27/06/2010

Aux pro-européens turcs

Je suis Suisse et Français, mais ici je m'exprime plus souvent en tant que Suisse. Mais aujourd'hui, c'est en tant qu'Européen que je vais m'exprimer. Cet appel, lancé par un supporter de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne s'adresse aux forces politiques turques qui souhaitent toujours cette entrée.

Il y a presqu'un an, j'ai écrit ce billet. A l'époque, je me disais que la demande d'adhésion de la Turquie à l'UE devait être prise en compte, car cela aiderait ce grand pays, en partie européen, à se diriger vers les nécessaires réformes de ses institutions. Mais depuis, mon opinion a largement évolué. Je ne pense plus que la Turquie actuelle, dirigée par Recep Tayyip Erdogan, n'a une chance de faire un jour partie de l'organisation européenne. A l'époque je pensais pourtant qu'il fallait tenter de traiter avec lui, puisque c'est le premier ministre dont la population turque s'était légitimement dotée. Et comme il a toujours répété vouloir faire entrer son pays dans l'UE, j'espérais qu'il était prêt à conduire les réformes qui pourrait permettre à la Turquie de légitimement attendre une réponse favorable de l'Union. Mais aujourd'hui je pense qu'il n'en est rien. Je me demande même si le but de Erdogan n'est pas de provoquer le rejet de la part de l'Union Européenne et la déception de sa population pour pouvoir se tourner vers d'autres alliances.

turkish_pm_erdogan-_with_ahmadinejad.jpgEt aujourd'hui, alors que le monde se dirige à grand pas vers une bipolarisation sur fond de crise pétrolière, (voir ici) Erdogan montre enfin  quel camp il tente de faire choisir à son pays. L'affaire des "bateaux de la paix", dans laquelle des pseudo-ONG islamistes proches du pouvoir turc ont été à l'origine d'une provocation unilatérale d'Israël, montre bien qu'Erdogan fait tout pour se débarrasser des anciennes alliances. Israël est le premier à en faire les frais. Mais l'Europe  et les Etats-Unis suivront. Et en soutenant désormais ouvertement le Hamas, la Turquie montre que les nouvelles alliances qu'elle cherche à tisser se trouvent du côté de l'Iran, principal mentor des extrémistes palestiniens.

Si la Turquie devait se tourner vers l'islamisme radical, ça serait un terrible retour en arrière. N'oublions pas que cet état, sous l'impulsion de Mustafa Kemal Atatürk, après la défaite durant la première guerre mondiale, a fait le choix de la laïcité. Une modernité que beaucoup d'états européens n'avaient pas encore choisi à l'époque. Depuis lors, l'histoire de la Turquie s'est fondue dans celle de l'Europe. Durant la guerre froide, elle a même été un maillon vital de l'Alliance Atlantique. En effet, sa position géographique a permis à l'OTAN de verrouiller la sortie de la mer Noire sur la Méditerrannée ainsi que le sud du rideau de fer.

Aujourd'hui, Erdogan est sur le point de mettre fin à cette imbrication de l'histoire turque avec l'histoire européenne. Un rapprochement avec les Perses serait contre nature, tant la Turquie s'en est éloignée depuis longtemps. Tenter de recréer l'Empire Ottoman est de toute façon vain: je pense que le rapport de force qui va s'établir au sein d'une telle alliance va plutôt servir l'Iran et c'est plutôt l'Empire Perse qui va être recréé ! Et au sein d'un tel ensemble, je ne donne pas cher de la démocratie et de la laïcité turques...

Alors si vous souhaitez encore que votre grand pays rejoigne l'Union Européenne, je n'ai qu'un conseil à vous donner: débarrassez-vous d'Erdogan ! Remettez au pouvoir des forces dignes de l'héritage d'Atatürk. Des forces prêtes à tout pour défendre la laïcité et la démocratie. Des forces prêtes à réformer l'armée et le gouvernement. Des forces prêtes à reconnaître le génocide arménien et à normaliser les relations avec la minorité kurde. Des forces, enfin, prêtes à s'attaquer à la problématique de la division de Chypre. Si de telles forces existent en Turquie, il faut qu'elles soient mises au pouvoir pour relancer un rapprochement avec l'Europe. Sans cela, la Turquie va faire un retour en arrière historique de près d'un siècle et sombrer dans l'obscurantisme. Démocrates turcs, il n'y a que vous qui puissiez empêcher cela !

25/06/2010

Bravo quand même à l'équipe de Suisse

1258896_large.jpgOn aurait bien aimé que vous poursuiviez plus loin. Mais ça n'arrivera pas. Encore une fois, la Suisse a l'une des meilleures défenses, si ce n'est la meilleure, mais manque de précision technique dans ses actions offensives, ce qui handicape fortement l'attaque. Mais l'important que c'est que vous avez fait le maximum avec vos moyens, vous avez su jouer sur vos qualités, mais malheureusement cela n'a pas suffi. La Suisse n'a pas à rougir de son élimination, car c'est bien les 2 meilleures équipes de ce groupe qui sont qualifiées. Le miracle ne se sera pas produit. La Suisse n'a pas marqué.

Mais je pense que la Suisse a encore progressé par rapport à la dernière coupe du Monde et bien entendu, elle a largement progressé par rapport à la dernière coupe d'Europe ! Encore un effort, un peu plus de technique et d'engagement, et la prochaine fois ça passera !

22:44 Publié dans Sports, Suisse | Tags : coupe du monde, nati | Lien permanent | Commentaires (3)

Interdisons la formule 1 et le football pour sauver des vies !

En rapprochant deux nouvelles, issues de deux journaux différents du groupe Edipresse, je découvre que le sport spectacle est un terrible danger pour la sécurité routière ! D'une part cet article du Matin, nous apprend que l'association RoadCross exige que Lewis Hamilton soit sévèrement sanctionné pour pratiquer l'excès de vitesse à outrance sur nos routes. D'abord j'aimerais bien savoir sur quelle base ils souhaitent qu'il soit sanctionné. Les déclarations de sa femme ne constituent pas des preuves. Et à quelle vitesse roule-t-il ? Seul un radar peut le déterminer. Alors à moins qu'il se fasse prendre, je ne vois pas comment il pourrait être sanctionné. RoadCross pratique bien la déclaration à sensation, mais se fiche complètement de l'application pratique. Leur intérêt ne serait-il pas simplement de se faire connaître ? (ce qui marche bien: je n'avais jamais entendu parler d'eux avant aujourd'hui...)

Lewis_Hamilton_has_p_82959t.jpgEnsuite, je pense qu'on devrait arrêter de faire comme si tous les conducteurs se valaient. Il est évident qu'un Lewis Hamilton a des capacités de conducteur bien supérieures à celles de n'importe quel autre conducteur sur la route ! Et prendre son mini-accident comme exemple pour essayer de prouver le contraire, c'est complètement idiot. Personne n'est à l'abri d'une inattention. D'autant plus que cet accident n'avait rien à voir avec la vitesse. Il n'a provoqué que des dégâts matériels et s'il n'avait pas été une célébrité, il n'aurait même pas eu droit à la rubrique des faits divers.

Et puis la vitesse est une question de capacités personnelles. Pour ma part, j'ai beaucoup moins peur d'un Lewis Hamilton roulant sur nos routes à 200, que d'un petit vieux qui y roule à 100 ! D'ailleurs, il faut tordre le cou à une idée préconçue: la vitesse n'est pas un facteur d'accident! Ce qui l'est c'est une vitesse inadaptée aux circonstances, à ses capacités personnelles et aux capacités de son véhicule. Sur une autoroute rectiligne où on serait tout seul, 300 peut très bien être une vitesse adaptée aux circonstances. A condition bien sûr d'avoir personnellement les capacités pour rouler à cette vitesse et de disposer d'un véhicule capable de rouler à cette vitesse tout en restant maîtrisable. Par contre, dans un très fort trafic, 100 à l'heure peut très bien être une vitesse inadaptée et dangereuse. Ceci n'empêche bien sûr pas de respecter les limitations, qui sont les mêmes pour tout le monde, car il serait difficile de mettre en place une loi où la vitesse maximale serait fonction des capacités ou des circonstances ! Et il est évident que même Lewis Hamilton doit respecter les lois comme tout le monde. Si un jour il se fait prendre et retirer le permis, il l'aura bien mérité. Mais essayer de faire de son cas un enjeu majeur de sécurité, voilà qui est totalement idiot.

Mais il y a des bien-pensants qui arrivent à faire encore mieux que RoadCross. Jacques Neirynck, conseiller national PDC vaudois, remet même l'existence des courses automobiles en question. Selon lui, elles incitent à la vitesse et donnent à leurs participants l'impression qu'ils sont au-dessus des lois. Voilà donc à quoi mène l'attitude bien-pensante d'aujourd'hui. Interdisons les courses automobiles pour sauver des vies ! C'est un peu comme si on disait qu'on doit interdire le saut à la perche, parce que ça incite les gens à se jeter par la fenêtre ! Ou qu'on doit interdire les jeux vidéo parce qu'ils incitent des jeunes à perpétrer des massacres. (mais oui, on va bientôt en arriver là...)

Et puis, il y a cet autre article issu de la Tribune de Genève. On y apprend que la route devient très dangereuse après un match de football. Certaines personnes ont pris la peine de mesurer l'augmentation du nombre d'accidents après ces matches pour constater que les accidents sont 40% plus nombreux après un match de la Suisse ! Et la solution ? On n'en donne pas. Mais moi je l'ai la solution: supprimons les matches de football ! Vous imaginez le nombre de victimes évitées avec une mesure aussi simple ? Sans parler des hooligans. Quel meilleur moyen de régler le problème que de supprimer leur principal éxutoire ? A la place des matches de football, je pense que les supporters devraient pratiquer eux-mêmes une activité sportive régulière et éviter l'alcool et le tabac. Pourquoi ne pas abandonner la voiture pour le vélo ? En outre, se nourrir uniquement de salade et de tofu ne serait pas une mauvaise idée. Rendons même tout ça obligatoire pour le bien de tous...

Bref, prions les dieux de l'olympe pour qu'ils nous sauvent des méfaits de la bien-pensance...

23/06/2010

Tout va bien dans l'immobilier genevois ?

J'étais assez étonné par l'annonce de la BNS selon laquelle il existe une bulle immobilière et qu'elle risquait d'éclater prochainement. Non pas que cette affirmation soit dénuée de sens. Au contraire il faut être fou pour penser que les bulles financières puissent continuer à grossir indéfiniment sans jamais dégonfler. Non, ce qui m'a étonné c'est qu'il est très rare qu'on ose dire la vérité dans ce domaine. En général, on a trop peur justement de précipiter le dégonflement de cette bulle ! Il s'agit au contraire de bénéficier le plus longtemps possible des juteux bénéfices qu'elle permet d'engranger. Faire croire au consommateur qu'en achetant tout de suite il est assuré de payer moins cher qu'à l'avenir, c'est s'assurer qu'il ne va pas faire l'énorme bêtise d'attendre que les prix soient au plus bas pour acheter. L'économie a besoin de gogos pour fonctionner...

Donc, pourquoi avoir fait cette annonce ? Sans doute s'agit-il d'une erreur. Une parole malheureuse lâchée par un porte-parole trop honnète. Et la réaction des milieux concernés ne s'est pas faite attendre. Dans l'édition d'aujourd'hui, la Tribune donne la parole aux milieux immobiliers, qui comme prévu nous certifient que la Banque Nationale a fait une erreur de jugement. En réalité, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Continuez à acheter braves gens, endettez-vous et participez à cet effet de bulle. La bonne santé du marché immobilier est à ce prix. Et tant pis si vous n'avez pas assez pour rembourser vos crédits. Ce ne sera plus alors le problème des entrepreneurs.

Il y a d'ailleurs un fossé gigantesque entre les intérêts des milieux immobiliers et ceux de la population. La préoccupation de cette dernière, c'est de pouvoir se loger à des prix corrects. Ce qui en réalité est composé de deux préoccupations distinctes: se loger et à prix correct. La préoccupation des milieux immobiliers, c'est de faire le maximum de bénéfices sur la construction. On pourrait croire que pour réaliser cela, il faille construire beaucoup. Mais au contraire, le mieux pour eux c'est de construire peu, pour diminuer les frais engagés et conserver une situation de pénurie et ainsi continuer à vendre les logements à des prix indécents. C'est bien cette situation qui leur permet de conserver la marge maximale.

Il est donc clair que les préoccupations de la population ne peuvent être réalisées, car elles sont inconciliables avec celle des milieux immobiliers. Donc les prix vont continuer à prendre l'ascenseur et la population va de plus en plus s'endetter pour acquérir des logements. Voir pour simplement payer un loyer. Jusqu'à ce que... trop de monde ne puisse plus rembourser! Alors la bulle va éclater et les prix vont redescendre.

Si on a un tant soit peu de jugeote, il faut donc refuser cette situation et attendre un meilleur moment pour faire l'acquisition d'un logement. Un de ces jours, la bulle immobilière va se dégonfler comme l'a prédit la BNS. Et alors, il sera très facile de trouver des logements à un prix raisonnable...

10:23 Publié dans Economie, Genève | Tags : immobilier, crise | Lien permanent | Commentaires (8)

20/06/2010

Tout est gagné... fors l'honneur!

Durant toute l'histoire de l'humanité, l'honneur a été un enjeu primordial. L'honneur est ce qu'il reste au peuple quand il a tout perdu. C'est ce qui lui permet de retrouver un semblant de fierté dans l'adversité. C'est ce qui lui permet de rebondir et reconquérir sa liberté après la défaite. Mais aujourd'hui, l'honneur est devenu une denrée qu'on peut monnayer. On peut le vendre à son ennemi pour obtenir quelque chose en retour. C'est en tout cas ainsi que le voit le Conseil Fédéral quand il juge que la manière dont ont été libérés les otages en Libye est satisfaisante.

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16/06/2010

L'échec de la Constituante

Pour la Constituante, les semaines se suivent et se ressemblent. Des visions si opposées s'affrontent qu'on peine à imaginer ce qui va sortir de leurs délibérations. Ce qui est sûr, c'est que quoi qu'il advienne, la meilleure Constitution restera... l'actuelle ! Notre Constitution a été élaborée par le peuple pendant des décennies. Il est bien sûr possible d'y trouver des archaïsmes. Mais rien qui l'empêche de fonctionner. Et rien n'entrave suffisemment son fonctionnement pour qu'on soit obligés de faire table rase. Des adaptations au cas par cas pourraient suffire. Toutefois, pour ma part j'avais espéré que la Constituante pourrait effectuer un grand nettoyage. C'est pour ça que j'avais voté favorablement à la création d'une telle assemblée. Mais plus le temps passe, plus je suis certain que je voterai contre le résultat de ses travaux.

Parmi mes espérances, j'avais osé imaginer que les Constituants comprendraient à quel point l'explosion de notre population rendait le nombre de signatures nécessaire pour les initiatives et les référendums trop peu nombreuses. C'est finalement la seule et unique cause de l'explosion des blocages de projets dont souffre la République et les communes. Et bien il semble que dans ce canton, dont la Genferei est une des plus fameuses spécialités, les minorités parviennent à s'unir pour défendre leur droit au blocage contre la majorité. La gauche et l'extrême-droite se sont ainsi mises d'accord pour faire baisser le nombre de signatures nécessaires ! Intéressante alliance en tout cas. Si elle existait aussi lors du vote populaire au sujet de ces initiatives et référendums, nul doute qu'elle offrirait la victoire pour chacun de ces textes. Mais en réalité, les idéologies qu'on trouve derrière ces textes sont souvent bien trop minoritaires pour remporter un large suffrage. L'alliance qu'on a vu émerger ne tiendra donc pas.

Alors pourquoi vouloir diminuer le nombre de signatures ? C'est simple: plus il est facile d'obtenir le nombre de signatures nécessaires, plus il est facile de bloquer un projet. Et pour éviter que cela ne se produise, les autorités vont systématiquement discuter avec des milieux représentant de toutes petites minorités pour trouver des consensus. Un peu comme ce que le Conseil d'Etat a fait en décidant que le taux de logements sociaux au PAV serait de 66% ! Ainsi, la démocratie est détournée: on ne recherche plus l'adhésion de la majorité, mais uniquement de ceux qui peuvent bloquer les projets. Avoir 5% de la population derrière soi donne une force bien plus grande que d'en avoir 60% !

L'extrême-gauche s'offusque d'ailleurs qu'on parle de minorité "de blocage". Car pour eux le peuple c'est avant tout leurs électeurs (environ 7% de l'électorat) Tous les autres, ce sont juste des méchants bourgeois opresseurs. Et bien sûr ce statut de vrai peuple donne à leurs électeurs le droit de prendre toutes les décisions au détriment des autres !!!

Qu'on ne se trompe pas, il s'agit bel et bien là d'une atteinte grave aux droits démocratiques. Moi qui milite pour une adaptation du nombre de signatures à la démographie genevoise, il est évident qu'un tel changement vaut pour moi un rejet direct et immédiat de l'ensemble du texte. Et jusqu'au vote final du peuple sur cette Constitution, je militerai sans hésitation pour son rejet.

12:40 Publié dans Genève, Politique | Tags : constituante | Lien permanent | Commentaires (6)

15/06/2010

Mme la Conseillère fédérale

Ca ne m'arrive pas souvent de faire usage de la zapette lorsque j'entends un Conseiller fédéral parler d'un sujet qui m'intéresse. Normallement je reste pendu à ses lèvres. Mais hier soir, lorsque j'ai entendu parler Micheline Calmy Rey au TJ de 19h30, sur la TSR je n'ai pas pu m'empêcher d'éteindre ma télévision.

CalmyRey.JPGCar quand on ose aligner de pareilles énormités, ça ne peut que donner la nausée au télespectateur. Déjà quand elle annonce que la Suisse a des amis, on peut se demander si elle vit dans le même monde que nous. D'accord, je suis sûr que l'Espagne et l'Allemagne voulaient sincèrement résoudre la crise et faire libérer Max Göldi. Mais lorsqu'elle cite Silvio Berlusconi comme ami de la Suisse, c'est trop énorme ! Cet homme qui ricannait quand le Colonel annonçait sans sourciller que la Suisse doit être démembrée ! Pour qu'il se décide à user de son influence auprès du guide suprême, il aura fallu qu'on mette les entreprises italiennes actives en Libye en dificulté ! Pourquoi pas Nicolas Sarkozy pendant qu'on y est ? Avec des amis comme ça, à quoi ça sert d'avoir des ennemis tels que Muammar Kadhafi ?

En parlant de démembrement de la Suisse, je passe sur la faiblesse de sa réaction lorsque le Colonel a évoqué le rattachement de la Suisse romande à notre grand voisin. Elle aurait tout de même pu lui faire remarquer que c'est aux populations locales de décider et lui faire comprendre que la Suisse est un pays solidaire où les barrières de langues ne sont pas suffisantes pour que la population souhaite une séparation, comme c'est le cas de pas mal de monde en Belgique par exemple. Il me semble qu'un tel discours resterait courtois et n'empêcherait pas une bonne ambiance de négociations.

Je reviendrai une autre fois sur le tribunal arbitral. Je peux comprendre que du point de vue diplomatique, le règlement d'un contentieux nécessite des consessions. Mais le problème, c'est qu'en acceptant de subordonner notre justice à une autorité dont aucune référence n'est faite dans notre constitution, on contrevient aux règles de l'état de droit. Et puisqu'on accepte une telle situation, pourquoi ne pas avoir exigé que le cas de Max Göldi soit vérifié par une autorité arbitrale ?

Mais ce qui m'a vraiment révolté, c'est le fait qu'elle dise que la sortie des otages était le but de toutes ces négociations. Et pire: qu'elle est fière du résultat. Finalement, j'espère que ça n'est pas le cas, parce que le moins qu'on puisse dire, c'est que l'échec de ces négociations est terrible. 2 ans pour arriver à faire libérer un innocent, voilà qui ne pousse pas à la fanfaronnade Mme Calmy Rey.

14/06/2010

Bon retour parmi les tiens, Max

On critiquera sans doute l'accord passé entre la Suisse et la Libye, qui risque bien de ressembler à une capitulation sur toute la ligne. Mais aujourd'hui, on n'a qu'une envie: faire part de notre soulagement et partager la joie de la famille Göldi. Bon retour Max, j'espère que tu pourras reprendre une vie normale dans les plus brefs délais.

En tout cas, aujourd'hui nous avons tout de même appris une chose: combien mesure un milimètre fédéral! Comme à l'été 2009, nous étions à 2 mm d'un accord, cela signifie qu'un milimètre représente à peu près 5 ou 6 mois. Le jour où Micheline Calmy-Rey nous annoncera qu'on est à un mètre d'un accord, on pourra faire le calcul...

Quant à moi, je pense être à 2 mm de retourner prendre mon carburant chez Tamoil!

10/06/2010

Des rues piétonnes, oui mais...

Aujourd'hui, il n'existe pas de véritable opposition à l'idée d'étendre la zone piétonne au centre-ville. Pratiquement tout le monde a envie de voir notre belle ville débarrassée de son trafic automobile. Les voitures parquées en double-file, les colonnes de véhicules, tout ça nuit à l'image de la cité. Si on regarde du côté de Lausanne ou Bâle, on constate aisément que les zones piétonnes sont bien loin de repousser les badauds. Au contraire, elles amènent de l'animation, elles font la joie des commerçants. L'idée d'interdire l'accès de la plus grande partie du centre-ville aux véhicules privés semble donc couler de source.

D'ailleurs, la situation de la rue du Rhône montre bien que la solution intermédiaire qui consiste à restreindre l'accès à une rue ne fonctionne pas. Les contrevenants sont légion. Et il n'y a aucun effet sur les véhicules en double-file, puisque l'accès aux commerces reste autorisé. Bref, on veut des vraies rues piétonnes. On veut un centre-ville où il fait bon flâner et faire ses emplètes. Mais alors pourquoi cela n'avance t-il pas ? C'est parce que, une fois n'est pas coutume, dans une ville où la controverse politique est élevée au rang de spécialité locale, (voir mon billet à propos de la "Genferei") plusieurs visions s'opposent et empêchent de trouver un consensus.

La première, celle de la droite, fait la part belle aux commerçants. Elle veut s'assurer que le centre-ville reste pleinement accessible aux clients pour ne pas les voir se reporter vers les centre commerciaux périphériques, voire vers la France. Elle tient à concerver l'animation du centre-ville qui doit rester un centre d'activité pour toute la région. Dans cette optique, la droite réclame que des places de parking en sous-sol (notamment au travers du parking "Clés-de-Rive") compensent les places perdues en surface. Ainsi, aller au centre en véhicule privé reste possible et pas trop rebutant. (ou en tout cas pas plus qu'aujourd'hui)

La seconde vision, celle de la gauche, voit le centre-ville comme un endroit où on se rend en transports publics ou à vélo. Ils ne jugent donc pas nécessaire de compenser les places perdues en surface. Au contraire, ils appellent ces nouveaux parking des "aspirateurs à bagnoles"! (alors que tout ce qu'ils aspirent, c'est des voitures qui étaient déjà parquées au centre, mais en surface) Ce qu'il faut dire, bien qu'on doive admettre que l'accès au centre est assez facile avec les transports publics (personnellement je les utilise la plupart du temps), c'est qu'il y a pourtant certaines situations où la voiture est nécessaire. Par exemple, lorsqu'on a des choses lourdes à transporter. Ou si on va en ville avec des personnes à mobilité réduite. Dans ces cas, doit-on se rabattre sur les centres commerciaux tels que Balexert ? J'espère en tout cas que ça n'est pas le but recherché. Mais il faut bien dire que réduire les possibilités de parking sans compensation aura bel et bien cet effet. Avec des conséquences imprévisibles sur le commerce.

800px-Geneva_2006_624.JPGIl y a enfin la vision des écologistes, qui voient non pas les rues piétonnes comme créatrices d'animation et d'activité, mais comme entrave au trafic. Pour eux le modèle mis en place aux Paquis, dont la traversée est pratiquement impossible en voiture, doit être étendu à toute la ville. C'est en tout cas le but de leur initiative des 200 rues piétonnes. Bien sûr, pour eux aucune compensation de places de parking ne doit avoir lieu. Les gens n'ont qu'à venir en bus. Et bien moi je trouve que cette vision est très étroite et ne prend en considération que le cas de la fameuse femme inactive qui va en 4x4 faire ses courses dans l'après-midi ou celui du banquier qui se rend à son travail au volant de sa Jaguar. Mais il ne faut pas oublier qu'à Genève, il y a aussi des entreprises qui ont des activités et qui doivent utiliser des véhicules motorisés. Déjà aujourd'hui, quand une entreprise doit envoyer un véhicule à Genève, c'est l'assurance de devoir affronter des embouteillages sans fin et de devoir faire face à d'énormes problèmes de parking.

D'ailleurs, les véhicules de livraison peuvent accéder aux rues piétonnes jusqu'à 11 heures. Ensuite,  elles en sont bannies. Mais les entreprises travaillent toute la journée. Alors où se parquent-elles l'après-midi? Et bien ailleurs, mais pas trop loin. Alors si on diminue le nombre de places, c'est l'assurance de créer de graves entraves à leurs activités. Quant aux entreprises actuellement résidentes en ville, il leur faut des trésors de patience pour ne pas choisir de déménager en périphérie. Alors que se passera-t-il quand elles se seront installées dans d'autres communes ? Et bien la ville va avoir une énorme perte d'impôts. Mais les écolos s'en fichent puisque l'activité économique ne les concerne pas. Ils pourront tranquillement rouler sur leurs pistes cyclables géantes, qui ne coûteront pas cher à entretenir. La ville de Genève deviendra un dortoir pour gauchistes, vidé de son activité économique.

D'accord j'exagère. Mais c'est quand même la tendance qu'on cherche à encourager. Alors pour ma part, je soutiens les associations qui refusent de signer un pseudo-consensus dans lequel l'activité économique est considérée comme secondaire. L'assurance de la compensation des parkings perdus en surface est une condition non négociable. Il est temps de freiner la politique anti-bagnole de la gauche, qui fait figure de dogme absolu en ville. Il en va de la compétitivité du commerce au centre-ville.

08/06/2010

La Suisse paradis fiscal selon le Brésil!

On avait échappé à la liste de l'OCDE. Mais voilà-t-il pas qu'on se retrouve sur la liste... du Brésil ! Mais pas de panique: il y en a 64 autres avec nous. Sur un peu moins de 200 pays, ça en fait quand même un paquet. Alors pourquoi ? Parce que pour le Brésil, le critère pour être considéré comme un paradis fiscal, c'est une imposition de moins de 20% du revenu! Cela signifie que le Brésil veut fixer l'imposition du reste du monde selon ses propres critères. Et bien sûr sans tenir compte des règles de l'OCDE, pourtant les seules auxquelles tous les pays doivent se conformer.

Et bien moi je dis que les pays qui respectent les critères imposés par le Brésil devraient être mis sur la liste noire des enfers fiscaux ! Alors que tous ceux qui ont de l'argent et vivent dans l'un de ces pays y songent. Pourquoi rester en enfer quand le paradis existe ? Et je sais qu'il existe, tout simplement parce que j'y habite! Alors venez, on vous accueillera très bien. Les anges de la fiscalité sont là pour ça.

Ah au fait, pendant que j'y suis, je rajoute le Brésil sur ma liste noire des pays amis de l'Iran...

07/06/2010

Le Hamas: 2. La résistance

Suite de ma série à propos du Hamas. Seconde affirmation courante:

Le Hamas n'est pas un groupe terroriste, mais un mouvement de résistance.

Par cette affirmation, on cherche à comparer le Hamas avec la résistance française et d'autres pays européens durant la seconde guerre mondiale. Mais est-ce correct ? Qu'est-ce qui différencie le terrorisme de la résistance ? Après tout, les Allemands traitaient aussi les résistants de terroristes.

La tentation est donc grande de dire que le Hamas, supposé défendre le faible, résiste à l'envahisseur et que tout ça n'est finalement qu'une question de point de vue. Si on adopte le point de vue des envahisseurs, le Hamas est un mouvement terroriste. Si au contraire on fait l'effort de comprendre les motivations du Hamas, il s'agit de résistants.

Et bien non. Car il y a une énorme différence entre un résistant et un terroriste. Un résistant ne s'en prendra jamais à un civil. Un résistant fait des actes de sabotage ou de guerrilla, dirigés uniquement contre les militaires. Un résistant est un combattant. Un terroriste est un criminel. Le Hamas n'est pas un groupe résistant, mais bien une association de criminels.

Ce genre d'actes peuvent-ils être le fait de résistants ?

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Pour moi il ne s'agit que de pure barbarie. Comment peut-on reprocher à un peuple de se défendre après ça ? Comment peut-on lui reprocher de ne plus faire confiance ? Il se trouve qu'on vit bien plus paisiblement en Israël depuis le bouclement de la bande de Gaza et l'édification du mur de séparation avec la Cisjordanie. Alors, même si je regrette qu'on doive en venir là, je ne peux que comprendre cette politique.

Quant à l'affirmation selon laquelle Tsahal, l'armée israélienne, aurait commis un acte terroriste sur les "bateaux de la paix", elle ne tient pas du tout la route. Il est pourtant si tentant de comparer cette opération avec celles qui ont eu les résultats ci-dessus. Mais, même si les victimes sont réellement de pauvres innocents privés de leur vie par le crime des soldats, il reste une énorme différence: l'intention. Lorsque les kamikazes du Hamas montent à bord d'un bus, ils savent que leur but est de tuer toutes les personnes qui les entourent. Ils s'en réjouissent même. Les soldats, lorsqu'ils sont descendus sur le pont du bateau, ne savaient pas qu'ils allaient avoir à utiliser leurs armes. Sans quoi il est évident qu'ils s'y seraient pris autrement. Il s'agit donc au pire d'une épouvantable bavure, mais peut-être aussi d'une mise en scène orchestrée dans le seul but de provoquer la réaction que le monde a eue.

Le Hamas: 1. Légitimité du gouvernement

J'entame une série de billets pour démonter quelques lieux communs qu'on entend en Occident à propos du Hamas. Certes la situation au Proche-Orient est très complexe et ne peut être résumée à une simple stigmatisation du Hamas. Toutefois, cette constatation vaut aussi pour Israël. Je trouve la tendance à rejeter toute la faute du conflit israélo-arabe sur Israël, tendance très à la mode en Occident, aussi contre-productive que mensongère.

Donc première affirmation à propos du Hamas: c'est le gouvernement élu de Gaza et sa légitimité accordée par les urnes ne peut être remise en question.

Alors oui, le vote de 2007 a effectivement donné la victoire au Hamas. Donc on est d'accord, Gaza a alors donné le pouvoir au Hamas. Mais la légitimité du pouvoir du Hamas souffre de deux irrégularités majeures. La première, c'est qu'un gouvernement élu l'est pour une période de temps préétablie. Au terme de cette période, de nouvelles élections doivent être organisées pour désigner un nouveau gouvernement. En ennemi de la démocratie, le Hamas ne libérera jamais le pouvoir par les urnes. Pour le Hamas, leur pouvoir n'est pas reçu du peuple, mais de Dieu. Pour cette raison, il est évident que le Hamas ne rendra jamais au peuple le pouvoir de l'évincer.

Pourtant, en démocratie, le peuple a le droit à l'erreur. L'élection du Hamas avait tout d'un vote sanction contre Israël et le Fattah, accusé de corruption et de trop grande collaboration avec Israël. Les votes sanction sont toujours des erreurs. On ne devrait jamais accorder le pouvoir à un groupe juste pour sanctionner d'autres personnes. Les conséquences d'un tel acte sont trop imprévisibles. Toutefois, en démocratie, les peuples ont le droit à l'erreur. Après un temps, le pouvoir revient généralement entre les mains de personnes plus fréquentables. Gaza n'a pas eu ce droit à l'erreur et va payer cher pour cette faute pendant longtemps.

La seconde irrégularité, c'est qu'en principe, les autorités de Gaza sont censées en référer à l'autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. Mais il n'en est rien. Tout se passe comme si Gaza avait fait cessession, s'était refermé sur elle-même. Et la politique de fermeture des frontières par Israël n'est pas seule en cause. (les moyens de communication entre Gaza et la Cisjordanie ne manquent pas!)

Bref, plus le temps passe, plus la légitimité du gouvernement du Hamas ne veut plus rien dire. Prétendre que le gouvernement du Hamas à Gaza est ligitime, cela revient à dire que le gouvernement d'Adolf Hitler était légitime. Car la prise de pouvoir et l'élimination de la démocratie par le Hamas suit exactement la même méthode que celle pratiquée par les Nazis en Allemagne dans les années 30.

10:11 Publié dans Monde, Politique | Tags : hamas, palestine | Lien permanent | Commentaires (46)

02/06/2010

La paix est-elle possible au Proche-Orient ?

Il y a quinze ans de cela, j'aurais répondu oui sans hésiter. Peut-être parce que j'étais plus jeune. Peut-être parce que la situation s'y prétait. Qu'elle a été proche cette paix lorsque les peuples semblaient enfin prêts à se donner la main. Mais qu'elle est loin cette époque. Après les évènements de ces derniers jours, on ne peut que s'interroger sur la possibilité d'arriver un jour à conclure une paix durable. Car plus que jamais, la paix semble hors de portée.

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On peut même dire qu'aujourd'hui les positions semblent plus éloignées les unes des autres qu'elles ne l'ont jamais été. Il faut dire que tant d'eau a coulé sous les ponts. Yitzhak Rabin assassiné par les siens pour torpiller le processus de paix. La seconde Intifada. La prise de pouvoir de la droite dure. Alors tout semblait fini.

Puis soudain, une lueur d'espoir. Lorsque le gouvernement Sharon a décidé d'évacuer la bande de Gaza, j'ai vraiment voulu croire que c'était le début d'une nouvelle détente. Que la suite allait suivre. Mais c'était sans compter sur la haine réciproque des peuples. Car à part la haine, qu'est-ce qui aurait pu justifier le choix du Hamas pour gouverner au destin des Gazaouis ? J'avoue que j'ai gardé un certain ressentiment contre le peuple de Gaza. Pour moi, l'élection du Hamas est le pire crime contre la paix qu'il pouvait commettre. Les peuples ont le droit de choisir leurs représentants. Mais ils doivent aussi savoir que certains choix ont des conséquences. L'opération Plomb durçi et le blocus sont la conséquence directe de ce choix. En Europe, l'Autriche s'était bien retrouvée isolée politiquement après l'entrée de Jörg Haider au gouvernement. Et pourtant, l'Autriche n'a jamais tiré de missiles sur ses voisins, ni envoyé de bombes humaines...

Aujourd'hui qu'est-ce qui pourrait relancer ce processus de paix ? Certes Barack Obama aimerait bien réussir le même tour de force que celui qu'avait accompli le précédent démocrate à avoir occupé son poste. Mais pour ma part je ne crois plus à la paix. Ou alors une paix à la Bosniaque. Après une grande guerre où toute la haine réciproque aura pu se déchainer. Puis on pourrait réapprendre à vivre côte-à-côte. C'est ce que je pense aujourd'hui: pour que les choses s'améliorent, il faudrait d'abord qu'elles aillent beaucoup plus mal.

On parle souvent de paix. Mais moi je n'y crois plus. Une paix basée sur la séparation des peuples, sur l'ignorance de l'autre, ça n'est de toute façon pas vraiment la paix. Seule l'acceptation de l'autre pourrait être la source d'une paix harmonieuse. Si les peuples pouvaient ouvrir les yeux et dire non au fascisme, s'ils pouvaient faire le pas vers l'autre peuple et ne plus écouter les fauteurs de guerre, alors tout serait possible. Il suffirait que les peuples cherchent à se connaître. Mais l'homme est ce qu'il est. La peur de l'autre mène à la haine. Et certains font leur fond de commerce de la haine. Ils s'en nourrissent. Sans la haine, ils n'auraient tout simplement plus leur raison d'être. Alors ils instillent la peur qui conduit à la haine. Et ils gagnent à chaque fois. Non il n'y aura pas de paix au Proche-Orient, je ne veux plus y croire.

01/06/2010

Israël forcément coupable ?

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Hier j'ai écrit un billet critique quant à la position israélienne sur les armes atomiques, aujourd'hui j'appelle à la mesure concernant l'affaire de la flottille dite humanitaire qui a été abordée hier par Tsahal. D'autres que moi sont plus radicaux en rejetant directement la culpabilité sur les occupants des navires. D.J. et hommelibre entre autres. D'autres encore, comme Demir Sönmez crient sans attendre à l'acte de barbarie gratuit. Tous ont en tout cas une chose en commun: ils se sont déjà fait une opinion et n'accepteront jamais une conclusion d'enquête qui ne confirme pas leur vision des faits.

Pour ma part, je ne jugerai pas de l'affaire. Il y aura sans doute une enquête indépendante, il faut donc attendre ses résultats avant de prendre position. (pourtant il semble qu'une majorité d'Occidentaux aient déjà pris position, car quand Israël est l'accusé et le Hamas l'accusateur, Israël est forcément coupable...) Pour l'instant en tout cas, c'est une bonne chose que les militaires aient tout filmé. Ils devaient se douter que ça ne se passerait pas tout simplement. Pour l'heure quelques points à relever:

- Depuis que cette flotille a appareillé, je me demande quel est le but de leur voyage, sachant qu'elle n'aurait jamais pu passer le blocus. Pour moi il a toujours été clair que cette opération avait des visées politiques. D'ailleurs les occupants de ces bateaux ne sont pas membres d'une ONG, mais sont qualifiés par la presse de "militants pro-palestinien" (terme politiquement correct pour désigner un militant pro-Hamas ?) Leur but n'était-il pas de prouver que les Israéliens sont des salauds qui affament les enfants de Gaza ?

- D'ailleurs, une ONG ne procède jamais de la sorte en tentant de forcer un blocus. Les ONG collaborent avec les militaires et les forcent à respecter le droit humanitaire. Cela se pratique quotidiennement dans la région de Gaza.

- Il est absolument invraisemblable qu'on ait donné ordre aux soldats de tirer à vue sur les occupants "pacifiques" sachant que la réaction du monde et des médias occidentaux était totalement prévisible. Il est donc pour moi certain que les soldats ne s'attendaient pas à avoir à faire usage de leurs armes en posant le pied sur les navires.

- Cacher des combattants sous une bannière humanitaire est un crime de guerre, selon les lois internationales. (c'est pourtant ce que le Hamas n'a pas hésité à faire durant l'opération "Plomb durçi", mais ça ne gêne personne) Les images tournées par les militaires montrent clairement que des armes ont été utilisées par les "militants pacifiques". Et pas seulement pour se défendre, mais plutôt pour attaquer les soldats montés à bord.

Voilà. Pour moi, ça n'est pas suffisant pour dire que les soldats de Tsahal sont innocents, mais en tout cas suffisant pour leur laisser le bénéfice du doute et attendre qu'une enquête donne ses résultats. Pour moi, l'attitude de la presse est honteuse. (bravo par contre à la Tribune pour la diffusion des images tournées par les militaires, en plus de celles tournées par les occupants des navires) Je peux comprendre que Al Jazeera ait une version orientée, mais la presse occidentale devrait faire preuve de plus de mesure.

Pour moi cette affaire a tout d'une opération presque routinière qui a mal tourné. Il est possible que la réaction des soldats ait été disproportionnée, mais il est également plus que probable qu'ils aient subi des attaques délibérées dès leur arrivée à bord. Les images prises par les militaires semblent montrer que c'est le cas. Mais il est également possible que les images aient été sorties d'un contexte plus global et donc manipulées. Donc pour l'instant rien ne permet de prendre position de manière catégorique.