27/06/2010

Aux pro-européens turcs

Je suis Suisse et Français, mais ici je m'exprime plus souvent en tant que Suisse. Mais aujourd'hui, c'est en tant qu'Européen que je vais m'exprimer. Cet appel, lancé par un supporter de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne s'adresse aux forces politiques turques qui souhaitent toujours cette entrée.

Il y a presqu'un an, j'ai écrit ce billet. A l'époque, je me disais que la demande d'adhésion de la Turquie à l'UE devait être prise en compte, car cela aiderait ce grand pays, en partie européen, à se diriger vers les nécessaires réformes de ses institutions. Mais depuis, mon opinion a largement évolué. Je ne pense plus que la Turquie actuelle, dirigée par Recep Tayyip Erdogan, n'a une chance de faire un jour partie de l'organisation européenne. A l'époque je pensais pourtant qu'il fallait tenter de traiter avec lui, puisque c'est le premier ministre dont la population turque s'était légitimement dotée. Et comme il a toujours répété vouloir faire entrer son pays dans l'UE, j'espérais qu'il était prêt à conduire les réformes qui pourrait permettre à la Turquie de légitimement attendre une réponse favorable de l'Union. Mais aujourd'hui je pense qu'il n'en est rien. Je me demande même si le but de Erdogan n'est pas de provoquer le rejet de la part de l'Union Européenne et la déception de sa population pour pouvoir se tourner vers d'autres alliances.

turkish_pm_erdogan-_with_ahmadinejad.jpgEt aujourd'hui, alors que le monde se dirige à grand pas vers une bipolarisation sur fond de crise pétrolière, (voir ici) Erdogan montre enfin  quel camp il tente de faire choisir à son pays. L'affaire des "bateaux de la paix", dans laquelle des pseudo-ONG islamistes proches du pouvoir turc ont été à l'origine d'une provocation unilatérale d'Israël, montre bien qu'Erdogan fait tout pour se débarrasser des anciennes alliances. Israël est le premier à en faire les frais. Mais l'Europe  et les Etats-Unis suivront. Et en soutenant désormais ouvertement le Hamas, la Turquie montre que les nouvelles alliances qu'elle cherche à tisser se trouvent du côté de l'Iran, principal mentor des extrémistes palestiniens.

Si la Turquie devait se tourner vers l'islamisme radical, ça serait un terrible retour en arrière. N'oublions pas que cet état, sous l'impulsion de Mustafa Kemal Atatürk, après la défaite durant la première guerre mondiale, a fait le choix de la laïcité. Une modernité que beaucoup d'états européens n'avaient pas encore choisi à l'époque. Depuis lors, l'histoire de la Turquie s'est fondue dans celle de l'Europe. Durant la guerre froide, elle a même été un maillon vital de l'Alliance Atlantique. En effet, sa position géographique a permis à l'OTAN de verrouiller la sortie de la mer Noire sur la Méditerrannée ainsi que le sud du rideau de fer.

Aujourd'hui, Erdogan est sur le point de mettre fin à cette imbrication de l'histoire turque avec l'histoire européenne. Un rapprochement avec les Perses serait contre nature, tant la Turquie s'en est éloignée depuis longtemps. Tenter de recréer l'Empire Ottoman est de toute façon vain: je pense que le rapport de force qui va s'établir au sein d'une telle alliance va plutôt servir l'Iran et c'est plutôt l'Empire Perse qui va être recréé ! Et au sein d'un tel ensemble, je ne donne pas cher de la démocratie et de la laïcité turques...

Alors si vous souhaitez encore que votre grand pays rejoigne l'Union Européenne, je n'ai qu'un conseil à vous donner: débarrassez-vous d'Erdogan ! Remettez au pouvoir des forces dignes de l'héritage d'Atatürk. Des forces prêtes à tout pour défendre la laïcité et la démocratie. Des forces prêtes à réformer l'armée et le gouvernement. Des forces prêtes à reconnaître le génocide arménien et à normaliser les relations avec la minorité kurde. Des forces, enfin, prêtes à s'attaquer à la problématique de la division de Chypre. Si de telles forces existent en Turquie, il faut qu'elles soient mises au pouvoir pour relancer un rapprochement avec l'Europe. Sans cela, la Turquie va faire un retour en arrière historique de près d'un siècle et sombrer dans l'obscurantisme. Démocrates turcs, il n'y a que vous qui puissiez empêcher cela !

20/06/2010

Tout est gagné... fors l'honneur!

Durant toute l'histoire de l'humanité, l'honneur a été un enjeu primordial. L'honneur est ce qu'il reste au peuple quand il a tout perdu. C'est ce qui lui permet de retrouver un semblant de fierté dans l'adversité. C'est ce qui lui permet de rebondir et reconquérir sa liberté après la défaite. Mais aujourd'hui, l'honneur est devenu une denrée qu'on peut monnayer. On peut le vendre à son ennemi pour obtenir quelque chose en retour. C'est en tout cas ainsi que le voit le Conseil Fédéral quand il juge que la manière dont ont été libérés les otages en Libye est satisfaisante.

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16/06/2010

L'échec de la Constituante

Pour la Constituante, les semaines se suivent et se ressemblent. Des visions si opposées s'affrontent qu'on peine à imaginer ce qui va sortir de leurs délibérations. Ce qui est sûr, c'est que quoi qu'il advienne, la meilleure Constitution restera... l'actuelle ! Notre Constitution a été élaborée par le peuple pendant des décennies. Il est bien sûr possible d'y trouver des archaïsmes. Mais rien qui l'empêche de fonctionner. Et rien n'entrave suffisemment son fonctionnement pour qu'on soit obligés de faire table rase. Des adaptations au cas par cas pourraient suffire. Toutefois, pour ma part j'avais espéré que la Constituante pourrait effectuer un grand nettoyage. C'est pour ça que j'avais voté favorablement à la création d'une telle assemblée. Mais plus le temps passe, plus je suis certain que je voterai contre le résultat de ses travaux.

Parmi mes espérances, j'avais osé imaginer que les Constituants comprendraient à quel point l'explosion de notre population rendait le nombre de signatures nécessaire pour les initiatives et les référendums trop peu nombreuses. C'est finalement la seule et unique cause de l'explosion des blocages de projets dont souffre la République et les communes. Et bien il semble que dans ce canton, dont la Genferei est une des plus fameuses spécialités, les minorités parviennent à s'unir pour défendre leur droit au blocage contre la majorité. La gauche et l'extrême-droite se sont ainsi mises d'accord pour faire baisser le nombre de signatures nécessaires ! Intéressante alliance en tout cas. Si elle existait aussi lors du vote populaire au sujet de ces initiatives et référendums, nul doute qu'elle offrirait la victoire pour chacun de ces textes. Mais en réalité, les idéologies qu'on trouve derrière ces textes sont souvent bien trop minoritaires pour remporter un large suffrage. L'alliance qu'on a vu émerger ne tiendra donc pas.

Alors pourquoi vouloir diminuer le nombre de signatures ? C'est simple: plus il est facile d'obtenir le nombre de signatures nécessaires, plus il est facile de bloquer un projet. Et pour éviter que cela ne se produise, les autorités vont systématiquement discuter avec des milieux représentant de toutes petites minorités pour trouver des consensus. Un peu comme ce que le Conseil d'Etat a fait en décidant que le taux de logements sociaux au PAV serait de 66% ! Ainsi, la démocratie est détournée: on ne recherche plus l'adhésion de la majorité, mais uniquement de ceux qui peuvent bloquer les projets. Avoir 5% de la population derrière soi donne une force bien plus grande que d'en avoir 60% !

L'extrême-gauche s'offusque d'ailleurs qu'on parle de minorité "de blocage". Car pour eux le peuple c'est avant tout leurs électeurs (environ 7% de l'électorat) Tous les autres, ce sont juste des méchants bourgeois opresseurs. Et bien sûr ce statut de vrai peuple donne à leurs électeurs le droit de prendre toutes les décisions au détriment des autres !!!

Qu'on ne se trompe pas, il s'agit bel et bien là d'une atteinte grave aux droits démocratiques. Moi qui milite pour une adaptation du nombre de signatures à la démographie genevoise, il est évident qu'un tel changement vaut pour moi un rejet direct et immédiat de l'ensemble du texte. Et jusqu'au vote final du peuple sur cette Constitution, je militerai sans hésitation pour son rejet.

12:40 Publié dans Genève, Politique | Tags : constituante | Lien permanent | Commentaires (6)

15/06/2010

Mme la Conseillère fédérale

Ca ne m'arrive pas souvent de faire usage de la zapette lorsque j'entends un Conseiller fédéral parler d'un sujet qui m'intéresse. Normallement je reste pendu à ses lèvres. Mais hier soir, lorsque j'ai entendu parler Micheline Calmy Rey au TJ de 19h30, sur la TSR je n'ai pas pu m'empêcher d'éteindre ma télévision.

CalmyRey.JPGCar quand on ose aligner de pareilles énormités, ça ne peut que donner la nausée au télespectateur. Déjà quand elle annonce que la Suisse a des amis, on peut se demander si elle vit dans le même monde que nous. D'accord, je suis sûr que l'Espagne et l'Allemagne voulaient sincèrement résoudre la crise et faire libérer Max Göldi. Mais lorsqu'elle cite Silvio Berlusconi comme ami de la Suisse, c'est trop énorme ! Cet homme qui ricannait quand le Colonel annonçait sans sourciller que la Suisse doit être démembrée ! Pour qu'il se décide à user de son influence auprès du guide suprême, il aura fallu qu'on mette les entreprises italiennes actives en Libye en dificulté ! Pourquoi pas Nicolas Sarkozy pendant qu'on y est ? Avec des amis comme ça, à quoi ça sert d'avoir des ennemis tels que Muammar Kadhafi ?

En parlant de démembrement de la Suisse, je passe sur la faiblesse de sa réaction lorsque le Colonel a évoqué le rattachement de la Suisse romande à notre grand voisin. Elle aurait tout de même pu lui faire remarquer que c'est aux populations locales de décider et lui faire comprendre que la Suisse est un pays solidaire où les barrières de langues ne sont pas suffisantes pour que la population souhaite une séparation, comme c'est le cas de pas mal de monde en Belgique par exemple. Il me semble qu'un tel discours resterait courtois et n'empêcherait pas une bonne ambiance de négociations.

Je reviendrai une autre fois sur le tribunal arbitral. Je peux comprendre que du point de vue diplomatique, le règlement d'un contentieux nécessite des consessions. Mais le problème, c'est qu'en acceptant de subordonner notre justice à une autorité dont aucune référence n'est faite dans notre constitution, on contrevient aux règles de l'état de droit. Et puisqu'on accepte une telle situation, pourquoi ne pas avoir exigé que le cas de Max Göldi soit vérifié par une autorité arbitrale ?

Mais ce qui m'a vraiment révolté, c'est le fait qu'elle dise que la sortie des otages était le but de toutes ces négociations. Et pire: qu'elle est fière du résultat. Finalement, j'espère que ça n'est pas le cas, parce que le moins qu'on puisse dire, c'est que l'échec de ces négociations est terrible. 2 ans pour arriver à faire libérer un innocent, voilà qui ne pousse pas à la fanfaronnade Mme Calmy Rey.

14/06/2010

Bon retour parmi les tiens, Max

On critiquera sans doute l'accord passé entre la Suisse et la Libye, qui risque bien de ressembler à une capitulation sur toute la ligne. Mais aujourd'hui, on n'a qu'une envie: faire part de notre soulagement et partager la joie de la famille Göldi. Bon retour Max, j'espère que tu pourras reprendre une vie normale dans les plus brefs délais.

En tout cas, aujourd'hui nous avons tout de même appris une chose: combien mesure un milimètre fédéral! Comme à l'été 2009, nous étions à 2 mm d'un accord, cela signifie qu'un milimètre représente à peu près 5 ou 6 mois. Le jour où Micheline Calmy-Rey nous annoncera qu'on est à un mètre d'un accord, on pourra faire le calcul...

Quant à moi, je pense être à 2 mm de retourner prendre mon carburant chez Tamoil!

10/06/2010

Des rues piétonnes, oui mais...

Aujourd'hui, il n'existe pas de véritable opposition à l'idée d'étendre la zone piétonne au centre-ville. Pratiquement tout le monde a envie de voir notre belle ville débarrassée de son trafic automobile. Les voitures parquées en double-file, les colonnes de véhicules, tout ça nuit à l'image de la cité. Si on regarde du côté de Lausanne ou Bâle, on constate aisément que les zones piétonnes sont bien loin de repousser les badauds. Au contraire, elles amènent de l'animation, elles font la joie des commerçants. L'idée d'interdire l'accès de la plus grande partie du centre-ville aux véhicules privés semble donc couler de source.

D'ailleurs, la situation de la rue du Rhône montre bien que la solution intermédiaire qui consiste à restreindre l'accès à une rue ne fonctionne pas. Les contrevenants sont légion. Et il n'y a aucun effet sur les véhicules en double-file, puisque l'accès aux commerces reste autorisé. Bref, on veut des vraies rues piétonnes. On veut un centre-ville où il fait bon flâner et faire ses emplètes. Mais alors pourquoi cela n'avance t-il pas ? C'est parce que, une fois n'est pas coutume, dans une ville où la controverse politique est élevée au rang de spécialité locale, (voir mon billet à propos de la "Genferei") plusieurs visions s'opposent et empêchent de trouver un consensus.

La première, celle de la droite, fait la part belle aux commerçants. Elle veut s'assurer que le centre-ville reste pleinement accessible aux clients pour ne pas les voir se reporter vers les centre commerciaux périphériques, voire vers la France. Elle tient à concerver l'animation du centre-ville qui doit rester un centre d'activité pour toute la région. Dans cette optique, la droite réclame que des places de parking en sous-sol (notamment au travers du parking "Clés-de-Rive") compensent les places perdues en surface. Ainsi, aller au centre en véhicule privé reste possible et pas trop rebutant. (ou en tout cas pas plus qu'aujourd'hui)

La seconde vision, celle de la gauche, voit le centre-ville comme un endroit où on se rend en transports publics ou à vélo. Ils ne jugent donc pas nécessaire de compenser les places perdues en surface. Au contraire, ils appellent ces nouveaux parking des "aspirateurs à bagnoles"! (alors que tout ce qu'ils aspirent, c'est des voitures qui étaient déjà parquées au centre, mais en surface) Ce qu'il faut dire, bien qu'on doive admettre que l'accès au centre est assez facile avec les transports publics (personnellement je les utilise la plupart du temps), c'est qu'il y a pourtant certaines situations où la voiture est nécessaire. Par exemple, lorsqu'on a des choses lourdes à transporter. Ou si on va en ville avec des personnes à mobilité réduite. Dans ces cas, doit-on se rabattre sur les centres commerciaux tels que Balexert ? J'espère en tout cas que ça n'est pas le but recherché. Mais il faut bien dire que réduire les possibilités de parking sans compensation aura bel et bien cet effet. Avec des conséquences imprévisibles sur le commerce.

800px-Geneva_2006_624.JPGIl y a enfin la vision des écologistes, qui voient non pas les rues piétonnes comme créatrices d'animation et d'activité, mais comme entrave au trafic. Pour eux le modèle mis en place aux Paquis, dont la traversée est pratiquement impossible en voiture, doit être étendu à toute la ville. C'est en tout cas le but de leur initiative des 200 rues piétonnes. Bien sûr, pour eux aucune compensation de places de parking ne doit avoir lieu. Les gens n'ont qu'à venir en bus. Et bien moi je trouve que cette vision est très étroite et ne prend en considération que le cas de la fameuse femme inactive qui va en 4x4 faire ses courses dans l'après-midi ou celui du banquier qui se rend à son travail au volant de sa Jaguar. Mais il ne faut pas oublier qu'à Genève, il y a aussi des entreprises qui ont des activités et qui doivent utiliser des véhicules motorisés. Déjà aujourd'hui, quand une entreprise doit envoyer un véhicule à Genève, c'est l'assurance de devoir affronter des embouteillages sans fin et de devoir faire face à d'énormes problèmes de parking.

D'ailleurs, les véhicules de livraison peuvent accéder aux rues piétonnes jusqu'à 11 heures. Ensuite,  elles en sont bannies. Mais les entreprises travaillent toute la journée. Alors où se parquent-elles l'après-midi? Et bien ailleurs, mais pas trop loin. Alors si on diminue le nombre de places, c'est l'assurance de créer de graves entraves à leurs activités. Quant aux entreprises actuellement résidentes en ville, il leur faut des trésors de patience pour ne pas choisir de déménager en périphérie. Alors que se passera-t-il quand elles se seront installées dans d'autres communes ? Et bien la ville va avoir une énorme perte d'impôts. Mais les écolos s'en fichent puisque l'activité économique ne les concerne pas. Ils pourront tranquillement rouler sur leurs pistes cyclables géantes, qui ne coûteront pas cher à entretenir. La ville de Genève deviendra un dortoir pour gauchistes, vidé de son activité économique.

D'accord j'exagère. Mais c'est quand même la tendance qu'on cherche à encourager. Alors pour ma part, je soutiens les associations qui refusent de signer un pseudo-consensus dans lequel l'activité économique est considérée comme secondaire. L'assurance de la compensation des parkings perdus en surface est une condition non négociable. Il est temps de freiner la politique anti-bagnole de la gauche, qui fait figure de dogme absolu en ville. Il en va de la compétitivité du commerce au centre-ville.

07/06/2010

Le Hamas: 2. La résistance

Suite de ma série à propos du Hamas. Seconde affirmation courante:

Le Hamas n'est pas un groupe terroriste, mais un mouvement de résistance.

Par cette affirmation, on cherche à comparer le Hamas avec la résistance française et d'autres pays européens durant la seconde guerre mondiale. Mais est-ce correct ? Qu'est-ce qui différencie le terrorisme de la résistance ? Après tout, les Allemands traitaient aussi les résistants de terroristes.

La tentation est donc grande de dire que le Hamas, supposé défendre le faible, résiste à l'envahisseur et que tout ça n'est finalement qu'une question de point de vue. Si on adopte le point de vue des envahisseurs, le Hamas est un mouvement terroriste. Si au contraire on fait l'effort de comprendre les motivations du Hamas, il s'agit de résistants.

Et bien non. Car il y a une énorme différence entre un résistant et un terroriste. Un résistant ne s'en prendra jamais à un civil. Un résistant fait des actes de sabotage ou de guerrilla, dirigés uniquement contre les militaires. Un résistant est un combattant. Un terroriste est un criminel. Le Hamas n'est pas un groupe résistant, mais bien une association de criminels.

Ce genre d'actes peuvent-ils être le fait de résistants ?

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Pour moi il ne s'agit que de pure barbarie. Comment peut-on reprocher à un peuple de se défendre après ça ? Comment peut-on lui reprocher de ne plus faire confiance ? Il se trouve qu'on vit bien plus paisiblement en Israël depuis le bouclement de la bande de Gaza et l'édification du mur de séparation avec la Cisjordanie. Alors, même si je regrette qu'on doive en venir là, je ne peux que comprendre cette politique.

Quant à l'affirmation selon laquelle Tsahal, l'armée israélienne, aurait commis un acte terroriste sur les "bateaux de la paix", elle ne tient pas du tout la route. Il est pourtant si tentant de comparer cette opération avec celles qui ont eu les résultats ci-dessus. Mais, même si les victimes sont réellement de pauvres innocents privés de leur vie par le crime des soldats, il reste une énorme différence: l'intention. Lorsque les kamikazes du Hamas montent à bord d'un bus, ils savent que leur but est de tuer toutes les personnes qui les entourent. Ils s'en réjouissent même. Les soldats, lorsqu'ils sont descendus sur le pont du bateau, ne savaient pas qu'ils allaient avoir à utiliser leurs armes. Sans quoi il est évident qu'ils s'y seraient pris autrement. Il s'agit donc au pire d'une épouvantable bavure, mais peut-être aussi d'une mise en scène orchestrée dans le seul but de provoquer la réaction que le monde a eue.

Le Hamas: 1. Légitimité du gouvernement

J'entame une série de billets pour démonter quelques lieux communs qu'on entend en Occident à propos du Hamas. Certes la situation au Proche-Orient est très complexe et ne peut être résumée à une simple stigmatisation du Hamas. Toutefois, cette constatation vaut aussi pour Israël. Je trouve la tendance à rejeter toute la faute du conflit israélo-arabe sur Israël, tendance très à la mode en Occident, aussi contre-productive que mensongère.

Donc première affirmation à propos du Hamas: c'est le gouvernement élu de Gaza et sa légitimité accordée par les urnes ne peut être remise en question.

Alors oui, le vote de 2007 a effectivement donné la victoire au Hamas. Donc on est d'accord, Gaza a alors donné le pouvoir au Hamas. Mais la légitimité du pouvoir du Hamas souffre de deux irrégularités majeures. La première, c'est qu'un gouvernement élu l'est pour une période de temps préétablie. Au terme de cette période, de nouvelles élections doivent être organisées pour désigner un nouveau gouvernement. En ennemi de la démocratie, le Hamas ne libérera jamais le pouvoir par les urnes. Pour le Hamas, leur pouvoir n'est pas reçu du peuple, mais de Dieu. Pour cette raison, il est évident que le Hamas ne rendra jamais au peuple le pouvoir de l'évincer.

Pourtant, en démocratie, le peuple a le droit à l'erreur. L'élection du Hamas avait tout d'un vote sanction contre Israël et le Fattah, accusé de corruption et de trop grande collaboration avec Israël. Les votes sanction sont toujours des erreurs. On ne devrait jamais accorder le pouvoir à un groupe juste pour sanctionner d'autres personnes. Les conséquences d'un tel acte sont trop imprévisibles. Toutefois, en démocratie, les peuples ont le droit à l'erreur. Après un temps, le pouvoir revient généralement entre les mains de personnes plus fréquentables. Gaza n'a pas eu ce droit à l'erreur et va payer cher pour cette faute pendant longtemps.

La seconde irrégularité, c'est qu'en principe, les autorités de Gaza sont censées en référer à l'autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. Mais il n'en est rien. Tout se passe comme si Gaza avait fait cessession, s'était refermé sur elle-même. Et la politique de fermeture des frontières par Israël n'est pas seule en cause. (les moyens de communication entre Gaza et la Cisjordanie ne manquent pas!)

Bref, plus le temps passe, plus la légitimité du gouvernement du Hamas ne veut plus rien dire. Prétendre que le gouvernement du Hamas à Gaza est ligitime, cela revient à dire que le gouvernement d'Adolf Hitler était légitime. Car la prise de pouvoir et l'élimination de la démocratie par le Hamas suit exactement la même méthode que celle pratiquée par les Nazis en Allemagne dans les années 30.

10:11 Publié dans Monde, Politique | Tags : hamas, palestine | Lien permanent | Commentaires (46)

02/06/2010

La paix est-elle possible au Proche-Orient ?

Il y a quinze ans de cela, j'aurais répondu oui sans hésiter. Peut-être parce que j'étais plus jeune. Peut-être parce que la situation s'y prétait. Qu'elle a été proche cette paix lorsque les peuples semblaient enfin prêts à se donner la main. Mais qu'elle est loin cette époque. Après les évènements de ces derniers jours, on ne peut que s'interroger sur la possibilité d'arriver un jour à conclure une paix durable. Car plus que jamais, la paix semble hors de portée.

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On peut même dire qu'aujourd'hui les positions semblent plus éloignées les unes des autres qu'elles ne l'ont jamais été. Il faut dire que tant d'eau a coulé sous les ponts. Yitzhak Rabin assassiné par les siens pour torpiller le processus de paix. La seconde Intifada. La prise de pouvoir de la droite dure. Alors tout semblait fini.

Puis soudain, une lueur d'espoir. Lorsque le gouvernement Sharon a décidé d'évacuer la bande de Gaza, j'ai vraiment voulu croire que c'était le début d'une nouvelle détente. Que la suite allait suivre. Mais c'était sans compter sur la haine réciproque des peuples. Car à part la haine, qu'est-ce qui aurait pu justifier le choix du Hamas pour gouverner au destin des Gazaouis ? J'avoue que j'ai gardé un certain ressentiment contre le peuple de Gaza. Pour moi, l'élection du Hamas est le pire crime contre la paix qu'il pouvait commettre. Les peuples ont le droit de choisir leurs représentants. Mais ils doivent aussi savoir que certains choix ont des conséquences. L'opération Plomb durçi et le blocus sont la conséquence directe de ce choix. En Europe, l'Autriche s'était bien retrouvée isolée politiquement après l'entrée de Jörg Haider au gouvernement. Et pourtant, l'Autriche n'a jamais tiré de missiles sur ses voisins, ni envoyé de bombes humaines...

Aujourd'hui qu'est-ce qui pourrait relancer ce processus de paix ? Certes Barack Obama aimerait bien réussir le même tour de force que celui qu'avait accompli le précédent démocrate à avoir occupé son poste. Mais pour ma part je ne crois plus à la paix. Ou alors une paix à la Bosniaque. Après une grande guerre où toute la haine réciproque aura pu se déchainer. Puis on pourrait réapprendre à vivre côte-à-côte. C'est ce que je pense aujourd'hui: pour que les choses s'améliorent, il faudrait d'abord qu'elles aillent beaucoup plus mal.

On parle souvent de paix. Mais moi je n'y crois plus. Une paix basée sur la séparation des peuples, sur l'ignorance de l'autre, ça n'est de toute façon pas vraiment la paix. Seule l'acceptation de l'autre pourrait être la source d'une paix harmonieuse. Si les peuples pouvaient ouvrir les yeux et dire non au fascisme, s'ils pouvaient faire le pas vers l'autre peuple et ne plus écouter les fauteurs de guerre, alors tout serait possible. Il suffirait que les peuples cherchent à se connaître. Mais l'homme est ce qu'il est. La peur de l'autre mène à la haine. Et certains font leur fond de commerce de la haine. Ils s'en nourrissent. Sans la haine, ils n'auraient tout simplement plus leur raison d'être. Alors ils instillent la peur qui conduit à la haine. Et ils gagnent à chaque fois. Non il n'y aura pas de paix au Proche-Orient, je ne veux plus y croire.

01/06/2010

Israël forcément coupable ?

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Hier j'ai écrit un billet critique quant à la position israélienne sur les armes atomiques, aujourd'hui j'appelle à la mesure concernant l'affaire de la flottille dite humanitaire qui a été abordée hier par Tsahal. D'autres que moi sont plus radicaux en rejetant directement la culpabilité sur les occupants des navires. D.J. et hommelibre entre autres. D'autres encore, comme Demir Sönmez crient sans attendre à l'acte de barbarie gratuit. Tous ont en tout cas une chose en commun: ils se sont déjà fait une opinion et n'accepteront jamais une conclusion d'enquête qui ne confirme pas leur vision des faits.

Pour ma part, je ne jugerai pas de l'affaire. Il y aura sans doute une enquête indépendante, il faut donc attendre ses résultats avant de prendre position. (pourtant il semble qu'une majorité d'Occidentaux aient déjà pris position, car quand Israël est l'accusé et le Hamas l'accusateur, Israël est forcément coupable...) Pour l'instant en tout cas, c'est une bonne chose que les militaires aient tout filmé. Ils devaient se douter que ça ne se passerait pas tout simplement. Pour l'heure quelques points à relever:

- Depuis que cette flotille a appareillé, je me demande quel est le but de leur voyage, sachant qu'elle n'aurait jamais pu passer le blocus. Pour moi il a toujours été clair que cette opération avait des visées politiques. D'ailleurs les occupants de ces bateaux ne sont pas membres d'une ONG, mais sont qualifiés par la presse de "militants pro-palestinien" (terme politiquement correct pour désigner un militant pro-Hamas ?) Leur but n'était-il pas de prouver que les Israéliens sont des salauds qui affament les enfants de Gaza ?

- D'ailleurs, une ONG ne procède jamais de la sorte en tentant de forcer un blocus. Les ONG collaborent avec les militaires et les forcent à respecter le droit humanitaire. Cela se pratique quotidiennement dans la région de Gaza.

- Il est absolument invraisemblable qu'on ait donné ordre aux soldats de tirer à vue sur les occupants "pacifiques" sachant que la réaction du monde et des médias occidentaux était totalement prévisible. Il est donc pour moi certain que les soldats ne s'attendaient pas à avoir à faire usage de leurs armes en posant le pied sur les navires.

- Cacher des combattants sous une bannière humanitaire est un crime de guerre, selon les lois internationales. (c'est pourtant ce que le Hamas n'a pas hésité à faire durant l'opération "Plomb durçi", mais ça ne gêne personne) Les images tournées par les militaires montrent clairement que des armes ont été utilisées par les "militants pacifiques". Et pas seulement pour se défendre, mais plutôt pour attaquer les soldats montés à bord.

Voilà. Pour moi, ça n'est pas suffisant pour dire que les soldats de Tsahal sont innocents, mais en tout cas suffisant pour leur laisser le bénéfice du doute et attendre qu'une enquête donne ses résultats. Pour moi, l'attitude de la presse est honteuse. (bravo par contre à la Tribune pour la diffusion des images tournées par les militaires, en plus de celles tournées par les occupants des navires) Je peux comprendre que Al Jazeera ait une version orientée, mais la presse occidentale devrait faire preuve de plus de mesure.

Pour moi cette affaire a tout d'une opération presque routinière qui a mal tourné. Il est possible que la réaction des soldats ait été disproportionnée, mais il est également plus que probable qu'ils aient subi des attaques délibérées dès leur arrivée à bord. Les images prises par les militaires semblent montrer que c'est le cas. Mais il est également possible que les images aient été sorties d'un contexte plus global et donc manipulées. Donc pour l'instant rien ne permet de prendre position de manière catégorique.

31/05/2010

Israël doit signer le TNP!

S'il y a un point de la politique internationale du président Obama que je soutiens ardemment, c'est le désarmement nucléaire. Je pense que sa politique est très juste dans cette optique. Elle tient en deux mots: désarmement et non-prolifération. En bref, il ne suffit pas de jouer les gros bras face à quelques états qualifiés d' "axe du mal" comme le faisait le précédent gouvernement. Il faut aussi montrer qu'on a soi-même l'intention de réduire et, à terme, de se débarrasser de son arsenal nucléaire. De même, on ne peut pas exiger uniquement le désarmement de ses ennemis sans exiger la pareille de la part de ses alliés. Ainsi, il faudra un jour inclure les programmes nucléaires français, anglais et chinois dans les négociations de désarmement. Mais dans un premier temps, il faut exiger de la part de tous les pays non membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, la participation au Traité de Non-Prolifération Nucléaire, ainsi que sa stricte application. Cela signifie bien sûr que l'Iran et la Corée du Nord, tous deux signataires de l'accord cessent leurs programmes nucléaires militaires et démantellent tout ce qui a déjà été fabriqué, mais aussi que les pays non signataires se metttent en conformité. Et parmi les pays non-signataires qui doivent plier, il y a l'Inde, le Pakistan et... Israël!

Les gesticulations de Benyamin Netanyahou concernant l'adoption par l'ONU d'un document demandant la création d'une zone sans armes nucléaires au Moyen-Orient, sont bel et bien un combat d'arrière-garde. Il prétend que ce document pointe uniquement du doigt les stocks israéliens d'armes nucléaires. Mais c'est bien sûr totalement faux. Une zone dénucléarisée au Proche et Moyen-Orient inclut forcément l'Iran, l'Inde et le Pakistan et c'est d'ailleurs bel et bien le défi posé par le nucléaire iranien qui justifie cette position internationale. Bien entendu, Israël ne doit pas accepter de se mettre en conformité avant que tous les acteurs régionaux, et même mondiaux, ne se soient mis d'accord. Mais refuser d'emblée d'entrer en matière, c'est pour Israël le risque de se mettre à dos le monde entier. Et aussi de perdre tout soutien international concernant le nucléaire iranien. Mais peut-on attendre autre chose de la part d'un gouvernement élu uniquement pour ses tendances sécuritaires ?

Officiellement, Israël ne possède pas d'armes nucléaires. Mais il est de notoriété publique que ce pays possède l'arme suprême depuis plusieurs décennies. Donc lorsqu'Israël exige de l'Iran d'arrêter son propre programme, on ne doit pas s'étonner que cette demande sonne faux. Car tant qu'on fermera les yeux sur le programme nucléaire de certains, comment pourra-t-on exiger quoi que ce soit des autres ? Ainsi même en Occident certains, oubliant que ce pays est signataire du TNP, n'hésitent pas à dire que l'Iran a parfaitement le droit de posséder des armes nucléaires. Pour ma part, je pense que le fait ou non que l'Iran en ait le droit importe peu et que le principal, c'est de préserver les intérêts stratégiques occidentaux dans la région. Toutefois, si un désarmement nucléaire totale de la région devait être une condition pour l'arrêt du volet militaire du programme nucléaire iranien, je pense que c'est une condition totalement acceptable.

Le désarmement nucléaire du monde, un rêve que je partage avec Barack Obama, passe par trois étapes. La première, une réduction drastique de l'armement des deux superpuissances nucléaires est déjà en bonne voie. L'étape suivante doit donc déjà être mise en chantier. Il faut s'assurer que tous les pays du monde signent le TNP et faire respecter strictement cet accord. La troisième étape, sans doute la plus difficile à concrétiser, consistera à désarmer les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité. Difficile sans aucun doute, mais impossible, j'espère que non. J'ai foi en l'humanité. Le 21ème siècle devra être celui où l'être humain aura su éliminer les menaces qu'il avait lui-même fait planer au-dessus de sa propre tête.

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26/05/2010

Pétrole: le grand enjeu stratégique de la première moitié du 21ème siècle

Oui je sais. Jusque-là rien de nouveau. Cela fait des décennies que le pétrole est déjà un enjeu stratégique. Et même le principal enjeu stratégique. Peut-être le seul. Alors qu'est-ce qui change ? Le fait est qu'il y a deux nouveaux facteurs qui en font plus que jamais le plus grand enjeu de ce début de siècle. Et seulement de cette première moitié de siècle d'ailleurs, car ensuite… il n'y en aura sans doute plus ! Ou en tout cas en quantité si faibles que notre économie aura déjà dû réussir sa reconversion ou à défaut se sera totalement effondrée.

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17/05/2010

Genève a un nouvel ennemi !

Oui, Genève s'est trouvé un nouvel ennemi ! On en a fini de s'en prendre aux étrangers venus du sud de l'Europe,  désormais considérés comme intégrés. Ils ont été remplacés par les étrangers venus d'Europe de l'Est et d'Afrique. On le sait bien, ils sont tous venus pour vendre de la drogue à notre brave jeunesse naïve. Si ce n'est souvent pour cambrioler nos chaumières. A cet ennemi du deuxième cercle, s'ajoute bien sûr les frontaliers, dont on connait l'avidité de francs suisses qu'ils ramènent chez eux dans leurs voitures diesel pour les déposer illico au Crédit Agricole. Et bien sûr, pour compléter ce tableau, on ne doit pas oublier la racaille annemassienne qui se cache parmi les frontaliers et pour qui on construit le CEVA! Et bien depuis peu, j'ai découvert dans les commentaires de la Tribune qu'un troisième ennemi venait s'ajouter à ces deux premiers. Il s'agit des employés de edge funds ! Bien sûr ces derniers ne viennent pas pour prendre l'argent des genevois, puisqu'il apportent de l'argent frais. Mais tout de même, on sait très bien ce qu'ils viennent chercher à Genève: ils viennent tout simplement pour nous voler notre bien-être de lacustres !

Car oui, désormais on le sait: chaque fois qu'un projet de construction qui ne soit pas réservé aux familles laborieuses voit le jour, c'est pour les employés de edge funds ! Ce sont les seuls à être capables de payer. Donc les nouvelles constructions ne servent qu'à loger de nouveaux venus, attirés par le paisible bien-être de notre cité. Bien-être qu'ils mettent donc en péril par leur simple venue! Car pour chaque nouvelle construction, c'est une poignée de braves Genevois qui perdent leur vue sur le lac ! Franchement quels égoïstes ces banquiers étrangers...

Plus sérieusement, cette accusion est souvent la critique de tout un système. On nous dit qu'il suffit de cesser d'attirer de nouvelles entreprises, ainsi il ne sera plus nécessaire de construire. Mais soyons clairs: qu'est-ce qui attire chez nous ces edge funds londoniens ? C'est simple, ce qui les attire c'est une fiscalité non confiscatoire, contrairement à celle qui vient d'être introduite en Grande-Bretagne. C'est aussi une place financière forte, malgré les attaques qu'elles a subies durant l'année écoulée. Doit-on changer cela ? Doit-on introduire une fiscalité défavorable au capital pour décourager ces sociétés étrangères de s'installer chez nous ?

Le problème, c'est que si nous faisions cela, nous vivrions la même chose que Londres. Non seulement personne ne viendrait plus s'implanter chez nous, mais de nombreuses autres sociétés s'en iraient pour des cieux moins défavorables ! Alors le seul résultat que nous obtiendrions, c'est une augmentation terrible de notre chômage. Et bien sûr, une fois que suffisamment de monde aura été forcé de dormir sous les ponts, la crise du logement sera enfin résolue puisque les appartements vides seront alors nombreux. Mais est-ce pour autant la bonne solution ?

14/05/2010

La gauche genevoise

La gauche à Genève a presque toujours été minorisée. La population genevoise a une majorité à droite, ça a toujours été clair. Mais il y a tout de même une exception. La ville de Genève, avec ses grands quartiers populaires, vote systématiquement à gauche, et cela depuis un bon moment. La raison en est simple. En ville, il est très difficile de trouver des logements bon marché. Les prix en loyer libre ou en PPE sont impossibles à payer pour la classe moyenne. Seule la part la plus riche de cette classe moyenne parvient donc à rester en ville. Pour le reste, la classe moyenne est de plus en plus rejetée à l'extérieur de la ville, dans les communes limitrophes, quand ça n'est pas dans le canton de Vaud ou en France. Les seuls à pouvoir rester en dehors des plus riches sont donc ceux qui bénéficient de logements sociaux, c'est à dire les classes les plus populaires, compte tenu des revenus extrêmement bas demandés pour y entrer.

Si on faisait voter les contribuables de la Ville, il est certain que la tendance s'inverserait. Car si la classe moyenne vit en majorité en périphérie, elle travaille majoritairement en ville. La conclusion est donc évidente: la part la plus importante des revenus de la Ville est perçue auprès de personnes qui n'ont pas le droit de se prononcer à propos des aménagements réalisés avec leurs impôts. C'est tout de même une situation intolérable, non ? Et bien loin de récompenser ces contribuables, la Ville passe son temps à leur imposer des chicaneries, les considérant comme des nuisibles, au contraire de ses gentils électeurs. Mieux: afin de s'assurer que la majorité ne change pas de côté, la gauche fait tout pour accentuer la difficulté de la classe moyenne à s'établir en ville.

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11:23 Publié dans Genève, Politique | Tags : gauche, genève | Lien permanent | Commentaires (5)

07/05/2010

Crise grecque: échec européen ?

Ici ou là, on entend dire que la crise grecque est une démonstration de l'échec européen. Bien sûr, l'inclinaison politique de ceux qui prédisent la fin imminente de la construction européenne ne laisse aucune équivoque. Mais finalement la question ne peut pas être évitée. L'Europe est-elle vraiment en cause ? Mieux: sans la construction européenne, la crise grecque aurait-elle aussi pu se produire ?

En réalité, les causes de la crise grecque sont pûrement internes. Une gestion calamiteuse de ses affaires publiques et un manque à gagner chronique dans les perceptions de l'Etat. A la rigueur, on peut accuser les payements directs européens d'avoir encouragé le pouvoir à dillapider cet argent sans aucune retenue. On peut aussi l'accuser d'avoir manqué à son devoir en laissant la Grèce (et d'autres pays) s'enfoncer dans les dettes publiques sans aucun plan visant à diminuer le déficit chronique. Car il ne faut pas oublier que l'accession à la zone Euro a en principe un prix: le déficit et la dette publics doivent être sous contrôle. Mais sans doute que par les temps qui courent, où les grands états de l'Union n'ont pas hésité à faire plonger leurs budgets très profondément dans les chiffres rouges afin de venir au secours des banquiers, ils se sont faits moins regardants sur la dette des autres...

Alors fin de l'Europe ? Je dirais pour ma part qu'il y a quelque chose de rassurant quand on voit le plan d'aide qui a été mis en place. Certes on peut critiquer le taux d'intérêt pratiqué, mais après tout, les règles des marchés veulent qu'on fasse payer les risques plus élevés. Et à moins de se tourner vers une économie planifiée, je vois mal comment faire autrement. On ne peut prêter aux mauvais payeurs sans se couvrir. Sinon quel intérêt y aurait-il à rembourser ses dettes ? On peut aussi critiquer l'obligation faite à la Grèce de se lancer dans une politique d'austérité. Mais bon. A un moment donné, il faut quand même arrêter les frais non ? Bref, ce qu'il y a de rassurant dans ce plan, c'est qu'on voit bien que malgré les rechignements initiaux, l'imbrication réciproque des économies européennes oblige à la solidarité. Devenus frères, les pays de l'UE ne peuvent plus se laisser tomber! Et sans l'Union Européenne, la situation de la Grèce aurait été bien plus catastrophique encore.

Mais le simple fait que la crise se soit produite met en lumière un problème très profond: le manque de contrôle supra-étatique au sein de l'Europe. On ne peut pas mettre en commun ce qu'on a de plus stratégique, c'est-à-dire sa monnaie, sans mettre en place un organisme de contrôle centralisé fort pour vérifier le respect des règles. Il est impensable qu'un état de l'Union puisse se laisser aller de la sorte et que personne ne mette le doigt sur ce manquement! Pour faire un parallèle à une échelle réduite, immaginons un pays fait de 23 cantons qui partagent une monnaie unique (le franc) et qui gèrent leurs administrations de manière indépendante. Si l'un de ces cantons se mettait à montrer une frivolité comparable à celle du gouvernement grec, au point de mettre en danger la santé financière de l'ensemble du pays, serait-il remis à l'ordre ? Et bien sans tarder oui! Car le pouvoir centralisé de ce pays fédéral a tout pouvoir sur le plan économique et sa banque centrale est seule compétente pour gérer la politique monétaire.

Il en va malheureusement tout autrement de la zone Euro. Les états restent compétents pour fixer leur politique économique et la banque centrale européenne n'est qu'une mise en commun de toutes les banques centrales des états. Et c'est probablement la cause première de l'apparition de cette crise. Si l'Europe veut éviter un tel fiasco à l'avenir, elle doit plus centraliser sa politique économique et donner un pouvoir fort à l'Union pour imposer une politique budgétaire stable aux états membres, pour vérifier son application et, le cas échéant, mettre les états sous tutelle. En gros, elle doit s'inspirer du modèle suisse. Donc, la solution à ce problème n'est pas la fin de l'Union Européenne comme certains le prétendent, mais un approfondissement de la construction de l'Europe économique.

06/05/2010

Révolution grecque ? Révolution mondialisée ?

Ce qui devait arriver est-il en train de se produire ? Malgré l'apparent bol d'air fourni par les membres les plus puissants de la zone Euro et par le Fonds Monétaire International, la Grèce s'enfonce dans le tourbillon d'une tornade économique que rien ne semble pouvoir arrêter. La Grèce qui par sa frivolité budgétaire est la première à sombrer, mais sans doute pas la dernière. Comme je le rappelais il y a quelques jours dans ce billet, l'hystérie keynésienne avec laquelle on a tout fait pour sauver la haute finance au détriment de l'économie publique a un prix. Celui de l'endettement public porté à son paroxysme. Celui d'une crise bien plus terrible que celle à laquelle on a presque échappé.

Le mécanisme est à la fois simple et complexe. Restrictions budgétaires drastiques. Arrêt de l'investissement public. Baisse des prestations sociales. Economie privée souffrant du manque d'investissements publics. Licenciements massifs. Augmentation du chômage coordonné à la chute du social. Troubles sociaux. Révolte. Renversement du gouvernement. Érection de guillotines. Boum font les têtes sur les pavés.

J'exagère ? J'espère bien. Mais je vois mal aujourd'hui comment arrêter tout cela. D'autant que la crise ne restera pas une simple crise grecque. Dans une économie mondialisée, les crises sont également mondialisées. Et si les crises mènent à des révolutions, ces révolutions sont à leur tour mondialisées. Et dans le fond, on peut se demander si ça n'est pas le mieux qui puisse se produire. Ce monde où le pouvoir économique repose entre quelques mains avides et où les gouvernements ne sont que de pacotille et font des courbettes devant le vrai pouvoir a quelque chose de fondamentalement malsain. Il est temps que ça change. Que le pouvoir revienne aux mains du peuple. Si possible dans le calme. Mais il est possible qu'il ne soit  déjà plus question de révolution pacifique. Est-ce le début de la fin ? On devrait en savoir plus dans les semaines à venir. D'autant plus que les évènements semblent évoluer rapidement.

Je ne parle évidemment pas ici de la Suisse qui devrait, heureusement, rester passablement préservée. Sa santé budgétaire pourrait être citée en exemple en Europe. Mais il ne faut pas se faire trop d'illusions. La dépendance de la Suisse vis-à-vis de l'économie européenne est aussi forte que si elle faisait partie de l'Union Européenne. Et juste un tout petit peu moins que si elle faisait partie de la zone Euro. Alors tout cela aura aussi des conséquences pour nous. Peut-être pas ou peu de troubles, mais des moments difficiles sont à prévoir.

03/05/2010

La société mondialisée survivra-t-elle à la fin de l'ère du pétrole ?

Enième hoquet de notre mode de consommation énergétique basée sur l'usage du pétrole, la marée noire en cours en Louisiane est bien évidemment une nouvelle incitation à se questionner à propos de l'avenir de cette substance. Une telle catastrophe est clairement inadmissible. Surtout que ça n'est de loin pas la première et que, si nous continuons à consommer le pétrole au même rythme, c'est encore moins la dernière !

3259_la-plate-forme-deep-water-horizon-en-feu-le-22-avril-2010.jpgMais si de tels évènements peuvent et doivent catalyser notre réflexion, il y a une catastrophe à venir bien plus grave encore pour notre avenir énergétique qui devrait nous faire réagir. Durant plus d'un siècle, notre civilisation a construit sa prospérité sur l'usage d'une forme d'énergie bon marché et, jusque-là, abondante. La découverte des applications liées au pétrole a dopé l'industrie et l'économie. Il est l'huile qui fait tourner l'économie. Mais beaucoup de spécialistes le disent: cette huile va bientôt venir à manquer et la machine économique pourrait bien de se gripper. Ces spécialistes donnent à nom à cette calamité: le pic pétrolier.

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30/04/2010

La Belgique ou l'échec d'un fédéralisme basé sur les communautés linguistiques

Bien sûr, il y a des précédents. On peut citer l'Irlande du Nord qui s'est longtemps déchirée sur la question de la séparation du Royaume-Uni. Mais dans ce cas-là, la souveraineté britannique sur ce petit morceau d'île est un reliquat de l'impérialisme britannique. Peu comparable donc. On peut aussi citer le divorce des Tchèques et des Slovaques ainsi que les multiples divorces ex-yougoslaves. Si le premier s'est réalisé dans le calme, les seconds se sont déroulés dans la douleur. C'est bien connu, pas tout le monde réussit son divorce. Mais ces deux cas partagent un point commun: ils sont issus d'un mariage forcé, maintenu en place par une dictature sans partage. Les tensions se sont donc accumulées pendant des années et lorsque la dictature a disparu, le mariage a sombré avec elle.

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17/04/2010

A quoi sert l'OMS ?

On dirait une perte d'identité. A chaque fois que l'OMS prend position, c'est pour faire de l'alarmisme déplacé. Alors que le ciel suisse et une grande partie du ciel européen se vident de leur trafic aérien, pour répondre à un risque limité mais certain, l'OMS s'inquiète de la dangerosité des particules volcaniques pour la santé de la population. C'est à se demander si cette organisation est seulement capable de regarder ce qui s'est produit dans le passé. A l'échelle mondiale, les éruptions volcaniques n'ont rien d'exceptionnel. Une organisation internationale devrait donc être capable de faire des prévisions en se basant sur les cas répertoriés. Et l'expérience est sans équivoque: à moins de se trouver à proximité immédiate de la source volcanique, les nuages de poussière ne présentent aucun danger.

photo_1271455295336-1-0_w350.jpgEt pour cause. Outre le fait que ces nuages se déplacent en haute atmosphère et ne peuvent pratiquement retomber qu'en cas de pluie, et donc mélangés à l'eau de pluie, on parle de concentrations infimes. Même si le nuage se retrouvait au niveau du sol, ça ne ferait pratiquement aucune différence compte tenu des concentrations habituelles de particules polluantes. D'autant plus que ce volcan n'a rien de terrifiant. Les quantités de particules relâchées sont très limitées. En réalité, la seule chose qui rend cette éruption exceptionnelle pour nous, c'est le fait que le vent pousse le nuage de particules au-dessus de nos têtes...

Alors, outre l'interdiction de survol de notre espace aérien, que peut-on craindre ? L'effet le plus important qu'on  puisse craindre (ou espérer) ce sont des levers ou des couchers de Soleil plus longs et plus rougeoyants que d'habitude ! En effet, si le voile d'altitude est invisible à l'oeil nu, il fait office de prisme et lorsque le Soleil est bas, la lumière est difractée de manière plus prononcée que d'habitude. Il est également possible que ce nuage nous prive en partie du réchauffement printanier bienfaiteur que nous avait promis Meteosuisse pour ce week-end. Car le voile de particules sulfurées filtre la lumière du Soleil et l'empêche d'atteindre totalement le sol. Certains scientifiques, que je qualifierais pour ma part plutôt d'apprentis-sorciers, n'ont-ils pas proposé de rejeter des particules sulfurées dans la haute-atmosphère pour simuler l'effet des éruptions volcaniques et lutter ainsi contre le réchauffement planétaire ? L'effet refroidissant des nuages volcaniques est en effet bien connu. L'éruption du Pinatubo en 1991 est par exemple créditée d'un refroidissement planétaire de 0,6° pendant 2 ans ! Mais bien sûr, on n'avait pas alors affaire au même type de volcan. Il s'agissait d'une des plus terribles éruptions du 20ème siècle, qui a rejeté pas moins de 10 km3 de matériaux dans l'atmosphère ! Une grande partie de ces matériaux à fait le tour de la Terre et a continué à obscurcir le ciel de notre planète durant plusieurs années...

Pour en revenir à l'OMS, cette organisation a-t-elle encore une utilité ? Après avoir été à la source de l'alarmisme exagéré à propos de la grippette H1N1, elle lance une fois de plus un avis à l'emporte-pièce, allant jusqu'à conseiller aux asthmatiques de sortir avec un masque ! Après les masques pour les grippés, les masques pour les asthmatiques... A croire que les responsables de l'OMS possèdent des intérêts dans la fabrication de ces masques. D'ailleurs le problème est peut-être là: les responsables de cette organisation peuvent légitimement être mis en question. D'une part, la "crise" du H1N1 pose clairement la question de la collusion de ces responsables avec l'industrie pharmaceutique. D'autre part, ils semblent si empressés à appliquer le principe de précaution à tort et à travers à la première occasion, qu'ils paraissent totalement dépassés par leur charge. Alors je pense que la réponse est oui, l'OMS sert toujours à quelque chose. Mais l'organisation devrait remplacer au plus vite ses dirigeants avant que son discrédit soit total.

12/04/2010

Pour une école laïque en Suisse!

Ainsi des cantons alémaniques ont autorisé des fillettes musulmanes à fréquenter les cours de natation en burkini, maillot de bain éstampillé Islam friendly... Sur le fond, ils ont bien raison de trouver que ces jeunes filles ne doivent pas être dispensées de cours de natation du fait de leur religion. Et on pourrait penser comme eux que la burkini n'est pas une concession très grave. Mais le problème, c'est que cette concession est une dérive qui en appelle d'autres. Dès lors qu'on fait ce premier pas, qu'est-ce qui empêche qu'on accepte d'autres concessions ? Pourquoi les filles n'auraient pas le droit de fréquenter les cours en portant le voile ? Qu'est-ce qui les empêcheraient de travailler dans l'administration avec ce même voile ? Pourquoi ne pas accepter d'établir des heures d'ouverture spéciales pour les femmes musulmanes dans les piscines publiques ?

Il existe pourtant une réponse unique à toutes ces attaques contre notre système. Elle se nomme "laïcité" ! Cette réponse, universelle admise comme inattaquable par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour autant qu'elle règle les rapports à l'état de toutes les religions, est la protection ultîme contre toute tentative de la religion de s'immiscer dans la vie publique.  Or la Suisse, à l'exception de trois cantons dont Genève, n'a pas choisi officiellement la laïcité. Elle l'applique plus ou moins certes, mais aucune obligation n'est faite aux cantons et à leurs administrations de la respecter. L'école étant du ressort cantonal, il est évident qu'on voit dès lors un peu de tout. Des croix dans les écoles valaisannes, des cours de religion ici ou là. Et bien sûr la perception de taxes éclésiastiques est réalisée par la plupart des cantons. Non la Suisse n'est pas un pays laïque.

burkini.jpgDès lors, comment justifier une interdiction du voile islamique ? Si la religion chrétienne a le droit de s'immiscer dans la vie publique, pourquoi la religion musulmane ne le pourrait pas ? Certes, il nous semble à priori que l'église chrétienne est moins invasive que l'église musulmane. Mais ça n'est finalement qu'une question culturelle. Dans un pays à majorité musulmane, ce sont les traditions chrétiennes qui paraissent plus invasives. Et c'est cette meilleure adéquation avec notre culture qui nous a poussé à retarder le débat de la laïcité en Suisse. Il ne semblait pas jusqu'à aujourd'hui que notre démocratie avait besoin de se protéger de la religion. Mais l'arrivée de l'Islam devrait nous amener à revoir ce jugement. Car tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, des lois ou des règlements spéciaux pour les personnes de confession musulmane vont commencer à fleurir aux quatre coins de Suisse.

Mais que signifie l'introduction de la laïcité en Suisse ? Et bien, il faudra commencer par éliminer de notre Constitution, ainsi que de toutes les Constitutions cantonales, toute référence à la religion. Entre autres les préambules, telles que le "Au nom de Dieu tout puissant" de la Constitution fédérale, doivent absolument en disparaître. Ensuite, un article doit y être ajouté, stipulant que l'état et la religion doivent être totalement séparées et cela à tous les niveaux de l'administration. Et enfin, il va de soi que l'article contre les minarets ne peut pas y perdurer tel quel, car il s'agit d'une référence religieuse inacceptable dans un état laïque. Il pourrait par exemple être remplacé par un article interdisant les constructions à caractère religieux ne respectant pas la tradition architecturale locale. Sur le fond ça revient à peu près au même. Sauf que ça n'est pas dirigé que contre l'Islam...

En revanche, contrairement à une idée reçue, la laïcité n'exclue pas le religieux. Par exemple, dans un état laïque des écoles privées à caractère religieux sont tout à fait admises. Alors, si on admet l'existence d'écoles catholiques, pourquoi on n'autoriserait pas la création d'écoles musulmanes ? Personnellement, ça ne me gênerait pas. Ou du moins, ça ne me gênerait pas tant qu'il ne s'agirait pas d'écoles coraniques destinées à faire du lavage de cerveaux chez les petits Musulmans. Un certain contrôle resterait donc nécessaire. Entre autres, ces écoles devraient respecter un programme de base permettant à tout moment de rejoindre l'école publique, programme auquel ces écoles pourraient ajouter un enseignement religieux prodigué par des pédagogues agréés. De même, des cimetières privés musulmans ou des piscines privées musulmanes n'entrent pas en conflit avec la laïcité. (contrairement aux carrés confessionnels dans les cimetières publiques ou les heures réservées aux femmes musulmanes dans les piscines publiques)

A noter que la Constituante genevoise envisage d'introduire un préambule à caractère plus ou moins religieux dans la nouvelle Constitution. Il s'agit d'une tentative évidente de l'église de mettre fin à la tradition laïque séculaire de Genève. Personnellement, cela constituerait pour moi un motif de rejet de toute cette Constitution. Et si la nouvelle Constitution devait contenir un tel article, non seulement je la refuserais, mais je militerais même activement contre elle.

Pour de plus amples renseignements sur la laïcité en Suisse, le site de l'association suisse pour la laïcité, présidée par Yves Scheller, explique très bien ces vues.