19/03/2018

La "démocratie européenne"

En Europe, les technocrates au pouvoir ne voient plus depuis longtemps le droit de référendum d'un très bon œil. En effet, en quoi le "petit" peuple serait plus compétent que lui-même pour décider de l'avenir du continent ? Non seulement la grande majorité du peuple n'a pas fait de grandes études d'économie ou de politique et ne peut donc pas comprendre les implications à grande échelle des décisions qu'il prend. Mais en plus, il écoute régulièrement les "populistes" qui ont une vision simpliste et beaucoup plus à la portée des gens simples qu'ils sont.

Oui c'est malheureusement la pensée des gens qui dirigent l'Union Européenne. Ils se disent démocrates, mais en réalité, ils honnissent la démocratie qu'ils voient comme une empêcheuse de décider en toute quiétude. Bref, ils répondent totalement à la définition de despotes.

D'ailleurs, qu'est-ce que c'est que ce "populisme" qu'on décrie tant ? Et bien dans la novlangue imposée par les médias, cela recouvre à peu près tout discours qui critique le pouvoir. C'est un mot de plus qui sert à discréditer toute forme de rébellion à la pensée unique. C'est à mettre dans la même catégorie que "complotisme", soit celle des termes disqualifiant. Du moment que le mot est prononcé, il crée dans l'esprit un effet de repoussoir et aucune autre démonstration n'est dès lors nécessaire. En réalité, le "populisme" c'est la critique d'un dogme économique, celui de la mondialisation à outrance, qui ne profite en aucun cas aux peuples mais à une petite caste qui accroît sans cesse sa spoliation des richesses. On comprend donc pourquoi cette caste souhaite faire de la critique de ce dogme une sorte de blasphème et profère son catéchisme à longueur d'année, par médias interposés.

Donc l'UE n'aime pas les référendums. En 2005, trois pays avaient refusé la constitution européenne par référendum. Deux ans auparavant, la Suède avait refusé son entrée dans la zone Euro de la même manière. Si la Suède ne fait toujours pas partie de la zone Euro, les trois pays qui avaient refusé la constitution se sont vus imposer le traité de Lisbonne, reprenant l'ensemble du texte de la constitution ou presque, sans nouveau référendum. Si la ratification par le parlement était légale parce qu'on ne parlait plus de constitution mais de traité, on voit vite qu'il s'agit d'une véritable félonie politique. D'ailleurs depuis, l'idée que "voter ça ne sert à rien" semble s'imposer dans les esprits et les taux d'abstentions augmentent sans cesse.

La Grèce de Tsipras a fait encore mieux, avec le nouveau concept de référendum pour beurre. A peine quelques jours après avoir obtenu du peuple le vote contre le plan de redressement du pays, le premier ministre fraîchement élu était accouru à Bruxelles pour accepter un plan... encore plus drastique !

Mais finalement, c'est aux Pays-Bas que la ligne rouge vient d'être franchie jeudi dernier. En décidant de supprimer le droit de référendum dans le pays suite au vote négatif de 2005 mais surtout à celui de 2016 qui avait vu le refus du plan d'association UE - Ukraine, (vote dont il n'a de toute façon pas été tenu compte naturellement) les députés ont officiellement transformé la pseudo-démocratie européenne en dictature officielle. Donc bravo à eux pour cette clarification salutaire.

Au final, je pense que cet exemple montre bien au peuple helvétique ce qu'il adviendrait du droit de référendum et du droit d'initiative si d'aventure, il commettait l'irréparable erreur de faire entrer son pays dans l'UE. J'espère en tout cas qu'on en reste préservé pour toujours.

03/03/2018

L'heure de la tonte a sonné

Hier j'écoutais France Info et je suis tombé sur une interview d'un couple de retraités français qui se plaignaient de l'augmentation de la CSG (un impôt directement imputé sur les revenus) qui réduit leur pouvoir d'achat. J'aurais presque eu de la compassion. Je me disais que ce n'est pas normal de s'en prendre aux retraités qui en France ne sont déjà pas très bien lotis. (même si ceux-ci annonçaient un revenu cumulé de près de 4000€, ce qui ne les place pas parmi les plus démunis) Et puis ils ont dit qu'ils avaient voté Macron au Printemps dernier. Ils disaient avoir voté par défaut, parce qu'ils ne savaient pas quoi voter d'autre.

Bref, ce sont typiquement ce genre de personnes qui ont permis à Emmanuel de prendre le pouvoir. Et pourtant, s'ils avaient simplement pris la peine de lire son programme, ils auraient su, car tout était dedans. On peut reprocher beaucoup de choses à Macron mais pas d'être menteur. Tout ce qu'il avait promis de faire, il le met maintenant en place. Ils n'avaient qu'à lire plutôt que d'écouter les médias qui faisaient constamment sa publicité. Le vote Macron, c'était le vote d'une société de souris qui éliraient constamment des chats pour les diriger.

 

C'est surtout le vote d'une société de moutons qui votent constamment pour celui qu'on lui désigne. Qu'importe que ça soit un loup. Je ne pense pas que ces deux retraités me liront, mais s'il y en a d'autres qui se reconnaîtraient et qui passeraient par là, voici la petite fable que j'ai pour eux:

Le mouton, ayant voté Macron au Printemps, se trouva fort dépourvu quand l'heure de la tonte fut venue. Pas une seule compensation à l'augmentation de CSG. Il alla crier famine auprès du berger à la radio, le priant de lui prêter quelques sous pour subsister.

- Jusqu'à la saison nouvelle, je vous paierai, lui dit-il. Avant l'Août, foi d'ovin, intérêt et principal. 

Le berger n'est pas prêteur; c'est là son moindre défaut.

- Que faisiez-vous au mois de mai ? dit-il à cette emprunteur.

- Nuit et jour à tout venant, je chantais les louanges d'Emmanuel et de sa Brigitte, ne vous en déplaise.

- Vous chantiez? Et bien bêlez maintenant !

Bêêêê. Bêêêê. L'heure de la tonte a sonné!

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