03/03/2018

L'heure de la tonte a sonné

Hier j'écoutais France Info et je suis tombé sur une interview d'un couple de retraités français qui se plaignaient de l'augmentation de la CSG (un impôt directement imputé sur les revenus) qui réduit leur pouvoir d'achat. J'aurais presque eu de la compassion. Je me disais que ce n'est pas normal de s'en prendre aux retraités qui en France ne sont déjà pas très bien lotis. (même si ceux-ci annonçaient un revenu cumulé de près de 4000€, ce qui ne les place pas parmi les plus démunis) Et puis ils ont dit qu'ils avaient voté Macron au Printemps dernier. Ils disaient avoir voté par défaut, parce qu'ils ne savaient pas quoi voter d'autre.

Bref, ce sont typiquement ce genre de personnes qui ont permis à Emmanuel de prendre le pouvoir. Et pourtant, s'ils avaient simplement pris la peine de lire son programme, ils auraient su, car tout était dedans. On peut reprocher beaucoup de choses à Macron mais pas d'être menteur. Tout ce qu'il avait promis de faire, il le met maintenant en place. Ils n'avaient qu'à lire plutôt que d'écouter les médias qui faisaient constamment sa publicité. Le vote Macron, c'était le vote d'une société de souris qui éliraient constamment des chats pour les diriger.

 

C'est surtout le vote d'une société de moutons qui votent constamment pour celui qu'on lui désigne. Qu'importe que ça soit un loup. Je ne pense pas que ces deux retraités me liront, mais s'il y en a d'autres qui se reconnaîtraient et qui passeraient par là, voici la petite fable que j'ai pour eux:

Le mouton, ayant voté Macron au Printemps, se trouva fort dépourvu quand l'heure de la tonte fut venue. Pas une seule compensation à l'augmentation de CSG. Il alla crier famine auprès du berger à la radio, le priant de lui prêter quelques sous pour subsister.

- Jusqu'à la saison nouvelle, je vous paierai, lui dit-il. Avant l'Août, foi d'ovin, intérêt et principal. 

Le berger n'est pas prêteur; c'est là son moindre défaut.

- Que faisiez-vous au mois de mai ? dit-il à cette emprunteur.

- Nuit et jour à tout venant, je chantais les louanges d'Emmanuel et de sa Brigitte, ne vous en déplaise.

- Vous chantiez? Et bien bêlez maintenant !

Bêêêê. Bêêêê. L'heure de la tonte a sonné!

la-tonte.jpg

Commentaires

"Tout ce qu'il avait promis de faire, il le met maintenant en place."
Pas pour la SNCF.

Écrit par : Daniel | 03/03/2018

Les grenouilles se lassant
De l'état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique:
Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,
Que la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S'alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, les roseaux,
Dans les trous du marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau.
Or c'était un soliveau,
De qui la gravité fit peur à la première
Qui, de le voir s'aventurant,
Osa bien quitter sa tanière.
Elle approcha, mais en tremblant;
Une autre la suivit, une autre en fit autant:
Il en vint une fourmilière;
Et leur troupe à la fin se rendit familière
Jusqu'à sauter sur l'épaule du roi.
Le bon sire le souffre et se tient toujours coi.
Jupin en a bientôt la cervelle rompue:
«Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue.»
Le monarque des dieux leur envoie une grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir;
Et grenouilles de se plaindre.
Et Jupin de leur dire:« Eh quoi? votre désir
A ses lois croit-il nous astreindre?
Vous avez dû premièrement
Garder votre gouvernement;
Mais, ne l'ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier roi fut débonnaire et doux
De celui-ci contentez-vous,
De peur d'en rencontrer un pire.»

Écrit par : Jean de la Fontaine | 03/03/2018

Daniel: Il avait dit qu'il n'y aurait plus de régime spécial. Ca n'était pas trop dur à interpréter...

Écrit par : Kad | 03/03/2018

Kad,
Ce n'est pas ce qui a été dit à la radio hier: dans son programme seulement deux lignes pour les chemins de fer et pas la question du statut.
Et aujourd'hui, émission fort intéressante:
https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-03-mars-2018
Macron mène la même politique que Thatcher. Espérons qu'il finira comme elle.

Écrit par : Daniel | 03/03/2018

La question du statut était générale, mais il n'était pas difficile de comprendre que les cheminots étaient les premiers visés avec leur retraite à 52 ans. D'ailleurs je pense qu'une majorité des Français attendent un changement de ce côté-là, donc ils ont des soucis à se faire. Personnellement le fait que la suppression du régime spécial ne touche que les nouvelles embauches me paraît une solution équilibrée à un problème réel.

Pour ce qui est de la privatisation des chemins de fer, qui est déjà partiellement en place puisque le fret est ouvert à la concurrence, elle ne fait pas vraiment partie du programme annoncé. Mais il ne faut pas se faire d'illusion: elle est le but final de ces mesures. Et même si Macron n'en avait pas parlé, cela fait depuis longtemps partie des demandes insistantes de l'UE aux états membres et elle devra être mise en place à terme. Tout comme la privatisation de la Poste et tout comme l'a été la privatisation de la distribution d'énergie et d'eau. Voter pour le plus européiste des candidats, comme ces retraités qui avaient peur pour le "projet européen" selon leurs dires, c'est aussi voter pour de telles mesures.

Je suis aussi d'avis que c'est une politique désastreuse que de privatiser à outrance et que, contrairement aux théories libérales, cela ne fait pas baisser le prix du service, car en plus de l'équilibre des finances, on demande de dégager des bénéfices pour rétribuer les actionnaires. Ou alors il faut faire des mesures d'économies si drastiques qu'elles représentent un danger pour la sécurité au final.

Et puis soit disant, il parait que ça sert à diminuer les dettes des états en apportant de l'argent frais. Mais il s'agit surtout de privatiser des branches rapportant de l'argent et de laisser à l'état celles qui coûtent. Par exemple il ne s'agira sans doute pas de privatiser le réseau ferré, mais que les services de transport. Et puis s'agissant de la dette abyssale de la SNCF, quelle entreprise privée investirait pour reprendre cette dette à son compte ? Non, il est évident que la dette va rester à l'Etat. Au final, je suis prêt à parier que le prix de vente ne permettra même pas de rembourser la dette et donc, que la dette française va encore augmenter.

En attendant le service de la SNCF se dégrade sans arrêt. Je me souviens que dans mon enfance, on savait que si on prenait le train en France, on pouvait compter sur les horaires. Mais aujourd'hui c'est n'importe quoi, même les TGV sont très souvent en retard. Et je ne parle pas des trains régionaux ou des RER. Une vraie reprise en main du service serait nécessaire, mais on pense plutôt à la privatisation, qui augmentera le prix du service sans améliorer sa qualité.

Écrit par : Kad | 04/03/2018

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