que seuls les problèmes de santé et le viol sont de bonnes justifications pour interrompre une grossesse. Absence d'amour, manque de moyens financiers ou difficulté à concilier grossesse et vie professionnelle ne sont que de mauvaises raisons. Car il s'agit tout de même d'un enfant. Qu'on se prémunisse avant pour éviter qu'il y ait un enfant, ça va de soi. Mais lorsqu'il est là, on devrait changer d'optique. D'autant qu'un enfant peut toujours être adopté, il y a des tas de familles qui n'attendent que ça.

De toute façon, l'initiative ne parle pas d'interdiction, mais pose une autre question. La question qu'on pose ici, c'est: Est-il normal que cette opération soit financée par l'assurance de base ? Car après tout, la grossesse n'est pas une maladie, mais un heureux évènement. Et le but de l'assurance de base est de couvrir la santé des personnes. Sur le fond on peut donc dire qu'il n'y a pas lieu de rembourser cette opération qui n'améliore en rien la santé des personnes qui font ce choix. Après tout, les caisses ne remboursent pas non plus les opérations hestétiques, car elles ne servent en rien la santé, mais seulement le bien-être. Alors pourquoi ne devrait-on pas financer soi-même l'IVG ? Plus que l'IVG, ce débat porte sur l'assurance de base. Que veut-on en faire ? Est-elle destinée à assurer le bien-être de la population ou sert-elle à financer les gros pépins de la vie ? Cette initiative arrive aussi peu après l'acceptation de l'initiative pour le financement des médecines douces par l'assurance de base. Donc dans un contexte où la population semble majoritairement penser que tous les actes médicaux doivent être pris en charge. Mais sur le fond, l'IVG a encore bien moins sa place dans cette assurance de base. La tendance pourrait donc s'inverser.

Car finalement, il n'y a que le soutien féministe qui pourrait sauver le financement de l'IVG. Pour autant que les femmes suivent. Cet article lu sur le site de l'hebdo montre par exemple la virulence de certaines femmes sur le sujet. Son argument selon lequel la grossesse coûte beaucoup plus cher que l'IVG, montre à quel point les féministes considèrent qu'il existe un choix clair entre les deux et qu'il est normal d'interrompre la grossesse. Mais je ne suis pas si sûr que cette journaliste soit suivie par la majorité de la population. Car s'il est normal pour une société de financer la grossesse qui prépare son avenir, je ne vois aucune justification à financer son arrêt volontaire. Avoir le droit de disposer de son corps, c'est une chose. Mais quand ce droit est financé par l'ensemble de la population, il y a quand même un problème.

27/01/2010

Le système des bonus favorise-t-il les bulles spéculatives ?

L'émission Infrarouge d'hier m'inspire quelques réflexions. Au premier abord, la question a quelque chose de populiste. On entend en effet souvent dire que certains salaires sont indécents. C'est d'ailleurs clairement la position socialiste sur le sujet. Mais quoi qu'on pense de ces salaires, relier les hauts salaires avec la crise n'apporte rien. Une limitation de ces salaires ne représenterait qu'une goutte d'eau dans l'océan en regard de l'énormité de la somme qui a disparu pendant la crise. En réalité, mon propos n'est pas de critiquer les niveaux de ces salaires. Bien que sur le fond, on peut se demander s'il est effectivement acceptable qu'il existe une telle différence entre les plus hauts et les plus bas salaires dans une même société. Il ne s'agit bien sûr pas non plus de s'attaquer au salaire de la grande majorité des employés bancaires. En réalité, la question concerne plutôt l'efficacité de la récompense que représente le bonus, lorsqu'elle récompense les risques pris par les traders.

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24/01/2010

Le fléau du H1N1

Un commentateur qui signe "Citation" m'a laissé un commentaire sur un ancien sujet concernant la grippe H1N1 et comme ma réponse commençait à être longue, j'ai décidé de plutôt en faire un billet. Il prétend que les mesures prises par la Suisse ont permis d'éviter une catastrophe. Il pense que sans ces mesures, nous aurions eu une épidémie bien plus grave et bien plus mortelle. Et bien personnellement je n'en suis vraiment pas sûr.

Premièrement, je ne suis pas si sûr que l'absence d'épidémie soit liée à la campagne de vaccination. La population finalement vaccinée est insuffisante pour enrayer l'épidémie. Ce taux n'est d'ailleurs pas supérieur de beaucoup à celui des campagnes anti-grippales normales. Donc, il ne peut pas y avoir de lien. Et puis il faut dire que la Confédération estime que la population qui a été touchée par le virus se situe aux alentours de 1.5 millions de personnes ! Soit près du quart de la population de ce pays. Mais l'écrasante majorité des malades n'ont eu que des symptômes grippaux légers. Personnellement, je pense l'avoir attrapée en décembre. J'ai eu une légère fièvre pendant un ou deux jours, une toux et des écoulements nasaux assez prononcés pendant une semaine. Bref, rien qui ne justifie d'aller voir un médecin, ni même de m'absenter du travail ! Sur le moment je n'imaginais d'ailleurs pas que je pouvais avoir cette terrible grippe si mortelle. Je pensais plus à un simple rhume. Mais quand j'ai lu que la plupart des gens avaient eu ce genre de symptômes, j'ai changé d'avis.

D'ailleurs personne ne s'étonne que seuls les pays riches soient touchés. En réalité, il n'y a que dans les pays riches qu'on va voir un médecin pour une petite grippe voire pour un simple rhume et ainsi, on permet à son médecin de faire un test pour le H1N1. Car c'est la seule chose qui permette de distinguer le H1N1. Il n'y a pas de symptômes particuliers. Et elle n'est finalement qu'une grippe très légère. Sa mortalité est même ridiculement basse. 15 morts pour 1.5 millions de malades, ça fait un millième de pourcent ! Soit bien moins qu'une grippe saisonnière normale. Et je suis persuadé qu'on n'aurait rien fait, le taux de mortalité aurait été exactement le même. Les personnes qui sont malheureusement décédées de cette maladie, étaient généralement atteintes d'autres maladies et seraient sans doute mortes de toute manière.

Bref, tout cela, ça sent très fort le complot. Un complot initié par les industries pharmaceutiques qui avaient bien besoin d'une petite pandémie pour augmenter leurs bénéfices suite à la crise et ainsi justifier les salaires mirobolants de leurs dirigeants. Un complot auquel a participé l'OMS, dont les multinationales pharmaceutiques sont d'importants partenaires. Un complot enfin sur lequel les gouvernements ont fermé les yeux avec complaisance, allant pour certains jusqu'à y participer. Car n'est-il pas étrange que les 2 pays qui ont le plus exagéré les mesures de protection fassent justement partie des 4 pays producteurs de vaccins ? La France et la Suisse se trouvent être des marchés assez restreints alors qu'elles disposent toutes deux de laboratoires capables de fabriquer des vaccins anti-grippaux. Car Sanofi Pasteur (France) et Novartis (Suisse) sont en effet à la pointe dans ce domaine. Mais sans une campagne de vaccination mondiale ils ne disposent pas, contrairement aux Américains, d'un marché intérieur suffisamment profond pour rentabiliser leurs investissements. C'est particulièrement vrai pour Novartis évidemment. Alors, sans la politique inconséquante de leurs pays d'origine, ces laboratoires n'auraient sans doute pas pu participer à la course au vaccin.

Car dire qu'acheter 13 millions de doses pour un pays d'un peu plus de 7 millions d'habitants est cohérent, c'est fermer les yeux sur la réalité: notre pays a délibérément subventionné le vaccin. Même si la vaccination avait été obligatoire, on se serait retrouvé avec de nombreuses doses sur les bras, car pour finir la vaccination se fait en une seule fois. Et qu'on ne vienne pas me dire que les laboratoires ne le savaient pas. S'ils ont annoncé ne pas le savoir, c'est uniquement parce qu'il fallait justifier un pareil achat massif. Et d'ailleurs, la Suisse n'a pas prévu une vaccination obligatoire, donc même une vaccination en deux doses ne justifiait pas, et de loin, l'achat de 13 millions de doses. Maintenant, ces doses sont la propriété de la Confédération. Et il lui revient d'essayer de les revendre. Mais bien sûr, personne n'en voudra car la pandémie touche à sa fin. On peut dire finalement que le vaccin est arrivé bien trop tard pour avoir la moindre influence sur l'évolution de la pandémie. Désormais elle touche partout à sa fin et les gouvernements restent avec une grande partie de leurs doses sur les bras. L'industrie pharmaceutique a fait de précieux bénéfices et on dira que si on n'est pas morts, ça ne fait de mal à personne. Mais la triste vérité, c'est que nous tous, contribuables helvétiques, nous avons subventionné le salaire de Daniel Vasella qui, à n'en pas douter, devrait battre tous les records sur l'année 2009.

11:20 Publié dans Monde, Santé, Suisse | Tags : h1n1, vaccination | Lien permanent | Commentaires (4)

18/12/2009

L'UDF est-il un parti respectueux des institutions de ce pays ?

Ca devait être une réponse sur le blog de Sami Aldeeb, mais finalement, je trouve si incroyable ce que j'ai découvert que je préfère en faire un billet. Je suis allé lire le programme politique de l'UDF. Et je me suis aperçu à quel point ce parti représente un danger pour la laïcité. A tel point qu'on peut se demander s'il est normal de le laisser agir. Voici quelques morceaux choisis:

"L’engagement et les principes de l’UDF s’enracinent dans la Bible, parole de Dieu. L’UDF prend au sérieux ses responsabilités envers le Créateur, la société et l’Etat."

On remarquera que le Créateur vient en premier et l'Etat en dernier. A croire que le respect des lois de ce pays passe après le respect des lois de Dieu. Encore plus flagrant:

"L’UDF considère que les dix commandements de la Bible constituent le meilleur fondement pour une vie en société."

Pas les droits de l'Homme, mais la Bible. Les dix commandements comme programme politique. Et on dit que les islamistes sont dangereux ?

"Avec l’invocation « au nom de Dieu tout-puissant » ancrée dans le préambule de la Constitution fédérale, la Suisse rappelle qu’elle se reconnaît dans ces valeurs."

La seule partie de la constitution qu'ils sont capables de citer, c'est justement celle qui devrait en disparaître. Ce préambule entre directement en conflit avec la laïcité de la constitution. C'est une atteinte claire au droit des non-croyants et des fidèles d'autres religions.

"L’UDF s’engage à ce que les valeurs chrétiennes gagnent en influence dans le débat politique suisse, tout en demeurant attachée au principe d’un Etat de droit non confessionnel, démocratique et libre, fondé sur les valeurs chrétiennes. "

Un Etat de droit non confessionnel, démocratique et libre, mais fondé sur les valeurs chrétiennes ? Il faudrait m'expliquer... Et que les valeurs chrétiennes gagnent en influence dans le débat politique. Dieu nous en garde !

"...Elle s’oppose à l’utilisation abusive de la liberté de l’art pour blasphémer la création divine"

Bref, il va falloir apporter une nouvelle restriction à la liberté d'expression: l'interdiction de blasphémer !!! Mais j'y songe, n'était-ce pas une interdiction qui avait cours avant la révolution française ? Des têtes n'ont-elles pas été coupées pour que nous puissions gagner ce droit au blasphème ? (entre autres...)

"Les immigrants se doivent de respecter les valeurs chrétiennes et les lois de l’Etat."


Les lois de l'Etat, ben oui, comme tout le monde. Mais les valeurs chrétiennes, ce ne sont pas celles de ce pays. Les valeurs suisses sont laïques ! Ils n'ont donc aucune raison d'adopter les valeurs chrétiennes.

"Pour des raisons liées au rôle attribué dans la Bible à Israël
, l’UDF reconnaît les prétentions que le peuple juif peut fonder sur les saintes Ecritures, et qui sont également reconnues par la Suisse. L’UDF demande en particulier la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale indivisible de l’Etat hébreu."

Donc, il n'y a plus rien à dire. Les arabes n'ont qu'à se la boucler. La Bible dit que cette terre appartient à Israël, donc il n'y a rien de plus à dire. Et au passage, j'aime beaucoup le "et qui sont également reconnues par la Suisse." Car pour l'UDF, la Suisse c'est eux !!!

Le peuple suisse s'est bel et bien trompé de cible. L'islamisme radical est encore quasiment absent dans notre pays. Par contre, les radicaux catholiques sont bien dans la place et il ne faudrait pas baisser la garde. Pour rappel, voici le jugement de la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui avait autorisé l'interdiction du "Parti du Bien-Etre" en Turquie, parce qu'il menaçait directement la laïcité.

Jugement parti Refah 2001

Dans ces conditions, il est évident qu'il existe désormais une jurisprudence qui interdit aux partis politiques de prêcher contre la laïcité. L'attitude de l'UDF me semble donc condamnable...

 

En attendant Paula se fiche pas mal des querelles religieuses.
Tout ce qu'elle demande c'est de pouvoir reprendre son travail
au service de nos ainés.
Pour plus de précisions et pour signer la pétition, voir ici:

http://wipi.blog.tdg.ch/

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15:59 Publié dans Politique, Suisse | Tags : udf, chrétiens | Lien permanent | Commentaires (41)

07/12/2009

Les cafés restaurants ont besoin de fumée pour vivre !

C'est ce que j'ai appris aujourd'hui. Sans fumée, ils vont tous disparaître. C'est pourquoi ils préparent une initiative fédérale pour (ré-) introduire la liberté de choix entre établissement fumeur et non-fumeur. Une liberté qui a bien sûr toujours existé sans jamais être appliquée tant le nombre d'établissements non-fumeur a toujours été ridiculement bas. Dès lors, est-il sérieux de dire qu'il s'agit d'une véritable proposition respectueuse des uns et des autres ? Je préfère bien sûr de loin cette manière de procéder à celle des cafetiers genevois qui avaient lancé un référendum contre la loi d'application d'une loi acceptée par 80% du peuple. Tout le monde a le droit de lancer des initiatives et de lancer ou relancer un débat. Et puis au niveau fédéral, le souverain n'a encore jamais été consulté. Il serait donc intéressant de s'y mettre une fois pour toutes. De plus, une initiative n'a pas d'effet suspensif. La loi fédérale sur l'interdiction de fumer pourra donc enter en force malgré l'existence de cette initiative.

Toutefois les arguments des cafetiers-restaurateurs suisses m'interpellent de deux manières. Tout d'abord, le fait qu'on affirme que l'interdiction de la fumée saigne à blanc les responsables d'établissements publics me paraît inconsistante. Je croyais que les cafés et restaurants faisaient leur bénéfice sur les boissons et les plats. Depuis quand la fumée apporte des recettes à ces établissements ? Pour moi elle n'est qu'une nuisance inutile. Et si certains ne survivaient que grace à l'autorisation de fumer, on peut s'intéroger à propos de la qualité du service qu'ils proposent. Et on peut ainsi retourner la question et se demander pourquoi on devrait changer la loi pour permettre à des établissements de mauvaise qualité de survivre...

Ensuite on peut me répondre que si les fumeurs ne se rendent plus dans les lieux publiques, ça diminue les recettes globales de tous les établissements et ainsi le nombre d'établissements en difficulté augmente d'autant. Mais là je m'interroge donc sur les motivations des fumeurs. Je ne me souviens pas d'avoir entendu un fumeur se plaindre parce qu'il ne pouvait pas fumer au cinéma ou au théâtre. Ni parce qu'il ne pouvait pas fumer dans un grand magasin. Et que dire des avions ou des trains où avant il était possible de fumer ? L'interdiction a finalement été bien acceptée non ? Alors pourquoi les lieux de convivialité devraient faire exception ? Après tout, un café n'est pas fait pour fumer mais pour consommer une boisson. Et dans le cas d'un restaurant, la fumée est même une très grande nuisance pour les autres clients. Alors pourquoi serait-il normal de fumer ?

Et puis, cet argument est-il véridique ? Sans citer de chiffres, c'est facile de dire qu'on a plus de problèmes qu'avant. En réalité, des faillites d'établissements, il y en a tous les jours. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Alors il est un peu facile d'accuser l'interdiction de fumer. Et puis j'ai des fois entendu des fumeurs dire que désormais, ils boivent leur verre et s'en vont. Et bien je ne vois pas en quoi ça diminuerait les recettes des cafetiers, car en quoi un fumeur qui reste à tirer sur sa clope sans consommer rapporte-t-il ? Au contraire, il occupe une table et fait fuir les non-fumeurs... Quant à ceux qui boycottent les bistrots parce qu'ils ne peuvent plus y inhaler leur dope, je pense qu'ils ne tiendront pas longtemps. Dans quelques années, cela paraîtra tellement naturel que la fumée soit interdite qu'on ne se souviendra même plus de ces débats stériles...

02/12/2009

Le peuple a-t-il toujours raison ?

C'est ce qu'affirment les défenseurs du résultat de dimanche dernier au sujet des minarets. Le vote est définitif et ne doit pas être contesté. Et les tentatives d'intimidation contre tous ceux qui pourraient avoir envie de faire appel à des instances judiciaires pour les contrer sont légions. Tout recourant potentiel est décrit comme un pourfendeur de la volonté populaire. Mais le peuple n'est pas au dessus des lois. Tout comme ne le sont pas les politiciens. Donc ça n'est pas parce que le peuple vote une loi qu'il a forcément raison. Ni même qu'il doit avoir le dernier mot. Le fait est que l'écrasante majorité de la population, moi-même y-compris, ne sommes pas juristes. Alors qui sommes-nous pour juger de la légalité d'un texte ?

Lorsque les Genevois avaient voté la loi sur les chiens à la majorité des 2/3, on aurait aussi pu dire que ce résultat devait être accepté sans possibilité de recours. Pourtant le recours qui a été déposé auprès du Tribunal Fédéral, instance judiciaire garante du droit fédéral, a abouti à la suppression de plusieurs articles qui avaient pourtant été votés par le peuple. Qui avait alors raison ? Le peuple ou les recourants ? Évidemment les recourants puisque le peuple avait pris une décision non conforme au droit supérieur.

Même si je ne suis pas juriste, je sais tout de même reconnaître une discrimination quand j'en vois une. Si l'Arabie Saoudite interdit la construction d'églises, c'est une discrimination claire. Celle des minarets est bien sûr moindre, puisqu'elle n'empêche pas le culte. Mais du moment où elle n'est dirigée que contre une seule communauté, elle est clairement discriminatoire. Une loi interdisant tout caractère ostentatoire de constructions religieuses n'aurait pas posé autant de problèmes. C'est une interdiction visant une seule minorité religieuse qui est bel et bien une violation des droits humains.

Bref, que dit la Convention Européenne des Droits de l'Homme au sujet de la discrimination ?

Article 14 Interdiction de discrimination

"La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation."

A noter que cet article ne couvre que les articles de la Convention, mais qu'un protocole additionnel (Protocole No 12) étend l'interdiction de discrimination à l'ensemble du droit national des pays signataires. Ainsi, la discrimination concernant la construction de minarets, même si elle ne touche pas la liberté de culte inscrite dans le texte de la Convention est tout de même couverte par l'article.

En tant qu'état membre du Conseil de l'Europe et, condition indispensable, signataire de la Convention, la Suisse est tenue de se conformer au texte ci-dessus. Il est d'ailleurs assez étrange qu'on monte sur ses grands chevaux dès qu'on doit se soumettre au droit supérieur. Comme on peut le voir sur le tableau disponible ici, la Suisse fait partie des très bons élèves, ce dont nous pouvons être fiers. En 2008, nous n'avons subi que 4 condamnations. En comparaison, la Turquie en a subi 264 et la Russie 244 ! Pourtant aucune menace de quitter la convention n'a été proférée par ces 2 pays. Ils se plient aux règles. Même la France, patrie des Droits de l'Homme a subi 34 condamnations. (ce qui en comparaison de la population est assez équivalent avec notre pays) On n'entend aucun pays se plaindre de cette violation de souveraineté. Alors pourquoi lorsque la Suisse doit une fois accepter de jouer le jeu, elle devrait tout envoyer balader ? Sommes-nous si supérieurs aux autres Européens ? La culture de la suprématie de la volonté populaire justifie-t-elle n'importe quoi ?

D'ailleurs, le fait que cette discrimination soit issue du peuple ne la rend pas meilleure. Je pense au contraire qu'il est bien pire pour l'image de la Suisse que le peuple soit responsable d'une atteinte aux droits fondamentaux de l'une de ses minorités que s'il s'était agi d'un gouvernement totalitaire. Dans le second cas, on pardonne au peuple auquel on peut octroyer le bénéfice du doute. Dans notre cas, le peuple n'a aucune excuse.

Autre argument qu'on entend souvent: certes c'est une discrimination, mais elle n'est pas très grave puisque les musulmans peuvent toujours pratiquer leur culte. Et bien je suis sûr que c'est ce que pensaient les Allemands dans les années 30 en voyant qu'on imposait le port d'une étoile aux Juifs. Ca n'était pas si grave, puisque ça ne les empêchait pas de vivre, de travailler, d'aller à l'école. Le fait que cette discrimination était totalement inutile n'a sans doute pas frappé beaucoup de monde. Et le fait que c'était une porte ouverte à d'autres discriminations bien plus graves et finalement à un meurtre de masse était évidemment impossible à prévoir pour l'homme de la rue.

Il ne faut pas se laisser impressionner par Blocher et ses menaces de forcer la Suisse à quitter les organisations supra-étatiques qui "imposent" leurs lois à notre pays. Si la discrimination est réelle, la loi doit être annulée. Et seuls les juges de Strasbourg sont à même d'en juger. Si par contre ils devaient décider que le texte est recevable, je serais le premier à me conformer à leur décision. D'autant que je me fiche pas mal des minarets sur le fond. Je ne vois pas plus que n'importe qui pourquoi les religieux ont besoin de signaler leur présence de manière si visible. Ce qui m'est par contre insupportable, c'est de voir que le peuple suisse s'assoit sur les droits humains d'une de ses minorités.

Bref, le peuple a-t-il toujours raison ? La réponse est évidemment non. Le peuple peut se tromper et c'est à la justice de décider si la loi votée est conforme au droit. Alors que ceux qui veulent déposer un recours le fasse et qu'on cesse ce débat stéril jusqu'à la décision des juges.

19:43 Publié dans Suisse, Votations | Tags : minarets | Lien permanent | Commentaires (47)

01/12/2009

Peut-on se passer du nucléaire ?

Dimanche, le vote des Vaudois a été totalement occulté par celui sur les minarets. Pourtant, leur choix pourrait avoir une tout autre répercution sur notre avenir et ce pour longtemps. Il est vrai que ce vote sur la reconduction de l'autorisation d'exploitation de la centrale de Mühleberg n'était que consultatif et les autorités ne sont pas forcées de suivre l'avis du peuple. Mais compte tenu de la forte oppositon populaire dans la plupart des cantons consultés, on voit mal comment les autorités pourraient passer outre l'avis populaire.

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29/11/2009

Bravo la Suisse pour ce fiasco

Bravo d'abord au parlement qui a laissé une initiative discriminatoire passer en votation. C'est vrai qu'on peut (éventuellement) se féliciter qu'on puisse parler de n'importe quoi dans ce pays. Mais on peut aussi se demander pourquoi on a pris le risque de laisser le peuple approuver une loi discriminatoire qui ne pourra jamais être appliquée. Je l'avais prédis et ça se produira dès demain: les Verts vont saisir le Tribunal des Droits de l'Homme. Et il y a fort à parier que la loi sera invalidée du fait de la discrimination d'une seule communauté qu'elle introduit dans notre Constitution. Alors que restera-t-il au final ? Une image. L'image d'un pays qui n'a aucun respect pour ses minorités. L'image d'un pays qui se tourne de plus en plus vers son extrême-droite. L'image d'un pays où la démocratie est utilisée pour discriminer.

Bravo aussi aux autorités des communes de Langenthal et Wangen bei Olten. Parce que franchement, il faut bien avouer qu'accorder le permis de construire pour un minaret dans des petites villes comme celles-là, ça tient de l'imbécilité. A Genève, ou Zurich les minarets ne gènent pas du tout. Personne ne fait attention à eux. Mais dans une toute petite ville, il est évident qu'on peut légitimement se sentir envahi. Si on avait été suffisamment intraitable et qu'on n'avait pas accepté la construction d'une mosquée avec minaret dans des villes dont elles violent totalement le style architectural, on n'en serait pas là, ça j'en suis sûr.

Bravo au peuple suisse qui a réussi l'un de ses plus beaux autogoals. Désormais, la porte est grande ouverte pour les Ramadans et autres islamistes pour convaincre les musulmans de ce pays qu'ils sont détestés par le reste de la population Ils vont pouvoir former la nouvelle génération d'islamistes dans les écoles coraniques qu'ils vont pouvoir ouvrir. Et on n'est pas prêt de parler d'un islam à l'européenne qui puisse se détourner de ces gens-là...

Et finalement, bravo au Conseil Fédéral pour sa brillante gestion de l'affaire Kadhafi dont les attaques répétées contre la Suisse, comme le souligne Blondesen sur son blog, ont sûrement grandement profité à l'initiative.  Un peu plus de répondant face à ce sinistre personnage aurait probablement rassuré les Suisses.

Avertissement: si les commentaires deviennent trop virulents ou insultants, et celà qu'ils soient pro ou anti-minarets, les commentaires seront immédiatement fermés et les messages concernés seront effacés sans autre forme de procès.

18/11/2009

Et si on interdisait la religion musulmane ?

Je n'arrête pas de lire un peu partout, sur des blogs défendant l'initiative anti-minarets ou n'importe où ailleurs, que les musulmans sont TOUS dangereux, qu'il n'existe pas de musulmans modérés, que leur but est d'envahir l'Occident pour y imposer la charia et pour mettre des burqua aux Suissesses et autres Européennes. Mais si cette religion est si dangereuse, pourquoi faire un geste aussi vain et inutile qu'interdire les minarets ? Est-ce que les musulmans seront plus modérés sans leurs minarets ? Est-ce que les femmes ne seront plus obligées de porter le voile ou même (pour autant qu'on ait déjà pu en voir en Suisse) la burqua ?

On répond souvent que c'est un premier geste. Qu'il faut bien commencer quelque part. Et bien je réponds par cette question: pourquoi commencer par quelque chose qui ne sert à RIEN ? Pour mettre au pas les jeunes qui font des excès de vitesse, doit-on leur interdire de repeindre leur voiture ? Pour empêcher les cambrioleurs de commettre leurs méfaits, doit-on leur interdire de porter des couleurs foncées ?  Est-ce qu'un cardiologue guérit une tachycardie simplement en détournant le regard de l'ECG? Alors pourquoi s'en prendre à quelque chose de pûrement visuel si on pense qu'il y a un véritable problème ?

Après tout les Romains, lorsqu'ils se sont aperçus que la religion chrétienne était sur le point de les conquérir, l'ont bien interdite. IIls avaient d'ailleurs bien raison de penser que cette religion était dangereuse. Les millénaires qui ont suivi l'ont bien prouvé. lIs ont donc pris leurs responsabilités. Et l'Empereur Néron dans toute sa bonté, en a profité pour envoyer les récalcitrants jouer avec des gros chats dans le Collisée ! Pour tout le plaisir du bon peuple. Des jeux et du pain, c'était tout ce qu'il fallait pour faire le bonheur de la plèbe à ce qu'on disait ! Alors on pourrait les imiter non ? Ça ne les a pas empêché d'être conquis et de disparaître 300 ans plus tard. Mais en attendant, ils se sont bien amusés au moins !

12/11/2009

Pour interdire la vente d'armes, il faudrait commencer par définir ce qui est une arme

Il est tout à fait clair qu'un pays neutre ne doit pas vendre d'armes à l'étranger, si elles risquent d'être utilisées dans des conflits. La Suisse met d'ailleurs beaucoup de moyens à s'assurer que les dérapages puissent être évités. Mais l'initiative du GSsA veut aller plus loin et veut interdire toute vente d'armes à quelque pays que ce soit, afin d'éviter que puisse exister toute possibilité de dérapage, au nom du principe de précaution. Cela pourrait avoir un sens, mais il faut voir que cela mettrait fortement en danger notre indépendance sur le plan militaire.  Car particulièrement au niveau des munitions, il est important de posséder une fabrication locale, car en cas de guerre, nous ne pourrions compter que sur nous-mêmes. Et une industrie qui ne se limiterait qu'à nos besoins locaux n'a pas une seule chance de survivre. Sans parler des emplois, qui quoi qu'on dise, ne pourraient pas être maintenus si la loi passait. En effet, une reconversion, bien que possible, ne peut pas se faire du jour au lendemain. Un appareil industriel nécessite beaucoup de moyens pour le reconvertir et le choix le plus simple serait la fermeture pure et simple.

Mais voilà, le GSsA met en avant de rares dérapages pour justifier cette interdiction. Le cas exposé le plus généralement est celui de ce Pilatus PC-9 que le Tchad a employé pour bombarder des populations.

Mais il est clair que l'ensemble de la gamme de Pilatus est constitué d'avions d'entraînement et non d'avions de combat ! Ils ne peuvent donc en aucun cas être considérés comme des armes !

Pilatus.jpgD'ailleurs, bien qu'excellents pour l'entraînement des pilotes, ces avions font de piètres avions de combat. En effet ils ne disposent d'aucune défense contre la DCA, ni contre-mesure, ni avionique sophistiquée, ni flares, etc...  Autant ré-équiper des avions de la seconde guerre mondiale, qui au moins avaient été construits pour le combat ! Si le Tchad les a équipés pour le combat, c'est qu'ils disposent d'une aviation moyen-âgeuse. Voire d'aucune aviation de combat. Sans cela, ils n'auraient même pas jugé utile d'y penser. A ce niveau, on peut imaginer que s'ils n'avaient pas eu le PC-9, ils auraient armé des ULM !

De plus, il s'agit D'UN SEUL AVION ! Doit-on revoir toute notre politique juste parce qu'un pays a utilisé un avion d'entraînement construit chez nous pour la guerre ? Et un avion qui n'est pas défini comme du matériel militaire ? Celà en total désaccord avec les prescriptions strictes d'utilisation fixées par la Suisse au moment de la vente ?

Et maintenant, si le PC-9 doit être considéré comme une arme, où est la limite ? Doit-on arrêter de vendre des montres parce que des commandants peuvent les utiliser pour synchroniser une attaque ? Doit-on arrêter de vendre des machines parce qu'elles peuvent être utilisées pour fabriquer des munitions ? Doit-on interdire à Logitech de vendre ses produits hors de Suisse, parce qu'ils peuvent équiper des ordinateurs d'armées de pays en guerre ? (ce qui est certainement le cas d'ailleurs...) Doit-on interdire à Novartis ou Roche de vendre des médicaments à l'étranger parce qu'ils pourraient être utilisés pour renforcer une armée ? Doit-on interdire aux chocolatiers ou aux fromagers de vendre à l'étranger parce que leurs produits peuvent apporter de l'énergie à des soldats ?

Alors oui, finalement il est possible que pour un pays neutre, il soit un peu hypocrite de vendre des armes à l'étranger. Ceci dit, un pays qui ne disposerait pas d'industrie d'armement ne peut en aucun cas s'assurer de l'indépendance de son armée. Et à notre époque, une industrie militaire qui n'aurait pour seul débouché que notre minuscule marché intérieur n'aurait aucune chance de survivre. A ce niveau-là, autant donner les clés de notre défense à nos voisins, moyennant payement en échange ! Mais d'ailleurs, c'est probablement là que le GSsA veut secrètement en arriver...

S'il faut faire quelque chose finalement, c'est peut-être plutôt assouplir notre neutralité. Voir la supprimer totalement. Accepter qu'à une époque de globalisation, où nous sommes durablement en paix avec tous les pays qui nous entourent, il soit préférable de collaborer avec eux dans le domaine militaire, plutôt que de continuer à nous voir comme une place forte isolée du monde. Jusqu'à la fin de la guerre froide notre neutralité avait (peut-être) encore un sens. Aujourd'hui, je la trouve totalement dépassée.

Si nous collaborions à l'OTAN, cela nous apporterait d'une part de nombreux avantages sur le plan de l'armement, à commencer par la compatibilité des systèmes d'armement et de commandement, la possibilité de nous entraîner à l'étranger, de participer à des opérations jointes, pour autant qu'on le souhaite, etc... Nous bénéficierions également de l'entraide des pays membres. Dans ce cas, il est probable que des pays tiers hésiteraient un peu plus avant de s'en prendre à nous. (Par exemple la Lybie qui prend bien garde de ne pas se mettre à dos l'organisation...) Et surtout, nous éviterions des couacs comme le refus de participer à l'opération Atalante, alors que le respect des conventions internationales nous y engageait. (voir ce billet) Et nous pourrions nous permettre d'avoir une armée de métiers, avec des spécialisations en ce qui concerne l'intervention à l'étranger, par exemple en la limitant à des opération de police, de maintien de la paix et à caractère humanitaire. Cela représenterait une adaptation assez difficile, mais finalement la seule à pouvoir restaurer une certaine cohérence dans notre politique internationale.

09/11/2009

Faut-il prendre des mesures spéciales en faveur de la sécurité routière ?

Durant la semaine écoulée, trois accidents mortels ont défrayé la chronique à Genève. Désormais le nombre de tués sur les routes genevoises passe à dix-huit pour cette année, soit pas loin du double du nombre de tués de l’année passée ! Dès lors, nombreuses sont les voix qui appellent à un renforcement des mesures de prévention, voire de répression. Il est évident qu’un doublement du nombre de morts est très impressionnant. Mais ce doublement est-il réellement la marque d’une augmentation de l’imprudence des conducteurs ?

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08/11/2009

La "crise" du H1N1 arrive enfin !

Ça y'est, elle est enfin arrivée ! On ne l'attendait presque plus, la grippe A. Et bien, comme n'importe quelle grippe, c'est en novembre qu'elle frappe, avec probablement un pic hivernal à venir. Étonnant non ? Aucun modèle mathématique ne l'avait prévu. Pour le savoir, les scientifiques auraient dû procéder par analogie, en regardant ce qui se passe normalement, mais ça aurait été une méthode bien trop simpliste pour eux. Mieux vaut se tromper avec des méthodes "scientifiques" très coûteuses qu'avoir raison en utilisant la méthode de l'homme de la rue, gratuite...

Donc enfin elle arrive. Juste à temps pour justifier le coûteux programme mis en place par notre gouvernement, entre autres l'achat de 13 millions de doses de vaccin pour un pays de 7 millions d'habitants, dont seul un faible pourcentage prévoit de se faire administrer ce vaccin ! Et pour cause : un vaccin, pour la plupart des gens, ne sert qu'à empêcher le corps de fabriquer ses propres défenses, actives ensuite pour des années ! Se vacciner contre la grippe oblige les gens qui font ce choix à se vacciner ensuite tous les ans, car la protection qu'offre le vaccin ne permet d'être protégé que contre une seule souche. A la moindre mutation, la protection doit être renouvelée. On n'a d'ailleurs aucune assurance que le vaccin sera encore efficace lorsqu'un virus fera apparition dans son organisme. Les virus mutent en permanence et n'attendent pas la commercialisation des vaccins.

Dans ces conditions, il est évident que le seul moyen d'être protégé à long terme contre la grippe, c'est la bonne vieille méthode : rester au lit pendant une semaine en consommant du thé en abondance et attendre que ça passe ! Car pour la plupart d'entre nous, notre corps est très bien armé pour faire face à la grippe et aucune substance extérieure est nécessaire pour nous aider à lutter contre cette menace.  Il est d'ailleurs symptômatique que seule une petite portion du personnel de santé souhaite se vacciner. Ils ont leurs idées bien arrêtées à ce sujet...

Alors doit-on aider notre gouvernement à justifier sa décision étrange d'acheter dix fois plus de doses de vaccin que nécessaire ? Ou doit-on refuser un vaccin qui aura pour seul effet de retarder d'un an la menace ? Car maintenant que le H1N1 est de retour, (il avait disparu durant une cinquantaine d'années...) il est plus que probable qu'il va s'installer pour longtemps. Il y aura des mutations et de nouvelles épidémies se feront jour chaque années, comme c'est le cas pour la grippe saisonnière. Et il est même probable que certaines de ces mutations soient bien plus dangereuses que celle qui sévit actuellement. Alors si on doit tomber malade du H1N1, ne vaut-il pas mieux que ça soit de celui-ci ?

Se vacciner est un geste citoyen. Cela aidera notre pays à subventionner Novartis et ses laboratoires de recherche. Mais le seul geste intelligent si on est en bonne santé, c'est de refuser de se faire imposer une solution médicale inutile qui répond à une menace imaginaire et instrumentalisée. A moins bien sûr qu'on trouve plus important d'assurer la pérénité à long terme du salaire de Vasella que celle de sa propre santé...

10:52 Publié dans Santé, Suisse | Tags : h1n1, grippe porcine | Lien permanent | Commentaires (5)

24/10/2009

Le problème ce n'est pas l'affiche, c'est l'initiative !

J'ai bien hésité à participer à cette vague d'indignation contre l'affiche de l'UDC, car en parler c'est en faire la publicité ! Et les interdire comme l'ont fait de nombreuses communes, c'est paradoxalement offrir une tribune inespérée aux défenseurs de l'initiative. D'ailleurs, je me demande quelle base légale permet à ces communes de bafouer un droit politique basique à un groupement, celui de défendre ses positions politiques. Car finalement, qu'est-ce qu'on attendait d'autre ? Des affiches bien gentillettes qui exposent de manière posée les arguments des initiants ? Et bien croire cela est parfaitement absurde. Car l'initiative contre les minarets est une initiative haineuse ! Et on ne peut pas défendre une initiative haineuse avec autre chose que des affiches haineuses !

Car le problème finalement, ça n'est pas de savoir si l'affiche du comité d'initiative est haineuse. Mais le vrai problème c'est de comprendre pourquoi l'Assemblée Fédérale a accepté qu'une initiative allant clairement à l'encontre des valeurs constitutionnelles de notre société aille en votation ! Et aussi pourquoi le Tribunal Fédéral n'a pas invalidé la décision de l'Assemblée Fédérale. La liberté religieuses est un fondement constitutionnel. Le respect des minorités aussi. Alors accepter d'envoyer tout le peuple voter sur cette initiative, c'est nier les fondements de notre société ! C'est accepter de prendre le risque que le peuple accepte une initiative contraire aux droits de l'Homme.

Et finalement, c'est là que réside le problème. Si cette initiative passait, elle ne pourrait qu'être déclarée illégale. Si ça ne devait pas être par le Tribunal Fédéral, ça le serait forcément par la Cour Européenne des Droits de l'Homme à laquelle le Tribunal Fédéral est assujetti. Alors pourquoi déplacer toute la population pour voter sur une interdiction qui n'entrera jamais en vigueur ? Si vous avez l'intention de voter pour cette initiative, je vous l'annonce donc : jamais les minarets ne seront interdits en Suisse ! Pas tant que la Suisse est signataire de la Convention Européenne des Droits de l'Homme en tout cas ! Ceux qui vous font croire que votre voix à la moindre valeur vous ont menti ! Dans quel but ? J'avoue que je ne le comprends pas...

Bon et finalement, ces histoires d'affiches sont parfaitement idiotes. Je suis certain que la population de ce pays est suffisamment mature pour ne pas se forger son opinion sur une image aussi haineuse soit-elle. Et s'il faut lutter contre cette affiche, ça doit être avec une attitude positive et constructive. En proposant des contre-arguments à l'image de la Coordination Genevoise contre l'Exclusion et la Xénophobie qui propose cette excellente affiche : (cliquez dessus pour agrandir)

affiche contre initiative minarets.jpg