25/04/2018

La rencontre de Laurel et Hardy

Vous y croyez vous au numéro de duellistes de Trump et de Macron ? Cette fabuleuse amitié doublée d'une profonde divergence de vues ? Depuis qu'il est président, tout est fait sur la scène internationale pour faire de Trump une sorte d'inconscient prenant des décisions totalement irréfléchies et pouvant potentiellement mener à la fin du monde. De l'autre côté, Macron joue le rôle de la tempérance et fort heureusement, il a de l'influence sur le fou qui règne de l'autre côté de l'Atlantique. On dirait un peu Laurel et Hardy, duo dont le premier membre joue l'insouciance et l'autre la raison, pour atteindre une sorte d'équilibre qu'ils ne parviendraient pas à trouver seuls. Un duo d'acteurs de même acabit donc, mais en beaucoup moins drôle toutefois.

Trump-Macron.jpgÇa me fait un peu penser au gentil flic et au méchant flic, stratégie qui est censée pousser un suspect à se rapprocher du gentil, jusqu'à se confier à lui. Ici le suspect, c'est l'homme de la rue, celui qui potentiellement pourrait se rebeller contre l'ordre établi. Celui qui a conscience des méfaits du mondialisme et souhaite une meilleure protection, ce qu'on qualifie de 'repli sur soi', mais qui n'est rien d'autre qu'un retour au monde des années quatre-vingt, il n'y a pas si longtemps donc. Bref, c'est celui qui a élu Trump. Et en désignant Trump comme le méchant flic, on montre à la population à quel point voter pour le repli est dangereux. Au contraire, l'hyper-mondialisme de Macron est montré comme la seule voie raisonnable. La voie du bien.

Pour moi, ni Trump ni Macron ne joue son propre rôle. Tous deux ont été choisi dans un casting dont l'enjeu est la promotion du mondialisme, d'un Occident totalement soumis aux lois du marché et de ceux qui le dominent. Ce sont des pantins du véritable pouvoir, celui de l'argent.

14/04/2018

Pas de réplique russe

C'est un sujet que j'ai souvent abordé ces dernières années. (par exemple iciici et ici) J'ai laissé ce sujet de côtéfrappes.jpg depuis l'été dernier, car je ne pense pas qu'on puisse raisonnablement tenter l'aventure d'une guerre contre la Russie après le printemps. En effet, la taille du territoire et la rigueur de ses hivers ont déjà maintes fois permis à la Russie de prendre un avantage stratégique décisif face à ses envahisseurs potentiels et ça serait pareil aujourd'hui. La seule chance de réussir une telle invasion, serait une guerre éclair lancée au printemps. Mais justement, le printemps est de retour, et avec lui la tentation d'une guerre frontale.

Ainsi, je crains depuis longtemps un attentat de Sarajevo 2, à savoir une étincelle mettant le feu aux poudres d'une troisième guerre mondiale. Cette étincelle, tout porte à croire que les Occidentaux cherchent sans relâche une occasion de la provoquer. En effet, comment expliquer que la Syrie, ayant pratiquement gagné la bataille de la Ghouta, décide de franchir la ligne rouge fixée par les Occidentaux sans aucune justification stratégique ? N'est-il pas infiniment plus probable que les rebelles aient choisi de tenter de sauver leurs fesses en forçant les Occidentaux à intervenir ? Et ces derniers en feintant de ne pas voir cette manipulation évidente ne sont-ils pas complices ?

Et il n'est pas certain que les Russes accepteront toujours de jouer les pompiers pour éviter que cette étincelle ne provoque le pire. Pour cette fois, ils n'ont pas répliqué. Cela peut signifier plusieurs choses.

1. Ils ont perdu la capacité à intercepter les missiles occidentaux

C'est ce à quoi le fameux tweet de Trump, dans lequel il défiait les Russes en les avertissant de l'arrivée des missiles, m'a fait penser. Et si toute cette histoire ne servait qu'à prouver aux Russes qu'ils n'ont plus la capacité à sanctuariser le ciel de la Syrie, comme celui de leur propre pays ? Je pense en tout cas que ça n'annoncerait rien de bon, car cela donnerait du grain à moudre aux "faucons" du Pentagone qui n'ont de cesse de plaider pour une guerre frontale avec la Russie.

2. Ils préparent la riposte

Je n'y crois pas trop, car ils ne veulent pas d'une guerre directe avec les Occidentaux. Une interception des missiles sur l'instant aurait suffisamment servi leurs intérêts en démontrant au monde qu'ils restent maîtres dans ce pays. Mais il est clair que leur non-réaction donne au contraire un message de faiblesse qu'ils ne souhaitent pas donner. En effet, cela fait partie de la dissuasion. Si on a fait une menace de réplique en cas d'attaque et que lorsque l'attaque a effectivement lieu, on ne réagit pas, on perd toute crédibilité. Tout dépend donc de leur volonté de défendre cette crédibilité. Ira-t-elle jusqu'à risquer l'escalade incontrôlée ?

3. Un accord entre Trump et Poutine a eu lieu

Je n'exclus pas du tout cette possibilité. Le choix des objectifs de ces frappes limitées signifie peut-être que le président américain a à nouveau choisi de sauver la face, et calmer les faucons de son administration sans avoir à les suivre sur le chemin qu'ils cherchent à lui faire prendre, et ainsi ne pas risquer une confrontation directe avec les Russes. Dans ce cas, nous verrons comme souvent la pression retomber dans les prochains jours. Jusqu'à la prochaine fois...

4. Les Russes acceptent de perdre du terrain face aux Occidentaux plutôt que risquer une confrontation

Ne comptez pas trop sur celle-ci ! La nouvelle Russie, celle qui a relevé la tête et a décidé de ne plus se laisser mener par le bout du nez est toujours là, bien plus que jamais. Désormais, elle défendra chaque lopin de terre que les Occidentaux chercheront à lui faire lâcher. Et jamais les Russes n'accepteront de lâcher la Syrie.

Bref on le voit, on ne sait encore pas grand chose sur les causes de la non-réaction de la Russie, peut-être provisoire, mais on devrait en apprendre plus dans les prochains jours. Espérons en tout cas que cette situation explosive n'échappe pas à tout contrôle.