20/09/2010

L'Iran, le 11 septembre et moi et moi et moi...

Suite aux discussions qui ont eu lieu ces derniers temps sur un autre sujet, je tenais à préciser mes vues. Parfois mes prises de position peuvent paraître inconciliables. D'un côté je suis favorable à une plus grande fermeté au Moyen-Orient, envers des groupes ou des nations plus ou moins hostiles. D'autre part, je pense que certains éléments du côté occidental ont utilisé des moyens indignes de démocraties, et même parfois criminels, pour défendre leurs intérêts. Or il est rare qu'une même personne défende ces deux visions.

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12/09/2010

Mosquée de Ground Zero et corans non brûlés

En ce lendemain de commémoration du neuvième anniversaire du 11 septembre, si on regarde en direction des Etats-Unis, on se demande quelle mouche a pu piquer ce peuple. Entre les protestations contre le projet d'un pasteur extrémiste de brûler des Corans et les affrontements concernant le projet de construction d'une insignifiante mosquée près de Ground Zero, on dirait que les Américains sont en train de plonger dans un incompréhensible débat dont l'enjeu est la suprématie d'une religion sur une autre.

Tout d'abord, je ne comprends pas les pressions qu'a subies ce pasteur pour ne pas faire brûler ces livres. Bien que l'acte puisse être considéré comme une provocation, après tout aucune loi n'interdit à qui que ce soit d'acheter des livres et de les faire brûler ! Pour autant que ça ne se passe pas sur la place publique bien entendu. Alors qu'est-ce qui fait de ce livre, recueil de feuilles de papier imprimées et reliées, un cas si spécial ? On devrait se poser une question: tous ces bien-pensants qui veulent défendre un livre comme le Coran, se dresseraient-ils également pour défendre la Bible si un imam iranien décidait d'en faire de même ? J'en doute beaucoup. Je me dis même que c'est sûrement déjà arrivé, mais qu'on n'en a pas entendu parler, parce que tout le monde s'en fiche. Quand je vois ce spectacle affligeant, même si je ne partage absolument pas son point dmosquee-ground-zero-new-york-islamophobes-vir-L-3.jpege vue, je regrette presque que ce pasteur ait décidé de ne pas mettre son projet à exécution. Ca aurait en tout cas montré que dans une démocratie, les contraintes morales des religieux ne priment pas sur le droit.

Ensuite, la construction de la mosquée contestée. Je ne comprends personnellement pas bien ce qui pose problème. Tout South Manhattan serait-il devenu un sanctuaire chrétien ? Certains diront que c'est une provocation, à l'image de l'incinération de Corans. Mais ça peut aussi être pris comme une volonté de devenir plus visible, de tenter de rompre avec cette image déplorable qu'une poignée de fous de Dieu ont donné à toute une religion. Il peut s'agir d'une main tendue, d'un geste de réconciliation. Il faut bien sûr contrôler scrupuleusement cet édifice qui ne doit pas devenir un lieu de diffusion de haine contre l'Occident. (ce qui est rarement le cas mais se produit bel et bien dans quelques mosquées) D'ailleurs, je pense que les Musulmans qui fréquenteront une mosquée située dans ce secteur situé à deux pas de Wall Street seront probablement en grande majorité des traders ou des employés de banque ! Donc certainement pas des pirates de l'air potentiels...

Mais quand je vois certains débats qui commencent à avoir lieu en Europe, je constate que finalement, à l'image des Etats-Unis, nos communautés religieuses sont également en train de se dresser les unes contre les autres. Nous n'avons donc rien à envier en bêtise à nos grands frères transatlantiques. Il est tout de même paradoxal que dans une société qui abandonne peu à peu la religion, on puisse en venir à radicaliser ainsi le débat religieux. Le seul moyen d'apaiser ce débat tout en défendant plus efficacement notre démocratie: adopter partout une stricte laïcité. La laïcité est la seule force capable de contrer le radicalisme religieux, car elle fait prîmer le droit civil sur le droit moral. Mais attention, elle ne doit pas être utilisée comme un rempart contre une religion comme ça se fait en France. La laïcité traite également toutes les religions en définissant la place qui est la leur. Elle permet l'épanouissement de toute religion, pour autant qu'elle respecte l'espace publique. La laïcité peut même être considérée comme une excellente protection pour les religions minoritaires comme l'est l'Islam en Occident, puisqu'elle empêche les grandes religions d'imposer leur ordre moral à l'ensemble de la société. Par exemple, en interdisant les signes religieux ostentatoires dans les écoles, la laïcité protège aussi les enfants musulmans qui n'auront ainsi pas à s'asseoir à longueur de journée au pied d'un crucifix.

02/09/2010

En 2010, la paix au Proche Orient est-elle négociable ?

Barack Obama semble le croire en tout cas. Il semble vouloir marcher sur les pas de Bill Clinton en finissant son oeuvre inachevée. A moins que l'idée ne soit d'une Hillary soucieuse de remettre le rêve de son mari sur les rails. Quoiqu'il en soit, c'est pour d'intenses négociations que Barack Obama a convié Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas. Mais la situation se prête-t-elle à ces négociations ? Peut-on comparer la situation actuelle avec celle qui prévalait à l'époque de Clinton ? Rien n'est moins sûr.

obama-abbas-netanyahu.jpgD'une part, côté israélien, on continue une colonisation de la Cisjordanie qui réduit peu à peu le territoire d'un possible état palestinien à peau de chagrin. La volonté de laisser cette région accéder à l'indépendance semble plus absente que jamais. Pour ce qui est de Gaza, ce territoire reste sous l'emprise d'un blocus, bien sûr nécessaire à la sécurité d'Israël, mais également problématique dans l'optique de la résolution du conflit. Et surtout, on peut se demander quelle est la crédibilité d'un Mahmoud Abbas pour négocier un tel traité alors qu'il ne contrôle plus Gaza depuis des années. Un traité quel qu'il soit, ne peut être signé que par un dirigeant faisant largement consensus, ou à défaut, par toutes les parties. Et même si le Hamas prétend vouloir la paix, il est plus que douteux qu'il soit prêt à parapher un accord de paix, surtout s'il devait lui faire perdre de fait son emprise sans partage sur Gaza.

Sans parler de la solution des deux états. Elle est relativement peu satisfaisante du fait de la séparation des peuples qu'elle impose. Comment réconcilier deux peuples vivant sur un même territoire, s'ils ne sont même pas prêts à partager un même état , ni même accepter la présence de l'autre sur son territoire ? Mais le fait est que ni du côté israélien, ni du côté palestinien, on n'est prêt à accepter de partager le pouvoir politique avec l'autre. Et les vues politiques des deux camps ne semblent pas du tout conciliables. Donc finalement, la séparation des peuples semble la seule voie envisageable pour l'instant. La vraie réconciliation pourrait venir plus tard, peut-être au travers de l'intensification des échanges commerciaux. L'Europe pourrait avoir un rôle à jouer au travers de la création d'une grande zone de libre-échange dans la Méditerrannée.

Bref, je suis assez sceptiques quant aux chances de succès de ces négociations. Mais finalement, ça ne serait pas la première fois que la lassitude de la guerre conduirait à un miracle. Donc je suis prêt à recommencer à espérer. Très timidement. Et souhaitons bonne chance aux négociateurs.