20/12/2017

Pour sauver la planète, limitons le réchauffement à moins de 2 degrés

C’est officiellement l’objectif fixé par l’accord de Paris signé lors de la COP21. On n’a pas fixé un but en émissions de carbone, ce qui aurait eu un sens objectif, mais un but lié à une augmentation de température supposée catastrophique. En faisant cela, on a gravé dans le marbre la relation numérique entre les émissions de CO2 et l’augmentation de température. Cela signifie donc qu’on considère ce qu’on appelle la « sensibilité climatique », à savoir l’effet du doublement du taux de CO2 sur la température, comme une donnée inscrite dans le marbre.

Je revois avec amusement ces chefs d’états tombant dans les bras des uns et des autres pour la réussite exceptionnelle qu’ils venaient d’accomplir. « Wouhouhou ! Nous sommes les meilleurs ! Nous avons réussi à signer ! Le monde est sauvé grâce à nous ! »

Oui c’était un exploit formidable. Ils ont réussi à tenir un stylo le temps d’apposer un paraphe sur une feuille de papier. Le reste n’est que bagatelle. Les progrès techniques monstrueux et les fonds abyssaux à mettre en jeu, c’est du pipeau. Les dizaines ou centaines de milliers d’ingénieurs qui vont devoir plancher sur les moyens d’atteindre l’objectif fixé ont la tâche facile. Le plus dur était de signer.

 


Les scientifiques sont sûrs à 95% de leurs prédictions

C’est sur cette affirmation qu’on base la certitude affichée que la sensibilité climatique est connue. Car entre 95% et 100%, il n’y a aucune différence ou presque. D’ailleurs au passage, pourquoi 95% ? Si les scientifiques sont si sûrs d’eux, pourquoi ne pas avoir annoncé fièrement un 100% de certitude ? Peut-être parce qu’ils sont conscients que les éléments objectifs ne plaident pas vraiment en faveur de leur consensus. Et puis quand on parle des scientifiques, on oublie qu’une petite partie d’entre eux, souvent traités en chiens galeux ce qui explique sans doute leur petit nombre, ne suivent pas les conclusions du GIEC.

Je pourrais en citer beaucoup, mais je m’abstiendrai car je trouve que chercher à prouver que le consensus n’est que de façade aussi improductif qu’essayer de prouver son existence. En effet, le consensus n’est pas un argument scientifique valable. Qu’une armée de scientifiques suivent les préceptes de quelques ténors n’a rien d’étonnant en sciences. Et ce n’est jamais de ces consensus que la découverte scientifique est née. C’est au contraire toujours d’une poignée de chercheurs courageux qui ont osé s’opposer aux ténors du domaine que le progrès scientifique est venu.

Je ne citerai en exemple que le cas de Judith Curry, tenant un véritable blog de scientifique, Climate etc. https://judithcurry.com/ et dont le CV https://fr.wikipedia.org/wiki/Judith_Curry n’a rien à envier à ceux des ténors du réchauffement climatique. Elle a d’ailleurs fait partie du GIEC avant d’en claquer la porte, déçue par l’esprit qui y règne. Tout comme la plupart des autres scientifiques qui mettent en doute les conclusions du GIEC, elle ne remet pas tout en question. Certains points, dont la contestation pourrait être considérée comme du négationnisme, font bien partie des certitudes scientifiques. Elle ne met pas en doute le fait que l’effet de serre existe. C’est même sans doute grâce à lui que la vie existe sur Terre. Elle ne met pas non plus en doute le fait que le CO2 participe à l’effet de serre. Ce qu’elle met en doute par contre, et cela peut sembler un point de détail, c’est la sensibilité climatique, à savoir le rôle exact que joue le CO2 dans l’effet de serre et le rôle exact que joue l’effet de serre dans le réchauffement climatique.

Mais qu’importe finalement de savoir à quel point le CO2 émis par l’homme joue un rôle dans le réchauffement si on est sûr qu’il en joue un ? En fait c’est un problème de priorités. Si le CO2 n’a joué qu’un rôle secondaire dans le réchauffement climatique du 20ème siècle et qu’il ne provoquera qu’un réchauffement limité durant le présent siècle, alors nous avons d’autres priorités à fixer, d’autres calamités à traiter dans l’immédiat. Par exemple, un argument fort en faveur du nucléaire est qu’il sera virtuellement impossible d’atteindre les objectifs de la COP21 sans le nucléaire et qu’il faut donc remettre à plus tard son démantèlement. On doit même continuer son développement avec une nouvelle génération de centrales qui remplaceront avantageusement les générations précédentes. C’est donc une manne de nombreux milliards inespérée pour une industrie vieillissante et même dangereuse. Et si la sensibilité climatique était bien inférieure à celle annoncée par le GIEC, alors rien ne s’opposerait au démantèlement immédiat et à l’arrêt de la recherche sur la fission nucléaire.

Sauver la planète : la nouvelle religion

A notre époque, le manque de spirituel provoqué par les progrès de la science met à mal la plupart des religions classiques, incapables qu’elles sont d’inscrire les progrès de la science dans leurs conceptions de la création. Seule une grande religion semble résister, à savoir l’islam, dont les fidèles réussissent de manière assez incompréhensible à occulter les incohérences qui existent entre leurs croyances et les connaissances scientifiques de notre époque. Pour y arriver, l’islam est forcé d’endoctriner les populations depuis la naissance, de les maintenir dans une certaine ignorance et même, dans la plupart des pays où il est pratiqué, à se rendre obligatoire.

réchauffement bikini.jpgA cette seule exception près, la population mondiale est privée de spirituel, la raison ayant pris le dessus sur la croyance dans le monde moderne. Dans ces conditions, une large part de cette population est livrée à un vide spirituel qu’il est nécessaire de combler. L’écologie est passée par là et a saisi l’occasion. La religion de Gaia, la mère créatrice et nourricière de toute la vie terrestre, conçoit l’être humain comme un invité dans l’écosystème, qui doit le respecter et ne pas le modifier. Il doit rechercher l’osmose plutôt que profiter de son environnement.

Au passage, c’est oublier un peu vite que le but de toute créature est de tirer parti de son environnement, de le modifier à son avantage et de prendre le dessus sur ses concurrents. L’Homme n’a rien fait d’autre, ce qui change, c’est que son intelligence lui a permis de modifier l’environnement comme aucune autre créature avant lui. A tel point qu’il provoque incontestablement des déséquilibres notoires dans de nombreux domaines.

Le progrès scientifique, jusque-là béni de tous, est devenu source de malheurs. Il faut absolument brider les velléités humaines afin de diminuer son impact sur la nature. Désormais, le progrès rime avec diminution de l'impact de l'espèce. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de voir des milliardaires, à l’image de Ted Turner, annoncer sans aucune gêne qu’il faut réduire la population mondiale à moins de la moitié, voire à 5%, de la population actuelle. En effet, pour eux l’eugénisme ou le génocide sont des solutions tout à fait acceptables aux problèmes du monde. Mais à n’en pas douter, ils ne se comptent pas parmi les génocidés potentiels… 

 

(au passage, je regrette la référence au Bilderberg, qui pour le coup n’a rien à voir avec cette entrevue, mais c’est la seule version sous-titrée que j’ai trouvée)

Il est aussi symptomatique de voir ces mêmes milliardaires ou des stars internationales exhorter la population à une plus grande frugalité énergétique, alors qu’eux-mêmes organisent des fêtes sur des yachts de luxe, se déplacent en avion privé ou en hélicoptère. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Emanuel Macron se verrait bien quant à lui en gourou de la nouvelle religion. Son discours récent lors de la clôture de la conférence sur le climat montre sa croyance sans limite, réelle ou feinte, dans cette nouvelle religion. A tel point qu’il assène sans honte une longue série d’affirmations toutes plus douteuses les unes que les autres.

Des prédictions pour la fin du siècle

Une autre difficulté que l’accord sur le climat occulte allégrement, c’est qu’il fixe un objectif à plus de 80 ans, à savoir un avenir si lointain qu’on ne peut avoir la moindre idée de ce à quoi il ressemblera. Pour illustrer cela, il suffit d’imaginer la façon dont on aurait entrevu l’an 2000 en pleine première guerre mondiale. A cette époque, il n’y avait presqu’aucune voiture et la propulsion la plus courante était encore la force équestre. L’aviation en était encore à ses balbutiements et les trains fonctionnaient à la vapeur. L’électricité était quant à elle encore très peu répandue dans les maisons. Il y a un certain nombre de prédictions qui se seraient révélées exactes. Le développement de l’électricité, de l’automobile, des transports aériens ou des transports ferrés en auraient fait partie. On aurait aussi par exemple imaginé des villes toujours plus hautes parcourues par des métros souterrains, ce qui aurait été partiellement validé par la réalité. D’autres prédictions auraient par contre paru dignes de Jules Verne. Le voyage vers la Lune, le développement de l’énergie nucléaire ou d’ordinateurs en auraient fait partie. Pour d’autres technologies, telles que la nanotechnologie ou les biotechnologies, les plus fous de l’époque n’auraient même pas été capables de les imaginer tant les connaissances scientifiques de l'époque en étaient éloignées.

Tout porte à croire qu’il en est de même pour nous. Notre vision du monde de 2100 est plus qu’approximative, voire totalement tronquée, et dans ces conditions, je ne vois pas comment on pourrait être certain « à 95% » d’une prédiction à plus de 80%. Quelles technologies actuellement pressenties mais faisant plus partie du domaine de la science-fiction que des technologies d’avenir, comme la fusion nucléaire ou les centrales solaires sur orbite, verront véritablement le jour et infléchiront le cours des événements ? Quels effets positifs ou négatifs les technologies qui verront le jour et que nous ne pouvons même pas encore imaginer auront-elles ?

Il y a en tout cas un événement qui aura sans doute lieu durant ce siècle et que cette prédiction n’intègre pas, c’est la fin de l’ère du pétrole. Tout porte à croire que nous avons désormais dépassé le pic pétrolier mondial et qu’à partir de maintenant, la production pétrolière ne pourra plus augmenter et qu’elle va lentement commencer à décroitre. Cette décrue aura indubitablement pour effet de rendre plus abordables des technologies pour l’instant très chères. Cela aura probablement un effet catalyseur de la recherche bien plus efficace que la signature d’un traité par des chefs d’état oubliés depuis longtemps. C’est d’ailleurs une raison bien meilleure de se lancer dans technologies dites « propres », ou en tout cas sans pétrole, que l’hypothétique réchauffement climatique des 80 prochaines années.

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