16/09/2009

La concordance est sauvée !

Ainsi, et comme on pouvait s'y attendre, l'Assemblée Fédérale a joué la seule carte capable de sauver la politique de concordance tellement chère à notre coeur. En effet, une élection de Christian Lüscher paraissait tout de même hautement improbable, surtout compte tenu de sa position vis-à-vis de la Lybie, et seul Didier Burkhalter semblait véritablement en mesure de sauver ce siège qui revient légitimement au PLR compte tenu de la répartition des sièges au parlement. Et une élection d'Urs Schwaller aurait non seulement définitivement mis fin à la représentativité des partis tellement mise à mal ces dernières années, mais elle aurait aussi creusé la tombe de la représentativité des communautés. Car franchement, on a beau dire qu'il est fribourgeois, comment imaginer que la Suisse romande puisse se sentir représentée par un Conseiller Fédéral se prénommant Urs ?

Toutefois, un jour ou l'autre, la question devra être posée. Le Conseil Fédéral peut-il encore aujourd'hui travailler dans la concordance ? Entre une gauche et une extrême-droite qui cherchent à tout bout de champ à torpiller les travaux du CF, y a-t-il encore de la place pour des Conseillers Fédéraux provenant de toutes les principales forces du pays et travaillant de concert ? Je pense qu'il sera en tout cas difficile d'éluder cette importante question lors des prochaines élections fédérales. En 2011, quoi qu'il arrive, nous allons nous retrouver avec un Conseil Fédéral peu représentatif du vote citoyen, tant il est vrai que Mme Widmer-Schlumpf représente une part infime de l'électorat. Et cela même si elle est très appréciée. Et évidemment, le maintien du Conseil Fédéral actuel ne satisfera pratiquement personne. Dans ces conditions, les attaques vont fuser.  Du côté de l'UDC bien sûr, mais sûrement aussi du côté du PDC, et pourquoi pas des Verts. Son siège ne devrait pas y survivre. A moins que...

A moins que le parlement décide cette fois de faire voler la concordance en éclats et fasse évoluer notre gouvernement vers un gouvernement de coalition. Je ne pense pas que légalement, la Constitution l'en empêche en tout cas. Ca aurait pour effet de rejeter une part importante de cette Assemblée Fédérale dans l'opposition. Mais ça aurait au moins le mérite d'être clair. Car aujourd'hui, on voit deux formations politiques jouer le double jeu du gouvernement et de l'opposition. Les socialistes et l'UDC n'ont en effet de cesse de fustiger un gouvernement dont ils font pourtant partie.

Mais quelle coalition pourrait prendre le pouvoir dans notre pays ? Cela dépendrait bien sûr grandement du résultat des prochaines élections. Ce qui est sûr, c'est qu'une coalition formée par le seul centre-droit est totalement impossible. Au mieux resterait-il uni et fleurterait-il du côté gauche ou du côté droit de l'hémicycle. Au pire, se scindrait-il en deux pour que chaque partie fleurte du côté de ses préférence. Et si nous assistions en 2011 à la confrontation entre une coalition de gauche formée des Socialistes, du PDC, du PBD, des Verts, des Verts Libéraux, des Evangelistes et de différents groupes d'extrême-gauche et une coalition de droite formée du PRL, de l'UDC et d'autres formations d'extrême-droite ? Cela pourrait en tout cas faire figure de scénario catastrophe, car dans ce cas on serait à peu près assuré que la coalition gagnante ne représenterait qu'un tout petit peu plus de la moitié de l'électorat.

Sinon, peut-on imaginer que le centre-droit et la gauche éjecte totalement l'UDC du Conseil Fédéral ? C'est assez peu probable. Mais dans tous les cas, il faudra se poser la question du second siège UDC. Ce parti ne se contentera pas d'un seul siège et il sortira probablement du Conseil Fédéral si on ne lui offre pas la tête d'Eveline Widmer-Schlumpf. Et cela même si le PDC et le PBD décident de fusionner comme ça avait été évoqué. Cela pourrait en effet justifier le maintien du siège de la Conseillère Fédérale, mais en aucun cas, justifier que l'UDC ne dispose que d'un seul siège. Dans ce cas, qui d'autre pourrait donner le sien ? Et qui choisir pour compléter le collège fédéral ? Hans Fehr ? Toni Brunner ? Veut-on vraiment de ces hommes au sein du Conseil Fédéral ? Le choix risque d'être cornélien et pourrait bien aboutir à un nouveau retrait de l'UDC du gouvernement si le parlement décide de ne rien décider. Et c'est ainsi que notre pays pourrait  se retrouver piloté par un gouvernement de coalition avec au sein du parlement, une forte opposition venant de l'UDC. L'exception helvétique prendrait alors fin...

12/09/2009

Nouvel avion de combat, un luxe inutile ?

Pascal Holenweg met en doute sur son blog l'utilité d'un avion de combat et plaide bien sûr pour l'initiative du GSSA. Il semble que pour lui et pour le GSSA, aucune menace ne plane sur nos têtes. (c'est le cas de le dire!) Et bien si je suis d'accord avec lui sur le fait qu'on ne risque pas trop de voir un grand combat de chars dans notre pays durant les 10 ou 20 prochaines années, il y a tout de même un domaine qui mérite que nous conservions toute notre vigilance, il s'agit de la défense de l'espace aérien.

En effet, les attentats du 11 septembre 2001 ont montré à quel point une attaque peut facilement être menée contre un pays pourtant lourdement armé. L'analyse de la manière dont l'alerte a été lancée et la réaction qu'elle a produite montre que les USA n'avaient pas la vigilance nécessaire ce jour là. Au moins le second crash sur le World Trade Center et celui sur le Pentagone auraient dû être évités. Or aucun appareil n'était à même d'intercepter les avions avec lesquels le contact avait été rompu.

La seule manière d'être prêt à répondre à toute attaque subite contre notre pays est de conserver une capacité non amoindrie de réaction face aux évènements inattendus qui peuvent se produire. Notre vigilance doit rester totale à tout instant. Et pour cela, il est clair que nos F/A-18, répartis en 3 escadrilles seulement, ne sont pas suffisants. Il n'est en effet pas possible de s'assurer qu'une partie de nos F/A-18 soient en permanence capable de réagir à une attaque surprise, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

800px-Axalp_F-5E_Patrouille_Suisse.jpgPour comprendre que l'achat de ces avions n'a rien d'exagéré, il faut connaître quelques faits:

En 1995, pour remplacer ses mirages III, la Suisse a acheté 26 F/A-18C (monoplace) et 8 F/A-18D (biplace). Un de ces appareils ayant été perdu dans un accident, 33 restent en service aujourd'hui. Ils sont entrés en service dès 1996, il y a donc déjà 13 ans. Les premiers Mirages reçus par l'aviation suisse datant de 1962, ce vénérable avion avait alors 34 ans de bons et loyaux services. Sur les 57 avions commandés à l'origine, 10 avaient toutefois été perdus dans des accidents durant ces longues années de service. 47 restaient donc en activité lors de leur mise à la retraite. A noter tout de même que la mise hors service des Mirages suivait de peu celle des 43 derniers Hunters en 1994, qui dans le cadre de la réforme Armée 95 n'ont pas été remplacés. La technologie de l'avionique compensant largement la baisse du nombre d'avions, on peut toutefois considérer que la capacité de la Suisse à défendre son espace aérien n'a en rien été amoindrie.

L'autre avion de combat que possède encore l'armée suisse est le F-5E Tiger II ainsi que le F5-F Tiger II. (version biplace destiné principalement à l'instruction) Les premiers avions ayant été livrés en 1978, les plus anciens de ces avions ont donc aujourd'hui 31 ans. En tout, McDonnell Douglas avait livré 98 F-5E et 12 F-5F pour un total de 110 appareils. Près de la moitié d'entre eux sont encore en service aujourd'hui, les besoins ayant été revus à la baisse avec la fin de la guerre froide et une partie d'entre eux ont été revendus. Et 7 appareils ont également été perdus dans divers accidents. C'est finalement 54 avions de technologie dépassée et en fin de vie qui sont appelés à être remplacés par des avions de nouvelle génération. Le nombre de nouveaux appareils qui devraient être commandés à terme n'est pas confirmé à ma connaissance, (j'ai entendu parler de 22 seulement...) mais il est quasiment certain que leur nombre sera bien inférieur à celui des Tigers.

swisstxt20080107_8599163_0.jpgBref, on voit que les forces aériennes ont déjà fait une grande cure d'amaigrissement ces dernières années, passant de près de 200 avions à la fin de la guerre froide à moins de 80 aujourd'hui et probablement encore moins dans quelques années. Mais il ne faudrait pas descendre en dessous d'un seuil critique. La stratégie du saucissonnage du GSSA, visant à réduire tellement les capacités de l'armée qu'on finira par conclure à son incapacité à remplir sa mission, est uniquement destinée à provoquer la suppression de l'armée à terme. Ils prétendent savoir de quel matériel a besoin l'armée. Et pourtant, ils basent leurs affirmations sur d'obscures études émanent de sources non moins obscures. Et si on laissait les professionnels proposer un vrai plan pour le remplacement des F-5E plutôt que d'attaquer systématiquement leur travail ? Si le GSSA pense qu'on doit supprimer l'armée, qu'il lance une nouvelle initiative allant dans ce sens. Mais tant que nous avons une armée, il faut au moins qu'en cas de besoin elle ait une chance de remplir sa mission. Donnons-lui en donc les moyens !

 

08/09/2009

Le droit de la mer et la piraterie

Aujourd'hui, le Conseil des États a voté favorablement à une intervention d'une trentaine d'hommes dans le Golfe d'Aden, en soutient de l'opération internationale Atalante, visant à maintenir ouverte l'une des voies maritimes les plus importantes du monde. L'enjeu est particulièrement crucial si l'on pense qu'en cas de fermeture de cette voie, c'est le canal de Suez qui serait lui aussi fermé. Et tout comme les autres pays européens, nous dépendons beaucoup de l'existence de ce canal. Malgré tout, cela fait bien sûr débat, mais finalement, la Suisse a-t-elle le choix ? Elle est signataire de la convention du droit de la mer, la version moderne de l'un des plus anciens traités internationaux, et à ce titre elle est tenue d'en appliquer les termes.

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02/09/2009

Donc revotons...

Oui c'est assez rageant de devoir voter à nouveau sur le même sujet. Il y a pas loin de deux ans, nous avions accepté à près de 80% l'initiative pour des lieux publics sans fumée. Le 27 septembre, nous allons à nouveau voter sur le même sujet. En réalité, il ne s'agit pas vraiment du même sujet car cette fois, c'est sur un référendum opposé à la loi d'application acceptée par le Grand Conseil que nous allons voter. Il n'y a donc pas lieu de crier au "simulacre de démocratie" comme le font beaucoup. La loi est bel et bien respectée. Ceci dit, le sentiment de frustration face à cette minorité incapable de reconnaître sa défaite est compréhensible. En démocratie directe, quand le peuple s'est prononcé ça doit mettre fin au débat. On ne devrait pas chercher tous les moyens de recours pour s'opposer à la volonté de la majorité. Et si on veut relancer le sujet, il faut le faire avec une nouvelle proposition. Par exemple, j'aurais été beaucoup moins critique vis-à-vis d'une initiative visant à autoriser la fumée dans les petits établissements. (même si j'aurais voté contre)

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01/09/2009

Âme suisse à vendre

J'avais gardé ce billet pour le retour des otages. Comme tout le monde je l'espérais rapide, même si j'étais très inquiet. Malheureusement, Kadhafi me donne raison, ce qui ne m'apporte aucune fierté. Ainsi, je crains que nos compatriotes ne soient pas prêts de rentrer. Nous boirons donc le calice du déshonneur jusqu'à la lie et nous n'aurons même pas droit au réconfort de se dire que c'était pour une bonne cause.

Mais justement, le retour des otages justifiait-il de lâcher prise sur toutes les revendications de la Lybie ? Les pragmatiques diront que des excuses ne sont pas grand chose comparées à la vie de deux personnes et la reprise de relations normales avec un partenaire commercial important. Mais le pragmatisme ne fait pas partie de mes qualités. Je suis un idéaliste et à ce titre, je pense qu'il y a des valeurs dont rien ne justifie l'abandon. Au rang de ces valeurs, je compte l'égalité de traitement devant la justice, la séparation des pouvoirs, le respect du droit. Et à ce titre, je pense que le Président n'avait aucun droit de présenter des excuses au nom de tout le pays et, par la même occasion, de désavouer le travail de fonctionnaires qui n'ont rien fait d'autre que leur devoir en respect du droit. Sans parler des victimes de la famille Kadhafi qui peuvent à juste titre se sentir abandonnées par la Suisse. A commencer par ces deux domestiques dont les droits ont été bafoués sur notre territoire et qui auraient mérité un meilleur soutien de notre part. D'ailleurs il est étonnant de voir que tout le monde se fiche de savoir qu'une de ces personnes reste sans nouvelles d'un membre de sa famille. Ne devrait-on pas aussi s'enquérir de la bonne santé de cette personne ? Maintenant que nous sommes censés avoir rétabli des relations normales avec ce pays, ça pourrait se faire non ?

Bien sûr, la situation dans laquelle se trouvent nos deux ressortissants méritait que le Conseil Fédéral mette toute son énergie à les faire rentrer. Mais il faut aussi dire qu'ils ne se seraient jamais retrouvés dans cette situation si leur entreprise, à savoir ABB, n'avait pas jugé profitable de faire du commerce avec un pays comme la Lybie ! Si nous ne voulons plus nous retrouver piégés, il serait peut-être temps de changer d'optique ? Le DFAE ne devrait-il pas dresser une liste d'états avec lesquels le commerce est déconseillé ? La Lybie n'aurait-elle pas dû figurer sur une telle liste ? A la place, la Suisse s'est laissée éblouir par les juteux contrats pétroliers et a choisi d'encourager le commerce avec la Lybie. Un état dirigé par un dictateur qui a fait froidement assassiner les passagers innocents de deux avions de ligne !

Mais c'est peut-être là le fond du problème. Notre diplomatie n'a pas, et n'a probablement jamais eu, l'ambition de promouvoir le commerce avec des états respectueux du droit et en particulier des droits de l'Homme. Il semble que pour la Suisse, le profit soit la première priorité et que, contrairement à une affirmation courante, la promotion des valeurs démocratiques et des droits de l'Homme dans le monde passe au second plan. C'est sans doute cela qui doit changer. Le fait que plusieurs pays voisins profitent également des bénéfices financiers de leurs relations avec la Lybie ne joue aucun rôle. Libre à eux de se compromettre avec des dictateurs assassins sans aucune moralité. Le rôle de la Suisse, patrie d'Henry Dunant, a toujours été de défendre les populations opprimées. Nous devons recommencer à défendre nos valeurs morales. C'est seulement ainsi que nous retrouverons la considération du reste du monde. D'un côté, comme je l'avais dit dans ce billet, l'adhésion à l'Union Européenne pourrait nous renforcer sur la scène internationale et nous permettrait d'être plus difficilement attaquables. Nous pourrions aussi plus facilement bénéficier de l'aide de nos voisins comme celle que Nicolas Sarkozy a apporté à la Bulgarie, alors seulement candidate à l'adhésion, en intercédant auprès de Kadhafi pour faire rentrer les infirmières. Mais je suis persuadé que la Suisse a seule les cartes en main pour redorer son blason. La diplomatie suisse, qui n'a eu de cesse ces dernières années de défendre les intérêts de multinationales basées sur notre territoire, doit retrouver ses valeurs fondamentales. Notre pays est en crise sur le plan international, mais en sortir ne tient finalement qu'à lui.

Nous devons dire au monde que notre âme n'est plus à vendre. Reconquérons notre honneur perdu et le respect de la communauté internationale. Car sans honneur, notre pays n'a aucune raison d'être. Si l'économie et le profit sont nos seuls moteurs, alors nous ne vallons pas mieux que n'importe quelle république bananière. Si ça devait être le cas, autant donner raison à Kadhafi et commencer à démembrer notre pays !

31/08/2009

Si j'étais Kadhafi...

Si j'étais Kadhafi, et que comme lui j'aimais mener des négociations serrées à la manière d'un marchand de souk, je n'aurais que mépris pour le gouvernement suisse et sa lâcheté. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement si appeuré de manquer de mon pétrole qu'il est prêt à faire toutes les concessions sans exiger de contrepartie. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord n'incluant pas la libération des otages et à se contenter d'une vague promesse orale sur ce point. Je n'aurais que mépris pour un gouvernement prêt à signer un accord lui donnant à l'avance la charge de la faute, avant même que le tribunal arbitral prévu par l'accord n'ait statué. Et surtout, je n'aurais que mépris pour un gouvernement qui abandonne tout honneur en venant s'excuser dans mon pays et n'attend même pas de me rencontrer personnellement pour le faire.

Si j'étais Kadhafi, je voudrais faire payer à la Suisse son manque d'honneur. Et je chercherais tous les moyens pour le faire. Et les accords signés en offrent au moins deux.

Si j'étais Kadhafi, l'annonce faite pas le Président de ce pays sans honneur qu'il démissionnerait si les otages n'étaient pas rentrés au premier septembre ne serait pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Alors, je ferais tout pour faire durer cette libération. Je ne les laisserais repartir que le deux septembre, ou même le trois. J'attendrais d'être sûr d'avoir provoqué une telle crise politique que ce gouvernement ne s'en remettrait pas.

Si j'étais Kadhafi, j'utiliserais le tribunal arbitral pour ridiculiser ce pays sans honneur jusqu'au bout. Je n'irais certainement pas chercher un négociateur international compétant ou un juriste expérimenté pour me représenter au sein de ce tribunal. J'irais chercher le personnage le plus incongru possible, afin que ce pays et son gouvernement ressentent leur humiliation jusqu'au plus profond de leur âme. Être jugé par exemple par Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, serait pour la Suisse le comble du déshonneur. Ou pourquoi pas par Kim Jong Il, le président nord-coréen ?

Mais je ne suis pas Kadhafi et je ne suis pas capable de lire dans sa tête. Il est donc possible que je me trompe. Et pourtant, à voir le temps qu'il faut à la Lybie pour relâcher les otages, on peut se demander si ce scénario n'est pas en train de se réaliser...

10:06 Publié dans Politique, Suisse | Tags : kadhafi, lybie, suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2009

Qui veut de ma voix ?

Oyez oyez braves gens ! Sachez que ma voix est disponible ! Je peine à trouver un parti qui soit capable de me représenter et j'attends donc des propositions. Mes préférences iront à un parti :

  • Qui ne fait pas passer l'économie avant l'honneur. Notre pays a une tradition séculaire d'aide humanitaire, de respect des droits de l'Homme et de démocratie participative. Nos relations internationales doivent être dominées par la promotion de ces valeurs. C'est à ce seul prix que nous regagnerons la considération de nos partenaires. Ce point concerne bien sûr plus la politique fédérale, mais j'aurais de la peine à voter pour un parti qui ne respecte pas nos valeurs fondamentales.
  • Qui malgré tout ne dénigre pas l'économie. L'économie mondialisé a connu quelques dérives ces dernières années. Mais ça n'est pas pour autant qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain. Le système capitaliste n'est pas parfait, mais c'est encore le moins mauvais système qui ait été inventé jusqu'ici. Plus de contrôle des marchés d'accord. Mais l'abandon de notre système pour un système d'économie planifiée, jamais !
  • Qui est prêt à s'engager pour une Genève qui avance. La promotion économique a bien fonctionné ces dernières années. Mais la construction et le transport n'ont pas suivi au même rythme. Il est désormais primordial pour notre avenir de développer notre agglomération, non pas à l'extérieur de ses frontières comme ça a été fait jusqu'à aujourd'hui, mais bien à l'intérieur des frontières cantonales. De plus, les transports doivent assurer une meilleure desserte de l'ensemble de l'agglomération, y compris de sa partie française. Cela signifie en particulier :
  • Qui s'engage pour le développement rapide du PAV.
  • Qui s'engage pour la construction rapide d'une traversée de la rade.
  • Qui s'engage pour la construction rapide du CEVA et des ses compléments.
  • Et cerise sur le gâteau : qui est prêt à abandonner la vision étriquée de la 3ème voie CFF et qui saura s'engager pour un véritable projet d'avenir pour toute la région. Il ne devra pas hésiter à partir à Berne au côté d'élus d'autres cantons romands pour s'assurer qu'un projet de cet ordre fasse partie de la prochaine étape de Rail 2000.

Malheureusement, nos partis sont plus occupés à s'entredéchirer sur les moindres détails qu'à se lancer dans un véritable développement armonieux de notre canton. Alors finalement, je n'ai encore trouvé aucun parti qui se dise prêt à défendre ma vision. Alors quel choix vais-je devoir faire ? Le panachage ? Le choix du "moins pire" ? Existe-t-il un parti qui partage plus ou moins mes vues ?

27/08/2009

Une moyenne traversée de la rade est-elle utile ?

traversée.jpgAprès avoir écouté le débat de ce matin sur One FM, auquel ont entre autres participé Soli Pardo et Philippe Joye, je dois dire que mon opinion à propos de la moyenne traversée est en train d'évoluer. Apparemment incongru et électoraliste, le projet défendu par l'initiative cantonale que l'UDC vient de lancer mérite finalement le détour. Si on s'en tient à l'avis de Robert Cramer, on peut penser qu'elle ne sert à rien. En effet, en mettant en opposition ce tracé avec celui d'une grande traversée faisant office de bouclement autoroutier, on arrive à la conclusion que cette traversée urbaine règle de manière beaucoup moins parfaite les problématiques de circulation de l'agglomération. Elle ne permet finalement que de déplacer une partie du trafic citadin du centre vers la périphérie. Mais l'erreur justement, c'est de mettre les deux projets en opposition puisque justement, ils n'ont pas grand chose à voir.

En effet, certaines études, que Robert Cramer a consciencieusement tenues secrètes, montrent que les deux ouvrages ne poursuivent pas le même but. Là où le bouclement autoroutier nord servirait principalement à supprimer les goulets d'étranglement autoroutiers de l'autoroute A1 et de l'autoroute de contournement, la moyenne traversée permettrait de désengorger le centre ville et les quais et ainsi, de permettre une réafectation partielle de ces tronçons. En particulier, les quais libérés d'une grande partie du trafic qui les congestionne pourraient alors être rendus à la population et devenir bien plus propices à la flânerie. Le pont du Mont-Blanc quant à lui pourrait facilement recevoir deux couloirs de bus afin d'améliorer la ponctualité des transports publics au centre-ville. (et par extension sur l'ensemble du réseau)

Quant aux délais, les deux traversées n'entrent pas non plus en concurrence. La moyenne traversée pourrait être réalisée très rapidement, d'ici 2016 selon l'UDC. Le bouclement autoroutier ne devrait par contre pas être réalisé avant 2040. Vu les retards habituels dans notre charmante (et exaspérante !) cité, il serait préférable de parler du milieu du siècle. Autant dire que si nous attendons jusque-là, le chaos de la circulation au centre-ville aura eu tout le temps de décupler !

Bref, je pense que ce projet ne doit pas être écarté d'un simple revers de main et mérite un débat plus profond. A titre de documentation, voici l'excellente étude du TCS, (document pdf) dont l'UDC a probablement tiré ses conclusions, et dont j'ai tiré l'image ci-dessus.

 

22/08/2009

La photo d'Hannibal...

Tout petit coup de gueule : Est-ce que la TDG n'arrive pas à trouver une autre photo de cet Hannibal ? Depuis un an cette photo a été mille fois recyclée ! Est-ce qu'on ne l'a pris qu'une fois en photo dans sa vie ?

Kadhafi.JPG
Bon je dois reconnaître que les queues de billard en arrière-plan c'est très décoratif, mais enfin est-ce une raison pour nous faire supporter encore et encore la même image ? Bref, j'ai fait une petite recherche et j'ai trouvé d'autres images à vous proposer :

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Est-ce la fin de la Suisse isolationniste ?

Ces derniers mois les évènements se succèdent à rythme soutenu. Attaquée de toutes parts, la Suisse prend l'eau. D'abord par la France et l'Allemagne. Les deux puissants voisins sur lesquels nous avions cru pouvoir compter pour nous défendre quand on s'en prenait à nous. Mais désormais nous savons ce qu'il en est. Ils ne souhaitent plus qu'une chose nous concernant : que notre arrogance si insupportable soit ravallée, que nous subissions des revers politiques en série. Leurs attaques n'ont d'ailleurs pas mis longtemps à donner des résultats. Nous avons tout cédé en fin de compte. Tout ce que nous nous étions dit prêts à défendre corps et âme, nous l'avons abandonné. Notre secret bancaire, garant de la protection des données privées, ne sera plus assuré. Finalement, il faut bien avouer que Peer Steinbrück avait raison. La Suisse est bel et bien une réserve d'indiens fuyant devant la cavalerie.

Les attaques américaines ensuite. Ce que le Conseil Fédéral considère comme une victoire, à savoir la levée des poursuites contre UBS, est pour la confiance dans le système bancaire helvétique une cuisante défaite. Car plus un client américain ne choisira la protection de notre système bancaire désormais. Pas que sur un plan moral, ça ne soit pas une bonne chose que les fraudeurs ne puissent plus bénéficier de notre bienveillante protection. Mais dans ce cas, pourquoi tant de places financières continuent-elles à offrir les services que nous ne pourrons plus assurer ? Et quand on sait quels états se cachent derrière ces paradis fiscaux, on a de quoi s'interroger sur les intentions de nos accusateurs. Parmi ces paradis du fraudeur, on trouve les îles Caymans et les îles anglo-normandes (protectorats britanniques), les Bahamas (membre du Commonwelth) et surtout l'état américain du Delaware ! Et étrangement, personne n'a demandé aux USA et à la Grande-Bretagne de mettre de l'ordre dans leurs propres affaires avant de faire des réclamations. L'OCDE, qui se dit pourtant au service de tous ses états membres, semble plutôt au service de ses membres les plus puissants.

N'en déplaise à ceux qui se félicitent d'un glissement de la Suisse vers la moralité. Les attaques qu'a vécues la Suisse n'ont aucune visée morale. Il s'agit d'une guerre économique. Et notre défaite est totale. Nous sommes rentrés dans le rang et d'autres pourront récupérer les bénéfices que ne feront plus nos banques. L'UBS a sans doute gagné dans cette affaire, mais pas la Suisse.

Et maintenant, nous avons assisté impuissants, à la pire humiliation que pouvait subir notre pays. Lorsque nous perdons face à de grands pays, lorsque nous savons qu'au fond la moralité y a gagné, nous pouvons encore accepter la défaite. Mais lorsqu'il faut céder face à un dictateur honni du monde entier, président d'un pays dont la seule puissance est pétrolière et surtout à un assassin notoire, seule l'incompréhension subsiste. Nous avons dû nous excuser de fautes que nous n'avons pas commises. Le Président de la Confédération a dû désavouer le travail de fonctionnaires qui n'ont fait que ce que la loi leur demandait de faire. Il s'agit d'un des jours les plus noirs pour notre pays, comme l'aurait peut-être dit Jean-Pascal Delamuraz. Nous récupérerons peut-être nos deux concitoyens bloqués à Tripoli. Mais en contrepartie, nous avons livré notre âme, notre honneur. "Tout est perdu fors l'honneur" avait dit François Ier après sa défaite à Pavie. "Tout est sauvé fors l'honneur" scande aujourd'hui le Conseil Fédéral. Mais l'honneur ne mérite-t-il pas qu'on se batte pour lui ? N'est-ce pas l'ultime pré carré d'un état ? Lorsqu'on a tout perdu, si la fierté nationale a disparu, que reste-t-il au peuple ?

Tout cela montre une chose : la Suisse n'a plus l'aura que nécessite ses ambitions. Elle est isolée. Lorsqu'un dictateur méditérannéen déclare qu'on doit démembrer la Suisse, nos voisins qu'on croyait amis gloussent sans aucune gêne et tendent le stylo à ce dictateur pour signer un contrat ! Toutes les négociations que la Suisse entreprend se terminent par un total abandon. Et c'en est assez. Certains prétendent que dans l'Union Européenne la Suisse aurait subi les mêmes attaques. Et pourtant personne n'ose s'en prendre au Luxembourg. Personne n'ose s'en prendre à Chypre. Quant à l'Islande, c'est au moment où sa faiblesse se fait réellement jour qu'elle devient pro-européenne. Ces états sont encore plus petits que la Suisse. Mais leur statut de membres ou futur-membres de l'UE leur confère une protection que la Suisse a perdu depuis longtemps. Au contraire, elle est même attaquée par ses voisins et partenaires. Il est temps que ça change. Et si ces évènements servaient à ouvrir les yeux à un nombre suffisant de Suisses pour faire pencher la balance, alors tout cela n'aura pas été vain.

10/08/2009

Fusion PDC - PBD ?

Le Sonntagszeitung a émis hier l'hypothèse que le PDC et le PBD d'Evelyne Widmer-Schlumpf étaient en tractation afin de fusionner les 2 partis. (voir cet article) Christophe Darbellay a immédiatement nié l'existence d'un tel projet. Pourtant il me semble tellement logique et presque nécessaire que je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas question. En effet la dissolussion des voix du centre-droit ne peut que profiter à leurs adversaires, UDC en tête. Et si le PDC pouvait récupérer les quelques voix du parti bourgeois, alors son deuxième siège au Conseil Fédéral ne pourrait pratiquement plus être contesté. Et surtout, le siège de la Conseillère Fédérale dont la popularité est la plus élevée pourrait être maintenu. Bien sûr, le jeu de chaises musicales étant ce qu'il est, quelqu'un devrait tout de même céder sa place à un UDC. Et si ça n'est pas Mme Widmer Schlumpf, ça ne pourrait être qu'un membre du PRL.

Voilà sans doute pourquoi on n'a pas choisi d'annoncer une telle fusion trop tôt. En tout cas pas maintenant, alors que le siège de Pascal Couchepin est disponible. Car la fusion du PDC et du PBD donnerait une totale légitimité à l'UDC pour réclamer ce siège vacant. L'annonce, si elle devait avoir lieu, ne sera faite que peu de temps avant le début de la campagne de 2011. C'est à dire au plus tôt vers la fin 2010. Car pas question de céder un second siège à l'UDC avant la fin de la législature. Et une éventuelle démission anticipée de Hans Rudolf Merz pourrait aussi remettre la décision à plus tard. Le meilleur plan finalement serait de tabler sur une démission de M. Merz pour la fin 2011 afin que ça soit les résultats des prochaines élections qui décident de la composition du futur Conseil Fédéral. On aurait ainsi 2 PDC-PBD presque assurés, 2 Socialistes et les 3 derniers sièges seraient partagés entre le PRL et l'UDC, avec probablement 2 UDC et 1 PRL. Ce dernier étant celui qui sera élu à l'automne. L'élection serait alors beaucoup moins tendue que la précédente...

Maintenant quel nom pourrait avoir le nouveau parti ? Le plus petit dénominateur commun entre les 2 partis semble être composé de "Parti" et de "Démocrate". Dès lors pourquoi ne pas imaginer que le PDC en profite pour perdre son étiquette chrétienne ? Il me semble que dans un état laïque, de plus en plus composé de confessions multiples, il serait bon que l'un des plus grands partis gouvernementaux abandonne son étiquette religieuse. Le parti saura-t-il sauter sur l'occasion ?

11:13 Publié dans Politique, Suisse | Tags : fusion, pdc, pbd | Lien permanent | Commentaires (0)

30/07/2009

Un Conseil Fédéral élu par le peuple ?

L'UDC a le mérite d'avoir lancé le débat. C'est vrai qu'on peut se demander si nous n'aurions pas intérêt à élire notre Conseil Fédéral plutôt que de les faire élire indirectement par nos représentants. Et pour le plus grand parti de Suisse, c'est aussi un moyen de s'assurer d'une meilleure représentativité de l'exécutif. Seulement ça n'est pas si simple. La représentativité serait paradoxalement plus difficile à obtenir avec une élection par le peuple.

Il faut comprendre que tout scrutin électoral correspond à l'un de ces modèles : proportionnel ou majoritaire. Dans le cas des élections fédérales, on élit deux chambres qui ensemble forment l'Assemblée Fédérale. La chambre haute est constituée du Conseil des Etats, pour lequel chaque canton envoie 2 représentants. (au total 46 députés) Compte tenu du peu d'élus par canton, c'est souvent les groupes politiques les plus importants qui gagnent l'élection. Par le jeu des alliances, les partis qui ont mieux su se regrouper avec des partis dont les idées sont proches arrivent bien mieux à s'y faire représenter. Au contraire, on s'aperçoit qu'un parti isolé politiquement comme l'UDC, ne parivent pas à s'y faire représenter de manière proportionnelle au nombre de voix qu'il récolte. C'est pourquoi cette élection est considérée comme une élection majoritaire. La chambre basse, le Conseil National, est constitué de 200 sièges, répartis proportionnellement à la population de chaque canton. Il s'agit donc d'une élection proportionnelle. Et dans ce cas, même un parti isolé politiquement parvient à faire élire un nombre de députés proche du nombre de voix qu'il a réussi à récolter. Pour autant qu'il ait réussi à atteindre le quorum de 7% toutefois. Donc on l'aura compris, seul le système proportionnel parvient à assurer la représentativité.

Dans le cas des élections cantonales, où le gouvernement est élu par le peuple, on s'aperçoit souvent que les sièges sont répartis entre les grands partis comme c'est le cas au Conseil des Etats. A Genève par exemple, l'entente d'un côté et l'alliance de gauche de l'autre se partagent généralement les sièges. L'UDC qui est pourtant devenu le plus grand parti à Genève n'est pas parvenu à faire entrer un de ses représentants au Conseil d'Etat lors des précédentes élections et il est assez peu probable qu'il y parvienne cette année. Il faut le savoir : une élection de gouvernement par le peuple n'assure pas la représentativité des partis. Bien au contraire, elle favorise les jeux des alliances et isole politiquement les extrêmes.

Or le Conseil Fédéral, dans le système de la formule magique qui a prévalu jusqu'à aujourd'hui, se veut non seulement représentatif des partis, mais aussi des différentes régions linguistiques. La perte de cette dernière serait particulièrement dommageable pour les minorités telles que la nôtre. En tant que Romands, nous aurions de bonnes raisons d'être inquiêts d'une élection au suffrage universel direct. Sans l'introduction d'un système assurant la protection des minorités, on peut s'attendre à une sous-représentation des minorités linguistiques. Dans ces conditions, une élection proportionnelle directe, avec l'élection des sept Conseillers Fédéraux par l'ensemble du peuple suisse n'est pas souhaitable. Reste donc la solution de l'élection purement majoritaire. On pourrait par exemple prévoir de séparer la Suisse en 4 circonscriptions électorale. Les 3 premières, la Suisse romande, la Suisse centrale et la Suisse orientale éliraient chacune 2 Conseillers Fédéraux et la dernière, la Suisse italienne, en élirait un. Mais dans ce cas, on le comprend immédiatement, on tombe dans une élection purement majoritaire, pour laquelle l'UDC aurait beaucoup de mal à se faire élire. Dès lors, on comprend assez mal que l'idée provienne de ce parti. Cela vient-il d'un manque de connaissance de ce qu'est un scrutin majoritaire ? C'est étrange alors que ce parti participe à des élections depuis longtemps...

Bref, pour ma part je ne suis pas opposé à une élection du Conseil Fédéral par le peuple, pour autant qu'elle respecte les minorités, puisqu'elle permettrait au moins de sanctionner directement un Conseiller Fédéral qui n'aurait pas satisfait la population plutôt qu'attendre un départ volontaire. Elle éviterait aussi le jeu des alliances de circonstance (les "magouilles" selon l'UDC) et forcerait les partis à présenter de réels programmes gouvernementaux pendant la campagne. Mais malheureusement, quand on regarde ce qui se passe dans les cantons, on s'aperçoit que l'élection populaire ne remplit pas toujours son rôle de catalyseur, destiné à forcer les élus à rendre régulièrement des comptes à la population. En effet, les partis ne proposent souvent qu'un nombre minimal de candidats afin d'éviter de faire de la concurrence à leurs sortants. Par exemple, aux prochaines élections genevoises, on devrait avoir le choix entre 4 candidats de gauche et 4 candidats de droite, les candidats UDC, MCG et d'extrême-gauche ne faisant probablement que de la figuration. Ainsi, nous n'aurons que 8 candidats en lice pour 7 sièges ! Autant dire que l'enjeu est assez biaisé. Dans ces conditions, on peut se demander quel est l'intérêt de changer un système qui finalement ne marche pas si mal que ça...

07/07/2009

La Turquie doit-elle entrer dans l'Union Européenne ?

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'en déposant une demande d'adhésion, la Turquie a mis les Européens devant un dilemme. Deux camps bien tranchés se sont immédiatement fait jour et il s'agit depuis d'un des plus gros motifs de discorde au sein de l'Union. Et c'est une première, car lors des précédents élargissements, les voix qui se sont opposées par principe aux nouvelles adhésions étaient rares. A la suite de la chute du rideau de fer, l'Occident avait accueilli à bras ouverts ces pays frères qui avaient, l'espace de quelques décennies, quitté le giron familial. La seule question qui se posait réellement concernait le niveau de vie de ces pays et la période transitoire durant laquelle ces pays allaient devoir rattraper les pays occidentaux. Ainsi que dans certains pays, un déficit démocratique qu'il fallait combler avant l'entrée de ces pays. Mais sur le fond, il n'y a jamais eu de réel problème. Il a toujours été considéré comme normal de les accueillir pour autant qu'ils le souhaitent.

Par contre, en ce qui concerne la Turquie, le problème est bien plus profond et touche à l'idée même qu'on se fait de l'Union Européenne. Souhaite-t-on qu'elle soit un simple espace de libre-échange ? Voire un instrument pour se renforcer mutuellement et avoir plus de poids face aux autres grandes puissances économiques ? Ou veut-on aller plus loin et la voit-on comme une association de pays qui se sentent proches les uns des autres et qui veulent bâtir un avenir commun ? Dans ce dernier cas, il y a de fortes chances qu'on ait une appréhension à y voir entrer un grand pays musulman. La question est donc plutôt ardue.

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02/07/2009

Référendums : et si on changeait les règles ?

Ceci est un appel à la Constituante, ou du moins à certains de ses membres.

Jusqu'à présent, je pense pouvoir parler au nom d'une grande partie des habitants de ce canton en affirmant que nous avons l'impression que la Constituante passe plus de temps à voter son propre budget qu'à discuter du sujet pour lequel on l'a élue, à savoir la nouvelle Constitution. Mais je suis certain que les travaux vont commencer sous peu et je pense qu'un dialogue entre les Constituants et la population est nécessaire durant tout ce processus. Dans cette optique, compte tenu de l'actualité, voici les points que je voudrais voir défendre.

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21/06/2009

La fin de la quiétude du Conseil Fédéral

En faisant passer Christophe Blocher à la place de Rüth Metzler, l'UDC a créé un précédent dont les conséquences se répercutent encore aujourd'hui. La notion de représentativité n'était jusqu'alors pas inscrite dans le marbre. En réclamant un second siège sans même attendre le départ naturel de Joseph Deiss, et en évinçant ainsi une Conseillère Fédérale à qui on avait rien de spécial à reprocher, l'UDC a lancé une compétition entre partis, purement basée sur la représentativité. Souvenons-nous. Jusque-là, la formule magique était quasiment inscrite dans le marbre. Deux PRD, deux PDC, deux PS et un UDC. Cette formule magique qui assurait la quiétude du Palais Fédéral a vécu. Désormais règne la loi de la jungle.

Car qui aurait pu croire que les démocrates-chrétiens, alliés naturels des radicaux-libéraux, allaient tenter de leur ravir un siège ? Certes, le PDC n'a toujours pas digéré la perte de son second siège. Certes, ils se souviennent que certains radicaux avaient donné leur voix à Christophe Blocher et fait pencher la balance en faveur de ce dernier. Mais vaut-il vraiment la peine de se lancer dans pareille querelle alors que l'écart du nombre de sièges au National est plutôt faible ? Ce genre d'intrigue ne grandit pas l'image du PDC, ni de son Président. Surtout qu'on peut douter de la capacité du PDC a effectivement remporter ce second siège.

Bref. Désormais, la quiétude qui régnait traditionnellement au Conseil Fédéral a vécu. Chaque élection devient une foire d'empoigne. Un peu comme dans un jeu de chaises musicales, il manque toujours un siège. Les Conseillers Fédéraux n'ont même plus leur place assurée jusqu'au moment de leur démission. Juste retour de bâton pour Christophe Blocher en fait. Mais désormais la porte est ouverte pour d'autres. Le PRL va peut-être en faire les frais cette fois-ci. Puis à la fin de la législature, c'est probablement Mme Widmer-Schlumpf qui va devoir céder son siège. Dommage, on y perdra une des personnes les plus compétentes et les plus populaires de ce Conseil Fédéral. A moins que l'effet Widmer-Schlumpf joue en faveur du nouveau parti bourgeois ?

Car ça aussi c'est une nouveauté. Aux précédentes élections, beaucoup d'électeurs avaient voté UDC "pour soutenir Blocher". Cette façon de voter dénote une méconnaissance totale de nos institutions et de leur fonctionnement. En effet, c'est bien l'Assemblée Fédérale qui élit le Conseil Fédéral et non le peuple. Voter pour un parti ne donne pas la certitude que son représentant au Conseil Fédéral sera réélu. Elle donne seulement droit à une représentation au gouvernement. Et encore, rien n'est écrit, il s'agit plutôt d'une entente entre les partis. Ainsi, même un parti ayant 49% des voix pourrait théoriquement se faire éjecter du Conseil Fédéral ! Il suffirait pour cela que tous les autres partis se mettent d'accord...

17/06/2009

Je rêve d'un monde sans arme nucléaire

Et si nous réinventions un monde où la bombe atomique n'aurait jamais été inventée ? Ce rêve est bien sûr totalement utopique. Ce qui a été inventé ne peut plus être désinventé. Nous sommes condamnés à vivre dans ce monde où l'Homme sait fabriquer des armes nucléaires. Et c'est là qu'on peut critiquer l'inconscience de ces scientifiques qui ne se sont pas aperçus des conséquences de ce qu'ils inventaient. Certes, sur l'instant, ça avait dû ressembler à une plutôt bonne idée. La guerre faisait rage et posséder une arme qui permettrait de terminer cette guerre rapidement et avec un minimum de pertes dans ses propres rangs était un but qui semblait s'imposer. D'autant que l'Allemagne tentait elle aussi de se la procurer et il importait d'en disposer avant elle.

Mais qu'en a-t-il été depuis ? D'autres pays, Union Soviétique en tête se sont mis à fabriquer cette arme. La course aux armements a été lancée dès la fin de la seconde guerre mondiale. Et la puissance de ces armes a rapidement décuplé. Cette arme, qui avait été vue par ses inventeurs comme un moyen de terminer rapidement la guerre, s'est transformée en instrument de fin du monde. Seule la peur de l'annihilation réciproque aExplosion-Nucleaire-1.jpg permis à ce monde de rester propice à la vie.

Durant une quarantaine d'années, l'équilibre de la terreur s'est ainsi maintenu. Puis l'Union Soviétique a baissé les bras et nous avons pu enfin souffler. Seulement, à peine la guerre froide s'est-elle terminée qu'un nouveau danger est apparu : celui de la prolifération. Aux cinq puissances nucléaires "classiques", à savoir les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne, se sont rapidement ajoutées trois nouvelles. L'Inde, le Pakistan et Israël. Et si ces trois pays ne font pas trop craindre qu'ils puissent être les artisans d'un holocauste mondial ou même régional, trois autres pays beaucoup moins fréquentables leur ont immédiatement emboité le pas.

L'Irak, l'Iran et la Corée du Nord ont tous conduit des programmes nucléaires plus ou moins sérieux. Plus ou moins, car il s'est finalement avéré que l'Irak avait abandonné depuis longtemps son programme, contrairement aux accusations proférées par l'administration américaine. L'invasion du pays avait donc été conduite sous un prétexte fallacieux. Et le premier de ces trois pays, qui pour Georges Bush constituaient "l'axe du mal" était pour finir très loin de pouvoir devenir une puissance nucléaire. Doit-on pour autant généraliser ? Certainement pas, car les deux autres puissances nucléaires potentielles conduisent des programmes nucléaires bien plus sérieux.

En effet, l'Iran n'a jamais cessé ce programme. Il semble même avancer à grands pas. Et surtout, la Corée du Nord semble à bout touchant. Désormais ça n'est peut-être plus qu'une question de mois avant que ce pays ne dispose d'armes nucléaires viables et de missiles pouvant atteindre leurs voisins et même le territoire des Etats-Unis.

Il serait temps que le monde se réveille. Car laisser ces deux pays ou même un seul d'entre eux posséder l'arme nucléaire nous ferait replonger dans une nouvelle guerre froide. C'est totalement intolérable. Et il faut le faire savoir aux gouvernements de ces deux pays, si avides de pouvoir. Ils doivent comprendre que jamais on ne les laissera atteindre leur but. Car si une intervention devenait indispensable, elle devrait se faire avant que ces pays disposent d'armes nucléaires. Ensuite, cela deviendrait totalement impossible, le risque d'embrasement devenant insupportable.

On le voit, les scientifiques qui ont découvert la fission de l'atome ont créé un monstre que personne ne peut contrôler. Mais n'était-ce pas inéluctable ? Ca n'est finalement pas de leur faute si les particules subatomiques possèdent un si formidable potentiel énergétique. La célèbre formule E=MC2, Einstein ne l'a pas inventée. Il n'a fait que la découvrir. Et si ça n'avait pas été lui qui avait découvert l'énergie incommensurable que représente la masse atomique, quelqu'un d'autre l'aurait fait. Probablement à la même époque ou peu après. Ainsi va la science. L'histoire aurait peut-être même été profondément modifiée selon l'Etat qui aurait pu développer la bombe en premier. Et nous devons finalement plutôt être satisfaits de la tournure des évènements.

Alors, à défaut de réinventer un monde sans arme nucléaire, pouvons-nous encore inventer un monde dénucléarisé ? Les nations nucléaires actuelles, à commencer par les Etats-Unis, peuvent-elles abandonner cette arme alors que n'importe qui pourrait un jour se la procurer et menacer le monde entier ? En fait, je pense que ça serait bien plus facile de faire respecter un traité de non-prolifération, si quelques états ne se gardaient pas le triste privilège de faire planer une telle menace sur le monde. La fin de la prolifération passe sans doute par le désarmement. Si une interdiction totale était le but du conseil de sécurité de l'ONU, je pense que, moyennant des pressions, on pourrait y faire adhérer l'ensemble des nations. Alors nous pourrions peut-être entrevoir le bout du tunnel. Et mettre fin à plus de soixante ans de folie.

15/06/2009

Benyamin Netanyahou le pacificateur

C'est en tout cas ce qu'il cherche aujourd'hui à nous faire croire, sous la pression de Barack Obama il est vrai. En effet, il dit ne pas être opposé à la création d'un état palestinien. Mais bien sûr, il fixe certaines conditions.

Tout d'abord, il exige la reconnaissance de l'Etat d'Israël. Ceci semble couler de source et ne représente d'ailleurs plus une barrière infranchissable depuis pas mal de temps. Mais, le problème est qu'il demande la reconnaissance de l'Etat d'Israël en tant qu'état juif ! Ce qui signifie que les nombreux Palestiniens qui y résident et qui sont de confession musulmane ou chrétienne ne sont pas chez eux. Ils ne sont que des étrangers si on peut dire. Je pense que dans l'ensemble des pays démocratiques, il n'y a aucun autre état qui se réclame d'une religion plutôt qu'une autre. Certes, l'Iran ne fait pas mieux en se désignant lui-même comme une république islamique, mais ne doit-on pas attendre mieux de la part d'Israël ?

Il déclare aussi que cet état ne devra pas posséder la moindre force militaire. On va donc se retrouver avec un état qui n'aura pas la moindre capacité à assurer sa sécurité, intérieure comme extérieure. C'est dire que des mouvements armés comme le Hamas pourront sans problème y faire la loi. Une façon de prouver à posteriori que c'était une erreur de laisser les Palestiniens gérer leur pays de manière autonome...

Finalement, et surtout, il exclut la fin de la politique colonialiste d'Israël ! Comment peut-on dire dans le même discours qu'on est prêt à accorder une autonomie à un autre peuple et ensuite qu'on va continuer à coloniser ses territoires ?

Il aurait été très étonnant qu'un homme qui s'est fait élire sur la base d'une politique expansionniste et bélliqueuse soit l'homme par qui la paix pourra se faire. Et décidemment, il est évident que ça n'arrivera pas...

 

05/06/2009

Nous voterons donc sur l'interdiction des minarets

Moi les minarets, je m'en fiche. Je me considère depuis mon plus jeune âge comme un athée convaincu et toute forme de religion me paraît ridicule. Je pense qu'à notre époque, il est absurde de croire en n'importe quelle bondieuserie quelle qu'elle soit, alors que la science a fait de tels progrès et que la nécessité d'une force supérieure pour expliquer l'univers n'a pratiquement plus aucune raison d'être. La spiritualité me direz-vous. Certes, il y a effectivement de nombreuses personnes qui ressentent le besoin de croire en quelque chose de supérieur pour assouvir leur soif de spiritualité. Et bien je répondrai que pour ma part, ma spiritualité est bien plus touchée par la lecture de la théorie de la dérive des continents ou celle de l'évolution des espèces qu'en écoutant des histoires de dieux ou de déesses à dormir debout !

Et pour cette raison, je serais prêt à tout pour défendre ma liberté d'incroyance. Le jour où on essayera de m'imposer une religion quelle qu'elle soit, je serai prêt à me battre de toutes mes forces pour sauvegarder mon droit à l'athéisme. Et pour moi la laïcité est une valeur fondamentale de notre société occidentale démocratisée, au même titre que le droit de vote ou la liberté d'expression. Mais, bien que je considère mon athéisme comme un fondement de ma propre personne, il y a une autre chose contre laquelle je serais prêt à me battre avec tout autant de vigueur : je me battrais contre toute tentative de réduire le droit de mes semblables à croire en ce qu'ils veulent, aussi absurdes que puissent me paraître ces croyances !

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03/06/2009

Le néo-communisme qui se cache derrière l'étiquette écologiste

L'écologie, soit la protection de la nature, est une cause noble. Un reportage passé dimanche soir sur la TSR montrait par exemple des gens qui se battent aux Etats-Unis et au Canada pour la sauvegarde de deux espèces locales de grues sauvages. Ce genre de combat m'inspire une grande admiration. Notre monde a besoin de gens tels qu'eux, prêts à donner de leur personne pour protéger notre monde. Il n'en va pas de même pour les politiciens qui se cachent derrière l'étiquette écologiste.

En ce qui concerne l'automobile par exemple, l'industrie fait des recherches extrêmement coûteuses pour que ses produits aient un impact de plus en plus faible sur l'environnement, voire un impact totalement nul à terme. Ces efforts sont bien sûr nécessaires, car la pollution est et sera de plus en plus une plaie pour notre monde et pour notre espèce en particulier. Mais demandez à un écologiste s'il pense qu'une voiture absolument dépourvue de pollution serait convenable. Il vous répondra que non. Il faudra tout de même que nous nous serrions dans des bus bondés ou que nous transpirions sur nos vélos en costume cravate ou en tailleur pour aller au travail. Ou il vous dira même qu'il faut trouver des nouveaux modèles, tels que le "partage" de véhicules !

Et c'est là qu'on comprend de quoi il s'agit. La mise en commun. Ces gens continuent à penser que la propriété privée doit être éliminée et remplacée par une mise en commun générale des biens. Alors quelle différence avec l'idéologie qu'on croyait définitivement abandonnée, à savoir le communisme ? Et bien aucune. Car le modèle de société prôné par ces gens sous le couvert de l'étiquette écologiste est bien un modèle communiste. Un modèle où l'individu n'a plus sa raison d'être, mais où il doit se fondre dans un grand tout. Un modèle où la recherche de la prospérité est vaine, à part bien sûr pour les quelques privilégiés qui sont à la base de la création de ce système !

On taxe notre modèle de société d'être la cause de catastrophes écologiques globales et on répète inlassablement des arguments pseudo-scientifiques, la répétition leur donnant de plus en plus de vigueur. Au final, les gens finissent par avoir honte d'avoir une voiture ou de consommer de l'électricité. Et petit à petit, les néo-communistes gagnent du terrain.

Mais finalement, la question qu'on devrait se poser est la suivante : pourquoi devrait-on se passer de voiture, si ce moyen de déplacement devenait non-polluant ? Et si les machines de chantier devenaient elles aussi non polluantes, pourquoi ne pourrait-on pas construire des autoroutes souterraines qui sillonnent les villes et supprimer tout simplement les transports publiques ? C'est pour l'instant très utopique, mais il faut se rendre compte que vers le milieu du siècle, le monde ne consommera plus ou presque plus de pétrole, car il n'y en aura tout simplement plus. Pourquoi d'ici là devrions-nous abandonner notre mode de vie pour un système qui a déjà prouvé son inefficacité ? Ne devrait-on pas investir dans les techniques qui vont nous permettre d'éliminer notre dépendance au pétrole plutôt qu'accepter des idées saugrenues telles que la décroissance ?

13:56 Publié dans Politique | Tags : ecologie, communisme | Lien permanent | Commentaires (17)

01/06/2009

La crise coréenne : premier grand test de politique internationale pour Obama

Aux USA, on a coutume de penser que les présidents républicains sont plus à même de résoudre les conflits internationaux auxquels le pays est confronté. En effet, que ça soit avec Reagan ou avec les Bush, père et fils, l'Amérique a su montrer sa puissance au monde et les tentatives visant à s'en prendre à l'hégémonie de la première puissance mondiale ont toujours été tuées dans l'œuf. Ronald Reagan est même crédité de la victoire dans le conflit larvé qui a opposé son pays à l'Union Soviétique durant plus de quarante ans ! Ce qui est sans doute un peu exagéré car le pouvoir soviétique du plus grand pays du monde a surtout implosé de lui-même.

Quant aux présidents démocrates, on leur octroie d'autres qualités. La gestion de la politique sociale est leur principale spécialité. Sur le plan international, ils sont crédités de plus de capacités sur le plan diplomatique et leurs victoires les plus visibles ont souvent eu lieu autour de tables de négociations. Mais pour ce qui est de la gestion des crises, ils semblent moins bien dotés par la nature et sont réputés moins fermes.

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