15/06/2010

Mme la Conseillère fédérale

Ca ne m'arrive pas souvent de faire usage de la zapette lorsque j'entends un Conseiller fédéral parler d'un sujet qui m'intéresse. Normallement je reste pendu à ses lèvres. Mais hier soir, lorsque j'ai entendu parler Micheline Calmy Rey au TJ de 19h30, sur la TSR je n'ai pas pu m'empêcher d'éteindre ma télévision.

CalmyRey.JPGCar quand on ose aligner de pareilles énormités, ça ne peut que donner la nausée au télespectateur. Déjà quand elle annonce que la Suisse a des amis, on peut se demander si elle vit dans le même monde que nous. D'accord, je suis sûr que l'Espagne et l'Allemagne voulaient sincèrement résoudre la crise et faire libérer Max Göldi. Mais lorsqu'elle cite Silvio Berlusconi comme ami de la Suisse, c'est trop énorme ! Cet homme qui ricannait quand le Colonel annonçait sans sourciller que la Suisse doit être démembrée ! Pour qu'il se décide à user de son influence auprès du guide suprême, il aura fallu qu'on mette les entreprises italiennes actives en Libye en dificulté ! Pourquoi pas Nicolas Sarkozy pendant qu'on y est ? Avec des amis comme ça, à quoi ça sert d'avoir des ennemis tels que Muammar Kadhafi ?

En parlant de démembrement de la Suisse, je passe sur la faiblesse de sa réaction lorsque le Colonel a évoqué le rattachement de la Suisse romande à notre grand voisin. Elle aurait tout de même pu lui faire remarquer que c'est aux populations locales de décider et lui faire comprendre que la Suisse est un pays solidaire où les barrières de langues ne sont pas suffisantes pour que la population souhaite une séparation, comme c'est le cas de pas mal de monde en Belgique par exemple. Il me semble qu'un tel discours resterait courtois et n'empêcherait pas une bonne ambiance de négociations.

Je reviendrai une autre fois sur le tribunal arbitral. Je peux comprendre que du point de vue diplomatique, le règlement d'un contentieux nécessite des consessions. Mais le problème, c'est qu'en acceptant de subordonner notre justice à une autorité dont aucune référence n'est faite dans notre constitution, on contrevient aux règles de l'état de droit. Et puisqu'on accepte une telle situation, pourquoi ne pas avoir exigé que le cas de Max Göldi soit vérifié par une autorité arbitrale ?

Mais ce qui m'a vraiment révolté, c'est le fait qu'elle dise que la sortie des otages était le but de toutes ces négociations. Et pire: qu'elle est fière du résultat. Finalement, j'espère que ça n'est pas le cas, parce que le moins qu'on puisse dire, c'est que l'échec de ces négociations est terrible. 2 ans pour arriver à faire libérer un innocent, voilà qui ne pousse pas à la fanfaronnade Mme Calmy Rey.

Commentaires

Bonjour Kad !

Madame Calmy-Rey était visiblement très émue hier soir lors de l'interview qu'elle a accordée au TJ de 19h30 hier soir, ce qui peut expliquer certaines déclarations inopportunes ...

Réjouissons-nous de la libération et du retour de Max Göldi parmi les siens, ce qui n'était à priori pas une évidence, même si dans toute cette affaire, le droit penchait indéniablement en faveur de la Suisse.

Les deux otages étant désormais de retour en Suisse et en sécurité, commence le temps de l'analyse et de la critique car de toute cette lamentable affaire nous devons tirer des enseignements.

1° Les États n'ont point d'amis, ils n'ont que des intérêts !
A cet égard je comprends et partage votre révolte à propos des remerciements adressés par Madame Calmy-Rey à Silvio Berlusconi :

" Mais lorsqu'elle cite Silvio Berlusconi comme ami de la Suisse, c'est trop énorme ! "

Exactement ! Car on ne peut pas vraiment dire que l'Italie a aidé la Suisse dans toute cette affaire et j'en veux pour preuve la déclaration de Franco Frattini, ministre des affaires étrangères italien qui accusait la Suisse de "prendre les citoyens européens en otage" lorsque notre pays eut mis les membres de la "maffia libyenne" sur une "liste noire", les privant de visas Schengen.

On pourrait en dire autant de Malte qui entretient aussi beaucoup d'intérêts économiques avec la Libye.

On peut aussi ajouter la France. Qui a oublié ici en Suisse les déclarations lamentables de Bernard Kouchner, ex-humanitaire recyclé dans l'opportunisme, qui se gaussait de la situation devant les caméras de la TSR ?

Et bien d'autres encore ...

2° Sur le plan intérieur, en Suisse même, les milieux économiques rêvent de pouvoir reprendre leur business avec la Libye, malgré le coupe-gorge que représente son régime.

Alors, devrons-nous en Suisse dresser une liste noire des pays avec lesquels nous devrions nous interdire de commercer ? Oui, peut-être, oui certainement, encore faudrait-il s'entendre sur les critères de bannissement de ces pays ...

Et que penser par exemple de la défense des intérêts libyens par Me Charles Poncet dans le litige qui oppose ce pays à la Suisse ?

3° Et puis sur les plans politiques et institutionnels, tous ces événements doivent nous inciter à nous réformer. Il y aura en la matière, beaucoup à faire !

Alors lorsque j'entends pérorer dans la presse de "normalisation avec la Libye", cela m'interpelle fortement. Normaliser quoi, normaliser jusqu'où, normaliser avec qui ?

Si par normaliser, on sous-entend que l'engeance Kadhafi pourrait revenir en Suisse pour se comporter sans aucun respect pour notre ordre légal, en toute impunité, si cette normalisation devait impliquer la mise en danger de la vie de nos propres ressortissants expatriés en Libye pour y exercer des activités économiques, techniques, médicales, etc. alors NON !!!

Soyons clairs, nos relations avec la Libye ne seront et ne pourrons jamais revenir à la situation antérieure à ce jour de juillet 2008 où MM. Hamdani et Göldi ont été arrêtés et kidnappés par la junte libyenne, au mépris de toutes les règles de droit international, tant que le régime de Kadhafi sera au pouvoir à Tripoli !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 15/06/2010

c'est la diplomatie à laquelle nous ne comprenons rien...... les ennemis d'hier sont les amis de demain..... a quand une invitation de m. kadhafi en suisse et une autorisation à reprendre ses amitiés bancaires....

Écrit par : minouche | 15/06/2010

moi je n'ai qu'une question.
C'est quand qu'elle se tire du conseil fédéral? parce que je ne pense pas qu'elle est l'honneur de démissionner (faudrait déjà qu'elle est un peu d'honneur) bref. Cette femme est INSUPPORTABLE!

Écrit par : patriciacmoi | 27/06/2010

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