22/01/2018

Les calamités que nous réserve ce siècle (2ème partie)

Après une longue interruption, je m'atèle à d'autres calamités, à savoir la fonte des glaces. On le sait : les glaces polaires sont en train de fondre à grande vitesse. Bientôt il n'y aura plus de glace en été au pôle nord et les ours polaires n'existeront plus que sous la forme de peluches, qu'on vendra une fortune pour financer la cause de la lutte contre le réchauffement. En 2007, alors que des conditions climatiques exceptionnelles avaient produit une fonte estivale record, des scientifiques avaient d'ailleurs prédit cet événement pour septembre 2016... Pas de chance, ils se sont trompés, comme le montre cet article du Telegraph britannique.

http://www.telegraph.co.uk/science/2016/10/07/experts-sai...

Désolé de ne pas avoir choisi un article en français, c'est juste que... ça n'existe pas ! Pourtant quand cette prédiction grotesque avait été faite, qu'est-ce qu'on en avait entendu parler...

Alors qu'est-ce qu'il s'est passé ? Juste une chose très bête: ces scientifiques ont dérogé à une règle très simple et qu'il faut obligatoirement respecter quand on fait des prévisions en matière de climat: les prévisions que l'on fait ne doivent pas être vérifiables avant plusieurs dizaines d'années, ou en tout cas pas avant d'être à la retraite ! Ici on a affaire à des gens dont les convictions sont si fortes dans la religion de Gaia qu'ils ont cru que la déesse suivrait scrupuleusement leurs prévisions quelque soit leur niveau de niaiserie. Malheureusement pour eux, Gaia est  une déesse capricieuse.

Bref, il ne s'est pas passé grand chose dans l'intervalle, la glace a tenu bon dans l'ensemble en dehors d'une nouvelle crise météorologique durant l'été 2012 et l'effet d'El Niño durant les 2 précédentes années. Pour rappel El Niño est une inversion des courants marins dans le Pacifique, qui se produit régulièrement et qui a pour effet de réchauffer le monde entier. C'est cet effet qui est la cause du réchauffement de 2016 et 2017 et nous en sortons à peine, si bien qu'il est tout à fait normal que ces années soient les plus chaudes enregistrées, ce que la presse, très sélective au sujet du réchauffement, se plait tant à rappeler.

Donc voici un graphique officiel et actualisé quotidiennement, qui montre l'évolution de la superficie de glace flottante dans l'Arctique. J'ai choisi de montrer les années 2007 à 2018, mais le graphique est paramétrable et vous pouvez faire les choix que vous voulez sur le site original. (cliquer sur l'image pour agrandir)

Arctique.PNG

Alors tout d'abord, il faut comprendre que la superficie glacée varie énormément au cours de l'année. Elle passe par un maximum hivernal, au mois de mars, avec près de 15 millions de kilomètres carrés et un minimum estival, au mois de septembre, avec 4 ou 5 millions de kilomètres carrés, soit 3 fois moins. Si cette variation n'entraîne pas de modification de la hauteur des océans, c'est parce qu'il s'agit de glace flottante. Une fois fondue, elle n'altère en rien la quantité totale d'eau dans les océans, puisqu'elle s'y trouve déjà.

Donc si on se concentre sur les minimums estivaux, on voit qu'en dehors du minimum de 2007 (en bleu), celui de 2016 (en rouge) et surtout celui de 2012 (en pointillés), on a une assez bonne régularité de la superficie glacée. On est certes bien en dessous de la moyenne 1981 - 2010, mais c'est surtout dû à la diminution de surface qui a eu lieu dans les années 80 et 90, ainsi qu'au début des années 2000. En tout cas, on n'observe pas de diminution rapide et catastrophique de la surface glacée.

Bref, quand on annonce que la glace arctique va disparaître en été, on peut répondre que c'est possible, mais loin d'être sûr voire peu probable et en tout cas, c'est une perspective plus lointaine qu'on ne l'affirme en général. Cet autre graphique, dont l'échelle de temps est bien plus longue, montre bien la diminution brusque de 2007 qui avait provoqué le pronostic ahurissant de certains scientifiques, mais on voit bien qu'en dehors de 2012, les autres années ne montrent aucune évolution.

arctique 2.PNG

Voyons ce qui se passe en Antarctique maintenant. Ici pas d'ours blancs, mais une masse gigantesque de glace (au coeur du continent, l'épaisseur est de près de 10 km !) qui si elle devait fondre, ferait monter le niveau des océans de 60 m ! Bien sûr tous les écologistes sont certains que cela va se produire et qu'il vaut mieux investir dans l'immobilier de montagne que sur les littoraux. Mais on devrait pourtant s'étonner de cette croyance, car les températures largement négatives ne permettent pas la fonte de la glace. Il faudrait que la température monte de plusieurs dizaines de degrés pour qu'une fonte totale se produise. C'est franchement ahurissant de croire à une chose pareille.

Bref, concentrons-nous plutôt sur une croyance moins extrême, la fonte d'un petit pourcentage de la glace qui produirait une montée des eaux de plusieurs mètres, suffisante pour faire disparaître quelques îles sous les flots. Il faut dire que pour l'instant la simple fonte de glace sur le continent n'est pas possible à grande échelle, vu que les températures ne montent jamais en dessus de zéro. Mais l'effet dont on parle souvent, c'est la fonte des glaces dérivantes entourant le continent, entraînant l'accélération des glaciers l'alimentant. Cet effet devrait se voir sur les mêmes graphiques que ceux que j'ai reproduits pour l'hémisphère nord.

antarctique.PNG

En fait, bien loin de montrer une diminution de la surface océanique glacée, ce graphique (qui malheureusement s'arrête en 2016) montre au contraire une augmentation ! Et si en 2016, la surface a diminué, (ce qui s'est confirmé en 2017) c'est bien sûr un nouvel effet de El Niño qui a un impact direct dans cette région. On confirme cette évolution sur le site cité précédemment. (sélectionner "Antarctic" en haut à gauche)

Antarctic 2.PNG

Ici nous avons bien entendu des maximums et des minimums opposés par rapport à l'hémisphère nord, puisque les étés et les hivers sont inversés. Ce qu'on voit c'est qu'en dehors de 2016 et  2017, on reste bien dans la moyenne de 1981 à 2010, voire au-dessus, avec un maximum hivernal historique pour 2014 ! (la seconde année étant 2013) Et si El Niño a mis fin à cette série, le début de l'année 2018 montre que la superficie glacée revient dans la moyenne. Bref, je ne vois aucune raison de s'inquiéter pour l'Antarctique.

Alors pourquoi les spécialistes s'inquiètent-ils ? Il faut dire qu'ils se concentrent en général sur la partie la plus accessible du continent glacé, la péninsule antarctique, qui subit des conditions climatiques locales assez différentes du reste du continent. C'est en effet une zone relativement chaude, (d'où son accessibilité) mais de ce fait peu représentative. De plus, cette région est riche en volcanisme, ce qui peut aussi avoir une influence. En réalité, les mesures sur l'épaisseur glacée de la partie opposée du continent montrent une augmentation de l'épaisseur de glace. Si bien qu'en moyenne, la quantité totale de glace à tendance à augmenter légèrement.

Au final, voilà une autre raison de ne pas trop s'inquiéter d'une montée catastrophique des eaux. La glace antarctique résiste bien au réchauffement et il n'y a aucune raison pour que ça change dramatiquement durant ce siècle.

11:00 Publié dans Monde, Science | Lien permanent | Commentaires (41)