02/12/2016

Le front extrême-oriental : la poudrière qui ne demande qu’à exploser (partie 4)

Note précédente : Le front moyen-oriental : la zone de tous les dangers

Oui on peut le dire, l’Extrême-Orient est une véritable cocotte-minute. D’apparence très calme en regard de l’autre extrémité du continent asiatique, il recèle plusieurs conflits anciens non-résolus qui n’attendent qu’une étincelle pour se transformer en réelles confrontations.

missile coréen.jpgD’abord en Corée, où sévit une guerre parfois plus tiède que froide. Avec un dirigeant du Nord dont la fuite en avant ne semble pas avoir de fin. Certes, le dossier nucléaire coréen a été relégué au second plan, car d’autres dossiers sont désormais bien plus chauds. Mais cela n’empêche pas le programme nucléaire nord-coréen de progresser, envers et contre tout. Et ce ne sont pas les diverses condamnations de l’ONU qui vont y changer grand-chose. Selon les déclarations officielles suite au dernier essai en date, le plus puissant de tous, la Corée du Nord possède désormais la capacité de produire des ogives nucléaires pouvant être montées au sommet de leurs missiles. Ainsi, la menace qu’ils représentent pour leurs voisins du Sud est plus précise qu’elle ne l’a jamais été depuis la fin de la guerre en 1953.

A noter au passage que la situation peut en grande partie être imputée à Georges W. Bush et à son administration. En effet, au début du 21ème siècle, les deux Corée vivaient la plus grande période de détente depuis la fin de la guerre, à tel point qu’on parlait sérieusement de réunification. Mais tout s’est arrêté lorsque, de manière absurde, Georges Bush a choisi d’associer la Corée du Nord à l’Iran et à l’Irak au sein de son ‘axe du mal’ ! Sans cette bourde historique, nul ne sait ce qui aurait pu se passer. Il est en tout cas probable que la Corée du Nord ne se serait pas placée de manière unilatérale dans une position d’opposition avec le monde entier avec un programme nucléaire honni de tous.

Il y a aussi le conflit entre les deux Chine, la Chine Populaire d’une part et la République de Chine (Taiwan) d’autre part, qui dure depuis que Tchang Kai Shek s'est réfugié avec ses partisans sur cette île en 1949. Les seconds ne font bien sûr pas le poids sur le plan militaire, mais défendus par les Américains, ils restent à l’abri pour l’instant, car sur le plan maritime en particulier, les USA ont une très large supériorité sur la Chine. Mais la mise en service récente d’un premier porte-avions chinois, (sur la base d'un ancien porte-avions soviétique) et bientôt d'un second et peut-être de plusieurs autres, ainsi que celle deporte-avions-chinois.jpg nombreux sous-marins modernes, laisse planer un doute sur la suprématie américaine. Certes, les Etats-Unis auraient, pour l'instant en tout cas, la capacité de faire face à un conflit localisé avec leurs 10 groupes de combat aéronavals. Dans le cas d’une guerre mondiale en revanche, il s’agirait de dominer l’ensemble des océans de la planète avec ces 10 groupes et avec l’aide d’un seul autre groupe de combat, celui du porte-avions Charles de Gaulle. Il n’est pas sûr du tout que cela soit toujours suffisant pour garder le contrôle partout, en particulier dans cette région.

La même remarque est vraie pour le conflit qui oppose la Chine au Japon (mais aussi Taiwan) pour le contrôle des îles Senkaku et de leurs bassins pétroliers sous-marins. La Chine ne prendra pas le risque d’envahir ces îles de manière unilatérale, car cela les mettrait en confrontation directe avec la marine américaine qui les protège. Mais en cas de guerre mondiale, il n’en irait pas de même. Elles deviendraient évidemment un objectif prioritaire pour l’Empire du Milieu.

Si on ajoute à tout cela la présence de la flotte russe du Pacifique à Vladivostok, la présence de la base américaine d’Okinawa au sud de l’archipel japonais ainsi que leur présence en Corée du Sud, on comprend bien que la région est une véritable poudrière, avec la présence d’une grande partie des acteurs majeurs d’une possible confrontation mondiale. Une poudrière qui ne demande qu’à exploser en cas de conflit.

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