25/02/2010

L'OPA verte sur le climat

Avant le milieu des années 80, aviez-vous entendu parler de la climatologie ? Peu probable, car cette science plutôt jeune, était encore très peu étudiée avant que la théorie du réchauffement climatique anthropique (dû à l'humain) ne fasse son apparition sur la scène politico-scientifique. Et pour cause, les crédits d'étude qui lui étaient alloués étaient à la mesure des retombées qu'on lui supposait. Science appliquée, dévolue donc à l'étude et la (tentative de) quantification d'un phénomène naturel réél, elle fait largement appel à la physique théorique pour expliquer les processus qui dirigent notre climat. Thermodynamique, mécanique des fluides, magnétisme, physique quantique, etc.. L'univers étant dirigé par la physique, notre atmosphère ne peut pas faire exception. Mais bien sûr, quand on fait de la physique théorique, on simplifie les situations pour les rendre facilement quantifiables. Par exemple, il est bien plus facile d'étudier le comportement d'un point de masse M, qu'un objet quelconque de même masse. Et bien la climatologie tente d'étudier le monde réél. Ce qui est évidemment très ingrat et donne rarement des résultats absolument indéniables. C'est pourquoi, lorsqu'il s'agit de passer de l'explication théorique à la quantification et à la prévision, la climatologie a recours, comme beaucoup d'autres sciences, aux modèles mathématiques qui ne sont rien de plus que des approximations.

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22/02/2010

Les Américains sont-ils les "méchants" ?

Question saugrenue, absolument pas pertinente et pourtant on entend souvent dire que les Etats-Unis sont les ennemis de la paix, qu'ils cherchent à gouverner le monde. Ils sont accusés de tous les maux de la Terre. Ils ont même créé le H1N1 en laboratoire. (peut mieux faire soit dit en passant) Bref en un mot, ils sont les méchants. Mais si on définit les Américains comme les méchants, on doit obligatoirement définir  leurs ennemis comme les gentils. C'est comme ça que ça se passe dans tout bon film... hollywoodien ! Un peu manichéen, même très, mais simplifier le monde, c'est bien pratique pour ceux qui ont de la peine à l'apréhender. Donc oui, qualifions les ennemis de l'Amérique de gentils. Qu'importe que ces pays soient des dictatures, des théocraties ou des groupes terroristes. S'ils sont contre les Américains, c'est bien qu'ils sont forcément de pauvres résistants, combattant l'hégémonie du mal représentée par la banière étoilée.

Quant aux amis de l'Amérique, ils sont forcément de fidèles toutous, des suppôts du grand Satan. Et ils n'ont aucune existence propre. Donc oui, le monde se découpe en deux camps. Dans un coin celui des amis du mal et dans l'autre celui des ennemis du mal, donc des amis du bien.  D'ailleurs c'est bien Georges W. Bush qui disait qu'on peut être soit avec eux, soit contre eux ? A moins que ce soit l'Empereur Palpatine, dans "La revanche des Siths". Ou alors les deux.

Bref. Dans le premier camp, on trouve entre autres l'Union Européenne, Israël, le Japon, la Corée du Sud. Tous ces braves chienchiens qui bavent à la moindre parole du grand frère américain permettent à ce dernier d'assurer une présence un peu partout autour de la Terre. Dans le second camp, on trouve les gentils comme l'Iran, la Corée du Nord, Al Quaida, les Talibans, le Hamas et le Hezbollah. Toutes ces pauvres victimes de la politique des Etats-Unis (et de leurs bras armé au Proche-Orient, Israël) ne veulent bien sûr que le bien de leurs populations. Ils sont obligés de les opprimer pour l'instant, mais pour leur bien. Le mal dont il faut les libérer c'est le Mal, avec un grand M, celui qui se tapit en Amérique du Nord !

Et au millieu, il reste quelques grands pays. Par exemple la Chine, la Russie, l'Arabie Saoudite ou le Pakistan. Des pays dont on ne sait pas (pour l'instant) sur quel pied ils veulent danser. Mais bien sûr, comme l'a dit W dans la citation ci-dessus, on ne peut être qu'avec les Américains ou contre les Américains. Donc si ces pays ne sont pas franchement avec les Américains, alors ils sont sauvés et ne se trouvent pas dans le camp du mal. Et forcément, puisqu'il n'y a que deux camps, ils se trouvent donc dans le camp du bien.  Ouf!

Voilà donc une splendide vision du monde, colportée par pas mal de monde en Occident. D'une part le camp du mal représenté par des pays qui sont, pour la plupart, des démocraties dans lesquelles il fait bon vivre et où on respecte à peu près les habitants, et de l'autre, le camp du bien avec une nuée de groupes terroristes, de dictatures sanguinaires et de théocraties totalitaires. Intéressant non ?

Comme je le disais au début, la question titre est en réalité sans intérêt. En matière de politique internationale, n'en déplaise à Hollywood, il n'y a pas de gentils. Il n'y a que des pays qui cherchent à tirer la couverture à eux, à gagner de l'influence. Les Etats-Unis ne font pas exception. Le fait qu'ils soient plus puissants que les autres ne les rends pas plus méchants que les autres. Ni plus gentils d'ailleurs. Ils ne font finalement rien d'autre que tous les autres pays.

Il faut toutefois rester attentifs. Les dérives du précédent gouvernement, qui avait sciemment menti à la population pour lui faire accepter et même encourager la guerre en Irak ne sont pas acceptables dans une démocratie. En s'abaissant de la sorte, les USA se sont abaissés au niveau de leurs ennemis. Et c'est probablement ce qui a amené beaucoup de monde à les considérer comme une puissance du mal. Mais il ne faut pas tout confondre. Les agissements de quelques individus ne font pas une nation. Les Américains finalement ne sont qu'un peuple comme les autres, avec des défauts et des qualités. Je pense qu'il est aussi idiot d'être anti-américain que d'être pro-américain. Il n'y a pas lieu d'être anti ou pro. Il y a d'ailleurs une chose qui m'exaspère, c'est entendre si souvent dire que les Américains sont incultes. Il s'agit d'une généralisation qui démontre plutôt la stupidité de celui qui le pense. D'autant que les Etats-Unis abrittent quelques-unes des plus prestigieuses universités du monde.

L'anti-américanisme est devenu politiquement correct. Les idées anti-atlantes sont bien sûr dopées par certaines manipulations des gouvernements américains précédents et même de l'actuel, mais surtout par une fronde universelle menée par une alliance de gauchistes et d'antisémites. Les islamistes qui se terrent en Occident n'y sont bien sûr pas étrangers, comme ce parti "anti-sioniste" qui a laissé un commentaire sur mon blog dernièrement. (voir ici, commentaire du 15.02.10) Ce dernier offre par son site une très belle démonstration de ce que j'avais avancé dans mon billet sur l'antisémitisme et l'antisionisme. Dans notre société se cachent bel et bien des gens qui prétendent défendre des valeurs de bien mais qui ne font que défendre le racisme et la haine. Leurs idées insidieuses se propagent dans la population, à tel point que beaucoup les considèrent déjà comme naturelles.

07/02/2010

Quand va-t-on cesser de croire l'Iran ?

Une nouvelle fois les Occidentaux et la Russie sont déçus de la reculade du Président Ahmadinejad qui annonce que son pays va enrichir lui-même son uranium. Pourtant, l'Iran avait déjà refusé en novembre la possibilité de le faire enrichir à l'étranger. Alors croire à la bonne volonté iranienne cette fois encore, c'était faire preuve d'une inquiétante crédulité. Pourquoi l'Iran voudrait faire enrichir son uranium à l'étranger, si cela l'empêche de disposer d'uranium de classe militaire, nécessaire à construire sa bombe ? Le but a toujours été de disposer d'armes nucléaires. Il est donc évident que l'Iran ira au bout de ses ambitions, quoiqu'il arrive. Et ce ne sont pas les molles sanctions qu'on pourra prendre contre ce pays qui y changeront quoique ce soit. Tout au plus, ces sanctions atteindront la population. Mais le pouvoir restera de marbre devant les problèmes du peuple. Le pire, c'est que de telles sanctions mettront fin au rêve de liberté dans ce pays, car elles provoqueront un regroupement de la grande majorité de la population derrière le pouvoir.

Alors quand va-t-on cesser de croire que l'Iran veut collaborer avec la communauté internationale ? C'est un état voyou, c'est de plus en plus clair. Il poursuit une stratégie géopolitique qui vise à prendre le pouvoir régional sur tout le Proche et Moyen-Orient. Et compte tenu de l'importance stratégique de cette région, cela revient presque à pouvoir dicter ses conditions au Monde. Cette stratégie nécessite bien sûr l'accès au club restreint des puissances nucléaires. C'est le seul moyen pour eux d'éloigner la menace d'une intervention internationale. C'est aussi le seul moyen de mettre en échec par avance toute tentative interventionniste de la part de l'état hébreux, son principal ennemi. Quand on a compris cela, on a compris que négocier avec l'Iran n'a aucun sens.

Donc il faut cesser les tergiversations. La seule forme de discussion qui soit valable avec l'Iran, c'est l'ultimatum. Il faut prévenir Ahmadinejad que si son pays se met à enrichir l'uranium jusqu'à une teneur de 20% d'uranium 235, une intervention visant ses sites d'enrichissement sera inévitable. Car si la communauté internationale continue à tergiverser, il y en a qui n'accepteront pas de vivre avec la menace nucléaire iranienne. Les Israéliens, qui ne disposent pourtant pas de l'armement adéquat pour lancer une telle opération, se lanceront seuls à l'attaque du complexe nucléaire iranien. Avec tous les risques d'embrasement régional qu'une telle opération comporte. Obama doit se le tenir pour dit. S'il continue dans une voie qui peut permettre à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, la situation pourra déboucher sur une guerre sans précédent dans la région. Et comme les forces américaines sont présentes en abondance autour de l'Iran, elles ne manqueront pas d'être impliquées d'une manière ou d'une autre.

10:19 Publié dans Monde, Politique | Tags : nucléaire, iran | Lien permanent | Commentaires (2)

05/02/2010

Obama ne veut pas décrocher la Lune !

Oui Obama a purement et simplement annulé le programme Constellation. Un programme qui avait pourtant déjà bien avancé. Le premier lanceur de la nouvelle famille Arès était déjà à un stade avancé de son dévellopement. Tout ça pour rien. Des milliards dépensés en vain. Et cela même pas pour diminuer le budget de la NASA, qui augmente même, mais pour chercher à rentabiliser les investissements en faisant entrer les entreprises d'aéronautique américaines dans le programme spatial américain. Donc, plus de Lune, plus de Mars, plus de vision d'avenir. Juste une vague volonté mercantile visant à donner du travail à des entreprises privées issues du complexe militaro-industriel américain.  Je suis dégoûté.

iss.jpgLa nouvelle direction prise par le programme spatial vise ainsi la création d'un nouveau véhicule spatial par l'industrie privée. Sachant que la navette spatiale va commencer à être retirée du service cette année, il paraît étrange de repartir de zéro, sans aucun début de projet concret. Constellation, si ça n'était pas un projet aussi ambitieux sur le plan technologique que le programme navette, c'était au moins du concret. Le remplacement de la navette était prévu pour 2014. Désormais combien d'années supplémentaires faudra-t-il attendre ?

Seul point positif: la prolongation de la durée de vie de la station spatiale internationale jusqu'à 2020. Mais après ? Une remplaçante à cette station devrait déjà être en cours de développement si ça avait été projeté. Ça n'est pas le cas. Alors si en plus il n'y a plus de projet lunaire ou marsien, on peut dire que le programme spatial est vraiment au point mort pour longtemps. Je pense qu'à ce niveau, les Etats-Unis peuvent simplement abandonner la course à l'espace. Que les Chinois se le tiennent pour dit: l'espace leur appartient.

27/01/2010

Le système des bonus favorise-t-il les bulles spéculatives ?

L'émission Infrarouge d'hier m'inspire quelques réflexions. Au premier abord, la question a quelque chose de populiste. On entend en effet souvent dire que certains salaires sont indécents. C'est d'ailleurs clairement la position socialiste sur le sujet. Mais quoi qu'on pense de ces salaires, relier les hauts salaires avec la crise n'apporte rien. Une limitation de ces salaires ne représenterait qu'une goutte d'eau dans l'océan en regard de l'énormité de la somme qui a disparu pendant la crise. En réalité, mon propos n'est pas de critiquer les niveaux de ces salaires. Bien que sur le fond, on peut se demander s'il est effectivement acceptable qu'il existe une telle différence entre les plus hauts et les plus bas salaires dans une même société. Il ne s'agit bien sûr pas non plus de s'attaquer au salaire de la grande majorité des employés bancaires. En réalité, la question concerne plutôt l'efficacité de la récompense que représente le bonus, lorsqu'elle récompense les risques pris par les traders.

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24/01/2010

Le fléau du H1N1

Un commentateur qui signe "Citation" m'a laissé un commentaire sur un ancien sujet concernant la grippe H1N1 et comme ma réponse commençait à être longue, j'ai décidé de plutôt en faire un billet. Il prétend que les mesures prises par la Suisse ont permis d'éviter une catastrophe. Il pense que sans ces mesures, nous aurions eu une épidémie bien plus grave et bien plus mortelle. Et bien personnellement je n'en suis vraiment pas sûr.

Premièrement, je ne suis pas si sûr que l'absence d'épidémie soit liée à la campagne de vaccination. La population finalement vaccinée est insuffisante pour enrayer l'épidémie. Ce taux n'est d'ailleurs pas supérieur de beaucoup à celui des campagnes anti-grippales normales. Donc, il ne peut pas y avoir de lien. Et puis il faut dire que la Confédération estime que la population qui a été touchée par le virus se situe aux alentours de 1.5 millions de personnes ! Soit près du quart de la population de ce pays. Mais l'écrasante majorité des malades n'ont eu que des symptômes grippaux légers. Personnellement, je pense l'avoir attrapée en décembre. J'ai eu une légère fièvre pendant un ou deux jours, une toux et des écoulements nasaux assez prononcés pendant une semaine. Bref, rien qui ne justifie d'aller voir un médecin, ni même de m'absenter du travail ! Sur le moment je n'imaginais d'ailleurs pas que je pouvais avoir cette terrible grippe si mortelle. Je pensais plus à un simple rhume. Mais quand j'ai lu que la plupart des gens avaient eu ce genre de symptômes, j'ai changé d'avis.

D'ailleurs personne ne s'étonne que seuls les pays riches soient touchés. En réalité, il n'y a que dans les pays riches qu'on va voir un médecin pour une petite grippe voire pour un simple rhume et ainsi, on permet à son médecin de faire un test pour le H1N1. Car c'est la seule chose qui permette de distinguer le H1N1. Il n'y a pas de symptômes particuliers. Et elle n'est finalement qu'une grippe très légère. Sa mortalité est même ridiculement basse. 15 morts pour 1.5 millions de malades, ça fait un millième de pourcent ! Soit bien moins qu'une grippe saisonnière normale. Et je suis persuadé qu'on n'aurait rien fait, le taux de mortalité aurait été exactement le même. Les personnes qui sont malheureusement décédées de cette maladie, étaient généralement atteintes d'autres maladies et seraient sans doute mortes de toute manière.

Bref, tout cela, ça sent très fort le complot. Un complot initié par les industries pharmaceutiques qui avaient bien besoin d'une petite pandémie pour augmenter leurs bénéfices suite à la crise et ainsi justifier les salaires mirobolants de leurs dirigeants. Un complot auquel a participé l'OMS, dont les multinationales pharmaceutiques sont d'importants partenaires. Un complot enfin sur lequel les gouvernements ont fermé les yeux avec complaisance, allant pour certains jusqu'à y participer. Car n'est-il pas étrange que les 2 pays qui ont le plus exagéré les mesures de protection fassent justement partie des 4 pays producteurs de vaccins ? La France et la Suisse se trouvent être des marchés assez restreints alors qu'elles disposent toutes deux de laboratoires capables de fabriquer des vaccins anti-grippaux. Car Sanofi Pasteur (France) et Novartis (Suisse) sont en effet à la pointe dans ce domaine. Mais sans une campagne de vaccination mondiale ils ne disposent pas, contrairement aux Américains, d'un marché intérieur suffisamment profond pour rentabiliser leurs investissements. C'est particulièrement vrai pour Novartis évidemment. Alors, sans la politique inconséquante de leurs pays d'origine, ces laboratoires n'auraient sans doute pas pu participer à la course au vaccin.

Car dire qu'acheter 13 millions de doses pour un pays d'un peu plus de 7 millions d'habitants est cohérent, c'est fermer les yeux sur la réalité: notre pays a délibérément subventionné le vaccin. Même si la vaccination avait été obligatoire, on se serait retrouvé avec de nombreuses doses sur les bras, car pour finir la vaccination se fait en une seule fois. Et qu'on ne vienne pas me dire que les laboratoires ne le savaient pas. S'ils ont annoncé ne pas le savoir, c'est uniquement parce qu'il fallait justifier un pareil achat massif. Et d'ailleurs, la Suisse n'a pas prévu une vaccination obligatoire, donc même une vaccination en deux doses ne justifiait pas, et de loin, l'achat de 13 millions de doses. Maintenant, ces doses sont la propriété de la Confédération. Et il lui revient d'essayer de les revendre. Mais bien sûr, personne n'en voudra car la pandémie touche à sa fin. On peut dire finalement que le vaccin est arrivé bien trop tard pour avoir la moindre influence sur l'évolution de la pandémie. Désormais elle touche partout à sa fin et les gouvernements restent avec une grande partie de leurs doses sur les bras. L'industrie pharmaceutique a fait de précieux bénéfices et on dira que si on n'est pas morts, ça ne fait de mal à personne. Mais la triste vérité, c'est que nous tous, contribuables helvétiques, nous avons subventionné le salaire de Daniel Vasella qui, à n'en pas douter, devrait battre tous les records sur l'année 2009.

11:20 Publié dans Monde, Santé, Suisse | Tags : h1n1, vaccination | Lien permanent | Commentaires (4)

05/01/2010

La croissance va-t-elle mener l'humanité à sa perte ?

On entend souvent dire que notre consommation, notre mode de vie capitaliste, nuit gravement à la nature. Que les ressources du monde sont limitées et que nous nous approchons du point de rupture. Dans cette optique, on ajoute également que le PIB mondial ne peut pas croître indéfiniment dans un monde fini. Cette vision a bien sûr un sens. Elle cherche à nous prévenir que nous allons droit dans le mur et qu'il faut que nous calmions le jeu et cessions de rechercher à tout prix à augmenter nos richesses. Sans cela, c'est la survie même de notre propre espèce qui est en danger, car sans ressources, nous ne pourrons pas survivre.

Cette visions a un sens, oui.

MAIS EST-CE LA REALITE ?

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04/01/2010

La Burj Khalifa

Ca y'est, elle est inaugurée ! La Burj Dubaï, devenue par la même occasion Burj Khalifa, du nom du souverain d'Abou Dhabi et chef d'Etat des Emirats Arabes Unis, devient aujourd'hui officiellement l'immeuble le plus haut du monde. Sa hauteur officielle est désormais portée à 828 mètres, de la base à la flèche. Il dépasse donc de 320 mètres la tour qui jusqu'à ce matin était la plus haute du monde, la Taipei 101, soit de la hauteur de la tour Effeil !

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30/12/2009

2010, année guerrière ?

Pendant que nous nous apprêtons à passer dans la nouvelle année, les choses s'activent en coulisse. Le 18 novembre dernier, l'Iran a refusé le plan de l'AIEA qui visait à transférer de l'uranium enrichi vers la Russie. Ce plan n'aurait pourtant réussi à retarder la fabrication d'une première bombe que de quelques mois à peine. Mais Téhéran prouve une fois pour toutes à ceux qui espéraient encore, qu'il n'a jamais souhaité négocier. Le plan, c'est de posséder la bombe. Et ce plan est à bout touchant.

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06:00 Publié dans Monde | Tags : nucléaire, iran | Lien permanent | Commentaires (9)

29/12/2009

Le pirate de l'air n'avait pourtant pas son dentifrice en cabine

Oui, car vous le savez si vous avez pris l'avion ces 3 ou 4 dernières années, il n'est plus possible d'emporter des liquide en flacon ou en tube dans les bagages à main. Ce qui est bien sûr très pratique lorsqu'on fait des voyages de courte durée et qu'on ne souhaite pas enregistrer de bagages. La première chose à faire en arrivant sur place c'est entrer dans le premier supermarché ou la première pharmacie pour se procurer le fameux tube de dentifrice dont on nous a refusé le transport... pour bien sûr l'abandonner dans sa chambre d'hôtel en repartant le lendemain !

Bon je plaisante, ça n'est bien sûr pas si grave que ça. La privation de liberté reste supportable en regard du but recherché. C'est juste que ces mesures me paraissent bien désespérées. Les pirates ont toujours un coup d'avance. Ils parviennent toujours à passer les contrôles et inventent de nouveaux stratagèmes pour cela. La sécurité aéroportuaire est bien un combat perdu d'avance. Dans ce cas, la sécurité aéroportuaire n'a servi à rien. La catastrophe a finalement été évitée grace à la vigilance d'un autre passager. Il semble donc bien que cela restera toujours le dernier rempart contre la barbarie: notre vigilance à tous.

De nouvelles mesures de sécurité sont désormais annoncées. Généralisation des scanners corporels, (pour lesquels les gouvernements n'attendaient qu'un tel évènement pour les imposer) listes de passagers transmises à l'avance. Tout cela va à nouveau donner une impression de sécurité. Jusqu'à la prohaine fois. Car dans le cas de ce jeune Nigérian, ces mesures auraient-elles vraiment permis de l'empêcher de commettre son détournement ? Pas sûr. La liste de passagers n'aurait en tout cas probablement rien révélé. C'était un étudiant exemplaire. Qui vient d'un pays qu'on ne surveille en général pas particulièrement. Evidemment, si tous les pirates de l'air venaient de Gaza ou de Kaboul, qu'ils portaient le turban et la barbe, le travail serait plus facile ! Mais la nébuleuse Al Quaida est infiltrée dans de nombreux pays. Jusque dans nos démocraties occidentales où elle recrute des combattants dans les classes défavorisées.

Le risque bien sûr, c'est qu'on se mette à stigmatiser tous les Musulmans. Qu'on les mette tous sous surveillance, car s'il est impossible de reconnaître les dangers potentiels, ils sont tous suspects ! Mais au final, un tel contrôle est impossible. Il suffit qu'un seul combattant de l'ombre échappe à notre vigilance pour que toutes les mesures de sécurité s'écroulent. La conclusion, c'est que la sécurité du transport aérien ne pourra jamais être pleinement assurée. Et qu'il faut apprendre à vivre avec le risque. Même si notre société déteste le risque.

25/12/2009

Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas

Cette phrase, faussement attribuée à André Malraux et se prétendant donc philosophique alors qu'elle n'est que prophétique, pose tout de même une question intéressante. Notre siècle pourrait être celui de la science, de la connaissance et du rejet de l'obscurantisme. En effet, plus nos connaissances de l'univers et de la nature deviennent importantes, moins une divinité semble y avoir sa place. Et l'instruction de la population progressant dans tout le monde dit développé, il semblerait normal que les croyances entrant en opposition avec le savoir y reculent.

Et c'est bien ce à quoi nous assistons. Les religions classiques reculent dans tout les pays où le niveau d'instruction est élevé. Et bien sûr plus particulièrement en Occident, où le Christianisme ne cesse de reculer. Toutefois, ce recul se fait-il au profit d'un athéisme total ? Dans les apparences oui. Mais on peut se demander si le besoin de spiritualité de l'homme ne prend pas le dessus dans tous les cas. Cependant, pour concilier ce besoin de spiritualité avec des connaissances étendues des mécanismes de la nature, il faut trouver des artifices.

C'est pourquoi certains ont aujourd'hui élevé la nature elle-même au rang de déesse. En ce début de 21ème siècle, on voit apparaître un mouvement à caractère quasi religieux, qui vénère la nature et qui se sert de la science pour en faire sa mythologie. Était-ce donc de cette spiritualité-là dont voulait parler la phrase titre ? La vénération de la déesse-nature va-t-elle relancer la spiritualité pour le siècle à venir ?

Ce qui rend cette croyance très sophistiquée, c'est justement qu'elle s'appuie sur la science. Ou en tout cas une version de la science qui l'arrange. Elle transforme des théories scientifiques en vérités révélées et d'autres théories en messages sataniques. Elle ne possède pas encore de livre sacré mais, signe des temps, des films ont commencé à en fixer les canons. Celui de Al Gore et plus récemment celui de Yann Arthus-Bertrand par exemple. Il est d'ailleurs symptomatique que ces films soient bourrés d'arguments moraux, alors que cette religion prétend s'appuyer sur la science.

Ce que pense le fidèle de la nouvelle religion est simple: l'humanité est un hôte en ce monde. Elle n'a droit à sa place que parce que la déesse-nature l'y a autorisé et elle se doit de respecter les commandements divins de la nature en retour. En particulier, l'humanité ne doit pas interférer avec la nature et doit lui permettre de rester préservée, inchangée. Le fait que la nature soit en perpétuel changement est pour lui une contre-vérité. Seul l'homme est capable de déséquilibrer la nature. De même, il n'accepte pas l'idée que l'homme soit une part de la nature. Il n'est à son avis qu'une gène pour l'équilibre naturel.

Mais le fait est que depuis plus d'un siècle, l'homme n'a pas respecté ces commandements. La recherche du profit l'a conduit à la destruction de la nature. Et c'est là que les Satans de la nouvelle religion interviennent: les multinationales qui ne sont mues que par la cupidité et qui sont prêtes à détruire la nature pour assurer leur propre prospérité. Des noms tels que Exxon, Shell et BP sont particulièrement cités comme grands démons. Ces nouveaux marchands du temple sont les terribles ennemis qui cherchent à provoquer l'Apocalypse.

Après les balbutiements de la religion durant lesquels d'autres déluges tels que la destruction de la couche d'ozone avaient été mis en avant, c'est désormais le réchauffement planétaire qui est devenu la grande menace planant sur la déesse-nature. Toute la mythologie de la nouvelle religion est maintenant basée dessus. Et la véracité de cette menace ne souffre d'aucun questionnement. Comme toute vérité révélée, il est totalement interdit de la mettre en doute.

D'ailleurs les non-croyants, qui se prétendent faussement sceptiques et animés d'un esprit scientifique, sont en réalité trop attachés à leur petit confort pour accepter la grande vérité. Ils sont donc des alliés volontaires ou involontaires des Satans nommés ci-dessus et doivent donc être combattus avec la même ardeur. Même les "bons" scientifiques s'y mettent, puisqu'ils s'arrangent pour que leurs contradicteurs aient les plus grandes difficultés à publier le résultat de leurs recherches.

Bref, ce mouvement écologique qui se prétend motivé par la science a tous les caractères d'une religion. Il a ses prophètes, (les scientifiques du GIEC), ses gourous (Al Gore, Yann Arthus-Bertrand) et ses grandes messes. (Copenhague) Alors oui, il semble bien que même si les connaissances de l'humanité s'étendent quotidiennement, l'homme ne puisse se passer de spiritualité. Et ce début de 21ème siècle porte à croire que ce siècle sera spirituel et sera.

22/12/2009

Space Ship 2

Le 7 décembre dernier, Richard Branson, le célèbre milliardaire britannique et patron de sa société Virgin, révélait pour la première fois son fameux Space Ship 2. (vaisseau spatial 2 pour les non anglophones) Il s'agit rien de moins que du premier vaisseau spatial commercial créé entièrement par des fonds privés ! En l'occurrence, Bronson a créé une filiale "Virgin Galactic" qui gère le projet puis commercialisera le concept. Dès 2012, il devrait emmener de riches touristes pour de coûteuses virées en dehors de l'atmosphère. Ainsi, l'ère du tourisme spatial commercial devrait s'ouvrir. En effet,  les petits voyages offerts jusqu'à présent à quelques milliardaires, entre autres par l'agence spatiale russe, n'offraient qu'un seul siège pour rentabiliser le vol, alors que les autres participants à la mission étaient là pour travailler. Dans ce cas par contre, les vols n'auront qu'un seul but: offrir l'expérience de leur vie aux passagers. Mais laissons M. Branson présenter lui-même son nouveau petit joujou qu'il décrit avec fierté comme le "vaisseau spatial le plus sexy jamais construit"!

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15/12/2009

Copenhague ou la perpétuation des mauvaises solutions

Jusqu'à la fin de la semaine, Copenhague est le centre du Monde. Car c'est là que se tient la grande messe de la nouvelle religion sacralisant la déesse Terre. Les fidèles de tous pays n'ont d'yeux que pour cette ville où les grands de ce monde peinent à finaliser un accord qu'ils appellent de leurs voeux. Mais si on ne peut que convenir que quelque chose doit être fait pour notre avenir, les solutions pronées dans le cadre de ce sommet de Copenhague sont-elles souhaitables ?

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20:43 Publié dans Monde, Politique | Tags : copenhague, traité | Lien permanent | Commentaires (4)

05/12/2009

Copenhague ou l'incompréhension entre le nord et le sud

Là où les riches tels que nous doivent dépenser pas mal d'énergie afin d'éviter que la nourriture qu'ils ingurgitent ne les fasse trop grossir, les pauvres du Sud dépensent toute leur énergie à essayer de ramener assez à manger à la maison pour nourrir leur famille. C'est plus ou moins ainsi qu'on peut résumer les différentens positions à l'approche du sommet visant à "sauver le monde" à Copenhague . En effet, durant un siècle, les pays dévelopés ont créé leur richesse en consommant des carburants fossiles sans vergogne et aujourd'hui qu'ils ont atteint un niveau de richesse suffisant, ils tentent d'empêcher les autres d'accéder au même niveau de richesse en leur imposant des restrictions sur les carburants. Ou c'est en tout cas comme ça que les pays du Sud le ressentent. Car le changement climatique, c'est essentiellement une préocupation de riches. La préocupation des pauvres, c'est de manger à leur faim.

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27/11/2009

Problèmes financiers à Dubaï

Depuis hier le monde entier retient son souffle, parce que la compagnie Nakheel, filiale immobilière de Dubaï World, a demandé un rééchelonnement de six mois de sa dette, en particulier des 3,5 milliards de dollars que la compagnie devait rembourser en décembre. Du coup les bourses du monde entier ont réagi à la baisse, faisant presque craindre un nouveau crash financier. Mais est-on dans la même situation qu'en 2008 ? Il faut tout d'abord dire que la dette de Dubaï, 80 milliards, ne peut en aucun cas être comparée avec la bulle des crédits subprimes pourris aux Etats-Unis. Le manque à gagner pour l'économie qu'a provoqué l'inconsistance chronique des banques dans leur gestion du crédit immobilier aux Etats-Unis se comptera certainement en milliers de milliards de dollars ! On parle donc d'une catastrophe d'une ampleur sans rapport...

palm_jumeirah_08.jpgEnsuite, il semble qu'on évalue assez mal la cause de cette crise. On ne peut pas comparer un marché financier qui implose parce que toutes les valeurs qu'on échange manquent de garanties, avec un marché immobilier où toutes les dettes correspondent à des actifs réels. Pour se rendre compte des activités de Nakheel, il faut se rendre sur leur site et voir tout ce qu'ils sont en train de construire. Il s'agit d'une ville toute nouvelle, en grande partie gagnée sur la mer...

Dès lors, il est évident que la somme globale investie par la compagnie phare de Dubaï est largement supérieure à ces 80 milliards de dollars ! La compagnie a donc un bilan très positif et ses fondations reposent sur des bases plutôt solides. Alors pourquoi cette crise ? En réalité, il s'agit d'une crise de liquidités. Même si les actifs de la société couvrent largement les dettes, ils sont tous investis dans divers projets. Et lorsqu'on n'a plus de liquidités, on n'arrive pas à payer ne serait-ce que l'intérêt des dettes. Et c'est le genre de choses que les banques apprécient moyennement...

Maintenant, est-ce que ces problèmes de liquidités vont conduire à la faillite de Dubaï World et de tout l'émirat avec ? Disons que ça n'est pas impossible. Il est certain que la frénésie avec laquelle on a construit et on construit encore était assez malsaine. Mieux aurait valu échelonner le développement de la ville pour éviter de créer un effet de bulle. Mais sur le fond, je ne pense pas que le développement de Dubaï soit basé sur du vent. Et les banques le savent. Il y a donc tout à parier que ces dernières vont accepter la proposition de report de six mois. Et d'ici là, Nakheel va mettre sur le marché plusieurs projets immobiliers qui devraient lui apporter des liquidités. A commencer par la Palm Jumeirah, la première des 3 "Palm Islands", qui représente de nombreux milliards de revenus en résidence de grand standing en perspective.

Et la réaction de la bourse ? Doit-on vraiment tenir compte des réactions émotionnels des investisseurs qui souvent réagissent dans la précipitation ? On le sait, la haute finance est souvent déconnectée de la réalité économique. Je suis pour ma part persuadé que c'est à nouveau le cas aujourd'hui. Pour le reste, ce qu'on peut espérer, c'est que Dubaï apprenne à réfréner sa croissance et garde le contrôle de son développement. Rien ne sert de construire plus que ce qu'on est capable de financer. Rien ne sert non plus de construire plus que ce que d'autres sont prêts à acheter.

15:19 Publié dans Economie, Monde | Tags : crise, dubaï | Lien permanent | Commentaires (10)

23/11/2009

Des documents piratés montrent-ils que les scientifiques du climat sont des falsificateurs ?

C'est ce que j'aimerais bien savoir. Ces derniers jours, des pirates informatiques ont réussi à s'introduire sur un serveur du centre de recherches sur le climat (CRU) de l'université d'East Anglia en Angleterre. Ils ont réussi à récupérer des données dont ils disent qu'elles prouvent les falsifications des données climatiques qui ont été faites depuis de nombreuses années. Et ils les ont mises en ligne sur un serveur russe. Et partout sur Internet, on peut lire une dépêche de l'Associated Press, relayée par de nombreuses sources. En voici une:

http://fr.news.yahoo.com/3/20091122/twl-gb-climat-piratag...

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06/11/2009

La plus haute du monde

Ce sera donc au mois de janvier que l'émirat de Dubaï inaugurera sa nouvelle plus haute construction, qui ne sera rien de moins que la plus haute construction que l'homme n'ait jamais construite ! Même la tour de Babel ferait pâle figure à côté de ce monstre de béton et d'acier!

Certes la construction de ce géant de 818 mètres aura pris un an de retard, mais c'est finalement en à peine six ans que la tour aura été finalisée. Chez nous, six ans c'est (avec beaucoup de chance) à peine le temps nécessaire à la consultation préliminaire avant de se décider à propos de l'autorisation de construire pour des édifices bien moins ambitieux que celui-là ! Mais bien sûr, il faut dire qu'à Dubaï, si l'émir décide de quelque chose, personne ne va le contredire...

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21/10/2009

Vivons-nous les prémices d'un cataclysme annoncé ?

On dit que l'histoire se répète, toujours, inlassablement. J'essaye de me mettre dans la peau d'un hypothétique blogueur des années 30. Aurait-il été capable de voir venir la terrifiante conflagration qu'il avait devant lui ? Pas sûr. Mais il aurait pu en tout cas. Des signes qui ne trompent pas étaient déjà visibles. Mais presque personne n'y a prêté attention. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'aujourd'hui aussi, on néglige les signes avant-courreurs d'une catastrophe d'envergure planétaire.

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20/10/2009

Et si on cessait l'angélisme ?

Oui, car comme on peut le lire dans le Matin aujourd'hui, la politique actuelle du Conseil Fédéral peut amener nos otages à poser leurs valises (qu'ils n'ont plus) en Libye encore huit années supplémentaires, à l'instar des infirmières bulgares !

On ne négocie pas avec la Lybie comme on le fait avec la France ou l'Allemagne. (et même là on ne peut pas dire que nous soyons très doués...) Lorsqu'on sort d'Europe ou d'Occident, les mentalités changent. Pour ma part, j'ai pas mal voyagé professionnellement et j'ai pu constater à quel point la notion de partenariat qui nous est chère, est une notion purement occidentale ! La plupart des cultures considèrent une négociation comme un rapport de force, dans lequel on se doit d'obtenir le maximum de son adversaire. Dans ces conditions, il est évident qu'on ne doit rien lâcher "dans le but d'obtenir", mais qu'on doit avoir un accord préalable. Ce que le Président Merz a fait est donc une grosse erreur et les otages en payent aujourd'hui le prix.

Dans une négociation, il faut donc s'assurer de posséder quelque chose que son adversaire convoite. Pour l'instant ça n'est pas le cas. La Suisse a abattu toutes ses cartes d'emblée et la Libye n'a rien à gagner en échange des otages. Dans ces conditions, le clan Kadhafi ne voit aucune raison d'honorer ses promesses. Cette façon de procéder heurte profondément notre sens de la justice, mais elle est normal pour beaucoup de cultures. Donc, maintenant qu'il est clair que la Lybie ne respectera pas ses engagements, il faut immédiatement durcir la position suisse. Ce qui signifie en particulier :

- Cesser tout échange économique avec la Libye. L'Algérie nous avait fait la proposition de remplacer le brut libyen par le sien. Il est temps d'accepter cette proposition. Et si Tamoil Suisse refuse d'importer ce brut algérien, il faut placer l'entreprise sous administration fédérale temporaire, pour raison stratégique évidente.

- Bloquer immédiatement tous les comptes de la famille Kadhafi, pour autant qu'il en reste. (ceci aurait dû être fait il y a un an au moins...)

- Annuler tous les visas et tous les permis de travail accordés à des Libyens. Seules les personnes bénéficiant d'un statut de réfugiés ou de requérants, ainsi que le personnel diplomatique peuvent rester en Suisse.

- Bloquer l'accord signé en août, compte tenu du non-respect des conditions par la partie adverse.

Une fois ces conditions remplies, nous devons exiger de rencontrer les otages et savoir où ils se trouvent. Si nécessaire, nous pouvons demander à un pays tiers (la France ou l'Italie puisque, apparemment, ils nourrissent de bien meilleures relations avec ce pays que nous...) de servir d'intermédiaire pour faire connaître nos exigences à la Libye.

Je pense qu'un retour rapide des otages est à ce prix. Mais bien sûr, il faut être prêts à perdre des plumes sur le plan économique. Notre pays est-il prêt à faire cela ? Je l'espère, car si nous faisons passer la vie de deux personnes après notre approvisionnement en pétrole libyen, ça veut dire que notre pays n'a aucune morale. J'aurais donc vraiment honte de ce qu'est devenu notre pays...

09/10/2009

La rémunération des témoins peut-elle être utlisée dans un état de droit ?

Megrahi, pour ceux qui ne s'en souviendraient pas, c'est le Lybien condamné pour l'attentat de Lockerbie, qui a été libéré voici quelques semaines, "pour raisons humanitaires" par la justice écossaise. Sa culpabilité a été établie grâce à un faisceau d'indices assez mince, mais irréfutable. Parmi les preuves, il y a un témoignage clé, celui du propriétaire d'une boutique maltaise, qui a reconnu Megrahi comme étant la personne ayant acheté un vêtement retrouvé dans la même valise ayant contenu la bombe. Sans ce témoignage, toute l'accusation aurait capoté. On peut donc dire que la condamnation de Megrahi a été obtenue grâce à lui.

lockerbie.jpg

Et bien Megrahi, qui n'a jamais cessé de clamer son innocence, avait fait appel sur la base d'un dossier contenant des preuves, qui avaient conduit la justice écossaise à accepter de rouvrir le dossier. L'appel aurait dû être jugé au début de l'année prochaine, ce qui bien sûr ne se fera jamais, compte tenu de la libération de Megrahi. Et bien malgré tout, Megrahi tient à faire connaître ces preuves et les a mises à disposition sur Internet. Voici ce qu'en dit le Guardian, journal britannique qu'on peut qualifier de très sérieux, dans son édition du 2 octobre :

Deux personnages clé ayant permis de prouver la culpabilité dans l’attentat de Lockerbie ont secrètement reçu des récompenses allant jusqu’à 3 millions de $ dans un arrangement discuté par les enquêteurs écossais et le gouvernement américain, selon des papiers légaux  parus aujourd’hui. Les preuves concernant les payements devaient être révélés dans un dossier d’appel que Abdelbaset al-Megrahi, le Libyen condamné pour le meurtre de 270 personnes dans l’attentat du vol Pan Am 103 en 1988.

Megrahi a abandonné son appel le mois dernier après que les gouvernements libyen et écossais soient arrivés à un accord concernant sa libération pour raison humanitaire, car il est mortellement atteint d’un cancer de la prostate. Maintenant à l’hôpital de Tripoli, Megrahi a dit qu’il voulait que le public puisse voir les preuves dont il affirme qu’elles auraient causé  sa libération.

"Je continue de clamer mon innocence – comment ne pas le faire?," a-t-il dit. "Je n’ai aucun désir de fâcher encore plus tous les gens qui ont été profondément affectés par ce qui s’est passé à Lockerbie. Mon intention est seulement de faire éclater la vérité."

Les documents publiés aujourd’hui sur le net par les avocats de Megrahi montrent que le département US de la justice (DoJ) s’est vu réclamer le payement de 2 millions de $ pour Tony Gauci, le vendeur maltais qui a donné des preuves cruciales pour le procès suggérant que Megrahi a acheté des vêtements retrouvés plus tard dans la valise où se trouvait la bombe de Lockerbie. (…)

La question qui se pose bien sûr, c'est de savoir s'il est normal de rémunérer un témoin pour faire son devoir, à savoir renseigner les autorités à propos d'un criminel. La réponse est évidemment non. Et il ne s'agit pas ici d'une légère rémunération, parfois utilisée pour obtenir des informations, mais de l'enrichissement du témoin capital d'une affaire non moins capitale. Il est évident qu'on trouvera facilement des témoins lorsqu'une telle somme est donnée en récompense. Pas forcément des vrais témoins. Et vu que cette méthode est difficilement justifiable autrement, on ne peut s'empêcher de penser que Gauci était un faux témoin fabriqué par les justices américaine et écossaise.

Dès lors, la libération tant décriée de Megrahi apparaît sous un nouveau jour. Il est bien pratique pour la justice écossaise de ne pas avoir à rouvrir ce dossier. Car l'aboutissement à un non-lieu serait une grosse catastrophe. Le peuple ne manquerait pas de demander des comptes à la justice. Et une nouvelle enquête devrait être réalisée pour faire véritablement la lumière sur cette affaire. Donc, une incompréhensible libération valait mieux que de devoir remettre toute cette affaire sur le tapis, avec à la clé l'évidence que la lumière n'a toujours pas été faite et qu'elle ne le sera probablement jamais, quelles qu'en soient les raisons.

Cela ne veut évidemment pas dire que Megrahi est innocent. Ca ne veut pas non plus dire que la Libye est un état exemplaire qui ne doit plus être cité comme état terroriste. Kadhafi ne trouve pas plus grâce à mes yeux. Mais cela pose des questions primordiales sur le fonctionnement de la justice de certains pays occidentaux, qui se disent démocratiques. De telles pratiques sont intolérables et s'il s'avérait qu'elles sont courantes, cela signifierait que nous sommes manipulés par les gouvernements, avec la complicité involontaire des médias qui ne parviennent pas à se positionner comme le nécessaire contre-pouvoir qu'ils devraient être. Et plus le temps passe, plus on découvre des affaires très louches et plus je suis persuadé que le monde occidental est pourri par le fascisme et la dictature...