01/11/2009

Enfin on respire !

Je suis allé au restaurant hier, un restaurant qui avait conservé une zone fumeur et une zone non-fumeur durant plus d'un an. Et bien c'est incroyable ce que ça fait du bien de sentir l'odeur de... la nourriture ! Vous passez près des autres tables et juste à l'odorat, vous pouvez presque savoir ce qu'il y a dans l'assiette des gens. Il aura donc suffit d'un jour pour que les odeurs tenaces de tabac froid s'estompent suffisamment pour rendre l'atmosphère plus respirable. Merci aux Genevois de nous avoir offert ça.

Reste quelques problèmes à régler rapidement. Les commerçants intéressés par l'installation d'un fumoir doivent par exemple recevoir rapidement une réponse. Pour cela, il faut que le Tribunal Fédéral statue rapidement sur ce sujet. Cette période durant laquelle les fumoirs sont légaux, mais on ne sait pas pour combien de temps, n'est pas vivable pour eux. Une décision rapide doit être prise. Personnellement je suis pour. Car des fumoirs bien aérés et sans service ne nuisent vraiment pas à autrui et si des gens veulent s'enfermer dans un enfer enfumé et bien qu'ils fassent comme ils veulent. Personnellement, si j'étais encore fumeur, je préférerais aller dehors ! Mais comme je ne le suis plus, je pense que le mieux c'est de leur laisser le choix. Car par exemple au casino ou dans une boîte de nuit, c'est souvent compliqué de demander aux fumeurs de sortir.

Mais il faut bien dire qu'en regard du texte de l'initiative cette mesure, que le Grand Conseil avait fait entrer de force dans le texte de loi, est illégale. Il serait donc étonnant que le Tribunal Fédéral refuse le recours des initiants. Restera aux restaurateurs à lancer une initiative pour autoriser les fumoirs et, pourquoi pas, les chaufferettes sur les terrasses. Personnellement je voterai sans doute pour. Et je suis certain que la majorité des Genevois en feront autant. Car la plupart des non-fumeurs ne détestent pas les fumeurs et ne leur souaitent pas une crève pour chaque clope allumée. Nous avons tous des amis fumeurs que nous aimons beaucoup. Mais ce que nous ne voulons plus supporter, c'est leur fumée. Et depuis hier, nous avons enfin gain de cause. Pour ma part ça me suffit pour oublier toutes les idioties que j'ai entendues pendant la campagne. Non je ne suis pas rencunier...

 

25/10/2009

Les extrémistes de gauche les plus bêtes du monde

Oui nous avons bien les extrémistes de gauche les plus bêtes du monde. Et ça n'est pas peu dire quand on voit les autres ! Déjà qu'ils ont fait pour la seconde fois une bourde monumentale en partant en ordre dispersé pour l'élection au Grand Conseil. Ils  payeront ainsi leur idiotie par quatre nouvelles années d'absence du législatif genevois. Mais le pire, ils nous le réservaient encore ! Voilà que les Communistes présentent trois candidats pour le Conseil d'Etat !

Je ne parle même pas de l'étrangeté de présenter trois candidats alors qu'il est évident que pas un seul d'entre eux ne figurera au rang des élus. N'auraient-ils pas pu se mettre d'accord sur le nom d'un candidat ? Ne sont-ils donc pas capables de laisser leur place à un camarade de parti ? Je les trouve vraiment affligeants... Mais finalement le plus affligeant, ça reste le manque de réalisme politique de ces gens. Incapables de s'apercevoir que leur candidature n'a pas une chance, ils vont juste réussir à prendre des voix à la gauche modérée et ainsi réduire la capacité de la gauche à se faire élire au Conseil d'Etat !

Ca n'est pas que ça me dérangerait vraiment. Si l'abominable Beer pouvait quitter ce Conseil d'Etat, j'en serais le premier heureux. (bien que j'en doute très fort) Mais le problème, c'est que le MCG n'attend qu'un faux pas de la gauche pour réussir son entrée dans l'exécutif ! En effet, avant que les Communistes ne présentent leurs candidats, on pouvait raisonnablement penser que Eric Stauffer et Mario Poggia n'avaient aucune chance. Désormais, on peut vraiment craindre qu'ils parviennent à prendre un à deux sièges à la gauche...

Bref, si vous êtes de gauche, je n'ai qu'un conseil à vous donner: votez réaliste ! Ne donnez pas votre voix aux Communistes, mais choisissez un bulletin de la gauche modérée. Vous pouvez éventuellement panacher votre liste avec les noms communistes, mais dans tous les cas, ça ne servira à rien car ils ne seront pas élus ! Le mieux serait d'ajouter des noms de droite... Car le plus important finalement, c'est que les candidats du MCG ne soient pas élus. Pour ma part, je choisirai une liste de l'Entente que je panacherai avec trois noms de gauche. C'est en groupant les forces qu'on empêchera le MCG d'entrer au Conseil d'Etat !

24/10/2009

Le problème ce n'est pas l'affiche, c'est l'initiative !

J'ai bien hésité à participer à cette vague d'indignation contre l'affiche de l'UDC, car en parler c'est en faire la publicité ! Et les interdire comme l'ont fait de nombreuses communes, c'est paradoxalement offrir une tribune inespérée aux défenseurs de l'initiative. D'ailleurs, je me demande quelle base légale permet à ces communes de bafouer un droit politique basique à un groupement, celui de défendre ses positions politiques. Car finalement, qu'est-ce qu'on attendait d'autre ? Des affiches bien gentillettes qui exposent de manière posée les arguments des initiants ? Et bien croire cela est parfaitement absurde. Car l'initiative contre les minarets est une initiative haineuse ! Et on ne peut pas défendre une initiative haineuse avec autre chose que des affiches haineuses !

Car le problème finalement, ça n'est pas de savoir si l'affiche du comité d'initiative est haineuse. Mais le vrai problème c'est de comprendre pourquoi l'Assemblée Fédérale a accepté qu'une initiative allant clairement à l'encontre des valeurs constitutionnelles de notre société aille en votation ! Et aussi pourquoi le Tribunal Fédéral n'a pas invalidé la décision de l'Assemblée Fédérale. La liberté religieuses est un fondement constitutionnel. Le respect des minorités aussi. Alors accepter d'envoyer tout le peuple voter sur cette initiative, c'est nier les fondements de notre société ! C'est accepter de prendre le risque que le peuple accepte une initiative contraire aux droits de l'Homme.

Et finalement, c'est là que réside le problème. Si cette initiative passait, elle ne pourrait qu'être déclarée illégale. Si ça ne devait pas être par le Tribunal Fédéral, ça le serait forcément par la Cour Européenne des Droits de l'Homme à laquelle le Tribunal Fédéral est assujetti. Alors pourquoi déplacer toute la population pour voter sur une interdiction qui n'entrera jamais en vigueur ? Si vous avez l'intention de voter pour cette initiative, je vous l'annonce donc : jamais les minarets ne seront interdits en Suisse ! Pas tant que la Suisse est signataire de la Convention Européenne des Droits de l'Homme en tout cas ! Ceux qui vous font croire que votre voix à la moindre valeur vous ont menti ! Dans quel but ? J'avoue que je ne le comprends pas...

Bon et finalement, ces histoires d'affiches sont parfaitement idiotes. Je suis certain que la population de ce pays est suffisamment mature pour ne pas se forger son opinion sur une image aussi haineuse soit-elle. Et s'il faut lutter contre cette affiche, ça doit être avec une attitude positive et constructive. En proposant des contre-arguments à l'image de la Coordination Genevoise contre l'Exclusion et la Xénophobie qui propose cette excellente affiche : (cliquez dessus pour agrandir)

affiche contre initiative minarets.jpg

21/10/2009

Vivons-nous les prémices d'un cataclysme annoncé ?

On dit que l'histoire se répète, toujours, inlassablement. J'essaye de me mettre dans la peau d'un hypothétique blogueur des années 30. Aurait-il été capable de voir venir la terrifiante conflagration qu'il avait devant lui ? Pas sûr. Mais il aurait pu en tout cas. Des signes qui ne trompent pas étaient déjà visibles. Mais presque personne n'y a prêté attention. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'aujourd'hui aussi, on néglige les signes avant-courreurs d'une catastrophe d'envergure planétaire.

Lire la suite

20/10/2009

Et si on cessait l'angélisme ?

Oui, car comme on peut le lire dans le Matin aujourd'hui, la politique actuelle du Conseil Fédéral peut amener nos otages à poser leurs valises (qu'ils n'ont plus) en Libye encore huit années supplémentaires, à l'instar des infirmières bulgares !

On ne négocie pas avec la Lybie comme on le fait avec la France ou l'Allemagne. (et même là on ne peut pas dire que nous soyons très doués...) Lorsqu'on sort d'Europe ou d'Occident, les mentalités changent. Pour ma part, j'ai pas mal voyagé professionnellement et j'ai pu constater à quel point la notion de partenariat qui nous est chère, est une notion purement occidentale ! La plupart des cultures considèrent une négociation comme un rapport de force, dans lequel on se doit d'obtenir le maximum de son adversaire. Dans ces conditions, il est évident qu'on ne doit rien lâcher "dans le but d'obtenir", mais qu'on doit avoir un accord préalable. Ce que le Président Merz a fait est donc une grosse erreur et les otages en payent aujourd'hui le prix.

Dans une négociation, il faut donc s'assurer de posséder quelque chose que son adversaire convoite. Pour l'instant ça n'est pas le cas. La Suisse a abattu toutes ses cartes d'emblée et la Libye n'a rien à gagner en échange des otages. Dans ces conditions, le clan Kadhafi ne voit aucune raison d'honorer ses promesses. Cette façon de procéder heurte profondément notre sens de la justice, mais elle est normal pour beaucoup de cultures. Donc, maintenant qu'il est clair que la Lybie ne respectera pas ses engagements, il faut immédiatement durcir la position suisse. Ce qui signifie en particulier :

- Cesser tout échange économique avec la Libye. L'Algérie nous avait fait la proposition de remplacer le brut libyen par le sien. Il est temps d'accepter cette proposition. Et si Tamoil Suisse refuse d'importer ce brut algérien, il faut placer l'entreprise sous administration fédérale temporaire, pour raison stratégique évidente.

- Bloquer immédiatement tous les comptes de la famille Kadhafi, pour autant qu'il en reste. (ceci aurait dû être fait il y a un an au moins...)

- Annuler tous les visas et tous les permis de travail accordés à des Libyens. Seules les personnes bénéficiant d'un statut de réfugiés ou de requérants, ainsi que le personnel diplomatique peuvent rester en Suisse.

- Bloquer l'accord signé en août, compte tenu du non-respect des conditions par la partie adverse.

Une fois ces conditions remplies, nous devons exiger de rencontrer les otages et savoir où ils se trouvent. Si nécessaire, nous pouvons demander à un pays tiers (la France ou l'Italie puisque, apparemment, ils nourrissent de bien meilleures relations avec ce pays que nous...) de servir d'intermédiaire pour faire connaître nos exigences à la Libye.

Je pense qu'un retour rapide des otages est à ce prix. Mais bien sûr, il faut être prêts à perdre des plumes sur le plan économique. Notre pays est-il prêt à faire cela ? Je l'espère, car si nous faisons passer la vie de deux personnes après notre approvisionnement en pétrole libyen, ça veut dire que notre pays n'a aucune morale. J'aurais donc vraiment honte de ce qu'est devenu notre pays...

14/10/2009

La création du MCG

Un jour, alors qu'Eric se promenait, il eut envie d'un petit verre. Il entra alors dans un petit troquet et s'installa au bar. Acoudé au comptoir, il sirotait donc son petit ballon de blanc, quand il surprit la conversation de ses deux voisins. Si si. Je vous assure que vous les connaissez : ce sont ceux qu'on voit dans tous les bistrots et sans qui le bar ne tiendrait pas debout ! (à moins que ça soit le contraire...)

- La semaine dernièèèèère, je suis allé me présenter pour un bouloooot...

- Ah, tu veux bosser toi ? Et avec qui je pourrais parler si tu n'étais pas lààà ?

- Ben ouais, faut bien payer ses verres quand mêêêême !

- Et ça s'est passé commeeeent ?

- Ben, ils m'ont dit non. Que je faisais pas l'affaire, qu'ils ont dit ! Et tu sais qui ils ont pris ?

- Ben non...

- Un frontalieeeer ! J'ai vu sa plaque jaune en sortant ! Ils ont engagé un sale frontaaal... J'suis sûr qu'ils le payent la moitié des dix mille balles que je demandais ! C'est du dumping salariaaaal !

- C'est honteux ! Et c'est pas ces sales politicards qui vont faire quequ'chose !

Eric, convaincu que ces braves gens avaient raison de penser qu'ils n'étaient pas défendus par la politique, se dit qu'il fallait "faire quequ'chose" !  Et, en s'inspirant de la position centrale de ses voisins dans le bar, il choisit alors le slogan de son futur parti : "Ni de gauche ni de droite" ! C'est ainsi que naquit le MCG...

Bon, ironie mise à part, j'avoue que je n'ai pas très envie de bloguer ces jours-ci. Le grand sujet du moment, à savoir la victoire "écrasante" du MCG et du populisme à Genève, ne m'inspire pas trop. Parce que d'accord, le MCG fait une grosse progression. Mais dans l'absolu, ils n'ont que 17 sièges sur 100 ! De là à penser qu'ils vont diriger Genève durant les quatre prochaines années, il y a quand même encore un gouffre à franchir. Car sur les divers sujets qui vont se présenter au parlement, il n'y en aura probablement pas pour lesquels la droite classique ne pourra pas chercher des alliances, que ça soit à gauche ou à droite. Il ne lui manque en effet que 8 sièges pour posséder la majorité absolue. Donc en convaincant n'importe quel autre parti présent au parlement de la suivre, elle pourra faire la décision. Les autres partis étant par contre très dissolus sur la plupart des sujets, ils n'arriveront jamais à s'allier contre la droite centriste. Donc, rien ne change fondamentalement dans la République.

La seule crainte fondée qu'on puisse avoir, c'est que le MCG parvienne à placer l'un des siens au Conseil d'Etat. C'est pourquoi il ne faut pas dissoudre les voix. On peut s'amuser à se chamailler en temps normal. Mais là, il faudra voter "utile". Pour cette raison, qu'on compte voter à gauche ou à droite, il faudra mettre dans l'urne des noms qui ont des chances d'être élus. C'est mon conseil de tactique électorale du jour.

Toutefois, sur le fond, on peut se demander si l'entrée du MCG au Conseil d'Etat ne serait pas la meilleure chose qui puisse arriver. Car j'aimerais bien voir Stauffer à la tête du Canton ! Ses belles promesses devraient alors être traduites dans les faits. Car si on a plus de 25 de QI, on ne peut que comprendre que sa promesse de renvoyer les mendiants chez eux est une promesse en l'air. Pareil pour la promesse de limiter le nombre de frontaliers. Ces deux propositions sont tout simplement illégales, car incompatibles avec le droit supérieur ! Dans les deux cas, la libre circulation, récemment reconduite par l'ensemble des Suisses et encore plus plébicitée par les Genevois, interdit ce genre d'actions... Alors que penser des gens qui écoutent ces promesses ? Ils sont soit ignorants, auquel cas on ne peut pas grand chose pour eux,  soit dans une situation de chômage de longue durée totalement désespérante, car quand on est désespéré, il est plus facile d'accuser l'autre que d'analyser ses propres manquements, soit tellement racistes qu'ils sont aveuglés par la haine. Bref, si vous avez voté MCG, je vous souhaite vivement d'être racistes !

07/10/2009

Pourquoi s'arrêter au CEVA ?

Oui, pourquoi Soli Pardo ne poursuit pas sa logique implacable ? Car si la racaille annemassienne se masse aujourd'hui à nos portes, il est peu vraisemblable qu'elle attende la construction du CEVA pour venir ruiner notre paisible quiétude genevo-genevoise ! Il est évident qu'aujourd'hui déjà, les hordes de Annemassiens défèrlent sur notre belle cité totalement sans défense ! Alors qu'attendons-nous pour réagir ? Pourquoi ne pas commencer tout de suite à leur barrer la route ?

Lire la suite

00:04 Publié dans Genève, Politique | Tags : affiche, udc, ceva | Lien permanent | Commentaires (0)

01/10/2009

Traversée du lac vs traversée de la rade

Selon la Tribune d'aujourd'hui, un panel représentant les lecteurs du journal considère la traversée lacustre comme la seconde priorité en matière de construction, juste après le PAV. Et devant le CEVA. Si on peut discuter de l'ordre d'arrivée des deux projets de transports, je pense en tout cas que le choix de ces trois priorités montre une grande maturité de la population. Notre ville a une grande qualité : son attractivité économique. Mais elle présente aussi le défaut de cette qualité, à savoir une importante immigration, que les nouvelles populations viennent de Suisse, de France ou d'ailleurs. Et cette immigration pose deux problèmes, le premier étant le besoin croissant en logements, le second étant l'étallement de la périphérie, situé en grande partie en France.

Et comme notre gouvernement n'arrive pas à faire face au premier problème, le second se voit encore plus exacerbé. Les priorités choisies par les lecteurs de la Tribune sont donc correctes. La première priorité, c'est la construction de logements.  Et le PAV est bien le projet le plus impressionnant dans ce domaine. Il pourrait suffire à lui seul à fournir une (légère) bouffée d'oxygène au logement à Genève. La seconde priorité, c'est la construction de voies de communication pour mieux relier la périphérie au centre. Et si le CEVA est, on l'espère, l'amélioration la plus sensible de ces prochaines années dans ce domaine, il faut déjà penser à l'avenir. Et je pense qu'une nouvelle traversée est le meilleur moyen à notre disposition pour réduire le trafic automobile au centre-ville. Avec à la clé, amélioration des conditions de vie et augmentation de l'offre en transports publics pour les habitants, qu'ils vivent en ville ou en périphérie.

Pour ce qui est de la traversée du lac, il se trouve que Mark Muller a présenté hier au parlement l'état d'avancement du projet. Ce projet, enterré depuis près de 12 ans depuis la dernière votation, (soit à peu près la durée du règne de Robert Cramer...) semble enfin en train de ressurgir. Est-ce un hasard si ce subit changement d'optique suit de peu le lancement de l'initiative pour une traversée de la rade par l'UDC ? Probablement non. La première qualité de cette initiative c'est d'avoir remis ce sujet sur le tapis. Et le projet de traversée du lac a ainsi déjà gagné 10 ou 20 ans, puisqu'il était précédemment agendé pour le milieu du siècle, ou pas longtemps avant !

Dès lors que le Conseil d'Etat se remet à plancher sur le sujet, faut-il tout de même signer l'initiative de l'UDC ? Je pense que oui. D'abord il s'agit de deux projets différents, qui n'ont pas le même but. La traversée proposée par l'UDC vise avant tout à délester les quais et le pont du Mont-Blanc. Elle vise donc à une amélioration localisée de la situation du trafic au centre-ville. Et elle servira aussi bien aux Genevois qu'aux frontaliers. Et surtout, elle pourrait être construite bien avant et pour une beaucoup plus petite somme !

La traversée lacustre proposée par Marc Müller par contre servira principalement à désengorger le contournement autoroutier et à mieux répartir la charge transfrontalière entre Vallard et Bardonnex. Et si on élargie en même temps l'autoroute entre le Vangeron et Nyon, ou au moins Coppet, elle permettra de faire sauter le goulet d'étranglement de l'entrée de Genève. Son impact sur le centre-ville sera par contre plus faible. Tout au plus évitera-t-on que des gens qui n'ont rien à faire en ville y entrent.

Ensuite, il faut la signer pour maintenir la pression sur les autorités. Si cet objet devait passer en votation, les autorités ne manqueraient pas de lui opposer un contre-projet. Sans cela, nous n'avons aucune assurance que le sujet restera d'actualité dans les prochaines années. L'important est que nos autorités sachent que la majorité de la population y tient. Et qu'on ne reste plus sous l'effet d'un échec en votation surtout dû à un projet mal budgété qui a été soumis aux voix dans une période où les finances cantonales s'enfonçaient à vitesse grand V !

28/09/2009

Halte aux abus du droit de référendum

Hier la population genevoise a largement confirmé sa volonté de voir la fumée quitter les lieux de convivialité. Et même, avec un taux d'acceptation de la loi de plus de 81%, elle a même accru son soutient à la loi, contrairement à toute attente. Dans ces conditions, il est nécessaire de se poser la question de l'utilité de renvoyer tout le peuple devant les urnes pour donner son avis une seconde fois sur un même objet. Avec tous les frais que cela comporte. Si ce second scrutin avait apporté un nouveau débat, concernant de nouveaux éléments, cela aurait pu avoir un sens. Mais il n'y a pas eu de nouveau débat. Les opposants ont continué à débiter les mêmes arguments, qui n'ont interdiction_fumer.JPGvisiblement aucune prise sur la très grande majorité de la population. Alors pourquoi revoter ? Les opposants espéraient-ils gagner ? Pas du tout. Tout ce qu'ils espéraient, c'était retarder l'inéluctable le plus longtemps possible. Et on arrive là aux limites de la démocratie directe. Lorsqu'elle est utilisée à mauvais escient, lorsqu'elle ne sert qu'à retarder la mise en place de projets plébicités par la population, il faut contrer ce genre de pratiques, cela pour le bien même de la démocratie directe. Car ce genre de pratiques risque de lasser des gens qui jusque-là choisissaient de donner leur avis. On ne doit pas s'étonner ensuite des taux de participation très bas.

Quand on regarde les résultats de plus près, on s'aperçoit que seules 21000 personnes se sont prononcées en faveur du référendum. Or, 14000 personnes avaient signé le référendum et avaient ainsi envoyé l'ensemble de l'électorat devant les urnes ! Cela signifie que ces 14000 personnes n'ont réussi qu'à en convaincre 7000 autres. Ca fait un peu léger tout de même. Et pourtant, 14000 signatures ça représente tout de même deux fois plus de paraphes que ce que réclame notre Constitution. Alors à quand un référendum signé par 7000 personnes qui se soldera par un nombre de NON de seulement 10000 voix, soit moins de 5% de l'électorat ?

Le problème dans ce cas, c'est que le comité référendaire a bénéficié de l'appui du GHI qui a envoyé une liste à chaque ménage genevois. Il est totalement indécent qu'un média distribué dans tous les foyers puisse prendre position en matière de politique. Depuis, je ne lis d'ailleurs plus jamais cette feuille de chou. Mais le véritable problème, c'est que le référendum serait certainement passé, même sans l'aide du GHI. Le problème vient surtout de notre Constitution qui ne correspond plus du tout aux besoin de notre canton. Sa population a explosé, au niveau communal les étrangers ont désormais le droit de vote, mais le nombre nécessaire de signatures n'a pas évolué. Ainsi, désormais les plus égoïstes peuvent se permettre d'utiliser le droit de référendum pour bloquer des projets importants soutenus par l'écrasante majorité de la population. Je refais donc mon appel à la Constituante que j'avais fait dans ce billet. J'y proposais que le nombre de paraphes nécessaires pour valider un référendum ou une initiative cantonales ou communales soit fixé à 10% de l'électorat au minimum. Dans le cas de la fumée passive, ma proposition aurait en tout cas évité le fiasco qu'on a vécu, puisque 10% de l'électorat genevois, ça représente justement 21000 personnes, ce que le comité référendaire n'aurait jamais pu réunir à temps...

 

24/09/2009

Le Conseil de Sécurité souhaite dénucléariser le monde !

champignon-atomique-283px.jpgC'est en tout cas ce qui a été affirmé aujourd'hui à New York. Et comme c'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur, ça m'a fait très plaisir. En effet, dans ce billet, j'avais appelé de mes souhaits que l'organe exécutif de l'ONU, et ses cinq membres permanents en particulier, s'engagent dans ce sens afin que disparaisse cette épée de Damocles au-dessus de nos têtes.

Voici ce que j'avais écrit :

"Alors, à défaut de réinventer un monde sans arme nucléaire, pouvons-nous encore inventer un monde dénucléarisé ? Les nations nucléaires actuelles, à commencer par les Etats-Unis, peuvent-elles abandonner cette arme alors que n'importe qui pourrait un jour se la procurer et menacer le monde entier ? En fait, je pense que ça serait bien plus facile de faire respecter un traité de non-prolifération, si quelques états ne se gardaient pas le triste privilège de faire planer une telle menace sur le monde. La fin de la prolifération passe sans doute par le désarmement. Si une interdiction totale était le but du conseil de sécurité de l'ONU, je pense que, moyennant des pressions, on pourrait y faire adhérer l'ensemble des nations. Alors nous pourrions peut-être entrevoir le bout du tunnel. Et mettre fin à plus de soixante ans de folie."

Aujourd'hui je le pense plus que jamais. Un monde dénucléarisé est une utopie. Mais les utopies d'aujourd'hui feront les réalités de demain. Pour que les prochaines générations vivent dans un monde qui ne risque pas de disparaître à chaque instant dans une gerbe d'étincelles, il faut que notre génération s'engage pour la disparition de ces armes de folie.

16/09/2009

La concordance est sauvée !

Ainsi, et comme on pouvait s'y attendre, l'Assemblée Fédérale a joué la seule carte capable de sauver la politique de concordance tellement chère à notre coeur. En effet, une élection de Christian Lüscher paraissait tout de même hautement improbable, surtout compte tenu de sa position vis-à-vis de la Lybie, et seul Didier Burkhalter semblait véritablement en mesure de sauver ce siège qui revient légitimement au PLR compte tenu de la répartition des sièges au parlement. Et une élection d'Urs Schwaller aurait non seulement définitivement mis fin à la représentativité des partis tellement mise à mal ces dernières années, mais elle aurait aussi creusé la tombe de la représentativité des communautés. Car franchement, on a beau dire qu'il est fribourgeois, comment imaginer que la Suisse romande puisse se sentir représentée par un Conseiller Fédéral se prénommant Urs ?

Toutefois, un jour ou l'autre, la question devra être posée. Le Conseil Fédéral peut-il encore aujourd'hui travailler dans la concordance ? Entre une gauche et une extrême-droite qui cherchent à tout bout de champ à torpiller les travaux du CF, y a-t-il encore de la place pour des Conseillers Fédéraux provenant de toutes les principales forces du pays et travaillant de concert ? Je pense qu'il sera en tout cas difficile d'éluder cette importante question lors des prochaines élections fédérales. En 2011, quoi qu'il arrive, nous allons nous retrouver avec un Conseil Fédéral peu représentatif du vote citoyen, tant il est vrai que Mme Widmer-Schlumpf représente une part infime de l'électorat. Et cela même si elle est très appréciée. Et évidemment, le maintien du Conseil Fédéral actuel ne satisfera pratiquement personne. Dans ces conditions, les attaques vont fuser.  Du côté de l'UDC bien sûr, mais sûrement aussi du côté du PDC, et pourquoi pas des Verts. Son siège ne devrait pas y survivre. A moins que...

A moins que le parlement décide cette fois de faire voler la concordance en éclats et fasse évoluer notre gouvernement vers un gouvernement de coalition. Je ne pense pas que légalement, la Constitution l'en empêche en tout cas. Ca aurait pour effet de rejeter une part importante de cette Assemblée Fédérale dans l'opposition. Mais ça aurait au moins le mérite d'être clair. Car aujourd'hui, on voit deux formations politiques jouer le double jeu du gouvernement et de l'opposition. Les socialistes et l'UDC n'ont en effet de cesse de fustiger un gouvernement dont ils font pourtant partie.

Mais quelle coalition pourrait prendre le pouvoir dans notre pays ? Cela dépendrait bien sûr grandement du résultat des prochaines élections. Ce qui est sûr, c'est qu'une coalition formée par le seul centre-droit est totalement impossible. Au mieux resterait-il uni et fleurterait-il du côté gauche ou du côté droit de l'hémicycle. Au pire, se scindrait-il en deux pour que chaque partie fleurte du côté de ses préférence. Et si nous assistions en 2011 à la confrontation entre une coalition de gauche formée des Socialistes, du PDC, du PBD, des Verts, des Verts Libéraux, des Evangelistes et de différents groupes d'extrême-gauche et une coalition de droite formée du PRL, de l'UDC et d'autres formations d'extrême-droite ? Cela pourrait en tout cas faire figure de scénario catastrophe, car dans ce cas on serait à peu près assuré que la coalition gagnante ne représenterait qu'un tout petit peu plus de la moitié de l'électorat.

Sinon, peut-on imaginer que le centre-droit et la gauche éjecte totalement l'UDC du Conseil Fédéral ? C'est assez peu probable. Mais dans tous les cas, il faudra se poser la question du second siège UDC. Ce parti ne se contentera pas d'un seul siège et il sortira probablement du Conseil Fédéral si on ne lui offre pas la tête d'Eveline Widmer-Schlumpf. Et cela même si le PDC et le PBD décident de fusionner comme ça avait été évoqué. Cela pourrait en effet justifier le maintien du siège de la Conseillère Fédérale, mais en aucun cas, justifier que l'UDC ne dispose que d'un seul siège. Dans ce cas, qui d'autre pourrait donner le sien ? Et qui choisir pour compléter le collège fédéral ? Hans Fehr ? Toni Brunner ? Veut-on vraiment de ces hommes au sein du Conseil Fédéral ? Le choix risque d'être cornélien et pourrait bien aboutir à un nouveau retrait de l'UDC du gouvernement si le parlement décide de ne rien décider. Et c'est ainsi que notre pays pourrait  se retrouver piloté par un gouvernement de coalition avec au sein du parlement, une forte opposition venant de l'UDC. L'exception helvétique prendrait alors fin...

12/09/2009

Nouvel avion de combat, un luxe inutile ?

Pascal Holenweg met en doute sur son blog l'utilité d'un avion de combat et plaide bien sûr pour l'initiative du GSSA. Il semble que pour lui et pour le GSSA, aucune menace ne plane sur nos têtes. (c'est le cas de le dire!) Et bien si je suis d'accord avec lui sur le fait qu'on ne risque pas trop de voir un grand combat de chars dans notre pays durant les 10 ou 20 prochaines années, il y a tout de même un domaine qui mérite que nous conservions toute notre vigilance, il s'agit de la défense de l'espace aérien.

En effet, les attentats du 11 septembre 2001 ont montré à quel point une attaque peut facilement être menée contre un pays pourtant lourdement armé. L'analyse de la manière dont l'alerte a été lancée et la réaction qu'elle a produite montre que les USA n'avaient pas la vigilance nécessaire ce jour là. Au moins le second crash sur le World Trade Center et celui sur le Pentagone auraient dû être évités. Or aucun appareil n'était à même d'intercepter les avions avec lesquels le contact avait été rompu.

La seule manière d'être prêt à répondre à toute attaque subite contre notre pays est de conserver une capacité non amoindrie de réaction face aux évènements inattendus qui peuvent se produire. Notre vigilance doit rester totale à tout instant. Et pour cela, il est clair que nos F/A-18, répartis en 3 escadrilles seulement, ne sont pas suffisants. Il n'est en effet pas possible de s'assurer qu'une partie de nos F/A-18 soient en permanence capable de réagir à une attaque surprise, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

800px-Axalp_F-5E_Patrouille_Suisse.jpgPour comprendre que l'achat de ces avions n'a rien d'exagéré, il faut connaître quelques faits:

En 1995, pour remplacer ses mirages III, la Suisse a acheté 26 F/A-18C (monoplace) et 8 F/A-18D (biplace). Un de ces appareils ayant été perdu dans un accident, 33 restent en service aujourd'hui. Ils sont entrés en service dès 1996, il y a donc déjà 13 ans. Les premiers Mirages reçus par l'aviation suisse datant de 1962, ce vénérable avion avait alors 34 ans de bons et loyaux services. Sur les 57 avions commandés à l'origine, 10 avaient toutefois été perdus dans des accidents durant ces longues années de service. 47 restaient donc en activité lors de leur mise à la retraite. A noter tout de même que la mise hors service des Mirages suivait de peu celle des 43 derniers Hunters en 1994, qui dans le cadre de la réforme Armée 95 n'ont pas été remplacés. La technologie de l'avionique compensant largement la baisse du nombre d'avions, on peut toutefois considérer que la capacité de la Suisse à défendre son espace aérien n'a en rien été amoindrie.

L'autre avion de combat que possède encore l'armée suisse est le F-5E Tiger II ainsi que le F5-F Tiger II. (version biplace destiné principalement à l'instruction) Les premiers avions ayant été livrés en 1978, les plus anciens de ces avions ont donc aujourd'hui 31 ans. En tout, McDonnell Douglas avait livré 98 F-5E et 12 F-5F pour un total de 110 appareils. Près de la moitié d'entre eux sont encore en service aujourd'hui, les besoins ayant été revus à la baisse avec la fin de la guerre froide et une partie d'entre eux ont été revendus. Et 7 appareils ont également été perdus dans divers accidents. C'est finalement 54 avions de technologie dépassée et en fin de vie qui sont appelés à être remplacés par des avions de nouvelle génération. Le nombre de nouveaux appareils qui devraient être commandés à terme n'est pas confirmé à ma connaissance, (j'ai entendu parler de 22 seulement...) mais il est quasiment certain que leur nombre sera bien inférieur à celui des Tigers.

swisstxt20080107_8599163_0.jpgBref, on voit que les forces aériennes ont déjà fait une grande cure d'amaigrissement ces dernières années, passant de près de 200 avions à la fin de la guerre froide à moins de 80 aujourd'hui et probablement encore moins dans quelques années. Mais il ne faudrait pas descendre en dessous d'un seuil critique. La stratégie du saucissonnage du GSSA, visant à réduire tellement les capacités de l'armée qu'on finira par conclure à son incapacité à remplir sa mission, est uniquement destinée à provoquer la suppression de l'armée à terme. Ils prétendent savoir de quel matériel a besoin l'armée. Et pourtant, ils basent leurs affirmations sur d'obscures études émanent de sources non moins obscures. Et si on laissait les professionnels proposer un vrai plan pour le remplacement des F-5E plutôt que d'attaquer systématiquement leur travail ? Si le GSSA pense qu'on doit supprimer l'armée, qu'il lance une nouvelle initiative allant dans ce sens. Mais tant que nous avons une armée, il faut au moins qu'en cas de besoin elle ait une chance de remplir sa mission. Donnons-lui en donc les moyens !

 

08/09/2009

Le droit de la mer et la piraterie

Aujourd'hui, le Conseil des États a voté favorablement à une intervention d'une trentaine d'hommes dans le Golfe d'Aden, en soutient de l'opération internationale Atalante, visant à maintenir ouverte l'une des voies maritimes les plus importantes du monde. L'enjeu est particulièrement crucial si l'on pense qu'en cas de fermeture de cette voie, c'est le canal de Suez qui serait lui aussi fermé. Et tout comme les autres pays européens, nous dépendons beaucoup de l'existence de ce canal. Malgré tout, cela fait bien sûr débat, mais finalement, la Suisse a-t-elle le choix ? Elle est signataire de la convention du droit de la mer, la version moderne de l'un des plus anciens traités internationaux, et à ce titre elle est tenue d'en appliquer les termes.

Lire la suite

02/09/2009

Donc revotons...

Oui c'est assez rageant de devoir voter à nouveau sur le même sujet. Il y a pas loin de deux ans, nous avions accepté à près de 80% l'initiative pour des lieux publics sans fumée. Le 27 septembre, nous allons à nouveau voter sur le même sujet. En réalité, il ne s'agit pas vraiment du même sujet car cette fois, c'est sur un référendum opposé à la loi d'application acceptée par le Grand Conseil que nous allons voter. Il n'y a donc pas lieu de crier au "simulacre de démocratie" comme le font beaucoup. La loi est bel et bien respectée. Ceci dit, le sentiment de frustration face à cette minorité incapable de reconnaître sa défaite est compréhensible. En démocratie directe, quand le peuple s'est prononcé ça doit mettre fin au débat. On ne devrait pas chercher tous les moyens de recours pour s'opposer à la volonté de la majorité. Et si on veut relancer le sujet, il faut le faire avec une nouvelle proposition. Par exemple, j'aurais été beaucoup moins critique vis-à-vis d'une initiative visant à autoriser la fumée dans les petits établissements. (même si j'aurais voté contre)

Lire la suite

01/09/2009

Âme suisse à vendre

J'avais gardé ce billet pour le retour des otages. Comme tout le monde je l'espérais rapide, même si j'étais très inquiet. Malheureusement, Kadhafi me donne raison, ce qui ne m'apporte aucune fierté. Ainsi, je crains que nos compatriotes ne soient pas prêts de rentrer. Nous boirons donc le calice du déshonneur jusqu'à la lie et nous n'aurons même pas droit au réconfort de se dire que c'était pour une bonne cause.

Mais justement, le retour des otages justifiait-il de lâcher prise sur toutes les revendications de la Lybie ? Les pragmatiques diront que des excuses ne sont pas grand chose comparées à la vie de deux personnes et la reprise de relations normales avec un partenaire commercial important. Mais le pragmatisme ne fait pas partie de mes qualités. Je suis un idéaliste et à ce titre, je pense qu'il y a des valeurs dont rien ne justifie l'abandon. Au rang de ces valeurs, je compte l'égalité de traitement devant la justice, la séparation des pouvoirs, le respect du droit. Et à ce titre, je pense que le Président n'avait aucun droit de présenter des excuses au nom de tout le pays et, par la même occasion, de désavouer le travail de fonctionnaires qui n'ont rien fait d'autre que leur devoir en respect du droit. Sans parler des victimes de la famille Kadhafi qui peuvent à juste titre se sentir abandonnées par la Suisse. A commencer par ces deux domestiques dont les droits ont été bafoués sur notre territoire et qui auraient mérité un meilleur soutien de notre part. D'ailleurs il est étonnant de voir que tout le monde se fiche de savoir qu'une de ces personnes reste sans nouvelles d'un membre de sa famille. Ne devrait-on pas aussi s'enquérir de la bonne santé de cette personne ? Maintenant que nous sommes censés avoir rétabli des relations normales avec ce pays, ça pourrait se faire non ?

Bien sûr, la situation dans laquelle se trouvent nos deux ressortissants méritait que le Conseil Fédéral mette toute son énergie à les faire rentrer. Mais il faut aussi dire qu'ils ne se seraient jamais retrouvés dans cette situation si leur entreprise, à savoir ABB, n'avait pas jugé profitable de faire du commerce avec un pays comme la Lybie ! Si nous ne voulons plus nous retrouver piégés, il serait peut-être temps de changer d'optique ? Le DFAE ne devrait-il pas dresser une liste d'états avec lesquels le commerce est déconseillé ? La Lybie n'aurait-elle pas dû figurer sur une telle liste ? A la place, la Suisse s'est laissée éblouir par les juteux contrats pétroliers et a choisi d'encourager le commerce avec la Lybie. Un état dirigé par un dictateur qui a fait froidement assassiner les passagers innocents de deux avions de ligne !

Mais c'est peut-être là le fond du problème. Notre diplomatie n'a pas, et n'a probablement jamais eu, l'ambition de promouvoir le commerce avec des états respectueux du droit et en particulier des droits de l'Homme. Il semble que pour la Suisse, le profit soit la première priorité et que, contrairement à une affirmation courante, la promotion des valeurs démocratiques et des droits de l'Homme dans le monde passe au second plan. C'est sans doute cela qui doit changer. Le fait que plusieurs pays voisins profitent également des bénéfices financiers de leurs relations avec la Lybie ne joue aucun rôle. Libre à eux de se compromettre avec des dictateurs assassins sans aucune moralité. Le rôle de la Suisse, patrie d'Henry Dunant, a toujours été de défendre les populations opprimées. Nous devons recommencer à défendre nos valeurs morales. C'est seulement ainsi que nous retrouverons la considération du reste du monde. D'un côté, comme je l'avais dit dans ce billet, l'adhésion à l'Union Européenne pourrait nous renforcer sur la scène internationale et nous permettrait d'être plus difficilement attaquables. Nous pourrions aussi plus facilement bénéficier de l'aide de nos voisins comme celle que Nicolas Sarkozy a apporté à la Bulgarie, alors seulement candidate à l'adhésion, en intercédant auprès de Kadhafi pour faire rentrer les infirmières. Mais je suis persuadé que la Suisse a seule les cartes en main pour redorer son blason. La diplomatie suisse, qui n'a eu de cesse ces dernières années de défendre les intérêts de multinationales basées sur notre territoire, doit retrouver ses valeurs fondamentales. Notre pays est en crise sur le plan international, mais en sortir ne tient finalement qu'à lui.

Nous devons dire au monde que notre âme n'est plus à vendre. Reconquérons notre honneur perdu et le respect de la communauté internationale. Car sans honneur, notre pays n'a aucune raison d'être. Si l'économie et le profit sont nos seuls moteurs, alors nous ne vallons pas mieux que n'importe quelle république bananière. Si ça devait être le cas, autant donner raison à Kadhafi et commencer à démembrer notre pays !

31/08/2009

Si j'étais Kadhafi...

Si j'étais Kadhafi, et que comme lui j'aimais mener des négociations serrées à la manière d'un marchand de souk, je n'aurais que mépris pour le gouvernement suisse et sa lâcheté. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement si appeuré de manquer de mon pétrole qu'il est prêt à faire toutes les concessions sans exiger de contrepartie. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord n'incluant pas la libération des otages et à se contenter d'une vague promesse orale sur ce point. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord lui donnant à l'avance la charge de la faute, avant même que le tribunal arbitral prévu par l'accord n'ait statué. Et surtout, je n'aurais que mépris pour un gouvernement qui abandonne tout honneur en venant s'excuser dans mon pays et n'attend même pas de me rencontrer personnellement pour le faire.

Si j'étais Kadhafi, je voudrais faire payer à la Suisse son manque d'honneur. Et je chercherais tous les moyens pour le faire. Et les accords signés en offrent au moins deux.

Si j'étais Kadhafi, l'annonce faite pas le Président de ce pays sans honneur qu'il démissionnerait si les otages n'étaient pas rentrés au premier septembre ne serait pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Alors, je ferais tout pour faire durer cette libération. Je ne les laisserais repartir que le deux septembre, ou même le trois. J'attendrais d'être sûr d'avoir provoqué une telle crise politique que ce gouvernement ne s'en remettrait pas.

Si j'étais Kadhafi, j'utiliserais le tribunal arbitral pour ridiculiser ce pays sans honneur jusqu'au bout. Je n'irais certainement pas chercher un négociateur international compétant ou un juriste expérimenté pour me représenter au sein de ce tribunal. J'irais chercher le personnage le plus incongru possible, afin que ce pays et son gouvernement ressentent leur humiliation jusqu'au plus profond de leur âme. Être jugé par exemple par Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, serait pour la Suisse le comble du déshonneur. Ou pourquoi pas par Kim Jong Il, le président nord-coréen ?

Mais je ne suis pas Kadhafi et je ne suis pas capable de lire dans sa tête. Il est donc possible que je me trompe. Et pourtant, à voir le temps qu'il faut à la Lybie pour relâcher les otages, on peut se demander si ce scénario n'est pas en train de se réaliser...

10:06 Publié dans Politique, Suisse | Tags : kadhafi, lybie, suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2009

Qui veut de ma voix ?

Oyez oyez braves gens ! Sachez que ma voix est disponible ! Je peine à trouver un parti qui soit capable de me représenter et j'attends donc des propositions. Mes préférences iront à un parti :

  • Qui ne fait pas passer l'économie avant l'honneur. Notre pays a une tradition séculaire d'aide humanitaire, de respect des droits de l'Homme et de démocratie participative. Nos relations internationales doivent être dominées par la promotion de ces valeurs. C'est à ce seul prix que nous regagnerons la considération de nos partenaires. Ce point concerne bien sûr plus la politique fédérale, mais j'aurais de la peine à voter pour un parti qui ne respecte pas nos valeurs fondamentales.
  • Qui malgré tout ne dénigre pas l'économie. L'économie mondialisé a connu quelques dérives ces dernières années. Mais ça n'est pas pour autant qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain. Le système capitaliste n'est pas parfait, mais c'est encore le moins mauvais système qui ait été inventé jusqu'ici. Plus de contrôle des marchés d'accord. Mais l'abandon de notre système pour un système d'économie planifiée, jamais !
  • Qui est prêt à s'engager pour une Genève qui avance. La promotion économique a bien fonctionné ces dernières années. Mais la construction et le transport n'ont pas suivi au même rythme. Il est désormais primordial pour notre avenir de développer notre agglomération, non pas à l'extérieur de ses frontières comme ça a été fait jusqu'à aujourd'hui, mais bien à l'intérieur des frontières cantonales. De plus, les transports doivent assurer une meilleure desserte de l'ensemble de l'agglomération, y compris de sa partie française. Cela signifie en particulier :
  • Qui s'engage pour le développement rapide du PAV.
  • Qui s'engage pour la construction rapide d'une traversée de la rade.
  • Qui s'engage pour la construction rapide du CEVA et des ses compléments.
  • Et cerise sur le gâteau : qui est prêt à abandonner la vision étriquée de la 3ème voie CFF et qui saura s'engager pour un véritable projet d'avenir pour toute la région. Il ne devra pas hésiter à partir à Berne au côté d'élus d'autres cantons romands pour s'assurer qu'un projet de cet ordre fasse partie de la prochaine étape de Rail 2000.

Malheureusement, nos partis sont plus occupés à s'entredéchirer sur les moindres détails qu'à se lancer dans un véritable développement armonieux de notre canton. Alors finalement, je n'ai encore trouvé aucun parti qui se dise prêt à défendre ma vision. Alors quel choix vais-je devoir faire ? Le panachage ? Le choix du "moins pire" ? Existe-t-il un parti qui partage plus ou moins mes vues ?

27/08/2009

Une moyenne traversée de la rade est-elle utile ?

traversée.jpgAprès avoir écouté le débat de ce matin sur One FM, auquel ont entre autres participé Soli Pardo et Philippe Joye, je dois dire que mon opinion à propos de la moyenne traversée est en train d'évoluer. Apparemment incongru et électoraliste, le projet défendu par l'initiative cantonale que l'UDC vient de lancer mérite finalement le détour. Si on s'en tient à l'avis de Robert Cramer, on peut penser qu'elle ne sert à rien. En effet, en mettant en opposition ce tracé avec celui d'une grande traversée faisant office de bouclement autoroutier, on arrive à la conclusion que cette traversée urbaine règle de manière beaucoup moins parfaite les problématiques de circulation de l'agglomération. Elle ne permet finalement que de déplacer une partie du trafic citadin du centre vers la périphérie. Mais l'erreur justement, c'est de mettre les deux projets en opposition puisque justement, ils n'ont pas grand chose à voir.

En effet, certaines études, que Robert Cramer a consciencieusement tenues secrètes, montrent que les deux ouvrages ne poursuivent pas le même but. Là où le bouclement autoroutier nord servirait principalement à supprimer les goulets d'étranglement autoroutiers de l'autoroute A1 et de l'autoroute de contournement, la moyenne traversée permettrait de désengorger le centre ville et les quais et ainsi, de permettre une réafectation partielle de ces tronçons. En particulier, les quais libérés d'une grande partie du trafic qui les congestionne pourraient alors être rendus à la population et devenir bien plus propices à la flânerie. Le pont du Mont-Blanc quant à lui pourrait facilement recevoir deux couloirs de bus afin d'améliorer la ponctualité des transports publics au centre-ville. (et par extension sur l'ensemble du réseau)

Quant aux délais, les deux traversées n'entrent pas non plus en concurrence. La moyenne traversée pourrait être réalisée très rapidement, d'ici 2016 selon l'UDC. Le bouclement autoroutier ne devrait par contre pas être réalisé avant 2040. Vu les retards habituels dans notre charmante (et exaspérante !) cité, il serait préférable de parler du milieu du siècle. Autant dire que si nous attendons jusque-là, le chaos de la circulation au centre-ville aura eu tout le temps de décupler !

Bref, je pense que ce projet ne doit pas être écarté d'un simple revers de main et mérite un débat plus profond. A titre de documentation, voici l'excellente étude du TCS, (document pdf) dont l'UDC a probablement tiré ses conclusions, et dont j'ai tiré l'image ci-dessus.

 

22/08/2009

La photo d'Hannibal...

Tout petit coup de gueule : Est-ce que la TDG n'arrive pas à trouver une autre photo de cet Hannibal ? Depuis un an cette photo a été mille fois recyclée ! Est-ce qu'on ne l'a pris qu'une fois en photo dans sa vie ?

Kadhafi.JPG
Bon je dois reconnaître que les queues de billard en arrière-plan c'est très décoratif, mais enfin est-ce une raison pour nous faire supporter encore et encore la même image ? Bref, j'ai fait une petite recherche et j'ai trouvé d'autres images à vous proposer :

Lire la suite

Est-ce la fin de la Suisse isolationniste ?

Ces derniers mois les évènements se succèdent à rythme soutenu. Attaquée de toutes parts, la Suisse prend l'eau. D'abord par la France et l'Allemagne. Les deux puissants voisins sur lesquels nous avions cru pouvoir compter pour nous défendre quand on s'en prenait à nous. Mais désormais nous savons ce qu'il en est. Ils ne souhaitent plus qu'une chose nous concernant : que notre arrogance si insupportable soit ravallée, que nous subissions des revers politiques en série. Leurs attaques n'ont d'ailleurs pas mis longtemps à donner des résultats. Nous avons tout cédé en fin de compte. Tout ce que nous nous étions dit prêts à défendre corps et âme, nous l'avons abandonné. Notre secret bancaire, garant de la protection des données privées, ne sera plus assuré. Finalement, il faut bien avouer que Peer Steinbrück avait raison. La Suisse est bel et bien une réserve d'indiens fuyant devant la cavalerie.

Les attaques américaines ensuite. Ce que le Conseil Fédéral considère comme une victoire, à savoir la levée des poursuites contre UBS, est pour la confiance dans le système bancaire helvétique une cuisante défaite. Car plus un client américain ne choisira la protection de notre système bancaire désormais. Pas que sur un plan moral, ça ne soit pas une bonne chose que les fraudeurs ne puissent plus bénéficier de notre bienveillante protection. Mais dans ce cas, pourquoi tant de places financières continuent-elles à offrir les services que nous ne pourrons plus assurer ? Et quand on sait quels états se cachent derrière ces paradis fiscaux, on a de quoi s'interroger sur les intentions de nos accusateurs. Parmi ces paradis du fraudeur, on trouve les îles Caymans et les îles anglo-normandes (protectorats britanniques), les Bahamas (membre du Commonwelth) et surtout l'état américain du Delaware ! Et étrangement, personne n'a demandé aux USA et à la Grande-Bretagne de mettre de l'ordre dans leurs propres affaires avant de faire des réclamations. L'OCDE, qui se dit pourtant au service de tous ses états membres, semble plutôt au service de ses membres les plus puissants.

N'en déplaise à ceux qui se félicitent d'un glissement de la Suisse vers la moralité. Les attaques qu'a vécues la Suisse n'ont aucune visée morale. Il s'agit d'une guerre économique. Et notre défaite est totale. Nous sommes rentrés dans le rang et d'autres pourront récupérer les bénéfices que ne feront plus nos banques. L'UBS a sans doute gagné dans cette affaire, mais pas la Suisse.

Et maintenant, nous avons assisté impuissants, à la pire humiliation que pouvait subir notre pays. Lorsque nous perdons face à de grands pays, lorsque nous savons qu'au fond la moralité y a gagné, nous pouvons encore accepter la défaite. Mais lorsqu'il faut céder face à un dictateur honni du monde entier, président d'un pays dont la seule puissance est pétrolière et surtout à un assassin notoire, seule l'incompréhension subsiste. Nous avons dû nous excuser de fautes que nous n'avons pas commises. Le Président de la Confédération a dû désavouer le travail de fonctionnaires qui n'ont fait que ce que la loi leur demandait de faire. Il s'agit d'un des jours les plus noirs pour notre pays, comme l'aurait peut-être dit Jean-Pascal Delamuraz. Nous récupérerons peut-être nos deux concitoyens bloqués à Tripoli. Mais en contrepartie, nous avons livré notre âme, notre honneur. "Tout est perdu fors l'honneur" avait dit François Ier après sa défaite à Pavie. "Tout est sauvé fors l'honneur" scande aujourd'hui le Conseil Fédéral. Mais l'honneur ne mérite-t-il pas qu'on se batte pour lui ? N'est-ce pas l'ultime pré carré d'un état ? Lorsqu'on a tout perdu, si la fierté nationale a disparu, que reste-t-il au peuple ?

Tout cela montre une chose : la Suisse n'a plus l'aura que nécessite ses ambitions. Elle est isolée. Lorsqu'un dictateur méditérannéen déclare qu'on doit démembrer la Suisse, nos voisins qu'on croyait amis gloussent sans aucune gêne et tendent le stylo à ce dictateur pour signer un contrat ! Toutes les négociations que la Suisse entreprend se terminent par un total abandon. Et c'en est assez. Certains prétendent que dans l'Union Européenne la Suisse aurait subi les mêmes attaques. Et pourtant personne n'ose s'en prendre au Luxembourg. Personne n'ose s'en prendre à Chypre. Quant à l'Islande, c'est au moment où sa faiblesse se fait réellement jour qu'elle devient pro-européenne. Ces états sont encore plus petits que la Suisse. Mais leur statut de membres ou futur-membres de l'UE leur confère une protection que la Suisse a perdu depuis longtemps. Au contraire, elle est même attaquée par ses voisins et partenaires. Il est temps que ça change. Et si ces évènements servaient à ouvrir les yeux à un nombre suffisant de Suisses pour faire pencher la balance, alors tout cela n'aura pas été vain.