07/07/2009

La Turquie doit-elle entrer dans l'Union Européenne ?

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'en déposant une demande d'adhésion, la Turquie a mis les Européens devant un dilemme. Deux camps bien tranchés se sont immédiatement fait jour et il s'agit depuis d'un des plus gros motifs de discorde au sein de l'Union. Et c'est une première, car lors des précédents élargissements, les voix qui se sont opposées par principe aux nouvelles adhésions étaient rares. A la suite de la chute du rideau de fer, l'Occident avait accueilli à bras ouverts ces pays frères qui avaient, l'espace de quelques décennies, quitté le giron familial. La seule question qui se posait réellement concernait le niveau de vie de ces pays et la période transitoire durant laquelle ces pays allaient devoir rattraper les pays occidentaux. Ainsi que dans certains pays, un déficit démocratique qu'il fallait combler avant l'entrée de ces pays. Mais sur le fond, il n'y a jamais eu de réel problème. Il a toujours été considéré comme normal de les accueillir pour autant qu'ils le souhaitent.

Par contre, en ce qui concerne la Turquie, le problème est bien plus profond et touche à l'idée même qu'on se fait de l'Union Européenne. Souhaite-t-on qu'elle soit un simple espace de libre-échange ? Voire un instrument pour se renforcer mutuellement et avoir plus de poids face aux autres grandes puissances économiques ? Ou veut-on aller plus loin et la voit-on comme une association de pays qui se sentent proches les uns des autres et qui veulent bâtir un avenir commun ? Dans ce dernier cas, il y a de fortes chances qu'on ait une appréhension à y voir entrer un grand pays musulman. La question est donc plutôt ardue.

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16/05/2009

Des quotas pour les travailleurs étrangers ?

Ainsi donc, le Conseil Fédéral s'est mis à parler de la mesure de sauvegarde qui l'autorise, selon l'accord sur la libre circulation, à réintroduire temporairement les quotas de travailleurs étrangers venant de l'Union Européenne. Il n'a fait qu'en parler bien sûr, car le but n'est sans doute pas d'introduire un quota, mais plutôt de montrer les dents...

Car qui seraient les premiers touchés par une telle mesure ? Les deux grands voisins bien sûr. La France et l'Allemagne. La France où les entreprises suisses se servent allègrement en travailleurs frontaliers, et l'Allemagne qui est devenue le principal fournisseur d'immigrants pour notre pays. Et il se trouve que ces deux pays sont justement ceux qui, en Europe, cherchent à imposer à la Suisse des mesures fortement limitatives sur le secret bancaire. Ceux qui se plaignent ouvertement de l'évasion fiscale dont bénéficierait, selon eux, la Suisse. Finalement, il ne s'agit de rien d'autre que d'une guerre d'annonces ! Alors est-ce un hasard si Peer Steinbruck s'est engagé auprès de parlementaires suisses à mettre de l'eau dans son vin et à éviter les déclarations trop agressives ? Pas sûr…