30/01/2010

L'initiative contre le financement de l'IVG

Dépénalisée depuis quelques années, l'IVG (interruption volontaire de grossesse) a même été plébicitée par le peuple. Il semble donc que les anti-IVG n'aient pas la côte ces temps-ci. On peut alors s'attendre à ce que tout texte qui émanera d'eux subisse le même sort. Et bien pas sûr. Car cette nouvelle initiative, ciblée sur le financement, pose une autre question, pas mauvaise il faut le dire.

Désormais c'est acquis. Les femmes peuvent choisir si elles veulent interrompre leur grossesse ou la conduire à son terme. Elles n'ont d'ailleurs même pas besoin de demander au père, ce qui pourrait être un autre point à discuter. On s'en remet donc à la seule compétence des femmes, alors que ces dernières ne sont pas les seules concernées. Ça risque de surprendre certains qui me savent ouvertement athé, mais j'ai quelques problèmes avec l'IVG. Si je suis contre une interdiction qui repousseraient les femmes dans une clandestinité malsaine, je n'ai aucune sympathie pour la tendance malsaine qu'on a aujourd'hui à se demander si c'est une bonne chose d'avoir un enfant. Et sur le fond, je suis d'accord que seuls les problèmes de santé et le viol sont de bonnes justifications pour interrompre une grossesse. Absence d'amour, manque de moyens financiers ou difficulté à concilier grossesse et vie professionnelle ne sont que de mauvaises raisons. Car il s'agit tout de même d'un enfant. Qu'on se prémunisse avant pour éviter qu'il y ait un enfant, ça va de soi. Mais lorsqu'il est là, on devrait changer d'optique. D'autant qu'un enfant peut toujours être adopté, il y a des tas de familles qui n'attendent que ça.

De toute façon, l'initiative ne parle pas d'interdiction, mais pose une autre question. La question qu'on pose ici, c'est: Est-il normal que cette opération soit financée par l'assurance de base ? Car après tout, la grossesse n'est pas une maladie, mais un heureux évènement. Et le but de l'assurance de base est de couvrir la santé des personnes. Sur le fond on peut donc dire qu'il n'y a pas lieu de rembourser cette opération qui n'améliore en rien la santé des personnes qui font ce choix. Après tout, les caisses ne remboursent pas non plus les opérations hestétiques, car elles ne servent en rien la santé, mais seulement le bien-être. Alors pourquoi ne devrait-on pas financer soi-même l'IVG ? Plus que l'IVG, ce débat porte sur l'assurance de base. Que veut-on en faire ? Est-elle destinée à assurer le bien-être de la population ou sert-elle à financer les gros pépins de la vie ? Cette initiative arrive aussi peu après l'acceptation de l'initiative pour le financement des médecines douces par l'assurance de base. Donc dans un contexte où la population semble majoritairement penser que tous les actes médicaux doivent être pris en charge. Mais sur le fond, l'IVG a encore bien moins sa place dans cette assurance de base. La tendance pourrait donc s'inverser.

Car finalement, il n'y a que le soutien féministe qui pourrait sauver le financement de l'IVG. Pour autant que les femmes suivent. Cet article lu sur le site de l'hebdo montre par exemple la virulence de certaines femmes sur le sujet. Son argument selon lequel la grossesse coûte beaucoup plus cher que l'IVG, montre à quel point les féministes considèrent qu'il existe un choix clair entre les deux et qu'il est normal d'interrompre la grossesse. Mais je ne suis pas si sûr que cette journaliste soit suivie par la majorité de la population. Car s'il est normal pour une société de financer la grossesse qui prépare son avenir, je ne vois aucune justification à financer son arrêt volontaire. Avoir le droit de disposer de son corps, c'est une chose. Mais quand ce droit est financé par l'ensemble de la population, il y a quand même un problème.

Commentaires

Bonjour Kad

Etonnant de vous trouver sur cette position. Comme le reconnaissent les initiants, au moins l'UDF, c'est moins une question de coût pour eux (un coût risible d'ailleurs) que la question de ne pas financer ce que ne cautionne par leur morale "chrétienne".

Certes la grossesse n'est pas une maladie, comme ne l'est pas l'accouchement d'ailleurs non plus. Reste que certaines grossesses peuvent entraîner des maladies: physiques, dépression grave, état de détresse, qui bien que psychologiques n'en sont pas pas moins des états de maladie qui entraînent de la soufrance. L'impossibilité du recours à l'avortement entraînait également autrefois le recours aux faiseuses d'anges, généralement suivi de complications graves pour l'état de santé de la mère. Veut-on que les petites jeunes filles dont les parents refusent de financer l'avortement doivent en arriver à ce stade?

Le principe du remboursement de l'avortement intervient en effet à ce stade: ne pas seulement l'autoriser, mais le rendre réellement accessible à celles qui le désirent et en ont besoin de manière égalitaire. Ce de façon à éviter que les femmes pauvres ne puissent y avoir accès, ou que les jeunes filles vivant dans des milieux conservateurs aient accès à la libre-détermination. C'est d'ailleurs un des argument phare des initiants: que les mineures ne puissent plus avorter sans le consentement de leur parent, autrement dit que des parents puissent obliger leur fille à mener une grossesse à terme, quel que soit le coût pour celle-ci. Un autre argument étant évidemment celui de faire baisser les avortements, de "dissuader". C'est donc bien à la possibilité de l'avortement que cette initiative s'attaque.

Deuxième point: une complémentaire pour l'IVG?

Très bien, payée par qui? Je vous le donne en mille: les femmes... Je conçois que dans certains milieux bibliques, la conception ne puisse être qu'immaculée, et ne fasse donc intervenir que le corps féminin et le sexe des anges. Mais, dans les milieux disons plus rationnels auxquels je sais que vous appartenez aussi, une grossesse c'est un ovule et un spermatozoïde, soit une femme ET un homme, donc deux personnes responsables. Est-il normal dès lors que les femmes payent seules la complémentaire pour ce qui est issu de la responsabilité des deux? Ne pourrait-on au moins, dans le pire des cas, imaginer qu'un homme puisse prendre une complémentaire IVG et en faire bénéficier sa compagne si celle-ci le désire? Nous les femmes payons déjà pour la contraception qui arrange très généralement notre paternaire qui ne désire pas se retrouver à 40ans avec 15 enfants. C'est déjà 20francs par mois, ce n'est pas exagéré, d'empêche que c'est à nos frais.

D'autant qu'avec 10'000 avortement sur tout le territoire suisse par année, les complémentaires vont encore rapporter beaucoup de pognon aux assurances, sur le dos des femmes. Si l'on multiplie le nombre de femmes qui la prendront, fois le nombre d'année de fertilité (environ 30 ans), moins le fait que toutes n'avorteront pas forcément ne serait-ce qu'une seule fois dans leur vie, ça fait un sacré magot...

Je vous rappelle par ailleurs que faire des enfants, qui est un choix, est déjà financé par la collectivité pour ceux qui n'en ont pas les moyens: frais d'assistance sociale etc. Que faire un enfant parce qu'on a pas eu les moyens d'avorter n'est pas la meilleure manière d'éduquer l'enfant dans l'amour. Si dès lors on ne rend plus possible les avortements pour certaines qui n'en auront pas les moyens, et que leur milieu ultra-religieux leur obligera à assumer, c'est évidemment la collectivité qui passera à la caisse. La dépense sera la même, le coût psychologique et la liberté des femmes en moins.

Mais si cette initiative passait, qu'on commençait à entrevoir que pour des questions d'éthiques on peut se désolidariser, croyez bien que plus personne ne se fera de gêne: les objecteurs de conscience ne payeront certainement plus leur taxe militaire (l'armée n'est pas une maladie, quoique ;-)), les écolos ne payeront plus pour les autoroutes (avec une certaine éthique on peut s'en passer), les adeptes du tout nature refuseront de rembourser les médicaments (ils peuvent s'en passer, pourquoi pas les autres), les témoins de jéhova demanderont à faire sortir les transfusions du catalogue de base, les raëliens trouveront bien quelque chose à redire. Et moi je refuserai de payer pour la survie des cul-bénis de l'UDF et du PEV qui nous pourrissent la vie et sont une véritable plaie pour le paysage politique suisse.

Bref, l'éthique des uns vaut bien celle des autres, on risque donc de ne plus s'en sortir.

Je ne crois pas à votre analyse où les féministes seraient seules sur ce combat. Pour en avoir discuté autour de moi, j'ai dans ce cas-là découvert beaucoup de féministes, hommes et femmes, qui devaient s'ignorer. Sur ce point-là je ne suis même pas certaine qu'il s'agisse d'une question hommes-femmes, il y a beaucoup de femmes chez les pro-life, ce sont souvent les plus virulentes. Par contre, j'avoue avoir un certain malaise devant les hommes qui se positionnent contre l'ivg, ou contre sa réelle possibilité ce qui est le cas quand on entend ne plus le rembourser. Je me dis que dans ce cas, le mieux est peut-être de mener la grossesse à terme, et de déposer l'enfant ensuite devant la maison du papa qui se débrouillera avec. Peut-être ainsi comprendra-t-il mieux que sa responsabilité est aussi engagée, que le dur choix "avorter ou abandonner" ne devrait pas être qu'une question de femmes.

Je rapelle également juste au passage qu'aucun moyen de contraception, à part l'abstinence (préconisée certainement par l'UDF et PEV), n'est sûr à 100% et que la pilule du lendemain (également aux frais des femmes) ne marche absolument pas dans tous les cas. On peut être responsable autant qu'on veut, le risque 0 n'existe pas.

Des justifications pour son arrêt on peut en trouver plein. Une femme qui doit mener seul son bâteau, comme c'est souvent le cas, se retrouve dans une situation de précarisation, de mauvaises conditions pour éduquer un enfant au mieux, des problèmes de santé, donc des coûts pour la société, présent et à venir. Une femme qui doit interrompre des études, pour assumer un enfant non désiré, n'obtiendra pas les qualifications qu'elle aurait pu avoir pour créer des emplois, obtenir un poste à forte valeur ajoutée et rapportera de ce fait beaucoup moins en impôt. Si on veut vraiment parler de coût économique de la non-mise au monde d'un enfant, ce qui reste très cynique puisque les femmes ne sont pas des ventres sur pattes pour l'avenir de la nation (vive le retour à Vichy), on peut tout aussi bien parler du coût économique de la mise au monde forcée. Pas sûr que, l'un dans l'autre, on n'arrive pas à un seuil de rendement équivalent, voire négatif.

Oui il est normal qu'il puisse arriver des cas où l'on veuille interrompre une grossesse pour mille et une raisons de détresse personnelle. La grossesse est un coût pour celle qui l'effectue sans le vouloir. Pratiqué dans de mauvaises conditions (jeune âge, séparation du père, conception lors d'un flirt, état de dépression, deuil récent, mise au banc de la communauté pour rapport sexuel hors-mariage, et que sais-je d'autre) mener une grossesse peut-être traumatisant, l'abandon l'est tout autant. C'est parfois être responsable que de prendre la décision que ce n'est pas le moment, et de ne pas vouloir dépendre de l'assistance sociale. Oui c'est normal, ça peut arriver à toute femme, quand bien même prend-elle des choses pour s'en prémunir. La seule raison pour laquelle on en a débattu pendant aussi longtemps tient à la sacralisation chrétienne de la maternité, et au fait, je suis désolée, que ce problème ne concerne pas directement les hommes et ne voyaient donc certainement pas l'intérêt pour eux. Dans certaines sociétés tribales, les enfants concernant la survie du groupe dans son entier, il arrivait qu'on pratique l'infanticide afin d'assurer cette survie du groupe dans des époques où la nourriture était rationnée. La sacralisation de l'enfant, souvent au détriment de la vie déjà là qui le porte, est un phénomène récent, et non une norme "naturelle".

Bref, vous voir suivre ainsi l'UDF et le PEV m'étonne sincérement.

Écrit par : Audrey | 30/01/2010

Bonjour,

"Car après tout, la grossesse n'est pas une maladie, mais un heureux évènement."

Heureux, si on l'attend. Mais si on a 16ans et qu'on est au lycée, ou si on ne veut simplement pas d'enfant par choix, ce n'est pas heureux.

[la Lamal] "Est-elle destinée à assurer le bien-être de la population ou sert-elle à financer les gros pépins de la vie ?"

Etre enceinte quand on ne peut pas ou ne veut pas avoir d'enfant, vous n'appelez pas cela un gros pépin de la vie, vous ?

"D'autant qu'un enfant peut toujours être adopté, il y a des tas de familles qui n'attendent que ça."

Vous n'avez jamais été enceint et ne le serez jamais, et moi non plus car je ne suis pas équippé pour, mais je sais que cela n'est pas aussi simple que vous le dîtes: la grossesse peut être mal vécue physiquement et psychologiquement, et puis il faut ensuite assumer psychologiquement le fait d'avoir un enfant à soi placé dans une autre famille.

Cette initiative, sous le couvert de la raison des coûts, veut revenir sur une grande avancée de notre société moderne. Les fanatiques religieux ne sont pas l'apanage de l'islam, ils existent aussi dans le christianisme, même s'ils sont moins nombreux que dans les siècles passés. Merci à la science, aux lumières et à tous les gens raisonnables en général.

Écrit par : Fufus | 30/01/2010

Tiens, vous avez bien changé l'article.

J'aimerais bien que vous m'expliquiez le rapport entre le fait de se faire poser de nouveaux seins (chirurgie esthétique) et le fait d'éviter de porter à vie la responsabilité d'un enfant (IVG). J'avoue avoir de la peine à saisir. Sauf à souligner la demande futile que représente pour vous un IVG. Très sympathique pour toutes les femmes qui ont un jour pris la décision d'avorter, et se voient ainsi taxer de sorcières, uniquement préoccupées par leur petit confort. Pas étonnant que l'IVG soit encore un tel traumatisme, quand on voit tous les regards culpabilisants posées sur elles. Le plus "drôle" étant souvent que ce sont les milieux pro-life qui hurle à l'horreur du suicide post-ivg...pour démontrer qu'il faut l'interdire. C'est un peu comme les anti-homosexualité, qui découvrant un fort taux de suicide chez les jeunes homos, en déduise qu'il faut interdire l'homosexualité.

"Absence d'amour, manque de moyens financiers ou difficulté à concilier grossesse et vie professionnelle ne sont que de mauvaises raisons."

Ecoutez, je vais être cash. Le jour où le 80% des tâches ménagères ne sera plus effectué par les femmes, un homme aura le droit de dire que les difficultés de la conciliation sont de "mauvaises raisons". Pour l'heure, cette réflexion est extrêmement déplacée.

De la même manière, lorsqu'on aura inventé l'utérus pour homme, on pourra discuter de la volonté des hommes de garder l'enfant contre l'avis de leurs femmes. Ils le prendront bien au chaud dans leur ventre, le porteront 9 mois et souffriront quelques heures sur la table d'opération. Nous on pourra se contenter de verser une petite pension par mois et de se décharger sur eux en trouvant que "quand même, qu'est-ce qu'il se plaint de ses journées de malade, un enfant c'est merveilleux". Pour le contraire, vous pouvez d'ores et déjà militer pour la contraception masculine. Ca existe, mais il n'y a, très très curieusement, quasiment pas de demande.

Finalement, que l'avortement ne fasse pas partie de votre éthique est votre pur choix. Respectable, tout en espérant que vous n'interdirez jamais à une de vos compagnes de le faire. De la même manière que les femmes qui se refusent à avorter y ont droit, et je respecte ce choix. Ce qui serait bien c'est que vous évitiez de venir avec des parallèles ridiculisant, qui ne font que stigmatiser moralement ceux qui ne font pas le même (non) choix que vous....(non choix au sens où votre position morale est purement abstraite, puisqu'il est bien clair que vous n'aurez jamais concrètement à le faire).

Écrit par : Audrey | 30/01/2010

Bonjour...

"je n'ai aucune sympathie pour la tendance malsaine qu'on a aujourd'hui à se demander si c'est une bonne chose d'avoir un enfant"

Et bien moi, à 24ans, je n'ai aucune sympathie pour les mioches de mon âge ou plus jeunes, qui n'ont pas de situation financière stable, parfois pas de travail, pas acquis les bases de connaissances nécessaires pour apporter un minimum à son enfant en qualité de modèle, et qui font un gamin sans réfléchir, les larguent à leurs parents (ou parfois les laissent seuls à la maison alors qu'ils sont âgés de 1-2ans en prenant soin de les enfermer dans leur chambre) à la première soirée sympa venue...
Les gens, notamment les partis comme UDC ou MCG se plaignent constamment du manque d'éducation des jeunes, du laxisme des parents... etc etc... vous croyez que si on impose des gamins aux gens ils vont plus s'investir dans l'éducation de leurs enfants peut être????
Vous parlez d'enfants comme si il s'agissait d'un petit souci de parcours mineur... Un enfant Monsieur, c'est un investissement de TOUTE UNE VIE une fois qu'il est là!!!! J'ai 24ans, et je peux vous dire que ma mère est encore là pour moi, mais elle, elle a choisi de m'avoir, a attendu d'avoir vécu sa jeunesse pour ne rien regretter, et savait très bien dans quoi elle se lancait...
Je vous trouve sacrément égoiste et j'espère que vous prendrez un jour conscience de la gravité de vos propos!

Écrit par : Boo | 30/01/2010

Ps... vous parlez (c'est un gag sûrement...) du fait que seules les femmes décident d'avorter ou pas... mais... J'ESPERE BIEN!!!!!
Et puis déjà que certains arrivent à se casser pdt une grossesse voulue vous imaginez le nombre de gars qui se casseraient en courant si ils apprenaient qu'ils allaient être papa d'une compagne d'un soir ou à 16ans à moins de financer un avortement couteux??? (ou du moins y participer...) La plupart des hommes ne se sentent absolument pas concernés par ça!!!!

Écrit par : Boo | 30/01/2010

Cher Kad, moi je suis d'accord avec votre analyse:
Il faut se prémunir avant.
Quand l'enfant est en route, c'est bien un être humain qu'on élimine (faut pas croire que c'est un haricot ou un déchet chirurgical; à 8 semaines, les pieds, les mains, etc, sont parfaitement reconnaissables et certains médecins ont cessé leur activité ne supportant plus de sortir des bouts de jambes et de bras lors de l'aspiration du foetus)

Je suis moi aussi athée, et n'aime pas du tout que l'on associe sytématiquement anti IVG=religieux.

Personne, non personne ne peut assurer que l'enfant conçu, voulu ou pas, sera heureux ou malheureux. Si je comprends que la grossesse peut-être vécue de manière douloureuse, j'ai aussi vu des femmes changer au cours de la grossesse, catastrophées au début et heureuses à la fin.

Si on disait aux femmes qui se retrouvent en situation difficile que quel que soit leur choix, elles auront un soutien, nombre d'entre elles choisiraient de garder l'enfant. Généralement, la femme qui ne désire pas avorter alors qu'elle est en situation critique est jugée presque irresponsable.

Mais Audrey a raison, la question de la contraception uniquement à la charge des femmes n'est pas juste. La LAMAL devrait rembourser la contraception. (Bon, on peut dire que dans le cas d'un couple, les
partenaires doivent être solidaires)

C'est un sujet complexe menant à des débats enflammés;

Moi ce qui me choque, c'est la banalisation de l'avortement (on essaie de le faire passer pour un simple acte chirurgical) alors que la science est bien loin de tout comprendre concernant le début de la vie.

Vaste débat...

Écrit par : oups | 30/01/2010

rrrr... pas la patience de voir ici le gars sous pseudo féminin ici contre l'IVG

Pognon: ça coûte rien de financer l'IVG, par rapport à ce que signifie l'absence de soutien, d'entourage et conséquences,
pour une jeune fille apprenant son état indésiré.

2010: On est des barbares.
Donnons-leurs les moyens.
Laissons donc les jeunes filles avoir un lieu et entourage, pour ces situations. Elles peuvent choisir et décider du reste. Seules. Et Dans les délais. Sans problèmes de comment payer. comment faire.
Point.

Maternité en Suisse:
Avec plus de semaines de congé maternité payés en Suisse qu'en France, avec tous ces examens médicaux de pointe & autres protections d'emploi, nous avons fait de sacrés progrès ces 20 dernières années.

Gardons les.

On paye:
les absences annuelles des militaires,
des ai à 100% dès lors que les postiers ont un mal de dos à 43 ans par ex (cas connu),
des femmes russes n'ayant jamais bossé mais épouses de victimes d'accidents à l'AI, etc etc,
et aujourd'hui, faudrait rabioter sur ce que coûtent les IVG?

C'est bon là, ou on en rajoute?

Écrit par : na...ya | 30/01/2010

Je m'attendais plus ou moins à ce genre de réactions. Comme toujours on parle des jeunes filles de 16 ans qui tombent enceinte. D'abord je rappelle à tout le monde qu'aujourd'hui, on peut se procurer pour une bouchée de pain des préservatifs en pharmacie ! On n'est plus au Moyen-Age et les filles comme les garçons peuvent se prémunir. (et par rapport au SIDA, c'est d'autant plus nécessaire)

Ensuite, s'il doit y avoir un enfant, je ne trouve pas si mal qu'il y ait un dialogue avec les parents. Donc je suis tout à fait contre cette pratique qui vise à permettre aux jeunes filles de pratiquer un avortement sur la seule base de leur jugement adolescent. Si on lui laisse l'occasion de discuter, il peut arriver que la famille décide de s'occuper de l'enfant. La venue d'un enfant n'est donc pas forcément la fin de la vie. Cet enfant peut amener de la joie dans toute la famille. Et si finalement les parents décident qu'il vaut mieux avorter, ils pourront payer. Je ne vois pas pourquoi on devrait les aider.

Maintenant le problème, c'est que la grande majorité des avortements sont faits par des adultes. Les raisons qui poussent à pratiquer cet acte:

- Mon patron m'en voudra si j'ai une grossesse.
- Je ne pense pas faire ma vie avec mon copain.
- Je préfère m'amuser que prendre la responsabilité d'un enfant.
- J'ai un trop petit appartement.

Dans l'écrasante majorité des cas, on avorte parce qu'on trouve que ça n'est pas le bon moment. Fort bien. Mais pourquoi la société devrait payer pour cela ? Nous n'étions pas dans leur lit pendant qu'elles faisaient tagada sans protection ! Chacun doit prendre la responsabilité de ses actes.

Finalement ce qui me gêne, c'est bien qu'on considère l'avortement comme un moyen de contraception. C'est une opération qu'on devrait faire dans les cas extrêmes. Il est quand même consternant qu'on doive en venir à tuer un être vivant pour ne pas avoir réfléchi avant.

Audrey: "Certes la grossesse n'est pas une maladie, comme ne l'est pas l'accouchement d'ailleurs non plus. "

Oui mais il me semble normal de financer la préparation de l'avenir de notre société. Pareil pour l'école, les universités, etc... Par contre, un acte comme l'IVG, je ne vois pas de raisons.

"La grossesse est un coût pour celle qui l'effectue sans le vouloir. "

Et bien je pense surtout que l'IVG est un coût pour celle qui le fait sans peser suffisamment le pour et le contre. Cet acte est très souvent regretté. Et lorsque c'est fait, il est trop tard.

Écrit par : Kad | 30/01/2010

@Kad.

Tombant un peu tard sur votre texte...je tiens quand même à réagir.

Et vous féliciter
Premièrement pour avoir relevé que le "géniteur" peut, lui, désirer cet enfant mais qu'il n'a aucun moyen de le préserver car la femme est totalement libre de disposer de son corps.(je n'ai rien contre ce fait, sauf que dans le cas d'une grossesse, c'est un autre corps qui est aussi concerné et un futur père dont l'avis devrait compter)
Et ceci que les partenaires soient mariés ou non.

Certains argumentent les risques pour des gamines de 16 ans dont les parents s'opposeraient au paiement...

Il suffit de s'informer sur le sujet pour constater que cet argument ne tiens pas.

C'est aussi oublier que beaucoup de jeunes femmes ont opté pour la franchise maximale d'assurance-maladie, comme l'a justement relevé une jeune étudiante sur un autre blog (blog de Zébulon)

Ces jeunes femmes, n'étant pas remboursées par l'assurance de base du fait du montant de leurs franchises, ne sont pas tombées dans la clandestinité, n'ont pas eu recours à des "faiseuses d'anges" ou autre vieux stéréotypes, lorsqu'elles ont eu un "pépin", mais la majorité ont tenté de limiter les risques par les moyens d'urgence (pilule du lendemain, préservatif etc...) et en cas de "pépin avéré", ont assumé les frais ou ont demandé de l'aide (famille, partenaire ou social)

Je n'aborderai pas le sujet de l'enfant, de la valeur d'une vie débutante, ni le sujet religieux.

Maman à presque 20 ans pour mon premier-né,je n'ai pas pris la découverte de mon état (la contraception n'est pas fiable à 100%) comme un "pépin" mais comme un événement de la vie, bien qu'en formation.

Je ne pense pas que mon fils aîné ait envie de me traiter d'irresponsable ^_^

Je précise que le père ne semble pas trop contrarié non plus, d'autant qu'il n'a pas d'autre enfant et n'avait pas envisagé l'avortement.( en 1973, il y avait déjà cette possibilité et mon gynéco me l'avait proposé).

Nos vies n'ont pas été gâchées par ce petit bout de chou, au contraire car c'est pour pouvoir le garder avec moi que je me suis installée à mon compte et que le père s'est décidé à travailler ;).

Chacun ses propres expériences, ses vécus, en nous ne pouvons pas juger ceux qui ont choisi d'autres solutions.

Une chose me semble importante; c'est le dialogue entre les partenaires et la prévention - de préfèrence AVANT de se trouver devant le choix.

Car être parents, c'est pour la vie.

Je pense que cette initiative à le mérite de lancer un débat qui s'annonce vaste.

Meilleures salutations

Écrit par : Mireille Luiset | 17/02/2010

@Kad
"Car après tout, la grossesse n'est pas une maladie, mais un heureux évènement. Et le but de l'assurance de base est de couvrir la santé des personnes. Sur le fond on peut donc dire qu'il n'y a pas lieu de rembourser cette opération qui n'améliore en rien la santé des personnes qui font ce choix. Après tout, les caisses ne remboursent pas non plus les opérations hestétiques, car elles ne servent en rien la santé, mais seulement le bien-être. Alors pourquoi ne devrait-on pas financer soi-même l'IVG ? "

Et si on part de ce principe, alors moi en tant que non-fumeuse je ne veux pas payer les cancers des poumons des fumeurs (ils l'ont cherché, c connu que la fumée tue), n'étant pas très sportive, les sportifs ne voudront alors pas payer pour mes soucis de surpoids, etc... Notre assurance maladie de base est fondée sur un "esprit de communauté", alors si cette initiative passe, on ouvre la porte à la désolidarisation de tout notre système de santé... un chaos assuré...

Écrit par : Louise | 17/03/2010

Les commentaires sont fermés.