02/02/2010

La confiance n'est plus de ce monde (bancaire)

Après la France, qui en se procurant de manière illicite des fichiers de HSBC s'en est pris à toute la place financière genevoise qui risque de subir pour longtemps la perte de confiance de ses clients internationaux, c'est au tour de l'Allemagne de s'en prendre au secret bancaire suisse et probablement plutôt à la place financière zurichoise. On ne sait pas encore grand chose, ni la banque concernée, ni l'identité du futur-riche voleur, mais ce dont on est sûr, c'est que désormais, les banques vont être obligées de faire un grand nettoyage en leur sein, tant la confiance envers les employés doit avoir chuté. Il est vrai que la manière dont Hervé Falciani a réussi son coup, probablement contre rémunération, a dû aiguiser d'autres appétits. Et s'il s'avère que c'est bien une nouvelle affaire, et que cette fois c'est un frontalier allemand qui est concerné, alors il faudra que les banques suisses en tirent les conclusions qui s'imposent: faire signer une déclaraton de confidentialité n'est plus suffisant lorsque les états environnants sont prêts à payer des fortunes pour des informations.

La conséquence sera probablement un grand nettoyage aux postes qui peuvent avoir accès à des informations sensibles. On peut en effet se demander si une personne qui n'est pas de nationalité suisse peut encore être considérée comme fiable. Et encore. A ce niveau, personne ne peut plus être considéré comme fiable. Car pour quelques millions, beaucoup d'entre nous seraient prêts à s'expatrier en Allemagne, Suisses ou non ! Les données les plus sensibles ne devront donc plus être accessibles qu'à un nombre extrêmement réduit de personnes. Et elles devront être les plus fragmentaires possibles. C'est le seul moyen qui reste aux banques pour protéger plus ou moins efficacement leurs données. Et sans cela, pas possible de restaurer la confiance de la clientèle internationale.

L'autre solution serait d'accepter la défaite. Nous nous plions au diktat de nos grands voisins et acceptons de mettre fin à notre secret bancaire. Nous pourrions laisser par exemple quelques mois aux clients qui ne sont pas en règle pour se mettre en accord avec les législations de leurs pays ou, plus probablement, pour expatrier leurs fonds à Panama, Dubaï ou à la Barbade. Ce qui en tout cas est sûr, c'est que nous ne pouvons plus accepter un statut quo qui met des clients qui avaient confiance en nos institutions dans une position délicate. Car je pense que sans secret bancaire, notre place financière aurait plus d'atouts qu'avec un secret bancaire aussi bancal qu'aujourd'hui et dans lequel bientôt plus personne dans le monde ne fera confiance.

27/01/2010

Le système des bonus favorise-t-il les bulles spéculatives ?

L'émission Infrarouge d'hier m'inspire quelques réflexions. Au premier abord, la question a quelque chose de populiste. On entend en effet souvent dire que certains salaires sont indécents. C'est d'ailleurs clairement la position socialiste sur le sujet. Mais quoi qu'on pense de ces salaires, relier les hauts salaires avec la crise n'apporte rien. Une limitation de ces salaires ne représenterait qu'une goutte d'eau dans l'océan en regard de l'énormité de la somme qui a disparu pendant la crise. En réalité, mon propos n'est pas de critiquer les niveaux de ces salaires. Bien que sur le fond, on peut se demander s'il est effectivement acceptable qu'il existe une telle différence entre les plus hauts et les plus bas salaires dans une même société. Il ne s'agit bien sûr pas non plus de s'attaquer au salaire de la grande majorité des employés bancaires. En réalité, la question concerne plutôt l'efficacité de la récompense que représente le bonus, lorsqu'elle récompense les risques pris par les traders.

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05/01/2010

La croissance va-t-elle mener l'humanité à sa perte ?

On entend souvent dire que notre consommation, notre mode de vie capitaliste, nuit gravement à la nature. Que les ressources du monde sont limitées et que nous nous approchons du point de rupture. Dans cette optique, on ajoute également que le PIB mondial ne peut pas croître indéfiniment dans un monde fini. Cette vision a bien sûr un sens. Elle cherche à nous prévenir que nous allons droit dans le mur et qu'il faut que nous calmions le jeu et cessions de rechercher à tout prix à augmenter nos richesses. Sans cela, c'est la survie même de notre propre espèce qui est en danger, car sans ressources, nous ne pourrons pas survivre.

Cette visions a un sens, oui.

MAIS EST-CE LA REALITE ?

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11/12/2009

Les banques de Genève peuvent-elles encore avoir des employés frontaliers ?

Je vais sans doute attirer des commentaires anti-frontaliers. Sachez que si vous êtes des frontalierophobes chroniques ou des fans inconditionnels de Eric Stauffer, je suis tout à fait contre votre position et je n'ai même aucune sympathie pour vous et vos idées. Ce que je veux mettre en évidence ici, c'est un problème légal qui devrait faire réfléchir les banquiers de la place de Genève.

La place bancaire suisse, et celle de Genève en particulier, est protégée par une loi, le secret bancaire, qui isole de plus en plus la législation suisse en Europe et même dans le Monde. Or, pour qu'une demande d'extradition, pour autant qu'un accord existe, soit suivie d'une action judiciaire de la part du pays destinataire, il faut 2 conditions. La première, c'est que le délit dont la personne concernée est accusée soit également considéré comme un délit dans le pays où il se trouve. Cette condition est plutôt facile à remplir lorsqu'il s'agit d'un crime tel que meurtre, vol, viol, etc. Mais lorsque la législation suisse est pratiquement la seule à considérer l'acte supposé comme délictuel, alors il est probable que le délit reste impuni, que ce soit par le droit suisse ou par le droit du pays d'accueil.

La seconde condition, c'est que la personne concernée par la demande d'extradition ne soit pas citoyen du pays hôte. Dans le cas des frontaliers, il y a donc un problème: tous les soirs, ils rentrent dans leur pays, d'où ils ne peuvent pas être extradés. Donc , s'ils ont commis un délit un jour, il leur suffit de ne pas revenir le lendemain en Suisse pour être couverts par la protection de leur pays d'origine. De plus, si le droit français ne reconnaît pas l'acte comme un délit, ils ne peuvent pas non plus y être poursuivis. Le seul problème que ça leur pose en définitif, c'est qu'ils n'auront plus la possibilité de retourner en Suisse ni, ce qui est un problème tout relatif, se rendre dans un pays avec lequel la Suisse a un accord d'extradition et dont la législation reconnaît le secret bancaire !

Pour la plupart des professions, cela ne pose pas de gros problème. Et même si ça en pose, ça n'a pas la même répercution. Dans le cas qui s'est produit chez HSBC, banque pourtant britannique, c'est qu'en commettant cette indiscrétion, l'employé incriminé a sappé toute la confiance qu'on peut avoir à l'étranger, et en particulier en France, vis-à-vis du système bancaire suisse. Il ne fait donc pas du mal qu'à son ancien employeur, mais à toute la profession, à toute la place financière suisse et en particulier genevoise. Dans ces conditions, on peut se rendre compte à quel point il est dangereux d'employer un frontalier venant d'un pays faisant la guerre au secret bancaire à un poste clé d'une banque de la place genevoise. La même remarque peut être faite à Zurich avec les frontaliers allemands, à Bâle avec les frontaliers français et allemands et dans le Tessin avec les frontaliers italiens.

Donc je pense que la Suisse et ses banques doivent aujourd'hui choisir. Soit il faut aligner notre législation sur nos grands voisins et sans doute perdre de nombreux emplois, soit il faut réserver les postes clé ainsi que tous les postes ayant accès à des données confidentielles aux seuls résidents suisses, voire même aux citoyens suisses. Même si la confiance qu'on peut accorder à des employés suisses n'est pas à cent pourcent garantie, elle est tout de même infiniment plus grande que celle qu'on peut mettre dans des personnes résidant à l'étranger !

Bien sûr, une telle législation serait incompatible avec les billatérales. La Confédération ne peut donc pas agir. Toutefois, je pense que les banques tireront elles-mêmes les conclusions de cet incident. Et elles prendront les mesures nécessaires pour éviter qu'on donne des postes à responsabilité à des personnes qui ne peuvent plus être considérées comme absolument fiables compte tenu du climat instauré par les pays limitrophes. Et sur le fond, je ricane gentîment, si la conséquence de la politique de chasse aux sorcières poursuivie par ces grands états vis-à-vis de la Suisse les amène à récupérer des banquiers frontaliers qui ne pourront que grossir les rangs de leurs chômeurs...

13:17 Publié dans Economie, France, Genève | Tags : hsbc, fuite | Lien permanent | Commentaires (3)

27/11/2009

Problèmes financiers à Dubaï

Depuis hier le monde entier retient son souffle, parce que la compagnie Nakheel, filiale immobilière de Dubaï World, a demandé un rééchelonnement de six mois de sa dette, en particulier des 3,5 milliards de dollars que la compagnie devait rembourser en décembre. Du coup les bourses du monde entier ont réagi à la baisse, faisant presque craindre un nouveau crash financier. Mais est-on dans la même situation qu'en 2008 ? Il faut tout d'abord dire que la dette de Dubaï, 80 milliards, ne peut en aucun cas être comparée avec la bulle des crédits subprimes pourris aux Etats-Unis. Le manque à gagner pour l'économie qu'a provoqué l'inconsistance chronique des banques dans leur gestion du crédit immobilier aux Etats-Unis se comptera certainement en milliers de milliards de dollars ! On parle donc d'une catastrophe d'une ampleur sans rapport...

palm_jumeirah_08.jpgEnsuite, il semble qu'on évalue assez mal la cause de cette crise. On ne peut pas comparer un marché financier qui implose parce que toutes les valeurs qu'on échange manquent de garanties, avec un marché immobilier où toutes les dettes correspondent à des actifs réels. Pour se rendre compte des activités de Nakheel, il faut se rendre sur leur site et voir tout ce qu'ils sont en train de construire. Il s'agit d'une ville toute nouvelle, en grande partie gagnée sur la mer...

Dès lors, il est évident que la somme globale investie par la compagnie phare de Dubaï est largement supérieure à ces 80 milliards de dollars ! La compagnie a donc un bilan très positif et ses fondations reposent sur des bases plutôt solides. Alors pourquoi cette crise ? En réalité, il s'agit d'une crise de liquidités. Même si les actifs de la société couvrent largement les dettes, ils sont tous investis dans divers projets. Et lorsqu'on n'a plus de liquidités, on n'arrive pas à payer ne serait-ce que l'intérêt des dettes. Et c'est le genre de choses que les banques apprécient moyennement...

Maintenant, est-ce que ces problèmes de liquidités vont conduire à la faillite de Dubaï World et de tout l'émirat avec ? Disons que ça n'est pas impossible. Il est certain que la frénésie avec laquelle on a construit et on construit encore était assez malsaine. Mieux aurait valu échelonner le développement de la ville pour éviter de créer un effet de bulle. Mais sur le fond, je ne pense pas que le développement de Dubaï soit basé sur du vent. Et les banques le savent. Il y a donc tout à parier que ces dernières vont accepter la proposition de report de six mois. Et d'ici là, Nakheel va mettre sur le marché plusieurs projets immobiliers qui devraient lui apporter des liquidités. A commencer par la Palm Jumeirah, la première des 3 "Palm Islands", qui représente de nombreux milliards de revenus en résidence de grand standing en perspective.

Et la réaction de la bourse ? Doit-on vraiment tenir compte des réactions émotionnels des investisseurs qui souvent réagissent dans la précipitation ? On le sait, la haute finance est souvent déconnectée de la réalité économique. Je suis pour ma part persuadé que c'est à nouveau le cas aujourd'hui. Pour le reste, ce qu'on peut espérer, c'est que Dubaï apprenne à réfréner sa croissance et garde le contrôle de son développement. Rien ne sert de construire plus que ce qu'on est capable de financer. Rien ne sert non plus de construire plus que ce que d'autres sont prêts à acheter.

15:19 Publié dans Economie, Monde | Tags : crise, dubaï | Lien permanent | Commentaires (10)

27/10/2009

De nouvelles nouvelles de...

...Genève !

http://www.tdg.ch/node/115764

Affaire BCGe: Daniel Zappelli évoque des faits à charge

(...)

- En 1996, la banque a versé 12 millions de dividendes aux actionnaires, dont l'Etat de Genève, alors qu'elle perdait 468 millions de francs.

- En 1997, la situation a empiré: alors que la BCGe perdait 690 millions, elle versait 13 millions de francs aux actionnaires.

- En 1998, alors que la banque a perdu 943 millions de francs, les dividendes ont augmenté à 15 millions.

Suite à ce point, Me Alves de Souza, avocat de l'Etat de Genève a pris la parole pour rappeler que la débâcle de la BCGe a coûté plus de 2 milliards à l'Etat, ceci afin d'en assainir les finances. Et de rappeler que cette somme équivaut à 9600.- par contribuable. (...)

 

...Lausanne !

http://www.tdg.ch/trader-lausannois-juge-trou-40-millions...

Trader lausannois jugé pour un trou de 40 millions

(...) Entre 2004 et 2006, le trader lausannois et son supérieur direct à Londres se sont lancés dans des opérations hasardeuses, à l'insu de leur direction, le groupe britannique Noble Resources. Ils ont spéculé sur le cours de l'aluminium, établissant ensuite des contrats fictifs pour dissimuler leurs pertes. (...)

 

Oui M. Pardo. Pour vous, ces braves gens ne sont pas de la racaille parce qu'ils ne volent pas de voitures. Mais ce qu'ils font perdre à l'ensemble de la communauté par leurs malversations détruit de nombreuses vies. A tout prendre je préfère la racaille d'Annemasse à celle de Genève et Lausanne...

20/09/2009

Bienvenue M. Medvedev !

En Europe, le Président russe Medvedev ainsi que le Premier Ministre Poutine ont plutôt mauvaise presse. Ils sont régulièrement accusés de fascisme dans nos journaux, que ça soit dans leur politique intérieure ou dans leurs relations internationales. Mais il faut voir que sur le plan intérieur, ils font face à une corruption et une mafia dont nous n'avons que très peu idée. S'ils veulent mettre de l'ordre dans leurs institutions, il faut y mettre beaucoup de moyens policiers. Et la démocratie en souffrira forcément. Quant aux manoeuvre politiques qui ont permis à Poutine de rester plus ou moins au pouvoir, elles ne sont pas si éloignées de celles que pratiquent certains de nos voisins. En particulier l'Italie, où Berlusconi semble s'accrocher au pouvoir depuis des lustres.

Au Sud de ce grand pays, des fondamentalistes musulmans tentent de faire la loi. Là aussi, lorsqu'on reproche leurs errements, bien réels, aux Russes ils faut aussi tenir compte de ce fait. C'est vrai que la Tchétchenie est tenue d'une main de fer. C'est vrai qu'il faudra qu'ils trouvent un jour une solution. Mais se rappelle-t-on de ces prises d'otage meurtrières auxquelles ils ont dû faire face il y a quelques années ? La menace intégriste, ils savent ce que c'est. Et ils ont des raisons de se sentir plus menacés que nous.

Et que dire de la politique de l'ancien Président américain, qui par son expansionnisme tentait d'entrer très profondément dans la sphère d'influence de la Russie ? L'Ukraine et la Georgie en particulier sont des Etats qui par le passé faisaient partie de l'Empire soviétique. Il est forcément difficile pour les russes d'imaginer ces deux pays faire partie de l'OTAN. Et c'est la raison de leur actuelle mauvaise entente avec la Russie. Dans le cas de la Georgie, "mauvaise entente" c'est même un euphémisme. Ces pays ont bien sûr droit à l'autodétermination. Mais pour éviter que cette entrée dans l'OTAN s'accompagne d'une trop grande perte d'influence régionale pour la Russie, ne devrait-on pas associer la Russie à cette organisation ? On peut même aller plus loin : depuis la dissolution du Pacte de Varsovie, cette organisation a-t-elle encore un sens ? Ne faudrait-il pas la fondre dans une alliance militaire plus globale, mieux adaptée aux menaces actuelles ? En particulier, les mêmes menaces que celles que connaissent l'Europe ou l'Amérique du Nord pèsent aussi sur la Russie ou le Japon. Et quand on a des intérêts communs, il est préférable de s'allier.

Quant au bouclier anti-missiles, il est vrai que les gesticulations des Russes pouvaient étonner. Il ne s'agit que d'une arme défensive, et ils ne peuvent se sentir menacée par elle que s'ils voient leur propre arsenal militaire comme une défense contre celui de l'OTAN. Il faut donc croire que c'est bien ce qu'ils pensent. Alors le problème n'est pas le bouclier anti-missiles, mais bien la menace que représente l'OTAN dans leur esprit. Si M. Obama veut relancer ses relations avec la Russie, il faudra donc crever cet apcès. La solution n'est pas d'abandonner le bouclier anti-missiles comme il l'a annoncé cette semaine, mais bien d'intégrer la Russie dans ce bouclier. Pour lui prouver que la Russie n'est pas considérée comme une menace et pour prouver en même temps que l'OTAN peut aussi protéger la Russie. D'autant que la menace, qu'elle soit iranienne ou nord-coréenne, est elle bien réelle. Il ne faut pas baisser la garde et montrer de la fermeté à ces deux pays.

Bref, demain et après-demain, notre pays reçoit en grandes pompes ce Président russe si peu aprécié par nos médias. Les droits de l'Homme et la démocratie seront sûrement abordés. Mais le principal sujet de discussion sera sans doute économique. Va-t-on importer du pétrole russe pour remplacer celui des Kadhafi ? Va-t-on importer du gaz russe à la place de celui de l'Iran ? L'avantage en tout cas, c'est que Medvedev n'imposera pas à Micheline Calmy-Rey de porter le voile pendant leurs discussions ! Et bien sûr, la Russie est déjà un partenaire financier important pour nos banques. Un accord de double-imposition serait donc le bienvenu.

Je pense donc que nous devons accueillir comme il se doit le Président de ce grand pays qui nous fait l'honneur de sa visite. Pour montrer ses bonnes intentions, il s'est fait précéder de deux beaux oursons pour remplir notre fosse aux Ours si vide aujourd'hui. C'est à prendre comme un cadeau destiné à montrer ses bonnes intentions, comme la diplomatie en faisait beaucoup par le passé. Et je suis sûr que sa visite débouchera sur une grande amélioration de nos relations billatérales. Un accord de libre échange n'est d'ailleurs pas exclu. Et par les temps qui courent, avoir de bonnes relation avec un grand état est suffisamment rare pour être souligné. Je dis donc bienvenue à M. Medvedev, et j'espère que mes compatriotes ne vont pas lui réserver un accueil trop glacial. S'il se sent bien dans notre pays, si en particulier on ne lui prépare pas des manifestations dans chaque lieu où il passera, il pourrait être bien plus enclin à améliorer les relations entre nos deux pays.

 

19/05/2009

De qui se moquent les dirigeants de l'UBS ?

De nous bien sûr. Des contribuables de ce pays qui avons financé un plan de sauvetage de la banque et qui semblons si idiots que nous ne sommes pas capables de réagir face aux sornettes qu'ils répètent sans cesse.

Premier épisode. après avoir reçu sept milliards de la Confédération, et sans parler des trente milliards de la banque nationale, ils annoncent verser deux milliards de bonus à leurs collaborateurs. Bien sûr, je ne veux pas de mal aux employés de l'UBS. Et je ne souhaite pas qu'ils doivent vivre avec des clopinettes. Mais tout de même. Si ça n'avait pas été l'UBS, on n'aurait jamais aidé la société en difficulté ! Et elle s'en serait tout de même sortie malgré tout, ça j'en suis sûr ! En demandant à ses employés de faire un effort, en licenciant une partie d'entre eux malheureusement, elle aurait réussi à revenir d'elle-même dans les chiffres verts ! Mais voilà, c'est l'UBS, une banque dans laquelle la moitié des politiciens de ce pays ont des intérêts privés et qui dispose d'un gigantesque lobby à Berne, et à ce titre, elle mérite une aide spéciale...

Second épisode. La banque annonce le licenciement de deux mille collaborateurs. Ainsi, non contente de piller les deniers publics et de les utiliser pour verser des bonus, elle se permet de mettre une partie de son personnel au chômage. A la charge des cantons donc. N'aurait-on pas mieux fait de ne pas verser les bonus et de licencier moins de personnel ? Je suis sûr qu'expliqué comme ça la plupart des employés l'auraient compris...

Troisième épisode. (mais sans doute pas le dernier) La direction vient d'annoncer que pour faire face à l'exode du personnel le plus qualifié, elle a décidé d'augmenter les salaires ! Et certainement pas les salaires des employés de base qu'on a de toute façon décidé de licencier, mais plus certainement des cadres ! La raison invoquée ? On pense que le "bas revenu" pousse ces gens à fuire la banque.


Mais que croient-ils ? Qu'on peut annoncer des milliers de licenciements et créer ainsi une ambiance extrèmement malsaine et en même temps espérer que les meilleurs éléments vont rester, fidèles au poste ? Il est clair que dans cette situation, si on a l'occasion de partir, on le fait ! Et ça n'est jamais les plus mauvais qui partent en premier, surtout en temps de crise lorsque les places dans d'autres établissements se font rares. Une augmentation de salaire n'y changera rien. Mais peut-être qu'il y a une autre raison à ces augmentations ? Peut-être sont-elles destinées à compenser la diminution de revenus de la direction avec la baisse des bonus ? Non je n'ai rien dit. Je vais passer pour une mauvaise langue...

16/05/2009

Des quotas pour les travailleurs étrangers ?

Ainsi donc, le Conseil Fédéral s'est mis à parler de la mesure de sauvegarde qui l'autorise, selon l'accord sur la libre circulation, à réintroduire temporairement les quotas de travailleurs étrangers venant de l'Union Européenne. Il n'a fait qu'en parler bien sûr, car le but n'est sans doute pas d'introduire un quota, mais plutôt de montrer les dents...

Car qui seraient les premiers touchés par une telle mesure ? Les deux grands voisins bien sûr. La France et l'Allemagne. La France où les entreprises suisses se servent allègrement en travailleurs frontaliers, et l'Allemagne qui est devenue le principal fournisseur d'immigrants pour notre pays. Et il se trouve que ces deux pays sont justement ceux qui, en Europe, cherchent à imposer à la Suisse des mesures fortement limitatives sur le secret bancaire. Ceux qui se plaignent ouvertement de l'évasion fiscale dont bénéficierait, selon eux, la Suisse. Finalement, il ne s'agit de rien d'autre que d'une guerre d'annonces ! Alors est-ce un hasard si Peer Steinbruck s'est engagé auprès de parlementaires suisses à mettre de l'eau dans son vin et à éviter les déclarations trop agressives ? Pas sûr…