30/07/2009

Un Conseil Fédéral élu par le peuple ?

L'UDC a le mérite d'avoir lancé le débat. C'est vrai qu'on peut se demander si nous n'aurions pas intérêt à élire notre Conseil Fédéral plutôt que de les faire élire indirectement par nos représentants. Et pour le plus grand parti de Suisse, c'est aussi un moyen de s'assurer d'une meilleure représentativité de l'exécutif. Seulement ça n'est pas si simple. La représentativité serait paradoxalement plus difficile à obtenir avec une élection par le peuple.

Il faut comprendre que tout scrutin électoral correspond à l'un de ces modèles : proportionnel ou majoritaire. Dans le cas des élections fédérales, on élit deux chambres qui ensemble forment l'Assemblée Fédérale. La chambre haute est constituée du Conseil des Etats, pour lequel chaque canton envoie 2 représentants. (au total 46 députés) Compte tenu du peu d'élus par canton, c'est souvent les groupes politiques les plus importants qui gagnent l'élection. Par le jeu des alliances, les partis qui ont mieux su se regrouper avec des partis dont les idées sont proches arrivent bien mieux à s'y faire représenter. Au contraire, on s'aperçoit qu'un parti isolé politiquement comme l'UDC, ne parivent pas à s'y faire représenter de manière proportionnelle au nombre de voix qu'il récolte. C'est pourquoi cette élection est considérée comme une élection majoritaire. La chambre basse, le Conseil National, est constitué de 200 sièges, répartis proportionnellement à la population de chaque canton. Il s'agit donc d'une élection proportionnelle. Et dans ce cas, même un parti isolé politiquement parvient à faire élire un nombre de députés proche du nombre de voix qu'il a réussi à récolter. Pour autant qu'il ait réussi à atteindre le quorum de 7% toutefois. Donc on l'aura compris, seul le système proportionnel parvient à assurer la représentativité.

Dans le cas des élections cantonales, où le gouvernement est élu par le peuple, on s'aperçoit souvent que les sièges sont répartis entre les grands partis comme c'est le cas au Conseil des Etats. A Genève par exemple, l'entente d'un côté et l'alliance de gauche de l'autre se partagent généralement les sièges. L'UDC qui est pourtant devenu le plus grand parti à Genève n'est pas parvenu à faire entrer un de ses représentants au Conseil d'Etat lors des précédentes élections et il est assez peu probable qu'il y parvienne cette année. Il faut le savoir : une élection de gouvernement par le peuple n'assure pas la représentativité des partis. Bien au contraire, elle favorise les jeux des alliances et isole politiquement les extrêmes.

Or le Conseil Fédéral, dans le système de la formule magique qui a prévalu jusqu'à aujourd'hui, se veut non seulement représentatif des partis, mais aussi des différentes régions linguistiques. La perte de cette dernière serait particulièrement dommageable pour les minorités telles que la nôtre. En tant que Romands, nous aurions de bonnes raisons d'être inquiêts d'une élection au suffrage universel direct. Sans l'introduction d'un système assurant la protection des minorités, on peut s'attendre à une sous-représentation des minorités linguistiques. Dans ces conditions, une élection proportionnelle directe, avec l'élection des sept Conseillers Fédéraux par l'ensemble du peuple suisse n'est pas souhaitable. Reste donc la solution de l'élection purement majoritaire. On pourrait par exemple prévoir de séparer la Suisse en 4 circonscriptions électorale. Les 3 premières, la Suisse romande, la Suisse centrale et la Suisse orientale éliraient chacune 2 Conseillers Fédéraux et la dernière, la Suisse italienne, en élirait un. Mais dans ce cas, on le comprend immédiatement, on tombe dans une élection purement majoritaire, pour laquelle l'UDC aurait beaucoup de mal à se faire élire. Dès lors, on comprend assez mal que l'idée provienne de ce parti. Cela vient-il d'un manque de connaissance de ce qu'est un scrutin majoritaire ? C'est étrange alors que ce parti participe à des élections depuis longtemps...

Bref, pour ma part je ne suis pas opposé à une élection du Conseil Fédéral par le peuple, pour autant qu'elle respecte les minorités, puisqu'elle permettrait au moins de sanctionner directement un Conseiller Fédéral qui n'aurait pas satisfait la population plutôt qu'attendre un départ volontaire. Elle éviterait aussi le jeu des alliances de circonstance (les "magouilles" selon l'UDC) et forcerait les partis à présenter de réels programmes gouvernementaux pendant la campagne. Mais malheureusement, quand on regarde ce qui se passe dans les cantons, on s'aperçoit que l'élection populaire ne remplit pas toujours son rôle de catalyseur, destiné à forcer les élus à rendre régulièrement des comptes à la population. En effet, les partis ne proposent souvent qu'un nombre minimal de candidats afin d'éviter de faire de la concurrence à leurs sortants. Par exemple, aux prochaines élections genevoises, on devrait avoir le choix entre 4 candidats de gauche et 4 candidats de droite, les candidats UDC, MCG et d'extrême-gauche ne faisant probablement que de la figuration. Ainsi, nous n'aurons que 8 candidats en lice pour 7 sièges ! Autant dire que l'enjeu est assez biaisé. Dans ces conditions, on peut se demander quel est l'intérêt de changer un système qui finalement ne marche pas si mal que ça...

07/07/2009

La Turquie doit-elle entrer dans l'Union Européenne ?

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'en déposant une demande d'adhésion, la Turquie a mis les Européens devant un dilemme. Deux camps bien tranchés se sont immédiatement fait jour et il s'agit depuis d'un des plus gros motifs de discorde au sein de l'Union. Et c'est une première, car lors des précédents élargissements, les voix qui se sont opposées par principe aux nouvelles adhésions étaient rares. A la suite de la chute du rideau de fer, l'Occident avait accueilli à bras ouverts ces pays frères qui avaient, l'espace de quelques décennies, quitté le giron familial. La seule question qui se posait réellement concernait le niveau de vie de ces pays et la période transitoire durant laquelle ces pays allaient devoir rattraper les pays occidentaux. Ainsi que dans certains pays, un déficit démocratique qu'il fallait combler avant l'entrée de ces pays. Mais sur le fond, il n'y a jamais eu de réel problème. Il a toujours été considéré comme normal de les accueillir pour autant qu'ils le souhaitent.

Par contre, en ce qui concerne la Turquie, le problème est bien plus profond et touche à l'idée même qu'on se fait de l'Union Européenne. Souhaite-t-on qu'elle soit un simple espace de libre-échange ? Voire un instrument pour se renforcer mutuellement et avoir plus de poids face aux autres grandes puissances économiques ? Ou veut-on aller plus loin et la voit-on comme une association de pays qui se sentent proches les uns des autres et qui veulent bâtir un avenir commun ? Dans ce dernier cas, il y a de fortes chances qu'on ait une appréhension à y voir entrer un grand pays musulman. La question est donc plutôt ardue.

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02/07/2009

Référendums : et si on changeait les règles ?

Ceci est un appel à la Constituante, ou du moins à certains de ses membres.

Jusqu'à présent, je pense pouvoir parler au nom d'une grande partie des habitants de ce canton en affirmant que nous avons l'impression que la Constituante passe plus de temps à voter son propre budget qu'à discuter du sujet pour lequel on l'a élue, à savoir la nouvelle Constitution. Mais je suis certain que les travaux vont commencer sous peu et je pense qu'un dialogue entre les Constituants et la population est nécessaire durant tout ce processus. Dans cette optique, compte tenu de l'actualité, voici les points que je voudrais voir défendre.

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21/06/2009

La fin de la quiétude du Conseil Fédéral

En faisant passer Christophe Blocher à la place de Rüth Metzler, l'UDC a créé un précédent dont les conséquences se répercutent encore aujourd'hui. La notion de représentativité n'était jusqu'alors pas inscrite dans le marbre. En réclamant un second siège sans même attendre le départ naturel de Joseph Deiss, et en évinçant ainsi une Conseillère Fédérale à qui on avait rien de spécial à reprocher, l'UDC a lancé une compétition entre partis, purement basée sur la représentativité. Souvenons-nous. Jusque-là, la formule magique était quasiment inscrite dans le marbre. Deux PRD, deux PDC, deux PS et un UDC. Cette formule magique qui assurait la quiétude du Palais Fédéral a vécu. Désormais règne la loi de la jungle.

Car qui aurait pu croire que les démocrates-chrétiens, alliés naturels des radicaux-libéraux, allaient tenter de leur ravir un siège ? Certes, le PDC n'a toujours pas digéré la perte de son second siège. Certes, ils se souviennent que certains radicaux avaient donné leur voix à Christophe Blocher et fait pencher la balance en faveur de ce dernier. Mais vaut-il vraiment la peine de se lancer dans pareille querelle alors que l'écart du nombre de sièges au National est plutôt faible ? Ce genre d'intrigue ne grandit pas l'image du PDC, ni de son Président. Surtout qu'on peut douter de la capacité du PDC a effectivement remporter ce second siège.

Bref. Désormais, la quiétude qui régnait traditionnellement au Conseil Fédéral a vécu. Chaque élection devient une foire d'empoigne. Un peu comme dans un jeu de chaises musicales, il manque toujours un siège. Les Conseillers Fédéraux n'ont même plus leur place assurée jusqu'au moment de leur démission. Juste retour de bâton pour Christophe Blocher en fait. Mais désormais la porte est ouverte pour d'autres. Le PRL va peut-être en faire les frais cette fois-ci. Puis à la fin de la législature, c'est probablement Mme Widmer-Schlumpf qui va devoir céder son siège. Dommage, on y perdra une des personnes les plus compétentes et les plus populaires de ce Conseil Fédéral. A moins que l'effet Widmer-Schlumpf joue en faveur du nouveau parti bourgeois ?

Car ça aussi c'est une nouveauté. Aux précédentes élections, beaucoup d'électeurs avaient voté UDC "pour soutenir Blocher". Cette façon de voter dénote une méconnaissance totale de nos institutions et de leur fonctionnement. En effet, c'est bien l'Assemblée Fédérale qui élit le Conseil Fédéral et non le peuple. Voter pour un parti ne donne pas la certitude que son représentant au Conseil Fédéral sera réélu. Elle donne seulement droit à une représentation au gouvernement. Et encore, rien n'est écrit, il s'agit plutôt d'une entente entre les partis. Ainsi, même un parti ayant 49% des voix pourrait théoriquement se faire éjecter du Conseil Fédéral ! Il suffirait pour cela que tous les autres partis se mettent d'accord...

17/06/2009

Je rêve d'un monde sans arme nucléaire

Et si nous réinventions un monde où la bombe atomique n'aurait jamais été inventée ? Ce rêve est bien sûr totalement utopique. Ce qui a été inventé ne peut plus être désinventé. Nous sommes condamnés à vivre dans ce monde où l'Homme sait fabriquer des armes nucléaires. Et c'est là qu'on peut critiquer l'inconscience de ces scientifiques qui ne se sont pas aperçus des conséquences de ce qu'ils inventaient. Certes, sur l'instant, ça avait dû ressembler à une plutôt bonne idée. La guerre faisait rage et posséder une arme qui permettrait de terminer cette guerre rapidement et avec un minimum de pertes dans ses propres rangs était un but qui semblait s'imposer. D'autant que l'Allemagne tentait elle aussi de se la procurer et il importait d'en disposer avant elle.

Mais qu'en a-t-il été depuis ? D'autres pays, Union Soviétique en tête se sont mis à fabriquer cette arme. La course aux armements a été lancée dès la fin de la seconde guerre mondiale. Et la puissance de ces armes a rapidement décuplé. Cette arme, qui avait été vue par ses inventeurs comme un moyen de terminer rapidement la guerre, s'est transformée en instrument de fin du monde. Seule la peur de l'annihilation réciproque aExplosion-Nucleaire-1.jpg permis à ce monde de rester propice à la vie.

Durant une quarantaine d'années, l'équilibre de la terreur s'est ainsi maintenu. Puis l'Union Soviétique a baissé les bras et nous avons pu enfin souffler. Seulement, à peine la guerre froide s'est-elle terminée qu'un nouveau danger est apparu : celui de la prolifération. Aux cinq puissances nucléaires "classiques", à savoir les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne, se sont rapidement ajoutées trois nouvelles. L'Inde, le Pakistan et Israël. Et si ces trois pays ne font pas trop craindre qu'ils puissent être les artisans d'un holocauste mondial ou même régional, trois autres pays beaucoup moins fréquentables leur ont immédiatement emboité le pas.

L'Irak, l'Iran et la Corée du Nord ont tous conduit des programmes nucléaires plus ou moins sérieux. Plus ou moins, car il s'est finalement avéré que l'Irak avait abandonné depuis longtemps son programme, contrairement aux accusations proférées par l'administration américaine. L'invasion du pays avait donc été conduite sous un prétexte fallacieux. Et le premier de ces trois pays, qui pour Georges Bush constituaient "l'axe du mal" était pour finir très loin de pouvoir devenir une puissance nucléaire. Doit-on pour autant généraliser ? Certainement pas, car les deux autres puissances nucléaires potentielles conduisent des programmes nucléaires bien plus sérieux.

En effet, l'Iran n'a jamais cessé ce programme. Il semble même avancer à grands pas. Et surtout, la Corée du Nord semble à bout touchant. Désormais ça n'est peut-être plus qu'une question de mois avant que ce pays ne dispose d'armes nucléaires viables et de missiles pouvant atteindre leurs voisins et même le territoire des Etats-Unis.

Il serait temps que le monde se réveille. Car laisser ces deux pays ou même un seul d'entre eux posséder l'arme nucléaire nous ferait replonger dans une nouvelle guerre froide. C'est totalement intolérable. Et il faut le faire savoir aux gouvernements de ces deux pays, si avides de pouvoir. Ils doivent comprendre que jamais on ne les laissera atteindre leur but. Car si une intervention devenait indispensable, elle devrait se faire avant que ces pays disposent d'armes nucléaires. Ensuite, cela deviendrait totalement impossible, le risque d'embrasement devenant insupportable.

On le voit, les scientifiques qui ont découvert la fission de l'atome ont créé un monstre que personne ne peut contrôler. Mais n'était-ce pas inéluctable ? Ca n'est finalement pas de leur faute si les particules subatomiques possèdent un si formidable potentiel énergétique. La célèbre formule E=MC2, Einstein ne l'a pas inventée. Il n'a fait que la découvrir. Et si ça n'avait pas été lui qui avait découvert l'énergie incommensurable que représente la masse atomique, quelqu'un d'autre l'aurait fait. Probablement à la même époque ou peu après. Ainsi va la science. L'histoire aurait peut-être même été profondément modifiée selon l'Etat qui aurait pu développer la bombe en premier. Et nous devons finalement plutôt être satisfaits de la tournure des évènements.

Alors, à défaut de réinventer un monde sans arme nucléaire, pouvons-nous encore inventer un monde dénucléarisé ? Les nations nucléaires actuelles, à commencer par les Etats-Unis, peuvent-elles abandonner cette arme alors que n'importe qui pourrait un jour se la procurer et menacer le monde entier ? En fait, je pense que ça serait bien plus facile de faire respecter un traité de non-prolifération, si quelques états ne se gardaient pas le triste privilège de faire planer une telle menace sur le monde. La fin de la prolifération passe sans doute par le désarmement. Si une interdiction totale était le but du conseil de sécurité de l'ONU, je pense que, moyennant des pressions, on pourrait y faire adhérer l'ensemble des nations. Alors nous pourrions peut-être entrevoir le bout du tunnel. Et mettre fin à plus de soixante ans de folie.

15/06/2009

Benyamin Netanyahou le pacificateur

C'est en tout cas ce qu'il cherche aujourd'hui à nous faire croire, sous la pression de Barack Obama il est vrai. En effet, il dit ne pas être opposé à la création d'un état palestinien. Mais bien sûr, il fixe certaines conditions.

Tout d'abord, il exige la reconnaissance de l'Etat d'Israël. Ceci semble couler de source et ne représente d'ailleurs plus une barrière infranchissable depuis pas mal de temps. Mais, le problème est qu'il demande la reconnaissance de l'Etat d'Israël en tant qu'état juif ! Ce qui signifie que les nombreux Palestiniens qui y résident et qui sont de confession musulmane ou chrétienne ne sont pas chez eux. Ils ne sont que des étrangers si on peut dire. Je pense que dans l'ensemble des pays démocratiques, il n'y a aucun autre état qui se réclame d'une religion plutôt qu'une autre. Certes, l'Iran ne fait pas mieux en se désignant lui-même comme une république islamique, mais ne doit-on pas attendre mieux de la part d'Israël ?

Il déclare aussi que cet état ne devra pas posséder la moindre force militaire. On va donc se retrouver avec un état qui n'aura pas la moindre capacité à assurer sa sécurité, intérieure comme extérieure. C'est dire que des mouvements armés comme le Hamas pourront sans problème y faire la loi. Une façon de prouver à posteriori que c'était une erreur de laisser les Palestiniens gérer leur pays de manière autonome...

Finalement, et surtout, il exclut la fin de la politique colonialiste d'Israël ! Comment peut-on dire dans le même discours qu'on est prêt à accorder une autonomie à un autre peuple et ensuite qu'on va continuer à coloniser ses territoires ?

Il aurait été très étonnant qu'un homme qui s'est fait élire sur la base d'une politique expansionniste et bélliqueuse soit l'homme par qui la paix pourra se faire. Et décidemment, il est évident que ça n'arrivera pas...

 

05/06/2009

Nous voterons donc sur l'interdiction des minarets

Moi les minarets, je m'en fiche. Je me considère depuis mon plus jeune âge comme un athée convaincu et toute forme de religion me paraît ridicule. Je pense qu'à notre époque, il est absurde de croire en n'importe quelle bondieuserie quelle qu'elle soit, alors que la science a fait de tels progrès et que la nécessité d'une force supérieure pour expliquer l'univers n'a pratiquement plus aucune raison d'être. La spiritualité me direz-vous. Certes, il y a effectivement de nombreuses personnes qui ressentent le besoin de croire en quelque chose de supérieur pour assouvir leur soif de spiritualité. Et bien je répondrai que pour ma part, ma spiritualité est bien plus touchée par la lecture de la théorie de la dérive des continents ou celle de l'évolution des espèces qu'en écoutant des histoires de dieux ou de déesses à dormir debout !

Et pour cette raison, je serais prêt à tout pour défendre ma liberté d'incroyance. Le jour où on essayera de m'imposer une religion quelle qu'elle soit, je serai prêt à me battre de toutes mes forces pour sauvegarder mon droit à l'athéisme. Et pour moi la laïcité est une valeur fondamentale de notre société occidentale démocratisée, au même titre que le droit de vote ou la liberté d'expression. Mais, bien que je considère mon athéisme comme un fondement de ma propre personne, il y a une autre chose contre laquelle je serais prêt à me battre avec tout autant de vigueur : je me battrais contre toute tentative de réduire le droit de mes semblables à croire en ce qu'ils veulent, aussi absurdes que puissent me paraître ces croyances !

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03/06/2009

Le néo-communisme qui se cache derrière l'étiquette écologiste

L'écologie, soit la protection de la nature, est une cause noble. Un reportage passé dimanche soir sur la TSR montrait par exemple des gens qui se battent aux Etats-Unis et au Canada pour la sauvegarde de deux espèces locales de grues sauvages. Ce genre de combat m'inspire une grande admiration. Notre monde a besoin de gens tels qu'eux, prêts à donner de leur personne pour protéger notre monde. Il n'en va pas de même pour les politiciens qui se cachent derrière l'étiquette écologiste.

En ce qui concerne l'automobile par exemple, l'industrie fait des recherches extrêmement coûteuses pour que ses produits aient un impact de plus en plus faible sur l'environnement, voire un impact totalement nul à terme. Ces efforts sont bien sûr nécessaires, car la pollution est et sera de plus en plus une plaie pour notre monde et pour notre espèce en particulier. Mais demandez à un écologiste s'il pense qu'une voiture absolument dépourvue de pollution serait convenable. Il vous répondra que non. Il faudra tout de même que nous nous serrions dans des bus bondés ou que nous transpirions sur nos vélos en costume cravate ou en tailleur pour aller au travail. Ou il vous dira même qu'il faut trouver des nouveaux modèles, tels que le "partage" de véhicules !

Et c'est là qu'on comprend de quoi il s'agit. La mise en commun. Ces gens continuent à penser que la propriété privée doit être éliminée et remplacée par une mise en commun générale des biens. Alors quelle différence avec l'idéologie qu'on croyait définitivement abandonnée, à savoir le communisme ? Et bien aucune. Car le modèle de société prôné par ces gens sous le couvert de l'étiquette écologiste est bien un modèle communiste. Un modèle où l'individu n'a plus sa raison d'être, mais où il doit se fondre dans un grand tout. Un modèle où la recherche de la prospérité est vaine, à part bien sûr pour les quelques privilégiés qui sont à la base de la création de ce système !

On taxe notre modèle de société d'être la cause de catastrophes écologiques globales et on répète inlassablement des arguments pseudo-scientifiques, la répétition leur donnant de plus en plus de vigueur. Au final, les gens finissent par avoir honte d'avoir une voiture ou de consommer de l'électricité. Et petit à petit, les néo-communistes gagnent du terrain.

Mais finalement, la question qu'on devrait se poser est la suivante : pourquoi devrait-on se passer de voiture, si ce moyen de déplacement devenait non-polluant ? Et si les machines de chantier devenaient elles aussi non polluantes, pourquoi ne pourrait-on pas construire des autoroutes souterraines qui sillonnent les villes et supprimer tout simplement les transports publiques ? C'est pour l'instant très utopique, mais il faut se rendre compte que vers le milieu du siècle, le monde ne consommera plus ou presque plus de pétrole, car il n'y en aura tout simplement plus. Pourquoi d'ici là devrions-nous abandonner notre mode de vie pour un système qui a déjà prouvé son inefficacité ? Ne devrait-on pas investir dans les techniques qui vont nous permettre d'éliminer notre dépendance au pétrole plutôt qu'accepter des idées saugrenues telles que la décroissance ?

13:56 Publié dans Politique | Tags : ecologie, communisme | Lien permanent | Commentaires (17)

01/06/2009

La crise coréenne : premier grand test de politique internationale pour Obama

Aux USA, on a coutume de penser que les présidents républicains sont plus à même de résoudre les conflits internationaux auxquels le pays est confronté. En effet, que ça soit avec Reagan ou avec les Bush, père et fils, l'Amérique a su montrer sa puissance au monde et les tentatives visant à s'en prendre à l'hégémonie de la première puissance mondiale ont toujours été tuées dans l'œuf. Ronald Reagan est même crédité de la victoire dans le conflit larvé qui a opposé son pays à l'Union Soviétique durant plus de quarante ans ! Ce qui est sans doute un peu exagéré car le pouvoir soviétique du plus grand pays du monde a surtout implosé de lui-même.

Quant aux présidents démocrates, on leur octroie d'autres qualités. La gestion de la politique sociale est leur principale spécialité. Sur le plan international, ils sont crédités de plus de capacités sur le plan diplomatique et leurs victoires les plus visibles ont souvent eu lieu autour de tables de négociations. Mais pour ce qui est de la gestion des crises, ils semblent moins bien dotés par la nature et sont réputés moins fermes.

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27/05/2009

L'Occident peut-il se permettre de laisser l'Iran et la Corée du Nord se doter de l'arme nucléaire ?

La question me semble très grave et très urgente à mesure que les stratégies visant à la conciliation échouent l'une après l'autre. Je pense que ces deux pays n'ont jamais souhaité interrompre leurs programmes nucléaires, mais n'ont accepté de prendre part aux tables de négociation que pour gagner du temps.

D'un côté, il y a l'Iran dont les missiles pourraient menacer directement Israël ainsi que tous les pays du Golfe. On pourrait par exemple imaginer une attaque coordonnée contre les puits de pétrole de ces pays, mettant en un instant l'approvisionnement du monde à genoux. L'Iran pourrait ensuite fixer ses propres prix et ses propres conditions, décidant qui mérite de recevoir le précieux liquide et qui n'en est pas digne. L'équilibre géostratégique en serait ainsi totalement bouleversé, et sans doute pas à l'avantage des Occidentaux...

De même, ils pourraient aussi s'en prendre directement aux gouvernements des pays limitrophes en attaquant directement les capitales de ces pays. Israël, la Jordanie, l'Irak, le Koweit, l'Arabie Saoudite, les Emirats, l'Afghanistan, le Pakistan... Tous ces pays plus ou moins amis de l'Occident pourraient se retrouver un de ces jours à la portée des missiles iraniens ! Et pire : parmi ces pays, existent déjà deux puissances nucléaires...

De l'autre côté du monde, la Corée du Nord, dont le régime est aux abois, semble sur le point de faire aboutir son programme d'armement nucléaire. Et deux alliés de première valeur de l'Occident, les frères ennemis du Sud et le Japon, pourraient alors se retrouver sous la menace directe de leurs missiles. Déjà, la Corée du Nord se fait menaçante et cherche à imposer sa loi au Sud. Et cela ne ferait qu'empirer si la production d'armes nucléaire devenait effective. Ca serait clairement un désastre majeur sur le plan stratégique.

Mais quel autre choix ont les Occidentaux que de tenter de renouer le dialogue ? A la question titre, on peut répondre par une autre : "L'Occident peut-il se permettre de se lancer dans des conflits régionaux majeurs avec ces deux pays ?" Il est clair que de tels conflits feraient de la guerre en Irak une petite escarmouche et de celle en Afghanistan une petite bagarre dans un bac à sable. Il y a bien sûr de quoi terrifier des peuples comme les nôtres, peu habitués à devoir se battre. Mais, l'histoire montre qu'il est bien plus dangereux d'attendre et laisser son adversaire gagner des forces que de frapper rapidement avant qu'il ne soit trop tard. Par exemple, si les Alliés avaient choisi de matter l'Allemagne vers le milieu des années trente, la guerre aurait été rapide et le régime nazi aurait pu être mis à terre sans trop de résistance. En laissant l'Allemagne reconstituer ses forces militaires, les Alliés ont donc fait une énorme erreur historique.

Alors, l'histoire va-t-elle se répéter ? L'Occident va-t-il à nouveau trop tarder pour se décider à frapper, au point qu'il n'aura plus le moyen de réagir ? Il faut aussi dire que la Chine et la Russie jouent leur propre jeu dans ces deux affaires, et ces deux membres permanents du Conseil de Sécurité risquent bien d'opposer leur véto à toute action militaire. Il faudra donc que les Occidentaux prennent leurs responsabilités avec tous les risques que cela comprend d'embrasement régional. Voire global...

26/05/2009

Les forces spéciales peuvent intervenir en Libye !

Ainsi donc les forces spéciales de l'Armée Suisse seraient tout à fait en mesure d'intervenir en Libye pour libérer nos deux ressortissants retenus en otage depuis plus de 300 jours ! Alors pourquoi ne pas les envoyer immédiatement ? Nos Conseillers Fédéraux ont-ils peur de fâcher Khadafi ? C'est vrai qu'il pourrait couper le robinet du pétrole... Mais enfin, qu'il le fasse ! Après tout la raffinerie de Collombey appartient aux Libyens de Tamoil et si elle doit fermer avec tout le réseau de vente, on sait qui va en pâtir en premier ! Et surtout, nos deux ressortissants valent bien quelques litres de pétrole ! Je trouve affligeant de voir comme le Gouvernement les oublie. Ça donne une bonne idée de la manière dont on serait traités si la même chose nous arrivait... Allons les récupérer tout de suite. Cette attente a assez duré ! Et toute autre considération diplomatique ou commerciale ne fait vraiment pas le poids dans la balance...

24/05/2009

Et si on n'avait jamais construit le Stade de Genève ?

Cela serait bien tombé en tout cas. Un stade des Charmilles rénové aurait entièrement fait l'affaire puisque Servette a connu les déboires que l'on sait peu après la construction du nouveau stade. Et pourtant... rien ne le laissait présager. Genève sans une équipe de pointe, impensable ! Et puis, il y avait l'Euro qui approchait. La Suisse avait besoin de 4 stades de niveau international. Et qu'une ville telle que Genève ne fasse pas partie des 4 villes choisies, ça paraissait inimaginable !

Bref, nous avons décidé, tous ensemble, ou en tout cas la majorité des votants du canton, d'offrir à notre ville et à sa principale équipe un stade flambant neuf, de valeur internationale. Et s'il est arrivé ce qui est arrivé au Servette par la suite, on peut juste dire merci à M. Roger ! Désormais, le stade est en déficit chronique et nos élus, qui se souviennent qu'ils vont devoir rendre des comptes à la population à la fin de l'année, rechignent de plus en plus à éponger ce déficit...

Mais peut-on laisser tomber le stade ? Quelle alternative avons-nous ? Personnellement, je ne vois pas trop. Il y a sans doute des moyens d'organiser d'autres manifestations, des spectacles, voire des matches internationaux. Mais tout cela ne remplacera jamais une équipe de pointe qui attire du monde chaque semaine au stade.

Bref, si on veut que ce stade devienne rentable, il n'y a qu'une seule chose à faire : avoir une équipe dans l'élite de ce pays ! Ca peut être Servette ou pourquoi pas une autre équipe, (Carouge est tout près, la Servette est plus loin...) mais il nous faut une équipe en Super League, voir en coupe d'Europe, et rapidement ! Donc au lieu de mettre les pieds contre le mur concernant le renouvellement du crédit, les parlementaires ne devraient-ils pas plutôt chercher un moyen de remettre une équipe sur les rails ? Je suis sûr qu'avec de la volonté, Genève pourrait se doter à nouveau d'une équipe capable d'entousiasmer plus que quelques fidèles.

21/05/2009

Vous avez dit Hadopi ?

Depuis des années, on assiste à un combat entre des entreprises qui cherchent à protéger les œuvres qu'elles diffusent et par la même occasion leurs moyens de diffusion classiques, et une partie des internautes qui profitent de la technologie qui leur est offerte pour télécharger ces œuvres. Je trouve qu'il y a même une certaine hypocrisie à offrir de plus en plus de bande passante aux internautes, ce qui n'a pratiquement aucune autre utilité que le téléchargement, et ensuite les sanctionner s'ils s'en servent. C'est un peu comme vendre des voitures pouvant rouler à 300 à l'heure et obliger à rouler à 120 ! D'accord, c'est bien ce qui se fait, mais ça n'est pas pour autant que c'est normal…

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20/05/2009

Plus de logements à la Praille

Ainsi on va construire plus de logements que prévu initialement dans le projet de PAV. A première vue c'est juste un changement destiné à contenter ceux qui veulent qu'on s'occupe en priorité de la crise du logement. Mais en réalité, il s'agit d'un changement de fond. En effet, 6000 logements pour 20000 emplois, ça signifiait que la part de la population active de l'agglomération logée dans le quartier était moins importante que celle qui y travaillait. Et donc, en fin de compte, le quartier aurait été importateur net de main d'oeuvre. Ca en aurait fait un quartier avant tout commercial plutôt à comparer au centre-ville qu'à des quartiers d'habitation tels que Plainpalais ou la Servette.

Désormais, l'équilibre est rétabli. 14000 logements pour 15000 emplois, sachant qu'un ménage comporte souvent 2 personnes actives, ça signifie que le quartier deviendra exportateur net de main d'oeuvre ! Je pense que cette nouvelle est vraiment excellente. Car je ne pense pas que nous ayons besoin de plus de main d'oeuvre importée, frontaliers ou pendulaires vaudois, la priorité doit être donnée au logement local. Il n'est donc pas nécessaire d'augmenter outre mesure le nombre d'emplois disponibles, mais par contre, nous devons nous donner les moyens de loger les employés des sociétés genevoises. Ce changement va donc vraiment dans le bon sens.

Reste à savoir ce qu'il faut construire. On sait que la pénurie concerne surtout des appartements de 3 à 5 pièces, les plus demandés en général. Est-ce à dire qu'on doit construire exclusivement ce type de logements ? Je pense personnellement qu'ils doivent effectivement constituer la majorité de ces nouveaux logements. Et au niveau du type de logement, faut-il plus de logements sociaux ? De loyers libres ? De PPE ? Je pense pour ma part qu'il faudra un peu des trois. Des logements sociaux pour ceux qui peuvent y entrer. (Mais vu les revenus maximum exigés, ça ne concerne pas grand monde...) Des logements en loyer libre pour les autres. Mais aussi des PPE pour permettre aux prix de l'immobilier à Genève de baisser et aider ainsi ceux qui peuvent accéder à la propriété à le faire. Et ainsi libérer des loyers libres pour les autres !

Et c'est peut-être là ce qui importerait le plus. Que les familles suffisamment aisées puissent acheter leur appartement et ne plus occuper des appartements qui pourraient servir aux autres ! Donc, je pense que des logements sociaux, c'est bien. Des loyers libres aussi. Mais construisons surtout des PPE afin que nous cessions d'être à la traîne de l'Europe au niveau du nombre de propriétaires de leur logement ! Il est inconcevable qu'à Genève, où on voit tant de Mercedes ou de BMW circuler, il y ait si peu de propriétaires...

Quant aux immeubles commerciaux, ils seront donc moins nombreux. Verra-t-on tout de même des tours ? Pas sûr depuis que les études géologiques ont prouvé la difficulté de la chose. Mais je pense que des tours pourront tout de même être construites sur la zone. On trouvera bien un moyen. Et ça me semble tout de même important pour qu'on ne fasse pas de la Praille une nouvelle cité satellite. Ce dont on n'a vraiment pas besoin, c'est d'un nouveau Meyrin ou d'un nouveau Lignon. La Praille doit devenir un nouveau centre. Avec son propre style et sa propre identité. Et de l'animation jour et nuit comme dans tout bon quartier vivant.

16/05/2009

Des quotas pour les travailleurs étrangers ?

Ainsi donc, le Conseil Fédéral s'est mis à parler de la mesure de sauvegarde qui l'autorise, selon l'accord sur la libre circulation, à réintroduire temporairement les quotas de travailleurs étrangers venant de l'Union Européenne. Il n'a fait qu'en parler bien sûr, car le but n'est sans doute pas d'introduire un quota, mais plutôt de montrer les dents...

Car qui seraient les premiers touchés par une telle mesure ? Les deux grands voisins bien sûr. La France et l'Allemagne. La France où les entreprises suisses se servent allègrement en travailleurs frontaliers, et l'Allemagne qui est devenue le principal fournisseur d'immigrants pour notre pays. Et il se trouve que ces deux pays sont justement ceux qui, en Europe, cherchent à imposer à la Suisse des mesures fortement limitatives sur le secret bancaire. Ceux qui se plaignent ouvertement de l'évasion fiscale dont bénéficierait, selon eux, la Suisse. Finalement, il ne s'agit de rien d'autre que d'une guerre d'annonces ! Alors est-ce un hasard si Peer Steinbruck s'est engagé auprès de parlementaires suisses à mettre de l'eau dans son vin et à éviter les déclarations trop agressives ? Pas sûr…

12/05/2009

Pas de loi anti-raciste en Israël ?

Je pense en tout cas qu'il n'y en a pas, car j'ai tout de même vu à la TSR un reportage repris d'une chaîne locale où des gens sont interviewés dans la rue, et qui osent dire en public que le pape n'est pas le bienvenu dans leur pays, parce qu'il est allemand et parce qu'il est originaire d'une région proche de celle dont est issu Hitler. Ce qui signifie que toute personne venant de ce pays est personna non grata dans leur pays selon ces personnes. On rend donc tout un pays responsable pour les crimes dont l'un de ses ressortissants s'est rendu coupable. Et le fait qu'on parle d'évènements qui se sont déroulés il y a plus de 60 ans et que la plupart des responsables de ces crimes soient morts depuis longtemps n'y change rien.

Ce genre d'arguments ne sont, et de loin, pas circonscrits à ce seul pays. Loin de moi donc l'idée de généraliser et de dénoncer l'ensemble des Israéliens pour les propos de quelques-uns. En outre, je ne suis pas du tout religieux et je n'ai absolument aucune sympathie particulière pour Benoît XVI. Je pense juste que si quelqu'un avait tenu des propos similaires ici, jamais il n'aurait pu franchir les barrières de la censure. Et je trouve que ce genre de particularités pose problème et n'aide pas à la reconnaissance internationale d'Israël.

Pour ma part, ce que j'attendrais d'Israël, c'est qu'il soit un pays exemplaire, voire le porte-drapeau au Proche-Orient des couleurs morales de l'Occident. Mais malheureusement, je dois constater que ça n'est pas franchement le cas. On y met régulièrement, comme c'est le cas en ce moment, des gouvernements fascistes au pouvoir. On pense que pour résoudre les conflits, il faut élire des fauteurs de guerre. Et tant que les Israéliens ne comprendront pas qu'ils doivent apprendre à vivre avec le monde qui les entoure, leur pays restera considéré comme un paria par beaucoup de monde.

16:02 Publié dans Monde, Politique | Tags : israël, pape, racisme | Lien permanent | Commentaires (0)

10/05/2009

Le passeport biométrique en question

Est-ce que le passeport biométrique est une bonne chose ? La réponse est oui. Il permettra de rendre plus difficile la falsification du document. Et sur le plan pratique, il nous permettra de continuer à nous rendre aux USA sans visa et bien sûr, de continuer à participer à l'Espace Schengen, avec tous les avantages que ça implique. Dès lors, faut-il voter oui la semaine prochaine ? La réponse est malheureusement non.

J'aimerais beaucoup pouvoir dire que le projet concocté par le Conseil Fédéral est un bon projet et que nous pouvons nous ranger sans crainte derrière lui. Mais de toute évidence, on a tenté de s'offrir des "raffinements" technologiques parfaitement inutiles et des possibilités d'extension sans la moindre nécessité. La base de données centrale est sans doute le point le plus litigieux. Elle n'est en aucun cas exigée par Schengen et personnellement, je n'arrive pas à en comprendre l'utilité. Son développement coûtera cher, la sécurité qu'elle exige aussi et au final, on ne peut pas être certain à 100% qu'aucun hacker ne parviendra jamais à venir à bout de cette sécurité. Vous imaginez la catastrophe si la liste complète des coordonnées des centaines de milliers de détenteurs de passeports, incluant les empreintes digitales, se retrouveraient en vente sur le Net au plus offrant ? Une refonte complète du passeport biométrique serait alors nécessaire pour restaurer la sécurité de ce document.

Malgré tout, je pourrais tout de même être favorable à cette base de données, si on avait été capable de m'en expliquer l'utilité. Or, on dirait que même Mme Widmer-Schlumpf n'a aucune idée de son utilité ! Je pense qu'elle a laissé faire sans se poser de questions et que les interrogations de certains autres partis la prennent au dépourvu. A moins que la justification de cet investissement soit plus inavouable...

Deuxième point d'accrochage, la possibilité d'inclure une puce dans la carte d'identité. Elle n'est bien sûr pas encore en question, car elle n'est exigée par aucun état. Mais le fait qu'elle puisse être introduite dans le futur sans aucun débat démocratique me paraît très gênant. Une carte d'identité biométrique augmenterait fortement son prix de revient et il ne faut pas oublier que, contrairement au passeport, en posséder une est obligatoire. Donc, je pense que son introduction n'aurait rien d'anodin et mériterait tout de même que le parlement, voire la population, puisse se prononcer.

Renvoyons donc le Conseil Fédéral sur le métier. Il a encore près d'un an pour proposer une loi plus consensuelle, qui ne sera pas combattue par un référendum. Votons donc non la semaine prochaine.

09/05/2009

Pourquoi il est important que l'assurance de base ne prenne pas en charge les médecines complémentaires

Les adeptes des médecines complémentaires pensent qu'elles remplacent avantageusement la médecine classique. On nous dit qu'elles s'en prennent aux causes et non aux symptômes. Qu'elles coûtent moins cher et permettent donc de faire des économies. Mais je trouve que ces arguments ne tiennent pas.

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08/05/2009

L'Allemagne veut interdire le paintball !

Suite à la fusillade survenue récemment dans un collège allemand, le Gouvernement envisage, entre autres, d'interdire ce jeu. Selon lui, à l'instar des jeux vidéo violents, ce jeu contribue à banaliser la violence. La Suisse envisage quant à elle de suivre le mouvement.

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03/05/2009

Référendums obligatoires. Est-ce judicieux ?

Entre tous les sujets pour lesquels nous aurons à voter le 17 mai prochain, ça devient une tradition, il y en a deux qui ne font absolument pas débat. Et pour cause, ces sujets ne sont soumis au vote qu'au titre du référendum obligatoire et le non n'est donc véritablement soutenu par aucune association, ni aucun lobby.

Je pense que le référendum obligatoire pour des questions constitutionnelles a un sens. En effet, la constitution est par excellence un texte appartenant aux citoyens et il est normal qu'ils soient les seuls à pouvoir y apporter des modifications. Mais la où ça devient ridicule, c'est quand on se retrouve obligé de voter sur des questions mineures, sans réel enjeu. Ainsi, je pense que le référendum obligatoire pour des questions fiscales ou de droit du logement est une fausse bonne idée.

Cela pouvait peut-être sembler être une mesure de protection utile pour la population qui est bien sûr la première concernée par ces questions. Mais il ne faut pas oublier que la grande majorité des changements qui touchent ces lois concernent des adaptations mineures. Dès lors, l'absurde réalité est qu'on envoie toute la population aux urnes pour des questions par lesquelles elle ne se sent pas concernée. Mais à force de rendre la chose politique aussi peu intéressante, on risque seulement de désintéresser encore plus de monde et les taux d'abstention risquent bien d'augmenter ! Et je ne parle même pas des frais occasionnés par l'organisation d'un scrutin inutile...

Et finalement, à quoi sert le référendum obligatoire ? Uniquement à protéger les caisses des associations qui n'ont alors plus besoin d'organiser les récoltes de signatures dans les rares cas où elles auraient décidé de lancer un référendum. Et ça les protège de l'échec dans le cas où elles n'auraient pas pu récolter assez de signatures. Ainsi on envoie voter toute la population sur une foule de sujets sans importance, juste pour éviter dans quelques cas que ces associations doivent dépenser trop d'énergie. C'est en tout cas le cas de l'ASLOCA, qui a réussi à faire adopter le référendum obligatoire pour le droit des locataires il y a quelques temps.

L'absurdité du scrutin est particulièrement criante dans le cas de l'adaptation du droit cantonal au nouveau régime fiscal des entreprises. Pour rappel, Genève avait l'année passée accepté ce texte fédéral avec un peu plus de voix que la moyenne. Imaginez maintenant que l'électorat fasse un caprice et refuse d'appliquer ces dispositions dans le droit cantonal ! Dans quelle situation absurde nous nous retrouverions. Et de toute façon, il ne faut pas se faire d'illusions, le Tribunal Fédéral invaliderait alors la décision populaire genevoise. Alors pourquoi voter si on sait d'avance que notre décision ne sera validée que si elle va dans le sens de la loi fédérale ?

Je pense que cette question du référendum obligatoire mériterait que les partis politiques la mettent sur la table. Avis aux intéressés...