13/12/2016

Mais qui dirige le monde ?

J'ai dit dans les commentaires du précédent billet que les politiciens occidentaux ne dirigent plus rien et ne sont que les pantins de ceux qui les financent, à savoir une élite mondialiste. Je suis conscient que ce type de commentaires peut paraître conspirationniste et je souhaite donc préciser les choses. D'une part, il faut dire que la classe dirigeante non-politique est composée d'un certain nombre de lobbys assez hétéroclites et donc qu'il n'existe pas d'élite occulte, composée d'une dizaine de décideurs, qui déciderait du destin du monde entier. Les politiciens dépendent de différents lobbys (un ou plusieurs) et ne sont donc pas plus homogènes que l'élite mondialiste.

Il y a d'abord le lobby sioniste. Et j'ai dit sioniste mais pas juif. Tous les juifs ne sont pas sionistes et tous les sionistes ne sont pas juifs. Aux USA, c'est surtout les neo-cons qui sont proches de ce lobby, pourtant un groupe se disant chrétien. Il y a aussi le lobby pétrolier, en particulier le lobby des pétromonarchies. Le lobby de Wall Street, dont font partie des entreprises telles que Goldman Sachs ou Merrill Lynch. Le lobby militaro-industriel, composé de militaires et d'entreprises du domaine. Et sans doute bien d'autres lobbys, comme les pharmas etc.

Ceci dit, il faut comprendre qu'il y a un certain nombre de points sur lesquels ces différents lobbys sont d'accord, ce qui fait de ces points une sorte de dénominateur commun dont ne doit sortir aucun politicien s'il veut avoir une chance d'exister. Il y a d'abord une vision néolibérale de l'économie, sorte de pensée unique dont on ne peut pas sortir sans être taxé d'extrémisme. (de gauche ou de droite c'est pareil) Sur le plan géopolitique, il y a la nécessité de contrôler la zone hautement stratégique du Proche et du Moyen-Orient ainsi que la nécessité de contenir les velléités russes et chinoises d'exister sur la scène internationale. Il est aussi très important de renverser les gouvernements de pays ayant refusé de faire allégeance à l'Empire américain. Cela passe bien sûr par un budget militaire américain maintenu à haut niveau, des intrigues des services de renseignement, voire des attaques sous faux drapeau, et par une politique de vassalisation en Europe et en Extrême-Orient.

Les médias eux aussi sont aux mains de ces groupes financiers et la diversité de leurs opinions ne peut donc pas excéder celle de ces lobbys. Même les médias nationaux sont sous leur contrôle, puisqu'ils sont contrôlés par des politiciens eux-mêmes sous contrôle de ces groupes. Ainsi, cela permet de maintenir la population dans l'illusion de la liberté, tout en lui instillant l'idée que tout ce qu'entreprend l'Occident est fait pour son bien.

Leur seule erreur finalement, c'est d'avoir démocratisé Internet attirés par les juteux profits qu'il promettait, sans se rendre compte qu'il allait devenir un espace de liberté totalement hors de contrôle.

06/12/2016

Le rapport de forces et scénario probable d’une hypothétique 3ème guerre mondiale (partie 5 et fin)

Comme on l’a vu précédemment, une 3ème guerre mondiale se jouerait sur 3 fronts. En Europe, au Moyen-Orient et en Extrême-Orient. En tout cas ça serait le cas d’une guerre restant conventionnelle ou limitée sur le plan nucléaire. Bien entendu, si le conflit se transformait en conflit nucléaire global, il impliquerait la destruction totale de l’Amérique du Nord, de l’Europe et d’à peu près toute l’Asie. En gros, la quasi-totalité de l’hémisphère nord. Mieux vaudrait dans ce cas s’être préalablement réfugié dans le sud, soit l’Afrique subsaharienne, l’Amérique du sud ou l’Océanie.

On peut toutefois espérer que les grandes puissances adopteraient une sorte de règle tacite : ne pas utiliser les armes nucléaires en premier, afin d’éviter la destruction totale de son propre camp par la réponse adverse. Cela même si les USA et la Russie se disent officiellement prêts à des frappes nucléaires préventives en cas d’agression, ce que je mets sur le compte d’une rhétorique dissuasive. Toutefois, on ne peut malheureusement pas nier qu’il existe un réel risque d’escalade si un des camps se retrouvait acculé et décidait d’utiliser des armes nucléaires tactiques -armes à neutrons ou nucléaires de petite taille, utilisées sur le champ de bataille- afin de faire reculer l’ennemi. La réponse pourrait être dans ce cas de plus grande ampleur, grossissant rapidement vers une catastrophe globale. Et ce ne sont pas les armes anti-missiles que possèdent désormais les deux camps qui suffiraient à l’empêcher. En effet, le nombre de missiles qui voleraient simultanément surpasserait largement les capacités de ces systèmes d’armes et leur grand nombre permettrait de lancer plusieurs ogives sur une même cible.

Si on parie sur un conflit restant majoritairement ou totalement conventionnel, on peut analyser le rapport de forces. Tout d’abord, le camp occidental est largement dominé par les USA dont le budget militaire égale pratiquement le budget de tous les autres pays réunis ! Mais si la domination dans les airs, sur terre et sur mer des Etats-Unis était jusqu’à maintenant sans partage, elle tend à diminuer du fait de la progression technologique de la Russie et de la Chine. Les capacités budgétaires de cette dernière sont d’ailleurs presque illimitées, du fait de la croissance dont elle jouit depuis des décennies. La Russie a quant à elle moins de capacités sur le plan financier, mais la progression de son armement sur le plan technologique est très rapide et désormais, ce sont plusieurs systèmes d’armes russes qui inquiètent sérieusement les stratèges étasuniens.

Il y a bien sûr les armes anti-aériennes et anti-missiles, comme les missiles S400 et les futurs S500 qui commenceront à être déployés en 2017. Ces armes ont permis à la Russie de sanctuariser l’espace aérien syrien depuis 2013, de telle manière que désormais, rien ne peut survoler ce pays sans avoir préalablement demandé la permission aux forces russes. Or on sait à quel point la suprématie aérienne est pour les Américains un préalable à toute intervention terrestre. Les missiles russes sont donc une très grosse épine dans leur pied.

L’aviation n’est d’ailleurs pas en reste. En principe inférieurs aux avions occidentaux, les avions russes (tout comme les avions chinois dérivés) sont désormais capables de faire pratiquement jeu égal, du fait de leurs meilleures qualités sur le plan aérodynamique et des contre-mesures électroniques que les Russes sont capables de mettre en œuvre. On peut d’ailleurs citer l’épisode du Donald Cook en 2014, un destroyer doté de la technologie radar ‘AEGIS’ en Mer Noire qui s’est retrouvé totalement aveuglé et qui n’avait pas pu prévoir l’arrivée d’un bombardier Su-24, pourtant de technologie très dépassée. Les contre-mesures que cet appareil a utilisées lui ont permis de survoler le navire sans alerte préalable. Cet épisode aurait tant effrayé les marins, qu’ils auraient démissionné en masse.

Ceci est primordiale car cela signifie que les groupes de combat naval déployés par les Etats-Unis, dont la protection aérienne repose en grande partie sur la technologie Aegis, se retrouveraient totalement démunis face à une attaque d’envergure de l’aviation russe, y-compris leurs puissants porte-avions. Il est possible que les Américains aient déjà trouvé la parade, mais rien n’est moins sûr.

Et cela tombe mal, puisque la Russie et la Chine développent chacun de son côté une flotte qui, à elles deux, seraient en mesure de défier la puissante marine américaine. Et même si on peut ajouter la flotte française et la flotte anglaise aux forces occidentales, la suprématie marine sera de moins en moins assurée dans les prochaines années.

Sur le plan terrestre finalement, on peut citer le char T-14 Armata qui entrera en service courant 2017 et qui est d’ores et déjà considéré comme le meilleur char du monde. Il devance sur le plan technologique les Abrams américains, Leopard 2 allemands ou Leclerc français, tous assez anciens. Dans ces conditions, même une attaque terrestre sur la Russie, qui ne pourrait d’ailleurs pas être correctement couverte sur le plan aérien, restera assez hasardeuse.

Au final, on le voit : l’armement russo-chinois, traditionnellement tourné vers la défense, devient de plus en plus offensif et ces deux pays devraient devenir prochainement capables de rivaliser avec les Américains dans leur capacité de projection dans le monde entier. Et aussi, l’année 2017 semble être une année charnière. Jusque-là, la suprématie occidentale reste claire, après on ne sait pas, mais tout porte à croire que le rapport de force va continuer à s’inverser.

Voilà sans doute pourquoi les généraux américains prétendent qu’un affrontement est inévitable. Un monde où ils ne seraient plus l’unique force dominante et où ils seraient obligés de coopérer avec ceux qu’ils considèrent comme l’ennemi les effraye. Bien sûr, rien n’oblige les politiciens de suivre leur avis. Mais leur influence est importante et il est difficile de savoir ce qui va se passer en définitive.

Par contre, si on n’est pas certain que la confrontation tiède actuelle va réellement se transformer en conflit global, en revanche on peut déduire du rapport de forces le moment où cela pourrait se produire. On l’a vu l’année charnière est 2017. Et une attaque de la Russie ne peut que se faire au printemps du fait de la taille de son territoire et de ses hivers terribles. Ca a toujours été le cas dans l’histoire et cette fois cela ne dérogera pas à la règle. Donc il ne reste plus qu’une fenêtre pour une attaque américaine : le printemps prochain. Si elle n’a pas lieu, nous allons peu à peu glisser vers un monde dominé par l’alliance de la Chine et de la Russie. C’est rien de moins qu’un changement total de paradigme. En 2020 nous serons dans un nouveau monde, quoi qu’il arrive. Un monde détruit ou un monde dans lequel l’Occident aura perdu une grande partie de son influence. Cela se fera dans la paix ou dans la guerre, mais cela se fera.

Et finalement, quel scénario peut-on envisager pour une future guerre globale ? Le scénario proposé par le général britannique Sir Richard Shirreff dans le livre qu’il a publié cette année est juste une farce. Il parle d’une attaque russe sur les républiques baltes, sans provocation préalable. Mais jamais les Russes ne s’engageraient dans une telle aventure, pour deux raisons. D’une part, le temps joue pour la Russie et elle n’a aucun intérêt à lancer une guerre avant d’être totalement prête sur le plan militaire. D’autre part, elle n’a aucun intérêt à se lancer dans une attaque qui la placerait sur un terrain contrôlé par l’ennemi. Il est bien plus sage d’attendre l’attaque ennemie sur un terrain où il n’aurait pas la capacité d’assurer la suprématie aérienne et subirait de lourdes pertes de ce fait.

Je pense donc qu’on peut plutôt s’attendre à un conflit débutant au Moyen-Orient, avec probablement une guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, appuyés par les deux camps principaux qui se retrouveraient réellement opposés dans une guerre directe pour la première fois. Compte tenu du jeu des alliances automatiques, les déclarations de guerre se feraient en cascade, comme ça a été le cas en 1914. Très vite, le conflit gagnerait les 2 autres théâtres d’opération, à commencer par une attaque de grande ampleur sur la Russie par le front européen et peut-être aussi par le front oriental, depuis le Japon. Dans ce cas, la Chine en profiterait pour sécuriser les mers et les territoires qui l’entourent et que les forces américaines auraient été obligées de négliger.

 

Ensuite, c’est plus difficile à dire. Mais j’aurais tendance à parier sur l’échec de cette nouvelle campagne de Russie, comme les deux précédentes campagnes de Russie avaient échoué. Comme Napoléon ou Hitler avant eux, les forces de l’OTAN se retrouveraient engluées dans un conflit d’une durée bien trop longue qui les amènerait à supporter le terrible hiver sibérien. Cela conduirait comme en 1942 les forces russes à refluer vers l’Europe, pour une invasion totale cette fois. (à l’exception sans doute de l’Angleterre)

Dans tous les cas, les conséquences de la guerre seraient terribles. Durant la première guerre mondiale, il y a eu près de 9 millions de morts. Durant la seconde près de 60 millions. Si la règle exponentielle continuait à se vérifier, quel sera le terrible bilan de cette nouvelle guerre ? Un bilan se comptant en milliards de mort ? Probablement, malheureusement.

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02/12/2016

Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu’à exploser (partie 4)

Note précédente : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

Oui on peut le dire, l’Extrême-Orient est une véritable cocotte-minute. D’apparence très calme en regard de l’autre extrémité du continent asiatique, il recèle plusieurs conflits anciens non-résolus qui n’attendent qu’une étincelle pour se transformer en réelles confrontations.

missile coréen.jpgD’abord en Corée, où sévit une guerre parfois plus tiède que froide. Avec un dirigeant du Nord dont la fuite en avant ne semble pas avoir de fin. Certes, le dossier nucléaire coréen a été relégué au second plan, car d’autres dossiers sont désormais bien plus chauds. Mais cela n’empêche pas le programme nucléaire nord-coréen de progresser, envers et contre tout. Et ce ne sont pas les diverses condamnations de l’ONU qui vont y changer grand-chose. Selon les déclarations officielles suite au dernier essai en date, le plus puissant de tous, la Corée du Nord possède désormais la capacité de produire des ogives nucléaires pouvant être montées au sommet de leurs missiles. Ainsi, la menace qu’ils représentent pour leurs voisins du Sud est plus précise qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin de la guerre en 1953.

A noter au passage que la situation peut en grande partie être imputée à Georges W. Bush et à son administration. En effet, au début du 21ème siècle, les deux Corée vivaient la plus grande période de détente depuis la fin de la guerre, à tel point qu’on parlait sérieusement de réunification. Mais tout s’est arrêté lorsque, de manière absurde, Georges Bush a choisi d’associer la Corée du Nord à l’Iran et à l’Irak au sein de son ‘axe du mal’ ! Sans cette bourde historique, nul ne sait ce qui aurait pu se passer. Il est en tout cas probable que la Corée du Nord ne se serait pas placée de manière unilatérale dans une position d’opposition avec le monde entier avec un programme nucléaire honni de tous.

Il y a aussi le conflit entre les deux Chine, la Chine Populaire d’une part et la République de Chine (Taiwan) d’autre part, qui dure depuis que Tchang Kai Shek s'est réfugié avec ses partisans sur cette île en 1949. Les seconds ne font bien sûr pas le poids sur le plan militaire, mais défendus par les Américains, ils restent à l’abri pour l’instant, car sur le plan maritime en particulier, les USA ont une très large supériorité sur la Chine. Mais la mise en service récente d’un premier porte-avions chinois, (sur la base d'un ancien porte-avions soviétique) et bientôt d'un second et peut-être de plusieurs autres, ainsi que celle deporte-avions-chinois.jpg nombreux sous-marins modernes, laisse planer un doute sur la suprématie américaine. Certes, les Etats-Unis auraient, pour l'instant en tout cas, la capacité de faire face à un conflit localisé avec leurs 10 groupes de combat aéronavals. Dans le cas d’une guerre mondiale en revanche, il s’agirait de dominer l’ensemble des océans de la planète avec ces 10 groupes et avec l’aide d’un seul autre groupe de combat, celui du porte-avions Charles de Gaulle. Il n’est pas sûr du tout que cela soit toujours suffisant pour garder le contrôle partout, en particulier dans cette région.

La même remarque est vraie pour le conflit qui oppose la Chine au Japon (mais aussi Taiwan) pour le contrôle des îles Senkaku et de leurs bassins pétroliers sous-marins. La Chine ne prendra pas le risque d’envahir ces îles de manière unilatérale, car cela les mettrait en confrontation directe avec la marine américaine qui les protège. Mais en cas de guerre mondiale, il n’en irait pas de même. Elles deviendraient évidemment un objectif prioritaire pour l’Empire du Milieu.

Si on ajoute à tout cela la présence de la flotte russe du Pacifique à Vladivostok, la présence de la base américaine d’Okinawa au sud de l’archipel japonais ainsi que leur présence en Corée du Sud, on comprend bien que la région est une véritable poudrière, avec la présence d’une grande partie des acteurs majeurs d’une possible confrontation mondiale. Une poudrière qui ne demande qu’à exploser en cas de conflit.