25/02/2010

L'OPA verte sur le climat

Avant le milieu des années 80, aviez-vous entendu parler de la climatologie ? Peu probable, car cette science plutôt jeune, était encore très peu étudiée avant que la théorie du réchauffement climatique anthropique (dû à l'humain) ne fasse son apparition sur la scène politico-scientifique. Et pour cause, les crédits d'étude qui lui étaient alloués étaient à la mesure des retombées qu'on lui supposait. Science appliquée, dévolue donc à l'étude et la (tentative de) quantification d'un phénomène naturel réél, elle fait largement appel à la physique théorique pour expliquer les processus qui dirigent notre climat. Thermodynamique, mécanique des fluides, magnétisme, physique quantique, etc.. L'univers étant dirigé par la physique, notre atmosphère ne peut pas faire exception. Mais bien sûr, quand on fait de la physique théorique, on simplifie les situations pour les rendre facilement quantifiables. Par exemple, il est bien plus facile d'étudier le comportement d'un point de masse M, qu'un objet quelconque de même masse. Et bien la climatologie tente d'étudier le monde réél. Ce qui est évidemment très ingrat et donne rarement des résultats absolument indéniables. C'est pourquoi, lorsqu'il s'agit de passer de l'explication théorique à la quantification et à la prévision, la climatologie a recours, comme beaucoup d'autres sciences, aux modèles mathématiques qui ne sont rien de plus que des approximations.

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22/02/2010

Les Américains sont-ils les "méchants" ?

Question saugrenue, absolument pas pertinente et pourtant on entend souvent dire que les Etats-Unis sont les ennemis de la paix, qu'ils cherchent à gouverner le monde. Ils sont accusés de tous les maux de la Terre. Ils ont même créé le H1N1 en laboratoire. (peut mieux faire soit dit en passant) Bref en un mot, ils sont les méchants. Mais si on définit les Américains comme les méchants, on doit obligatoirement définir  leurs ennemis comme les gentils. C'est comme ça que ça se passe dans tout bon film... hollywoodien ! Un peu manichéen, même très, mais simplifier le monde, c'est bien pratique pour ceux qui ont de la peine à l'apréhender. Donc oui, qualifions les ennemis de l'Amérique de gentils. Qu'importe que ces pays soient des dictatures, des théocraties ou des groupes terroristes. S'ils sont contre les Américains, c'est bien qu'ils sont forcément de pauvres résistants, combattant l'hégémonie du mal représentée par la banière étoilée.

Quant aux amis de l'Amérique, ils sont forcément de fidèles toutous, des suppôts du grand Satan. Et ils n'ont aucune existence propre. Donc oui, le monde se découpe en deux camps. Dans un coin celui des amis du mal et dans l'autre celui des ennemis du mal, donc des amis du bien.  D'ailleurs c'est bien Georges W. Bush qui disait qu'on peut être soit avec eux, soit contre eux ? A moins que ce soit l'Empereur Palpatine, dans "La revanche des Siths". Ou alors les deux.

Bref. Dans le premier camp, on trouve entre autres l'Union Européenne, Israël, le Japon, la Corée du Sud. Tous ces braves chienchiens qui bavent à la moindre parole du grand frère américain permettent à ce dernier d'assurer une présence un peu partout autour de la Terre. Dans le second camp, on trouve les gentils comme l'Iran, la Corée du Nord, Al Quaida, les Talibans, le Hamas et le Hezbollah. Toutes ces pauvres victimes de la politique des Etats-Unis (et de leurs bras armé au Proche-Orient, Israël) ne veulent bien sûr que le bien de leurs populations. Ils sont obligés de les opprimer pour l'instant, mais pour leur bien. Le mal dont il faut les libérer c'est le Mal, avec un grand M, celui qui se tapit en Amérique du Nord !

Et au millieu, il reste quelques grands pays. Par exemple la Chine, la Russie, l'Arabie Saoudite ou le Pakistan. Des pays dont on ne sait pas (pour l'instant) sur quel pied ils veulent danser. Mais bien sûr, comme l'a dit W dans la citation ci-dessus, on ne peut être qu'avec les Américains ou contre les Américains. Donc si ces pays ne sont pas franchement avec les Américains, alors ils sont sauvés et ne se trouvent pas dans le camp du mal. Et forcément, puisqu'il n'y a que deux camps, ils se trouvent donc dans le camp du bien.  Ouf!

Voilà donc une splendide vision du monde, colportée par pas mal de monde en Occident. D'une part le camp du mal représenté par des pays qui sont, pour la plupart, des démocraties dans lesquelles il fait bon vivre et où on respecte à peu près les habitants, et de l'autre, le camp du bien avec une nuée de groupes terroristes, de dictatures sanguinaires et de théocraties totalitaires. Intéressant non ?

Comme je le disais au début, la question titre est en réalité sans intérêt. En matière de politique internationale, n'en déplaise à Hollywood, il n'y a pas de gentils. Il n'y a que des pays qui cherchent à tirer la couverture à eux, à gagner de l'influence. Les Etats-Unis ne font pas exception. Le fait qu'ils soient plus puissants que les autres ne les rends pas plus méchants que les autres. Ni plus gentils d'ailleurs. Ils ne font finalement rien d'autre que tous les autres pays.

Il faut toutefois rester attentifs. Les dérives du précédent gouvernement, qui avait sciemment menti à la population pour lui faire accepter et même encourager la guerre en Irak ne sont pas acceptables dans une démocratie. En s'abaissant de la sorte, les USA se sont abaissés au niveau de leurs ennemis. Et c'est probablement ce qui a amené beaucoup de monde à les considérer comme une puissance du mal. Mais il ne faut pas tout confondre. Les agissements de quelques individus ne font pas une nation. Les Américains finalement ne sont qu'un peuple comme les autres, avec des défauts et des qualités. Je pense qu'il est aussi idiot d'être anti-américain que d'être pro-américain. Il n'y a pas lieu d'être anti ou pro. Il y a d'ailleurs une chose qui m'exaspère, c'est entendre si souvent dire que les Américains sont incultes. Il s'agit d'une généralisation qui démontre plutôt la stupidité de celui qui le pense. D'autant que les Etats-Unis abrittent quelques-unes des plus prestigieuses universités du monde.

L'anti-américanisme est devenu politiquement correct. Les idées anti-atlantes sont bien sûr dopées par certaines manipulations des gouvernements américains précédents et même de l'actuel, mais surtout par une fronde universelle menée par une alliance de gauchistes et d'antisémites. Les islamistes qui se terrent en Occident n'y sont bien sûr pas étrangers, comme ce parti "anti-sioniste" qui a laissé un commentaire sur mon blog dernièrement. (voir ici, commentaire du 15.02.10) Ce dernier offre par son site une très belle démonstration de ce que j'avais avancé dans mon billet sur l'antisémitisme et l'antisionisme. Dans notre société se cachent bel et bien des gens qui prétendent défendre des valeurs de bien mais qui ne font que défendre le racisme et la haine. Leurs idées insidieuses se propagent dans la population, à tel point que beaucoup les considèrent déjà comme naturelles.

21/02/2010

Pourquoi on ne doit pas accepter une baisse du taux de conversion du 2ème pilier

On nous dit que les caisses de 2ème pilier courent à la faillite si on refuse la baisse du taux de conversion exigée. Or ce taux vient déjà d'être abaissé de 7.2% à 6.8%. Il semble bizarre de déclarer que ça n'est pas assez, alors que cette première baisse n'est pas encore entrée en vigueur! Je m'y suis donc intéressé pour vérifier leurs chiffres.

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16/02/2010

Le gouvernement italien se fiche de nous !

Dans un article de la TdG du jour, on apprend que M. Frattini, ministre des affaires étrangères italien, trouve que la Suisse prend l'Europe en otage dans l'affaire des visas Schengen refusés aux ressortissants libyens. Ce monsieur, dont le chef de gouvernement est mondialement connu pour sa très grande moralité, trouve que la Suisse se comporte mal en mettant en danger les intérêts économiques de son pays. Car n'oublions pas que dernièrement, alors que la Suisse se débattait pour faire libérer ses otages, M. Berlusconi recevait le guide suprême libyen dans ses salons feutrés, lui tendant un stylo pour lui faire signer de beaux contrats. Et bien sûr pour récupérer le pétrole que la Libye ne livrait plus à la Suisse ! Il est évidemment clair dans ces conditions que la suspension des visas entre l'espace Schengen et la Libye est problématique pour son pays. Difficile de faire du commerce avec un état voyou quand on ne peut pas y mettre les pieds...

Et le ministre de rajouter que son pays est "prêt à aider la Suisse à résoudre une question bilatérale" mais pas au dépens de tous !!! Car oui, ce ministre n'a aucune honte à dire n'importe quoi ! Si l'Italie avait voulu jouer les négociateurs pour le compte de la Suisse, ça fait un an et demi qu'elle aurait pu le faire ! Mais non, à la place pendant le G20, Berlusconi et les autres convives européens invités, ont bien rigolé lorsque le Colonel parlait de démembrer la Suisse ! Croit-il que la Suisse l'ait oublié ? Certainement pas ! Nous savons désormais que ce gouvernement italien, tout comme plusieurs autres gouvernements européens, n'est pas l'ami de notre pays. Et franchement, ça va faire le plus grand bien à ce ministre, dont le chef de cabinet aime autant faire des courbettes aux dictateurs méditerranéens que passer ses week-ends avec des jeunes filles à peine mineures, d'apprendre que la Suisse n'a aucun compte à lui rendre. Nous sommes un état souverain qui, s'il a un problème billatéral avec un état tiers, prend les mesures qui lui conviennent sans en référer à ses voisins. Particulièrement si ces voisins n'ont pas une fois proposé leur aide pour résoudre ce conflit.

Bref, on voit que la stratégie de la Suisse est la bonne. En interdisant l'entrée en Suisse de ressortissants libyens au bénéfice d'un visa Schengen, notre gouvernement a provoqué une crise inattendue entre la Libye et l'Union Européenne. Et ainsi elle a enfin poussé les grands gouvernements européens à réagir. Maintenant, la balle est dans leur camp. S'ils souhaitent résoudre ce problème de visas, ils n'ont qu'à forcer Kadhafi à résoudre au plus vite son litige avec la Suisse. Car le seul responsable de cette situation, c'est lui. La Suisse n'a rien fait pour que tout cela se produise et elle n'a pas à faire quoi que ce soit de plus pour résoudre le conflit.

Et je suis sûr qu'ils vont enfin s'activer pour protéger leurs intérêts en danger. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai bon espoir que nos ressortissants rentrent prochainement dans leurs foyers. Alors j'espère que le Conseil Fédéral va tenir bon et ne pas céder aux pressions de nos voisins. S'il montre de la fermeté aujourd'hui, non seulement cela devrait permettre aux otages d'obtenir une prochaine libération, mais en plus le Conseil Fédéral parviendra à redorer son image sérieusement ternie ces derniers temps.

13/02/2010

Un avocat pour les animaux est-il utile ?

Le 7 mars, nous serons appelés aux urnes. L'un des sujets qui fait le plus parler de lui, c'est la votation concernant les avocats pour animaux. Personnellement, j'ai toujours eu des animaux et je souhaite bien sûr que leur protection soit la meilleure possible. En effet, ils sont souvent sans défense face à l'homme, à leur maître en particulier, et il est souvent nécessaire que la justice applique la loi sur la protection des animaux pour défendre les plus malchanceux d'entre eux.

Mais voilà: la nouvelle loi sur la protection des animaux a permis à cette cause de faire un pas de géant. Selon notre Conseil Fédéral et un grand nombre d'élus, c'est largement suffisant. Il est inutile de créer une tracasserie supplémentaire. Ce n'est pourtant pas ce que semble avoir pensé le canton de Zurich qui s'est offert les services d'un avocat pour animaux depuis de nombreuses années déjà.

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09/02/2010

Antisémitisme et antisionisme

J'ai remarqué que chez les islamistes, la méthode classique pour contrer les accusations d'antisémitisme, c'est de faire remarquer que les sémites ne sont pas tous Juifs. Un arabe selon eux ne peut pas être antisémite car il est lui-même un sémite. De même, ils font remarquer que les Juifs ne sont pas tous sémites puisqu'ils sont issus de régions très différentes. Ils tentent alors de se décrire comme antisionistes, par opposition aux sionistes qui prétendent qu'Israël est la terre du peuple juif, pour faire passer leur position pour politique et non raciste.

Mais il s'agit là au mieux de méconnaissance de la langue française, ou au pire de manipulation grossière. Le fait est que l'antisémitisme est un terme dérivé de l'Allemand Antisemitismus inventé à la fin du 19e siècle lors de la création d'une ligue antisémite. Son sens d'alors était clairement et exclusivement dirigé contre les Juifs. Les nazis se sont par la suite officiellement déclarés antisémites, comprenant eux aussi clairement ce mot comme dirigé contre les Juifs de toutes provenances. Et d'ailleurs ils n'étaient pas les seuls, dans tout le monde occidental, l'antisémitisme était de mise dans les années 20 et 30. (y compris dans notre pays) Et aujourd'hui encore, le terme d'antisémitisme ne désigne que la haine des Juifs et n'englobe pas la haine d'autres peuples sémites. Probablement que ce terme n'est plus très adapté, mais c'est le seul qui désigne cette forme particulière de racisme.

L'antisionisme par contre, désigne l'opposition au sionisme, c'est-à-dire à la politique visant la création d'un état juif au Proche-Orient. C'est important de souligner que ce terme est censé représenter une position politique. Mais lorsqu'on réclame la destruction d'Israël, on ne fait pas de la politique. On incite à la haine. Et la haine d'un autre peuple, c'est du racisme. Le Hamas est donc un mouvement raciste. Le Hezbollah est un mouvement raciste. L'Iran est un pays raciste. Toute position qui appelle à la destruction de l'état d'Israël est une position antisémite et pas seulement antisioniste. Et le fait que ça soit des personnes issues de peuples sémites qui ont cette position ne change rien au problème.

De plus, la plupart des personnes qui se disent antisionistes ne se contentent pas de demander la création d'un état palestinien. Ils réclament la disparition pure et simple de l'état d'Israël et le départ (ou la mort?) de tous les Juifs habitant cet état! Un état palestinien où des Juifs auraient le droit de vivre est inconcevable pour eux ! Il ne s'agit donc pas uniquement d'une position politique. Elle est clairement haineuse et dirigée contre les Juifs et peut donc être clairement considérée comme antisémite. Comme le rappelle D.J. dans son billet du jour, le grand Mufti de Jerusalem s'était à l'époque allié avec Hitler dont il devait bien aimer les idées antisémites. Je pense que dans ce cas, le lien entre antisémitisme et antisionisme est pour le moins clair.

07/02/2010

Quand va-t-on cesser de croire l'Iran ?

Une nouvelle fois les Occidentaux et la Russie sont déçus de la reculade du Président Ahmadinejad qui annonce que son pays va enrichir lui-même son uranium. Pourtant, l'Iran avait déjà refusé en novembre la possibilité de le faire enrichir à l'étranger. Alors croire à la bonne volonté iranienne cette fois encore, c'était faire preuve d'une inquiétante crédulité. Pourquoi l'Iran voudrait faire enrichir son uranium à l'étranger, si cela l'empêche de disposer d'uranium de classe militaire, nécessaire à construire sa bombe ? Le but a toujours été de disposer d'armes nucléaires. Il est donc évident que l'Iran ira au bout de ses ambitions, quoiqu'il arrive. Et ce ne sont pas les molles sanctions qu'on pourra prendre contre ce pays qui y changeront quoique ce soit. Tout au plus, ces sanctions atteindront la population. Mais le pouvoir restera de marbre devant les problèmes du peuple. Le pire, c'est que de telles sanctions mettront fin au rêve de liberté dans ce pays, car elles provoqueront un regroupement de la grande majorité de la population derrière le pouvoir.

Alors quand va-t-on cesser de croire que l'Iran veut collaborer avec la communauté internationale ? C'est un état voyou, c'est de plus en plus clair. Il poursuit une stratégie géopolitique qui vise à prendre le pouvoir régional sur tout le Proche et Moyen-Orient. Et compte tenu de l'importance stratégique de cette région, cela revient presque à pouvoir dicter ses conditions au Monde. Cette stratégie nécessite bien sûr l'accès au club restreint des puissances nucléaires. C'est le seul moyen pour eux d'éloigner la menace d'une intervention internationale. C'est aussi le seul moyen de mettre en échec par avance toute tentative interventionniste de la part de l'état hébreux, son principal ennemi. Quand on a compris cela, on a compris que négocier avec l'Iran n'a aucun sens.

Donc il faut cesser les tergiversations. La seule forme de discussion qui soit valable avec l'Iran, c'est l'ultimatum. Il faut prévenir Ahmadinejad que si son pays se met à enrichir l'uranium jusqu'à une teneur de 20% d'uranium 235, une intervention visant ses sites d'enrichissement sera inévitable. Car si la communauté internationale continue à tergiverser, il y en a qui n'accepteront pas de vivre avec la menace nucléaire iranienne. Les Israéliens, qui ne disposent pourtant pas de l'armement adéquat pour lancer une telle opération, se lanceront seuls à l'attaque du complexe nucléaire iranien. Avec tous les risques d'embrasement régional qu'une telle opération comporte. Obama doit se le tenir pour dit. S'il continue dans une voie qui peut permettre à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, la situation pourra déboucher sur une guerre sans précédent dans la région. Et comme les forces américaines sont présentes en abondance autour de l'Iran, elles ne manqueront pas d'être impliquées d'une manière ou d'une autre.

10:19 Publié dans Monde, Politique | Tags : nucléaire, iran | Lien permanent | Commentaires (2)

05/02/2010

Obama ne veut pas décrocher la Lune !

Oui Obama a purement et simplement annulé le programme Constellation. Un programme qui avait pourtant déjà bien avancé. Le premier lanceur de la nouvelle famille Arès était déjà à un stade avancé de son dévellopement. Tout ça pour rien. Des milliards dépensés en vain. Et cela même pas pour diminuer le budget de la NASA, qui augmente même, mais pour chercher à rentabiliser les investissements en faisant entrer les entreprises d'aéronautique américaines dans le programme spatial américain. Donc, plus de Lune, plus de Mars, plus de vision d'avenir. Juste une vague volonté mercantile visant à donner du travail à des entreprises privées issues du complexe militaro-industriel américain.  Je suis dégoûté.

iss.jpgLa nouvelle direction prise par le programme spatial vise ainsi la création d'un nouveau véhicule spatial par l'industrie privée. Sachant que la navette spatiale va commencer à être retirée du service cette année, il paraît étrange de repartir de zéro, sans aucun début de projet concret. Constellation, si ça n'était pas un projet aussi ambitieux sur le plan technologique que le programme navette, c'était au moins du concret. Le remplacement de la navette était prévu pour 2014. Désormais combien d'années supplémentaires faudra-t-il attendre ?

Seul point positif: la prolongation de la durée de vie de la station spatiale internationale jusqu'à 2020. Mais après ? Une remplaçante à cette station devrait déjà être en cours de développement si ça avait été projeté. Ça n'est pas le cas. Alors si en plus il n'y a plus de projet lunaire ou marsien, on peut dire que le programme spatial est vraiment au point mort pour longtemps. Je pense qu'à ce niveau, les Etats-Unis peuvent simplement abandonner la course à l'espace. Que les Chinois se le tiennent pour dit: l'espace leur appartient.

Micheline Calmy Rey a simplement répondu honnètement

Que de bruit autour d'une petite parole de ministre. Une réponse à une question piège qui plus est. Mais finalement, elle n'a fait que répondre honnètement. Lui reprocher d'avoir dit ce qu'on ne veut pas entendre, c'est lui reprocher de ne pas avoir menti ! Car oui, du point de vue allemand, acheter les données volées, c'est absolument logique. Même si ça n'est pas très moral. En matière criminelle, on agit souvent de la sorte. Acheter des renseignements est une pratique courante lorsqu'il s'agit d'accumuler des preuves ou des témoignages concernant des délinquants ou criminels. Et l'impunité est souvent requise en faveur des petits délinquants quand il s'agit d'attraper de plus gros poissons. Regardez comment agissent les juges anti-mafia en Italie. Dans ce domaine, sans ces pratiques, il n'y aurait tout simplement pas d'enquête criminelle qui puisse se faire.

Cette parole de la ministre des affaires étrangères était sans doute destinée à calmer le jeu avec un pays qui est avant tout un ami et notre plus grand partenaire économique. Il s'agissait de ne pas jeter la pierre à un ministre des finances allemand qui finalement ne fait que son devoir. En effet, comment pourrait-il justifier auprès de la population allemande de ne pas avoir tout fait pour attraper des fraudeurs ? Le fait est que le système suisse est sur le fond peu défendable tant qu'il couvre du secret les actes de délinquants étrangers. Ou de délinquants suisses d'ailleurs. Certaines paroles de Peer Steinbrück étaient vraiment condamnables. Désormais on a affaire à autre style. Mais il faut que les Suisses sachent que le résultat est le même. La guerre que le fisc allemand livre à ses fraudeurs continuera à éclabousser notre pays. Alors plutôt que de se mettre à dos l'ensemble de la planète et à jouer ensuite les martyrs, nous devrions peut-être commencer à penser à réformer en profondeur notre système financier.

02/02/2010

La confiance n'est plus de ce monde (bancaire)

Après la France, qui en se procurant de manière illicite des fichiers de HSBC s'en est pris à toute la place financière genevoise qui risque de subir pour longtemps la perte de confiance de ses clients internationaux, c'est au tour de l'Allemagne de s'en prendre au secret bancaire suisse et probablement plutôt à la place financière zurichoise. On ne sait pas encore grand chose, ni la banque concernée, ni l'identité du futur-riche voleur, mais ce dont on est sûr, c'est que désormais, les banques vont être obligées de faire un grand nettoyage en leur sein, tant la confiance envers les employés doit avoir chuté. Il est vrai que la manière dont Hervé Falciani a réussi son coup, probablement contre rémunération, a dû aiguiser d'autres appétits. Et s'il s'avère que c'est bien une nouvelle affaire, et que cette fois c'est un frontalier allemand qui est concerné, alors il faudra que les banques suisses en tirent les conclusions qui s'imposent: faire signer une déclaraton de confidentialité n'est plus suffisant lorsque les états environnants sont prêts à payer des fortunes pour des informations.

La conséquence sera probablement un grand nettoyage aux postes qui peuvent avoir accès à des informations sensibles. On peut en effet se demander si une personne qui n'est pas de nationalité suisse peut encore être considérée comme fiable. Et encore. A ce niveau, personne ne peut plus être considéré comme fiable. Car pour quelques millions, beaucoup d'entre nous seraient prêts à s'expatrier en Allemagne, Suisses ou non ! Les données les plus sensibles ne devront donc plus être accessibles qu'à un nombre extrêmement réduit de personnes. Et elles devront être les plus fragmentaires possibles. C'est le seul moyen qui reste aux banques pour protéger plus ou moins efficacement leurs données. Et sans cela, pas possible de restaurer la confiance de la clientèle internationale.

L'autre solution serait d'accepter la défaite. Nous nous plions au diktat de nos grands voisins et acceptons de mettre fin à notre secret bancaire. Nous pourrions laisser par exemple quelques mois aux clients qui ne sont pas en règle pour se mettre en accord avec les législations de leurs pays ou, plus probablement, pour expatrier leurs fonds à Panama, Dubaï ou à la Barbade. Ce qui en tout cas est sûr, c'est que nous ne pouvons plus accepter un statut quo qui met des clients qui avaient confiance en nos institutions dans une position délicate. Car je pense que sans secret bancaire, notre place financière aurait plus d'atouts qu'avec un secret bancaire aussi bancal qu'aujourd'hui et dans lequel bientôt plus personne dans le monde ne fera confiance.