11/04/2011

L’utopie d’un avenir sans nucléaire : 2. Les énergies renouvelables

Il ne sert à rien de le cacher, l’abondance de l’énergie produite aujourd’hui par le nucléaire va être extrêmement difficile à compenser. Il s’agit de rien de moins que 40% de notre production électrique. Mais remplacer le nucléaire est vital. Et ce qui est vital nécessite parfois des choix difficiles. Il faut faire avec. Alors quels sont nos choix si nous voulons nous passer de nucléaire sans laisser (totalement) tomber notre mode de vie ?


On cite souvent les énergies renouvelables, éoliennes, solaires ou géothermiques, pour compenser notre besoin en énergie.  Mais même s'il faut se lancer à fond dans l'exploration de cette voie, il est totalement utopique d'imaginer remplacer les centrales nucléaires de cette façon. Comme on peut le voir ici, nos cinq réacteurs nucléaires fabriquent environ 3 GW de puissance. Cela représente près de mille cinq cent éoliennes de dernière génération. (~2MW) Ou trois mille centrales solaires identiques à celle de Verboix. (~1MW) Et cela en imaginant que ces deux sources d'énergie soient disponibles en permanence, ce qui est loin d'être le cas...

solaire éolien.jpgDisons, qu'il faut environ 10'000 m2 de surface pour une seule éolienne (en partant du principe qu'on doit avoir au moins 100m d'écart entre deux éoliennes) et que la centrale solaire de Verboix mesure 16'000 m2, cela signifie qu'il faudrait couvrir entre 15km2 (éolien) et 48km2 (solaire) pour remplacer nos centrales nucléaires ! On comprend mieux le problème ainsi...

Je crois donc qu'il faut miser sur ces technologies, tout en étant conscient qu'elles ne pourront jamais faire plus que fournir un appoint. On parle souvent des surfaces de toit qui pourraient être mises à profit pour y poser des panneaux solaires. C'est une bonne idée, mais je doute fort que nous ayons 48km2 de toits disponibles en Suisse. Et même si c'était le cas, nous aurions un grave problème d'alimentation électrique pour la nuit ou même pour les jours de mauvais temps. On le dit souvent et c'est une évidence: il ne faut pas tout miser sur le solaire. (du moins pas pour l'instant)

Les économies d'énergie sont également souvent citées pour se passer du nucléaire. Je pense aussi qu'il faut favoriser tous les efforts en ce sens. Il y a certainement une grosse marge de progression, particulièrement par des mesures incitatives visant au remplacement des appareils anciens, consommant de grosses quantités d'énergie. Mais compte tenu de la progression démographique, les économies ne permettront probablement jamais de faire baisser la consommation globale. Tout au plus, elles pourront peut-être suffire à stabiliser la consommation. (et pour l'instant ça ne paraît pas être le cas) En tout cas, il est important d'être réaliste et ne pas tout miser sur des solutions aussi hasardeuses. Notre avenir en dépend.

Alors quelles autres solutions s'offrent à nous ? D'une part, il faut dire que nous ne devrons pas remplacer tous les réacteurs en même temps. A court terme, nous devrons fermer les centrales de Beznau et Mühleberg. Ces deux centrales sont très anciennes, de conception dépassée et même possiblement dangereuses. En revanche, les centrales de Leibstadt et Gösgen peuvent encore nous fournir environ 2GW pour vingt ou trente ans. Alors même si le Conseil Fédéral étudie toutes les options y compris l'arrêt immédiat de toutes les centrales, je pense qu'il faut prévoir un remplacement du nucléaire planifié en deux étapes. La première étape est urgente et doit obligatoirement tenir compte des technologies aujourd'hui disponibles. La seconde en revanche pourra utiliser des technologies un peu plus futuristes.

Commentaires

" Et même si c'était le cas, nous aurions un grave problème d'alimentation électrique pour la nuit ou même pour les jours de mauvais temps. "

Ce que je vais dire date un peu. mais Jacques Bergier à la fin des années 70, parlait de nouveau moyens pour capter l'energie solaire 24 heures sur 24. Ce serait la capter depuis l'espace. Pas de nuit, pas de mauvais temps. Seul les éclipses priverait un moment le soleil. Cette énergie serait ensuite diffusée par ondes radio captée par des antennes relais. Bergier parlait de projet en cous. Apparemment on a du laisser tomber. Je pense qu'aujourd'hui avec la polémique des antennes relais de mobiles il serait difficile de mettre en oeuvre un tel système.

Mais bon, faudra un jour savoir ce que l'on veut.

D.J

Écrit par : D.J | 11/04/2011

Pour l'instant, je ne parle que de technologies directement accessibles. Le solaire dans l'espace, ça se fera sans doute un jour, mais d'ici là, on aura le temps de tous mourir irradiés si on attend cette technologie pour sortir du nucléaire ! Mais j'en parlerai, c'est effectivement une voie intéressante.

Écrit par : Kad | 11/04/2011

Le solaire dans l'espace et même relié au sol par un câble qui ferait office d'ascenseur... Mais au fait Kad, si déjà on mettait des panneaux solaires au sol, sous les éoliennes, cela permettrait d'économiser la moitié de la surfacce, non ?
Plus sérieusement, j'aimerais vous parler d'un projet d'un ami à moi, tout à fait révolutionnaire et simple comme tout... Votre adresse email est valable ?

Écrit par : Philippe Souaille | 11/04/2011

Désolé, mais c'est encore un peu optimiste - il faut tenir compte de la production moyenne, et non de la puissance nominale (midi par beau temps ou par bon vent) :
- Solaire : env. 17 W/m2 en moyenne (150 W/m2 nominal), donc plutôt 170 km2 pour 3 GW.
- Eolien : en moyenne env. 20% du nominal, donc 5'000 éoliennes de 3 MW pour 3 GW.
Pour illustrer ces chiffres, on pourrait p.ex. arracher tout le vignoble suisse (150 km2) et le remplacer par des panneaux solaires - on risque de donner de mauvaises idées à l'ISPA ! Par contre, Bacchus et Eole pourraient faire bon ménage, si on s'en accommode question paysage :)

Écrit par : zamm | 12/04/2011

Philippe: Oui mon adresse est valable.

Zamm: oui on est d'accord. C'est la puissance nominale et elle est rarement atteinte. Et en réalité, c'est encore plus problématique que ça. Pour l'éolien, s'il n'y a pas de vent, aucune éolienne ne fonctionne. Pour le solaire, la nuit c'est tout le parc dont la production est à zéro. Votre calcul suppose qu'on peut emmagasiner l'énergie pour la restituer dans les périodes creuses. Avec des batteries par exemple. Mais en réalité, l'énergie se stocke très mal. Les batteries ont un rendement très mauvais. La seule manière qu'on connaisse (et utilise en Suisse) pour stocker de l'énergie avec un bon rendement c'est de remonter de l'eau dans les barrages.

Écrit par : Kad | 12/04/2011

La bonne nouvelle en revanche, c'est qu'en dehors des jours de bise qui amènent beau temps ET vent, les deux sont plutôt complémentaires, non ?

Écrit par : Philippe Souaille | 12/04/2011

Mais pourquoi on veut totalement ignorer le choix de la modestie, de la modération de notre consommation.
Pourquoi ne pas, aussi, mettre en oeuvre de ce côté-là!

La priorité c'est la sécurité mondiale des peuplades! Il y a des gens de bonnes volontés en occident qui veulent bien modifier leur mode de vie....alors!

Les possibilités de se passer du nucléaire sont de l'ordre du possible, mais mettons-y toutes les bonnes volontés. Avant de faire des installations tous azimuts pour qu'après on se rende à nouveau compte que cela pose aussi des problèmes.

Savoir se poser les bonnes questions, et fixer des priorités seraient à mon sens la première et bonne manière d'envisager le problème.

-On peut se passer de toutes ces lumières décoratives et publicitaires nocturnes.
-On peut n'allumer les éclairages publics, qu'un sur deux.
-On peut aussi favoriser les nouveaux appareils ménagers notamment moins gourmands en électricité.
-On peut à Noël par exemple fortement taxés ceux qui font des décorations lumineuses toutes plus outrancières les unes que les autres, et ainsi les éliminer petit-à-petit.
-On peut en tant qu'individu faire des efforts pour éviter de la consommation inutile de jour comme de nuit. (la Romande Energie a annoncé 1,1% de moins)
-On peut aussi poser du voltaïque ne serait-ce que pour l'eau chaude.
-On peut se chauffer moins, ce serait d'ailleurs meilleur pour la santé.
-On peut limiter sa consommation dans une cuisine rien qu'en utilisant judicieusement les moyens de cuisson. (ne faire par exemple une seule préparation pour 2 repas, en plus c'est bon pour un régime minceur. En laissant finir une cuisson 5mn. après avoir remis sur zéro le bouton, etc...!)
- On pourrait limiter pas mal de consommation si on déplacait l'arrivée de l'heure d'été d'un mois (fin avril).

et j'en oublie...notamment chez les industriels qui eux devraient aussi pouvoir envisager des économies de consommation tout en gardant leurs capacités de production.

Écrit par : Corélande | 12/04/2011

Il ne faut pas confondre nos besoins et nos envies.
Mettons une bouteille de vin sur la table pour quatre convives. On passe une bonne soirée en buvant un verre ensemble. mettons deux bouteilles de pinard sur la table pour quatre invités. on se marre bien toute la soirée et on a les paupières lourdes le lendemain matin. Mettons trois, quatre,cinq bouteilles sur la table... Gueule de bois le lendemain pour tout le monde.
... Si en plus on pique toutes les bouteilles dans la cave du voisin et qu'on lui laisse des bouteilles de flotte à la place, ça craint.
Buvons avec modération!!!

Écrit par : framboise | 18/06/2011

La solution du pompage turbinage est tout à fait rentable lorsque la retenue d'eau et les turbines existent déjà, néanmoins, que doit-on faire lorsque le débit d'eau (à certaines périodes hivernales) est déjà très largement excédentaire ?

Le problème en éolien, comme en photovoltaique, c'est que l'on parle toujours de puissances installées faramineuses, mais, occasionnelles puisque, souvent, les machines sont arrêtées . . .

Où se trouve l'énergie éolienne dans les phases de vents faibles à modérés, les plus fréquents ?

Écrit par : François Carré | 03/10/2011

La solution du pompage turbinage est tout à fait rentable lorsque la retenue d'eau et les turbines existent déjà, néanmoins, que doit-on faire lorsque le débit d'eau (à certaines périodes hivernales) est déjà très largement excédentaire ?

Le problème en éolien, comme en photovoltaique, c'est que l'on parle toujours de puissances installées faramineuses, mais, occasionnelles puisque, souvent, les machines sont arrêtées . . .

Où se trouve l'énergie éolienne dans les phases de vents faibles à modérés, les plus fréquents ?

Écrit par : François Carré | 03/10/2011

La solution du pompage turbinage est tout à fait rentable lorsque la retenue d'eau et les turbines existent déjà, néanmoins, que doit-on faire lorsque le débit d'eau (à certaines périodes hivernales) est déjà très largement excédentaire ?

Le problème en éolien, comme en photovoltaique, c'est que l'on parle toujours de puissances installées faramineuses, mais, occasionnelles puisque, souvent, les machines sont arrêtées . . .

Où se trouve l'énergie éolienne dans les phases de vents faibles à modérés, les plus fréquents ?

Écrit par : François Carré | 03/10/2011

Il est indispensable de vite réagir et se mettre aux énergies renouvelables !

Écrit par : Yann | 21/09/2012

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