08/09/2018

Emmanuel Macron aime-t-il le peuple qu’il dirige ?

Une fois de plus, Macron s’est moqué des Français depuis un pays étranger, faisant comprendre à demi-mots qu’il préférerait diriger un peuple composé de Danois, plutôt qu’un peuple de ‘Gaulois réfractaires au changement’. C’est bien sûr son droit. On n’est pas obligé d’aimer ses compatriotes. Mais ce qui est vraiment insupportable, c’est de choisir de se faire élire à la fonction de Président d’un pays dont on n’aime pas les habitants. Alors pourquoi avoir fait ce choix ?

Macron au danemark.jpegEn réalité, la fonction de Président de son propre pays devrait être vue comme un point culminant d’une carrière politique particulièrement bien réussie. C’est sans doute ce qu’ont ressenti tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron. Mais dans son cas, il n’y a pas de longue carrière politique derrière lui. En réalité, il partage une caractéristique forte avec Donald Trump : le poste de Président est le premier mandat politique auquel il est élu. Il n’est pas passé par toutes les étapes normalement nécessaires pour avoir une reconnaissance suffisante pour être choisi par son parti comme représentant.

La manière dont Emmanuel Macron est devenu Président, donne en réalité le tournis voire, si on ne l’a jamais soutenu, la gueule de bois. Il faut se rappeler que personne n’avait jamais entendu parler de lui avant le milieu du mandat présidentiel de François Hollande. Il a été parachuté ministre de l’Economie, soit un des plus importants ministères, à partir de 2014 seulement. C’est alors qu’il a été connu du grand public, il y a donc seulement 4 ans ! En même pas 3 ans, il passe d’une fonction de conseiller du Président à la fonction suprême de Président. C’est plus que fulgurant.

Mais pour y arriver, ne nous y trompons pas, il lui a fallu l’aide de grands groupes économiques et des médias qu’ils possèdent. Le matraquage outrancier dont il a bénéficié, qui lui a permis d’acquérir une image de jeune homme éloigné des affaires politiques et aux idées neuves, alors même qu’il n’avait absolument rien fait de bon en tant que ministre, est évidemment à l’origine de sa montée fulgurante et incompréhensible dans les sondages.

Mais il a vu juste, le quidam a la mémoire courte et quand on lui explique longuement ce qu’il doit voter, il obéit. Au final toutefois, s’il a été élu par le peuple, c’est bien les groupes économiques qui l’ont soutenu à qui il doit son élection et de qui il est redevable. C’est pourquoi, il ne se sent pas investi d’une mission auprès du peuple français, mais il se doit de faire accepter à ce peuple qu’il méprise les réformes que ses véritables maîtres considèrent comme nécessaires.

D’ailleurs le choix même de décrire les Français comme ‘des Gaulois réfractaires au changement’ en faisant bien sûr, dans une tentative humoristique, allusion au village d’Astérix et Obélix est finalement assez révélateur de la pensée profonde d’Emmanuel Macron. Les Gaulois dans leur village sont réfractaires au changement. Le changement bien entendu c’est l’Empire romain qui a conquis le reste de la Gaule. Donc pour lui, les Gaulois c’est le passé, l’Empire romain c’est la modernité. Un esprit qu’on voit d’ailleurs chez certains Gaulois de l’époque qui ont contribué à la victoire de Jules César en refusant de participer à la révolte dirigée par Vercingétorix. Ainsi l’esprit réformateur que Macron appelle de ses vœux, c’est seulement un esprit de collabo.

Au passage d’ailleurs, il oublie que le peuple danois, en refusant de participer à l’Euro, a fait preuve d’un esprit réfractaire aux réformes, lui aussi. D’ailleurs, il y a fort à parier que ce choix salutaire soit en grande partie responsable de la santé économique de ce pays, bien plus en tout cas que son ‘esprit luthérien’. Sa petite phrase est donc complètement imbécile et montre à quel point il est dirigé par une vision dogmatique, plutôt que par la très grande intelligence qu’on lui prétend.

En fait, je pense que, à l’instar du ministère qu’il a dirigé, il ne considère pas le poste de Président de la République comme un point culminant, mais comme une étape. A ce poste, il se doit de montrer sa capacité à réformer un pays très connu pour sa résistance au changement afin de démontrer sa capacité à de plus hautes responsabilités. Mais quelles responsabilités pourraient être plus hautes que celles-ci ? Et bien aucune qui existe pour l’instant. Je pense qu’il se verrait bien dirigeant d’une future Fédération européenne. C’est peut-être bien ce qui lui est promis par les pouvoirs économiques qui le soutiennent. Dans ces conditions, il est ainsi tout à fait logique qu’il méprise le peuple français, qu’il voit comme une gêne dans son ascension, et qu’il courtise d’autres peuples européens, qu’il voit comme ses futurs administrés.

Et après cela ? Et bien je suis persuadé qu'il se verrait bien roi du monde...