02/10/2017

L'affaire des glyphosates

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* Image tirée du site officiel de Monsanto

Monsanto nourrit le monde. C'est ce que cette entreprise affirme depuis des années. Sur le papier, c'est une belle histoire. Monsanto s'implante dans les pays en voie de développement et apporte ses semences génétiquement modifiées pour aider ces pays à produire assez de nourriture pour tout le monde. Bref, comme sur le bandeau ci-dessus, Monsanto aide les plus pauvres à vivre.

Mais dans la réalité cela ne se passe pas vraiment comme ça. Pourquoi tant d'agriculteurs, en Inde par exemple, choisissent le suicide ? Le problème c'est que Monsanto arrive avec une solution clé en main, semences, pesticides, herbicides, et enferme les agriculteurs dans ce système dont il n'est plus possible de sortir par la suite. Chaque année, ces agriculteurs doivent acheter leurs semences et autres produits auprès de Monsanto et ne sont plus maîtres de leur production. On les transforme en ouvriers de Monsanto. Et vu la différence extrêmement maigre entre le prix de revient et le prix de vente des produits de leur labeur, les agriculteurs ne parviennent plus à vivre et à faire vivre leur famille. Beaucoup choisissent le suicide pour mettre fin à cette situation insoutenable.

Ce problème est identique dans les pays riches. Par exemple en France, on dénombre chaque année près d'un suicide d'agriculteur par jour. Ramené à la population du pays, ça fait encore moins qu'en Inde, mais tout de même, c'est alarmant. Surtout que la France interdit toujours les OGM, même ceux que la commission européenne a autorisés. (ce pour quoi la France est d'ailleurs mise à l'amende...) Mais Monsanto a tout de même réussi à rentrer par la porte arrière en proposant des semences dites 'standard', c'est-à-dire non-OGM, mais tout de même clonées. * Monsanto perd ainsi l'attrait du 'Roundup ready' à savoir la capacité des plantes à résister au Roundup, son produit phare, mais conserve l'autre avantage, le contrôle des semences.

C'est dans ce contexte que survient l'affaire des glyphosates. Ce composant chimique essentiel du Roundup a été classé par l'OMS comme cancérogène probable, le second niveau de dangerosité après les cancérogènes certains. Cela devrait être suffisant pour qu'on applique le principe de précaution et qu'on interdise l'usage et l'importation de produits contenant du glyphosate. Mais la Commission européenne s'est refusée à le faire. Cela démontre au passage aux consommateurs que la santé publique n'est pas le premier soucis de la Commission, mais que les intérêts financiers des grands groupes internationaux passent avant. En France, plus soucieuse de la santé de ses habitants, le gouvernement a décidé de manière isolée d'interdire la commercialisation de ce produit. Mais les traités européens interdisent à la France de restreindre l'importation de produits autorisés en Europe. Ainsi la France va se retrouver dans une situation absurde: elle interdit la production de produits traités au glyphosate, mais autorise l'importation de produits eux-mêmes traités avec cette substance !

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