30/04/2010

La Belgique ou l'échec d'un fédéralisme basé sur les communautés linguistiques

Bien sûr, il y a des précédents. On peut citer l'Irlande du Nord qui s'est longtemps déchirée sur la question de la séparation du Royaume-Uni. Mais dans ce cas-là, la souveraineté britannique sur ce petit morceau d'île est un reliquat de l'impérialisme britannique. Peu comparable donc. On peut aussi citer le divorce des Tchèques et des Slovaques ainsi que les multiples divorces ex-yougoslaves. Si le premier s'est réalisé dans le calme, les seconds se sont déroulés dans la douleur. C'est bien connu, pas tout le monde réussit son divorce. Mais ces deux cas partagent un point commun: ils sont issus d'un mariage forcé, maintenu en place par une dictature sans partage. Les tensions se sont donc accumulées pendant des années et lorsque la dictature a disparu, le mariage a sombré avec elle.

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29/04/2010

La grande faillite des plans de relance européens

On vous avait chanté les louanges de ces fantastiques plans de sauvetage que tous les pays développés ont lancé pour sauver leurs principales institutions financières. Même la Suisse, avec son gros plan de sauvetage de l'UBS, s'était jointe à cette grande action mondiale, censée sauver le monde d'un naufrage économique d'ampleur stratosphérique! Pour vous démontrer la nécessité de tels plans, on vous a rappelé que lors de la grande dépression des années trente, on avait cru qu'il ne s'agissait que d'une adaptation des marchés, que les branches pourries allaient casser et que les autres allaient les remplacer. Mais selon eux, si la crise s'est éternisée, c'est parce que ce mécanisme ne fonctionne pas. Lorsque l'économie chute, elle cale et ne parvient pas à redémarrer.

Ils suivaient en cela les théories de John Maynard Keynes, pourtant tombées en désuetude, qui avait analysé les raisons de la dépression. Ces théories, qui n'avaient jamais vraiment été confrontées à la pratique, ont alors été suivies à la lettre. Après la chute de Lehman Brothers, on s'est évertué à ne plus laisser tomber les banques d'investissement, pourtant largement responsables de la crise ainsi que de leur propre situation. Les états ont instantanément trouvé des sommes faramineuses pour sauver de la faillite ces géants financiers. Ces mêmes états étant pourtant eux-mêmes dans une situation économique assez difficile et en déficit chronique. Les milliards ont alors plu sur le monde bancaire. Jusqu'il y a peu, on s'est félicité un peu partout de la grande clairvoyance des gouvernements qui ont évité une grande partie de la crise. Pourtant les signes étaient là. Le G20, qui avait pour mission de créer une nouvelle régulation de la finance mondiale, n'a-t-il pas acouché d'une souris en ne réussissant à se mettre d'accord que sur des lois anti-"paradis fiscaux" ? Pourquoi la fiscalité était-elle la cible de ces grands états, alors qu'ils auraient dû se fixer sur les causes de la crise ? La réponse est simple pour qui veut la voir: tous ces grands états sont des colosses aux pieds d'argile. Ils se sont mis dans une situation budgétaire intenable avec leurs gigantesques plans de relance et recherchent maintenant le moindre revenu qui pourrait leur permettre de sauver leur peau. Mais rien n'y fera. Ils sont condamnés.

La situation est maintenant assez surréaliste. Ceux qui ont déclenché la crise sont toujours là. L'énorme manne financière qui leur a été fournie leur a évité les pourtant indispensables réformes qui auraient pu les assainir. Sans être la cause première de la crise, la reprise du système de rémunération variable pratiqué auparavant avant même le retour aux chiffres noirs prouve bien que le système est totalement pourri de l'intérieur. Tout est donc à nouveau en place pour qu'une nouvelle catastrophe financière se produise. Tout ce qui change, c'est que les états sont totalement démunis. Au prochain crash, ils ne pourront plus rien faire pour sauver les banques.

D'ailleurs, ils n'auront sans doute pas le temps d'avoir qui que ce soit à aider. Car après le gigantesque transfert de fonds dont les milieux financiers ont bénéficié au détriment des états, les premières victimes risquent bien d'être les états eux-mêmes. En Europe particulièrement, l'imbrication des économies risque de faire des dégâts sans précédent sur les économies publiques des grands états. D'abord les plus faibles vont être touchés. Mais il est évident que les grands états ne pourront pas les laisser tomber du fait de leur implication économique réciproque. C'est donc l'ensemble de l'Europe qui va sombrer dans la crise. Et le monde suivra. On a voulu éviter la crise. On a cru y être arrivé. Mais c'est bien connu en physique: rien ne se créé, rien ne se perd. C'est vrai pour l'énergie, mais c'est également applicable en économie. Lorsque de l'argent est artificiellement créé, cela fait un effet de bulle. Et toutes les bulles finissent par éclater. Si on cherche à les en empêcher, elles continuent à grossir et finissent de toute manière par éclater. Et alors, la catastrophe est bien plus gigantesque...

23/04/2010

La non-fusion Orange-Sunrise, une surprise ?

Une surprise pour tous les observateurs. C'est ce qu'on nous apprend dans la Tribune d'aujourd'hui. Il semble que beaucoup de monde tombe des nues en apprenant que la Comco a interdit à Orange et Sunrise de fusionner. Au travers de son édito, M. Pierre-Yves Frei fait la comparaison entre ce cas et la désinvolture avec laquelle la Comco a jugé les acquisitions effectuées par Coop et Migros ces dernières années. En effet, dans le commerce de détail, on se retrouve dans une situation où Coop et Migros se partagent le marché de fait, après notament les acquisitions de Denner par Migros et de Carrefour par Coop. C'est vrai que dans le cas de ces chaînes de magasins, la Comco n'a pas fait preuve d'une grande clairvoyance. Mais si on s'est trompé une fois, est-ce une raison pour se tromper à chaque fois ?

Pour ce qui est du commerce de détail, il faut reconnaître que l'enchaînement des évènements n'a pas aidé la Comco à prendre les justes décisions. D'abord, il y a eu l'arrivée d'Aldi et de Lidl sur le marché suisse. Bien que ne bataillant pas tout à fait dans le même segment de marché, l'arrivée de ces deux acteurs a forcément influencé la Comco dans ses choix. Puis le fait est que ces deux acquisitions n'ont pas été faites en même temps. D'abord il y a eu l'acquisition de Denner par Migros. L'acquisition de la plus grande chaîne du segment "discount" par le plus gros détaillant de Suisse était forcément un danger. La Comco a sans doute eu du mal à trancher. Mais c'est justement l'arrivée d'Aldi et Lidl sur un segment proche de celui de Denner qui a dû les convaincre que cette acquisition pouvait être validée.

Puis peu de temps après, Coop annonce sa décision de reprendre les points de vente laissés par Carrefour. D'une part, Carrefour ayant décidé de quitter le marché suisse, il était improbable qu'une nouvelle enseigne voit le jour. C'est un peu comme s'il n'y avait pas eu de plan B. Ensuite, juste après avoir accordé à Migros le droit de reprendre Denner, il était un peu difficile de dire non à Coop. Cela aurait biaisé la concurrence entre les deux grands détaillants, ce qui irait bien sûr à l'encontre de la mission de la Comco. C'est ainsi que, probablement la mort dans l'âme, la Comco a validé cette seconde fusion également. Elle a toutefois fixé des conditions à Coop, l'obligeant à céder des surfaces équivalentes à celles acquises en Suisse romande, sans doute afin de faciliter l'implantation des deux nouveaux arrivants dans notre bout de pays.

Pour ce qui est de la téléphonie, la situation est-elle la même ? D'abord, il faut séparer les activités de téléphonie mobile de celles de téléphonie fixe et de service Internet. En effet, Orange n'étant pas ou peu active dans les deux secondes, ces segments de marché ne posent pas de problèmes. De plus, une concurrence importante est déjà effective dans ces segments du domaine des télécommunications, un regroupement pourrait tout à fait se faire sans prétériter la concurrence. Par contre, dans le domaine de la téléphonie mobile, il existe une situation de concurrence faible, due à des raisons techniques principalement. Dans ces conditions, la Comco pouvait-elle accepter un regroupement de ces deux sociétés ? Evidemment non. Elle aurait failli à sa mission si elle avait accepté. Je ne peux dès lors pas comprendre que des observateurs qui se prétendent spécialistes de la question soient étonnés de cette décision. Il n'y avait pas d'autre décision possible, du moins pas avant qu'un autre acteur se présente pour reprendre la concession de téléphonie mobile libérée. Et compte tenu de la difficulté de s'implanter dans un marché aussi fermé, je ne pense pas que quelqu'un va montrer de l'intérêt prochainement.

Donc finalement, si Orange souhaite faire des acquisitions, il faudra se tourner vers la téléphonie fixe ou Internet. La Comco ne s'opposera pas à des acquisitions visant à la diversification des activités et non au regroupement. C'est le seul moyen que France Telecom peut utiliser pour atteindre une taille critique sur le marché suisse, sans doute assez étriqué au vue des ses ambitions européennes. Sunrise pourra également effectuer des regroupement avec d'autres sociétés plus petites actives dans ces marchés. Mais jamais, la Comco ne cédera sur la téléphonie mobile, car sa mission le lui interdit tout simplement. Qu'Orange et Sunrise en soient donc prévenus!

10:45 Publié dans Economie, Suisse | Tags : fusion, orange, sunrise | Lien permanent | Commentaires (0)

17/04/2010

A quoi sert l'OMS ?

On dirait une perte d'identité. A chaque fois que l'OMS prend position, c'est pour faire de l'alarmisme déplacé. Alors que le ciel suisse et une grande partie du ciel européen se vident de leur trafic aérien, pour répondre à un risque limité mais certain, l'OMS s'inquiète de la dangerosité des particules volcaniques pour la santé de la population. C'est à se demander si cette organisation est seulement capable de regarder ce qui s'est produit dans le passé. A l'échelle mondiale, les éruptions volcaniques n'ont rien d'exceptionnel. Une organisation internationale devrait donc être capable de faire des prévisions en se basant sur les cas répertoriés. Et l'expérience est sans équivoque: à moins de se trouver à proximité immédiate de la source volcanique, les nuages de poussière ne présentent aucun danger.

photo_1271455295336-1-0_w350.jpgEt pour cause. Outre le fait que ces nuages se déplacent en haute atmosphère et ne peuvent pratiquement retomber qu'en cas de pluie, et donc mélangés à l'eau de pluie, on parle de concentrations infimes. Même si le nuage se retrouvait au niveau du sol, ça ne ferait pratiquement aucune différence compte tenu des concentrations habituelles de particules polluantes. D'autant plus que ce volcan n'a rien de terrifiant. Les quantités de particules relâchées sont très limitées. En réalité, la seule chose qui rend cette éruption exceptionnelle pour nous, c'est le fait que le vent pousse le nuage de particules au-dessus de nos têtes...

Alors, outre l'interdiction de survol de notre espace aérien, que peut-on craindre ? L'effet le plus important qu'on  puisse craindre (ou espérer) ce sont des levers ou des couchers de Soleil plus longs et plus rougeoyants que d'habitude ! En effet, si le voile d'altitude est invisible à l'oeil nu, il fait office de prisme et lorsque le Soleil est bas, la lumière est difractée de manière plus prononcée que d'habitude. Il est également possible que ce nuage nous prive en partie du réchauffement printanier bienfaiteur que nous avait promis Meteosuisse pour ce week-end. Car le voile de particules sulfurées filtre la lumière du Soleil et l'empêche d'atteindre totalement le sol. Certains scientifiques, que je qualifierais pour ma part plutôt d'apprentis-sorciers, n'ont-ils pas proposé de rejeter des particules sulfurées dans la haute-atmosphère pour simuler l'effet des éruptions volcaniques et lutter ainsi contre le réchauffement planétaire ? L'effet refroidissant des nuages volcaniques est en effet bien connu. L'éruption du Pinatubo en 1991 est par exemple créditée d'un refroidissement planétaire de 0,6° pendant 2 ans ! Mais bien sûr, on n'avait pas alors affaire au même type de volcan. Il s'agissait d'une des plus terribles éruptions du 20ème siècle, qui a rejeté pas moins de 10 km3 de matériaux dans l'atmosphère ! Une grande partie de ces matériaux à fait le tour de la Terre et a continué à obscurcir le ciel de notre planète durant plusieurs années...

Pour en revenir à l'OMS, cette organisation a-t-elle encore une utilité ? Après avoir été à la source de l'alarmisme exagéré à propos de la grippette H1N1, elle lance une fois de plus un avis à l'emporte-pièce, allant jusqu'à conseiller aux asthmatiques de sortir avec un masque ! Après les masques pour les grippés, les masques pour les asthmatiques... A croire que les responsables de l'OMS possèdent des intérêts dans la fabrication de ces masques. D'ailleurs le problème est peut-être là: les responsables de cette organisation peuvent légitimement être mis en question. D'une part, la "crise" du H1N1 pose clairement la question de la collusion de ces responsables avec l'industrie pharmaceutique. D'autre part, ils semblent si empressés à appliquer le principe de précaution à tort et à travers à la première occasion, qu'ils paraissent totalement dépassés par leur charge. Alors je pense que la réponse est oui, l'OMS sert toujours à quelque chose. Mais l'organisation devrait remplacer au plus vite ses dirigeants avant que son discrédit soit total.

12/04/2010

Pour une école laïque en Suisse!

Ainsi des cantons alémaniques ont autorisé des fillettes musulmanes à fréquenter les cours de natation en burkini, maillot de bain éstampillé Islam friendly... Sur le fond, ils ont bien raison de trouver que ces jeunes filles ne doivent pas être dispensées de cours de natation du fait de leur religion. Et on pourrait penser comme eux que la burkini n'est pas une concession très grave. Mais le problème, c'est que cette concession est une dérive qui en appelle d'autres. Dès lors qu'on fait ce premier pas, qu'est-ce qui empêche qu'on accepte d'autres concessions ? Pourquoi les filles n'auraient pas le droit de fréquenter les cours en portant le voile ? Qu'est-ce qui les empêcheraient de travailler dans l'administration avec ce même voile ? Pourquoi ne pas accepter d'établir des heures d'ouverture spéciales pour les femmes musulmanes dans les piscines publiques ?

Il existe pourtant une réponse unique à toutes ces attaques contre notre système. Elle se nomme "laïcité" ! Cette réponse, universelle admise comme inattaquable par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour autant qu'elle règle les rapports à l'état de toutes les religions, est la protection ultîme contre toute tentative de la religion de s'immiscer dans la vie publique.  Or la Suisse, à l'exception de trois cantons dont Genève, n'a pas choisi officiellement la laïcité. Elle l'applique plus ou moins certes, mais aucune obligation n'est faite aux cantons et à leurs administrations de la respecter. L'école étant du ressort cantonal, il est évident qu'on voit dès lors un peu de tout. Des croix dans les écoles valaisannes, des cours de religion ici ou là. Et bien sûr la perception de taxes éclésiastiques est réalisée par la plupart des cantons. Non la Suisse n'est pas un pays laïque.

burkini.jpgDès lors, comment justifier une interdiction du voile islamique ? Si la religion chrétienne a le droit de s'immiscer dans la vie publique, pourquoi la religion musulmane ne le pourrait pas ? Certes, il nous semble à priori que l'église chrétienne est moins invasive que l'église musulmane. Mais ça n'est finalement qu'une question culturelle. Dans un pays à majorité musulmane, ce sont les traditions chrétiennes qui paraissent plus invasives. Et c'est cette meilleure adéquation avec notre culture qui nous a poussé à retarder le débat de la laïcité en Suisse. Il ne semblait pas jusqu'à aujourd'hui que notre démocratie avait besoin de se protéger de la religion. Mais l'arrivée de l'Islam devrait nous amener à revoir ce jugement. Car tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, des lois ou des règlements spéciaux pour les personnes de confession musulmane vont commencer à fleurir aux quatre coins de Suisse.

Mais que signifie l'introduction de la laïcité en Suisse ? Et bien, il faudra commencer par éliminer de notre Constitution, ainsi que de toutes les Constitutions cantonales, toute référence à la religion. Entre autres les préambules, telles que le "Au nom de Dieu tout puissant" de la Constitution fédérale, doivent absolument en disparaître. Ensuite, un article doit y être ajouté, stipulant que l'état et la religion doivent être totalement séparées et cela à tous les niveaux de l'administration. Et enfin, il va de soi que l'article contre les minarets ne peut pas y perdurer tel quel, car il s'agit d'une référence religieuse inacceptable dans un état laïque. Il pourrait par exemple être remplacé par un article interdisant les constructions à caractère religieux ne respectant pas la tradition architecturale locale. Sur le fond ça revient à peu près au même. Sauf que ça n'est pas dirigé que contre l'Islam...

En revanche, contrairement à une idée reçue, la laïcité n'exclue pas le religieux. Par exemple, dans un état laïque des écoles privées à caractère religieux sont tout à fait admises. Alors, si on admet l'existence d'écoles catholiques, pourquoi on n'autoriserait pas la création d'écoles musulmanes ? Personnellement, ça ne me gênerait pas. Ou du moins, ça ne me gênerait pas tant qu'il ne s'agirait pas d'écoles coraniques destinées à faire du lavage de cerveaux chez les petits Musulmans. Un certain contrôle resterait donc nécessaire. Entre autres, ces écoles devraient respecter un programme de base permettant à tout moment de rejoindre l'école publique, programme auquel ces écoles pourraient ajouter un enseignement religieux prodigué par des pédagogues agréés. De même, des cimetières privés musulmans ou des piscines privées musulmanes n'entrent pas en conflit avec la laïcité. (contrairement aux carrés confessionnels dans les cimetières publiques ou les heures réservées aux femmes musulmanes dans les piscines publiques)

A noter que la Constituante genevoise envisage d'introduire un préambule à caractère plus ou moins religieux dans la nouvelle Constitution. Il s'agit d'une tentative évidente de l'église de mettre fin à la tradition laïque séculaire de Genève. Personnellement, cela constituerait pour moi un motif de rejet de toute cette Constitution. Et si la nouvelle Constitution devait contenir un tel article, non seulement je la refuserais, mais je militerais même activement contre elle.

Pour de plus amples renseignements sur la laïcité en Suisse, le site de l'association suisse pour la laïcité, présidée par Yves Scheller, explique très bien ces vues.

09/04/2010

L'accord START II est signé

Ce n'est pas une révolution, mais cela participe à une évolution plutôt positive. A petits pas, le monde se rapproche du but désormais poursuivi par le Conseil de Sécurité de l'ONU, à savoir l'élimination des armes nucléaires de la surface du globe. Certes une réduction d'un tiers du nombre d'ogives possédées par les deux grandes puissances ne va pas changer grand chose à la problématique. Toutefois, le fait que les deux grands se soient à nouveau assis à une table pour parler désarmement, c'était pratiquement inespéré il y a seulement deux ou trois ans. A nouveau, la dynamique est relancée et, on ne peut en douter, l'histoire reprend son cours dans la bonne direction.

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Toutefois, on peut encore entrevoir une différence de discours plutôt inquiétante à propos de l'Iran. Washingthon continue à montrer clairement sa fermeté vis-à-vis de cet état et de sa politique clairement illégale du fait qu'il est signataire du traité de non-prolifération. (TNP) En effet, les déclarations iraniennes selon lesquelles le programme nucléaire iranien serait purement civil ne tiennent absolument pas la route. Dans ce cas, pourquoi refuser la visite des installations nucléaires par l'AIEA ? (Agence Internationale de l'Energie Atomique) Pourquoi enterrer les sites d'enrichissement d'uranium dans des bunkers invisibles aux yeux des satellites et à l'abri des bombardements conventionnels ? Pourquoi développer parallèlement un programme de missiles à longue portée ? Croire à un programme nucléaire iranien purement civil, c'est se voiler la face. On ne peut pas y croire avec honnêteté. Et pourtant c'est ce que les Russes continuent à feindre de croire.

La raison en est simple. La Russie a largement participé au développement de la technologie nucléaire iranienne ! Bien sûr, ils n'ont joué un rôle que pour la construction d'implantations à caractère strictement civil en Iran. Toutefois, cette aide a largement profité au programme nucléaire militaire iranien, en lui faisant gagner de nombreuses années. Si les Russes ferment les yeux sur ce point, c'est qu'ils en ont tiré de substanciels bénéfices. Et bien sûr, parce qu'ils espèrent encore en tirer de nouveaux bénéfices. La conséquence, c'est une déclaration extrêmement molle à propos de l'Iran. Ils envisagent bien des sanctions, mais ne font aucune déclaration précise dans ce sens. Ils gagnent du temps c'est certain.

De même, la question des armes anti-missiles reste étrangement un point de discorde. Ce programme américain dirigé clairement contre l'Iran et la Corée du Nord est toujours ressenti comme une agression par les Russes. Pourquoi des armes défensives, développées par un allié et partenaire pour se protéger d'états tiers, devraient être ressenties comme une agression ? Bien sûr, ces armes sont également capables d'arrêter des missiles russes. Mais comme officiellement, ces missiles ne sont pas tournés vers l'Occident, qu'est-ce que ça peut faire ? Et bien le problème à nouveau, c'est les liens entre la Russie et l'Iran. La Russie ne fera rien pour froisser son voisin du Sud. Elle ne veut pas risquer que l'Iran se tourne totalement vers la Chine ou d'autres partenaires. Elle tient à ses contrats. Mais ce jeu dangereux que joue la Russie risque bien de se retourner un jour contre elle. Car aujourd'hui déjà, son territoire est à portée des missiles iraniens. Un jour ou l'autre, elle va probablement subir le chantage iranien. L'Iran qui ne manquera pas de prendre le leadership au sein de l'OPEP le jour il possédera la puissance militaire nécessaire pour dicter sa politique à tout les pays du Golfe Persique. L'Iran qui pourra alors fixer les conditions de l'accès au pétrole pour le monde entier. Et la Russie ne fera pas exception. Elle devra se plier aux règles fixées par l'Iran et aura alors perdu son indépendance parmi les pays producteurs de pétrole.

Pour éviter le piège qui lui est tendu par le président iranien Ahmadinejad, la Russie devrait aujourd'hui clairement prendre position. La seule position salvatrice à long terme serait de se ranger du côté occidental et, pourquoi pas, demander de bénéficier de la protection anti-missiles américaine. Elle pourrait même proposer un traité militaire élargi avec les pays de l'OTAN et d'autres états, tels les pays de l'ex-bloc de l'Est, le Japon et la Corée du Sud. Malheureusement, il ne semble pas qu'on en prenne le chemin. Le jeu des alliances internationales est très complexes et les intérêts économiques supplantent trop souvent les intérêts stratégiques. A ce rythme-là, ça n'est plus qu'une question de quelques mois avant que l'Iran soit en position de réaliser son premier essai nucléaire. Et alors, nous ne pourrons plus jamais nous sentir parfaitement en sécurité...

01/04/2010

Une croix autoroutière pour Genève!

Dans le cadre du projet d'agglomération franco-valdo-genevois, le Département de l'aménagement du territoire de Genève a dans ses cartons un nouveau projet: la Croix autoroutière! Exit la traversée du Lac, désormais on passera par le centre de Genève! Ce nouveau projet prévoit de relier par de longs tunnels l'autoroute des Jeunes, la douane de Vallard et l'échangeur du Vengeron. Une sortie permettra de quitter l'autoroute en plein centre de Genève, tout près de la gare Cornavin.

Je trouvecroix autoroutière.jpg ce projet très enthousiasmant, en ce sens qu'il permettrait de gagner un temps précieux pour se rendre au centre-ville. En quelques minutes, nous voilà rendus dans les grands magasins du centre depuis Perly, Thônex ou Bellevue! Quel progrès! Mais bien sûr, un tel projet devra être complété par de nouveaux parkings en ville, sinon le gain de temps ne servira pas à grand chose.

Si tout va bien, le projet pourra être soumis au vote du Grand Conseil dans les 5 ans. Ensuite, le projet sera soumis au référendum facultatif. Si un référendum est lancé, un vote devra être organisé dans l'année qui suit. Si bien qu'il est très possible que les travaux puissent commencer durant la présente décennie! Pour un achèvement aux alentours de 2025. Voilà qui est beaucoup mieux que l'année 2040 pour laquelle on nous annonçait la traversée du lac...