27/03/2010

Sécurité routière: une statistique encourageante

Vous souvenez-vous de début novembre et de ces trois accidents mortels survenus coup sur coup ? Ils avaient fait énormément réagir. J'y avais moi-même consacré un billet plus étonné par le battage médiatique qu'on faisait autour de cette série d'accidents et par les réactions de politiciens que choqué par ce qui arrivait. Car il faut bien dire que l'humain se fait une fausse idée du hasard. Il pense que lorsque des évènements se déroulent au hasard, ils doivent forcément se dérouler à intervalle plus ou moins régulier. La meilleure preuve, c'est la croyance courante en une "loi des séries". Lorsqu'un évènement se déroule plusieurs fois d'affillée, on pense qu'il s'agit d'une sorte de fatalité. Mais c'est totalement faux. Il faut différencier les statistiques de la réalité. Ce n'est pas parce que les statistiques prévoient qu'un évènement se passe 3 fois par an, qu'il va se produire tous les ans 3 fois. Certaines années, il peut se produire 10 fois, et d'autres jamais! Ce n'est que sur les grands nombres que la réalité commence à se rapprocher de plus en plus de la statistique.

330061507.jpgOr, la statistique sur les accidents mortels à Genève ne peut pas être précise du fait du nombre, heureusement, très peu élevé de cas! La police cantonale vient de sortir sa statistique pour l'année 2009. On y voit que le nombre d'accidents, y compris les accidents avec blessés et les accidents avec dégâts matériels simples, sont en constante baisse depuis des années et cela malgré l'augmentation régulière de trafic. L'année 2009 semble même marquer une accélération de cette diminution alors que le nombre d'accidents était presque stable depuis 3 ans. Il faudra toutefois vérifier ce fait dans les prochaines années, mais le nombre total d'accidents est suffisamment élevé pour que la statistique soit assez fiable.

Finalement, il n'y a qu'un seul type d'accidents qui augmente, ceux avec décès! Et quelle augmentation: près de 50%. C'est sans doute malheureux, mais il faut voir que les fluctuations du graphique sont très importantes. A n'en pas douter, il s'agit d'une accumulation d'évènements qui sera probablement compensée l'année prochaine par une nouvelle baisse. Globalement, il est même probable que la tendance statistique suive la même courbe que celle des accidents, même si c'est difficilement perceptible. Car le taux d'accidents mortels n'a à priori aucune raison de varier beaucoup. Celui-ci se situe aux alentours de 1/200.

Et maintenant où sont-ils ces politiciens qui voulaient prendre des mesures spéciales pour enrayer les dangers croissants sur la route ? Ne réagissent-ils qu'aux journaux de la veille ? Ne sont-ils pas capables de suivre une ligne de conduite sur le long terme ? Il faut lutter sans cesse pour améliorer la sécurité de la route. C'est un travail quotidien et ceux qui en sont chargé n'ont pas attendu ces réactions pour s'en occuper. La meilleure preuve, c'est que les routes genevoises sont de plus en plus sûres, année après année. Dans cette statistique, ce que je trouve le plus intéressant, c'est le nombre d'accidents par voie de circulation. Il montre où il faut prendre des mesures pour continuer à abaisser le nombre d'accidents. Et c'est sans doute là-dessus qu'il faut mettre l'accent, plutôt que de prendre des mesures générales parce que 3 accidents d'affilée se sont produits.

Commentaires

Bonjour,

Votre remarque sur le peu de précision de la statistique est pertinente, vu le nombre de cas ; mais en tant que professionnel de l'enseignement de la conduite, je ne peux que me réjouir de ce fait-là, que cela soit sur le canton de Genève ou le canton de Vaud, où j'enseigne.
Mais il faut remarquer qu'une seule mort suite à un accident sur toute une année fait varier la statistique de plusieurs %.

Plusieurs facteurs entrent en compte dans la diminution des accidents : non seulement le cours de sensibilisation donné par des moniteurs de conduite fait son effet année après année, il faut aussi considérer les avancées technologiques des fabricants automobiles, et ne pas oublier non plus les efforts d'aménagement des routes (comme montré à la page 21).

Finalement, je ne pense pas que la répression doive être plus marquée après un certain nombre de morts, car il existe d'autres moyens de faire passer le message.

Écrit par : Raymond Porchet | 05/04/2010

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