06/06/2013

Contre les frontaliers mais aussi contre les logements locaux

C'est ainsi qu'on peut résumer la position du MCG et de l'UDC quand on lit qu'ils s'opposent tous deux à la densification des zones de développement dans le canton de Genève. Si je trouve tout à fait respectable de vouloir favoriser le cadre de vie des Genevois, il faut tout de même comprendre ce que ça implique. Et je soupçonne ces deux partis de bien le comprendre mais de sombrer, une fois n'est pas coutume, dans le populisme pour soigner leur base électorale.


On le sait et c'est une source de fierté: notre pays et en particulier notre ville se payent le luxe d'avoir une économie encore florissante au beau milieu d'une Europe sinistrée. Nous avons un taux de chômage extraordinairement bas. Du coup, il ne faut pas se faire d'illusions, l'attractivité de notre économie attire des convoitises. Être présent en Suisse est pour la plupart des entreprises, en particulier dans la finance, un must. Et pour les travailleurs européens, venir en Suisse est un rêve. Du coup, nous assistons à un mouvement inexorable d'entreprises et de population et ainsi la taille de la plupart des grandes villes, et plus particulièrement de Genève, s'accroit.

On peut réagir de deux manières: d'une part s'opposer à cette croissance, par des mesures coercitives contre les entreprises étrangères, ou d'autre part, on peut accompagner la croissance pour s'assurer qu'elle se fasse de manière armonieuse. Mais il ne faut pas se leurrer, prendre des mesures contre les entreprises étrangères reviendrait à s'opposer à ce qui rend notre économie attractive. Au final, nous en subirions immanquablement les conséquences.

Donc il n'y a qu'une solution. Ou plutôt il y en a deux, l'une logique, l'autre non. La solution pronée par le MCG et (un peu) par l'UDC, c'est de se mettre des oeillères, de faire comme si tout pouvait rester comme avant, avant la croissance, avant l'attractivité de notre marché, avant l'accroissement de la mobilité des entreprises et du personnel. On prétend qu'on peut faire comme si tout cela n'avait jamais existé. Restons blottis face à notre jet d'eau, à compter les billets amassés dans nos coffres et laissons les autres européens dans leur gadoue. On prétend que notre ville est immuable et qu'elle ne doit pas s'agrandir. Et dans le même temps, on prétend qu'on peut fermer la porte aux hordes de frontaliers qui ne manquent pas de se presser autour des frontières cantonales pour nous prendre nos parts de gâteau.

Mais le problème, c'est justement qu'à moins de tirer un trait sur notre attractivité économique, il y aura de plus en plus de travailleurs dans le canton de Genève ! Et si nous ne sommes pas capables de les loger nous-mêmes, alors ils devront se loger ailleurs ! Actuellement, la croissance du logement ne suit pas la croissance de l'emploi. Le résultat c'est que les nouveaux travailleurs se logent plus loin avec les problèmes que cela implique. Il suffit de monter sur le Salève et de contempler le bassin genevois pour s'appercevoir qu'il y a un problème. Autour de la ville, il y a une magnifique ceinture verte jusqu'à la frontière, puis au-delà, de nouveau la ville...

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Bref, il ne reste qu'une seule solution, laisser enfin la ville s'étendre naturellement et dans la mesure du possible, construire la ville en ville pour réduire les distances parcourues par les pendulaires. Ca implique d'augmenter raisonnablement la densité en ville. Et ça permet aussi de préserver autant que possible notre campagne. Pour ma part je peux comprendre les propriétaires de villas qui se retrouvent en ville à cause de l'accroissement de la population. Ils s'attachent à leur pré carré et ils ont sans doute bien raison. Par contre, je ne peux pas comprendre des politiciens qui prétendent agir pour le bien commun, mais qui en fait ne font que brosser leur électorat dans le sens du poil.

Commentaires

Le canton de Genève se doit de modifier ses lois sur la construction et permettre de bâtir des tours et immeubles de plus de 30 étages afin de loger tout ce beau monde qui a accepter la scélérate loi Weber. Il me semble justifié que ces hurluberlus croupissent dans leur ville et ne viennent pas souiller les résidences secondaires valaisannes et vaudoises!

Écrit par : F.H.Jolivet | 07/06/2013

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